[Flashback] Protéger et servir (PV The Batman) (Terminé)

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MessagePosté le: Lun 10 Aoû 2015 - 6:41



Je viens de me prendre une balle. Et je vais probablement mourir à cause de ça. Est-ce que j’ai des regrets? Un million de regrets. Une vie entière. Et j’ai l’impression d’en avoir vécu deux. Malgré tous les bons coups, malgré tous les souvenirs heureux… Ce constat d’échec me laisse un goût de cendres dans la bouche. Comme au ralenti, je porte une main à ma poitrine et je la retire couverte de sang poisseux. C’est presque un réconfort parce que j’ai longtemps eu l’impression d’être morte et d’avoir vu de la glace remplacer le sang dans mes veines. Combien de drames le cerveau humain peut-il supporter avant de préférer fermer boutique avant de basculer dans la folie? Combien d’horreur aie-je dû voir, des choses qu’aucun être humain ne devrait voir? Et ce sentiment d’échec, ce constat d’échec… Cet échec en tant que tel même…

Je me suis prise une balle pour en sauver un autre. Un homme. Pas parce que je l’aime. Je suis homosexuelle et je l’assume. Non. Parce que je l’admire. Je me suis toujours dit que dans la vie, il faut savoir donner la sienne pour sauver des gens plus grands que vous. Pas des politiciens ou des riches, ces gens à double face qui disent oui pour mieux dire non. Je parle de héros. De vrais héros. Des êtres comme Batman. C’est pour lui que je me suis sacrifiée. Parce que pour sauver Gotham, je ne suis pas de calibre face au chevalier noir. Que peut faire une simple capitaine de police, fut-elle à la tête d’une division d’élite dans une ville aussi corrompue. Oh, je n’ai jamais abandonné. Mais je sais quand je suis en présence de gens plus grands que moi. Superman, à Metropolis. Et maintenant, Batman. Et vous savez quoi? Je n’ai pas hésité une seconde. Et je le referais s’il le fallait.

Un tireur embusqué. Un lâche qui attaque dans le dos. Gordon avait fait appel à Batman et moi bien… J’avais refusé de jouer à l’autruche. Je suis une flic. C’est mon devoir de servir et protéger. Et donc, contre l’avis de mes collègues, j’avais décidé de partir pour apporter toute l’assistance que je pourrais bien fournir, aussi minime soit-elle. On pourrait s’attendre à ce que mon initiative soit superflue mais… L’instinct. Ça ne s’explique pas. Je savais au fond de moi que si je n’y allais pas, une tragédie allait se produire. Si les journaux du lendemain avaient titré la mort de Batman, le GCPD se serait effondré comme un château de cartes en pleine tornade. Alors j’avais décidé de suivre mon instinct. Et croyez-moi, on était loin d’une intervention hollywoodienne de ma part. Ce n’était même pas impressionnant, en fait. Loin de là je dirais. Banal.

J’avais garé ma voiture, j’étais descendu, en uniforme complet avec la casquette avec pour seule arme mon flingue de service et mes propres compétences. Batman avait déjà mis une raclée à une bonne douzaine d’adversaires et je me sentais plutôt arrogante tout d’un coup d’avoir pensé que le chevalier noir pourrait avoir besoin d’aide. Et c’est là que je l’ai vu, dans l’ombre, avec une arme de fort calibre. En train de prendre son temps. De viser. De se délecter de ce tir mortel qu’il allait faire, comme s’il goûtait déjà à la victoire, à son triomphe. Alors je me suis ruée sur Batman, je l’ai plaqué comme une joueuse de football, je me suis mise en position de tir et j’ai fait comme à l’académie de police : j’ai visé le torse. Et j’ai tiré. Le problème? Lui aussi. Ce qui nous ramène avec moi qui vient de me prendre une balle en pleine poitrine.

Quand on y pense… C’est complètement con. Je suppose que Batman porte un costume qui le protège de la plupart des calibres. Mais… C’est un réflexe de flic ça. De se mettre entre le danger et les gens que nous devons protéger. Comme si Batman avait besoin d’être protégé, en même temps… Je voudrais dire que j’ai agis par suffisance, par arrogance mais… Non. C’était purement instinctif. C’était la chose à faire. Et je l’ai faite. Sans hésiter d’ailleurs. J’ai appris depuis longtemps que dans la vie, il n’y a pas de place pour ça, l’hésitation. Hésiter peut vous conduire à la tombe. Ou alors des gens autour de vous. J’ai terriblement souffert d’une hésitation dans ma vie. Celle de ne pas avoir accepté mon homosexualité. Et ma fille a payé cher pour ma faiblesse. Pour mon hésitation. Je me suis jurée que ça ne se reproduirait plus jamais par la suite.

Oh ce type ne tuera plus jamais personne. Il est bon pour la morgue. Et moi aussi je le crains. Tout d’un coup, je prends conscience de ma propre mortalité. Je devrais avoir mal. J’ai l’impression de ne plus rien ressentir. J’essaie de faire un pas vers ce mur dans cette ruelle mais c’est comme si mes jambes pesaient une tonne. D’ailleurs, elles se dérobent sous moi et je m’effondre sans autre forme de cérémonie, ne contrôlant nullement ma chute. Ma tête heurte le bitume et je sens comme une main glacée qui étendrait ses doigts dans ma cage thoracique. Je devrais m’insurger, je suppose, dire que ce n’est pas juste. Mais je pense au fond que… Peut-être que je mérite de mourir. Toutes ces familles que je n’ai pu sauver. Tous ces innocents morts. Ces vies irrémédiablement gâchées parce que je n’étais pas Superman, Wonder Woman ou je ne sais trop  Parce que…

Parce qu’au fond je ne suis qu’une humaine. Une personne ordinaire dans un monde qui ne l’est plus. Une relique d’une  époque révolue. Ô combien j’ai tenté à mes débuts de prouver que la terre pouvait se défendre sans les super héros que je considérais comme de vulgaires vigilantes. Et je viens de me sacrifier pour l’un d’entre eux. Maggie Sawyer, tu vas mourir. Alors qu’essaies-tu de faire? Un dernier discours, ta dernière confession? Verses-tu quelques larmes? Non? Je lutte avec l’énergie du désespoir pour sortir de ma poche d’uniforme la photo de la personne qui compte le plus au  monde pour moi. Je veux revoir le visage de ma fille une dernière fois avant de mourir. Jamie… Je suis tellement désolée d’avoir été une mère indigne… Tu mérites tellement mieux… Peut-être que pendant toutes ces années, au fond, je me suis bercée d’illusions…

J’ai de plus en plus de misère à rester consciente. Je réussis faiblement à sortir la photo de ma poche mais ma vue se brouille. Les détails sont flous, indistincts. Je me force à me concentrer, à revoir le visage de ma fille chérie. Demain les journaux ne parleront pas de la mort de Batman. C’est de la mienne dont on parlera. En tout petit je suppose, quelque part dans la rubrique actualité. C’est ce qui arrive quand malgré tout, vous êtes dans l’ombre. Que tous vos sacrifices sont largement ignorés (ou on l’air de l’être) parce que des gens plus grands que vous sont la cible des projecteurs. Encore une fois, je n’ai aucun regret. Gotham sans Batman, c’est ouvrir la porte au chaos pur. Je devrais lâcher prise. Juste accepter de mourir. Mais je me suis toujours battue. Et je continuerai à le faire si je le peux. Je suis comme ça. C’est pratiquement codé dans ma génétique je crois.

Je pense, je crois que Batman se penche au-dessus de moi. J’essaie de dire quelque chose mais à part faire des bulles de sang, rien ne sort. Merde alors. Et enfin, malgré une lutte acharnée, je lâche prise. Je perds connaissance. Ce que j’ignore, c’est que c’est loin d’être la fin. C’est quand même Batman que j’ai sauvé. Et que fait le chevalier noir? Il sauve des vies. Et ce soir, c’est ma vie qu’il va sauver. Mais ça… Je ne le sais pas encore…
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MessagePosté le: Mar 11 Aoû 2015 - 1:20
Margaret Sawyer ne mourra pas.
Batman ne le permettra pas.
Batman ne se le permettra pas.

Au milieu d'une de ces sombres nuits gothamites -vous savez, celles où personne n'ose sortir de chez lui car plane dans l'air l'odeur fétide et écœurante du crime et de la peur-, les terres de l'île d'Arkham résonnèrent jusqu'à l'aube d'aboiements humains et canins. Quelqu'un s'était échappé. Encore. L'Asile-passoire brillait toujours de par son manque de sécurité. Les médecins et infirmiers, d'abord paniqués, transmirent plus d'une heure après au central de police l'identité du fugitif: Harvey Dent. Aidé par des complices au sein même de l'institut, il avait réussi à échafauder un plan audacieux, quoique très simple. Des gardes fortement monnayés avaient infiltré quelques armes dans l'enceinte du parc de promenade, permettant à Double-Face et à quelques fidèles de s'en emparer et de forcer le passage. D'après les autorités compétentes, quelques victimes étaient déjà comptabilisées. Une nouvelle fois, le Bat-signal illumina le ciel, fendant la grisaille des nuages nocturnes pour afficher bien haut, bien fort me symbole tant haï de la chauve-souris.
Lorsque le Chevalier Noir rejoignit le toit du GCPD, ses ailes noires déployées au milieu de la voûte céleste, James Gordon, le commissaire, patientait, droit comme un i sous un fin crachin de novembre. Son imperméable beige battait l'air, au même rythme que la cape du Batman. L'affaire fut exposée en moins de cinq minutes, et le justicier partit traquer l'ancien procureur.

Cela lui prit au moins la moitié de la nuit. Il enchaîna fausse piste sur fausse piste, le confrontant à d'autres criminels tout aussi retors, tels que le Sphinx, ou les hommes de Black Mask. Bien que le premier ne put être attrapé, les seconds virent très vite leur faciès rencontrer le sol de goudron, ou la botte du Chevalier Noir. Cela dépendait de son humeur de l'instant.

Arrivé devant la planque présumée de Dent, le justicier nocturne dû faire face à un groupe important de défenseurs. Pas moins d'une douzaine d'hommes, tous vêtus de déguisements biface, gardait les portes du vieil immeuble insalubre. Deux d'entre eux portaient des mitraillettes armées, prêts à faire cracher la mort sur le moindre inconscient qui osait venir les menacer, les offenser, ou simplement les déranger. Posté sur un toit, le Batman observa la zone une bonne minute avant de déterminer la marche à suivre. Usant de son grappin, il alla se poster au dessus d'un des tireurs, et, d'un habile mouvement du poignet, fit descendre un filin jusqu'aux pieds du criminel. Elle s'enroula autour de ses pieds. Le probable meurtrier sentit quelque chose se resserrer au niveau de ses chevilles, trop tard. Avec un hurlement, il s'éleva dans les airs, comme happé par les ténèbres de la nuit. Ses camarades, surpris, puis terrifiés, se retournèrent vers lui en reculant d'un pas.

