[JSA]Espérez, vous qui passez cette porte [pv: Atom]

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MessagePosté le: Lun 9 Mai - 23:09
Le Faculty Bar, un club où les enseignants et les pontes prêts à financer leurs recherches se rencontraient après une dure journée de travail et où parfois, un étudiant brillant avait l'opportunité unique de se faire inviter. C'était un lieu parfumé de toute une histoire, un lieu de lutte parfois contre l'obscurantisme, souvent en faveur du progrès et des valeurs intellectuelles qui le sous-tendent. Des professeurs ici avaient vendu leur âme au système militaro-industriel ou au capitalisme pharmaceutique qui étaient des machines à broyer l'idéologie bien-pensante des petits universitaires au nom de l'argent et de la science sans conscience. Mais ici aussi, des débats pour la tolérance et la fraternité contre les courants identitaires malveillants et la censure s'étaient parfois mués, changeant plusieurs fois de peau, du simple groupe de parole au rassemblement militant activiste, puis en association d'utilité publique. C'était un endroit aux murs chauds d'une tapisserie lie-de-vin au motif floral qui venait chatouiller les moulures de boiserie qui descendaient de hauteur de table jusqu'au sol. L'endroit aurait été d'une tiédeur étouffante s'il n'avait pas été si vaste. Un parquet marqueté répondait dans l'abstraction aux déclamations baroques d'un plafond allégorique en trompe-l'oeil représentant les disciplines et vertus de l'université qui s'élevaient dans un bleu ciel ensoleillé. Les tables semblaient en chêne massif, un patrimoine noble et durable qui avait suivi l'établissement depuis sa redécoration somptueuse, des décennies en arrière. Autour d'un bar en marbre noir au comptoire rouge sombre s'affairaient tel des abeilles travailleuses un essaim de serveurs qui n'étaient rien moins que des étudiants thésards qui s'estimaient chanceux de pouvoir presque toucher du doigt l'aura des maîtres de la connaissance et de l'innovation scientifique, culturelle et technologique. Ils portaient des tuniques pastel avec des vestons noirs et des noeuds, cravates ou lavallières couleur de brique. Les plateaux étaient ronds et immenses, et y étaient portés des verres immenses et sans défaut, remplis des meilleurs vins et cocktails suivant les spécifications de leurs clients ou de managers zélés toujours invisibles.

Bruce connaissait ce genre d'atmosphère, il avait parfois rencontré de jolies femmes qui se trouvaient également être des chercheuses dans ce bar-ci et quelques autres qui en partageaient la superbe. Wayne était entré en portant un costume trois-pièces encore assez sobre, de couleur anthracite sur une chemise blanche, et au col une cravate dans un ton assez neutre. Mais aussitôt entré, non sans avoir salué le serveur qui voulait le placer d'un signe de tête sympathisant, il descendit quatre à quatre les marches qui menaient aux cabinets de toilettes pour se changer en quelque chose lui correspondant davantage : un t-shirt noir aux manches courtes qui laissait voir sa silhouette sportive sans mouler. Les bras dégagés, il fit quelques moulinets de poignet avant de passer les doigts dans ses cheveux de geai, il ferma un instant les paupières devant le large miroir de la salle messieurs. Un instant qui s'étira comme se contractaient sa ride du lion et les commissures. Il fit claquer sa langue contre son palais, se frotta machinalement l'avant-bras avant de retourner dans le spacieux lobby aux éclairages art-déco suaves et tamisés.

Il s'assit là où on l'invita à s'asseoir, laissa au jeune homme qui servait sa table une poignée de billets pour qu'on ne l'importune pas pour le moment au sujet de l'éventuelle commande. C'était un moment qu'il n'aurait jamais pensé arriver. D'abord parce que jamais il n'aurait imaginé rejoindre la puissante institution dont il était devenu une des figures, ensuite parce qu'il n'avait plus jamais songé à un monde qui ne puisse être bonifié par sa participation comme partie prenante essentielle à l'action de cette structure qu'il avait contribué à mener et renforcer.

Il ne regarda jamais sa montre, un prototype Powers Technologies ; il savait exactement quelle heure il était, et il n'était ni radicalement en avance, pas plus que son hôte n'était d'aucune façon en retard. Et puis il ne ressentait pas le besoin de regarder le cadran de son bracelet métallique, en dépit d'une forme de nervosité qui quoique rare chez lui, n'était ni paralysante ni stressante mais bien envahissante. Il se sentait tout drôle, oui il y en a un que cela aurait fait rire à gorge déployée. Ses paupières s'attardèrent dans un clignement, comme cela avait été le cas un peu plus tôt, et il constata face à lui la présence du partenaire qu'il venait prévenir par mesure de courtoisie, avec qui il jugeait opportun de s'expliquer sans la passion de Clark et Barry ni le regard terriblement lointain de Scott et J'Onn. Un homme qu'il avait affecté, un compère qui avait eu un mot particulièrement blessant même si tout faisait partie d'un combat plus grand que la somme de toutes ses parties.

"Raymond. Bonsoir."

Wayne ne savait pas lui-même s'il était en train de sourire ou non, s'il avait un ton chaleureux ou pesant. Il n'était pas anéanti, mais était encore en train de réaliser la décision qu'il portait ici. Voir l'alter ego de l'Atom n'allégeait pas l'absurdité de la situation, mais la perspective d'exprimer les choses avec une oreille sensible lui était salutaire.
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MessagePosté le: Mar 17 Mai - 21:16
Le Faculty Bar est un endroit fondamental de la vie étudiante d'Ivy Town, mais également de sa vie locale en général. L'Université est une des places fortes de la cité, et les discussions d'étudiants, de professeurs, l'émulation de l'échange d'idées, des paris un peu fous et des mondes qui sont rêvés, détruits et reconstruits en quelques heures à peine, font battre le coeur des citoyens.

Pendant de longues années, le Faculty Bar a été le repère de Ray Palmer : d'abord en tant qu'étudiant assidu et prêt à révolutionner le monde, puis en tant que chargé de travaux dirigés appliqué mais animé d'un puissant feu d'apprendre et de faire apprendre, enfin en tant que professeur soucieux du bonheur de ses élèves et de la pertinence de ses cours.
Il y venait, il s'y amusait, il prévoyait de changer la Science elle-même, et accumulait les rires, les verres et les bons moments avec ses proches : ses amis, ses professeurs... sa fiancée.

