It's time to change (LIBRE)

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MessagePosté le: Jeu 5 Mar 2015 - 2:12
Chili, Santiago, 9h17

L'homme sait qu'il n'a que peu de temps. Son intrusion a été repérée et sa mission risque d'avorter à tout moment. La cavalcade derrière lui est de mauvaise augure mais rien ne pourra le détourner de son objectif. Il est plus entraîné que ses poursuivants, il le sait mais il sait aussi qu'à un contre vingt, il ne pourra rien. Seul compte la mission.

Et puis au détour d'un couloir, la délivrance. Le bureau présidentiel est là, à quelques mètres. Le détonateur qu'il serre de toutes ses forces dans sa main lui donne une telle sensation de puissance... Il n'a l'impression d'avoir vécu que pour ça. Alors dès qu'il ouvre brutalement la porte de la pièce cachant l'être le plus puissant du pays, il écrase le bouton de la télécommande sophistiquée qu'il tient depuis son entrée dans le palais.

Et c'est tout le bâtiment qui tremble, secoué par une explosion plus que violente.
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Brésil, Sao Paulo, 9h20

L'accord est conclu et les trois leaders des gangs les plus importants de la ville s'apprête à rentrer chez eux, dans leur luxueuse villa protégée par de multiples gardes pour fêter à leur manière la trêve qui vient d'éclore entre chacun des membres de ce trio. Cela leur est profitable à tous, et ils sentent déjà dans leurs mains le doux contact des liasses de billets, ils sentent déjà le parfum capiteux des femmes qu'ils vont pouvoir s'offrir. C'est le matin et Sao Paulo se lève.

Le soleil brille de milles feux dans le ciel mais ça n'intéresse pas le colosse qui vient de sauter d'un toit à un autre, en direction de l'entrepôt qui a vu se conclure le pacte. Fusil mitrailleur en main, il ajuste sa première cible dans la lunette de son arme. Puis presse la gâchette.

Le crâne d'un des meneurs explose alors dans une gerbe de sang, suivi par le second. Affolement parmi les malfrats. Mais ils se reprennent vite. Le géant vêtu de noir est facilement repérable. Trop, peut-être. Lorsqu'ils se lancent sur ses traces, les gangsters ne savent pas qu'ils viennent de déclencher des mines. Et alors c'est tout l'entrepôt qui s'écroule sur eux, piégé à l'avance par un ennemi impitoyable qui sait tout. Coincé sous une lourde plaque de tôle, légèrement blessé, le dernier leader tente de se dégager du piège mortel dans lequel il s'est plongé à son insu. Mais il sait qu'il n'en aura pas le temps. Cela lui est prouvé par le canon froid du fusil mitrailleur qui s'appuie soudainement contre sa tempe. Et tout devient noir.

Le tueur s'éloigne rapidement du lieu du massacre. Tout était calculé, et aucune de ses cibles n'a survécut. La guerre des gangs ne fait que commencer, et il ne veut pas être là quand elle débutera vraiment.
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Pérou, Lima, 9h29

La journée d'hier a été longue et elle ne s'est pas encore couchée. Pourtant, elle tombe de sommeil. Mais son travail et ses projets comptent plus que tout. Directrice d'une firme pétrolière internationale, elle a les idées, elle a les moyens. Le monde lui appartient... Dans cinq heures, une entrevue avec le président. Fervent écologiste, pourtant opposé à ses plans d'industrialisation de masse, elle a les moyens de le faire changer d'avis. Tout le monde change d'avis, passé un certain prix.

Et alors qu'elle s'affale dans son lit aquatique, bénissant le tout-puissant Dieu-Dollar, elle a le tort de ne pas remarquer la silhouette tapie derrière le mini-bar, présente dès son entrée dans sa chambre démesurée. Alors elle ferme les yeux en souriant. Il ne peut rien lui arriver, elle est riche. Elle est puissante. Et ce sentiment qu'elle ressent pourrait déplacer des montagnes. Personne ne lui résiste... Son sourire prend de l'ampleur et elle a brutalement envie d'un whisky. Ouvrant les yeux de façon soudaine, elle ne remarque d'abord pas l'arme braquée sur elle à cause de l'accommodation de ses pupilles à la lumière.

L'ombre n'attend pas qu'elle le fasse. La balle passa en moins d'une demi-seconde du canon de l'arme au mur de pierre derrière sa victime tout en passant par le crâne de celle-ci. Même si elle a utilisée un silencieux, l'apparition sait que le cadavre ne va pas tarder à être découvert. Alors elle quitte la chambre par le même chemin qu'elle a empruntée pour  pénétrer dans celle-ci.
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Forêt Amazonienne, base secrète du Démon, 10h26

Marchant d'un pas rapide en direction du hangar de sa base, accompagné par son fidèle Ubu, le Maître de la Ligue des Assassins sait qu'il n'a que peu de temps avant que des laquais de Luthor ou des pseudos-servants de la justice n'arrivent. Mais il est prêt. Tout a été prévu pour les accueillir. Alors il les attend.

Et il espère qu'ils ne seront pas en retard. Car Ra's Al Ghul a horreur de perdre son temps.
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MessagePosté le: Mar 31 Mar 2015 - 4:15
Argentine, Buenos Aires, trois jours plus tôt.

Santiago Vargas était inquiet. Cela était rare. El Gaucho était le protecteur de Buenos Aires, le Batman local. C'était El Gaucho qui venait au crime et certainement pas le crime qui venait à El Gaucho ... Pourquoi donc, alors, la porte de son refuge secret de Villa Crespo était ouverte ? Le millionnaire argentin avait spécifiquement choisi cet endroit car il n'attirait pas l'attention. De l'extérieur, c'était un simple garage abandonné, tandis que l'intérieur était une base avancée, un véritable bijou de fabrication artisanale aux protections de dernière génération, qu'il avait établi avec l'aide du Chevalier Noir en personne. Il n'était personne, dans le pays, qui soit en mesure de s'infiltrer dans la place sans déclencher la totalité des alarmes de cette "Gaucho-cave" ... Bien qu'El Sombrero, dans tout son diabolique génie, pourrait éventuellement être en mesure de percer les défenses du bâtiment, il lui faudrait déjà le trouver, et il faudrait ainsi qu'il ait connaissance même de la seule existence d'un tel lieu.
Il n'existait que deux personnes au Monde, qui connaissaient la véritable nature de l'endroit : El Gaucho, et Batman.

Plein d'appréhension, le protecteur de Buenos Aires, un bolas en main, ouvrit la porte. Une odeur distincte de viande grillée et de graisse vint le frapper, alors que les lumières s'allumèrent avec la latence dramatique propre aux éclairages néons d'entrepôts. Ce qu'il trouva le fit tiquer : Il avait pour une moitié de bonne réponse à ses présomptions. Oui, quelqu'un mangeait bien des empanadas fourrés à la viande dans son repaire, tout chauds sortis du four, qui devaient sortir de chez Pizza Bum Resto & Delivery, juste à côté, au six cents deux de l'avenue Scalabrini Ortiz. Il était cependant plus de vingt-trois heures, et on ne s'invitait pas à une heure aussi avancée dans le premier endroit désert venu pour profiter de son dîner. Ce fut ce qu'un rapide coup d'œil lui montra : au milieu du garage, sur une bâche bleue, un homme mal en point, couvert de sang, de contusions et de brûlures, reposait inconscient. Il était solidement attaché. A son côté, on trouvait une table sur roulette comme on en trouvait dans tout les garages. Sur elle, on retrouvait une multitude d'outils communs, allant du marteau au tournevis, en passant par une raboteuse, une perceuse, et même une torche à acétylène. La grande majorité de ces instruments étaient tâchés de sang, ce qui ne faisait aucun doute sur l'usage qui en avait été fait.
Le suspect probable se tenait juste à côté, une main tapant sur un clavier avec une certaine lenteur pataude, tandis que l'autre fouillait dans un sac en papier marron frappé du logo de la pizzéria voisine. Il était perché sur la chaise de bureau comme un petit singe, ou une chouette sur son perchoir, couvert d'un poncho, l'intrus se tourne pour lui faire face ... C'était une jeune femme.
Malgré le pantalon - qu'il identifia comme un treillis militaire en Multicam Black -, et les poches à matériels fixées sur les côtés de ses genoux par des mousquetons et des scratchs, malgré le masque qui lui couvrait intégralement le visage, qu'elle venait de rabaisser, et qui semblait être fait d'un cache-nez et de pièces de tissus cousues entre elles, ses formes la trahissaient.

