Le Pion, Le Roi, La Reine et le Fou

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MessagePosté le: Sam 18 Juil 2015 - 23:45

Portes blindées, vitres par balles, clôtures électriques, tours de gardes, postes de sécurité, façade grise et austère, silhouette menaçante dressée sur le sommet d’une falaise abrupte piquée dans la mer. C’était le portrait dur et froid du pénitencier de haute sécurité de l’île Stryker, ses cellules étaient conçues pour accueillir les plus dangereux supers criminels de ce monde, il renfermait plus de mal et de folie qu’aucun être humain ne pouvait en concevoir, ceux qui étaient retenus ici pour leurs crimes jamais ne devaient en ressortir. Lois Lane venait pour y rencontrer un détenu, un scientifique qui avait mis son génie au service du crime, c’était un ancien professeur, Youri Dobrolioukov, qui l’avait expressément demandé pour un entretien dont il témoignait dans ses messages nombreux et cryptiques de l’importance capitale et de son désir de ne s’entretenir qu’avec elle-seule, au plus vite. A l’époque de sa capture Lois avait écrit un article sur lui et sur ses travaux, ce fut la seule rare mention qui fut faite par la presse du généticien fou, voilà qu’à nouveau quelque chose dont il disait devoir lui parler absolument le poussait à sortir du silence et de l’ombre où il était resté enfermé pendant plus de cinq années. Elle ne se serait pas appelée Lois Lane si elle ne lui avait pas répondue, elle avait un devoir à remplir en temps que journaliste et sa réputation la précédait. C’était quelque chose de naturel chez elle, rien n’avait l’air de lui faire peur, elle ne reculait devant rien et celui qui voulait la faire venir à Stryker le savait pertinemment. Lois et Youri n’étaient que des pions dans ce plan.

Elle avait été reçue dès son arrivée sur l’île par du personnel du pénitencier, elle s’était bien sûre présentée aux nombreux postes de sécurité avant d’être conduite sous bonne garde jusqu’au bloc F où était détenu Youri. Le directeur de la prison qu’elle avait rencontré plus tôt lui avait expliqué les mesures de sécurité qui allaient encadrer leur entrevue. Youri et Lane se rencontreraient dans une pièce sécurisée du bloc F, ils seraient séparés par une vitre incassable, ils ne pourraient avoir aucun contact, ils communiqueraient par un système de micro, leur communication ne pourrait pas être enregistrée par aucun moyen matériel ou technologique, Lois pourrait bien sûre prendre des notes manuscrites à sa convenance, et enfin des gardiens seraient postés de part et d’autre, du côté de la journaliste et du détenu. Tout ce dispositif pouvait sembler disproportionné pour un simple humain, Youri n’était pas un Killer Croc, il ne disposait pas de capacité hors normes sinon que son intelligence, et elle suffisait à le rendre dangereux. Youri était un pensionnaire de Stryker et s’il ne disposait pas de puissants pouvoirs ou de mutations exceptionnelle de son corps, les crimes qu’il avait commis justifiait sa présence et cet endroit justifiait à lui seul toute cette sécurité.  

Lorsqu’elle entra, elle découvrit Youri, allongé dans un lit de l’autre côté de la vitre, relié à des machines, des appareils de mesures et de soins, son corps vêtu d'une combinaison médicale disparaissait sous les draps et les fils qui le couvraient. Le directeur l’avait prévenu, Youri avait changé, il n’avait plus tout à fait l’apparence d’un homme, elle ne put, l’espace d’un court moment, cacher sa frayeur et sa surprise. Ses yeux d’un blanc laiteux enfoncés dans leurs orbites la fixaient sans interruption, il était si maigre comme si son corps n’était fait que de cette peau translucide tirée sur ses os, son nez se réduisait à deux fentes, il n’avait plus de cils, de sourcils ni de cheveux. Son aspect n’était que la partie visible de ses dégradations, son corps et son esprit étaient malades, il les avait rendu malade. Mis au rebut, renié par la profession, par ses paires, il s’était servis de son propre corps comme sujet de ses expériences, afin de pouvoir poursuivre ses recherches. A présent son corps mourrait, il était entrain de mourir, après toutes ces années de souffrances, il touchait à la fin de sa vie charnelle. Son esprit lui était perdu depuis des années, à l’époque de son arrestation l’enquête psychiatrique et médicale avait prouvé qu’il avait basculé depuis longtemps, la dégradation cérébrale avait laissé ses facultés intellectuelles en parties intactes, mais il n’était plus capable de discerner la réalité des hallucinations et des délires dont il était la victime.

