" La marche des vertueux est semée d'obstacles ... " - Ezekiel 25:17 [Superman]


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MessagePosté le: Lun 23 Fév - 5:16
" On est à Metropolis, Bertrand. "

C'était un jour faste. Divine portait un splendide manteau long noir de fort belle facture, une écharpe crème, et sous ceci, un pull à long col rayé de noir et blanc horizontalement, un inénarrable pantalon de cuir moulant noir et de bottines à talons. Sur sa tête, subtilement maquillée pour éclairer ses traits, de fond de teint et d'un rouge à lèvres carmin, on remarquait aussi et avant tout un béret typiquement français, qui couronnait une somptueuse chevelure dorée qui ne dépassait pas la nuque, dont les oreilles étaient décorées de petites œuvres dorées. Des clips, évidemment. Marian Carlyle, la véritable petite fashionista parisienne, ce qui était sûrement dû à son compagnon du moment, dont elle essayait d'imiter l'accent, pour avoir l'air raffinée.

" Metropolis, New York, Gotham ... Quelle différence, Marianne ? "

Le fameux compagnon, Bertrand, était un français. Un Parisien. Il n'y avait pas à discuter : pour Marian, c'était le comble du raffinement. Le sommet du chic. Le plus haut échelon du romantisme. Oui, la guillerette clone de kryptonienne avait littéralement fondu. Ce devait être l'accent, et son sens du raffinement. C'était lui qui l'avait aidé à se rhabiller, lui qui semblait ne jamais quitter des atours splendides ; lui, le grand gaillard large d'épaules qui fumait si élégamment la cigarette, avec sa subtile cicatrice à la joue, les cheveux en bataille, une flamme dans son regard noisette. C'était un vrai gangster. Un vrai dur. Un vrai dur français. Oui, rien de moins que cela. Pour une fille de cinq ans qui s'était consacrée à une carrière dans le flou de la loi, c'était un prince charmant. Un vrai couple de conte de fée : ils étaient beaux, ils étaient heureux, elle reposait la tête sur son épaule, le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux, et tout le monde se retournait sur leur chemin. C'était sûrement le caractère exquis du couple si raffiné qu'ils formaient ... Ou bien, peut-être, était-ce le caractère absurde de voir une fille qui, avec ses talons, côtoyait les deux mètres, et qui se tordait pour se rabaisser à l'épaule de son petit-ami. Une mascarade qu'ils n'eurent pas le loisir de garder bien longtemps, puisque Marian releva la tête pour le toiser, en fronçant les sourcils, montrant par la même la tête et demi de plus qu'elle avait sur le gangster européen.

" Superman, déjà. " répondit-elle, " C'est une sacrée différence. "

" Peuh ! " balaya Bertrand du tac-au-tac, " Qu'est-ce que Superman aurait à faire de nous ? Il est trop occupé avec la protection du monde pour se préoccuper des petits magasins de Metropolis ! "

" Il va très vite, et il n'a même pas besoin d'entendre l'alarme, pour savoir qu'il y a un casse ... "

Pour le peu qu'elle savait, l'apprentie Parisienne parlait en connaissance de cause, tant elle avait à se concentrer pour n'entendre que ce que lui avait à lui dire.

" Quand bien même, j'ai fait de la Savate, moi, mademoiselle " commenta-t-il en gonflant le torse, avant de placer une boutade en souriant, " Et puis, j'ai toujours Power Girl avec moi pour me protéger ! "

La simple mention de ce nom faisait se renfrogner Divine, et elle détournait alors le regard avec un air bougon. Pourtant, malgré toute la méchanceté et la mauvaise volonté qu'elle voulait voir suinter de sa personne, il n'y avait rien à faire : que son visage soit fermé ou ouvert, il restait irrémédiablement attendrissant, avec ses réactions de gamine ou d'adolescente.