Elle fouillait sur son ordinateur, et avait laissé un cadavre chez lui. Elle n'avait pas la moindre réaction à sa présence. Il prit l'initiative, et lança son bolas, pour l'immobiliser avant qu'elle ne bouge, tout en sortant un couteau de combat immédiatement.

Ce qu'il vit ne manqua pas de le surprendre. Il n'avait même pas fini de lancer son projectile que l'intruse utilisa son pied pour renverser sa chaise en arrière. Il n'avait pas dégainé son couteau qu'elle était déjà sur lui, et lui coupa le souffle d'un coup violent au plexus. Elle le força à se mettre à genoux ensuite en tordant sa main d'arme et en frappant dans le creux de sa jambe.

El Gaucho avait douté. Il avait eu tort.

" Batgirl ... " formula-t-il, avec peine, en reprenant son souffle.

" Ex. " crut bon de préciser Cassandra, " J'ai utilisé ton matériel. J'espère que ça dérange pas. J'ai besoin de ta moto. "

En voilà donc une bonne ! Elle débarquait comme cela, alors que Batman et l'intégralité de ses fidèles la croyait disparue, sinon morte, et voilà qu'elle se permettait d'avoir le toupet de torturer des inconnus en Argentine, et de demander les clés de sa moto au Batman local. Il y avait devoir y avoir des explications !

Elle l'avait lâché, et il s'était relevé, et toisa de ses quelques centimètres d'avance sa consoeur adolescente. Il était tout à la fois plus trapu et plus grand qu'elle, bien que c'était certainement pas la largeur plus que par la taille qu'il la dépassait, ce qui rendait la situation grotesque.

" Et qu'est-ce qui te fait croire que je ... "

Le gardien de Buenos Aires fut interrompu par deux piqûres foudroyantes sur les hanches, et sentit - ou sentit plutôt l'absence de sensations - alors que ses jambes se dérobaient sous lui. Il s'affaissa comme une loque, paraplégique.

" C'était pas une question. " trancha-t-elle, en se penchant pour attraper les clés de la moto d'El Gaucho dans l'une de ses poches, " Et j'ai sauvé l'Argentine, aujourd'hui. Ra's est en pleine jungle. Je vais régler ça. "

Elle attrapa le sac d'empanadas, relevant son masque jusqu'à son nez pour en fourrer un dernier dans sa bouche, avant de poser le sac à côté du justicier paralysé.

" Tes chambes reviendront danch'une heure. " fit l'ancienne Batgirl, la bouche pleine, en se dirigeant vers la sortie avec flegme, " Che chavais pas che que tu aimais le pluch, alors ch'en ai pris au porc, au bœuf, au mouton et aux légumes. "

Alors qu'El Gaucho peinait à se traîner à son ordinateur pour prévenir le Batman, il put entendre distinctement le rugissement de son bolide au démarrage, puis celui-ci s'éloignant dans la nuit de capitale argentine.

_______________________
Forêt Amazonienne, Base Secrète du Démon, 10h27


Tout ce qu'avait pu glaner Cassandra dans le village de bûcherons, à quelques dizaines de kilomètres de là, coïncidait. Des disparitions, des hommes louches, des appareils inconnus volant pour atterrir dans la forêt. La Ligue des Assassins, malgré tout ce qu'elle mettait d'entrain à se camoufler, n'était finalement pas si difficile à traquer, pour quelqu'un qui en connaissait les rouages. Nulle conspiration gouvernementale à l'œuvre, ici. Nul extraterrestre. Non, il n'y avait que ce que l'on y voulait bien y croire terré. Il n'y aurait pas à douter que cette seule promesse en aurait fait trembler plus d'un, car la Ligue n'était certainement pas à prendre à prendre à la légère ...

Pour Celle Qui Était Tout, il n'y avait rien à craindre. Cela partait d'un constat simple : si Cassandra était toute la Ligue, alors que restait-il à affronter, en face d'elle ? Personne. Ra's n'était plus qu'une tête de Démon sans corps à commander. Il avait, croyait-elle, craint suffisamment sa mère pour aller la forcer à l'engendrer, elle, et à l'éduquer pour le protéger.
Aujourd'hui, elle avait bien appris, et elle avait vaincu sa mère. L'élève avait dépassé le Maître.

Elle avait passé du temps à chercher, à essayer de comprendre, en vain, jusqu'à ce jour. Jusqu'à ce que Cassandra, enfin, retrouve la trace de Ra's al Ghul.

Ce n'était pas Celle Qui Etait Tout qui avait eu raison de Lady Shiva. C'était Ra's al Ghul. Le Démon avait tué sa mère, bien des années auparavant, en commandant la conception de celle qui devait devenir son arme secrète la plus dangereuse.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Cassandra, pour le peu de temps qu'elle l'avait côtoyé, avait aimé sa mère. Elle l'avait admiré, même. Sa détermination, sa fureur de vivre, sa passion de la mort ... Elle l'avait pleuré, d'autant plus qu'elle n'avait pu la comprendre, à l'époque. Elle n'avait pu que s'excuser. Elle n'avait rien trouvé de mieux à dire que "Désolée, maman", en s'éloignant de sa dépouille.

Aujourd'hui, Cassandra comprenait. Il lui avait fallu du temps. Il lui avait fallu être trahie par son propre gouvernement, par ceux même qui pensaient l'utiliser, mais elle comprenait. Ra's al Ghul était le Démon, et le Démon n'avait sa place que dans l'Au-Delà, son royaume.
Elle n'avait pas encore connaissance des attentats perpétrés par le Démon, mais elle savait qu'il avait fomenté quelque chose, en Argentine, aussi. Elle n'en connaissait pas tout les rouages, mais elle connaissait sa logique. Elle savait également qu'elle ne pourrait retourner vers son père adoptif avant d'avoir pu se réconcilier avec sa mère biologique. Il y avait deux noms, sur sa liste. Deux noms qui avaient détruit la seule femme à qui elle avait voué son admiration, en dépit de tout ses travers. David Cain, et Ra's al Ghul.

Il suffirait de deux balles.

Et Cassandra s'était avancée, derrière lui, bien en vue. Cassandra était présomptueuse aujourd'hui... Elle le devait à sa mère. Son masque noir aux oreilles pointues, fait de bric et de broc sur le visage, et son poncho élimé aux motifs angulaires sur le dos.

Elle avait attendu ce jour ... En vérité, elle l'avait attendu, ce Ra's al Ghul, des heures durant, tapie dans les fourrés, et elle trouvait même surprenant qu'il se montre, alors que l'ennemi était si proche. Cela, pourtant, l'avait conforté : elle était la meilleure. Elle était l'arme absolue. Celle qui mettrait un terme aux agissements du Démon et de sa Ligue. Pour de bon. Aujourd'hui.