« Mon apparence vous fait peur, mademoiselle Lane ? Ne soyez pas effrayé par mon corps, je suis seulement entrain de mourir, je n’en ai plus pour très longtemps. Je voudrais vous remercier d’être venue me voir, me parler, m’entendre… Je sais que je ne suis qu’un fou, mais qu’est un fou qui a conscience d’être un fou ? Je ne vous ai pas fait venir pour vous parlez du sens de l’existence, de la vie et de la mort, ces réflexions appartiennent au commun et je ne suis pas commun, je vois à présent le monde tel qu’il est à travers mes yeux, ils ne voient ni la vie ni la mort, ni le temps ni la matière, je me suis ouvert à l’univers et je vais bientôt me répandre en lui, je ne serais plus qu’atomes, noyaux, cellules, alors je serais tout, partout, et en toute chose. »

Sa bouche s’étira dans une grimace. Lois sans l’interrompre le laissa continuer :

« Je vous ai fait venir parce que je sais que vous êtes la seule personne qui puisse me croire Lois Lane. Je vous en prie, écoutez moi, ce que je vous demande, c’est de croire en la vérité. »


Sa voix était un grincement faible et plaintif entrecoupé de grognements, malgré cela, on entendait encore son accent d’Europe de l’est, Youri était ukrainien, il était venu étudier en Amérique, promit à une brillante carrière scientifique il avait tout perdu.

- Quelle vérité ?

Demanda-t-elle avec curiosité et sollicitude pour un homme mourant qui lui livrait là encore les derniers éclats de son génie, de ses pensées torturées.

« Vous devrez la cherchez, la découvrir, et vous êtes la seule qui puisse le faire. Je ne vous demande pas de croire les délires d’un fou, ne croyez rien de ce que je vous dirai, mais cherchez, cherchez la vérité, je vous en prie. »

Il avait eu raison de la faire venir. Elle avait sorti un carnet et un crayon de ses poches, elle releva la tête attentive prête à prendre notes de tout ce que dirait Youri, il délirait peut-être, mais si il y avait une once de vérité dans ce qu’il allait dire, s’il y avait quelque chose à découvrir, elle le trouverait. Il se mit à parler et elle à écrire, il lui raconta l’histoire, son histoire, à sa façon, avec ses mots, ses phrases codées et ses énigmes dignes des paroles d'un fou. Il lui raconta l’histoire du jeune et brillant généticien Youri Dobrolioukov qui de l’Ukraine émigra aux Etats-Unis où son génie et ses recherches lui ouvrirent les plus grandes portes, il avait vu l’avenir glorieux se dessiner au-devant de ses pas puis l'obscurité et l'abîme tout lui prendre, il lui raconta ses rêves, ses espoirs, mais aussi ses cauchemars, son avenir, son travail détruit, comment il s’était perdu, les fantômes, les présences qui l’avaient hanté, ses expériences, ses absences, ces visions magnifiques et dangereuses, ce monde qu’il était le seul à pouvoir voir, unique, réel pour son seul regard, fruit de sa psychose, de ses délires, ses souffrances aussi. Ses mots s’entremêlaient, s’entrechoquaient dans une projection abstraite qui reflétait le désordre de ses pensées, sa psychose le hantait, dans chacun de ses mots où se glissaient doubles sens, des silences et surtout des secrets. Elle nota, des nombres, des formules, des noms aussi, beaucoup de noms slaves, mais aussi celui de Lex Luthor, et encore d’autres. Ils parlèrent ainsi, longtemps avant que les premières sirènes ne résonnent, insouciants alors des dangers qui venaient sur eux, avant que le chaos, la peur et enfin la mort n’emporte les derniers mots de Youri.  
 