" Tu sais que je déteste quand tu m'appelles comme ça ... "

Le ton était mélancolique, analogue à celui d'une fillette qui venait de prendre une remontrance, et témoignait finalement de toute l'impression que son être donnait. Marian était grande, sculpturale au point d'en être outrageusement pulpeuse et habillée des derniers raffinements, elle était l'incarnation vivante du fantasme d'adolescent. En un mot comme en cent, elle personnifiait son nom de naissance, elle était Divine. Pourtant, elle n'adoptait pas le caractère abject et hautain qui se voulait l'accompagner. Elle avait le sourire franc et candide, le regard - si on était le genre de personne qui s'en préoccupait - lumineux et pur et l'air avenant et un peu gauche. Il n'y avait pas moyen, que ce soit sur cette Terre ou dans aucune autre réalité, qu'elle ait pu sembler réellement froissée, courroucée, énervée ou même menaçante, tant sa démarche respirait la curiosité et l'ouverture. En la voyant réagir comme elle le faisait, elle ne faisait qu'invoquer à elle une unique réaction : celle de la serrer dans ses bras comme la grande enfant qu'elle était pour la consoler.

Et c'est précisément ce que Bertrand fit. Il savait exactement ce qu'il faisait, et c'est en expert qu'il offrit un tendre sourire, lui caressa la joue de l'index, et parvint finalement à lui frayer le chemin vers un langoureux baiser, qui ne manqua pas d'attirer sur les deux tourtereaux les regards outrés des puritains des trottoirs populeux de Metropolis. De cela, ils ne se formalisaient pas trop. Ils vivaient déjà dangereusement.

" Jalouse, hein ? Tu sais que ce n'est pas parce que tu ne voles pas ou que tu ne tires pas de lasers que je ne t'aimerais pas pour autant, ma chérie. Tout est question de panache, regardes plutôt cet établissement. Nous allons le braquer, et nous allons nous en sortir sans le moindre problème. Je te le promets. "

Marian ne put s'empêcher d'être surprise en regardant ce que désignait le doigt de son amant.

" Un ... restaurant de burgers ? "

" Précisément. Il est treize heures. Les premiers clients ont déjà rempli la caisse, et il reste encore un tas de clients à dépouiller de leurs portefeuilles. Il n'y a qu'à voir : on est en face du Daily Planet. Tout ces journaleux doivent être en train de manger là-dedans ... "

" C'est ... astucieux. " concéda la hors-la-loi au béret, alors qu'elle baissait son regard pour s'assurer à travers son manteau que son arme était toujours là et chargée. Ce n'était guère que la dix-septième fois.

" Allez, courage, Marianne, on va réussir. Ce n'est pas comme si Superman mangeait des burgers en face du Daily Planet, si ? "

" Non, en effet. "

Et ils traversèrent, main dans la main, l'avenue qui les séparait de ce restaurant, souriants et guillerets. Il ouvrit la porte, la lui tint en galant personnage, elle rougit en portant la main à son visage, comme gênée, et puis ils firent quelques pas à l'intérieur.

Et là, ça dégénéra.

" Plus personne ne bouge ! " déclara bien fort Bertrand après avoir prestement enfilé une cagoule, en dégainant de sa veste une paire de pistolets automatiques qu'il braqua à la cantonnade, " Ceci est un braquage ! Ma charmante collègue va passer parmi vous pour récolter vos portes-monnaies et objets de valeur, et un conseil : si j'en vois un la regarder de manière un peu trop insistante ou la toucher, comptez sur moi pour LUI PLOMBER SA FACE DE RAT ! "