" C'est fini, Démon. " déclara l'ancienne tueuse avec dédain, en se présentant au bout de la piste.

Ses lèvres étaient pincées en un seul trait fin et froncé, éminemment concentré, tandis que ses yeux étaient plissés, vifs, toisant chacun de ses adversaires, et s'appliquant à fusiller l'architecte de toute la mascarade que Cassandra avait pour jeunesse. Plus de masque. Plus de Batgirl. C'était là le baroud d'honneur de Cassandra Wu-San.
Elle passa d'un ample geste son poncho sur son dos, dévoilant un fort élégant qipao couleur rubis, l'une de ses robes traditionnelles chinoises qu'affectionnait tant porter sa mère, et qui couvrait le haut de son corps. Ses jambes, elles, étaient encore couvertes de son pantalon de treillis couleur d'onyx.

" Lady Shiva vient réclamer son dû. Une vie pour une vie. Prépares-toi à mourir. "

L'œil attentif viendra remarquer que le poncho cachait aussi, la lanière d'un sac messager qui contenait la promesse de maints artifices, tandis que la ceinture de Celle Qui Était Tout servait de refuge à plusieurs lames de tailles variables, allant du rasoir au tomahawk, et comportant même une longue machette. Plus étonnant, encore, une paire d'armes à feu : un Taurus PT92 qui devait avoir appartenu à un policier militaire brésilien, à la ceinture, et un énorme Raging Bull. Un revolver d'une taille parfaitement ridicule pour une jeune femme, fut-elle de la carrure robuste de Cassandra. Le Taureau reposait dans un holster de hanche, et la main de l'ancienne fille de la Ligue reposait dessus, comme si elle se prenait pour un espèce de cow-boy prêt à dégainer.

Il ne faisait également pas de doute qu'elle semblait parfaitement résolue à l'utiliser. Son regard trahissait très clairement sa volonté de tuer Ra's al Ghul.
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MessagePosté le: Jeu 9 Avr 2015 - 23:12
''C'est fini, Démon.''

Cassandra Cain. Ou l'un de ses plus cuisants échecs.

" Lady Shiva vient réclamer son dû. Une vie pour une vie. Prépares-toi à mourir. "

Les yeux de l'Algol s'étrécirent. Celle qui était tout n'était pas la personne qu'il attendait. D'un geste, l'Immortel ordonna à son garde du corps de ne pas bouger tandis qu'il se retournait lentement pour faire face à celle qui osait le menacer dans son propre domaine. Même si s'infiltrer dans la base de la Ligue des Assassins était enfantin pour celle qui avait eu comme professeur David Cain, cela ne l'autorisait pas à le menacer, ni même à lui faire perdre son temps. Cassandra Cain était dorénavant un contretemps dans son plan, un grain de sable qui venait perturber une mécanique bien huilée.

''Ma chère enfant.''

Droit comme un I et drapé dans sa cape verte, Ra's Al Ghul plongea son regard d'aigle dans les yeux noirs de Cassandra. Derrière lui, Ubu croisait les bras en se préparant tout de même à intervenir, voire même à encaisser une balle pour son Maître tandis qu'une cinquantaine d'assassins s'étaient regroupés autour du trio, bien décidés à ne pas laisser s'échapper l'intruse.

''Ainsi donc, vous avez l'extrême outrecuidance de venir m'importuner chez moi, Cassandra, et de me menacer sous de fallacieux prétextes ? Me tuer ? Et ensuite ? Pensez vous vraiment que ces deux meurtres serviront à justifier votre pathétique existence ? Vous n'êtes plus qu'un projet avorté depuis des années, Miss Cain, une fausse divinité abandonnée par ses disciples, un fantôme désormais hanté par le pseudo-devoir de venger celle qui fut votre mère biologique.

Celle qui était tout est un mythe. Mes assassins vont se charger de vous. Nous règlerons l'épineuse question de cet assassinat plus tard. Si vous êtes toujours en vie, cela va de soi. Messieurs ?''


Le claquement de doigt de leur prophète était le signal qu'attendaient ses adeptes pour intervenir et exterminer celle qui osait troubler la quiétude du repaire de l'Arabe. Une vingtaine de ninjas se précipitèrent alors sur la jeune asiatique pendant que les autres fermaient le cercle qui s'était formé autour d'elle, prêts à intervenir dès que le tour viendrait.

De son côté, le Démon avait reculé d'une dizaine de mètres, accompagné de son plus fidèle acolyte, hors de portée des coups de l'ancienne Batgirl. L'idée de départ n'était pas simplement de l'éliminer. La dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés remontait à plus d'une décennie, et même s'il avait toujours gardé un oeil sur celle qui aurait dû devenir son ultime soldat, Ra's avait besoin d'en savoir plus sur elle. Il était clair que ses guerriers ne feraient pas le poids, mais le fait de savoir si elle allait les tuer ou seulement les mettre KO apporterait beaucoup sur son évolution. Qu'elle ait résisté à l'enseignement de Cain était suffisamment contrariant en soi, et si en plus elle arrivait à atteindre son but, alors Ra's devrait reprendre son plan depuis le début. Cassandra Cain était un agaçant imprévu mais pouvait-il changer cela en atout ? Si ses calculs étaient bons, et ils l'étaient, alors il n'avait que quelques minutes pour échafauder une ébauche de stratégie contre la jeune femme qui fracassait des crânes dans le hangar de sa base sud-américaine.

(HRJ : Je suis désolé du retard mais les examens ont été sans pitié, les examinateurs aussi.^^ Quoiqu'il en soit, ton post est excellent et même si le mien n'est pas à la hauteur, je tenterais de me rattraper au prochain.)
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MessagePosté le: Ven 10 Avr 2015 - 14:36

Une divinité abandonnée. Voilà bien comment on pouvait résumer la situation de Cassandra Cain. Une fille élevée dans le silence, le déni et le mensonge. Il n'y avait pas de fallacieux prétextes, ici. Rien qu'un dilemme simple : la vie, ou la mort. Ce n'était pas plus compliqué que cela, et pourtant, les quelques mots de Ra's suffirent à la faire hésiter, à la faire se crisper. Et si Celle Qui Etait Tout n'était en effet qu'un mythe ? Si elle se risquait dans l'absurde, sur une pente qu'elle ne pourrait remonter ? Il réussit à la faire douter quelques instants, quelques dixièmes de secondes, en tout et pour tout, mais c'était suffisant pour que son occasion passe.
Elle dégaina son PT92 d'un geste ample et hasarda un tir, mais la cohue l'avala, et le tir atterrit dans l'épaule d'un ninja qui courait vers elle. Un tir parfaitement chanceux pour un risque parfaitement inconsidéré. Elle aurait pu tuer une cible collatérale. Briser cette volonté de ne recourir à l'ultime sanction que pour une paire d'individus, et cela aussi, la mina pendant une période qui n'aurait pas excédé le battement d'aile d'un papillon. Dans un combat, c'était un laps de temps considérable, et suffisant pour décider de la vie ou de la mort d'un guerrier. Elle. Elle pointa son arme sur les jambes d'un second ninja, mais elle reçut un coup de pied qu'elle ne put esquiver qu'en lâchant son pistolet pour se jeter en arrière dans une roulade féline d'une agilité presque surnaturelle. Elle ôta son poncho pendant le mouvement, ne se réceptionnant et se remettant sur ses pieds qu'à l'aide d'un bras unique, le second occupé à envoyer voler le vêtement sur la cohue qui se précipitait sur elle.