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MessagePosté le: Lun 20 Juil 2015 - 15:37
Stryker's Island. Battue par les vents, burinée par le soleil, endurcie par les orages. Plus dure et résistante que le mal lui-même. Une ville-prison pour ainsi dire, tant le Superman avait dû y envoyer de criminels, endurcis ou surhumains comme lui. Peuplée par des détenus, mais aussi des travailleurs, des médecins, des gardiens, des cuisiniers, personnels de ménage et d'entretien, d'administration, des hommes et des femmes qui risquaient leur vie à tout moment car dans la cuisine d'un tel enfer, même si les démons étaient enfermés sous clés par un régime sécuritaire draconien, le risque zéro n'existait pas. Sortir de ce complexe était impossible pour tout détenu, pourtant c'était déjà arrivé. Superman scrutait l'endroit, de loin, même s'il avait promis à Lois de ne pas l'espionner, de ne pas la materner. Il l'aimait à ce point, au point d'être un époux respectueux des limites... Mais il l'aimait aussi tellement, et détestait tellement ce pénitencier, symbole que pour tout espoir, se nourrissait quelque part une rancœur et une haine, une bassesse de l'esprit seulement égalée par l'entraînement subi pour accomplir des méfaits. Il haïssait tant et si bien cette chose qui défigurait le paysage de Metropolis, qui couronnait avec ses miradors sinistres la majorité des succès de l'homme d'acier, et rappelait tant et si bien son échec à inspirer le cœur des hommes. Il détestait que cette maison d'arrêt, qu'il imaginait corruptrice et mauvaise, héberge en son sein même pour quelques heures la femme qui était l'objet de tout son amour, la mère de son fils, qu'ils avaient accueilli ensemble, l'épouse qui avait rejoint sa famille, le pilier de sa vie qui le ramenait les pieds sur Terre un peu trop souvent, mais même le Superman n'est pas parfait, alors si cette femme peut lui apporter l'équilibre, l'idée de la perdre lui est une constante terrible et effroyable.

Pourtant, il n'écoute pas aux portes. Non parce qu'elles sont situées à plusieurs kilomètres de là, tandis que Clark boit un café apparemment d'un air distrait dans l'appartement de sa partenaire de travail, Cat Grant, le temps que celle-ci ne se prépare. Non... Tiens, d'ailleurs.

"Cat ? Excuse-moi mais je crois que j'ai entendu du bruit dans ta chambre. Ca ne me dérange pas d'attendre que tu sois prête, mais clairement ta douche coule encore et si tu as de la compagnie, je peux le comprendre. Inutile de me faire poireauter à la cuisine, c'est idiot. Je reviendrai plus tard... Cat réponds, ce n'est pas sympa."

Pas de réponse... Mais la toux étouffée d'un homme. Encore une fois, pour son amie, même si elle ignore tout de ses pouvoirs et de son statut en tant que Superman, il se retient d'utiliser des capacités qui lui sont pourtant naturelles depuis sa jeunesse. Mais clairement il y a un homme ici et Clark est gêné de s'être laissé embarquer dans cette journée de trekking qui s'annonce. Cat n'est pas disposée, manifestement, même si elle lui a prétendu le contraire. Il entend des chuchotements à la porte de la salle de bains, deux pièces plus loin, mais se force à ne pas en entendre la teneur. Cela ne le regarde pas, lorsqu'il est Clark il ne doit pas faire ça, et il doit respecter l'intimité des gens, même lorsque c'est... franchement gênant et irrespectueux. Gêné, il détaille le loft de Catherine, ancienne comme lui du Daily Planet, sa partenaire sur le blog de journalisme professionnel ClarkCatropolis. Un grand frigo américain, une table style bar épurée avec une corbeille à fruits en inox, une cuisine toute neuve blanche et métallisée, un salon attenant avec de larges fauteuils et un grand divan, respectivement de couleurs rose et taupe, avec des noeuds partout. Une grande table rectangulaire enfin, de couleur taupe avec des pieds en acier, à laquelle Clark s'est installé sur une des cinq chaises qui sentent encore le neuf et l'odeur du magasin. Et donc, une porte qui mène aux commodités, une autre à la chambre mitoyenne. Les grands rideaux roses ne cachent en rien la clarté du ciel de Metropolis, et Superman se rappelle qu'il le scrutait en étant rongé d'inquiétudes inutiles.