Une ombre vint obscurcir la lueur de la lune. Les malfrats levèrent les yeux au ciel. Une chauve-souris géante aux yeux blancs planait, et s'apprêtait à leur fondre dessus. Le second tireur leva son fusil, peu assuré, les bras tout tremblants. Il ne fut pas assez rapide. La sombre créature s'abattit sur lui, écartant le canon d'un revers de la main, frappant et brisant immédiatement le bras armé. Le Chevalier Noir, encore enveloppé du noir de la voûte céleste, utilisa l'entièreté du corps de son adversaire pour s'assurer un atterrissage en douceur. Accroupi sur le criminel, il fit taire ses cris d'un coup de tête, l'envoyant rejoindre le pays des songes. Puis, une fois les pieds solidement fixés au sol, il fit face aux menaces qui l'entouraient. Dix adversaires, équipés de battes, de tuyaux, de couteaux... Le Batman savait déjà depuis longtemps gérer des groupes de plus grande ampleur.
Un des sbires le chargea alors, un tesson de bouteille à la main. L'homme de main tenta de lui asséner un coup horizontal, que le Croisé Masqué évita d'une flexion des genoux. Profitant de l'ouverture, il banda les muscles de son bras et envoya son poing percuter le foie de son adversaire. Ce dernier, sonné, le souffle coupé, fut propulsé du sol et heurta le sol trois mètres derrière lui. Il ne se releva pas. Le justicier se redressa, se craqua les phalanges, et dit en un grondement:

- A qui le tour ?

Quelques secondes passèrent dans un silence étouffant avant que deux des neuf hors-la-loi restants ne s'élancent. Comme les centaines, les milliers d'autres avant eux, ils tentèrent leur chance. Le Chevalier Noir réprima leur essai d'une double parade ferme, d'une habile pirouette qui fit claquer sa cape, d'un rapprochement brutal de leurs crânes. Ils s'effondrèrent au sol en gémissant. Le protecteur de la ville prit ensuite l'initiative. Brandissant son grappin, il l'envoya se ficher dans un bâtiment en face. Puis, une fois dans les airs, élevé de quelques mètres, il laissa de nouveau la gravité reprendre ses droits et plana pour écraser ses bottes sur le visage du criminel le moins distant. Son approche avait été instantanée, puissante, violente et sans pitié. Le pauvre homme derrière le masque de Double-Face cracha du sang et probablement trois de ses incisives avant que son front ne heurte le bord du trottoir. Les six autres se regardèrent, et chargèrent d'un bloc le héros. Avec un grognement féroce, le Batman s'avança lui aussi à la rencontre du combat. Il repoussa la première attaque d'une pulsion de son avant-bras, se glissa au milieu du groupe, agrippa les jambes de deux des sbires, et les balaya. Ils chutèrent ensemble, presque synchronisés, sans pour autant être hors-combat. Profitant de sa position avantageuse, le justicier se déplia de tout son long, et enfonça son poing sous la garde et sous le menton du repris de justice suivant. Un craquement retentit, suivi d'un gargouillis ensanglanté. Il bascula si vite en arrière qu'il effectua un salto avant que son visage ne rencontre le bitume. Derrière lui se trouvaient encore deux des hommes de Dent. L'un brandit sa batte, prêt à l'abattre sur le défenseur la justice. Cette fois-ci, le Chevalier Noir n'évita pas l'assaut, mais l'arrêta en pleine course. Sa main gantée enserra le bois dur, alors que son pied venait fracasser le genou de l'agresseur. Ce dernier glissa au sol, soutenu par une seule jambe. Saisissant la batte, Wayne la fracassa sur le crâne devant lui, avant de l'envoyer en plein dans les jambes de celui qui clôturait le groupe.

Sans qu'il ne puisse y faire grand chose, il reçut un coup à l'arrière du crâne, lui causant une certaine douleur et un hématome probablement conséquent. Afin d'esquiver une probable prochaine attaque, il roula sur le sol crasseux et se mit à genou, la tête d'un des sbires encore conscient juste à ses côtés. Sa main empoigna une masse chevelue, et écrasa son faciès contre le sol.
Puis, bondissant dans les airs, il entreprit de terminer le travail. Il ne restait plus que trois criminels, dont deux se relevaient encore difficilement. Ses bottes heurtèrent le dos d'un, sur lequel il prit ensuite appui pour décocher un revers du pied en plein visage de celui encore de bout. Enfin, Batman saisit par le col le dernier éveillé, le traîna une dizaine de seconde au sol avant de l'envoyer traverser un vieux mur de briques à moitié désolidarisé. Un nuage de poussière et vieux ciment s'en éleva, s'érigeant en véritable symbole de décrépitude.

Plus rien, ou presque, ne séparait Harvey Dent d'une rouste et de sa cellule. Sauf peut-être...
Un bruit de moteur se fit entendre progressivement, de plus en plus puissant au fil des secondes. Apparut une voiture de police, conduite par... Margaret Sawyer. Un élément prometteur, plaisant du GCPD. Bien qu'elle ait fait ses classes et sa réputation à Metropolis, où le crime n'avait rien à voir avec celui de Gotham, Sawyer apportait de bonnes choses, de très bonnes choses aux vieux flicards désabusés de la sombre cité côtière.
Elle était seule. Forte tête, elle avait dû s'opposer à Gordon et venir enquêter de son côté. Autant une qualité qu'un défaut, surtout dans ces quartiers malfamés. Quelques journaux tournoyaient sous les petites bourrasques de vent, comme animés d'une vie propre. Sans jeter plus de regards à la policière, le Batman fit face au bâtiment, cherchant des pièges, des entrées et des sorties, des tireurs embusqu... Surpris, le justicier bascula sur le côté lorsque la capitaine le plaqua, lui évitant une cuisante blessure par balle. Elle riposta immédiatement, abattant le sniper. Tout aurait été parfait, si Sawyer n'avait pas reçu elle aussi une balle dans le torse.

Laissant instantanément de côté sa préoccupation première, soit pourchasser Double-Face, il se mit sur ses genoux et prit la jeune femme dans ses bras. Sérieux, calme, quoique paniqué en son for intérieur, il vérifia aux alentours qu'il n'y avait rien à craindre, sortit d'une de ses petites poches un nécessaire de chirurgie sous vide, un petit objet oblong à l'allure sophistiquée, et ouvrit le sachet. D'abord, il administra une partie du contenu d'une seringue d'anesthésiant au corps de la policière, en estimant plus ou moins son poids. Puis, sans cesser de parler à la jeune femme, il commença à découper son vêtement, lui laissant, par respect à son intimité, son soutien-gorge, et pratiqua une première incision.

- Margaret Sawyer, c'est ça ? Je connais vos états de service. Vous êtes un flic exemplaire.

Il savait que cela ne servait pas à grand chose, mais si elle l'entendait, ne serait-ce que quelques instants, ce serait déjà très bien. Il n'eut cependant, comme seule réponse, qu'un soupir ponctué de bulles de sang. Un grand froid gagna l'échine du héros. Elle ne devait pas mourir. La balle lui était destinée. Elle ne devait pas mourir.
Elle. Ne devait pas. Mourir.
Après de longues minutes durant lesquels il chercha dans son torse la balle, il la trouva enfin, la retira, et injecta le contenu du petit objet dans la blessure. Puis, il referma temporairement la plaie, et amena la jeune femme jusqu'à la Batmobile. Au dessus de lui, les lumières jaunâtres des réverbères tremblaient. Il installa la blessée sur le siège passager, et la conduisit à la Batcave, aussi vite qu'il le put.

Il craignait à chaque instant de trouver l'inspectrice sans vie à l'arrivée. Il ne la connaissait pas particulièrement, mais s'en voulait déjà de ne pas avoir su pacifier correctement la zone. Il avait encore failli. Que la jeune femme meure ? Hors de question. Il la sauverait. Oui, il la sauverait, cela ne pouvait se passer autrement.
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MessagePosté le: Mar 11 Aoû 2015 - 2:52
Je suis en vie. C’est la première chose que je constate en émergeant d’une inconscience troublée. Vos démons ne vont pas cesser de vous tourmenter parce que vous êtes aux portes de la mort. En tout cas, pas les miens. Eux ne me laissent pas de répit. Jamais. C’est à cause d’eux que j’ai commencé à fumer. Enfin. En partie. Cette mauvaise habitude, je m’en suis débarrassée et je pense que c’est une excellente chose. Réduire son espérance dans vie, dans un métier comme le mien, c’est prodigieusement idiot. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ce poison qu’est la cigarette et qui m’a pourrit la vie pendant plusieurs années. Nous sommes ici pour parler du fait que je suis encore en vie. Les derniers événements sont confus. J’ai l’impression d’être au ralenti. Faible au strict minimum. Et tout à coup… Je me souviens.

Batman. Le tireur embusqué. Moi qui plonge pour protéger Batman. Un tir parfait. Une douleur à la poitrine… Les réflexes de flics reprennent le dessus et je me relève beaucoup trop vite pour mon corps qui proteste énergiquement. Je pense que je suis branchée à des appareils car j’en entends qui s’affolent. La tête me tourne instantanément. La bile me monte presque aux lèvres. Je suis en sueur et la pièce décide de se prendre pour un carrousel en folie. Suis-je dans une ambulance? À l’hôpital? Non. NON! Je ne peux pas encore finir à l’hôpital! J’ai juré de protéger Gotham! Chaque seconde passée à l’hôpital, c’est une seconde où j’échoue à ma promesse. Protéger et servir. Je lutte de toutes mes forces pour rester conscientes, la vue embrouillée, mes sens complètement déboussolés… Je pense entendre une voix… Puis je sens comme un froid que je connais bien.

Un sédatif. Où que je sois, la personne qui s’occupe de moi connait son boulot et pas qu’un peu. Comment je le sais? Parce que ce n’est pas de notoriété publique mais j’ai une plus grande résistance à ces merdes. Pratique quand un criminel vous fait un coup de cochon avec ce genre de substance. Le truc, c’est que là, la dose a été savamment calculée pour me renvoyer au pays des songes. Et ce n’est pas une surdose non plus. Comme je le dis, un professionnel. Mon corps abandonne la lutte et je retombe dans l’inconscience, sans trouver de réponse à mes interrogations. Où suis-je? Depuis quand suis-je ici? Qui est mon mystérieux médecin traitant? Je suppose que je finirai bien par le savoir. Je ne suis pas une super flic pour rien. Je suis la meilleure à ce que je fais. J’ai survécu au bizarre, à l’étrange et à l’impossible à Metropolis. Je survivrai à Gotham.

Je disais donc que mon corps abandonnait la lutte mais mes démons reviennent, plus motivés que jamais semble-t-il. Le réveil est brutal, digne d’une terreur nocturne et les appareils recommencent à s’affoler. Cette fois, cependant, par pur réflexe, je parviens à attraper le bras de la personne qui s’occupe de moi. J’ai besoin d’un contact humain. Quelque chose de concret, pour me ramener à la réalité. Une forme de réconfort. Ma respiration est irrégulière et je suis à nouveau en sueur. J’essaie de parler mais je ne peux qu’émettre d’abord des gargouillis puis un râle. Au terme d’un effort quasiment sûrement, je parviens à articuler difficilement une phrase. « Ne… Me… Laisse…. Pas… Sombrer… » Je ne veux pas retomber dans l’inconscience. Ou tout du moins, pas sans avoir fixé mes propres termes. L’inconnu prend ma main. Il a compris.

