Codex Mortiferum [PV Felicity]

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MessagePosté le: Jeu 9 Juin 2016 - 17:21

Il neigeait, j'avais horreur de la neige. Le sol était gelé, l'air humide, et cette putain de sensation de mort qui planait dans les airs me rendait complètement dingue. Les raisons qui avaient faites que je me trouvais ici, en temps et en heure, me dépassait encore. Ce fut Maggie qui m'avait imposé cette rencontre. "Tu devras apprendre à connaître les autres Outlaws pour t'intégrer" qu'elle avait dit, "pas de discussions John ! Tu bosse pour moi alors ta gueule !", qu'elle avait rajoutée la blondasse. Malgré tout, c'était moi qui avait invité la geek blonde ici. Je pourrais tester un peu sa manière de voir les choses, et surtout savoir si elle se mettait à prendre peur au moindre bruit. Une invitation provenant de moi, et dans un endroit pareil, à une heure pareille, et dans une soirée pareille… Si elle osait déjà se pointer ici, ça serait pas mal. Ces américains ignoraient tout des nuits maudites, et la "Walpurgisnacht" n'échappait pas au quota de ces nuits où, la plupart du temps, les spectres et autres esprits sortaient de leurs tombes et se promenaient librement.

Il ne faut pas croire, toutes les créatures de la nuit ne sont pas mauvaise. Par le passé, j'avais rencontré le Dieu de le Danse, pas mal de créatures décharnées, une sorte de grosse bestiole toute verte protégeant le Green, et j'en passe. Finalement, la clope au bec, je remontais le col de mon trench de part et d'autre de mon visage. Le vent continuait de souffler, et la nuit n'allait pas tarder à tomber complètement. Bon, elle fichait quoi ? C'était quoi son nom déjà ? Hérésie ? Non… Frigide ? Non plus… Un mélange entre les deux. Mon portable éclaira mon visage d'une lueur bleutée, d'après le nom enregistré dans le répertoire, ses parents devaient vraiment détester leur gamine pour lui imposer un prénom pareil… Félicity… Advienne que pourra. Je marchais entre les mausolées, m'arrêtant de temps à autres, lisant les noms des défunts. Tiens, lui je l'ai rencontré il y a quelques jours. Il traînait dans les parages des Bayous, et semblait prendre son pied à dormir au pied des arbres. Parfois, je regrettais de ne pas pouvoir être aussi libre. Pas être mort, mais être libre.

Toute cette neige qui tombait encore en cette période de l'année ne présageait rien de bon. Réchauffement climatique qu'ils disaient… Bande d'abrutis. Un travestis passa à côté de moi. Sa pomme d'Adam jouxtant avec le tour du cou façon écailles de serpent, sur une robe d'un rouge étincelant. Jessica Rabbit bonsoir… Quelques pas plus loin, et j'y déposais la rose que j'avais en main depuis l'avoir acheté chez un des fleuristes de St Roch. Elle dormait ici maintenant. Je me souvins de sa peau délicate, de ses traits fins… Et de tout le reste. Amy… Quelqu'un s'approchait de moi, à la démarche, c'était une femme. Ma bouche souffla la fumée de ma clope en même temps que je me mis à lui parler.


- Félicity je suppose… Pas trop froid j'espère.

Je n'en avais rien à faire en fait, cette question passait pour purement rhétorique. Après, j'étais Anglais, et en tant que tel, il existait une dignité à toutes épreuves dont je devais faire part. Que des conneries de préjugés. Bref, si c'était pas elle, j'allais avoir l'air bien stupide moi.
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MessagePosté le: Ven 10 Juin 2016 - 14:49
Non mais quelle idée de donner rendez-vous dans un cimetière... Je sais que John n'est pas du genre à être un adepte des parcs fleuris etc mais là, je dois avouer qu'il a fait fort. Quand Maggie m'avait dit que Constantine risquait de me proposer un rendez-vous, j'étais loin de m'imaginer qu'elle parlait d'un endroit comme ça. En plus avec le froid qu'il fait, je n'aurais pas dis non contre une tasse de thé bien chaud. Enfin bon... j'aurais tout le temps d'en boire un, au chaud, chez moi. Des gants aux mains et les mains dans les poches, j'essaye de ne pas me congeler sur place alors que je marche dans les allées du cimetière St Roch. A chaque inspiration que je fais, j'ai l'impression que le froid va me geler l'intérieur et c'est assez perturbant comme sensation. Le nez enfoui sous une grosse écharpe, la buée sur les lunettes dés que je respire, je plisse les yeux quelques secondes histoire de me repérer dans ce dédale de tombes. Rha purée qu'est ce que c'est glauque comme endroit.

A chaque pas que je fais, j'ai l'impression qu'on me suit et c'est très désagréable. Franchement, la prochaine fois qu'il me propose un plan comme ça je dis non direct... J'ai froid, j'ai la trouille et je déteste cet endroit. Après quelques galères, ouais marcher en talons dans la neige c'est pas pratique, j'aperçois finalement la silhouette de l'homme à l'imperméable. Je ne le connais pas spécialement, enfin tout ce que je connais de lui ce sont les trucs que j'ai pu lire en glanant des informations sur le net. Je n'ai aucune honte à dire que j'ai fais ça pour tout les membres de l'équipe. Etre informée sur mes coéquipiers, c'est la première chose que j'aime faire. Enfin bon, je m'approche de lui, j'ai le bout du nez congelé. Il est debout face à une tombe et en m'approchant j'arrive à lire le prénom... Amy. Ok je vois... J'affiche mon plus beau sourire et les mains toujours dans les poches je m'approche de lui. Il ne se tourne pas, mais il sait que je suis là. Ça question me laisse cependant perplexe. Euh il attendais quelqu'un d'autre ou quoi ? Comme à mon habitude, quand je suis stressée je me met à faire de l'humour mais pas dis que John soit le genre de personne qui aime mon humour douteux.

- Non c'est le Père Noel....

A son silence, je comprend qu'il n'est pas fan de mon humour et je me racle la gorge. Avec un peu de chance la terre va s'ouvrir et je vais disparaître. Du bout du doigt, je remonte mes lunettes.

- Disons que j'ai déjà eu plus chaud...

Je me place à côté de lui, à son niveau. Il fume, encore. Ce type est un vrai pompier, pas étonnant que le cancer se soit montré. Sans le regarder, les mains toujours dans les poches, je fixe la pierre tombale.

- Elle vous manque ?