Pendant toutes ces années, le Faculty Bar a été le repère de Jean & Ray. Des centaines de souvenirs communs sont liés à cet endroit, et c'est à cause de cela que le scientifique n'a plus jamais remis les pieds ici depuis sa rupture avec son ancienne épouse.
Cela fait donc des années que Palmer n'est pas venu ici - et il aura fallu un rendez-vous arrangé avec Bruce Wayne pour le forcer à revenir.


"Bonsoir."

Sa voix est lourde. Ni agressive, ni autoritaire, juste lourde de la douleur de revenir ici, lourde de la difficulté de faire face à la discussion qui s'annonce.

"Joli look. Mais j'aurais pensé que tu changes un peu... du noir, encore ? Sans rire, personne ne doute du goût de Bruce Wayne, mais son extrême sobriété commence à se voir."

Atom tire la chaise à sa disposition, et s'y assoit calmement. Il a bien sûr remarqué la tenue civile de son interlocuteur, et a compris que ce dernier tente d'être incognito, ou au moins de ne pas être immédiatement reconnu ; il adapte donc sa voix, et parle un ton plus bas que la normale. Le brouhaha géant du Faculty Bar suffit amplement pour masquer leur conversation.

"Bref... bonsoir."

Il esquisse un sourire, mais le coeur n'y est pas.
Ray, vêtu d'un pantalon en lin beige et d'une chemise blanche aux manches relevées, passe la main dans ses cheveux mal coiffés. Sa jambe droite est repliée sur sa cuisse, et son regard fuit le visage de Bruce ; il n'aime pas être ici, et il sait qu'il ne va pas aimer le contenu de cette conversation.


"Comment on commence, Bruce ?"

Palmer fait glisser un petit mousqueton de poche entre ses doigts ; vieux réflexe, vieux symptôme de stress. Son regard fuyant se fixe finalement sur le visage fixe de Bruce, et sa voix reprend cette lourdeur initiale.

"Des excuses doivent être formulées, je pense. Des deux côtés."

Il soupire, avant de glisser ses mains juste derrière sa nuque.

"Scott, Barry et moi n'aurions pas dû cacher des choses à l'équipe, mais nous n'avions pas le choix. Trop de choses étaient en jeu, et J'Onn ne pouvait pas cacher les pensées de tout le monde. Des décisions ont dû être prises, et... nous n'avons pas pu t'inclure dans ce groupe. Je te présente mes excuses, pour..."

Ray baisse les yeux, et prend une grande inspiration.

"Pour tout."

Un serveur vient cependant interrompre le discours du scientifique. La question habituelle des consommations est évoquée.
Plongé dans ses vieux souvenirs, Ray est sur le point de demander un Mojito quand il se souvient que c'était sa boisson préférée... avec Jean. Il était Mojito, elle était Mojita, selon les petits surnoms de leurs camarades.
Il esquisse une grimace, puis se lance d'une voix emprunte de tristesse.


"Vous faites toujours les mêmes cocktails ? Oui ? Alors un Atomique."

Un petit sourire glisse sur son visage, mais le coeur n'y est pas.
Palmer retourne son attention vers Bruce. Il laisse passer un petit moment, puis reprend lentement, en détachant chaque syllabe de sa phrase.


"Tu es ici pour m'annoncer que tu quittes l'équipe, c'est ça ?"

Après un petit moment de flottement, Atom tape droit au coeur.
Pas de chichi, pas de round d'observation. Pas d'hésitation.
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MessagePosté le: Mer 18 Mai - 18:51
Dès son arrivée, comme pour masquer son anxiété, le Dr Palmer fit une allusion au vêtement que portait Batman, vêtement civil qui rappelait clairement son identité et son esprit dédié à une mission simple, tout le reste devenant parfaitement accessoire. Il acquiesça, après une accolade à son frère de combat. Son regard était presque délavé, mais sa camaraderie, aussi intacte que possible voire intensifiée par la terrible fatalité. L'excellent orateur Bruce Wayne buta sur les mots, choisis une fois n'est pas coutume avec le coeur.

"J'ai... Besoin de simplicité. De retrouver qui je suis, Ray."

Il se rassit, écarta les bras pour montrer qu'il n'avait aucun artifice, sinon sa montre et sa tenue vestimentaire, puis pinça visiblement le col de son habit noir sans prétention.

"C'est qui je suis. Juste un type qui fait en sorte de sortir sa ville, son entreprise, ses compatriotes, la société dans son ensemble oui je suis un rêveur, de leur sortir la tête de l'eau."

Il indiqua au jeune serveur, d'un geste de la main, qu'il prendrait un deuxième de ce que venait de commander son ami et partenaire ligueur.

"Comme chacun dans le groupe le sait, comme tous les gosses qui jouent le savent, je me prépare à tout, mais je ne suis qu'un homme."

Il se rattrapa, recomposa son visage, sentant que ce qu'il disait pouvait sembler triste et pathétique et lâche. Il pointa son doigt combattivement dans les airs avec un sourire déterminé. Le combat était loin d'être terminé, et il n'était pas prêt à se laisser mettre au tapis.

"Batman signifie plus que ça. Je veux continuer de me battre pour que Batman existe et pour que Batman Incorporated soit représenté, à travers le monde et si possible dans la JLA, Ray. Mais je ne suis qu'un homme, et Batman n'est qu'un homme. Et je sens que le premier représentant de mon organisation et celui qui a tout commencé, a besoin de remettre le man dans Batman."

Il avait subtilement pris une feuille du bloc de prise de commande de l'employé du bar, qu'il avait griffonné rapidement d'un dessin de chauve-souris avec le stylo de celui-ci. Chauve-souris qui portait sur le poitrail le symbole d'un homme, rappelant l'image de l'homme de Vitruve.

"Je... Il n'est plus préparé pour tout ce qui attend la Ligue de Justice. L'aventure Batman est une organisation à visage humain. Batman nous dit que même dans la noirceur et dans le plus profond des trous, on peut trouver le courage de prendre son envol et de s'améliorer, de se battre pour une humanité plus saine."

Il soupira. C'était rare de pouvoir parler de ce qu'il représentait, de ce pourquoi il avait aiguisé son corps et son esprit, non pas comme un poignard, mais plutôt comme un scalpel, pour sauver les gens comme l'avait fait son père, pour faire ressortir le meilleur de la société comme l'avait fait sa mère, pour aider l'Homme à se relever dans la dignité comme son tuteur l'avait tant de fois aidé à le faire. Mais des affrontements de la Ligue, même Alfred n'avait pas le pouvoir de faire guérir le jeune maître. Et l'utilisation d'un Puits de Lazare était inacceptable. Non, Batman avait pris assez de risques, torturé suffisamment son esprit avec des visions apocalyptiques défiant son corps et sa logique.