J’ai de la misère à voir. La chute sans doute. Quand je me suis cognée la tête sur le bitume. Mais une chose est sûre. Je ne suis pas dans une chambre d’hôpital. Je les connais ces chambres. Alors où suis-je? Je ne sais pas. Je serre longuement la main de la personne inconnue et bien que nous n’échangeons aucune parole, c’est suffisamment évocateur je pense. J’ai besoin de me calmer, de reprendre mes repères. Ensuite, seulement ensuite je pourrai espérer récupérer convenablement. Ma respiration se calme et tranquillement, je me sens glisser vers un sommeil volontaire cette fois. Ma force quitte mes doigts qui glissent contre la main de l’inconnu et je m’endors. Cette fois, mes démons ne se manifestent pas. Pourquoi? Je l’ignore. Mais c’est tant mieux. J’ai vraiment besoin de repos. Autrement je ne me remettrai jamais comme il faut.

La troisième fois que je me réveille, je me sens mieux. La situation me revient en tête, ce qui s’est passé. Harvey Dent, le tireur embusqué, Batman… Et la réalité me frappe en plein visage. À cause de ma stupidité, Double Face court dans la nature. Je lâche un juron très peu féminin avant de m’insulter copieusement pour mon manque de jugement. Qui peut savoir combien d’innocents sont en danger parce que j’ai désobéit aux ordres? Parce que j’ai refusé d’abandonner, de faire l’autruche, de laisser d’autres faire le travail à ma place? Ce n’est pas de l’orgueil mal placé. C’est mon devoir de risquer ma vie pour que monsieur et madame tout le monde puissent regagner leurs petites familles heureuses. Si par ma faute, Harvey Dent s’est échappé, je vais le reconduire personnellement à Arkham même si c’est la dernière chose que je dois faire de mon vivant.

Puis un second constat s’impose. Je ne suis pas dans un hôpital. Ça je m’en suis déjà rendu compte. Alors où suis-je? Réflexe de policière aguerrie : mettre la main sur une arme. De préférence, mon arme. Mes effets sont dans une pile bien propre sur une table près de moi, y compris mon uniforme taché de sang. Mon arme est là. On l’a remise dans son étui. Je m’en empare, vérifie qu’elle est chargée… Parfait. Je peux me défendre maintenant. On ne sait jamais. Je ne sais pas où je suis. J’entends des pas par contre. Quiconque m’a amené ici et s’est occupé de moi ne semble pas vouloir me prendre par surprise. Je suis assise dans un lit qui n’est pas le mien, dans un lieu qui n’est pas un hôpital, sans trop savoir ce qui s’est passé ou qui tire les ficelles. Avec tous les malades de Gotham, ce pourrait être un piège élaboré. Qui sait ce qui se passe dans leur tête?

Et tout d’un coup, lentement mais sûrement, une autre théorie commence à se former dans ma tête. C’est complètement fou, évidemment mais quand le possible n’offre aucune réponse, il ne faut pas hésiter à considérer l’impossible. Et si… Batman m’avait amené dans son repaire? Tout super héros se doit d’avoir une sorte de base secrète. Comme je l’ai dit, c’est une théorie sans trop de fondement mais… Ce serait logique, en un sens. Cela expliquerait que je ne reconnais pas les lieux. Je connais virtuellement tous les hôpitaux et toutes les cliniques de Gotham. Qu’importe par contre. Ma théorie est trop bancale pour mon goût alors je reste armée et je braque mon flingue dans la direction des bruits de pas. La méfiance est là. Bien présente. Faites confiance aux mauvaises personnes et vous venez de signer au moins un arrêt de mort et… Et…


« Ce… C’est impossible. Cela ne se peut. Pas un geste. Plus un pas. Je suis peut-être plus vulnérable que je le suis d’habitude mais je ne suis pas idiote. Et je suis convaincue de pouvoir t’atteindre depuis mon lit malgré tout… Ça. Où suis-je? Et qu’est-ce que cette mascarade? C’est un coup tordu de Double Face? Montres toi espèce de salaud que je te botte le cul et que je te ramène par la peau du cou à Arkham! »
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MessagePosté le: Jeu 13 Aoû 2015 - 5:10
- Rallongez-vous capitaine, et calmez-vous. Double-Face a été attrapé. Je m'en suis occupé.

Apparut au chambranle de la porte, calme, le Chevalier Noir. Par rapport à la dernière fois où Margaret l'avait vu, il semblait fatigué, amoché. Le tissu de sa cape était déchiré en de multiples endroits et des impacts de balles marquaient son torse. Il se tenait cependant toujours droit, comme si rien de ce qu'il venait d'encore traverser ne l'affectait. Et pourtant... une violente douleur irradiait dans sa jambe, au niveau de la cuisse, là où un coup de couteau avait transpercé combinaison, peau et muscle. L'arrière de sa tête envoyait par vagues successives une sensation ô combien désagréable, sans compter les innombrables hématomes qui ornaient sa poitrine. Mais, comme à son habitude, il n'en montra rien. Il fit quelques pas dans la pièce, sans réellement craindre l'arme à feu. Il connaissait les capacités de tir de Sawyer, tout comme le reste de ses compétences et évaluations.
Anticipant la question de la policière, Batman prit les devants:

- Ceci est la Batcave. Cela fait 24h que vous êtes ici. Gordon sait que vous êtes en vie.

Le justicier prit une chaise, l'apporta près du lit, et s'assit dessus. Puis, d'un geste de la main, il invita la jeune femme à au moins se rasseoir, afin qu'il puisse lui expliquer ce qui s'était passé depuis sa blessure. Connaissant son profil psychologique, il se doutait fortement que des informations sur le reste de la nuit l'intéresse. Après tout, elle le méritait. Flic intègre, elle devait s'inquiéter que sa blessure ait paralysé ou même ralenti la traque de Dent. Il allait la rassurer.

- Après vous avoir mise à l'abri, je suis retourné chercher Double-Face. Orgueilleux ou ignorant de ce qui s'était passé, il n'avait pas bougé de sa planque.

La Batmobile traversait les rues à une vitesse faramineuse, évitant voitures garées, panneaux et feux de signalisations avec une aisance faisant honneur aux talents de conducteur du Chevalier Noir. Il regagna la cachette du criminel schizophrène et s'arrêta non loin, de manière à ne pas abattre ses cartes trop vite. Ainsi, il pourrait se permettre une approche discrète. D'un clignement d'oeil, il activa sa vision détective, et passa au peigne fin le décor. Au centre de la petite cour miroitait une flaque de sang encore chaud, mais hormis cela, personne ne surveillait plus l'extérieur.
Une fois au sommet du bâtiment, il parcourut le toit en quête d'une entrée relativement isolée, loin des criminels qu'il distinguait à l'intérieur. Nulle porte, nulle trappe. Cependant, le justicier distingua une bouche d'aération suffisamment grande pour le laisser passer. La main experte, l'oeil averti, il saisit la plaque à un point de faiblesse et l'arracha toute entière. Puis, sortant d'une de ses poches un petit gadget, il s'arrangea pour découper au laser les pales, glisser la main dessous, et retirer la grande hélice qui bloquait le passage. Il se glissa enfin dedans, et pénétra la demeure temporaire d'un de ses plus grands ennemis.

- De nombreux hommes étaient en poste dans les différentes salles. Ils n'ont pas été un grand problème.

Jamais plus de quatre hommes par pièce. Certains étaient mieux équipés que d'autres: boucliers anti-émeutes, matraques, armures, pistolets, couteaux... Mais personne ne put opposer grande résistance. Le Batman leur tendit de nombreux pièges, usant de leur peur, de leur tension pour les faire craquer et les éliminer. Personne n'en réchappa: tous eurent au moins un os du corps de brisé. Impatient, énervé, le héros avait fait preuve de davantage de brutalité qu'en temps normal, mais cela arrivait parfois. Les criminels qui goûtaient aux poings d'un Batman déchainé s'en rappelait davantage.

- Dent, en revanche, a fait un peu de résistance.

Avant que le Croisé Masqué n'ait pu l'atteindre, le chef criminel avait déposé de puissants explosifs et avait fui. Le moment où les véhicules des malfrats démarrèrent au dehors coïncida avec la découverte de la bombe. Les yeux écarquillés, le Chevalier de Gotham avait bondi par la fenêtre, la fracassant au passage, juste avant que le souffle de l'explosion ne le happe. Sa cape subit quelques dégâts, et il atterrit rudement sur le béton, mais il avait survécu.
S'était alors engagée une course-poursuite entre Double-Face et ses hommes d'un côté, Batman de l'autre. Il détruisit un par un les véhicules de l'escorte de l'ancien procureur, et s'arrangea pour lui couper la route au dernier moment. Le véhicule certes légèrement blindé ne tint pas face à la masse que représentait la Batmobile, plia et pila. Le héros en extirpa un chef mafieux groggy, dans les vapes, pour mieux le ramener au GCPD où il serait incarcéré en attendant son transfert à Arkham.

- Mais toujours pas assez pour s'assurer ma mort et sa liberté.

Puis, il était rentré, et avait rejoint Alfred au chevet de Sawyer. Il avait veillé sur elle tout du long, lui administrant les doses d'anesthésiant quand il le fallait, les diminuant progressivement, lui tenant la main quand elle le demandait. Il n'était pas un proche, à proprement parler. Mais il compatissait. Flash en aurait rit en disant qu'un Batman compatissant, ça n'existait pas. Il n'y avait rien de moins vrai. La vie de la policière lui importait, comme celle de tous les autres officiers de police, de tous les autres gothamites. Il prenait chaque mort comme un échec personnel, une preuve de son inefficacité à défendre Gotham. Il regrettait de ne pas pouvoir être plus. Superman pouvait stopper un braquage de banque une minute, une agression la seconde d'après... seuls les créatures les plus puissantes lui donnaient du fil à retordre. Batman, lui, ne pouvait pas faire tout ça, et en devenait aigri. Il se méfiait de tous pour sa sécurité et celle du monde, car chaque mort causée par un membre de la Justice League ou par un de ses ennemis, fut-elle moindre, venait s'ajouter au poids sur sa conscience. Il en souffrait, en avait souvent marre, mais ne cessait jamais. Il avait fait une promesse. Et personne ne reprendrait le flambeau derrière lui: avec des Joker, des Épouvantail, des Hush ou des Wraith, la police serait complètement dépassée, et Gotham sombrerait.
Il fallait plus d'hommes et de femmes comme Margaret Sawyer.
Lui, Batman, était vieux dans le métier, usé, et n'inspirait plus grand chose.
Les policiers efficaces, courageux, méritants, intègres et honnêtes faisaient resplendir Gotham, pour autant que ce mot signifiait quelque chose dans cette ville.
Lui, le Croisé Masqué, le grand Chevalier Noir, protecteur des faibles, bourreau du crime, n'était qu'un simple symptôme, tout comme les monstres qui écumaient les rues. Un jour, on n'aurait plus besoin de lui. Un jour, il serait obsolète. Les policiers, eux, auront toujours leur utilité, tant qu'ils défendent la citation qui orne chacun des véhicules de patrouille.

- Quoi qu'il en soit, reposez-vous, vous en avez besoin.