Sans perdre un instant, Cassandra leva son bras gauche, libéré de la contrainte du poncho, pour dévoiler un curieux dispositif bricolé, fait de câblages, de petites bouteilles d'air comprimé et de fines batteries. La machinerie se mit à émettre un petit sifflement en déployant de petites rampes faites de tiges métalliques, et il fallut moins d'une seconde pour que son bras soit parcouru de zébrures électriques, et que ce curieux brassard militarisé projette des espèces de bolas électrifiés faits de filins et de clous sur les assassins.

Dans la bat-family, il y avait les guerriers, comme Cassandra, mais, autant qu'elle avait aidé les autres à s'endurcir, elle en avait aussi retiré une savante capacité d'improvisation, qui dépassait de beaucoup les simples artifices de la Ligue des Assassins. Si son père biologique lui avait appris comment faire un lance-grenade thermobarique avec un extincteur et des bouteilles d'alcool, il n'y avait guère que son père adoptif pour avoir l'idée saugrenue de démonter des smartphones pour les transformer en taser artisanal capable de neutraliser plusieurs cibles.

L'attaque fut si inattendu qu'elle put mettre à terre six assaillants d'un coup, en rendant groggy un septième. Un huitième se présenta, et tenta un coup de pied sauté au visage, que la justicière esquiva en plongeant en dessous. Le ninja tenta de faire retomber son talon sur elle, mais elle attrapa la jambe de sa main droite, pour frapper, avec son bras armé à nouveau parcouru d'éclairs, directement dans l'entrejambe.
Le règne de la technologie ne dura cependant pas longtemps, puisqu'elle utilisa son dispositif, par réflexe, pour bloquer un ninjato. Cassandra se dégagea le bras de l'attelle médicale qui transportait l'arme improvisée, et projeta un coup de pied vertical fulgurant, quasiment à cent quatre-vingts degrés, directement dans la mâchoire de l'épéiste.

Sans perdre de temps, elle tira son tomahawk pendu à sa ceinture, et se mit à riposter, lame contre lame, utilisant le manche lesté de son arme et son propre style imprévisible pour se glisser dans la défense des hommes de Ra's al Ghul, et leur briser les genoux ou les coudes avec des frappes traîtresses.

Il devint vite évident qu'en effet, opposer même vingt combattants entraînés par la Ligue contre Cassandra Cain était relativement inconsistant. Le "combat" ressemblait à une espèce de parodie burlesque, tant il semblait que - selon le point de vue adopté - ce fut soit les ninjas qui se mouvaient au ralenti, soit l'ancienne Batgirl qui était beaucoup trop rapide. Pour "profiter" du spectacle, si tant est qu'il eût été possible de se référer à cette rossée unilatérale ainsi, il aurait été nécessaire de l'enregistrer avec une caméra à prise de vue ultra-rapide. Une action aussi simple et anodine que simplement cligner des yeux était en mesure de priver le spectateur d'une partie non négligeable de l'action : chacun des combattants de Ra's était, à lui seul, un tueur entraîné à même de se défaire à lui seul de nombre d'adversaires qui n'avaient pas reçu une formation et un lavage de cerveau aussi poussé que lui. Chacun d'entre eux était déjà, selon des critères communément établis, particulièrement rapide, distribuant des coups avec une précision experte à une vitesse foudroyante. Ils étaient opposés à une jeune femme plus menue, qui trouvait pourtant le moyen de se déplacer si vite qu'elle faisait passer pour de patauds amateurs ses opposants, se retrouvant toujours à frapper la première, au bon endroit, sans faute. Quand l'un des adversaires de Cassandra parvenait à placer un coup, c'était toujours un coup dans le vent, quand elle ne s'était pas servi d'un autre guerrier comme bouclier humain, se payant même l'outrecuidant luxe d'utiliser une frappe destinée à tuer pour neutraliser une menace avec une autre, et riposter avant même que l'on ne se rende compte de ce qui s'était passé.

Et pourtant, le temps qu'il fallut à Celle Qui Était Tout pour vaincre était, selon les standards, affreusement long. C'était bien simple : elle s'était retenu de tuer. Il n'y avait pas un seul cadavre, et seulement des inconscients.

Deux morts. Elle ne réclamait que deux morts

Elle aurait pu hurler des menaces, mais cela n'aurait fait que brasser de l'air, alors elle lança son tomahawk en direction du bunker, vers le combattant le plus proche. Conformément à ce qu'elle pensait, le ninja l'esquiva, ce qui permit à Cassandra de le distraire suffisamment pour l'enjamber et, l'air résolu, dégainer l'énorme revolver dans un geste fluide pour le braquer sur Ra's, s'apprêtant à tirer. Il ne faudrait qu'une seconde ...


(Pas de problèmes !)
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MessagePosté le: Sam 18 Avr 2015 - 14:08
Moins d'une demi-seconde, 50 mètres, la flèche siffle et fend l'air à 400 km/h et frappe avec précision le revolver. L'arme de poing s'échappe, tourne et disparait dans la végétation proche, faisant jaillir un léger nuage de pollen d'une fleur bousculée.

Merlyn décoche à la suite quatre autres flèches, visant les espaces anticipée d'occupation du corps de la jeune prodige. Une flèche si elle se baisse, une flèche si elle fait un salto arrière, une flèche si elle plonge en avant, une flèche si elle lance un objet dans sa direction.
A son tour il se met à courir dans sa direction tout en tirant quelques flèches supplémentaires. Tout cela est inutile, mais il faut l'occuper, concentrer son attention chaque seconde sur lui seul et non le Maître jusqu'à arriver à son niveau et alors se stopper entièrement.

A 10 mètre, Merlyn adopte une position ni offensive, ni défensive ; une position neutre et détendue, bras baissée, aucune flèche n'est tendue. Il fait face à son ancienne élève pour lui demander un temps-mort, sans dire mot. Juste l'espace d'un regard respectueux, mais sévère, si sévère que le sentiment de trahison n'y reste pas bien enfouie longtemps. Lecture du corps, lecture d'esprit, il était de toute façon entièrement à sa merci.
Ruse et comédie, propre aux assassins, n'avait d'intérêt que pour tromper une cible, pas un pair.

« Une arme à feux ? Qu'ai-je à répondre à cela si ce n'est une véritable déception.
Si tu as la sagesse d'éviter le contact physique pour ne pas être possédée par l'âme de ta victime, comme je te l'ai dit il y a 10 ans, prend cet arc. »


Merlyn lui envoie alors son arc et son carquois.

« Et poursuit ta destinée, comme c'est bien là ton intention. »

« Rien ne peut t'arrêter. Nous y avons veillé.
Il n'y a pas plus simple que de tuer. Nous te l'avons enseigné.
Alors rend la fière, honore la fonction, embrasse là définitivement, car elle, elle crois en toi. »

« C'est bien tout ce que tu désire, ce que l'on désire depuis toujours ? »


Il n'a pas porté un regard en direction du Maître Ra's Al Ghul, cette arme, cette condamnation à mort suffit comme gage de respect et de protection. La situation semble contradictoire pour celui qui ne connait que la définition du mot ''honneur'' et pas le sens intime qu'il donne à ceux qui respire par les arts martiaux.

La vie de l'Algol dépasse la conception physique, Merlyn le sait car il l'a vu mourir par le passé. Le secret de cette véritable immortalité est une chose qui occupe justement l'esprit d'un homme qui commence à se sentir âgé, qui est dépassé par cette nouvelle génération. Mais, pour le moment, Merlyn s'intéresse autant à la vie immortelle de son Maitre qu'a seule mortelle et fragile de cette enfant qui a toujours appartenu à quelqu'un d'autre. Profiter de ses faiblesses ou jouer son propre jeu de bataille, ne serait pas honorable. L'issu pourrait se révéler bien pire que la mise à mort fictive du Maître de la Ligue.
Il préfère lui offrir la vérité, d'ouvrir les yeux qu'on lui a bandé depuis son premier souffle, comme sa voix qu'on lui a privé s'est découverte. Quitte à recevoir les réprimandes du R'as Al Ghul pour cette irruption et ces manœuvres inattendues.