Marian n'était pas en reste : elle avait remonté son écharpe pour se cacher le bas du visage, et avait ouvert son manteau pour dévoiler une flambante et inquiétante AK-12. Son objet fétiche. Son totem. Une kalashnikov de dernière génération, arborant tout les raffinements d'un engin de mort des années 2010. Il y avait dessus un laser, une lampe, une lunette à infrarouges et même un lance-grenades. Les circonstances de son acquisition n'étaient pas claire, mais il n'y avait pas à douter qu'un tel instrument se retrouvait habituellement plus impliqué dans des larcins particulièrement musclés que dans des sacs de commerces de proximité. Peu importait, en fait : tout ceux qui avaient vu un film d'action savaient qu'une arme avec un tel faciès, d'un noir d'onyx et couvert de gadgets, rendait forcément son détenteur plus sérieux et plus dangereux qu'une kalashnikov à crosse de bois. Ce n'était pas un criminel de droit qu'on avait là : c'était une forte accorte demoiselle qui aurait pu très bien être une méchante de film d'espionnage.
Ainsi, le dialogue ne fut pas compliqué, et la plupart sortirent leurs portes-monnaies sans faire d'histoire, alors que Marian parcourait les tables de gens couchés et apeurés avec un sac poubelle subtilisé au comptoir. Malgré cela, la jeune femme, candide et heureuse, ne supportait pas vraiment de faire le mal, le vrai mal, complètement gratuit et absurde. Non, elle faisait ça pour survivre, pas pour amener le chaos, et ainsi, mettait ses dons au service d'une certaine éthique : elle regardait les gens, à travers eux, au plus profond de leur être et de leurs vêtements. C'est ainsi que les malades gardaient leurs affaires, tout comme ceux qu'elle pouvait identifier comme identiquement pauvres, comme ceux sortant tout juste des boyaux sordides de la bureaucratie avec un avis d'expulsion dans leur poche intérieure ... Il y avait, à l'inverse, ceux qui prétendaient ne rien avoir, en cachant une montre hors de prix "hors-de-vue". Pas de pitié, pour ceux-là, et malgré des plaintes véhémentes au service d'un plaidoyer défendant leur prétendue pauvreté, ils se retrouvaient à négocier avec le canon d'un fusil, et la main inquisitrice d'une fille qui, de façon effrayante, savait précisément où était fourré leurs objets précieux.

Et puis, elle entendit une petite fille pleurer, et elle se retourna pour trouver Bertrand, pointant ses armes sur une jeune gothique qui lui tenait tête et une petite fille qui devait à peine avoir huit ans, complètement terrorisée.

Comme une furie, la braqueuse au béret parcourut la distance qui la séparait de la scène.

" Espèce de ... tas de ... merde ! " explosa-t-elle de rage, en le toisant, impressionnante, de toute sa hauteur, " Braquer une enfant ? BRAQUER UNE ENFANT ? "

" Mais ... " tenta le français, surpris, avant de se recevoir une fulgurante gifle au visage qui lui fit perdre l'équilibre et trouver le sol, avec tout juste le temps d'utiliser ses mains pour éviter de perdre ses dents sur le lino.

" Quand je pense que ... Ah !.. Espèce de ... salopard !.. Gros ... dégueulasse !.. Pauvre mec !.. Pervers !.. Satire !.. "

La pauvre Marian, avec toute sa bonne volonté et les mauvaises rencontres que ses déboires cocaïnés, alcoolisés et surtout passablement kryptonitisés lui faisaient faire, pensaient avoir rencontré un véritable gentleman cambrioleur. Un Arsène Lupin, un Jacques Mesrine ! Certainement pas un droit commun menaçant des enfants avec une arme à feu ! Elle revenait à elle avec toute la fureur de l'hyperémotivité que l'extrême vélocité de son cerveau kryptonien lui faisait subir. C'était la crise de l'ex-petite amie, qui remettait tout en cause sous un nouveau jour, à l'exception du fait que sa mémoire lui ramenait à la perception chacun des détails les plus infimes, et qu'elle ré-analysait toute la relation en quelques secondes. Elle était enragée contre lui, et contre elle-même, car elle percutait, d'un coup, chacune des absurdités que cette relation lui avait fait faire. Une joyeuse bovaryste, voilà ce qu'elle était, et à chaque fois, le même problème : elle se rendait compte de ses erreurs instantanément, quand il était trop tard, à l'aune d'un seul détail bien plus sordide que ce qu'elle ne pouvait tolérer, et c'était plus fort qu'elle, les larmes lui montait aux yeux et sa voix se faisait criarde.

" C'est fini entre nous, Bertrand ! " piailla-t-elle d'une voix brisée, ayant lâché le sac poubelle plutôt que l'arme à feu pour le gifler, et serrant maintenant ce poing libre au point de s'en faire pâlir les jointures, " Plus de chérie, de mademoiselle ou de Marianne ! Tu vas devoir te trouver une autre paire de seins pour jouer au bateau à moteur ! "

Évidemment, elle se fichait éperdument du caractère cocasse que pouvait revêtir les croustillants détails de sa vie de couple, puisqu'elle se contentait de surréagir, comme à son habitude. Elle était en larmes. Tout simplement, et extrêmement énervée. Elle n'avait même pas remarqué que son écharpe avait glissé de son nez et que son visage, dans toute la cocasse ressemblance que sa blondeur présente lui faisait avoir avec certaines autres personnalités, était maintenant parfaitement visible. Non, elle se contenta de se baisser vers la fillette pour lui caresser la joue, lui sourire, et la rassurer.

