[JSA] [Providence, Rhode Island] La quête horrifique de R'lyeh la maléfique


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MessagePosté le: Mar 19 Juil - 9:41
Le briefing terminé et les (rares) documents amassés par Libby remis, Atom put faire ce qu'il savait faire le mieux : passer du temps en bibliothèque, compulser des données, les recouper, bref travailler d'arrache-pied entre ses-amis-les-livres, dans des sections reculées et poussièreuses de la B.U. d'Ivy Town, demandant à une documentaliste stupéfaite des livres que jamais Atom ne se serait vu emprunter de lui-même...

Car, Liberty ne s'était pas réellement foulée. Autant la connaissance qu'elle pouvait avoir des mouvements d'extrême-droite, des néo et paléo-nazis, était encyclopédique, autant elle ne connaissait à peu près rien en ésotérisme et en mysticisme.

Mais qui pouvait lui jeter la pierre pour cela ?

Quoi qu'il en fut de la masse de documents obtenue en réunissant les quelques papiers fournis par Liberty et ses recherches personnelles, Atom releva :

- que, dans la mythologie, les Valkyries sont des vierges guerrières nordiques qui servent Odin, le Maître des dieux, volent sur des chevaux ailés et accompagnent les guerriers morts en héros au Valhalla, le palais de leur maître, en attendant la lutte finale lors de l'apocalypse, Ragnarök

- que l'attentat manqué du 20 juillet 1944 du Colonel Stauffenberg contre Adolf Hitler avait conduit au déclenchement d'un plan pour que la Wehrmacht prenne le contrôle du pouvoir et procède aux arrestations des dignitaires du parti, des Gauleiter, des SS, ... Ce plan s'appelait... Valkyrie !

- que des Valkyries sont, de même, à l'origine de la création de la JSA. Hitler avait réussi à en invoquer en utilisant un artefact magique, une lance romaine, et elles devaient escorter sur leurs montures ailées un bombardier, le 9 novembre 1940, contenant une arme suprême, bombardier qui avait pour mission d'anéantir Washington et de permettre l'invasion des USA ! L'intervention des futurs fondateurs de la JSA - et notamment du Spectre - avait permis de renvoyer les guerrières nordiques dans leur dimension et de détruire l'appareil !

- que "R'lyeh" fait référence à une cité fictive, sensément engloutie dans l'océan pacifique, dans laquelle une monstrueuse abomination extra-terrestre, l'un des Grands Anciens, Chtulhu, rêve en attendant l'heure de pouvoir reprendre sa place sur Terre et dominer / anéantir l'humanité ("Dans sa demeure de R'lyeh la morte, Chtulhu rêve et attend")

- que "R'lyeh" et "Chtulhu" sont des créations d'un auteur américain, H.P. Lovecraft (1890-1937) qui a forgé toute une mythologie autour de créatures malfaisantes, surgies du fond des temps, adorées par des peuplades dégénérées, et dont le retour conduirait à la destruction du monde ! Ces héros, des investigateurs, détectives ou journalistes, névrosés finissaient invariablement par se brûler la cervelle avec un pistolet ou par devenir complètement fous. Cette mythologie, bien que Lovecraft lui-même, ne lui ait jamais donné ce nom, est dorénavant connue sous le nom de "Mythe de Chtulhu"

- qu'en plus de "R'lyeh" et de "Chutlhu", Lovecraft a également créé d'autres dieux et d'autres lieux. Ainsi, la plupart de ses histoires se passent dans l'Université fictive de la Nouvelle-Angleterre, Arkham. D'autres choses abominables ont pu également se produire dans ses nouvelles à Innsmouth, une ville côtière dominée par d'étranges et malfaisants hybrides (de batraciens ?), ou à Dunwich, siège d'une horreur sans nom ! Les noms de Yog Sothoth, Shub-Niggurath ou Azathoth sont également familiers des lecteurs de Lovecraft. Quant au célèbre Necronomicon, grimoire infâme, écrit par l'arabe dément, Abdul al-Hazred, il n'est plus à présenter... sauf pour rappeler qu'il n'existe pas et qu'il s'agit, comme tous les autres éléments du Mythe, d'une pure création de Lovecraft (inspiré, également, par Ambrose Bierce, Edgar Allan Poe, Robert W. Chambers ou Arthur Machen)