Ruse et comédie n'ont d'intérêt que pour tromper une cible, pas un pair.



[HRP : Je peut avoir été rapide en besogne, mais j'apprécie au moins tenter quelque chose de consensuel et d'honnête pour mon personnage.]
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MessagePosté le: Mar 21 Avr 2015 - 19:27
Comme prévu, les assassins sont rapidement mis à terre, corps inertes aux pieds de l'une des êtres les puissants sur Terre. Mais ces messagers de la Mort sont tous vivants, sans exception. Avant que l'Immortel puisse froncer les sourcils devant cette déception pourtant prévisible, une initiative est prise, impromptue mais intéressante, de la part de l'archer Merlyn, l'un des plus anciens  membres de la Ligue des Assassins. Mais cela ne plaît pas à Ubu qui se plaça soudain devant son maître, un rictus mauvais sur le visage à l'attention du Magicien. La montagne de muscles joue son garde du corps car c'est la seule chose qu'il sache faire, car c'est la seule chose qu'on lui a enseigné. Au fond, il n'est pas si différent de Cassandra Cain. Leurs vies ont simplement prises un chemin différent l'une de l'autre. L'une s'est rebellée face à cette vie de servitude, face à ce destin imposé de force, pas l'autre. Est-ce que tout peut se réduire à une question de volonté ? Se dresser contre ses maîtres ou au contraire embrasser pleinement sa fonction de serviteur ? Ces questions pourraient tourmenter l'esprit d'Ubu. ''Pourraient'' car ce n'est pas le cas. Ubu est et restera pour toujours l'esclave du Démon, emprisonné à jamais dans sa tâche à la durée infinie.

En temps normal, Ra's Al Ghul trouverait louable l'intervention de son garde du corps, mais la situation l'intrigue, alors d'un signe, Ubu est repoussé derrière lui. La situation l'intrigue et l'exaspère à la fois. Le fera t-elle ? Ou ne le fera t-elle pas ?

''Tuer n'est pas une finalité en soi. C'est un commencement.''

D'un pas, l'Algol se dégage de la Cour qui l'entoure; garde du corps ou tueurs, tous sont aussi des protecteurs; d'un pas, il devient cible, d'un mouvement, il devient proie. Au fond de lui, il ne le supporte pas. Sa patience est mise à rude épreuve et Ra's Al Ghul commence à être lassé de ces jeux de petite fille, et ce, même si son visage intemporel ne reflète aucune des émotions qui l'animent. Cependant, il doit continuer à jouer le jeu, car s'il arrive à ses fins, ce sera plus qu'un énième soldat qui rejoindra son organisation, ce sera littéralement une arme vivante, perdue en elle-même et dans un monde qu'elle ne comprend pas.

''Appréhendez-vous ce second meurtre, Miss Cain ? Bien sûr que oui. Banalisez l'acte de prendre une vie ne suffira pas. Dépersonnalisez vos victimes. Répondez-moi, que suis-je pour vous ?''

Puis un sourire carnassier, dépourvu de toute joie apparut sur la face plusieurs fois centenaire de celui qui se fait appeler Ra's Al Ghul. Cassandra peut y lire sans peine tout le mal qui habite cet homme, consumé par un chagrin si grand qu'il a préféré l'effacer de sa mémoire à jamais, dévoré par le sentiment de ne plus jamais vouloir ressentir pareil émotion.

Et il devient parfaitement certain que seul l'un des deux pourra quitter ce hangar en vie. Merlyn est également placé face à un dilemme : restera t-il fidèle à son maître, un homme qui lui a donné la force et les moyens de se sortir d'une situation dont la seule issue n'était autre qu'un décès sale et minable ? Ou prendra t-il le parti de la fille de l'un de ses ''collègues'', qu'il peut inconsciemment identifier comme étant le fils qu'il veut protéger, tout en étant aussi perdue que lui l'était il y a plusieurs décennies de cela ?

Dardant ''Celle qui est Tout'' de ses prunelles acérées, le Démon souhaite beaucoup d'une situation qu'il n'envisageait pourtant pas il y a une heure. Comme quoi, même s'il peut le façonner temporairement ou de façon incomplète, les aléas du Destin ne cesseront jamais de l'étonner.
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MessagePosté le: Dim 31 Mai 2015 - 16:32
Cassandra était la meilleure dans son domaine. C'était un fait. Ils y avaient veillé. Ils y avaient trop bien veillé, car ce fut bien cela sa déchéance, dans l'instant. Elle sous-estima ses maîtres.

Cela lui coûta une arme, et cela aurait bien pu lui coûter une main. Même face à ce qui ressemblait à une situation désespérée, Cassandra ne voyait le monde qu'en nuances d'infériorités par rapport à son propre jugement et à ses propres gestes. Si Merlyn avait su ce qui était bon pour lui, il aurait dû lui arracher la main, plutôt que l'arme. Ici encore, cela aurait éventuellement pu être dommageable. Cela aurait pu l'énerver. Une Cassandra énervée était potentiellement plus dangereuse encore qu'elle ne l'était actuellement. Elle ne se serait pas posée de questions. Une Cassandra énervée est plus dangereuse encore qu'une Cassandra déterminée et imbue de sa personne.

Cela dit, une Cassandra énervée aurait peut-être simplement esquivé pour ne récupérer sur elle qu'un seul projectile. La Cassandra résolue, elle, sûre de sa supériorité, riait de ses bouts pointues de carbone à l'empennage dardant que l'on projetait dans sa direction. L'arc était une arme noble, mais parfois, la noblesse ne suffisait pas. Parfois, on cherchait une solution définitive ... Car l'arc, dans l'esprit de Celle-qui-était-tout, avait une faiblesse majeure.

Il suffisait de la voir attraper le corps du projectile suivant au vol, à quelques centimètres à peine de son front, puis faire un pas de côté pour en esquiver un second, et en briser un troisième, puis un quatrième, de frappes précises de la main. Il en fut ainsi pour chacune des autres, brisées de la jambe, du bras ou esquivées. Les flèches sont trop lentes, trop peu létales. Elles offrent trop de chance à un adversaire de s'échapper.

Ce que lui inspirait Merlyn, face à elle. Ce que lui inspirait ses paroles, c'était de la pitié. Elle faisait montre de cette condescendance crasse typique de cette jeunesse qui pensait avoir tout vu, et tout fait. Les mains vides, elle dégaine subrepticement un couteau, d'un geste si vif que l'on aurait pu croire que ce fut un tour de prestidigitation, ou qu'elle eût caché un couteau de combat dans sa manche. Elle s'apprêtait déjà à riposter, à lézarder la chair de l'ancien maître. Elle avait imaginé déjà mille et une façons de le garrotter avec la corde de sa propre arme, et ce fut presque de la ... déception ... qu'elle ressentit, quand il s'arrêta sur place, l'empêchant bien de lui rendre la monnaie d'une pièce honnie.

Elle reçoit l'arc. Elle entend son discours mais ... Comme à son habitude ... Comme à leur habitude, à tous, ils parlent trop. Ils déblatèrent, exposent leurs plans et leurs visions, et Cassandra n'est pas réceptive. Elle ne comprend que le plus simple, que le plus percutant ... Mais elle comprend aussi, à leurs gestes, à leurs démarches. Ils sont vieux, exténués.