" Tout va aller, maintenant. Tu n'as rien à craindre. Je ne le laisserais pas te faire du mal... Tiens, " lui susurra-t-elle, en retirant son béret pour le lui poser sur la tête, en lui ébouriffant les cheveux avec un grand sourire qui se voulait oublier les larmes, " je te le donnes, prends-en soin : ça vient de Paris. "

Puis elle se retourna vers la jeune fille gothique couverte d'un maquillage mauve ombrageux, interloquée, les lèvres piercées ouvertes de stupeur et un sourcil qui ne l'était pas moins levé par le soupçon.

" Sortez, et fais bien attention à ta soeur. "

Les deux filles ne se firent pas prier, et plièrent bagages, non sans que la plus petite, une fois sortie, ne s'en aille à commenter d'un "Je veux faire comme la grande dame, plus tard ! Je veux taper les salopards ! ". Cela arracha un sourire de plus à Divine, avant qu'elle ne se repenche vers Bertrand, pour lui indiquer qu'ils allaient finir ça, qu'ils partageraient en deux, et qu'ils suivraient ensuite chacun leur route.

Bien décidé à en finir rapidement, elle sauta donc sur une banquette vide, surplombant d'autant plus la foule, qu'elle en profita pour s'exprimer d'une voix forte et claire, sans ambiguïtés, l'arme à la main, après s'être essuyé les yeux et avoir reniflé un bon coup.

" Tout ceux qui ont des enfants et tout ceux qui ont des problèmes de santé, sortez ! Les autres, vous sortez les portes-monnaies et vous alignez le pognon et tout ce que vous avez de valeur sur vous ! Contrairement à mon crétin d'ex-petit ami, je n'agresse pas sans raison, et j'ai très, très bon œil. Je saurais précisément qui est honnête et qui tente de me la faire à l'envers ! Si vous vous sentez coupable, c'est déjà mauvais signe, alors n'essayez pas ! "
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MessagePosté le: Mer 4 Mar - 22:03
(HJ/ Désolé du temps d'attente et de la taille de mon message. Le tien fut très, très agréable à lire. /HJ)

Les clients du restaurant sont terrorisés.

Outre l'apparition fulgurante de criminels souhaitant les déposséder de tous leurs biens, c'est l'étonnante discussion animée et brutale entre les deux agresseurs qui les choque et les terrifie. S'ils ne sont pas les habitants de Gotham City ou d'une autre ville rongée par le crime, ils ont néanmoins conscience qu'ils peuvent être la cible d'attaques ou d'agressions ; cela tient plus, généralement, d'un enlèvement par quelque tyran cosmique ou d'une irradiation par un rayon de la mort.

Le "bon vieux vol à l'étalage" est peu courant à Metropolis.
Parce que les criminels n'ont pas la stupidité de penser qu'ils peuvent échapper à l'homme le plus rapide du monde - le débat n'est pas clos avec le bolide de Central City, mais l'argument fonctionne quand même.

Cependant, alors que les clients attendent, espèrent, prient pour l'intervention de Superman, l'homme qui se cache derrière le costume au S resplendissant ne cesse de fixer la jeune femme qui menace désormais seule l'assistance. Il n'aime pas ce qu'il voit - il n'aime pas qui il voit.

Déjeunant avec des collègues journalistes, qu'il n'avait pas revu depuis son départ tonitruant du Daily Planet, il a assisté, impuissant, à l'entrée de Divine et de Bertrand. Son coeur s'est serré quand il a découvert l'imprudent Français en train de menacer des jeunes filles innocentes, et il a été atterré quand sa collaboratrice l'a frappé avec une force qui n'avait rien d'humaine.