"Non seulement Batman a besoin de retrait par rapport aux affrontements divins qui dépassent toutes les règles qu'il a pu paramétrer pour mieux les enfreindre. Mais surtout... "

Il posa sa lourde main manucurée sur l'épaule du Professeur Palmer. Un sourire confiant lui barrant tout le visage. Mais sa voix était comme brisée.

"... Vous êtes prêts. La Ligue, la Ligue d'aujourd'hui n'est plus celle d'hier. Elle a mûri, elle a grandi au-delà de ce qu'elle était et s'est remplie de talents. Mr. Miracle et Jade sont de véritables déités faites chair. Superman, Power Girl et Wonder Woman des demi-dieux de l'humanité. Mais surtout, avec toi, tes talents, ceux de Green Arrow, ceux des champions cosmiques que je viens d'évoquer... Vous avez déjà ce que Batman pouvait apporter à l'équipe de défense de la Terre."

Il en était surpris lui-même, mais la Ligue qui l'avait autrefois inquiété au point d'en devenir membre afin de les garder à l'oeil et de leur imposer qu'ils le veuillent ou non sa caution morale, avait mérité de voler de ses propres ailes, tandis qu'elle avait planté entre ses omoplates le poignard cuisant de l'émancipation. Ils étaient prêts, ils étaient dignes, et ils seraient capable de composer une unité -- sans lui.

"Vous êtes ce visage d'espoir qui rassure toute la civilisation humaine face aux cataclysmes qui nous menacent de l'extinction à tout moment, sans montrer les stigmates de la moindre noirceur. Non pas que vos épreuves soient négligeables, mais vous vous définissez par davantage que les ombres à vos tableaux. Ta bienveillance, le sourire de l'Archer, la main tendue de Flash, le rire de M. Miracle, l'énergie de la jeunesse de Jade, le regard plein de vie de Superman, le visage rayonnant de Wonder Woman, l'humanité du Manhunter de Mars, la force de Cyborg. Vous êtes la garantie d'un futur meilleur."

Il imposa ses mains sur le torse de Palmer comme pour lui donner une bénédiction apostolique, mais il était en fait en train de dessiner sur son torse le signe de la chauve-souris en ombre portée, les doigts écartés, les pouces croisés. Ses mains il les éloigna pour les mettre à leur vue à tous les deux, face à un lustre, cachant une partie de sa luminosité.

"Batman... Batman a toujours eu pour mission de réparer le présent, d'amender le passé. Il n'éclaire pas la voie. Il ne garantit rien, sinon la sanction. Batman est un gardien de la société, et ses talents sont au mieux inutiles, au pire amoindris face au chaos cosmique que combat continuellement la JLA. Batman pallie aux failles dans les règles qui régissent la société. Mais son intelligence n'est plus efficace lorsque Mr. Miracle, Cyborg, Superman, Flash, J'Onn J'Onzz et l'Atome sont déjà concernés. L'homme avec un plan... L'homme avec un plan n'est plus une nécessité dans une JLA qui est loin de naviguer à vue."

Bruce laissa une pause. Il avait volontairement laissé de côté la présentation d'excuses de la part du Dr. Palmer. Il détestait faire ça, laisser quelqu'un avec un fardeau. Mais il n'était pas en position de se décharger du sien. Cela allait à l'encontre de tout ce qu'il était. Il ne commettait pas d'erreur. Il n'était simplement, plus adapté. Néanmoins, il en voulait à ses camarades de lui avoir fait sentir son obsolescence de la sorte. Il était contrarié, comme il l'était déjà à l'époque par tout ce poids cosmique que la Ligue faisait peser sur ses épaules... pour rien, car désormais il ne leur servirait plus à rien. L'équipe fonctionnait, il pouvait partir en paix et garder ses rancoeurs pour lui. Il était égoïste d'être en colère à cause de sa jalousie, de son sentiment d'inutilité, qu'ils aient grandi au-delà de l'ombre qu'il avait porté sur eux. Alors malgré sa totale franchise envers Atom, il tâchait de garder son énervement pour lui. Comme il avait besoin d'être compris, Ray prenait tout de même pour le groupe. D'un ton calme et lent, articulé, Bruce lâcha finalement :

"... Et j'ai besoin d'une totale transparence dans mes investissements. Ce qui n'est plus rempli comme condition au sein de la Ligue. Je vous enverrai un représentant Batman Inc., pour pallier à l'absence du Batman aussitôt que nous nous entendrons sur les conditions du remplacement."

Chaleureux envers son ami, bouillonnant de par ses passions internes concernant le groupe, glacial quant à sa participation possible dans un avenir hypothétique. Le feu et la glace, et la quête d'un équilibre à l'intérieur qui puisse bénéficier au tout. Tel était le combat de Bruce Wayne depuis avant même de commencer le parcours initiatique de sa formation. Rien n'avait changé, sinon que le combat était devenu moins solitaire, et le serait à nouveau. On ne choisit pas ses combats, c'est votre guerre qui vous choisit. La guerre de Bruce Wayne contre le crime n'était plus une guerre aux côtés de ses amis, qu'il estimait comme héros, mais sentait s'éloigner subitement depuis un ou deux mois, peut-être davantage. Le divorce serait consommé, et voilà qu'il était tout bonnement déclaré.
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MessagePosté le: Sam 21 Mai - 19:01
A bien des égards, Ray Palmer est extrêmement surpris par la réponse que Bruce Wayne a réservé à ses propres déclarations et à son étonnante dernière question.
Sur la forme, par la longueur de sa tirade, et sur le fond, par les arguments utilisés et ce surprenant recul sur lui-même et son activité, le milliardaire-justicier parvient encore à surprendre son camarade scientifique. Il n'en doutait pas, mais demeure stupéfait encore quelques instants.


"Hum."

Avachi sur sa chaise, il n'a pas bougé quand Bruce l'a touché à quelques reprises. Seuls ses yeux ont émis une petite activité, sa main gauche posée sur son genou glissé sur son autre cuisse, sa main droite collée à ses lèvres et à une partie de sa joue.
Son corps s'est mis en pause, son esprit a pris le relais pour analyser le contenu du discours du justicier à ses côtés. S'il est habitué à se pencher sur des théories scientifiques, l'évolution de l'Espace-Temps et les défis de la vie humaine, il se plonge dans ses arguments, pour les soupeser et les comprendre.


"Je ne suis pas habitué à tant de franchise de ta part, Bruce."