Quoique. Soudain...

"Lois."

Les sirènes et alertes de franchissement du périmètre résonnent dans l'esprit de Kal-El, après être passés par ses tympans et avoir subtilement traversé tout l'espace le séparant de Stryker. Cela a déjà commencé. Alors, que faire ? La question ne se pose même pas.

Quand Cat Grant, encore dans sa serviette de sortie de bain, cache son partenaire de la nuit à l'intérieur de la cabine de douche pour venir à la rencontre de Clark, celui-ci a déjà disparu, porte claquante au vent.

C'est dans la salle des visites que survient l'assaut instoppable de Rampage, métahumaine boostée à bien plus que des stéroïdes.


Kal enfile à vitesse surhumaine son costume, il espère que le temps infiniment court utilisé pour cela n'empêchera pas de protéger la vie de celle qu'il aime, qu'il aimera toujours.

Lorsqu'il apparaît derrière la femme monstrueuse qui est entrée dans la forteresse dont on ne peut sortir, les mesures de sécurité s'activent une à une. Les visiteurs eux, sont terrifiés, tandis que leurs proches et parents derrière la vitre blindée ne savent à quel dieu se vouer.
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MessagePosté le: Sam 25 Juil 2015 - 3:14

Toute ce récit était invraisemblable, ce n’était pas qu’elle avait du mal à le croire, non, ça n’avait pas de sens, c’était très difficile de démêler les histoires que racontait Youri, il mélangeait le vrai et le faux, ses délires et ses souvenirs et il était incapable de mettre la moindre pensée en ordre. Ça n’avait aucun sens, mais Lane sentait qu’il y avait quelque chose, elle avait juste besoin de remettre les morceaux du puzzle en place, à travers tous ses délires, Youri essayait de lui transmettre un message. Elle était là pour le comprendre, mettre tous les moyens dont elle disposait en œuvre pour démêler l’énigme du passé de Youri et du secret qu’il emporterait avec lui si elle n’était pas capable de résoudre ce mystère. Elle y arriverait, comme toujours, elle détestait perdre son temps, si elle était incapable de résoudre ce problème, c’est qu’elle aurait perdu son temps, c’était pas acceptable, ça et l’idée d’échouer, elle ne savait pas perdre.

Mais on dirait que quelque chose voulait l’empêcher d’atteindre son but, pure coïncidence, coup monté ou traquenard, elle l’ignorait, et dans l’immédiat ce n’était pas le plus important. Elle se trouvait en ce moment même dans l’un des endroits les plus dangereux du monde et il y avait une faille dans la sécurité. Même quand ça n’avait aucun rapport avec elle, ni avec Superman, même quand personne n’essayait de tuer l’un ou l’autre, ou de se servir d’elle pour l’atteindre lui, il fallait toujours qu’elle se retrouve mêlée quelle qu’en soit la raison au danger. Certains pensaient qu’elle attirait les ennuis ou qu’elle aimait ça, d’autres qu’elle avait la poisse. Qu’est-ce qu’elle avait fait cette fois pour mériter ça ? Oui, Stryker était rempli de fous dangereux, il y avait déjà eu des incidents, elle n’avait pas besoin qu’on le lui dise, elle le savait, elle était journaliste d’investigation au Daily Planet, vivait à Metropolis et était mariée à Superman, évidemment qu’elle était au courant. Même ses reportages aux fins fonds de l’Amérique Centrale, seule avec Jimmy, sans Superman pour venir les sauver, même le Venezuela c’était moins dangereux que d’être Lois Lane et de vivre à Metropolis !  

Bien sûr personne ne voulait rien lui dire, ils étaient attaqués, dans le pénitencier le plus gardé du monde, en compagnie des plus dangereux criminels qu’il abritait, et elle n’était même pas en droit de savoir à quel danger mortel elle devait s’attendre ! Une émeute ? Une évasion ? Ou même tien une intrusion, c’est vrai, c’était lassant de toujours s’évader de prison, ce qui était tendance maintenant c’était d’essayer de rentrer dedans. Si seulement ils pouvaient y rester en prison ceux-là, les tarés de Stryker. Ce n’était pas une hypothèse si stupide, une intrusion dans une prison de haute sécurité pour en faire s’évader des coéquipiers détenus, elle trouvait ça juste invraisemblable que ça se passe aujourd’hui, c’est pas que ça pouvait pas se produire, ou que ça n’avait pas de sens comme les délires que Youri débitait sur son lit de mort, mais qu’elle trouvait juste incroyable de se retrouver là en ce moment.