Il a alors discrètement baissé ses éternelles lunettes pour faire un scan rapide de la biologie de la jeune femme, et il n'accepte pas ce qu'il voit.

Une Kryptonienne. Similaire à Power-Girl.
Une clone.

Clark connaît les clones. Il sait que les Kryptoniens ont eu de graves soucis avec des clones, créant des guerres civiles fratricides. Cependant, il a dépassé ses propres doutes pour accepter les expérimentations de Cadmus, et notamment Conner, qu'il considère comme un véritable petit-frère ; et il en est fier.

Mais la réaction initiale est toujours un rejet fondamental du clone.
Même s'il n'a pas demandé à exister, le clone demeure une perversion du réel, un vol d'un être pour en créer un autre ; ce n'est pas sain, ce n'est pas moral. Et il ne supporte pas de découvrir cela chez une personne qui en menace d'autres, avec les pouvoirs et les attributs génétiques de quelqu'un qu'il considère comme une autre cousine.

"Si vous savez qui est honnête, mademoiselle, alors écoutez-moi bien. Cela ne peut pas bien se passer pour vous, et pour nous."

Le journaliste est debout, et s'avance d'un pas. Il n'a pas pour habitude de faire cela avec ses lunettes, dans son identité habituelle ; mais ce n'est pas un cas d'habitude. Il s'agit d'une clone de Karen, et il ne peut pas rester seul dans son coin.

"Laissez-nous partir. Rien de bon ne peut sortir de cela. Rien de bon ne peut sortir d'un tel comportement. Vous le savez aussi, j'en suis sûr."

Il esquisse un petit sourire, et hausse les épaules. Avec ses cheveux sombres en bataille, ses grosses lunettes, sa chemise trop grande et mal rangée dans son pantalon mal taillé, il fait peu dégourdi, ce qui est confirmé par son ton irrégulier et ses manières timides.
Un beau jeu d'acteur - que Divine a intérêt à gober. La suite ne serait pas agréable pour elle, si elle le pousse plus loin.
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MessagePosté le: Sam 7 Mar - 18:28
[HRP : Aucun souci, et merci ! Je te retourne le compliment ! =)]

Il arrive des moments où le cœur, d'un coup, semble flotter au-dessus d'un trou béant, ne demandant qu'à y plonger. Des moments où l'on s'interroge, où l'on se demande qu'elle est bien la folie qui a pu motiver l'entreprise que l'on venait de commencer. En ce moment, le cœur de Divine était précisément dans l'une de ces passes hésitantes. Il y avait le moment où cet inconnu s'était levé. Cet inconnu d'une table qu'elle n'avait pas encore eu le temps de rançonner. Le moment où, dans le jargon, il s'était mis à "jouer au héros". Au cœur de ce moment, le doute. Que faire ? Appuyer sur la gâchette ? Le frapper ? Rétorquer quelque chose de flamboyant ? Le stress montait quelque peu, et comment pourrait-elle, finalement, gérer une crise comme ça, avec les moyens qui étaient censés être les siens, des moyens pleinement et bêtement humains ?

Et puis vint le moment où elle se laissa aller à le scruter au-delà du spectre du visible, comme lui-même l'avait fait auparavant. Là, l'œil attentif aurait trouvé, du côté de la braqueuse, un très léger tressaillement. Une contraction presque imperceptible de ses muscles, ses yeux semblant s'illuminer l'espace d'une seconde, et les légères fissures dans le lino, alors que son pied semblait perdre de vue la notion de sol, et gagnait un ou deux centimètres sur l'écorce terrestre. Un détail subtil, du fait qu'elle avait sauté de sa table pour braquer son arme sur le client à lunettes. Un client qui, les cheveux en bataille, la barbe fourni et la démarche balbutiante, ne payait pas de mine, même si il était sûrement parmi les plus larges des bonshommes présents dans l'assemblée, et certainement pas le plus gras. Un client qui avait plus de points communs avec elle qu'avec un humain lambda. Oui, rien de plus qu'un autre kryptonien. Voilà, ce qui, maintenant, lui posait un sérieux problème de conscience. Cela ne pouvait signifier que peu de choses : où bien les clones de son engeance se mettait à pulluller, ou bien elle venait, en ce moment, de tomber sur ce qui devait, en un sens, être son ... cousin, ou bien celui de sa mère, si elle venait à considérer Power-Girl comme sa génitrice, ce qui n'était pas complètement sot. Non, il valait mieux oublier ses considérations. Il valait oublier, et se concentrer sur le problème qui les concernaient en ce moment. Pour la première fois depuis le début de la situation, Marian Carlyle tremblait. Un tremblement léger, mais un tremblement certain, celui de l'être stressé. Le tremblement de celle qui ne savait comment réagir. Elle aurait aimé à le rencontrer dans d'autres circonstances, sous d'autres auspices. Des auspices bien plus favorables, et pas en plein crime de bas-étage. Avait-il vu ce qu'il avait vu ? Sûrement. Que pensait-il, pourtant ? Diantre, même si il ne l'avait pas vu, quel serait l'étape suivante ? Le moindre coup détruirait toute couverture. La moindre initiative coûterait cher.
Non, il fallait reprendre un semblant d'ascendant psychologique, de quelque manière que ce soit.