Reprenant la parole après un petit silence, Palmer se libère de sa position figée et se penche en avant. Il plante ses coudes dans la table qui les sépare, et parle d'une voix calme et posée.

"En soi, ce n'est pas désagréable, mais perturbant. Quelques instants sont nécessaires pour tout intégrer, et..."

Le serveur arrive à nouveau à cet instant, portant les deux consommations sollicitées par les deux combattants du crime. Le scientifique sourit, règle les deux boissons en faisant taire Bruce d'un geste, puis s'empare de son verre dans l'instant.
Il ingère en une gorgée la moitié du cocktail Atomique, puis le repose lourdement avant de relever son regard vers Wayne.


"Quelques instants, et un bon verre. Tu m'en diras des nouvelles."

Atom esquisse un petit sourire, puis enchaîne.

"Bref... je te remercie de ta franchise, Bruce. Et je te remercie aussi, en fait, pour toi. Nous n'avons jamais été réellement proches : tu as toujours été si mystérieux, si replié sur toi, si plongé dans tes plans, comme tu dis... et moi, j'étais plus à l'aise avec Barry, Carter, ou même Hal.
Mais, malgré ça, je me suis inquiété à de nombreuses reprises, car je te voyais te plonger toujours plus loin dans les ténèbres que tu as juré de combattre. J'ai craint que le défi soit trop grand, que tes compromis t'emportent, que la violence à laquelle tu devais faire face et que tu devais employer allait te faire perdre pied.
C'est ce que j'ai cru, je l'avoue, lors de la récente Crise - mais te voilà !"


Il ouvre ses bras, et son sourire s'étire.

"Tu admets tes torts, tu reconnais que l'homme doit reprendre le dessus sur le symbole dans ton identité, tu reconnais des qualités aux autres, et tu nous fais confiance pour protéger le monde. Bruce, as-tu conscience des énormes pas que tu es en train de franchir ?"

Palmer reprend son cocktail, en bois un peu et reprend, en tenant toujours son verre entre ses doigts.

"J'accepte, au regard de ton discours, ton départ de la Ligue - mais à une seule condition."

Il repose sa consommation, avant de plonger sa main dans sa poche. Il la ressort pour envoyer un petit dispositif triangulaire vers son camarade.

"Je compte en donner un exemplaire à chaque membre demain. Nouveau communicateur, fréquence spécifique, capacité d'envoi et de transfert de données.
D'accord, Bruce : tu nous quittes, je te comprends. Mais si tu nous fais confiance pour protéger cette planète, je sais très bien que ce monde, et la Ligue, peuvent être dépassés par des menaces. Des menaces que seul ton esprit pourrait stopper, ou analyser. Tu nous quittes, OK, mais je t'ordonne de répondre dès qu'on aura besoin de toi."


Ray sourit, esquisse un petit clin d'oeil avant de se gratter la tempe.

"Sans rire, tu vas nous manquer... me manquer. J'espère le meilleur pour toi, et j'espère que tu te retrouveras sans jamais te perdre à nouveau.
Et sinon, tu vas faire quoi ? T'occuper juste de Gotham et de tes proches ? Tu ne vas pas t'ennuyer ? Et tu nous envoies qui ? Dick ?"


Le ton est calme, la conversation sympathique.
Le coeur de la crispation a disparu, seule demeure la relation amicale entre deux vieux camarades, qui ont vécu de bien trop nombreuses batailles et sont encore là pour s'émerveiller d'un quotidien pacifié malheureusement bien rare.
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MessagePosté le: Dim 22 Mai - 9:26
Alors que les deux aventuriers costumés devisaient dans l'ambiance feutrée du Faculty Bar, institution de loisirs à la fois vénérable et agréable...

Alors que Batwing (mais Bruce et Raymond l'ignoraient encore, à ce moment là) faisait son apparition impromptue dans les toilettes pour hommes...

Alors que toutes et tous, chercheuses et chercheurs, garçons de salle et serveuses, simples curieux et promeneuses égarées, vaquaient tranquillement à leurs occupations...

... le crissement de pneus soumis à un freinage brutal se fit entendre au dehors.

Suivi rapidement d'ordre aboyés en toute hâte.

La porte fut poussée brutalement.

Et déboulèrent dans la salle 3 individus lourdement armés.


Les deux plus petits étaient équipés d'un gros pistolet chacun, l'un de ceux-là même que l'on pouvait voir dans les films sur la Seconde Guerre Mondiale.

Le géant, qui arborait fièrement des tatouages en forme de croix gammées sur les seins (un nazi transsexuel, donc...), tenait entre ses pattes un gros fusil mitrailleur.

Il en tira une rafale en l'air.

Nul besoin d'avoir les talents de détective de Bruce Wayne pour comprendre que ce trio était ce que l'on pouvait appeler des néo-nazis.

En même temps, la plupart des gens présents étaient surtout intéressés par leur survie immédiate plus que par le pourquoi du comment : des cris furent poussés, des tables renversées... On pleura, on hurla et on se jeta en masse au sol, espérant faire ainsi une cible moins évidente.

Le grand nazi beugla :

"Où est le Professeur Hyatt ? On veut le Professeur Hyatt ! Si on l'a pas dans 5 minutes, on commence à tuer des gens !"

L'un des deux petits nazis décrocha un talkie-walkie qu'il avait à la ceinture et marmonna, avec un fort accent texan :

"Jawohl, Obersturmfûhrer, nous sommes en position. Et la situation est sous contrôle. Si le Professeur Hyatt est chez nous, nous vous en ferons rapport immédiatement. Terminé. Sieg Heil !"
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MessagePosté le: Dim 22 Mai - 12:28
Après avoir accepté de servir la lumière et la justice, le Spectre expliqua la mission qui attendait Luke juste après. Avant même qu'il n'es put répondre, il fût plongé dans les ténèbres, se retrouvant la seconde d'après dans des toilettes. Un rapide coup d’œil aux alentours lui permit d'en déduire qu'il était dans des toilettes pour homme. Mais des hommes assez bien élevé et propre. Ce qui était sûr, c'est qu'il n'était pas dans une boite de nuit. Malgré les discussions animé qu'on pouvait entendre d'ici. De quoi ils discutaient ? Luke ne le savait pas, il était trop loin pour entendre tout ça, et même si il le pouvait grâce aux dispositifs de son casque, ça ne l'intéressait pas. Il savait que quelque choses allait se passer ici, le Spectre ne l'a pas emmener ici pour papoter, alors pourquoi ? D'ailleurs ou était-il ? Batwing regarda autour de lui, personne. Batwing dirigea son regard vers la porte avant de décider de sortir d'ici.