Question idiote, je sais et c'est encore une caractéristique de mon comportement avec les gens.
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MessagePosté le: Dim 12 Juin 2016 - 20:04

Je me retins de sourire lorsque la blondinette me répondit. Concrètement, je riais intérieurement, sa répartie était assez amusante, je ne pouvais le nier. Au vu du temps qu'il faisait, mais pas de l'endroit par contre, Félicity avait tout de même réussi à garder son calme. Mon flegme ne laissait rien transparaître alors qu'elle continua dans une tirade qui se voulait être bien plus rassurante pour elle que pour moi. Ne pas avoir froid, rester le plus souvent possible protégé de la douleur, de la souffrance, de tout ce qui pouvait aller à l'encontre du propre bien-être de tout un chacun. Amusant. Qu'en avais-je à foutre de toutes ces conneries ? Rien de rien. Enfin… Pas directement. Pour protéger la veuve et l'orphelin, il y avait toute la bande des superslip. La police faisait le ménage dans les bas quartiers. Les politiciens à la con, quand à eux, se servaient grassement dans l'espoir du peuple, leur intimant un opprobre qui les poussaient à continuer à avancer la tête basse…

Mais tout ça, elle le savait. Même dans le monde dans lequel elle devait vivre, ce "cyber-espace" comme me l'avait un jour dit Jen, le genre de choses existait. Personnellement, j'avançais, tentant le mieux possible de survivre aux démons, anges, et autres emmerdeurs dans le genre. Ma clope fini par s'éteindre d'elle-même. On se trouvait dans un cimetière, et au vu de la manière dont les zombies appréciaient la chaire fraiche, il valait mieux pour moi, que j'évite de jeter le mégot ici. De toutes façons, mon trench étant déjà dans un sale état, ça ne pouvait pas être pire. Comme je m'y attendais, sa question tendait vers la pierre tombale devant laquelle la rose venait d'être déposée. Un sourire amusé aux lèvres, je lui répondis à ma manière. A la "Constantine" comme le dirait certains.


- Pour me manquer, il faudrait déjà qu'on se connaisse elle et moi. J'ai trouvé ce mausolée agréable à l'œil. Et à défaut de mieux, je me suis arrêté ici. Il ne faut jamais croire tout ce que l'on voit blondinette.

Comme si j'allais lui expliquer ma vie, donner des détails sur qui elle était, qui elle avait été devrais-je même dire. Une partie de ma vie parmi tant d'autres. Une âme qui s'en était allé de l'autre côté. Par ma faute, encore. Putain, il fallait que je fume. Chose que je fis en quelques gestes. La tête en arrière, je scrutais le ciel à la fois sombre et laiteux. Ce que l'hiver était beau tout de même. Un linceul blanc qui recouvrait tout et tout le monde. Je devenais presque poète les jours de neige. Toutefois, je fini par me reprendre, et, alliant ma politesse anglaise au geste, je lui tendis le paquet de Silk Cut.

- Une clope ? Ca vous réchauffera peut-être.

Les femmes dans son genre ne fumait pas, ne buvait pas, ne… Faisaient rien de particulier dans leur vie. Quelques heures dans un hôtel en ma compagnie, et elle aurait changé de mentalité pour le restant de son existence. Rangeant le paquet dans la poche intérieure de ma veste, je continuais à fixer le ciel sans dire un mot. J'aimais faire chier le monde, ô que oui. Chacun son passe-temps favori paraît-il. Bloquant la clope entre les dents, je m'adressais à la blondinette. Ma question porta sur le groupe dont Maggie m'avait – limite – forcé à rejoindre : les Outlaws. C'était un groupe vraiment borderline, entre les deux archers, Rae qui tranchait avant de parler et la Batdonzelle rouquine… Tiens, en parlant de ça, je n'avais pas revu l'autre toute bleue qui parlait trop. Etrange. Tant pis.

- Pourquoi les Outlaws ? (Vu le temps pourri, personne ne pourrait nous entendre, et puis bon, ce n'était pas comme si ceux qui venaient ici s'intéressaient aux discussions d'un type dans mon genre et d'une blondinette à lunettes.) Quand je vous regarde, je me dis que votre vie c'est plutôt gratte-ciels et thé brûlant au boulot, ainsi qu'appartement avec chat pour le week-end… La blondasse était en manque de personnel ou quoi ? A moins que ce ne soit pour des raisons physiques.

Là par contre, il fallut que je ris légèrement. Que de la provocation dans mes gestes et mes actes. Ah la la ! John Constantine, tu vas finir avec une baffe dans la gueule, et un genou dans les valseuses. Comme à ton habitude. C'était quand même étrange que Maggie embauche une nana dans son genre pour ces missions suicides. Elle n'avait pas la carrure d'une superslip, et encore moins d'une tueuse à gages… Alors pour le coup. Pourquoi ?
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MessagePosté le: Mar 14 Juin 2016 - 15:00
Je grimace, j'ai vraiment le chic pour sortir des blagues vaseuses. Décidément, l'humour ce n'est pas du tout pour moi et je pend note, pour la prochaine fois, de ne pas recommencer ce petit numéro pitoyable. Le bas du visage enfoui sous l'écharpe, les mains dans les poches, je ne quitte pas le mausolée des yeux. Alors non, je ne m'attendais pas à ce qu'il s’épanche façon veuf éploré mais par contre, je ne m'attendais pas à ce genre de réponse non plus. D'accord la mort et tout ce qui tourne autour c'est son truc mais c'est franchement glauque de faire ce genre de chose... Je ne connais pas vraiment le personnage, mais d'après Maggie il est plutôt du genre loufoque. Je jette un rapide coup d'oeil autour de nous, c'est bizarre, avec lui dans les parages, j'ai l'impression qu'on peut se faire attaquer à tout moment par une bande de monstres remontés tout droit des enfers. Rien que d'y penser ça me donne la chair de poule. "Ne jamais croire tout ce que l'on voit ?" Ouais ben franchement, depuis que je travaille pour Arrow j'ai plutôt tendance à suivre mon instinct que mes yeux.

J'écarquille les yeux en le voyant se sortir une cigarette alors qu'il vient toujours d'en terminer une. Du coin de l'oeil je le vois qui observe le ciel, moi je me contente de fixer cette pierre tombale et de noter les informations dans un coin de ma tête. Il ne veut pas m'en parler ? Soit, je ferais des recherches. Il me tend son paquet de cigarette et je secoue la tête négativement pour lui faire comprendre que je n'en veux pas. Ça fait quelques années maintenant que j'en ai fini avec tout ça. Enfin bon, avec tout ça, je ne sais toujours pas pourquoi ce rendez-vous et encore moins pourquoi il a choisi cet endroit... Je laisse échapper un soupir quand il me pose une question que je sentais venir, pourquoi avoir rejoins les Outlaws... Je ferme les yeux quelques secondes alors que quelques flocons se remettent à tomber, silencieux.

- Je n'aime pas les chats et j'ai le vertige. Par contre je ne dis pas non à une tasse de thé bien chaud, surtout en ce moment...