" Écoutes, boy scout, " lui lança-t-elle, décidée à ne pas perdre toute contenance, " j'imagine que tu sais ce que j'ai entre les mains. C'est un fusil d'assaut. Une arme de guerre. J'imagine que tu sais pertinemment ce qu'il va se passer au moment où j'appuierais sur la gâchette. "

Que se passerait-il ? Encaisserait-il le coup ? Esquiverait-il ? Attraperait-il la balle au vol ? Aurait-il une autre idée saugrenue derrière la tête ? La vérité était que la pauvre Marian voulait surtout s'extirper de ce guêpier, et s'extirper de ce guêpier avec son gagne-pain. Elle voulait s'enfuir avant que les illusions ne s'effondrent. Oui, ce qu'elle faisait n'était certainement pas honnête, mais c'était bien la seule méthode qu'elle avait trouvé pour gagner sa vie, elle qui n'avait pas tant d'expérience que cela avec les choses du quotidien.

" Ne me regardes pas comme ça ! " rajouta-t-elle vivement, en épaulant son arme, connaissant son inutilité, mais l'utilisant presque comme argument supplémentaire, " Tu crois que ça me fait plaisir de faire ça ? Tu me prends pour une psychopathe ? Je fais ça parce que je le dois ! On a tous des dettes à payer et des bouches à nourrir ! "

Quelle bouche ? Son chat ? Peuh. Il était vrai qu'en fin de compte, la seule bouche qu'elle avait à nourrir, ce n'était pas véritablement la sienne. Pauvre tordue de son état. Elle n'était qu'une parodie d'Humain, et elle n'était même pas complètement Kryptonienne. Elle n'en avait pas l'héritage, pas les valeurs. Elle n'était rien. Elle n'en avait même pas la peur, à vrai dire. Sa seule crainte résidait dans le destin qui attendrait son arme, et sa tenue. Elle les aimaient, mine de rien.

" Tu veux sortir ? Bien, alors tu seras comme les autres, ou alors tu peux essayer de me passer sur le corps. "

Oui, de la provocation vaine, mais, après tout, il ne se risquerait pas à dévoiler sa nature comme cela, non ? Il ne se risquerait pas à réellement l'attaquer, et à mettre en danger autant d'innocents, si ?
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MessagePosté le: Lun 16 Mar - 23:04
"Je sais pertinemment ce qu'il va se passer quand vous appuierez sur la gâchette."

Clark n'a pas bougé.
Toujours debout, les mains dans les poches, les épaules voûtées, l'air un peu penaud et perdu. L'image qu'il donne est celle d'un type un peu paumé, mal dans ses baskets, et carrément loin de la place qu'il entend occuper dans la société ; mais ses yeux disent autre chose.
Derrière les lunettes rondes, derrière la barbe fournie, ses yeux azur sont d'un acier, d'une détermination sans faille. Il a compris qui elle est, et il a compris qu'elle a compris qu'il a compris. Elle est donc pleinement consciente de la situation, et elle continue de le menacer - certainement pour ne pas perdre la face, et un peu plus de dignité.