"Servir la lumière."

Ces mots lui revinrent en tête lorsqu'il entendit les cris et tout le vacarme que provoquait trois homme armés. Il serra les poing, c'était maintenant qu'il devait faire ses preuves. Il appuya sur un bouton dissimulé sur son armure, au niveau de son avant-bras droit. Puis il disparu, devenant invisible. Les trois néo-nazis - d'après ce qu'en déduit Luke - firent leurs réclamations. Le professeur Hyatt... C'est lui qu'ils voulaient. Non, ils ne l'auraient pas, pas tant que le héros serait la. Il s'approcha d'un deux petits, étant toujours invisible. Il lui envoya un puissant crochet du droit dans les côtes histoire de commencer le combat. Mais pendant ce temps, qu'en était-il des deux héros en civil ?
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MessagePosté le: Dim 22 Mai - 15:12
Désormais plus soufflé que tendu, Ray avoua à son compagnon d'armes qu'il était désarçonné par autant de paroles et de profondeur. Bruce sourit malgré la gravité du moment. Toujours assez tactile, il allait poser la main sur l'épaule de son ami puis se ravisa. Toute cette guimauve, c'était trop, même Atom restait physiquement froid malgré toute sa propre spontanéité et un langage corporel sans artifices. Pourtant Batman avait finalement besoin de ce lien d'affect avec ses camarades. Il avait grandi, il était un père, un mentor, et un fils conscient de travailler à la fierté de ses parents. Il était un soldat, une personne qui avait développé des liens au contact de ses coéquipiers. Il avait ce besoin d'humanité. Il émit d'une voix amicale :

"Prends ton temps pour ingérer tout ça. Tu as eu plus affaire au Batman qu'à son mécène, ce qui est presque plus inoffensif : beaucoup sont morts comme ça à m'écouter discourir."

Il écouta alors patiemment le fruit des réflexions du plus petit des grands héros. Ses lèvres se pincèrent, son coeur fit une désagréable embardée, son front se plissa désagréablement lorsqu'il entendit parler de reconnaître ses erreurs, d'excuses, de pardon, de progrès. Il ne voulait pas en entendre parler, il n'était pas prêt. Il voulait juste sortir de ce lieu qu'était la Justice League qui ne lui offrait plus l'occasion de briller dans son travail, et retrouver plaisir et efficacité à la tâche. Batman ne faisait pas de burnout, mais s'il en faisait un... Il ne voudrait pas en supporter la responsabilité. Mais Ray ne voyait pas les choses comme ça, du moins il paraissait semblable à ces enseignants qui rappelaient que le bac, ils l'avaient déjà.

"Ray Palmer, toujours le professeur. Mais, tu as raison. J'ai appris beaucoup, seulement j'ai besoin de réinvestir ce que j'ai fini par comprendre à vos côtés dans un lieu où je me sentirai moins tourmenté."

Son coéquipier lui demanda s'il était prêt à garder une main tendue à la Ligue au cas où ses services seraient demandés, qui y irait à sa place éventuellement, où il irait lui. C'était trop tôt pour se poser ces questions. La décision en elle-même était déjà très lourde, pesante pour un homme qui avait dû renoncer à ses certitudes concernant l'équipe et ce qu'il pouvait apporter au monde en étant en son sein. Il prit le petit communicateur que lui tendait son ami, ne pouvant s'empêcher de l'inspecter de l'oeil du professionnel, cherchant les commandes, les matériaux et techniques de miniaturisation employés, la trace de son concepteur, l'ergonomie d'un tel petit engin en le faisant méticuleusement basculer dans un sens et puis l'autre à l'intérieur de sa paume.

"J'accepte. Je répondrai toujours à l'appel, vous êtes libres de contacter le Batman, Professeur Palmer. Il répondra toujours à l'appel. Pour l'instant, je vais garder mes bottes sur le sol, parcourir Gotham et le monde pour sécuriser les innocents... et les autres."

Il pensait aux prisons, asiles, lois et règles qui garantissaient la sécurité de chacun, mais aussi la liberté lorsque c'était possible de ceux qui conservaient tout ou partie de leurs droits civiques. Il voulait aider le monde. Encore. Toujours. Mais c'est tout ce qu'il savait...

"J'étais sérieux quand j'ai dit que l'on verrait pour le remplacement du Batman dans la League. Pour la première fois, Ray, je n'ai pas de plan. Juste un homme et sa mission."

Soudain, un bruit sec puis celui, résonnant dans la structure haute de plafond, d'une arme automatique à répétitions. Puis les réclamations aboyées par un étrange personnage à l'attiffement de très mauvais goût. Le Professeur Hyatt demandé par des nazis étranges, dont un qui lui rappelle quelque chose.

"Qu'est-ce que..."

Palmer en saurait sûrement davantage sur le scientifique demandé. Pour Bruce, c'était surtout le génie loufoque qui était l'inventeur du Time Pool, spécificité d'Ivy Town qui permettait d'accéder à d'autres temporalités à condition de ne pas être plus grand qu'une quinzaine de centimètres. C'était un homme excentrique, mais sa plus grande invention était derrière lui, et Batman qui ne pouvait oublier un visage, n'avait pas remarqué la présence de l'homme dans l'établissement. Négligence de sa part, mais peut-être que son chauffeur en avait constaté autrement. Bruce enfila une oreillette relayant le signal de sa montre intelligente.

"Penny-One, vous pouvez lâcher votre couverture."

Il plongea sous la table, ignorant tout des tactiques d'Atom à Ivy Town. Il avait sa propre équipe de soutien et ne tenait plus à donner d'ordres à son ami, néanmoins il comptait bien faire sa part de son côté, et stopper la situation de son mieux sans demander de comptes. Il souffla à nouveau dans son communicateur, à l'attention d'une aide-de-camp qui elle se trouvait bien confortablement à l'abri de la Bat-Cave.

"Penny-Two, faites couper le courant et descendre les rideaux de fer. Je veux un huis-clos. Je veux l'obscurité."

La voix de femme soldat résonna en réponse dans le commlink :

"Vous voulez régner dans les ténèbres... Ça va, j'ai compris pour qui je travaille, Bats. Je sais juste pas foutument pourquoi c'est le cas, sauf votre respect. Et... Voilà. Ça devrait être..."

L'accent européen de Julia Pennyworth était différent de celui de son vieux père. Sa voix baissa tandis qu'elle semblait se concentrer sur la tâche à accomplir. Quand justement. Les lumières et sources de luminosité s'éteignirent dans tout l'établissement, lequel fut rapidement obscurci par la tombée des stores métalliques obstruant les fenêtres. C'était arrivé si vite que Batman se demanda si c'était bien l'action de la petite voix dans son oreillette, ou si un responsable de l'établissement avait eu ce réflexe courageux.