- que, par conséquent, les Valkyries de R'lyeh, dixit Liberty Belle, serait un mouvement d'apprenties-sorcières, pensant tirer leurs pouvoirs de l'adulation de ces prétendus "Grands Anciens" et prônant l'extermination de la race humaine dans son ensemble, à l'exception des sincères adorateurs de Chtulhu & cie. Le mouvement serait assez récent et composé de femmes plutôt jeunes. Tellement récent que le groupe n'a fait l'objet - pour le moment - de la moindre note dans le "Dictionnaire de l'Extrême-Droite" publié par l'Université de Harvard, et ce en dépit de la grande qualité de cet ouvrage. En fait, l'existence des Valkyries était jusqu'à présent une vague rumeur, murmurée par d'autres groupes ésotériques et / ou racistes. Si Atom & les autres ne les avaient pas vu de leurs propres yeux, rien ne pourrait accréditer leur existence !

C'était à peu près tout ce qu'avait pu trouver Atom dans les documents de Liberty. D'ailleurs, cette documentation se constituait essentiellement de photocopies de livres d'histoire, de quelques notes rédigées nerveusement par Liberty Belle et d'un volume de poche contenant les principales nouvelles de Lovecraft en plus d'un petit essai rédigé par un certain Professeur C. D. Ward, de la Faculté des Lettres Modernes de Providence.

Dans cet essai, plutôt bien référencé, Ward développait - notamment - que le drame de la consanguinité dans les contrées les plus reculées de la Nouvelle-Angleterre à l'époque où vivait Lovecraft, ainsi que son propre racisme, expliquait que les adorateurs des Grands Anciens étaient toujours soit des étrangers (et notamment des noirs, couleur de peau que prenait d'ailleurs invariablement le messager des Grands Anciens, Nyarlathotep, quand il décidait de s'incarner en humain), soit des dégénérés...

... en fait pour le Pr. Ward, Lovecraft ne faisait que coucher sur papier ses propres névroses, faisant de son oeuvre une cartographie de son inconscient !

Plutôt bien écrit et agréable à lire, cet essai contenait surtout la véritable première piste : une note de bas de page référençait les Valkyries de R'lyeh en tant que "groupuscule d'adoratrices des Grands Anciens, originaires de Providence, qui étaient passées de la magie new-age blanche à la recherche frénétique du Necronomicon... Comme quoi on pouvait être une jeune américaine cultivée et pour autant se lancer dans une chasse au mouton à 5 pattes sous l'influence de mauvaises recherches, lectures et fréquentations !" (cf. "A la recherche de Lovecraft", C.D. Ward, in Nouvelles Complètes, t. I, H.P. Lovecraft, Arkham House, 2014, p. 52)

Aucune référence n'était faite en revanche dans cet ouvrage à une quelconque radicalisation néo-nazi de ces mêmes Valkyries.

En faisant des recherches complémentaires en B.U., Atom ne put obtenir que la confirmation de ce qu'il avait déjà lu. Finalement, le document le plus intéressant qu'il put consulter fut l'Annuaire des Universités Américaines et la notice du Professeur Ward !

Jeune professeur de Lettres Modernes, Christian Donovan Ward a soutenu une thèse sur l'oeuvre de Lovecraft et notamment sur son influence posthume en littérature, peinture, spiritualité (thèse non disponible dans les archives de la B.U. d'Ivy Town), et a accompli toute sa carrière à Providence. Célibataire, sans enfant, il n'a presque pas publié et assure relativement peu de cours, préférant se concentrer sur des recherches personnelles... Par ailleurs, bien qu'habilité à diriger des thèses de doctorat, aucun étudiant ne l'a encore choisi pour le faire.