Son regard au maître archer se passe de toute réponse. Il est empreint d'un profond dédain, alors qu'une main tremblante encoche une flèche.

Elle ne sera jamais comme eux. Non. Elle a vu bien mieux qu'eux la fond de leur pensée... En un sens, elle comprit la destination finale de la Ligue bien mieux qu'aucun de ses membres. La mort, le but ultime.

Il y a-t-il un piège ? Est-ce un cadeau empoisonné ? L'arme qu'elle enserre, l'arc qu'elle bande dans la direction de Ra's ... Un Ra's Al Ghul qui s'est de lui-même exposé ... C'était trop facile. Il devait y avoir quelque chose. Toute cette mise en scène ... Tout ces essais pour l'empêcher. Ils ne savent que trop bien que Cassandra est inarrêtable. Ils l'ont formé pour qu'elle soit une irascible machine de guerre, une armée d'une seule femme. Une jeune fille éduquée pour ne comprendre qu'un seul langage, celui de la guerre et du sang. Le langage du geste. Un langage aux infinies nuances et subtilités. Un langage qu'elle était la seule à comprendre. Sa main ne tremble plus, elle est sûre ... Elle l'a toujours été, c'est son esprit qui tremble.

L'Algol manie le verbe, mais celle qui aurait dû être sa protectrice infatigable savait bien s'en garder. Elle savait isoler le son, le transformer en vagues inaudibles. C'est de ses gestes, qu'elle ne peut se garder. C'est de savoir qu'il serait si facile de simplement relâcher ses doigts. De mettre fin à son existence ... Le pourrait-elle ? Après tout, elle avait été formé pour cela, pour être l'arme ultime.
Elle plante son regard dans celui du Seigneur de la Ligue. Elle s'y plonge. Elle y voit une âme plus sombre que la nuit, plus froide que la mort. Elle n'aurait aucun remord à mettre fin à son existence.

Ce fut comme un déclic.

Elle décocha son trait.

Alors que la flèche fusa, elle ne put s'empêcher de penser à ce qu'il se passerait. Est-ce que Merlyn s'interposerait ? Est-ce qu'Ubu, s'interposerait ? Riposteraient-ils ?

C'était cela, la folie qu'ils avaient engendrés. Ils avaient conçu une arme, et la retournaient contre eux-mêmes. Un pistolet chargé droit contre leur tempe. Une arme n'a pas d'instinct, pas de jugement. Une arme est un outil ... De tels peccadilles étaient l'affaire de guerriers. Ce qu'ils se réclamaient être... Des guerriers menant le Monde vers une révolution.

Avaient-ils prévu que leur arme devienne elle aussi une guerrière ?

C'était bien ce qu'elle demandait, maintenant que Cassandra avait elle aussi un sourire carnassier aux lèvres.

L'Algol voulait mourir ? Elle avait visé le ventre. Les intestins. Il souffrirait, énormément. Il ne mourrait pas, normalement ... A moins qu'il ne se laisse lui-même mourir. A moins qu'il n'avoue sa faiblesse à ses hommes. Il était fou, il était curieux, il cherchait des guerriers ... Voilà qu'une d'entre eux était venu le chercher. Une âme aussi torturée et vicieuse que lui-même, en un sens. Une âme qui se demandait bien ce qu'Ubu et ce que Merlyn trouveraient à faire ... Une âme qui cherchait à savoir si leur loyauté était acquise à la cause de la Ligue, ou si ils n'étaient que des opportunistes...

Elle baissa son arme, et elle se tourna vers Merlyn. L'attendait-il, celle-là ?

Elle éclata d'un rire maniaque et dérangeant ... Oui, sa mère l'attendait, mais en ce moment, elle comprenait ce que signifiait l'adage "Je suis la Nuit, je suis le Batman". Elle était la Nuit, sombre et imprévisible. Elle était cette obscurité que l'on pensait connaître, que l'on pensait pouvoir dompter ... Mais il n'en était rien. Elle était sauvage, et combative.
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MessagePosté le: Dim 31 Mai 2015 - 18:29
Merlyn perçoit le mépris de l'enfant de la Ligue pour ces aïeuls.
Le vieil archer doit le reconnaitre, elle lui est bien supérieur et a plusieurs raisons valables de le tuer. Son regard brille de fureur après avoir jouée avec ses flèches comme si ce n'était que de vulgaires baguettes chinoises. S'il devait tenir tête à un tel monstre, le Green Arrow aurait probablement utilisé quelques uns de ses gadgets. Mais, même dans l'éventualité que ce dernier puisse la vaincre par un cocktail de surprise et de technologie qu'elle doit déjà bien connaitre, nourrie par la vigilance du Batman, Merlyn n'était pas la tuer.

C'était à elle de tuer ce soir, d'embrasser son destin d'assassin. Pour le grand Ra's Al Ghul, elle n'était que déception, mais elle pourrait devenir fierté pour l'archer, aussi modeste sa contribution passée pour son enseignement fut-elle.
Ce n'était pas de la Ligue que Merlyn se préoccupait ce soir, c'était de la profession d'Assassin. Peut être un point de désaccord majeur avec l'Algol. Un jeu très risqué, mais particulièrement jouissif pour le vieil archer qui observe avec attention son ancienne disciple ramasser l'arc et les flèches.
Le premier honneur qu'elle lui faisait.
Elle s'était fait bien mal surprendre par son tir, condamner à mort réclame beaucoup de concentration lorsque l’on n’est pas dans le feu d'une bataille. Mais, cela valait le coup.
Un arc était bien plus approprié.

Elle est sublime dans sa robe de sang, tenant son arc noir de carbone. Ses muscles tendus, son regard plongeant dans celui d’un Immortel qu’elle s’apprête à abattre. Merlyn l’observe de profil. Cette scène est absolument malsaine et il s’en délecte. Elle sonde le Maître de la Ligue et enfin, elle tire… mais trop bas. Alors qu’elle esquisse un sourire aussi cruel que la flèche qui  perce l’air pour blesser le Maître, le vieil archer lui est déçu.
Elle ne lui a pas fait cet honneur.
Une flèche dans l’œil aurait été bien plus appropriée.

A présent, peu importait si la flèche atteint son but ou non.
L’enfant de la Ligue les méprise mais a choisie de faire souffrir ses aïeuls et non pas de les tuer. Elle rie, lui est peiné.
Un héritage mutilé, l’espoir d’une nouvelle génération gâché…
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MessagePosté le: Lun 8 Juin 2015 - 18:43
Un croisement de regard. Un moment où chacun lit dans l'autre tel un livre ouvert. Puis le trait part. C'est le moment que prend Ra's Al Ghul pour réfléchir. Accepter ou refuser la proposition qui lui est faite. Il choisit de l'accepter. Alors la flèche tirée par Cassandra Cain s'enfonce dans la chair. Les mains crispées sur le projectile et un rictus de souffrance sur le visage, l'Algol s'écroula parmi ses sbires; Ubu, Merlyn et Celle qui est tout ayant à peine le temps d'apercevoir l'étoffe verte de son costume juste avant qu'il ne soit submergé par l'intense marée noire formée par ses assassins. Deux d'entre eux se séparent néanmoins du groupe pour se ruer vers un couloir tout proche, probablement pour aller y trouver un médecin tandis que la trentaine de ninjas restants ''recouvraient'' toujours leur leader, inconscient, peut-être déjà mort.