L’ambiance était tendue, personne ne répondait à ses questions ni ne lui adressait la parole sinon pour lui donner des ordres. Au moins, elle serait aux premières loges, et si elle n’avait rien pour Youri, elle pourrait toujours écrire un article sur l’attaque de la prison. Ce qui l’inquiétait elle c’est qu’ils n’avaient toujours pas bougé de là depuis que l’alarme avait commencé à leur péter les oreilles, ça devait faire trois minutes, elle avait regardé sa montre, les six types de la sécurité qui s’étaient rassemblés de son côté avaient l’air en panique, pourquoi ? Aucune idée, ils ne parlaient que par codes et messe-basses, l’un d’eux, leur chef, était parti à l’extérieur de la salle et il revenait tout juste, visiblement pas pour lui parler à elle. Il rassembla ses hommes avec lui et elle s’approcha, agacée et déterminée à en savoir plus. Le garde soupira en la regardant, il allait falloir qu’il lui dise à un moment ou à un autre, et aussi vexée Lois Lane pouvait-elle l’être, elle n’était jamais plus contrariée en ce moment que ce type.

« Mademoiselle Lane... »


- Madame, trancha-t-elle avec sécheresse et exaspération.

« Je voudrais pouvoir vous faire évacuer le pénitencier mais les protocoles de sécurité ont verrouillé la prison et les blocs de détentions sont tous individuellement scellés, en attendant de pouvoir vous extraire, on va vous placer dans un Bunker sécurisé qui est rejoignable depuis ce bloc, dès que la faille de sécurité aura été réglée on vous fera évacuer par les toits en hélicoptère. Maintenant je vous prie pour votre propre sécurité de nous suivre sans perdre de temps. »

Elle grinça des dents, les bras croisés sur sa poitrine, fusillant des ses yeux bleus comme des lames de glace le malheureux qui aurait l’idée absurde de croiser son regard. Moins d’une demi minute plus tard ils étaient près à quitter les lieux, Youri avait été évacué vers l’infirmerie du bloc, plus qu’à espérer qu’il y arriverait en vie et qu’il le resterait assez longtemps pour qu’ils puissent poursuivre leur discussion. Oui parce qu’elle ne comptait pas s’arrêter là, elle les entendait déjà, Clark, Perry, lui dire de laisser tomber, surtout Clark, qui finirait de toute façon par le savoir, sans doute assez tôt, s’il n’était pas déjà au courant, refuserait qu’elle revienne ici. C’était rassurant, elle détestait ça, mais c’était rassurant de savoir qu’il y avait un ange gardien qui veillait toujours sur vous, un vrai, assez fort pour vous protéger, vous sauver de tout. Mais elle détestait ça, elle détestait être toujours l’enfant, elle détestait être plus faible, elle détestait être fragile, elle détestait avoir besoin d’aide, avoir besoin de lui. Mais, elle l’aimait, et il l’aimait aussi, il tenait à elle et ça elle le savait, elle savait que ça lui ferait du mal, si quelque chose lui arrivait, et elle ne voulait pas lui faire du mal.  

Elle emboîta le pas de l’équipe de sécurité et ils se mirent en chemin à travers les dédales du pénitencier, une vrai promenade de santé. Mais, à l’intérieur, la tension montait, la sécurité du pénitencier qui s’affairait à contenir la crise et surtout Rampage, qui avait envahi la salle des visites, avait aussi pour mission d’éviter les mouvements de panique à l’intérieur, le principal danger que pouvait provoquer ce genre d’incident, c’était l’émeute, et justement le ton était actuellement entrain de monter, à la salle des visites, mais pas seulement, les blocs aussi chacun leur tour allait être l’objet de tentatives des prisonniers de tirer avantage de la situation de crise. En fuyant en direction du bunker, Lois Lane et les gardes de la sécurité, ignoraient qu’ils courraient vers le danger.  
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MessagePosté le: Lun 27 Juil 2015 - 14:56
"Lois..."