Cela sonna davantage comme un ordre qu'un conseil.
Il hésita quelques secondes, dissimulant cela derrière un lourd silence, et s'apprêta à ouvrir la bouche. Mais, finalement, il préféra ne rien dire et prolonger la pause, ses yeux blancs fixés sur la jeune femme.
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MessagePosté le: Jeu 13 Aoû 2015 - 14:35
« On doit vous le dire souvent mais… Merci. Le GCPD n’y arriverait pas sans vous. Et Akins a été prodigieusement crétin de retirer le Bat Signal et de vous considérer comme un ennemi pendant un temps. Si j’ai appris quelque chose de mes années de service, c’est que nous serions bien incapables d’y arriver sans justiciers comme vous ou Superman. Vous avez une liberté que nous n’avons pas. »

Je m’étais rallongée et j’avais déposé mon arme. La Batcave, rien que ça. C’était un rare honneur quand même. Le centre des opérations de Batman. C’est qu’il ne devait pas y recevoir des masses de gens. En tout cas c’était bien Batman : droit, fier… Mais on ne me la fait pas à moi. J’ai vu trop de morts et de blessés pour me laisser berner facilement. Le chevalier noir est lui-même mal en point. Il peut essayer de le cacher : je n’en crois rien. S’il n’est pas amoché, moi je suis la petite amie du Joker. Ce que je ne suis pas, précisons-le pour ceux qui sont lents du cerveau. Je ne comprends pas ce qu’il essaie de faire en agissant de la sorte. Il doit bien se douter que je ne me laisserai pas berner si aisément. Que même dans mon état, mon esprit fonctionne encore. S’il avait été un de mes collègues, je lui aurais servi une bonne dose de gros bon sens.

Le truc, c’est que Batman n’est pas exactement un collègue. Techniquement les super héros sont « un grade » au-dessus des policiers. Enfin, dans la perception du public. C’était donc très délicat de lui livrer ma façon de penser, souvent franche et directe. Directe. Très directe même. La subtilité, ce n’est pas trop mon fort. Je suis une femme de tête. Je suis une femme d’action. La question donc : comment dire à Batman d’arrêter de faire le malin et de se soigner ou je prends le désinfectant et les pinces et je m’en charge moi-même? Comme je viens de le dire, c’est assez délicat. Je ne voudrais pas qu’il le prenne mal, voyez-vous? Je suis quand même chez lui, ce serait un brin impertinent, impoli même… Paradoxalement, si je ne fais rien, si je ne réagis pas, il pourrait mal le prendre en se sentant négligé, comme si j’abusais de son hospitalité quoi.


« Bon ce n’est pas la plus douce des manières de le dire mais faudrait peut-être penser à vous soigner. Je suis blessée et affaiblie, pas stupide. Je ne sais pas à quel jeu vous jouez Batman mais je ne suis pas une recrue que l’on impressionne avec un regard ténébreux. À froid comme ça je dirais au moins deux blessures. Probablement plus. Ne vous en faites pas pour moi, je survivrai. Pensez un peu à vous… »

C’était dit de façon maladroite mais que pouvais-je y faire? J’allais un peu contre ma nature, essayant de mettre des gants blancs là où mon attitude plus directe aurait, à mon avis, été nécessaire. On ne pourrait pas m’accuser de ne pas avoir essayé. C’était un peu ironique quand même. Batman s’occupait de Gotham et de sa population mais qui s’occupait de Batman? Personne. Ou à mon avis, personne. Et c’était là tout le problème de nos amis costumés. Ils refusaient de se laisser approcher, s’accrochant à cette idée de symbole. Mais ils restaient mortels. Certains comme Superman étaient incroyablement difficiles à tuer ou à blesser mais plusieurs d’entre eux étaient bien plus proches de l’être humain. Batman, en l’occurrence. Et donc il fallait que nous, en tant que ceux qu’il sauve, gardions un œil sur lui. C’était aussi simple que ça. Quoi que…

Comment expliquer au chevalier noir une telle réalité? Je comprends l’importance du masque, le besoin d’une forme d’anonymat mais… Il fallait être réaliste. J’ai promis de protéger et de servir cette ville. Batman fait partie de cette ville, autant que moi, Gordon ou les milliers de citoyens. Pour plusieurs, ce serment ne va pas plus loin que d’intervenir dans une dispute domestique ou pour arrêter des crimes légers. Pour moi, c’était donner ma vie au besoin pour accomplir ce qu’il y avait d’écrit sur mon badge. Bon c’est décidé. Je mets mon masque de super flic que rien n’arrête et je me lève. Je ne devrais pas. Je devrais me reposer. Mais je ne vais pas laisser Batman souffrir et sans soins médicaux. Je me plante devant lui et mon regard dit clairement que je n’accepterai aucun compromis. Concours de pseudo intimidation entre moi et le chevalier noir…


« Et je vais laisser tomber le vous, j’ai l’impression de bouffer une tranche de citron pourri. La flatterie, c’est pas mon truc. Tu sais ce qui est écrit sur mon badge? Protéger et servir. Qui? Les gens de Gotham. Et bien tu sais quoi? Tu es une personne de Gotham. Et donc c’est mon travail de te protéger aussi. Ok, je suis peut-être complètement folle de te parler comme ça et tout mais je préfère être honnête.

Tu es blessé. Tu as besoin de repos. Merde Batman, s’il y a bien une personne dans cette ville qui mériterait des vacances et une retraite dorée, c’est toi. Ok. Je ne suis personne. Je suis juste une capitaine de police. Je ne suis pas inspecteur, je ne suis pas commissaire, je ne suis même pas de Gotham. Qui je suis? Je suis Maggie Sawyer et j’en ai vu plus que tu ne le crois dans ma vie. Et je crèverai avant de trahir mon serment. »


Il y a pas mal de choses que je pourrais rajouter à la mention « qui je suis » mais je préfère m’arrêter là. Pour le moment c’est à mon tour de jouer les durs. Je ne suis pas une chirurgienne de renom mais je peux vous garantir que je suis difficile à battre dans les soins d’urgence. Je pourrais extraire une balle les yeux fermés. Des collègues, j’en ai sauvé plus qu’on ne le pense au cours de ma carrière. Alors je peux aider Batman. S’il se laisse faire, il va de soi. Mais je ne plierai pas. Je continue de le fixer sans ciller. Je devrais vraiment être en train de me reposer. Mais pas là. Oh non. Pas quand notre plus grand protecteur est en face de moi, mal en point et que je PEUX faire quelque chose. C’est une question de principe. Certains font fi de leurs principes pour jouer le grand jeu de la politique ou autre. Pas moi. Oh non. Pas moi. Et ça se sait.

Être capitaine de police, ça veut dire plus d’interaction avec les médias. Je suis bien moins brutale qu’avant dans mes commentaires mais ils le savent tous : quand Maggie Sawyer se pince l’arête du nez, c’est qu’elle va commencer à engueuler quelqu’un. Je n’ai pas peur des journalistes. Je n’ai pas peur des politiciens. Je n’ai pas peur des réprimandes, encore moins des malades de cette ville. Je ne crains même pas pour ma propre vie. Ma seule crainte dans la vie, c’est la sûreté de ma fille. Et elle est à des kilomètres d’ici, à Star City. Et comme la faune de Gotham n’en sort presque jamais, elle est hors de leur portée. Je peux donc être moi sans risque de la mettre en danger. En ce moment, c’est un combat de volonté. Moi contre Batman. Mais je le redis. Il a beau être Batman, c’est mon devoir de le protéger et de le servir, comme n’importe quel autre citoyen de cette ville.
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MessagePosté le: Lun 17 Aoû 2015 - 7:32
Le Batman écouta les paroles franches, crues, fraîches de la capitaine Sawyer. Les remerciements lui firent chaud au cœur, comme d'habitude. Certes il ne cherchait pas la gratitude des gens, et travaillait aussi bien avec ou sans l'appui de l'opinion publique. Cependant, il restait un être humain, et entendre ces choses là plaisait toujours. Apparemment, sa carrière à Metropolis l'avait davantage ouverte quand aux questions de justice parallèle: alors qu'à Gotham les débats et oppositions fusaient, elle semblait plus positive, plus admirative du travail des héros. Cependant, elle se trompait sur un point, un seul, qui provoquaient d'intenses dissensions au sein des forces de police, des politiques et des médias: la liberté d'action des combattants du crime.

- Metropolis offre peut-être plus de marge de manoeuvre à Superman, mais ici, à Gotham, nous avons des soucis avec la population qui crie à l'aliénation fasciste et aux atteintes des droits de l'homme. La seule liberté que nous ayons est celle que l'on arrive à saisir.

Le Chevalier Noir se redressa, sa cape ondulant à chacun de ses mouvements. Il avait tout connu: la loi du plus fort, l'illégalité, le travail d'équipe, l'acceptation ou le rejet par l'opinion publique. Et si un nouvel Akins devait pointer le bout de son nez, le justicier avait d'ores et déjà prévu des mesures et contre-mesures pour continuer à agir avec un minimum de risques.

- Par chance, le commissaire Gordon est un homme sensé: il collabore. Cela pose un cadre, et permet des résultats... concrets.

Puis il se tut, et s'appuya contre un des murs, crispé par la le retour des vagues de douleur dans sa jambe. Il allait effectivement avoir besoin de repos. Mais il ne pouvait décemment pas se le permettre pour le moment. Il lui restait encore trop de choses à faire. Comme à son habitude, Alfred avait protesté, argumenté, puis baissé les bras. On ne pouvait pas discuter avec Bruce Wayne lorsqu'il était décidé. Autant demander à un lémurien d'abattre un épais mur de briques d'un coup de poing: presque impossible. Cependant, tout lémurien que fut Margaret Sawyer, elle réussit à créer une brèche dans le ciment. Peut-être était-ce son langage peu courant, très direct et brut ? La surprise ? Car personne d'extérieur au Manoir ne venait jamais s'enquérir de son état. Cela le changeait. Agréablement ? Il ne savait pas, mais c'était nouveau.
En tous cas, la capitaine ne prenait pas beaucoup de risques en lui diagnostiquant deux blessures minimum. Il était perclus de bleus, de petites plaies, partout où les protections laissaient place à la flexibilité. Maintenant qu'il se concentrait, il sentait même une douleur au flanc droit: certaines côtes avaient dû se fêler lors de l'explosion.

Une autre chose étonnait le justicier. Il suscitait un véritable espoir chez la capitaine, alors qu'en temps normal, ce n'était pas lui qui assurait de rôle. Superman, Flash, Green Lantern... c'étaient eux les symboles, eux les porte-étendards de ce qui était bon, beau, inspirant. Le Batman, lui, accomplissait le sale boulot dans l'ombre, prenait les coups à la place des autres, en distribuait un bon paquet, démantelait les cartels, démantibulait les mâchoires des tarés d'Arkham... Il était celui qui plongeait les mains dans la crasse. Et là, il était porté comme exemple d'abnégation. Cela changeait des anti-chauve-souris.
Cependant, il ne pouvait se permettre de passer du temps à ne rien faire, à se reposer. Les vacances et la retraite dorée ? Ils les passeraient dans son cercueil, auprès de ses parents, lorsqu'il aura enfin jugé sa promesse tenue. S'il fallait deux mille ans pour s'en affranchir, il s'arrangerait pour tenir deux mille ans.

- Vous êtes née et avez officié comme policière à Star City. Là-bas, après un boulot exemplaire, vous avez été promue au poste de Lieutenant. Votre mari était James Buchanan Sawyer, votre capitaine et supérieur hiérarchique. Mais il y a eu des... complications. J'en suis désolé.