Atom dut se rendre à l'évidence : ce type était le seul capable de lui fournir les renseignements dont il avait besoin sur les Valkyries de R'lyeh. Un voyage à Providence s'imposait donc...

*
* *

Arrivé en gare de Providence, le Pr. Palmer bondit dans un taxi qui le mena jusqu'à la Faculté des Lettres. Après s'être fait indiquer le chemin par une secrétaire à l'accueil de la Faculté, le scientifique se retrouva dans le bureau de travail de Ward.

L'homme était devant lui, assis derrière son bureau, au beau milieu d'une pièce jonchée de documents, de livres et de papiers en tout genre... Et au sein de ce bordel sans nom, de ces fatras organisés en strates archéologiques, l'homme qui faisait face à Atom, l'homme qu'il recherchait...


... avait une ressemblance troublante avec les photographies qu'Atom avait pu voir de Lovecraft !

"Puis-je vous aider, Mon Cher Monsieur ?"

La voix était affable et courtoise. Un sourire sincère traversa le visage de Ward alors que ce dernier faisait un geste à Atom pour l'inviter à dégager une chaise des papiers l'encombrant et de s'y asseoir.

Il ajouta en riant :

"J'espère que vous n'êtes pas envoyé par mon éditeur ! Auquel cas, je suis au regret de vous annoncer que je n'ai pas écrit une page depuis la dernière fois que quelqu'un de chez "Arkham House" s'est déplacé dans ce bureau..."
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MessagePosté le: Sam 30 Juil - 22:27
Ray Palmer est beaucoup de choses : professeur, scientifique, aventurier - même "super-héros", malgré ses doutes sur la réalité de son héroïsme et de son caractère extraordinaire. Mais, avant toute chose, il est resté l'enfant et l'adolescent qui se sont passionnés pour la science, pour les héros de la Justice Society of America, pour le défi de l'aventure - et pour la science-fiction.

Sans se mentir, et surtout sans révéler un grand secret, s'il n'avait pas découvert l'étoile-naine et s'il n'avait pas trouvé en lui la capacité de se dépasser, Ray serait resté un "geek", comme on dit, à lire des récits fantastiques, d'horreur et d'imaginaire ; il en rédigeait également quelques-uns, en secret, avant de se lancer lui-même dans l'aventure.

De ce fait, le scientifique est parfaitement informé des récits d'Howard Philip Lovecraft ; et s'il les a longtemps dévorés étant plus jeune, il les a peu à peu abandonnés - d'abord à cause d'une forme de lassitude devant une certaine répétition dans le style et les thèmes, et ensuite une sorte de malaise devant les idées xénophobes et brutales de l'auteur envers d'autres catégories de la population. S'il comprend l'époque, et les limitations morales, cela fut suffisant pour lui faire cesser ses lectures.

Son regret, et la perte de ses souvenirs et de ses connaissances, sont par conséquent de terribles découvertes pour lui, tandis qu'il se plonge dans les nombreux livres et bases de données consultés à la Bibliothèque Universitaire d'Ivy Town.

Pendant de nombreuses heures, de nombreux jours, Palmer s'immerge dans de nombreux documents qu'il n'aurait pas vraiment voulu connaître.
Il reconnecte son esprit avec l'oeuvre de l'écrivain considéré comme fou, et découvre également les étranges "coïncidences" entre les Valkyries et cette dernière ; les Valkyries de R'lyeh apparaissent rapidement comme une menace d'importance, et toutes ces recherches ne font que confirmer la dure réalité qu'il avait déjà comprise.

Atom doit s'associer, définitivement, à la Justice Society of America pour mettre fin à cette folie.
Et il le fera avec toute la détermination, toute la rage et toute la fureur que l'idée du nazisme et l'horreur de R'lyeh provoquent chez lui.