Sa petite blagounette sur le fait que Maggie m'a choisi pour le physique ne me fait pas trop rire, contrairement à lui qui a l'air d'apprécier.

- Peut être qu'elle a fait appel à moi pour ma super intelligence et mon niveau plutôt bon en informatique vous ne pensez pas ?

La "blondinette" que je suis n'a pas peur d'en faire ou d'en dire trop sur ce que je sais faire. Au contraire, j'aime bien mettre cartes sur table d'entrée même si ça peut faire prétentieux.

- Et puis j'aide déjà Green Arrow et sa bande alors pourquoi pas vous...

Je sors mon nez de l'écharpe, juste le temps de souffler. Je ne traîne pas trop pour le remettre à l'abri.

- Et vous ? Vous avez cherché à prouver quoi en rejoignant les Outlaws ?

Ce n'est pas parce que c'est Constantine qu'il n'y a rien qui motive cette décision. Je sais qu'il ne va pas me rendre la tâche facile, mais j'ai bien l'intention de creuser pour en savoir plus sur ce curieux personnage.
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MessagePosté le: Ven 17 Juin 2016 - 14:58

Je n'eu aucun mal à avoir les réponses à mes questions. Certes, la blondinette semblait avoir reçu une ablation du sens de l'humour dès sa naissance. Ou tout du moins, de la compréhension de l'humour anglais devrais-je préciser. Son soupir me fais baisser la tête et mon regard se porte inlassablement sur le mausolée. Bah, je n'avais plus rien à faire ici. Le fait que le temps n'allait pas en s'arrangeant, ajouta à ses paroles. Mais bon, j'avais besoin d'en savoir un peu plus sur elle avant de lui donner les véritables raisons de notre venue ici. C'était donc bien, ça, des capacités en informatique. La brunette qu'était Rae était une "hacker", si je ne me trompe pas. Les termes techniques concernant ce genre de choses me laissaient relativement dubitatif. Les ordinateurs semblaient être pour ces deux là, ce que la magie était pour moi.

Un vent froid se leva soudainement, frappant mon visage de sa morsure. L'hiver était encore là malgré le fait qu'en théorie le printemps y avait prit sa place. C'était toujours le même soucis dans les cimetières. Ils voient un sensoriel. Ils lui tombent dessus. Je les voyaient qui s'agglutinaient les uns après les autres autour de nous. Silencieux. Certains étaient jeunes, d'autres beaucoup moins, mais tous avaient ces traits creusés, et les pieds nus. Les errants… Des âmes qui ne pouvaient aller de l'autre côté car personne ne les y avaient aidés. Ce n'était pas dans mes obligations. Pas pour le moment en tous cas.

Je constatais qu'en plus d'être au service de Maggie, elle l'était déjà à celui de l'autre archer vert. Du plu, et même si je ne laissais rien transparaître de ce que je venais de remarquer, entre ces deux là existait quelque de bien plus "fort" qu'une simple amitié. De l'amour… Comme si ça servait à quelque chose. Les deux tiers du temps, ils finissent par s'arracher, se briser, et c'est qui l'imbécile qui se retrouve avec des âmes errantes ? C'est Constantine ! Mais parfois, certaines âmes ne pouvaient trouver le repos autrement. Tel que le furent mes anciens amis… Le bar avait été reconstruit depuis le temps, et les nouveau tenanciers continuaient à y servir le plus fin et le plus délicieux des alcools.

Sa question n'était rien d'autre qu'une pâle copie de la mienne. En moins détournée. Ma clope commençait à s'éteindre, et alors que la neige recommençait à tomber en léger flocons, je tournais les talons. Mes pas me rapprochèrent de la blondinette et en regardant par-dessus son épaule, je lui répondit avec un sourire des plus amusé. J'avoue que ma réponse se voulait tout aussi inutile qu'infondé, mais le fait que je l'imaginais déjà me regarder benoitement, blasée par cette répartie, ajoutait à mon amusement le plus enfantin.


- Maggie avait besoin de mon sex-appeal pour l'équipe. Et sans ma présence, ça aurait fini en club lesbien. (Je chassa la neige qui se trouvait sur le devant de ma tête avant de reprendre.) Un thé, ça vous tente ? J'ai repéré un bar pas trop loin d'ici.

Lui avoir donné rendez-vous ici m'avait déjà permis d'obtenir certaines réponses à mes questions. Principalement, Félicity, il fallait que je m'y fasse à l'appeler par son prénom, n'était pas facilement impressionnable. De plus, comme tous ceux de sa trempe, ils pensaient pouvoir tout expliquer par la science et ses dérivés. Néanmoins, ils se trompaient, trop souvent… Tant pis pour eux. Je n'étais pas homme à les plaindre. Je fini par sortir du cimetière, me dirigeant vers ce que les américains aimaient à appeler un "bar". Ca ressemblait plutôt à un tripot de la pire espèce. C'est étrange, mais je m'y sens toujours un peu chez moi.
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MessagePosté le: Mar 21 Juin 2016 - 11:16
Club lesbien... Je lève les yeux au ciel et je souffle laissant, par la même occasion, de la fumée s'échapper de ma bouche. Les mains dans les poches, je hausses les épaules. Comme je m'en doutais en lui posant cette question, Constantine s'est contenté de seulement me donner une explication digne de son humour légendaire. Tant pis, je vais bien finir par avoir une réponse à ma question. Il me propose un thé et mes yeux s'illuminent en entendant ce mot. J'ai tellement froid que j'en ai les doigts de pieds gelés malgré les deux paires de chaussettes et je suis sûre que j'ai le bout du nez tout violet. Je me balance d'un pied sur l'autre dans l'espoir de faire circuler la chaleur dans tout mon corps mais ça n'a pas spécialement d'effet. Je me tourne vers John avec un sourire qui se fige presque sur mon visage à cause du froid.

- Mon dieu, je tuerais pour du thé...

Je marque une courte pause avant de continuer.

- Je vous suis...

Je ne dis rien mais j'espère que le bar où il compte m'amener n'est pas celui qui abrite toutes les créatures qu'il a l'habitude de croiser. Franchement, rien que pour ça je lui dois un minimum de respect. Il voit certaines choses pas très sympa et semble assez bien le "vivre" alors que moi je me met à hurler dés que j'entend un bruit chez moi quand je suis seule. Une fois, je me suis même fait peur avec mon ombre... Faut vraiment que j'arrête de regarder des films d'horreur quand je suis toute seule à la maison... Silencieux, on traverse le cimetière, je jette quelques coups d'oeil sur les pierres tombales et à chaque fois, je me demande si John a croisé les gens qui sont ici. Rien que d'y penser j'en ai froid dans le dos.