Par respect pour la policière, Wayne ne voulut pas appuyer sur cette période douloureuse. Son hésitation, cependant, marqua le fait qu'il savait tout de même ce qui s'était passé.

- Vous avez déménagé à Metropolis, où vous avez continué votre carrière. Admirable. Capitaine, puis chef du SCU. Un palier difficile, franchi avec brio. Vous avez eu quelques soucis de convictions avec Superman, avant qu'il ne vous sauve suite à un attentat. Vous êtes restés en bon termes. Vous avez ensuite fréquenté Toby Raines, journaliste, qui vous a posé de nombreux soucis en voulant profiter de votre position pour obtenir des scoops. Ensuite, en tant que fraîche inspectrice, vous avez voulu changer le monde. Cependant, la place de Bullock se libérant à Gotham, vous avez voulu, hypothèse personnelle, vous rapprocher de votre serment par le biais du poste au MCU. Dois-je continuer ?

Le Batman laissa Sawyer digérer avant de reprendre:

- Je sais ce que vous avez vécu, capitaine. Je sais ce que tous les flics de Gotham ont vécu, ou presque. Et c'est pour ça que je vous place haut dans mon estime.

Il lâcha ensuite un léger sourire, que l'on aurait pu prendre pour une ombre sur son visage.

- Et malgré l'accord du commissaire, votre serment devrait aussi vous obliger à m'arrêter, capitaine. Je suis un hors-la-loi, peu importe mes convictions.

Puis, il se rembrunit. Ses lèvres reprirent leur place initiale, son visage se durcit, ses yeux s'étrécirent doucement. Les bras croisés sur le torse, il scrutait les yeux de Sawyer avec un mélange de colère, de tristesse et d'amertume. Il se redressa enfin, et s'avança vers le lit où se reposait la jeune femme. Une fois à son chevet, il porta la main aux instruments, y jeta un long regard et, sans quitter des yeux les résultats, demanda à Maggie:

- Voudriez-vous être à ma place, Sawyer ?
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MessagePosté le: Lun 17 Aoû 2015 - 15:21
Il avait fait ses devoirs. Ça c’était indéniable. Il manquait certains passages, par respect ou par réelle ignorance mais dans l’ensemble, il avait vu juste. Remarquez que ce n’était pas difficile de suivre ma carrière. Bien malgré moi, certains passages avaient été fortement médiatisés. D’autres… J’avais laissé une impression favorable dans tous les services de police que j’avais fréquentée. Ce n’était pas difficile de poser la question à mes anciens collègues qui en général n’avaient que de bonnes choses à dire. Alors je me demande : tactique de diversion ou essaie-t-il vraiment de m’impressionner par ses talents de… Détective? Parce que je ne veux pas te manquer de respect Batman mais quand tu en as vu autant que moi, tu ne te surprends plus de grand-chose. La question que je me pose c’est… À quoi tu joues, exactement?

À quoi tu veux en venir? Juste me dire que tu connais l’historique des flics de Gotham? Ou répondre au fait que je te dise que je ne suis que moi et que je n’ai rien de vraiment spécial? Et toi Batman, tu veux qu’on parle des centaines de vies que tu as sauvées et les milliers de drames auxquels tu as assisté? Je ne suis pas à plaindre, ni à prendre en pitié. Je sais quelle est ma place en ce monde et elle se définie par mon badge et ce qui est écrit dessus. Appelles ça la fatalité ou ce que tu veux mais je n’ai pas besoin d’aspirer à plus. J’ai fait le choix conscient de faire ce métier et je le ferai jusqu’au bout. Cependant, certaines de ses paroles laissent à réfléchir. Je perçois quelque chose d’exploitable. Quelque chose qui pourrait potentiellement le pousser à baisser sa garde, ne serait-ce que pour un examen médical sommaire. Je ne suis pas diplômée en médecine, et alors?

Vous n’êtes pas familier avec le concept d’autodidacte? Alors allez ouvrir un dictionnaire un de ces quatre, ça vous fera du bien. Quand vous êtes une super flic, vous devez amener un petit plus à la table où vous jouez. J’en ai sauvé des collègues avec des compétences en chirurgie, même de base. Je suis qualifiée pour plein de choses. Je n’ai juste pas les diplômes allant avec. Ça ne devrait pas vous surprendre tant que cela, remarquez. Vous savez ô combien je préfère avoir tout un jeu de cartes dans ma manche et plus de cordes à mon arc qu’il est raisonnable d’en avoir. Je suis excessivement exigeante envers moi. Et ce n’est pas prêt de changer. Autrement, je ne serais pas en droit d’exiger quoi que ce soit de mes subordonnés. Une leçon que bien des gens au pouvoir devraient retenir. Une leçon qu’ils refuseront éternellement d’apprendre. Une réalité qui ne me surprend guère.

Mais quelque chose dans son discours cause en moi une colère difficile à contrôler. Je crispe et mon regard se fait dur. Très dur. La colère gronde mais elle n’a pas encore explosée. Je me redresse plus ou moins difficilement pour le fixer à mon tour. Masque ou pas masque, il va clairement voir mon regard comme s’il était à visage découvert. Là mon pote tu viens d’entrer dans un débat sur lequel je suis excessivement virulente. Et que tu sois Batman ne change rien à mon opinion, à mes convictions. Car j’ai appris depuis longtemps que c’est l’immobilisme de la loi qui est son pire ennemi. Que nous avons nous même créé un système avec des failles que nous prenons trop de temps à colmater. Et à cause d’un jeu politique et juridique stupide, nous avons contribué à plonger le monde dans le chaos. Pas totalement mais en partie au moins.


« Écoutes moi bien parce que je ne me répèterai pas. Si tu veux jouer la carte de l’auto apitoiement, sers-la à d’autres. Est-ce que tu sais ô combien ce que tu dis est prodigieusement stupide? Le sais-tu? LE SAIS-TU? Qui a fait les lois? Des hommes. Des hommes au pouvoir et certaines lois n’ont pas été révisées depuis des années. Le monde n’est plus ce qu’il était et tu le sais autant que moi. Et qu’avons-nous fait?

NOUS NOUS SOMMES TRANSFORMÉS EN CRIMINELS! Nous avons accepté de ne pas changer les lois car trop demandant. Trop coûteux. Et les criminels sont devenus de plus en plus intelligents, de plus en plus redoutables, exploitant toutes les failles de la loi, faisant trembler un monument jadis presque inattaquable… ET NOUS N’AVONS RIEN FAIT! Superman. Batman. Wonder Woman. Flash. Les Hawk, la famille Marvel…

Vous êtes tous devenus nécessaires parce que les gens bien-pensant n’ont pas voulu moderniser le système. Le réformer. Est-ce que le GCPD est équipé contre les menaces surnaturelles? Non. Est-ce que nous sommes pleinement équipés contre le Joker et ses plans tordus? Non. Est-ce que nous avons construit les bonnes infrastructures pour les garder enfermer? Stonegate et Arkham sont des PASSOIRES! Qui devrait-on enfermer?

La plupart des représentants de la loi parce que nous, policiers, avons refusé de prendre les rues d’assaut avec nos pancartes, pour réclamer un changement. Pour exiger des réformes en profondeur pour faire en sorte que nous n’ayons plus besoin de super héros. Pour diminuer leur charge de travail. Ne serait-ce que par respect pour le nombre de vies colossales qu’ils posent. Et tous ces gens importants qui refusent de poser des gestes.

Et tu sais quoi? Le jour où ils t’enfermeront, ils devront me réserver une place dans ta cellule car il est hors de question de laisser cette bande d’hypocrites te trainer dans la boue, de te considérer comme un criminel parce qu’ils ont trop peur du changement. La justice se fout de ces types en costard qui braillent qu’ils font tout pour nous. J’en ai trop vu pour bouffer ces couleuvres. Et non. Je ne voudrais pas être à ta place. »


Je suis furieuse et j’ai élevé le ton. J’ai même dû crier, une fois ou deux. Ou trois. J’en ai marre de ce système gangrené qui fait tout pour empêcher les innocents d’être protégés. J’en ai marre d’être celle qui doit expliquer à des orphelins pourquoi papa ne rentrera plus jamais à la maison. Et dans mon état, m’énerver de la sorte n’était pas malin et je crois que ma blessure a recommencé à saigner. Mais je m’en fous. Contre l’avis de Batman, je me lève, je me plante devant lui et même si mon corps me hurle de me recoucher, j’endure le supplice, la douleur et je le défies du regard. Regardant parmi les instruments, je vois une dose d’adrénaline que je m’injecte sans faire de cas. Il a besoin de soins et il en aura ou je ne m’appelle plus Margaret Ellen Sawyer. Et si j’ai utilisé mon nom complet c’est parce que je suis très sérieuse! Oh oui!

« Tu peux garder ton masque si tu veux mais tu vas t’étendre sur ce lit et te laisser soigner. Sinon s’il le faut je t’arrête et je te force à te faire soigner pour notre médecin traitant. C’est ton choix. Mais je te jure sur la tête de ma fille, la personne qui compte le plus à mes yeux que je ne quitterai pas cet endroit sans que tu n’aies reçu de soins. Tu connais mon dossier. Tu sais que j’ai une tête de cochon et que je ne recule jamais. Et je ne vais pas commencer aujourd’hui. »
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MessagePosté le: Mar 25 Aoû 2015 - 17:37
- Je ne suis pas Superman, ou Wonder Woman. Je ne le serais jamais. Ils incarnent le bien dans l'humain. Vous avez dû le voir à Metropolis. Moi, je ne suis que la vengeance. Je ne suis que la nuit. Je ne suis que Batman.

La voix du Chevalier Noir n'avait pas été écrasée par la tristesse, le ressentiment, la jalousie. Il n'émettait qu'une simple constatation. Pas d'apitoyement, pas de glorification des surhommes. Il jouait simplement à un autre niveau qu'eux. Mais il jouait mieux. Bien mieux. Et ça, personne, pas même la Justice League, ne pouvait le lui enlever. Malgré les interférences extérieures, des plans comme celui de Babel, ou encore celui d'Apokolyps, avec les spores infernales, lors de la mission de secours de Kara Zor-El étaient sommes toutes brillants. Ce n'était que parce que Batman portait moins de valeurs au monde qu'il pouvait s'adapter à toutes les situations. Il était libre, libre d'agir sur la criminalité, sur le mal, sur les ténèbres. Comme le disait Nietzsche: "Quiconque combat des monstres doit s'assurer qu'il ne devient pas monstre lui-même, car, lorsque tu regardes au fond de l'abîme, l'abîme aussi regarde au fond de toi."
Wayne le savait. Il était devenu une sorte de monstre, et ce depuis des années déjà. Vivre la nuit, apporter la peur, la douleur, la souffrance, parfois la mort lorsqu'il échouait. Ils avaient été tant à payer... Barbara, Jason, Tim, Dick, Harvey, Damian... sans parler des criminels, qui se retrouvaient régulièrement la gueule en sang, allongés sur les pavés ou le goudron, à essayer de déterminer le nombre d'os qu'ils allaient devoir soigner. Batman avait accepté et endossé sa part monstrueuse, voilà ce qui le différenciait des autres grands justiciers.