Après bien des hésitations et des réflexions, le scientifique décida de suivre son instinct et voulut prendre contact avec l'étonnant C.D. Ward - malgré son instinct lui rappelant qu'un autre Ward, cette fois-ci Charles Dexter, avait connu un destin terrible sous la plume de Lovecraft lui-même.
Tout cela ne lui plaisait guère, mais il n'avait pas le choix. Il avait été chargé d'une mission, et il n'est pas homme à l'abandonner.

Après un trajet long, rempli de doutes et de théories, il parvint à l'étrange ville de Providence et fut introduit auprès de Christian Donovan Ward, dont l'allure le surprit évidemment.



Les photographies de Lovecraft lui-même semblent avoir pris vie devant lui, mais Ray, en civil, prend sur lui et esquisse un petit sourire.

"Non, non, je ne suis pas envoyé par votre éditeur : ma visite concerne votre oeuvre, mais pas pour exiger une suite, plutôt des explications sur l'existant."

Ray s'approche, propose sa main et offre une poignée virile au chercheur.

"Je m'appelle Ray - Ray Palmer. On m'appelle aussi Atom, quand je porte quelque chose de plus coloré... et que je suis plus petit, évidemment."

Il sourit à nouveau, avant de sortir de sa serviette de voyage le livre consulté à Ivy Town et source de ses interrogations.

"J'ai besoin d'informations, monsieur Donovan. Sur Lovecraft, sur R'lyeh, sur les Valkyries, et sur les secrets de ce monde - qui est menacé, je le crains, par des jeunes personnes qui déclenchent des forces qu'elles ne peuvent contrôler. Pouvez-vous m'aider ? Professeur ?"

Son ton est sûr, son discours est direct... il n'a pas de temps à perdre, hélas.
Et, surtout, il n'est ni à l'aise, ni rassuré devant cet étonnant homme, dans cette étonnante ville, dans le cadre de cette étonnante aventure. Il espère que la providence veillera sur lui dans cette cité éponyme - même s'il sait, au fond, que bien des démons rôdent par ici !


(HJ/ Savais-tu que je suis un grand fan de H.P.L. ? Et que j'en ai dévoré il y a des années ? Tu me rends TELLEMENT content, merci ! cheers /HJ)
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MessagePosté le: Mar 2 Aoû - 11:57
Ward esquissa un léger sourire et admit son ignorance...

"Atom ? N'est-ce pas le nom d'un héros costumé ? Je.."

Il baissa les yeux et ajouta en bafouillant :

"Je suis assez retiré des choses de ce monde, à vrai dire. Je ne lis guère la presse et je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ne pas vous avoir reconnu, M. Palmer..."

Ayant remarqué l'ouvrage que tenait Palmer entre ses mains, le Professeur Ward eut un léger froncement de sourcil et parut réfléchir quelques instants sur ce qu'il allait bien pouvoir dire - ou non - à Palmer. Puis finalement, il lança d'une voix grave, dépourvue de toute l'affabilité dont il avait fait preuve jusqu'à présent :

"M. Palmer, si vous êtes envoyés par mes prétendus collègues pour vous moquer de moi, je vous remercie de bien vouloir prendre immédiatement la porte..."

Il scruta à nouveau Palmer, puis reprit d'une voix résignée :

"Oh et puis tant pis ! Peut-être êtes vous sincèrement aussi fou que je ne le suis, ou bien vous allez encore vous moquer de moi, je n'en sais rien... Il est des connaissances qu'un homme aurait mieux fait de ne jamais emmagasiner, il est des quêtes que personne de sensé n'aurait du entreprendre... Je maudis le jour, M. Palmer, où mes yeux se sont posés sur "le Cauchemar d'Innsmouth" ! Je..."

Il sourit, comme nostalgique de cette époque.