"Le mécanisme va s'enclencher. Le système va se mettre en branle. Une balle va être expulsée du canon, puis une autre, puis autre encore, et encore, et encore. Avec juste un mouvement de votre part, une douzaine de balles sera tirée, et la plupart perforera mon torse. Leurs tracées seront divers, chaotiques, mais le résultat sera le même : la mort. Ma mort."

Il ment, mais il veut la mettre face à la réalité de ses actes, de ses menaces. Aujourd'hui, c'est lui qui se lève ; aujourd'hui, c'est un surhumain discret qui refuse de se laisser faire. Mais demain, ailleurs, des anonymes, des courageux sans pouvoir feront de même, et risqueront bien plus. Il le refuse - il refuse que d'autres soient en danger à cause d'un rebut génétique comme elle.

"La police interviendra, et elle saura ce que vous avez fait. La limite sera franchie, et ce sera de votre faute. L'assaut sera donné, des tirs seront échangés ; vous serez blessée... ou pas. Mais d'autres le seront. Beaucoup, ici. Des innocents. Des vieux. Des jeunes. Des très jeunes."

Son regard azur glisse vers la jeune fille que la clone a protégé, quelques instants plus tôt. Le message est limpide.

"Est-ce que ça en vaut la peine ? Est-ce que la fierté en vaut la peine ?"

La tension est palpable, terrible.
Tous les regards sont fixés sur la jeune femme, évidemment hésitante. Il s'en rend compte, et en profite pour lui offrir une chance de sortie. Sans rien dire, sans prévenir, le journaliste utilise sa super-vitesse et sa super-vitesse pour taper violemment le sol, créant avec le rythme et sa puissance un mini-séisme.

Le bâtiment tremble sur ses fondations, sans réel danger, mais les gens crient, hurlent, laissent leur terreur s'exprimer. Tout tremble, tout bouge, mais il continue de la fixer, immobile, les mains dans les poches.
Voilà sa chance. Voilà sa porte de sortie. Elle peut fuir, elle peut utiliser ses pouvoirs et disparaître sans blesser personne.

Leur prochaine rencontre sera différente : il ne sera pas aussi bon, aussi gentil. Mais aujourd'hui, il lui laisse une chance ; à elle de la prendre.
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MessagePosté le: Sam 28 Mar - 0:05
C'était assez improbable, mais il fallut bien que ça soit Superman qui sauve la mise de Divine en ce jour. Voilà qui pourrait faire un bien curieux matériau à servir à ses petits-enfants, si jamais elle se retrouvait avec des petits-enfants, un jour. Oui, elle se voyait bien, tiens, dans une rocking-chair, dans un petit chalet reculé, ou bien sur une autre planète, avec toute une horde de marmots devant elle, à l'appeler "Mamie". Elle se voyait leur demander "Est-ce que je vous ai raconté la fois où j'ai braqué l'endroit où Superman était en train de déjeuner ?", et eux lui rire au nez. Puis elle passa à tout ce que cela impliquait : trouver un mari, qui ne soit pas une ordure, pas un pervers, pas un salopard, qui soit un bon père, qui ne soit pas trop ennuyeux, qui soit créatif, et à qui elle pourrait confier qu'elle avait des pouvoirs qui sortaient légèrement de l'ordinaire. Il faudrait qu'elle arrive à tenir la relation, et tout ce que cela implique, en ne le pulvérisant pas à la première dispute sérieuse, en ne laissant pas tout ce que la société moderne pouvait imaginer comme complications pour elle détruire la relation, sans même prendre en compte le climat politique et le risque même de se alpaguer par le gouvernement, ou par les Nations Unies, ou par la Ligue des Justiciers ...
Et même si tout ça tenait, il faudrait qu'elle supporte le fait de constituer une famille. Qu'elle supporte de changer les couches de marmots ... Qu'elle réalise sûrement les accouchements elle-même pour éviter les problèmes. Il faudrait qu'elle se transforme en mère au foyer, qu'elle évite d'exploser tout les ustensiles ménagers à chaque piaillement suraigu, qu'elle supporte ses voisins, et puis, même si elle y parvenait ... Les gosses.