Il écouta ensuite la capitaine s'exprimer de plus en plus fort, avec colère et ferveur. Avec passion. Il l'écouta, placidement et, en lieu et place d'utiliser un langage aussi sentimental, partial, il refroidit son ton.

- Vous êtes dans la police depuis longtemps.

Ces petits mots signifiaient beaucoup de choses. Ils répondaient déjà au laius complet de la jeune femme: elle comprenait les enjeux des super-héros pour avoir vécu leur absence, et surtout leur présence. Certaines menaces était tout bonnement inarrêtables pour les forces de l'ordre dites classiques, même surentrainées. Même pour le Chevalier Noir. Le Joker... Lui... Cette espèce de créature tout droit vomie des tréfonds de l'Enfer... et pourtant, malgré toute sa haine, sa rage, sa colère, le protecteur de Gotham ne pouvait s'empêcher de chercher du bon au fond de lui, de faire son possible pour le soigner, l'aider à guérir.

Certains des opposants les plus extrêmes du Batman lui reprochaient l'état dans lequel il renvoyait les criminels en prison ou à l'asile. Ils pensaient qu'il prenait plaisir à ça. Non. Il frappait pour mettre au sol, pour terrasser, rien de plus. Le Joker était... particulièrement résistant à la douleur.
Ces petits mots voulaient aussi dire qu'elle avait l'habitude de fréquenter autre chose que la simple vie civile. Les citoyens de Gotham City ne comprenaient pas forcément la nécessité des justiciers. Ils rejetaient la faute sur une police incompétente, sur une mairie cupide, avare et corrompue... Comme partout dans le monde lorsque les choses vont mal. Et, aujourd'hui, la mode était de faire pareil avec les héros: en faire des boucs-émissaires.

L'air se rafraichissait dans la Batcave. L'aube n'allait pas tarder à arriver.

Le justicier posa ses mains sur les épaules de la jeune femme et la força à se rasseoir sur le lit malgré la dose d'adrénaline qu'elle venait de s'injecter. Il baissa ensuite les yeux et vit fleurir légèrement sur le bandage une tache de sang, qui s'épanouissait lentement en dévorant la blancheur du tissu. Les fentes incolores du masque se posèrent sur le visage de policière. Quelle verve, quelle fougue, mais Sawyer n'arrangeait clairement pas son cas. Elle n'était toujours pas complètement sortie d'affaire.

- Capitaine. Je ne vous ai pas soignée pour vous voir rouvrir vos blessures moins de deux jours après. Les risques sont encore présents. Si vous forcez trop sur la plaie, il y a des chances pour que vous soyez déclarée inapte au service. Rallongez-vous. Je m'occuperais de moi en temps voulu.

Batman estimait aujourd'hui qu'il fallait redorer le blason des forces de l'ordre avec des gens comme James Gordon et Margaret Sawyer. N'importe qui pouvait se cacher derrière le masque du Chevalier Noir, mais les gens qui luttaient contre le crime sans devaient être mis sur le devant de la scène. Gotham avait besoin de étendards là. La police devait reprendre une place prédominante, changer les règles, regagner les faveurs de la plèbe. Dans la bataille pour la vie et la mort, l'argent et le pouvoir n'avaient que peu d'intérêt. Maintenant que la ville était au plus bas, le héros espérait que les gens avaient compris cela.
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MessagePosté le: Mer 26 Aoû 2015 - 6:06
Il faudrait plus qu’une blessure que recommence à saigner pour m’embrouiller. Belle tentative pour changer de sujet mais nettement insuffisant. Franchement, Batman, tu penses que je vais me laisser avoir par un truc aussi éculé? J’ai une dose d’adrénaline dans le corps et plus de volonté que la moyenne des êtres humains. Même si je voulais me calmer, l’adrénaline ne se purgera pas toute seule. Et ça, nous le savons tous les deux. Autant faire quelque chose de constructif alors. Oui, ma blessure est sérieuse ou l’a été. Mais j’ai été bien traitée. Je me sens mieux. Pas au meilleur de ma forme mais mieux. Et je casserai la gueule au premier connard de médecin qui osera me déclarer inapte au travail. Non mais sans blague! Et puis quoi encore? Je suis du genre à aller au boulot avec quarante de fièvre parce que je ne prends pas de congé de maladie.

Non mais c’est vrai quoi. Trop de petites natures je vous dis! Un petit rhume et ça se met en congé. Le crime ne se repose jamais! Le mal ne dort jamais! Alors faites-vous pousser une paire de couilles et au travail bordel! C’est MOI la femme et eux les hommes et c’est moi qui porte le pantalon. Je vous jure. Alors dans la situation actuelle, je suis capable de tenir debout. Je suis lucide. Donc je n’ai plus besoin de repos. Point à la ligne. S’il fallait que je prenne le temps de guérir à chaque fois, ce serait bien l’enfer sur terre. C’est LONG guérir. Et là bah je ne vais pas rester éternellement dans la base d’opération de Batman quand même. Et très franchement je me demande comment je vais sortir d’ici. Je n’ai pas envie de me faire gazer ou je ne sais trop et de me retrouver encore sans connaissance. En même temps, je doute que la porte principale soit une option.

Je comprends ce que veut Batman. Une part de son inquiétude. Je pense qu’il voit quelque chose en moi que je ne peux voir ou que je refuse de voir. Et le fait qu’il insiste pour s’occuper de lui indique soit un manque de confiance en moi, soit quelque chose d’encore plus profond que je ne le suppose. Peut-être qu’en se montrant distant il cherche à préserver une image. Peut-être que c’est son moyen de défense pour rester professionnel. Je ne vois aucune logique à refuser d’être soigné si ce n’est une obstination mal placée. Peut-être que c’est parce que j’ai un sale caractère mais à part un syndrome classique de Superman soit l’homme qui refuse toute aide médicale… Non je ne vois pas. Vraiment pas. Je suis capable de soigner les gens bordel. Ce n’est pas sorcier franchement. Il ne me dit pas quelque chose. Il tourne autour du pot. Il évite de répondre.

Alors je décide de tenter quelque chose. Je suis bien connue pour avoir un esprit non conventionnel, une approche parfois désarmante mais nul ne se posait la question quant à mon efficacité. Et je pense que c’est là-dessus que je dois miser si je veux arriver à des résultats avec Batman. Un coup de poker contre un type qui en a vu d’autre. Faire un pari risqué pour faire quelque chose de bien. Et si ça ne fonctionne pas? On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. On ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir essayé en tout cas, c’est moi qui vous le dis. Je veux comprendre, je dois comprendre. Pourquoi ce mur. Pourquoi ce refus d’accepter ce qui est non seulement logique mais nécessaire? Je ne suis pas du genre à accepter les choses simplement parce qu’elles sont ainsi. Ce n’est pas mon genre. Désolé. Et ce ne le sera jamais non plus je peux vous le garantir.


« Tu sais ce qui est marrant dans cette situation? Nous sommes deux à sous-estimer notre propre importance. Tu sais quoi Batman? Il y a un truc que tu as que Superman n’a pas. Des couilles. C’est facile, quand tu as une vision rayon x, que tu voles et que tu as une super force de devenir la tête d’affiche, d’être celui qui a l’air humain, attentionné et dévoué. Mais est-ce que Superman joue dans la merde? Non.

Je ne lui donne même pas une semaine avant que Gotham ne le bouffe tout cru. Toi tu pourrais survivre à Metropolis. Lui ne survivrait pas à Gotham. Maintenant le truc qui me laisse perplexe. Tu as des couilles, je viens de le dire. Alors pourquoi ne pas te laisser soigner comme un grand garçon? Pourquoi toujours tout détourner vers moi? N’importe qui peut porter un badge. Tous ne peuvent porter le masque de Batman. »


Là vous allez me dire : il est où ton coup de poker, Maggie? Vous êtes cons ou quoi? Observez bien. Je me suis levée et je fais mon exposé en lui tournant autour, tout en parlant. Ma blessure, je suppose, saigne encore un peu. Et en plus je désobéi clairement à ce que dicte la logique. Si Batman veut ou espère ma collaboration, il sait désormais que je ne suis pas du genre à me laisser faire docilement. Ce qui veut dire que pour arriver à son objectif, soit moi en repos, il faut qu’il collabore de son côté pour me donner une partie de ce que je veux, soit au moins faire les premiers soins sur sa personne. Pas de concession d’un côté veut dire que je reste debout, aggravant possiblement mon état et je suppose qu’il n’est pas super super content de ne pas avoir pu m’éviter une balle. Ce serait bien son genre de se mettre la faute sur le dos tiens.

Ce qui est un peu particulier quand on considère que JE me suis interposée pour lui éviter de se prendre une balle. Mais dans mon métier comme dans le sien, nous acceptons mal l’échec. Nous avons tendance à le prendre personnel. Et en même temps je pense que c’est ce qui nous pousse à nous dépasser. À toujours en exiger plus de nous pour éviter un blessé de plus, un mort de plus. À Gotham, on pourrait presque dire que c’est de la folie comme objectif mais je pense que ça ne rend le défi que plus symbolique et inspirant. Si c’est facile, qu’il n’y a pas de réelle opposition, en quoi est-ce noble ou honorable? N’importe qui peut pêcher dans un baril. Maintenant, combien dans toute cette foule iraient pêcher le requin à mains nues? Personne. Ou alors, presque personne. C’est pour cela qu’à mes yeux, Batman est un surhomme, tout simplement. Eh oui.

Alors j’attends. J’ai écouté tout ce qu’il m’a dit, analysé et décortiqué chacun de ses gestes. Je suis presque sûre d’avoir trouvé le bon angle d’approche pour obtenir de vrais résultats et si je me trompe… Je me retrouverai de force dans le lit pour un dodo contre mon gré pour guérir. Je doute qu’on en arrive à une solution aussi extrême mais… On ne sait jamais. S’il y a bien une chose que j’ai apprise dans ma vie c’est que tout peut arriver. Jamais je n’avais pensé vraiment découvrir mon homosexualité. Je n’aurais jamais suspecté que je divorcerais. En fait… Je dirais que ma vie est une succession d’éléments que je n’avais su ni prévoir ni anticiper. Plutôt que d’agir donc, j’ai l’impression d’avoir passé toutes ces années à réagir. Ceci dit, quand on provoque les choses, on inverse la tendance et la vapeur. Comme dans la présente situation, par exemple…
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MessagePosté le: Mar 13 Oct 2015 - 20:34
[Que notre Batman actuel ne s'inquiète pas, je ne marche pas sur ses plate-bandes.^^ Maggie et moi avons fait consensus: nous souhaitons terminer ce RP. Donc voilà, nouvelle réponse.]

- Rasseyez-vous, capitaine. Je vois votre petit jeu et je n'ai pas envie de vous forcer à dormir.

Sur ces mots, le Chevalier Noir s'éloigna de Maggie et approcha une des chaises du lit d'hôpital. Puis, très logiquement, il s'assit, avant de sortir de sa ceinture quelques seringues et divers produits, ainsi que des bandages, de quoi suturer des plaies et du désinfectant. Elle n'allait pas céder, c'était évident. Et il devait tout de même procéder à des soins, donc autant le faire sans tarder. Ainsi, Sawyer se montrerait probablement plus... coopérative. Il commença à s'injecter des sérums, vidant petit à petit les contenants, se les administrant avec attention. Trop d'un coup risquait de le rendre malade, et il fallait à tous prix éviter cela. Maintenant que l'équilibre mafieux était rompu avec l'emprisonnement de Double-Face, Wayne allait devoir redoubler d'efficacité pour contrer les assauts du Pingouin majoritairement, et du Joker.
Et, par dessus tout, il craignait que d'autres vies, innocentes ou non, soient prises. Il ne pouvait pas tout empêcher, personne ne le pouvait, pas même l'Homme d'Acier. Cependant, accepter cette impossibilité équivalait à baisser les bras, à abandonner, et c'était hors de question.