Il ne nous faut pas longtemps pour arriver au bar en question. Je tape des pieds sur le seuil pour en enlever la neige et je rentre, suivie de Constantine. Je ne peux pas m'empêcher de pousser un soupir de soulagement quand je vois qu'il n'y pas énormément de monde même si intérieurement, je ne peux pas m'empêcher de prier pour que personne, quelque chose, ne vienne m'empêcher de boire mon thé bien chaud. On s'installe après avoir passé commande et c'est avec un certain plaisir que je retire mon grand manteau. Il faut aussi que j'enlève mes lunettes quelques secondes parce qu'elles sont pleines de buées. L'inconvénient des changements de température....

Je reste donc quelques secondes sans mes lunettes et je suis obligée de plisser les yeux pour discerner, à peu près correctement, les contours du visage de John. Alors que j'essaye de le regarder à lui et non pas le vide juste à côté, quelque chose derrière lui attire mon regard. J'ai beau plisser les yeux, je crois que je deviens folle. A tâtons et sans geste brusque, j'attrape mes lunettes et je les replace sur le nez, les mains tremblantes.

- Alors soit je suis folle, soit il faut que je fasse changer mes lunettes....

Ce n'est plus Constantine que je fixe, d'ailleurs j'ai complètement oublié qu'il est là. Mes yeux fixent sans cligner, une bouteille de bière vide qui flotte, oui oui qui flotte, juste derrière John... Heureusement que j'ai dis que je voulais boire mon thé tranquillement.
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MessagePosté le: Jeu 23 Juin 2016 - 20:53

Tandis que mes pieds s'enfonçaient dans la neige, le bruit de mes pas résonnait dans le silence qui se faisait de plus en plus pesant à St Roch. Tout autour de nous, les gens semblaient figés, avançaient au ralentis, ou pire encore, semblait disparaître. Encore de la magie dans l'air. Je ne pouvais cacher mon amusement alors qu'on passait les portes du cimetière, laissant derrière nous bon nombre d'âmes qui ne pouvaient trouver le repos actuellement. Je reviendrais ici tôt ou tard, histoire de leur donner un coup de main à trouver la paix. C'était un soucis récurrent chez les vivants, le refus d'accepter la perte d'un être cher. Ces derniers préféraient tout faire – jusqu'à appeler un certain sorcier qui égorge des poulets – pour retrouver ces personnes et leur dire une dernière fois au revoir. Mais merde ! Vous êtes tous des cons ! Ils sont partis ! P-A-R-T-I-S ! Sans-cœur, manquant cruellement de compassion, ou d'autres conneries dans le genre, c'est ce que j'entendais toujours. Si ça pouvait les rassurer et les conforter dans leurs erreurs… Je ne pouvais pas leur en vouloir non plus. Accepter une telle chose n'est pas simple non plus. Par ailleurs, si Félicity aurait, ne serait-ce que ressenti la présence d'une de ces âmes errantes, elle pourrait peut-être voir d'autres choses.

En quelques rues, nous étions arrivés devant le bar en question. Ce tripot était décoré d'une manière peu banale. En fait, il ne l'était pas du tout. Trois lettres d'un blanc sale traînaient au dessus de la porte. Mon éducation anglaise et surtout le fait que je suis galant – chose qui se perd à l'heure actuelle, surtout chez les américains – me pousse à laisser la blondinette entrer en première. Voilà une personne qui sait se faire apprécier. Je la laisse faire, frapper ses chaussures alors que la porte reste ouverte… Un souffle de vent glacial me percute le dos, et la gêne qu'il occasionne me fais penser à autre chose. Ce n'était pas du vent. C'était… Autre chose. En entrant je remarque que nous ne sommes que quelques uns, outre les habitués accoudés au bar, et une table sur laquelle sont étendues des cartes, il n'y a personne. Avisant celle qui est le plus près des radiateurs, et les commandes passées, je m'affale sur la chaise. Une clope, il me faut une clope… Merde ! Je n'ai plus de feu, mes allumettes ayant prit l'humidité, je devrais faire autrement. Un ou deux tours de passe-passe, et ma clope s'allume. La fumée qui s'échappe d'entre mes lèvres fait d'étranges mouvements.

Non mais quand même. Je sais que je les attire involontairement, certes, pourtant, pour une fois j'aurais voulu avoir la paix. Ne serait-ce que quelques minutes. Félicity n'a peut-être pas vu ce qui se trouve derrière moi. La présence est là sans l'être, intangible mais existante. Un spectre dans toute sa splendeur. Je fais comme si de rien n'était, alors que la blondinette assise en face de moi fini par, après avoir remit ses lunettes sur le haut de son nez, passe d'une belle couleur rosée à un blanc laiteux. Un sourire aux lèvres, les paroles qu'elle prononce proviennent directement d'une personne à la limite du cartésien. Et oui ma belle, il n'y a pas que la science dans la vie.


- Voir même les deux.

Avant même qu'elle n'ait le temps de dire le moindre mot de plus, je m'empare de ses lunettes. Un sort assez basique en somme, un dérivé de ceux que j'utilise pour aider les âmes errantes à retrouver leur chemin, mais celui-ci a pour effet de lui permettre de voir ce qui se trouve derrière moi. C'est un problème de taille ça par contre, car à moins qu'il ne se décide à se rendre visible totalement aux yeux de tous – et qui vaudrait à coup sûr une syncope au barman –, nous risquerons de ne pas pouvoir énormément discuter avec lui. Rendant les lunettes à Félicity, je m'adresse à celui (ou celle) qui se trouve derrière moi.

- Dis-moi l'ami. Tu ne voudrais pas te joindre à nous. Je te paie une autre tournée si tu veux.

Une dizaine de secondes s'écoulent avant que le bruit des pieds d'une chaise, traînés sur un parquet ne monte dans le bar. Puis, ce fut le moment habituel où, comme tous ceux dans son genre, il tourne un regard dans ma direction. Ouais mon gars, tu ne rêve pas, je t'ai senti, je sais que tu es là, et je suis bel et bien celui que tu crois connaître. John Constantine, en chair et en os. Ses traits finissent par se dévoiler petit à petit. Je vois son visage qui apparaît enfin. Il se tourne lentement vers Félicity, je me demande même comment elle va réagir… Fuite en hurlant, les bras en l'air, ou un semblant de déni, du genre "bourgeoise blasée de la banlieue de New York" ? Bah, ce n'est pas comme si ça allait changer grand-chose pour moi. Le barman arrive enfin, dépose le thé, le gin tonic (rien de mieux lorsqu'il fait froid) et je lui demande une bière avant qu'il ne reparte. Son air hautain n'a pour réponse qu'un regard sympathique. Juge moi tant que tu veux mon grand, du moment que ça t'occupe cinq minutes… Un simple "merci" monta à nos oreilles. A ma manière, en levant mon verre, je lui propose de trinquer.