Comment elle allait expliquer à l'école ses enfants qui se mettent à léviter, ou à foutre le feu à des choses, juste parce qu'ils s'ennuient ? Ah, elle se voyait, tiens, en train de sourire comme une idiote, en hochant la tête devant le directeur. Elle se connaissait, elle dirait sûrement après à ses enfants qu'ils ont bien fait, que ce n'était qu'une bande d'abrutis jaloux. Elle devrait donc leur apprendre à éviter de faire des vagues, à se calmer, à ne pas utiliser leurs capacités juste parce qu'ils en ont. Ce serait un coup à se retrouver avec les vrais méchants sur le perron. Ceux contre lesquels elle ne sera pas nécessairement en mesure de les protéger.
Oh, et puis il y avait toutes les étapes. Elle devrait se coltiner les crises d'adolescence, en limitant les dégâts au maximum. Leur éviter d'exploser le quartier parce que Maman refuse de les voir sortir le soir avec des voyous de basse extraction. Elle devrait supporter les petits amis de sa fille, sourire gentiment sans les baffer, empêcher sa fille de dévisser la tête du morveux quand elle se fera larguer. Elle devra aussi leur expliquer patiemment que non, il leur est impossible de se faire tatouer ou de se faire faire un piercing, aussi bien pour des raisons biologiques que parce que si c'était pour les voir avec des motifs tribaux parfaitement fades ou des breloques métalliques à des endroits improbables, elle les bafferaient en orbite basse.
Ça lui ferait du bien, cela dit, de ne pas avoir besoin de se retenir. Ils encaisseraient, c'est au moins ça de pris. Bon, par contre, le père devrait les supporter. Lui, elle avait des doutes.
Puis les gosses grandiraient, ils partiraient, et puis ils iraient eux-mêmes fonder des foyers, et elle aurait à se coltiner les belles-familles, et enfin, seulement, les petits-enfants.

Elle songea à un autre truc. Elle serait vieille. Elle serait vieille, chiante, et moche. Sans compter qu'elle n'arrivait déjà pas à savoir comment elle passerait la semaine ... Alors son existence entière.

Non, assurément, il fallait mieux imaginer l'instant présent. Profiter de l'opportunité laissée par Superman ... Ah, si ces badauds savaient ce qui se jouer. Si ils savaient de quoi ils étaient sauvés. Si ils savaient seulement à quel point tout cela aurait pu dégénérer ... Elle l'aurait peut-être remercié. Elle l'aurait sûrement remercié, même, si elle n'avait pas une face à garder, devant l'assistance.

Alors elle partit, dans le chaos, en emportant l'abruti pervers avec qui elle avait osé partager un bout de chemin. Saleté. Ordure. Elle le tenait sur l'épaule, et le contenu de la caisse sous le bras. C'était bien ce qui était assuré, dans le bâtiment. Elle avait laissé les effets personnels, dans le grand sac, sur une table. Elle partit par l'arrière, dont elle arracha sans grand ménagement la porte d'un coup de talon négligent. La police arrivait déjà sur les lieux, et elle savait déjà ce qu'elle aurait à faire.

Divine tira un coup unique de son fusil avec précision sur la sortie d'une borne d'incendie, alors que la voiture se précipitait sur eux, pour laisser échapper une énorme colonne d'eau. Utilisant sa vision, elle transforma la colonne en une épaisse vapeur, et une véritable purée de pois. Elle y lâcha Bertrand, comme un malpropre, et prit son envol  sur un toit voisin. C'était bon, par rapport aux autorités, elle était en sûreté. Ils avaient leur coupable, et Divine trouverait un moyen de quitter la cité, une fois encore ... Bien sûr, la prochaine fois, en présence de Superman, ce ne serait pas aussi facile, surtout maintenant qu'il connaissait son existence, mais cette rencontre avait finalement Divine à peut-être envisager ... autre chose.

[HRP : Et voilà. Merci ! C'était très sympa, et ça me fait presque regretter de ne pouvoir faire évoluer Divine dans cette voie ... Au plaisir, et si tu veux RP avec Cassie ou Peegee, c'est quand tu veux ! =)]
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" La marche des vertueux est semée d'obstacles ... " - Ezekiel 25:17 [Superman]

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