"Bon. Penny-One, rapport sur la situation ?"

Alfred Pennyworth, se déplaçant désormais dans l'obscurité en ne perdant rien de sa prudence et de sa formation d'agent spécial de la couronne, déclara dans son propre communicateur :

"Je progresse jusqu'à leur niveau, Monsieur."

Bruce s'avança, toujours vêtu de son simple T-shirt et pantalon, sa veste et chemise sous le bras au cas où il doive créer un masque de fortune ou un bandage au pied levé. Il se déplaçait comme un ninja, de table en table, utilisant l'espace à sa plus grande aisance. Quand il fut parvenu à la hauteur des hostiles, il souffla à l'attention de son majordome :

"... Maintenant."

Il frappa dans le dos le transsexuel immense, tandis qu'il sentait la présence de Pennyworth cognant son propre individu. Une autre présence était là, quoique camouflée Bruce ne pouvait ne pas la voir, c'était son job de sentir sa présence... Fox le fils, son partenaire et ami. Bien qu'il n'avait pas vraiment de raison d'être là et en armure.

"Batwing, je sais que tu es là... Tactique gant de fer et main de velours."

En tant qu'il portait son costume d'armure, Luke était le gant ; Bruce, la main qui allait faire dans la subtilité tandis que le fils Fox jouerait les Tanks et l'intimidation dans le noir. L'acte de ninjas d'Alfred et de son maître était bien rodé, mais même mise dans l'obscurité, la géante nécessitait d'être jaugée et surtout pas sous-estimée. Bruce se demanda si l'Atome avait trouvé le Professeur Hyatt, ou de quelle autre façon le puissant puceron travaillait à protéger ses concitoyens.
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MessagePosté le: Dim 22 Mai - 22:17
A nouveau, Ray Palmer est surpris par le discours de Bruce. Il sent bien que ce dernier n'est pas à l'aise avec l'idée d'avouer ses torts, et lui en parler le crispe légèrement ; il se doutait qu'il obtiendrait cette réaction, mais il souhaite creuser un peu plus.
Il pense tenir là une véritable occasion pour connaître le vrai Bruce Wayne, et le libérer un peu du manteau de noirceur et de violence de Batman.

Hélas, les circonstances, et un destin fallacieux, semblent en avoir décider autrement.
Car trois néo-nazis, dont un transsexuel, viennent de faire irruption dans le Faculty Bar - et tirent, menacent et exigent qu'on leur livre dès maintenant le professeur Alpheus Hyatt.


"Hum."

Atom est un combattant, un homme d'action qui a mené des combats impossibles, réussi une révolte et dirigé un peuple.
Mais Ray Palmer est aussi un homme de science, un savant qui réfléchit avant d'agir, et qui envisage toutes les possibilités pour choisir la bonne.
Son regard glisse sur les trois assaillants, sur la foule terrifiée et soudain tétanisée, sur les sorties bloquées, et sur les solutions éventuelles. Il entend la réaction, rapide et efficace, de Bruce, qui n'est bien sûr pas venu seul.

Les lumières s'éteignent, son ami se lève - et Bruce Wayne devient le Batman.
Alors que le Chevalier Noir s'enfonce dans les ténèbres pour intervenir contre la menace directe, son voisin de table disparaît en un instant.

Ray Palmer rapetisse, et son costume d'Atom remplace ses vêtements.
Il joue avec sa masse pour voler dans le bar, et file rapidement vers l'arrière-salle. Ni Bruce, ni les néo-nazis ne le savent, mais le Faculty Bar a une pièce cachée, un espace à part où certains des clients les plus assidus où l'opportunité de se retrouver, pour des discussions encore plus animées sur la science.
Pendant des années, le scientifique a espéré avoir l'opportunité d'y avoir accès, mais il fut grandement déçu en y pénétrant enfin. Au final, l'arrière-salle n'est qu'un espace de consommation de plus, avec moins de tables, une ambiance plus confinée et un élitisme presque palpable.
Si Alpheus est ici, il se trouvera là.

Atom passe par le trou de serrure de la porte, et pénètre à nouveau dans l'arrière-salle.
Il n'y trouve non pas une assemblée de scientifiques, mais une seule personne : Alpheus V. Hyatt, professeur émérite de l'Université d'Ivy Town, vieil illuminé un peu perturbé mais sympathique.



Le vieil homme est assis, et fixe une fenêtre donnant sur la petite cour arrière de l'établissement.
Ray sourit, file jusqu'à lui et s'agrandit juste devant son mentor.


"Professeur Hyatt ! Je ne pensais pas que vous veniez encore ici. Il nous faut partir, maintenant."

"Hum ? Oh, Raymond ? Raymond Palmer ? Oh, Atom ! Quel miracle, toujours. Jamais, jamais, vraiment jamais, je n'ai pensé que tu... qu'il... enfin, qu'il était toi. Oh, vraiment, vraiment, quel miracle !"

Alpheus V. Hyatt : un génie exceptionnel, un professeur passionnant, un ami fidèle... mais un zinzin définitivement perturbé, plus proche de Tryphon Tournesol que de Stephen Hawking.
Palmer sourit, puis s'approche de son mentor pour poser sa main sur son épaule.


"Nous avons bien besoin, en effet, d'un miracle. Des hommes sont ici pour vous, Professeur Hyatt. Des hommes dangereux. Je vais vous faire sortir d'ici."

A quelques mètres, Batwing met K.O. un néo-nazi, tandis qu'Alfred Pennyworth et Bruce Wayne font de même.
Ray, qui l'ignore, commence à calculer les secondes durant lesquelles Hyatt va pouvoir rester à petite taille quand il le rapetissera - mais son mentor intervient et change tout.


"J'en suis informé, Raymond."

Palmer s'arrête, et recule par instinct.
Hyatt a parlé d'une voix calme, assurée et forte. Il ne l'a pas habitué à ça - et ça ne lui plaît pas.


"Professeur Hyatt... ?"

"Oui, et non. Pas vraiment, pas entièrement."

Le vieil homme se lève, esquisse un sourire et passe sa main sur son crâne presque nu.

"Le Temps est perturbé, Ray. Le Temps a été impacté. Il faut..."

Un éclat brille soudain dans ses yeux, et Alpheus tremble légèrement.