C'est Ubu qui craqua le premier, marchant à grand pas en direction de l'attroupement et écartant les guerriers du Démon sur son chemin pour au final arriver devant son maître étendu au sol. Là, le colosse s'agenouilla et prit le pouls du vieil homme. Ce dernier ouvrit brièvement les yeux qu'il avait clos jusque là et murmura quelque chose à l'oreille de son plus fidèle servant juste avant que son corps ne s'affaisse par terre. Ce dernier se releva, le regard noir, brillant de la haine la plus pure. Quelque chose commandait au mastodonte de laisser parler son instinct le plus bestial. De se ruer sur Cassandra Cain et sur Merlyn pour les déchiqueter. Cassandra Cain parce qu'elle était désormais la meurtrière de Ra's Al Ghul et Merlyn pour avoir failli à sa tâche la plus importante en tant que membre de la Ligue. Mais il se contint. La volonté de son maître se devait d'être accomplie, aussi Ubu se tourna vers la fille de David Cain et sa voix rauque retentit avec force dans le hangar :

''Il est mort. Qu'as-tu prouvée en lâchant la corde de cet arc ? Que tu valais mieux que mon maître ?''

Et pendant que les tueurs de la Ligue entouraient toujours feu Ra's Al Ghul, le géant au crâne rasé se dirigea vers Celle qui est tout, le sabre du Démon à la main. Le protecteur de la maison Al Ghul s'arrêta à moins d'un mètre d'elle, droit comme un  I et surplombant la jeune femme d'au moins deux têtes. Puis il lui accrocha d'autorité la lame à la ceinture :

''Tu l'as tué. Et son combat devient ton combat.''

Derrière lui, les serviteurs de l'Algol emmenaient vers une destination inconnue la dépouille de Ra's Al Ghul. De nombreuses questions restaient irrésolues : la flèche avait-elle déviée ? Était-elle empoisonnée ? Ce meurtre restait-il prémédité par la victime elle-même ? Était-ce encore l'un des plans du Maître de la Ligue visant à trouver un héritier capable de guider ses troupes et poursuivre sa quête à sa place ? Dans ce dernier cas, il s'était plus que trompé en jetant son dévolu sur la fille de Lady Shiva.

Jamais elle n'accepterait. Mais la Ligue des Assassins et son chef avait dirigé sa vie durant toute son enfance. Peut-être était-il temps d'inverser les rôles ? De leur faire goûter à leur propre médecine ? Quand à Merlyn, il était plus que jamais en sursis. C'était sa décision de jeter son arc à Cassandra qui avait causé cela. Et les partisans de Ra's le lui feraient payer d'une manière ou d'une autre.

D'une certaine manière, la jeune Cain a le choix : épargner la vie de celui qui fut son mentor ou exécuter l'un de ses tortionnaires. Mais ce choix n'est possible que si elle accepte le leadership de la Ligue. Accepter ou refuser. C'est ce qui fait toute la différence.
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MessagePosté le: Lun 8 Juin 2015 - 23:32

Voilà, c'était fait. Elle l'avait tué. Elle avait lâché la corde, frappé l'Algol, et il en était mort. Oh, ce pouvait être une ruse, un stratagème, mais quel en était l'importance. Ce rire narquois et provocateur qu'elle avait adressé à Merlyn s'était bien vite effacé au profit de quelques larmes bien inconsciemment joyeuses, qu'elle effaça d'un revers de la main.

Était-ce donc cela que ça faisait, de tuer ? Était-ce là ce qu'elle avait tant fui par peur ? C'en était comme ci cette phobie répulsive qui avait été la sienne depuis ses huit ans n'était finalement plus qu'un mauvais souvenir, ou une mauvaise expérience. Ce genre de mauvaise expérience qu'est la première cigarette, ou le premier verre d'alcool. Le premier pas qui vous coûte. Ce premier pas que vous vous sentez prendre à votre corps défendant. Ce premier pas qui est le vôtre, et qui vous fait jurer que jamais plus vous n'avancerez dans cette voie.

Et vous le faites quand même.

Et Dieu, que c'était bon. Jouissif, même.

Ra's al Ghul reviendrait. Cela était certain. Il reviendrait. Il revient toujours. Il ne supporterait de toutes façons pas de mourir aussi stupidement. Si ce n'était pas pour ses plans apocalyptiques, ce serait au moins pour une vengeance qu'il fantasmerait prophétique. Il ne pouvait laisser passer un tel affront, après tout. Tout ce temps, durant tout ce spectacle, à voir ces insectes se ruer ce qui n'était autre que leur reine pondeuse, elle avait un sourire aux lèvres. Un rictus effrayant. Elle était immobile, et terrifiante, comme l'une de ces poupées de cire un peu trop réelles ... Et elle accepta sans protester ce "présent" qu'Ubu lui faisait. Il parla, et elle plongea son regard dans le sien, maintenant parfaitement neutre. Il semblait que plus rien n'avait d'importance. Elle jaugea le gardien de l'Algol pendant quelques secondes, sans fléchir, puis tourna la tête vers Merlyn, avec le même désintérêt souverain. Elle était vengée, en un sens. Elle était devenue la Déesse de la Destruction. Une initiation bien involontaire, une erreur de jeunesse ... Une erreur de jeunesse qui la rendait suprêmement heureuse, intérieurement. Elle ressentait maintenant ce que sa mère avait dû ressentir, à l'époque. Ce sentiment de puissance, de facilité...

Celle Qui Est Tout passa l'arc à son dos, grâce à la corde, et revint à Ubu. Elle leva un sourcil devant son faciès qu'elle considérait disgracieusement bovin, et elle dégaina le cimeterre. Elle le soupesa, l'observa, se retourna même pour se laisser aller à quelques mouvements, avant de revenir subitement ...
Et de la braquer contre la glotte du géant, avec cette même absence de toute espèce de notion d'humanité ou de dignité qui semblait maintenant caractériser l'ancienne assassine. De simple sociopathe, elle en était ressorti transcendée, véritablement psychopathe. En apparence.

" Ce que tu tues est tien ... " souffla-t-elle posément, comme un sermon, " Sa mission est mienne, mais pas ses travers. Je suis Celle-Qui-Est-Tout. Je suis la Destructrice de Mondes. Celle qui crée et qui annihile. "

Une déclaration arrogante, que l'on aurait pu accorder directement à sa mère. Avec Lady Shiva et Ra's al Ghul, Cassandra avait été à bonne école.

" Je suis déjà plus que ce qu'il n'a jamais été. Qu'est-ce que je ferais de la Tête du Démon ? " claironna-t-elle, avant de continuer, en retirant la lame de sous sa gorge et l'inspectant, " Tu rempliras son rôle mieux que moi. Prend la tête de la Ligue, ou laisse l'Archer le faire, si tu ne t'en sens pas digne. Vos luttes ... m'indiffèrent. Je n'ai pas à être votre ... "Guide". "

L'ancienne Batgirl repassa la lame à sa ceinture.

" J'aime bien l'épée. Je la garde. "

La véritable question, alors, était de savoir si Ra's al Ghul avait conscience de la créature qu'il avait créée. Cette imbroglio de sentiments contradictoires qui se détournait maintenant de son héritage, qui époussetait calmement son qipao carmin, passait une main négligente dans ses cheveux lisses et filasses, et faisait demi-tour, complètement étrangère à tout le chaos qu'elle venait de causer. Elle se contenta de laisser les zélotes à leurs bisbilles, et ramassa les deux pistolets qu'elle avait fait tomber d'une manière ou d'une autre, au passage, pour les repasser à son barda. Le reste de ses accessoires étaient hors d'usage, elle n'en aurait plus besoin ... Mais les armes ? Les armes, elle pouvait s'en servir.

Elle était simplement lasse, et ne voulait plus avoir à faire à sa vengeance. Elle était accomplie. Lady Shiva avait eu sa revanche. Une vie pour une vie.