Ses yeux bleus sont remplis d'une mélancolie que je perçois comme mélangée à quelque chose de plus profond. De l'espoir ? Fais chier… Ca va encore être une histoire à la con… Roméo et Juliette 2.0 je parie ! Pour une fois, je vais la laisser gérer tiens. Elle le voit, sait qui il est, et en plus de ça, en bossant avec moi ce genre de truc devra finir par être habituel pour la blondinette. Etre une Outlaws est une chose, m'avoir dans les pattes, en est une autre.

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MessagePosté le: Dim 26 Juin 2016 - 19:15
C'est la voix de John qui confirme que je suis folle et que je dois faire changer mes lunettes qui me ramène à la réalité. Je clignote des yeux, comme si ça allait changer quelque chose au fait que je vois cette bouteille flotter mais non. Elle est toujours là et elle flotte toujours. Le pire dans tout ça, c'est que je suis la seule à tiquer sur ce qu'il se passe dans le bar. Je m'apprête à dire à John qu'il y a quelque chose derrière lui mais je suis interrompue par son geste. Il me prend mes lunettes et sans trop que je comprenne ce qu'il baragouine, il me les rend. C'est une fois que je les ai remises à leur place que je me rend compte que je peux voir ce qui se trouve derrière Constantine. Je ne distingue pas de forme, juste une brume blanchâtre qui flotte à quelques centimètres au dessus du sol. Je déglutis et d'une main pas trop assurée, je vais attraper ma tasse de thé pour la porter à mes lèvres. Sans quitter la brume des yeux, j'avale une longue gorgée sans même me préoccuper du liquide brûlant qui dévale mon œsophage. Je sursaute presque quand j'entend John s'adresser à notre invité surprise. Je ne lâche pas la brume des yeux et quand elle se met à bouger, je sursaute sur ma chaise.

Je la suis des yeux et lorsqu'elle disparaît, je pense qu'elle est partie. Enfin, je pense ça jusqu'à ce que j'entende les pieds d'une chaise qu'on traîne racler le sol. Je me tourne vers la chaise en question et j'écarquille les yeux quand je me rend compte qu'elle bouge toute seule et dans notre direction. Quand la chaise vient se placer entre John et moi, j'ai un mouvement de recul et au bout de quelques secondes, la brume réapparaît avant de laisser place à des traits de plus en plus précis. Je plisse les yeux, je remonte mes lunettes sur le nez et j'assiste à la scène, perplexe. Mon regard va se poser sur le visage de John avant de revenir sur celui de notre invité. Moi qui suis la première à flipper devant un film d'horreur, je suis assez étonnée d'être toujours là, assise sur ma chaise, à la droite d'un fantôme... Ce dernier est maintenant plus précis, j'arrive même à distinguer la couleur de ses yeux, bleus... J'ai un pincement au coeur quand il tourne son visage vers moi... J'aurais pu me tirer de là, j'aurais très bien pu m'en aller en courant mais non... Il y a quelque chose dans ce regard qui me donne envie de rester, qui me donne envie de l'aider. L'esprit jette ensuite un regard à John et j'en fais de même. Je me penche vers lui et je lui chuchote quelques mots, tout en sachant très bien que l'esprit va quand même entendre ce que je lui dis.

- Vous allez faire quoi ? vous allez l'aider ?

Je dois bien avouer que tout ça a piqué ma curiosité et j'ai envie de voir de quoi le Grand Constantine est capable. Mes yeux sont plongés dans ceux de John et je sursaute quand je sens quelque chose de froid venir me toucher la main. Lentement, je baisse les yeux et je remarque que notre invité vient de poser sa main sur la mienne. Flippée je m'adresse à John sans quitter le fantôme des yeux.

- Je suis censée faire quoi là....

La gorge nouée, je déglutis difficilement. Je n'ose même plus bouger sur ma chaise et je n'arrive plus à quitter des yeux ce regard qui me fixe, désespéré.

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MessagePosté le: Ven 1 Juil 2016 - 17:17

Ce qui est le plus amusant avec les personnes n'ayant aucunes habitudes des spectres, n'est autre que leurs réactions, surtout la première fois. Beaucoup tentent de faire comme si de rien n'était, jouant les blasés, malgré qu'ils se pissent littéralement dessus et que, à leur décharge, ça peut surprendre de voir un verre flotter dans les airs, comme ça, sans personne pour le tenir. Ah mais je ne critique pas, je constate. Ils sont bien trop peu représentés tels qu'ils le sont réellement. Les films d'horreur, avec tous ces fantômes vengeurs et tueurs, ces couteaux qui transpercent les pauvre petites adolescentes en manque… Bref, rien qui ne leur rendre la douleur ou la tristesse dont ils sont affublés. Un fantôme c'est ça, une âme errante qui n'arrive pas à trouver le repos pour une raison qui lui est propre. Un meurtre non élucidé, un suicide, ou… Autre chose. Vu la tête de celui-ci, je pencherais pour le dernier point. A moins bien entendu qu'il s'est retrouvé écrasé par une montgolfière alors qu'il faisait un golf. Ouais, mon humour passe assez mal parfois.

Je porte mon Gin tonic à mes lèvres, cachant mon sourire qui ne fait que grandir alors que je vois Felicity manquer de se tuer en avalant ton thé d'un coup. Notre nouvel ami la fixe tant et si bien que je commence à comprendre de quoi il en retourne. Et merde ! Ca sent la chiure de mafieux et le règlement de comptes à 50 miles à la ronde. Comme si de rien n'était je continue de vider mon verre. Au bout de quelques secondes une bière arrive sur la table, la serveuse – dont les atouts débordent tellement de son débardeur qu'on pourrait se servir du lait directement à la fabrique –, me toise de ses yeux noirs. Je lui souris, la remercie, et elle fini par partir sans dire quoique ce soit. Après bon, j'avais payé la note, et Felicity planait trop pour se rendre compte de ce qu'il pouvait bien se passer autour d'elle.

Seule sa question démontrait qu'elle était encore vivante. Mon regard passa de l'un à l'autre, une fois ou deux, avant de se reporter vers la blondinette. Les glaçons qui trempaient encore le fond du verre tintèrent lorsque je le posais sur la table. M'enfonçant dans la chaise relativement confortable pour un bar de ce genre, je pris une clope et me l'allumais. So British que je suis, mon paquet se tendit dans la direction du nouveau petit ami de Felicity. Il ne fumait pas non plus… Quoique… Ce n'était pas comme s'il pouvait le faire non plus. Un des nombreux soucis de la forme spectrale parait-il.


- Je suis de congé aujourd'hui.