"Ah... pardon, pardon, pardon, je... oh, quel miracle, je ne me souviens plus des dernières secondes. Que s'est-il passé, mon vieil ami ? Raymond, vous parliez, je crois, d'hommes dangereux ? Oh oui, oh oui, nous devons sortir... pouvez-vous m'aider ?"

Alpheus V. Hyatt est redevenu lui-même - mais ça ne rassure pas Ray pour autant.
Il ne sait pas ce qu'il vient de se passer, mais il doit en profiter. Palmer, inquiet, se tourne vers la fenêtre et reprend son calcul pour que son mentor n'explose pas en rapetissant. Il va avoir besoin de quelques secondes, mais... il n'a peut-être plus le temps pour intervenir.
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MessagePosté le: Mar 24 Mai - 18:48
Le crochet fulgurant et invisible de Batwing fit littéralement décoller le petit nazi de quelques centimètres dans les airs avant qu'il ne s'écrase (avec pertes et fracas) sur la table la plus proche.

Avant que les deux autres n'aient eu le temps de réagir, l'initiative de Bruce permit de changer les règles du jeu : le rideau métallique se rabattit en quatrième vitesse, obstruant toute possibilité de se replier certes... mais empêchant surtout les nazis d'appeler du renfort !

Et enfin, l'extinction des feux créa un mouvement de panique chez les clients présents qui laissa pantois les deux types encore debout : visiblement, le grand transsexuel hésitait à tirer dans le tas, de peur de blesser ou de tuer un Pr. Hyatt dont il ne semblait pas connaître l'apparence.

Cruel dilemme chez les adorateurs du Troisième Reich mais qui fut réglé en deux coups de cuillère à soupe par l'action combinée de Batman et d'Alfred. A chacun son bon aryen ! Et les deux terroristes racistes allèrent rejoindre leur copain dans les bras de Morphée.

Et pas un seul coup de feu n'avait été tiré de plus...

Bruce et Lucas entendirent crépiter le talkie-walkie qui, en tombant, avait du se déclencher :

"Rottenführer Don ? Rottenführer Rob ? Au rapport ! Par ailleurs, les nouveaux ordres sont de progresser vers le lieudit de la Time Pool dans les meilleurs délais, Pr. Hyatt ou pas. Sieg Heil !"

*
**

Atom pouvait observer à travers la fenêtre donnant sur les allées du campus que la situation était bien plus inquiétante que prévu : les bâtiments du secteur avaient été investis par un nombre conséquent de néo-nazis, de skinheads, de cagoules pointues du KKK, munis d'armes à feu ou de simple bâtons, allant à pied, à cheval, à moto ou en jeep... Le paisible campus d'Ivy Town semblait avoir été transformé en quelques instants en fête foraine pour tout ce que la Nation comptait d’extrémiste racialiste.

La police du campus était complètement débordée et comptait bon nombre d'agents blessés, capturés, tués ou en fuite. Rares étaient ceux qui pouvaient encore résister.

Atom put, enfin, voir que le mouvement général des troupes hétéroclites nazies et racistes allait dans une direction qu'il connaissait bien... le laboratoire privé du Pr. Hyatt !
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MessagePosté le: Sam 28 Mai - 22:28
Dans les ténèbres du lounge bar, Bruce se saisit des affaires pêle-mêle arrachées sur la personne ou dans les poches des suppôts du néo-nazisme. Il enfile rapidement une cagoule trouvée dans ces vêtements, ainsi que divers éléments comme gilet pare-balles et divers éléments d'armure légère.


"Alfred, protégez ces gens. En l'absence du professeur Hyatt, ce lieu est une cible toute désignée pour des preneurs d'otages."

Il entendit le walkie-talkie crachoter des demandes et instructions destinées aux trois sbires désormais en totale perte de connaissance grâce à l'action conjuguée de Team Batman. Il posa sa large main quelque part entre le torse et l'épaule de son chauffeur de la façon la plus calme et ferme possible, lui intimant d'effectivement rester pour protéger les civils.

Bruce regarda, de retour dans sa main, le petit objet qui était supposé servir de communicateur entre les membres de l'actuelle Justice League. Il n'était pas censé être encore en usage, mais connaissant Atom, il avait déjà dû activer les gadgets ne serait-ce que par simple hâte de pouvoir s'en servir. Il intima dans celui-ci :

"Ray, si tu m'entends. Ils en ont après la Time Pool. De véritables nazis dignes de ce nom, ou assez embrigadés pour se croire comme tels. Pas le meilleur des scénarios, et pas le temps d'attendre les renforts, quoique Batwing est là. Nous progressons à l'extérieur du Faculty."

Pendant ce temps, Batwing déchire de ses mains en armure le rideau de fer, pour mieux laisser passer Bruce masqué et lui-même. Ensuite, la chauve-souris de métal resserre les maillons du rideau métallique sur eux-mêmes pour clore le passage.

"Luke, tu vas devoir être ma diversion le moment venu. Le gant de fer, tu te souviens. On l'a répété une douzaine de fois, ça devrait fonctionner comme sur des roulettes."

Puis, le héros adopte une démarche rythmée comme celle des paramilitaires terroristes du bar. Lucas devient intangible, pour mieux plus tard se révéler et causer du foin lorsque Bruce sera prêt à intervenir. Nazis et Time Pool, ça ne pouvait pas bien se finir, et Bruce se répéta que c'était pour ça qu'il avait quitté la Justice League... Les enjeux de voyage temporel et d'Hitler bébé. Sauf que là, cela risquait d'être entre les mains des méchants.
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MessagePosté le: Dim 29 Mai - 19:09
"Oui... oui, professeur Hyatt."

Le regard de Ray se perd à l'extérieur, sur les nombreuses silhouettes qui s'avancent dans la nuit pour se diriger vers l'entrepôt qui contient la Time Pool. Même s'il n'a aucune certitude à ce sujet, ce n'est pas son premier rodéo : il sait très bien que cette ville n'attire pas beaucoup l'attention des étrangers, hormis ceux qui connaissent l'existence de la faille spatio-temporelle créée par son mentor.
Et vu l'allure des hommes qui évoluent dans les ténèbres, d'un pas martial et décidé, Palmer est persuadé d'avoir raison : ils semblent sortis d'une réunion de néo-racistes et de néo-conservateurs, avec comme activité principale un lynchage en bonne et due forme de leurs victimes préférées.


"Je peux vous aider, mais... je crois qu'il faut surtout que j'aide Ivy Town elle-même."