"Je... J'étais malingre et je n'avais pas d'amis. Ce livre... Eh bien... Il évoquait en moi des choses, des visions, des sensations qui me hante encore ! Lovecraft a changé ma vie, il était donc normal que je lui consacre la mienne"

Faisant un grand geste pour désigner la bibliothèque bourrée de livres qui occupait tout un côté de la pièce, Ward poursuivit :

"J'ai tout lu. Relu. Rerelu. J'ai écrit une thèse sur le Grand Howard et je consacre un temps non négligeable des enseignements que j'assure à l'oeuvre de Lovecraft. Sans grand succès d'ailleurs"

Il soupira et posa un regard triste sur Palmer.

"Les gens pensent que je suis un original et un fou, là où je ne suis qu'un homme seul qui s'est réfugié dans son petit monde littéraire. Comme beaucoup, j'ai voulu voir dans l'oeuvre de Lovecraft la simple résultante des névroses de ce dernier, agrémentée de quelques hommages et pastiches littéraires... créant une sorte de généalogie entre des auteurs comme Chambers, Bierce ou Poe et Lovecraft et entre Lovecraft et ses continuateurs comme Bloch ou Derleth..."

Un petit rire sinistre anima la silhouette filiforme de Ward.

"Comme j'aimerai ne pas m'être trompé. Comme j'aimerai, M. Palmer, que les Valkyries ne soient que de pauvres idiotes comme je l'ai écrit injustement dans mon ouvrage. Comme j'aimerai que mon innocence soit encore intacte et que, plutôt que de lire ce satané livre, j'ai appris à jouer au base-ball avec mon père !"

Le Professeur soupira et reprit :

"Mais on ne se baigne qu'une fois dans la même rivière, cher M. Palmer. Je persiste à croire que les Valkyries, jusqu'à peu, étaient une bande d'écervelées - certaines ayant même assistées à mes cours - faisant des rites idiots avec des "grimoires" que l'on peut acheter en supermarché. De la magie wicca, peuh !"

Le mépris de Ward pour ces apprenties-sorcières semblait atteindre des dimensions cosmiques. Il poursuivit, néanmoins :

"Néanmoins, j'ai été contacté il y a peu par une ancienne membre des Valkyries qui était également l'une de mes élèves. Elle m'a expliqué des choses qui m'ont quelque peu perturbé... Comme quoi, un homme noir les avait contacté et leur avait remis les pages d'un parchemin écrit sur un papier pouvant s'apparenter à de la peau humaine, qu'ensuite elles avaient abandonné leur lieu de réunion précédent pour une église en ruine appartenant à une Société Ésotérique, que les rites sont devenus plus terrifiants encore... donnant pour la première fois des résultats ! En l'espèce des odeurs pestilentielles, des bruits provoqués par des gorges qui n'avaient rien d'humaines..."

Ward marqua une pause pour corriger un léger tremblement qui semblait l'avoir atteint. Avant d'ajouter :

"Cette élève n'a pas voulu suivre ses anciennes camarades ni leur mystérieux mentor dans leur nouveau lieu de culte dont j'ignore la localisation. Elle n'a pas voulu et a sollicité mon aide... Et... Deux jours plus tard, elle avait disparu, tout comme les autres membres des Valkyries"

Ward avala sa salive. Ce souvenir lui semblait pénible.

"J'ai visité les deux lieux de réunion. Le premier, celui du temps de la magie wicca à la sauce lovecraftienne, a d'ores et déjà été reloué à un club de bridge. Il n'y a rien à en tirer. Le second... était abandonné et dégageait une odeur pestilentielle... Il y avait devant moi un autel... vide... Et j'éprouvais une terreur comme je n'en avais jamais éprouvé... Au pied de l'autel, une page ancienne que je ramassa..."

Le Professeur fouilla dans son tiroir et en sortit une page d'un manuscrit...


"La gravure est signée d'un certain L. Prinn. Après expertise auprès de l'un de mes amis graveurs, il s'agit incontestablement d'une édition datant du 19ème siècle et qui a été imprimée en Angleterre - sur du papier, et non sur de la peau humaine comme me l'avait raconté de manière erronée mon élève - par un certain Charles Leggett..."