En plus, ce n'était pas comme s'il portait une quelconque attention à moi au final, bien au contraire à vrai dire. Ces yeux bleus n'en avaient que pour la blondinette à lunettes… Et bien ma grande, aujourd'hui tu n'auras pas besoin de ton ordinateur pour résoudre ce petit problème fantomatique. Néanmoins, ton cerveau et ton cœur te seront nettement plus utile. Qu'il est gentil Tonton John ! Trop gentil même. J'en deviendrais presque attentionné avec le reste de l'humanité. La cendre de ma clope tombait dans le cendrier qui se trouvait sur la table. La fumée qui s'échappait de ma bouche me présentait les traits de plus en plus nets. Il était jeune, enfin, comparé à moi, et avait une certaine ressemblance avec la blonde… Qui me coupa dans mes observations en me parlant. Ces femmes !

- Embrassez-le. C'est peut-être ce qu'il attend.

Non sans poser discrètement les yeux sur la main de Felicity, j'avais perçu le mouvement de notre copain de soirée. Son geste n'était pas celui d'un simple étranger désireux de saluer la première femme venue, avec dans l'optique de l'allonger dans son lit le soir même. C'était plus… Particulier. Croisant les bras sur mon torse, je me mit à le fixer avant de m'adresser directement à ce type. Ma voix était calme, avec une pointe d'amusement.

- Ta bière est bonne ? Par contre, concernant la demoiselle, il serait de bon ton de te présenter mon grand. Moi c'est John Constantine. Et toi ? C'est quoi ton histoire ?

Ah la la ! Les spectres et leurs histoires à faire pleurer un âne mort. Nous étions partis pour la pire histoire de tous les temps, même un remake réunissant deux des pires films de l'histoire du cinéma – Titanic et L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux –, n'aurait pas été aussi triste. Bien entendu, je ne pleurais jamais pour si peu. Il en fallait bien plus, beaucoup plus. Comme quelqu'un brisant un scotch de 35 ans d'âge par exemple !
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MessagePosté le: Lun 4 Juil 2016 - 16:03
Je me retiens, je serre les dents. Faut pas que je prenne la fuite, faut pas que je prenne la fuite... Je ne cesse de me répéter ça dans la tête et je prie intérieurement pour que le fantôme ne soit pas du genre à péter un plomb sans raisons. J'espère que les choses vont s'arrêter là et que c'est juste un simple fantôme qui me touche la main et pas un truc maléfique ou autre.... Si il se met à avoir les yeux qui brillent, je jure que je me sauve d'ici en criant et sans regarder derrière moi ! Perplexe, je demande de l'aide à Constantine, mais celui-ci semble prendre un malin plaisir à me voir galérer et surtout, il me fait savoir qu'aujourd'hui, comme par hasard, il est en congé. Je tourne mon visage vers lui et je fronce les sourcils. Il va me le payer tiens. Rien qu'à mon regard, il doit se douter que je vais me venger. Je pousse un soupir et j'avale une gorgée de thé en essayant de ne pas trop porter attention à ce regard fixé sur moi. Pourquoi ça tombe toujours su moi ce genre de chose... Je m'apprête à dire quelque chose, mais John sort encore une de ces remarques qui ont le don de m'exaspérer et dont lui seul a le secret.

- Nan mais sérieusement...

Exaspérée, je retire mes mains de dessus la table et je les croise sur ma poitrine tout en m'enfonçant dans ma chaise. Mais pourquoi j'ai dis oui à ce petit rendez vous... Des fois j'ai envie de me gifler et là je crois que je tiens la palme. J'y connais rien en fantôme, je sais même pas pourquoi il me regarde comme ça et encore moins ce qu'il veut. Le pro ici ce n'est pas moi, c'est l'autre andouille assis de l'autre côté et qui a l'air de prendre son pied à me voir ramer. Je remonte mes lunettes sur mon nez d'un geste brusque et je manque par la même occasion de renverser mon thé sur la table.

Finalement, John prend la parole et s'adresse au fantôme. Connaître son nom... Ben oui quelle nouille, j'aurais très bien pu y penser moi. Je tourne mon visage vers l'invité, ce dernier ne me quitte pas des yeux et j'ai l'impression qu'il est en train de me passer aux rayons X. Mes mains viennent immédiatement protéger ma poitrine, juste au cas où. Cette fois, je craque et je pars au quart de tour.

- Monsieur ou qui que vous soyez, arrêtez de me fixer comme ça, S'IL VOUS PLAIT !

Cette fois ça y est, je passe pour une hystérique et une dingue. D'ailleurs, je crois que même le fantôme me prend pour une tarée parce qu'il n'ose même plus me regarder dans les yeux. Je me rend compte de ce que je viens de faire et je me sens idiote. Je remonte mes lunettes avant de lâcher quelques mots dans un soupir.

- Désolée de vous avoir crié dessus mais ça me met mal à l'aise...

Un sourire timide se dessine sur mon visage et je jette un coup d'oeil à John. Qu'il s'avise pas d'en rajouter parce que cette fois je lui balance mon thé à la figure.
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MessagePosté le: Ven 5 Aoû 2016 - 11:16

Il y avait des choses particulièrement amusante dans la vie. Observer Boucle d'Or sur sa chaise, faisant face à un fantôme relativement stoïque venait de se rajouter à la liste. Pour le moment, je préférais rester en retrait. Non pas que le fait qu'il soit présent ne me dérange le moins du monde, c'était plutôt que je n'en avait rien à foutre. De ce que je pouvais en voir, il ne me semblait pas particulièrement dangereux. Ou tout du moins, pas plus qu'un crabe. Il allait nous faire quoi s'il s'énervait ? Nous maudire au nom de la lune ? Façon blondasse en jupette et froufrous ? J'en doutais. Juste par curiosité, je lui avait demandé son nom. Tiens, j'existait maintenant à ses yeux. Ou plutôt, je devrais dire qu'il intima à porter une quelconque attention à ma personne. Ouais, c'était plutôt ça en fait. Ses lèvres s'entrouvrirent, et à la place d'une voix, ce fut une sorte de gargarisme sinistre qui s'éleva à mes oreilles. Un liquide étrangement opaque s'écoula de ses lèvres et tomba sur la table, avant de disparaître dans le plancher du bar.

Tout en me frottant le front, je compris qu'une nouvelle fois encore, j'avais vu juste. Meurtre par noyade. Et pas loin d'ici en plus. Les âmes errantes dans son genre ne pouvait pas s'éloigner de l'endroit de leur mort. Une sorte de lien entre son corps de chaire et d'os, et cette forme spectrale. Voilà qu'il ne manquait plus que les vers lui sortant par les orbites, et ça aurait été la totale ! Heureusement pour Felicity, ce ne fut pas le cas. Bon, maintenant il fallait comprendre où et comment ça pouvait bien être arrivé… Je plongeait mon doigt dans mon verre, et en ressortant quelques gouttes du mélange qui trempait désormais le fond transparent, mélange entre le reste de Gin Tonic et la glace fondue, je dessinais une suite de symboles sur la table. Faire ça dans un lieu ouvert ça pouvait poser quelques soucis. Donc par acquis de conscience, je fis en sorte que personne ne remarque mes mouvements.