Il grimace, et envisage différentes solutions possibles quand Bruce le contacte grâce au communicateur de la Justice League. Le scientifique l'avait bien sûr déjà activé, et apprécie que le Chevalier Noir s'adresse à lui avant de se lancer ; il n'en a pas toujours été ainsi, et il apprécie de voir une telle évolution chez son ami.

"Batman. Je suis avec le professeur Hyatt, et j'ai vu nos nouveaux camarades de jeu à l'extérieur. Je le mets en lieu sûr, et je fonce dans la Time Pool. Je ne veux pas penser aux conséquences s'ils pénètrent dans l'entrepôt et comprennent comment l'utiliser. On se rejoint à l'intérieur, alertez-moi quand vous y arrivez pour que je vous guide."

Atom a choisi de ne pas évoquer l'identité secrète de son collègue devant le professeur : même si ce dernier semble ne plus avoir toute sa tête, hors de question de griller Bruce par mégarde.

"Bien... professeur, prêt pour un voyage ?"

"Hum... je crains de ne pas avoir le choix, Raymond. Allons-y, donc."

Le vieil homme se lève, tandis que le scientifique pose sa main droite sur son épaule. Tous deux rapetissent la seconde d'après, et Alpheus V. Hyatt se retrouve soudain dans les bras d'Atom, qui manipule sa masse et celle de son mentor pour voler et filer en dehors du Faculty Bar.
Grâce à ses pouvoirs, il avale une grande distance pour amener le professeur au dernier endroit où ses adversaires pourraient le chercher : à son domicile.
Palmer pénètre à l'intérieur de la maison de son mentor, et s'arrête dans sa cave. Il lui rend sa taille normale, mais reste à petite taille et s'élève dans les airs pour parvenir juste devant ses yeux.


"Bien, professeur, une seule chose : restez ici, ne faites aucun bruit et éliminiez le maximum de lumières. Je reviendrai dès que tout sera terminé, d'accord ?"

"Hum... oui. Mais je n'ai guère le choix. Ah!, quelle aventure, Raymond. Quelle aventure. Il faudra me la compter en intégralité dès votre retour."

"Bien sûr, autour d'un bon bourbon. A tout à l'heure !"

Après un dernier signe, le scientifique s'échappe de la maison pour filer à tout allure vers la Time Pool. Il allège sa masse au maximum pour filer au-dessus des vents, et se retrouver au-dessus de l'entrepôt dans lequel est entreposée le véritable dispositif permettant de voyager dans le Temps ; il y a toujours un "ancêtre" de la Time Pool à l'Université, mais le système définitif se trouve dans cet entrepôt anonyme, placé à proximité du Faculty Bar.
Très peu de gens connaissent cependant cet emplacement ; le fait que ces étranges néo-nazis en fassent partie ne lui plaît guère.
Sans rien dire, Ray plonge vers l'entrepôt et passe dans les gaines d'aération, les interstices et évite ainsi le dispositif de sécurité. Il file rapidement vers le centre de contrôle, qui n'a heureusement pas encore été envahi.
Un rapide coup d'oeil lui confirme que tout va bien - pour le moment. Pourvu que ça dure.
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MessagePosté le: Lun 30 Mai - 23:49
Affublé comme un vulgaire nervi azimuté et raciste, Bruce se mit à cavaler comme un dératé, à la manière des fous furieux suprématistes qui convergeaient vers la Time-Pool, Batwing en mode invisible à ses côtés.

Il s'agissait effectivement du pire défilé de racistes que les deux héros aient jamais vu : ils étaient une bonne centaine, et dès qu'ils franchissaient une nouvelle intersection, il semblait en apparaître de nouveaux, comme jaillis de nulle part...

Au-delà des costumes reconnaissables du Klan ou des vieux uniformes de la SS ou de la Gestapo, portés par des néo-nazis nostalgiques d'un régime qu'ils n'avaient jamais vécu, Bruce et Lucas furent assez effrayés de constater la présence d'autres groupes radicaux...

... il y avait de jeunes femmes blondes et sportives juchées sur d'espèces de balais volants mécaniques et qui se faisaient appeler "les Valkyries de R'lyeh" et devisaient dans une étrange langue...

... il y avait également des satanistes et des nécromants, des sorcières et des sorciers, dont les robes et les grimoires étaient bardés de croix gammées...

... il y avait des skins armés de battes de base-ball et des crétins fanatiques d'armes qui se trimbalaient avec des fusils de guerre ou des grenades...

Les habitants d'Ivy Town avaient finalement compris qu'il valait mieux se planquer chez soi et prier pour que tout cela se calme. Rapidement.

Courant aux côtés d'un type un peu nerveux, Bruce réalisa que ce dernier était en train de s'adresser à lui :

"Salut... Dis moi, t'as pas les foins ? J'veux dire, jouer avec le continuum espace-temps pour faire revenir les nazis à notre époque, c'est pas rien non ?"

Bruce n'eut pas le temps de répliquer quoique ce soit que déjà il était dépassé par une drôle de femme costumée...


Elle courait à la manière d'une championne olympique et ne prêtait nullement attention aux autres coureurs, n'hésitant pas à en bousculer sur son passage et à forcer ce dernier en jouant des coudes...

Personne ne faisait attention à elle et à vrai dire elle ne dépareillait pas réellement dans ce sinistre carnaval... Néanmoins, quelque chose disait aux héros que peut-être elle n'était pas une ennemie, que peut-être - quelque part au fond de leur mémoire - ils la connaissaient...

*
*  *

Atom vit l'étendue de la masse grouillante constituée de néo-nazis et de racistes alors qu'il survolait Ivy Town, en direction de la Time Pool. Il frôla de drôles d'engins volants chevauchés par ds valkyries blondes et méprisantes. Il vit au sol des groupes de racistes apparaître de nulle part, comme s'ils avaient été téléportés depuis un autre endroit du globe.

Atom arriva bien avant les ordures qui avaient fait de la haine leur évangile.

Mais il ne put que se rendre compte de l'évidence cruelle qui s'offrait à lui : les racistes et les nazis connaissaient la localisation précise de la Time Pool. Ils savaient très exactement dans quelle direction aller.

Et il ne put que remercier le Ciel de lui avoir permis de mettre le Pr. Hyatt en sûreté ! Qui sait ce que ces sales types pourraient faire s'ils arrivaient à se servir efficacement de la Time Pool ?

Progressant à travers les conduits d'aération et perdant un temps précieux à le faire, Atom se retrouva finalement en présence...


... de la Time Pool !

Et à ce moment là une porte se déverrouilla et s'ouvrit...

[La suite ICI]
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[JSA]Espérez, vous qui passez cette porte [pv: Atom]

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