Ward soupira et précisa :

"Il s'agit de la traduction en langue anglaise du De Vermiis Mysteriis, l'un des ouvrages blasphématoires peuplant l'oeuvre de Lovecraft... sauf que cet ouvrage, comme tous les autres, n'est pas censé exister !"

Le Professeur était dorénavant fébrile, il tourna la page en tremblant et Palmer put voir - qu'au dos - une annotation au stylo avait été faite...

... Dunwich.

"La gravure permet, à mon sens, de localiser la bourgade de Dunwich. J'ai déjà repéré le secteur à fouiller grâce au pont et aux montagnes que l'on peut y voir. C'est là où nous trouverons, je le pense, les Valkyries mais permettez-moi de l'admettre, mon cher M. Palmer... J'ai peur"
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MessagePosté le: Ven 19 Aoû - 22:29
Ray esquisse un petit sourire quand le professeur Ward exprime son ignorance et son désarroi face à l'autre occupation du scientifique qui se présente à lui.

"Il n'y a pas d'offense, professeur. Il est bon que la majorité des gens ne s'occupe pas des activités des costumés, comme on peut dire - après tout, nous essayons de faire au mieux pour que vous n'ayez pas à vous préoccuper. En tout cas, c'est ma vision des choses."

Il s'assoit, tandis que son interlocuteur commence à paniquer.
Palmer reste silencieux, laissant à l'autre le soin de tirer ses propres réflexions, ses propres conclusions ; heureusement, le chercheur réussit à retrouver la voie de la raison, et accepte de lui révéler les éléments qu'il est venu chercher ici.


"Je vous remercie de votre accord, professeur, mais je peux vous assurer que je ne suis pas venu me moquer. Comme vous, j'ai été l'objet de moqueries, de plaisanteries de la part de pseudo collègues, qui au final n'ont jamais rien réalisé par eux-mêmes. Les originaux sont souvent des découvreurs et des aventuriers du mystère - nous devons juste attendre notre heure."

Il sourit, pose sa serviette de voyage à ses pieds, en sort un bloc-notes - et se tait.
Il laisse à Ward le soin de développer ses arguments, d'avancer sa thèse et ses propres investigations. A plusieurs reprises, le scientifique fronce les sourcils, essaye de relier ces indices avec ceux relevés à Ivy Town ou dans la vision subie avec le reste de la Justice Society of America.


"Hum..."

Avec sa main libre, il se gratte à de nombreuses reprises le menton, un vieux tic d'élève puis d'étudiant pour se concentrer.

"Je vois... je vois que vous n'êtes pas resté inactif, professeur Ward - mais je vous comprends. Je comprends votre peur."

Si Ray souriait jusque-là, pour rassurer Ward, cette expression sympathique disparaît quand les choses sérieuses sont directement abordées. Ses yeux quittent le chercheur, pour se poser sur l'illustration et pour réfléchir aux différents éléments avancés par lui.

"Il y a quelque chose qui se prépare, mais je ne sais pas quoi. Il y a quelques temps, à Ivy Town, où je réside, les Valkyries se sont réunies avec d'autres groupes d'extrême-droite. Ils ont participé à un événement, qui visait à créer un passage, un pont entre notre époque et... l'Allemagne nazie.
Je vous avoue que je n'en aurais pas parlé, si je n'avais pas été sûr que votre esprit pouvait accepter ce type d'idée et de concept - et c'est vrai, professeur, je vous l'assure.
En bref, nous avons réussi à les empêcher, mais j'ai été informé, avec d'autres, que ce n'était que le début. Les Valkyries sont une piste, car leur magie - qui est réelle, je vous l'assure - a permis de constituer ce pont dans le Temps. J'en suis donc là, et vous m'offrez d'énormes indices et de nouvelles pistes... mais je suis désolé, je me dois de vous contredire."