Tout autour de nous le monde se brouilla, tourbillonna et fini par se distordre. Je m'allumais une clope en attendant que ça se termine. Des voyages pareils ça n'était pas pour me déplaire au demeurant, c'était juste que j'avais la sale manie d'y rencontrer pas mal de problèmes. Boucle d'Or à ma gauche, l'autre Fantomas de l'autre, on finit par arrêter de bouger. Comment un fantôme pouvait bien pleurer ? J'en avais vu des trucs bizarres, mais jamais à ce point là. Il pleurait comme une pucelle, bon… Je comprenais assez aisément sa réaction… Roméo & Juliette façon Mafieux ? Et merde ! C'était du déjà vu quoi ! Un des types en costard se tourna vers Felicity et l'attrapa au cou. Pas commun ça ! Lui écrasant ma clope sur le dos de la main, il lâcha l'étreinte avant de disparaître en poussière.


- Maintenant, il faut que tu explique ton bordel mon grand. On est dans ton passé ou ailleurs ?

Restant silencieux, le fantôme me regarda une nouvelle fois, s'approcha de Felicity et l'embrassa. Hum… Sérieusement ? J'ignorais si l'un et l'autre appréciait cet acte, ni même s'ils avaient quoique ce soit en commun. Pourtant, lorsqu'il se recula, notre nouveau copain disparu et on se retrouva à nouveau dans le bar, la bière vide, et enfoncés dans nos fauteuils respectifs. Silencieux, je ne pouvais encore expliquer ce qu'il venait de se passer. Boucle d'Or avait eu une vie avant celle-ci ? Métempsychose ou une connerie dans le genre… Elle me plaisais de plus en plus cette petite ! C'était assez rare que de voir revenir d'une de ses vies antérieures un esprit pareil. Au moins, il semblait en paix maintenant. Ou pas…

- Vous le connaissiez ? Tout porte à croire que c'est le cas en fait. Mais bon, je peux me tromper…

Je lui souris, amusé de l'avoir vue embrasser un spectre dans une autre vie. Néanmoins, je restais toujours perplexe sur les raisons de sa présence ici. Qu'y avait-il ici avant ce bar ? Les ricains et leurs délires d'expansion… Ca sentait de plus en plus mauvais…
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MessagePosté le: Dim 21 Aoû 2016 - 15:06
Mais dans quoi je me suis encore fourrée. J'ai le don d'accepter des rendez-vous qui à chaque fois se finissent différemment de ce que j'ai prévu et moi les imprévus, j'aime pas ça. Enfoncée dans ma chaise, j'essaye tant bien que mal de na pas trop porter attention au fantôme qui encore une fois me fixe. Cette sensation d'être déshabillée du regard est tout à fait désagréable et j'ai encore une fois envie de lui balancer mon verre à la figure même si je sais que ça ne va pas lui faire grand mal. Enfin bon, finalement, il semble enfin décidé à accorder son attention à Constantine qui vient de lui demander comment il s'appelle. Je tourne le visage vers notre ami et alors que j'attend une réponse claire de sa part, quelque chose d'assez... étonnant, se passe. Il se met à cracher quelque chose, un liquide qui disparaît en tombant à ses pieds. Inconsciemment, je ne peux pas m'empêcher de faire un bond en arrière sur ma chaise. Pour moi qui n'y connais rien en esprit et qui il y a encore quelques heures n'y croyais pas, je suis perdue. Incrédule, je tourne le visage vers Constantine. Contrairement à moi, lui il a l'air de savoir ce qu'il se passe. J'ai envie de lui dire de partager son savoir mais avant même que j'ai ouvert la bouche, je le vois qui trempe son doigt dans son verre. J'écarquille les yeux alors que je le vois dessiner quelque chose sur la table. Mais qu'est ce qu'il fait ? Là non plus, je n'ai pas le temps de me poser plus de questions. Le décor tout autour de nous se mit à tourner, je suis même obligée de me frotter les yeux tellement tout est brouillé. Oh c'est pas vrai voilà que j'ai envie de vomir.

Je plaque mes deux mains sur ma bouche, juste au cas où et je ferme les yeux. Faut pas que je regarder sinon je vais vomir mon petit déjeuner. Une fois que je sens que les choses s'arrêtent et ne tournent plus, mes mains agrippent la table et je prend une profonde inspiration avant d'ouvrir un oeil puis le second. Je n'ai même pas le temps de comprendre où on est que je sens quelqu'un me serrer par le cou. Le souffle coupé j'essaye de me dégager mais plus je bouge, plus l'étreinte se ressert. C'est John qui réussit à me sortir de là en brûlant le dos de la main de mon agresseur qui disparaît dans un nuage de poussières. Mes mains se portent à mon cou et je dois reprendre mon souffle, mon regard se posant tour à tour sur John et le fantôme. Constantine s'adresse au fantôme et se dernier, pour seule et unique réponse, s'approche de moi et m'embrasse. Les yeux grands ouverts, je reste là sans bouger. Je ne peux cependant pas ignorer cette sensation au fond de moi. Pourquoi est ce que j'ai la sensation de reconnaître cette sensation... En un claquement de doigt, il disparu et on se retrouve comme deux idiots, assis dans nos fauteuils, dans le bar. Les yeux fixes, le regard dans le vague, à cet instant précis, c'est le bazar dans ma tête. La voix de John me sort de mes pensées et je me tourne vers lui, le regard plein d'interrogation.

- Hum... je.... j'en sais rien...

Perdue, complètement à l'ouest, j'ai du mal à encaisser ce qu'il vient de se passer.

- Il est parti ? C'est fini ? Il s'est passé quoi là ?
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MessagePosté le: Ven 26 Aoû 2016 - 11:01

Alors voilà de quoi il en retournait, notre ami du soir n'avait jamais pu réaliser ce rêve. Arrivé trop tard, tué sur le coup, peu importait. Désormais il était libre de retrouver celle qu'il aimait. J'avais une nouvelle fois vu juste. La culpabilité était une des raisons qui faisait qu'une âme ne pouvait trouver le repos. Des ombres, des pleurs, des cris… Mes oreilles les entendaient aussi aisément que si j'écoutais un bon vieil album des Mucous Membrane. Ouais… On était plus que tous les deux ma jolie. Il avait vu en toi la manière la plus simple pour se libérer d'un poids dont il ne pouvait plus se séparer. D'une certaine manière, il avait de la chance. Mais de mon point de vue, la blondinette en avait payé de sa personne. La marque des doigts était encore bien visible sur son cou et – heureusement que l'on soit en hiver – elle disparaîtrait assez vite derrière son écharpe. Sa question m'étonna un peu, je l'avoue. Il n'était plus là, donc la réponse se voulait être tacite non ? Mon verre se porta à mes lèvres, et je sentis le liquide alcoolisé descendre dans ma gorge, la brûlant légèrement avant de lui répondre.