- Un badge mérité à Gotham vaut bien plus que tous les porteurs de masques de Batman. C'est cela que vous semblez ne pas comprendre. Mon seul mérite est d'avoir accepté de me sacrifier pour cette ville, exactement comme vous le faites partout où vous passez, Sawyer. Tout le monde, s'il s'en donne les moyens, peut être le Batman. Je ne suis qu'une façade, une figure, pour donner l'exemple à ceux qui n'en avaient pas. Regardez la quantité de jeunes héros doués, sans le moindre pouvoir, qui apparaissent sans cesse.

Bruce Wayne se tut, et planta ses yeux dans ceux de la jeune femme encore blessée. Il gardait depuis tout ce temps un ton calme, sans emportement. Il n'avait pas besoin de faire plus, pas besoin de faire moins. Ses iris bleus, protégés par le filtre blanc du masque, scrutaient doucement le visage déterminé de la policière.

- Imaginez ces mêmes jeunes gens motivés essayer d'entrer dans la police, ou même former une unité reconnue, officielle. Il faudrait que la Terre parvienne à se défendre sans demander de l'aide à un Superman ou à une Wonder Woman. Je ne suis pas Lex Luthor, mais ce point, ce poing qu'il brandit ardemment pour une défense humaine plus présente, je ne peux m'y opposer. Seules ses méthodes posent soucis.

Écartant légèrement les cuisses, le justicier se servit de l'une d'elles comme soutien pour commencer à recoudre précautionneusement ses plaies à l'aide d'outils médicaux avancés. Une espèce de petite agrafeuse lui permettait une suture rapide. Puis, dans la continuité, il enrubanna le tout de bandages résistants.

- Superman et moi sommes très différents. Mais ne négligez pas sa capacité à plonger les mains dans la crasse parce qu'il incarne tout autre chose. Il le ferait autant que moi, mais autrement. Son mérite est le même. Moi, j'ai dû m'élever. Lui, se mettre à notre niveau. Superman aurait parfaitement pu devenir un Zod bis, et user, abuser de son pouvoir. Il ne le fait pas. A nos débuts, comme vous devez vous en douter, il était ma plus grande crainte. Mais justement, parce qu'il a "des couilles", je l'ai laissé tranquille.

Enfin, après avoir terminé ses premiers soins, il reporta son attention sur la capitaine de police, entamant un duel de regards pour la forcer à se rasseoir, ou tout du moins à se calmer. Elle avait certes de l'adrénaline dans le sang, mais elle ne cachait qu'en surface un mal plus profond, plus long à guérir.
Qu'elle ait des couilles ou non, elle était humaine, comme lui, et malgré les médicaments et les pansements, il allait lui falloir du repos. Point, pas de discussions valables.
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MessagePosté le: Mar 13 Oct 2015 - 22:23
« On va devoir s’entendre pour ne pas s’entendre Batman. Ton masque te protège. Protèges ceux que tu aimes car l’homme derrière lui est inconnue des masses criminelles. Je suis mère de famille. N’importe qui pourrait prendre ma fille en otage, l’utiliser contre moi. Et je suis mère avant d’être flic. Je serais prête à faire le pire pour sauver ma fille. Qui de nous deux est le plus irresponsable dis-moi? »

Cette discussion je l’avais eu avec Jim Gordon. Que ne serions-nous pas prêts à faire pour nos enfants? Il était père de famille et je lui avais confié mes craintes. Les criminels de Gotham quittaient réellement la ville donc ma fille était en relative sécurité. Mais sa fille? Sa fille n’avait pas cette chance. Ceux qui se « cachaient » derrière un masque protégeaient leur identité et la sécurité des leurs. La police n’avait pas ce luxe. C’était un facteur que Batman n’avait pas pris en considération. Oui, techniquement, on pouvait s’en prendre à ses alliés mais tous ses alliés combattaient aussi le crime. Ils étaient en mesure de se défendre ou tout du moins de tenir suffisamment longtemps en attendant les renforts. Tous n’avaient pas cette résistance. Je me demandais souvent s’il ne faudrait pas imposer le célibat aux policiers, pour protéger d’autres gens.

À bien y penser, je me trouvais vraiment conne d’avoir eu une fille. Qu’on ne se trompe pas. Ma fille compte énormément à mes yeux et je fais tout, TOUT pour la dissuader de devenir flic ou de s’embarquer dans un métier dangereux. Mais à bien y repenser, déjà j’aurais assumé mon homosexualité plus tôt et je n’aurais pas eu d’enfant. Si vous n’êtes pas parent vous ne pouvez pas comprendre ce que c’est que de craindre constamment qu’il arrive malheur à votre progéniture. Rassurez-vous, je ne vous accuse de rien. Si seulement je pouvais revenir en arrière, il y a tellement d’erreurs que j’éviterais de faire. Je ne serai jamais rien de moins qu’une flic. Mais il y a bien des décisions que j’ai prises par manque de sagesse et à cause de mon caractère de cochon. Et ça, ça m’emmerde. Mais bon. Pas le temps pour les regrets. Sinon on va y passer sa vie quoi.

Je finis par me rasseoir, sentant doucement, tout doucement la fatigue revenir mais je ne veux pas abandonner la lutte. Parce que je suis quelqu’un de têtu. Et parce que parler avec Batman me fait du bien. Il me comprend autant que Gordon peut me comprendre ou Superman. Dans notre discussion j’ai l’air d’être dure avec lui mais je lui ai déjà fait part de ma position sur la lutte contre le crime et que je trouvais son approche bien trop douce. Nous ne nous sommes pas disputés sur le sujet car je le considère comme quelqu’un de proche mais nos positions sur le sujet sont, je crois, irréconciliables. Et je ne lui en veux pas. Il fait son boulot, je fais le mien et à la fin de la journée, tous deux nous arrivons à des résultats. Simplement, je préfère l’approche plus expéditive de Batman. Je la préfère parce qu’elle ressemble à la mienne. Je ne fais pas dans la demi-mesure.


« En tout cas Batman faut dire un truc et faut pas avoir peur de le dire. Si un jour cette ville venait à se soulever contre toi, moi je me tiendrai à tes côtés. Même si je suis la seule pour le faire. On ne peut pas tous les sauver. Tu le sais, je le sais. Mais ça ne nous empêche pas d’essayer, pas vrai? Et c’est ce qui fait notre force. Toujours faire un pas de plus alors que les autres ont abandonné depuis longtemps. »

Faut pas que je m’endorme. Merde ses trucs sont vachement plus forts que ce qu’on nous donne à l’hôpital. Ça ou je suis vraiment, vraiment amochée. On me dira : il n’y a aucune honte à ça. Moi je dis : oh oui. Je suis Maggie Sawyer la super flic. Je suis supposée être plus résistante que la moyenne, même grièvement blessée. Autrement, je ne serais pas une super flic. Et il y a tellement à discuter avec Batman, à échanger… Je ne peux pas me rendormir maintenant bon sang. Je sais que je ne devrais pas lutter que c’est mon corps qui me dit qu’il a besoin de guérir mais je ne suis pas du genre à lâcher le morceau facilement. J’ai toujours été comme ça. Et je suppose que ce sera toujours le cas d’ailleurs. On ne se change pas, on change les autres. Ça c’est une réalité bien trop vraie pour être négligée comme trop de gens le font. Les idiots.

Oui. Les idiots. Si les gens réfléchissaient plus et en profitaient pour utiliser leur jugement critique, Gotham ne serait pas le foutoir qu’elle est en ce moment. Lutter contre la corruption quand les forces de police et le cabinet du maire sont pourris, en partie au moins, c’est assez difficile. Ceci dit, je ne serais pas contre une petite purge à coup de fusil à pompe pour ramener l’ordre dans ce foutoir. Moi je suis du genre à me dire que si tu ne frappes pas un grand coup, soit tu n’aurais pas la chance d’en porter un second, soit tu vas perdre ton temps avec pleins de petits coups. Les criminels ont peur de Batman et ils recommencent à avoir peur du GCPD. Et c’est une excellente chose. Il est temps de remettre de l’ordre ici et de faire en sorte que les rues soient plus sécuritaires. Comment vous voulez prospérer dans la terreur, c’est un non-sens sans bon sens, voilà ce que c’est!

Tiens bon Maggie, tiens bon. Faut pas que tu t’endormes. J’ai l’impression que mes paupières pèsent de plus en plus lourd mais je ne cèderai pas. En tout cas notre Batman, c’est du costaud parce qu’il est en train de se recoudre comme un grand sans même une grimace. On me dira : mais Maggie, il porte un masque, tu peux pas voir! Peut-être sauf que je peux l’entendre respirer et quand on a mal on prend de petites respirations saccadées. Pas un rythme de respiration ordinaire, franchement. Va falloir qu'il me file un kit comme ça, ça peut toujours servir au lieu de constamment se retrouver à l’hôpital. Bah oui, si ça coupe le temps de récupération de moitié, je suis loin d’être contre. Très, très, très loin d’être contre même. C’est même génial, je ne vois pas d’autre mot. Finalement j’en viens presque à ne pas regretter de m’être fait tirer dessus. Presque.


« Merde j’ai les yeux qui veulent fermer tout seul… Soit c’est mon manque de sommeil chronique qui vient se venger de moi, soit je suis bien plus amochée que je ne le croyais, ce qui n’est guère plus rassurant. Parles moi Batman comme ça je pourrai me concentrer sur quelque chose et rester éveillée. À ce qu’il parait je ronfle quand je suis blessé. Je dis que c’est des conneries mais bon. Apparemment…

Mais plus sérieusement. Penses à ce que je t’ai dit. Il y a un point sur lequel toi et Superman vous êtes pareil : vous donnez énormément de crédits aux gens normaux et ne gardez aucun des honneurs qui vous sont dus. Et ça c’est pas bien. Tu es beaucoup plus que ce que tu sembles percevoir. Tu ne seras jamais moins que Batman… Et c’est déjà énorme. Faut pas que tu sous-estimes ta propre importance, tu sais? »
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MessagePosté le: Jeu 3 Déc 2015 - 12:32
[C'est presque du troll après tout ce temps et j'en suis navré, mais j'ai enfin réussi à trouver le temps entre ma santé, mes études et mes absences de motivation pour te pondre un post final. Razz
Encore désolé de l'attente, sincèrement, en espérant que ce sujet t'aura quand même bien plu.]


- Merci.