Kal a beau connaître la puissance de Rampage, l'improbabilité de sa présence hostile ici, et les risques portés dans une structure comme Stryker's, il n'a qu'une idée au premier plan de son esprit. Il sait que Lois parvient toujours à s'en sortir seule, avec sa dignité intacte et son intégrité sauvée. A chaque fois... Jusqu'à présent, se dit-il toujours. C'est idiot, il est fier d'elle, il sait qu'elle n'a pas besoin d'un quichotte pour la secourir en permanence. Mais Clark l'aime, Clark sent la fragilité du monde l'atteindre lorsqu'il pense à Lois, la femme la plus forte qu'il connaisse hormis peut-être Diana et Big Barda.

Néanmoins, il s'approche du monstre chargé de radiations solaires de la Terre. Il tend les mains en signe d'apaisement, à moitié comme un dompteur prudent, à moitié comme un négociateur de paix. Sa voix est forte, ferme, et douce à la fois. Elle irradie la bonté et la compréhension comme peut le faire la fameuse voix de l'Ange de Métropolis.

"Kitty, Dr. Faulkner, Karen Lou. Rampage. Quel que soit le nom auquel tu réponds. Calme. Du... Calme..."

Celle-ci se retourne brutalement, l’œil étréci semblable à celui d'un tyrannosaure qui jauge sa proie. La foi du dernier fils de Krypton reste immuable. Il pose sa paume contre l'abdomen de la bête humaine, une paume chaude et chargée elle aussi en rayons du soleil jaune. Si elle existe, c'est sans aucun doute à cause de lui. Il a eu beaucoup de mal à canaliser son propre tempérament, ô combien serait-il facile dans sa vie sur Terre de mener toutes ses batailles, importantes ou non, à la force d'un gros coup de poing rageur. Cela lui avait pris des années, et des crises d'ampleur conséquentes, pour apprendre à contrôler sa colère qui malgré sa bienveillance faisait parfois de lui un écorché vif et un indigné. Elle n'était pas si différente, même si le Dr. Faulkner avait grandi dans l'aisance et la culture.

"Je suis un ami. Je suis Superman, l'ami du Dr. et l'ami de Rampage."

Mais, celle-ci refusait l'amitié du héros solaire. Monstrueuse, elle le balaya d'une incroyable taloche. Elle ne parlait pas, mais sa voix enrouée se faisait entendre par des toux provoquées, comme s'il lui était difficile de commencer à s'exprimer sous cette forme.

Clark, secoué par le coup brutal, avait volé, propulsé par la baffe, et s'était cogné contre un rocher de la baie, glissant dans les eaux de l'Atlantique. Mais un seul nom, qu'il se répétait, le poussa à se relever plus vivement encore qu'il avait été projeté.

"Lois."

Pendant que Clark en costume de héros s'élançait à nouveau vers l'ouverture brisée dans le pénitencier, les alarmes résonnaient, les blocs se fermaient un à un. Rampage, elle, s'approcha d'une visiteuse particulière et la saisit entre ses immenses doigts plus gros que des mollets de cyclistes.

Kal scanna la zone avant de plonger à nouveau là où se trouvait le monstre solaire et sa nouvelle otage. Il ne vit pas Lois, car nombre des cellules et zones de la prison étaient doublées de plomb, pour bloquer les pouvoirs de Zod et Faora, Jax-Ur et Superwoman se disait-il dans ses bons jours. Parfois, il avait des doutes sur ce que l'on voulait cacher au surhomme bienveillant de Metropolis néanmoins. Justement, les couloirs eux n'étaient pas doublés, et il remarqua une silhouette qui tenait un objet irradiant intensément des énergies solaires semblables à celles qui lui donnaient ses pouvoirs, à lui ainsi qu'à Rampage. Cet individu trottait dans la direction d'un des bunkers de sécurité.

Plus loin dans les étages, de nombreux détenus profitaient du chaos pour exercer vengeances, violence et jeux d'influence tout en déchaînant leur propre désordre. Alors, Superman pria.
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