- Métempsychose.

Dans certaines religions, tout autant que pour certaines philosophies telles que le Bouddhisme, la réincarnation s'opérait sur l'âme jusqu'à ce que celle-ci soit purifiée. Et ça pouvait prendre des siècles, et passer par des corps tous aussi différents les uns que les autres. Sept mondes, si mes souvenirs sont bons, sept mondes plus atroces les uns que les autres. Désormais, la blondinette pourrait sans aucuns doutes pouvoir fouiller de ce côté-là. J'avais reconnu l'emplacement exact où l'on s'était retrouvé avec notre copain fantomatique. Ce n'était pas loin, toutefois… Pas ce soir. Morphée commençait à vouloir me rendre visite et dormir dans un lit me paraissait si lointain que j'en oubliais jusqu'à l'existence du confort d'un matelas. Est-ce que je devais la laisser comme ça ? Sans réelle réponse… Soit. Le mieux serait peut-être pour elle d'en savoir un peu plus.

- Vous êtes une réincarnation de la femme qu'il a aimé. Apparemment, vous avez faillit mourir de la même manière dont elle le fit. Même si ça remonte à plusieurs années. Il ne faut pas oublier une chose, quand on meurt, certains reviennent, d'autres pas. Nous ne sommes pas éternels, juste… (Je déglutis.) Mortel ?

Ce que je craignais le plus, n'était autre que cette marque ne soit qu'un début. Que la prochaine fois, je ne sois pas là pour empêcher l'autre abruti de la tuer. Quand au spectre, il devait très certainement veiller sur elle d'une manière ou d'une autre. Son "suicide" par noyade, pour ne pas dire qu'on l'a aidé à le faire, avait servit à nettoyer un affront quelconque. Les mafieux et leurs idées à la con… Elle devrait faire attention. Le fait que je l'ai chassé de ce rêve n'était pas la meilleure des façons de faire, mais le temps nous manquait. Si je n'aurais pas agit, n'importe qui aurait compris ce qu'il se serait passé. Et ramener son cadavre ne m'enchantait pas le moins du monde. J'avais bien assez de soucis comme ça sans devoir en rajouter. Mes mains fouillèrent mes poches l'une après l'autre. Après quelques secondes, j'en sortis une de mes cartes avec un stylo. Sur le dos de la carte, j'écrivais l'adresse d'un magasin se trouvant à Chinatown.

- Tenez, allez voir le type qui tient cette boutique en précisant bien que c'est de ma part. Je le contacterai dès que possible. Il saura quoi vous donner pour palier à vos futures emmerdes. (Je me levais, laissais quelques billets qui correspondaient à plus de la totalité de la somme sur la table et m'arrêta à la hauteur de la blondinette.) Ce fut un vrai plaisir que de vous rencontrer Miss Smoak. Et surtout, bienvenue dans mon univers…

Passant la porte, la laissant ainsi, très certainement pleine de questions sans réponses, je m'allumais une clope. Il avait recommencé à neiger. Putain de temps de merde ! Quelle idée à la con… Bon aller, elle et moi étions des Outlaws après tout, on se reverrait d'ici peu. Mon portable sonna tandis que le nom s'affichait sur l'écran. Finalement, je ne pourrais pas dormir cette nuit… Pas tant qu'elle me réclamerait.

Putain, ce que j'aimais ma vie !
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MessagePosté le: Jeu 1 Sep 2016 - 22:38
Métemquoi ??? Je regarde John, ou plutôt je le fixe, les yeux bien ouverts derrière les carreaux de mes lunettes. Moi la fille terre à terre, la fille qui croit à tout sauf à ce genre de chose, je me sens bien stupide à cet instant précis. j'étais censée venir à un simple rendez-vous pour faire connaissance avec un Outlaws et au lieu de ça, je me suis retrouvée assise à cette table, un fantôme qui me fixe et une marque de doigts sur le cou. Du bout des doigts j'effleure d'ailleurs la zone encore sensible de ma gorge avant de repenser à tout ce qu'il vient de se passer. En plus d'avoir rencontré mon premier fantôme, je me rend compte qu'avant cette vie, j'en ai eu une, voir plusieurs, et qu'en plus le fantôme me connait. Je ne sais plus trop quoi penser de tout ça et l'intello que je suis a, à ce moment précis, un peu de mal à remettre son cerveau en état de fonctionner. Perdue, je reprend un minimum mes esprits lorsque la voix de Constantine me parvient jusqu'aux oreilles. Je lève les yeux vers lui et je l'écoute avec attention alors qu'il m'explique avec des mots que je comprend un peu mieux, ce qu'il vient de se passer. Est ce que j'ai failli mourir ? Ben étant donné que je côtoie des gens spéciaux, le genre de gens qui ont tendance à attirer les ennuis, je pense oui, que plusieurs fois j'ai failli y laisser ma peau. Je plisse les yeux, j'essaye de trouver une réponse, mais même en cherchant bien je ne vois pas quel est le point commun. Sacré bazar tout ça !

J'attrape ma tasse de thé pour boire, mais elle est vide. Dépitée, je la pose sur la table et ma langue vient claquer sur mon palais. Les bras croisés sur ma poitrine, j'essaye de ne pas trop montrer que cette histoire me rend folle mais c'est plus fort que moi, je n'arrête pas d'y penser. Du coin de l'oeil je vois Constantine prendre quelque chose dans sa poche. Curieuse, je l'observe alors qu'il griffonne quelque chose sur une de ses cartes de visite. Il me tend la carte, je la prend, curieuse. J'observe l'adresse qu'il a écrite au dos et je lève les yeux quand il me parle d'une boutique. Encore un truc que j'aurais jamais fait en temps normal. Pousser la porte de ce genre de magasin, ce n'est pas vraiment le genre de truc que je fais tout les jours. Pourtant, je fais signe de la tête pour lui faire comprendre que je vais m'y rendre. Il se lève et me remercie. Juste avant qu'il ne quitte l'endroit, j'ai le temps de lui demander quelque chose.

- S'il vous plaît pas un mot de tout ça...

Et surtout pas à Oliver... John a déjà quitté le bar et je me retrouve assise, seule, la carte dans les mains et les yeux fixés sur le nom de la boutique dans laquelle je dois me rendre. Je jette un rapide coup d'oeil alentours, comme si j'avais peur que quelqu'un ait tout vu et à mon tour, je disparais.
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