Quelques temps plus tard, du temps passé à marcher, elle retrouva ce village duquel  elle était partie, au départ. Harnachée comme une aventurière patentée, salie, deux armes à feu à la ceinture, un arc et son carquois en bandoulière et un cimeterre au passé vénérable. La moto du Gaucho était encore là, tandis que deux étrangers semblaient s'esbaudir autour, et qu'une troisième leur tenait la conversation en montant d'énormes caisses de matériel dans un camion voisin.
Ils n'étaient pas du coin, cela était pour sûr. L'un d'eux avait l'air d'un touriste en goguettes, faisant tournoyer dans sa main des baguettes de batterie. Le deuxième était plus vieux. La fin de quarantaine apparente, et un costume complet sur mesure, d'un blanc immaculé. La femme, elle, paraissait venir du Moyen-Orient, et au vu de la facilité avec laquelle elle chargeait des caisses aussi grosses qu'elle dans un camion de fret qui semblait sortir d'un surplus, il n'y avait pas à douter qu'elle était métahumaine, à un point ou à un autre.

Cela n'augurait rien de bon, et Cassandra ne tarda pas à dégainer ses deux armes et à rabattre les chiens. Le Raging Bull, le plus gros calibre, droit sur la femme, et le neuf millimètres sur ses deux camarades. Principe de précaution.

" Je crois qu'on a la réponse. C'était la moto de Lara Croft, en fait. " constata sarcastiquement le Batteur, en se découvrant braqué.

" Vous êtes qui ? " rétorqua l'assassin, sans baisser les armes,

Ce fut la sherpa du groupe qui, reposant la caisse qu'elle avait en main, parut bien blasée d'être menacée de la sorte,

" Des archéologues, de passage. Si tu veux tirer, vas-y, j'ai tendance à me lasser vite de ces jeux là. "

Le Batteur était lui, plus rassuré par la voix diplomatique,

" En fait, je me demandais surtout pourquoi il y avait un traceur GPS sur une vieille Triumph au fond de l'Amazonie. C'est tout. "

Cassandra l'avait oublié, ce traceur. Elle l'avait laissé pour que le Gaucho ne perde pas de vue sa si précieuse monture, mais maintenant qu'elle avait mit fin à l'existence de l'un des plus formidables ennemis de la Chauve-Souris - au moins pour un temps -, il ne valait peut-être pas mieux être retrouvée en flagrant-délit. Se débarrasser du traqueur revenait à passer de l'emprunt au vol. La Batgirl était consciente de l'attachement du justicier argentin à sa moto, et elle savait que la voler ne ferait qu'attirer des ennuis, ou créer des inimitiés malvenues au sein de l'organisation du Batman.
Songeuse, elle rangea ses armes dans leur logement.

" Vous allez où ? " demanda-t-elle,

" L'aérodrome. " répondit le plus vieux, avant que ses deux collègues n'en ait l'occasion, " Pourquoi donc cette ... "

" Toi, " fit Celle qui était tout en pointant l'homme en costume, puis la Moyen-Orientale au long blouson de cuir, " et toi. Vous êtes métahumains. Elle est forte et ne craint pas les balles, toi, tu contrôles la température. Le Batteur en a sûrement aussi, sinon, il n'aurait pas fait le malin. Il n'y a qu'un groupe d'archéologues métahumains à ma connaissance. Vous êtes Planetary. "

Le Batteur était soufflé, mais reprit vite ses esprits.

" Wow. Elle est bonne. C- ..? "

" Elle m'incite à lui tirer dessus. Il n'est pas accablé par la chaleur en ayant des résidus de glace sur les manches. Tu as une grande gueule et tu as vu le traqueur alors que tu n'as que deux baguettes sur toi. "

" Je crois qu'elle lit dans l- ... "

" Non. Je déduis. " le coupa-t-elle, " Et j'ai besoin d'un transport. "

Ce fut cette fois à la femme au blouson noir de protester, d'un ton condescendant,

" Ah, et à qui avons-nous affaire, princesse ? "

L'ancienne Batgirl lui répondit avec tout autant de suffisance, et le regard aussi égal.

" Lady Shiva. "

Tous parurent surpris, à leur manière, et une intervention du plus âgé fit comprendre au groupe qu'il pourrait être intéressant de laisser la jeune femme les accompagner ... Et ce fut ainsi que par un hasard des plus fameux, Cassandra Cain fut en mesure de quitter le Brésil, après avoir tué Ra's al Ghul, lui-même.

Au moins temporairement.
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MessagePosté le: Jeu 16 Juil 2015 - 19:18
QG de la Ligue des Ombres - Peu de temps après la mort de Ra's al Ghul.

Sous les feux ardents des torches illuminant la pièce, je fixais, choqué, mais tentant de rester impassible, la silhouette masquée présente en face de moi. D'un léger geste de la main, mais, néanmoins compréhensible, je signalai à l'assassin me faisant face qu'il pouvait retourner d'où il venait. Quelle est cette sensation, ce sentiment oublié que je n'ai pas ressentit depuis longtemps. Sidération, culpabilité, colère. Tout se bouscule en moi. Cette triste nouvelle fait remonter nombres de passages sombres de ma vie qui aurait mieux fait de rester enfouis. Je m'assois au plus vite pour ne pas choir sous le poids de cette annonce inattendue. Ainsi, la " Tête du Démon", mon père, Ra's al Ghul n'est plus de ce monde. Nos relations n'ont pas toujours était au beau fixe, mais vous restez mon père, celui qui m'a élevé et tout appris. Je vous dois beaucoup !

Cassandra Cain ! L'évocation de ce nom dans mon esprit fit grimper ma haine à un seuil inattendu. Tellement inattendus que la table devant moi fut débarrassée violemment d'un revers de main pour faire redescendre cette rancœur récente. Avec une mère telle que Lady Shiva, il n'est finalement pas plus étonnant que ça de te voir adopter un tel comportement Cassandra. L'hérédité est un concept puissant qu'il est difficile de renier. Mais "Celle qui est Tout" n'aurait-t-elle pas fait une grave erreur ? Toi et ton compagnon de trahison, vous avez en effet réussi à couper la tête du démon, mais elle repoussera, sous une autre forme, sous un autre visage et ce jour-là, une quête de vengeance s'amorcera, une quête pour votre plus grand déplaisir.

Merlyn... Qu'est-ce-qui a bien pu te passer par la tête ? Trahir la Ligue des Ombres, l'homme qui a permis de te remettre d'un drame dont tu ne semblais pas pouvoir guérir. L'homme qui t'a permis d'obtenir vengeance. Il semblerait que tu aies oublié ce que " prêter allégeance à vie " signifie vraiment. J'ai quand même du mal à croire que tu aies était manipulé par celle à qui tu as appris tous tes petits tours d'archer. Le jour où nous nous rencontrerons à nouveau, le bénéfice du doute te sera accordé, mais il te faudra une bonne explication, une très bonne même...

Je me saisis de la lame dissimulée dans ma botte, je me tranche la main et regarde le liquide rougeâtre glissé le long de ma paume pour s'égoutter lentement sur le sol. Le sang de la lignée des al Ghul a coulé il y a peu. Mais un doute subsiste. Comment se fait-il que je ne soit pas informé du lieu de la dépouille de mon défunt père ? Quelque chose se trame et cela me permet d'entretenir une petite lueur d'espoir, l'espoir de vous revoir un jour... À quelques mètres de là, dans une des autres pièces ombragées de cet endroit, se trouve une légion d'assassins dont le désir de vengeance est à son paroxysme. La Ligue des Ombres est en deuil, mais tôt ou tard, elle sera vengée !
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