Rares étaient les moments où le Chevalier Noir se permettait une marque de gentillesse directe, surtout envers les adultes et encore plus pour les policiers. Mais Sawyer lui plaisait énormément dans sa manière de réfléchir, dans ses convictions. Elle n'était absolument pas James Gordon, mais avait un phénoménal potentiel pour s'en sortir correctement dans cette cité. Gotham dévorait les faibles, les lâches et les indécis. Fort heureusement, la capitaine ne faisait partie d'aucune de ces catégories. Elle semblait forgée d'un métal plus noble et plus rude que celui dont les Gothamites étaient ordinairement faits. Oui, Batman ne se trompait pas, elle irait loin. En tous cas, il l'espérait. Gordon vieillissant malgré sa fougue et sa forme, il lui faudrait un digne successeur, quelqu'un capable de voir au delà du simple voile de la loi, quelqu'un de suffisamment fort pour supporter le poids du monde sur ses épaules.

Après... devenir parent en parallèle de son job prenant de flic, ce n'était pas une erreur, loin de là. Ce qui posait souci, c'était plutôt la ville dans laquelle on exerçait. Le problème, comme d'habitude, venait de Gotham. Peut-être avait-elle été fondée sur un vieux cimetière indien, ou une source malfaisante de magie, qu'en savait le justicier ? Rien, hormis le fait qu'il ne croyait pas à la magie. Il connaissait son existence, la reconnaissait, mais y donner foi ? Il ne le pouvait pas.
Quoi qu'il en soit, le Batman était touché par la sollicitude de Maggie. Elle ne le prenait pas en pitié, ne faisait pas de politesse. Elle le pensait simplement, et estimait dire ce qui était juste. Wayne avait peu connu cela. En même temps, peut-être que fréquenter du monde en dehors des galas de charité l'aurait un peu aidé.

- Chuter n'est pas une fin. Ce n'est qu'un étape. Et si je dois choir de mon piédestal, devenir la gargouille à abattre, eh bien soit. Mais mon cadavre encore chaud ne sera pas une preuve suffisante pour annoncer ma fin.

En cela, Bruce Wayne se remémorait les conséquences de son affrontement contre Darkseid. Aux yeux de toute la Ligue de Justice, il avait péri, carbonisé par les terribles rayons Oméga. Superman lui-même s'était fait berner, en découvrant le corps calciné, brûlé de son ami. Nul doute que l'Homme d'Acier en était ressorti ébranlé.

Soudain, comme un cheveu sur la soupe, un Rik Starr imprévu, un Beast Boy Red Lantern, quelques bips particulièrement sonores émanèrent du gantelet du super-héros. Batman prit le temps de ranger le matériel de soins et regarda finalement l'origine du bruit. Un écran souple clignotait, affichant en grand l'heure. 6:00 AM. Gotham allait enfin s'éveiller, et il était temps pour la chauve-souris d'aller dormir un peu. La majorité des grands criminels se trouvaient soit à Arkham, soit à Blackgate, et un léger voile de paix recouvrait enfin la mégapole américaine. Tout n'allait pas pour le mieux, mais c'était ainsi.
Enfin, comme pour clore la conversation, le Chevalier Noir s'approcha et, d'un geste expert, planta une petite seringue dans le bras de Sawyer, et lui injecta un produit très clair. Il ne restait que peu de temps avant que la capitaine ne rejoigne les bras de Morphée. Batman lui prit la main, et la regarda droit dans les yeux, avec calme.

- Oui, je sais, je vous le revaudrai. En attendant, dormez, et profitez en.

Il resta avec elle, paume contre paume, jusqu'à ce qu'elle perde doucement connaissance. Puis, il s'arrangea pour l'amener à la Batmobile avec le moins de secousses possible. Il allait ensuite la conduire à l'hôpital central pour que des soins optimaux lui soient administrés. Son unité médicale avait beau être à la pointe de la technologie, justicier était son premier travail. De fatigue, il craindrait de faire des erreurs, de la condamner après tout cela. Et il ne pouvait pas se le permettre.
Batman avait décidé de miser beaucoup de choses sur elle.
Mais au final, parmi tout cela, une seule chose ressortait de cette discussion.

Maggie Sawyer ronflait.
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MessagePosté le: Jeu 3 Déc 2015 - 16:42
Ah le salaud. Il m’avait bien eu sur ce coup-là. En plus, je m’étais endormie comme une brique. Enfin. Pas tout à fait. Mon corps voulait dormir. Mon esprit refusait. Et je ronflais. Je ne le savais pas, bien évidemment mais lui le savait. Une part de moi lui était reconnaissante. Artificiel ou non, ce sommeil allait s’avérer au minimum réparateur pour ne pas dire salvateur. Je ne dors pas assez et ça va finir par causer ma mort. C’est un peu une évidence non? Si vous ne faites pas attention, le manque de sommeil peut vous tuer. Il diminue vos réflexes et tout ça… J’ai du mal à me rappeler c’est quand la dernière fois que j’ai eu plus que trois heures de sommeil dans une nuit. Je t’en veux Batman parce que c’est déloyal mais… Je saurai te pardonner un jour. Tu as fait ce que tu jugeais le plus logique et compte tenu de mon obstination…

À ta place j’aurais fait pareil. Tu veux protéger les autres et parfois contre leur gré. Je le sais, je fais pareil avec ceux sous mes ordres. Je n’ai clairement pas l’intention de lui faire un procès mais la prochaine fois que je le vois, il faudra que je résiste à la furieuse envie de lui mettre un coup de pied sur un tibia. On me dira : c’est puéril, je réponds : je m’en fous. Et puis de toute façon, je suis inconsciente ou plutôt comme dit précédemment plongée dans un sommeil artificiel alors quand bien même je ne peux pas faire grand-chose là. Je sais que quand je me réveillerai je ne serai plus dans la batcave, que je ne serai pas au commissariat et encore moins chez moi. Je vais, je suppose, encore finir à l’hôpital et devrai me farcir les remontrances de mon médecin traitant. La bonne blague, t’essaieras d’être flic à Gotham sans te faire amoché, on en reparlera. Un VRAI flic.

En tout cas j’espère qu’il a compris, Batman, qu’il n’est pas seul. Qu’il y a des gens sur lesquels il peut compter et qui se précipiteront pour livrer bataille à ses côtés. Moi je pense que malgré tous ses mauvais points, Gotham vaut la peine qu’on se batte. Je veux dire, vous survivez à Gotham, vous pouvez survivre n’importe où. Nos flics sont les meilleurs des États-Unis et je ne laisserai personne dire le contraire. Nous sommes les plus coriaces et les plus méchants du lot. Ça je peux vous le garantir. Vous voulez vous frotter à ce que les flics ont de plus badass, venez à Gotham. Les seuls à vraiment pouvoir se frotter à nous c’est le SCU et encore, c’est plus une branche paramilitaire qu’une unité de police. En même temps, les défis de Metropolis et ceux de Gotham, c’est deux mondes. Je le sais : j’ai servi dans les deux services de police, je sais de quoi je parle.

Comme de fait, quand j’émerge du sommeil, il est prêt de midi. Six heures dans les pommes? Oula… C’est bien plus que je ne l’aurais pensé initialement ça. Ma fille, t’étais plus amochée que tu ne le pensais hein? Et évidemment, avec le réveil vient le rappel que mais dis donc toi, ça fait mal quand l’adrénaline et les médicaments ont arrêté de faire effet hein? Oui bah il va en falloir plus pour me garder cloué au lit. Parce que ce n’est pas aussi intense que ça pourrait l’être. Je guéris vite de toute façon. Bon. Il va falloir que j’appelle Gordon pour lui dire que je m’en viens et que je vais pouvoir reprendre le boulot et… Oh merde. Pas le docteur Rose. Il est insupportable. La moustache frémissante, je sais qu’il va se lancer dans une énième tirade sur mon état de santé déplorable. C’est un homme dévoué à son travail mais je suis un cas perdu quoi.

Mademoiselle Sawyer, dit-il, le corps… Et je complète : est un temple dont il faut prendre le plus grand soin. Je sais. Il se lance dans une longue diatribe sur le fait qu’un jour mon corps va cesser de tolérer les abus que je lui fais subir. Je le sais, doc. Je le sais. Ce n’est pas la première fois que nous avons cette conversation et ce ne sera pas la dernière non plus. Alors je lui explique ce qui s’est passé, ce que j’ai fait et pourquoi je l’ai fait. Le vieil homme essuie ses lunettes et s’assoie au pied de mon lit. Mademoiselle Sawyer qu’il me dit. Vous êtes une femme remarquablement loyale et intègre mais Gotham ne peut pas se permettre de perdre des gens comme vous. Moi je viens pour lui dire qu’il y a la Bat Family au complet mais il me coupe d’un geste. La Bat Family n’influence pas tant que cela le GCPD, malheureusement. Mouais.

Je suis forcée de lui donner raison. Vous en revanche, poursuit-il, vous pouvez inspirer toute une génération de policiers. Ce qui est loin d’être faux, je le fais déjà, remarquez. Brave docteur. Si on avait plus de gens comme lui à Gotham ce serait moins un foutoir. Il faut des gens dévoués dans tous les métiers de cette ville et les bonnes personnes se comptent sur les doigts des mains plus quelques orteils. Bon j’exagère mais pas tant. En même temps je comprends son inquiétude et je sais que Gordon va aussi me faire son petit discours. Ils s’inquiètent pour moi et je trouve ça touchant mais j’ai fait mon choix dans la vie. Je suis une flic. Je protège la ville. Je sers ses citoyens. Je ne peux pas le faire depuis une chambre d’hôpital. Je ne peux pas le faire en étant au repos. Il faut que je prenne des risques même si c’est au détriment de ma santé. Pas le choix. Pas le choix.

Quelques heures plus tard je suis de retour au GCPD et je sais que ce soir, je serai encore en train de patrouiller les rues de la ville pour assister Batman et ses alliés. Le crime ne s’arrête jamais et c’est notre devoir de le combattre où qu’il se trouve. Je ne te laisserai pas tomber, Batman. Je ne t’abandonnerai pas, Gotham. S’il n’en reste qu’une, je serai celle-là. Mais il faut dire que les paroles de Batman, les commentaires du docteur Rose et les inquiétudes de Gordon finissent par faire leur chemin dans mon crâne dur et obstiné. Il faut que je fasse plus attention. Je me promets d’essayer de faire plus attention. Une promesse qui sera inévitablement dure à tenir. Je le sais. Je le sens. Et c’est ce que je me dis pendant que je fais ma paperasse au GCPD après ma sortie de l’hôpital. Mais en même temps, ce qui est facile dans la vie est rarement satisfaisant. Très rarement.

Le soir venu, je suis de retour sur le terrain à patrouiller. J’ai encore mal quand je bouge trop brusquement mais la douleur, on s’y habitue. Je suis quand même faite plus solide qu’on le croit. Et ça les criminels de Gotham le savent très bien. Plusieurs l’ont découvert à leurs dépens. Je me dis qu’il va bien falloir que je m’assagisse si je veux éventuellement penser à une retraite et… Mais c’est la Bat Signal ça… Je ne devrais pas. Je sais très bien que je ne devrais pas mais je dis : tant pis. Merde à la retraite. Merde à la sagesse et à la logique. Gotham a besoin de tous ses défenseurs, à toute heure du jour ou de la nuit et j’en fais partie, Bat Family ou pas. Incorrigible, Maggie Sawyer. Tu es incorrigible. Et ta belle résolution, tu en fais quoi? Mais en même temps, qu’est-ce que j’y peux? Je ne suis pas une flic ordinaire. Non… Je suis une Super Flic…
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[Flashback] Protéger et servir (PV The Batman) (Terminé)

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