Sa voix, sûre et autoritaire, s'arrête. Il pose ses deux mains à plat devant lui, et plonge un regard déterminé sur le visage de son interlocuteur.

"Il n'y a pas de "nous" - j'irai, et j'irai seul. Il est hors de question de vous mettre en danger, autant parce que je refuse de mettre un esprit aussi brillant face à de telles menaces, que parce qu'il ne s'agit pas d'un jeu. Les forces qui évoluent dans l'ombre sont terribles, et je ne suis pas sûr que ceux qui ont été rassemblés pour les arrêter seront suffisantes."

Atom se relève, sourit, et pose une main puissante sur l'illustration.

"Nous resterons en contact - mais j'irai seul.
Donnez-moi les coordonnées, le lieu, les indications. Nous échangerons avant, pendant, et après. Vous serez amplement associé à tout ça, mais vous ne serez pas sur place.
J'ai besoin de votre aide, professeur. Êtes-vous prêt à m'aider ? Maintenant ?"


Ray sourit, puis attend.
Il veut espérer, il veut y croire, il veut faire confiance - mais il ne peut s'empêcher de songer à l'étrangeté d'être face à un "Ward", dans une affaire concernant Lovecraft. Il préfère rester prudent, surtout au regard des puissances en présence...
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MessagePosté le: Mer 24 Aoû - 13:42
Ward frissonna à l'évocation du passage, celui qu'avaient voulu créer les néo-nazis de tout poil entre notre présent et l'Europe de 1945...

Il écouta poliment la suite du discours de Palmer puis conclut par un simple :

"Bon"

Il sortit une carte du Massachusetts d'un tiroir de son bureau et la fit glisser vers Atom. Puis, il s'éclaircit la voix et récita :

"Au-delà d'un pont couvert, il aperçoit un petit village blotti entre le fleuve et le flanc vertical de Round Moutain, et s'étonne de voir des toits à croupe appartenant à une époque architecturale beaucoup plus ancienne que celle de la région avoisinante. Il n'est guère rassuré en constatant que la plupart des maisons désertes tombent en ruine, que l'église au clocher démantelé abrite l'unique boutique du hameau. Il craint de s'aventurer dans le ténébreux tunnel du pont, mais il est impossible de l'éviter. Après l'avoir franchi, il ne peut s'empêcher de sentir une légère odeur pernicieuse, odeur de pourriture entassée au cours des siècles. Il éprouve un grand soulagement à s'éloigner de ce lieux en suivant l'étroit chemin qui longe la base des collines et traverse une vaste plaine pour rejoindre enfin la barrière de péage d'Aylesbury. Plus tard, il apprend qu'il est passé par le village de Dunwich..."

Ward se passa la main dans les cheveux et pointa un endroit sur la carte, qu'il s'empressa d'entourer frénétiquement de son stylo-bille.

"C'est ici. Après le pont couvert dont Lovecraft parlait et qui apparaît sur la gravure. Même si rien n'est censé y être à part un petit groupe de maisons..."

Le Professeur marqua une pause puis ajouta d'une voix grave :

"Je ne sais quelles sont les forces maléfiques à l'oeuvre dans cette affaire mais je me dois de vous rappeler que l'oeuvre entière de Lovecraft traite de savoirs maudits et de l'établissement de ponts entre notre Monde et les lointains espaces où vivent tapies des horreurs indicibles. Cela ne me plait pas du tout qu'un pont temporel ait failli être créé par des Valkyries..."

Tout d'un coup, Ward eurent l'air vieux et fatigué. Comme si ce grand gaillard maigrichon était au bout de sa vie, roseau sec prêt à être fauché par les épreuves... Il avait consacré son existence à l'exploration d'un mystère qu'il ne croyait que littéraire et maintenant, alors que des pans de ce terrible secret allaient s'offrir à qui chercherait à soulever le voile de la connaissance, il ne pouvait aller plus loin.

C'était Lancelot qui voyait Galaad finir sa quête.

"Dunwich..." reprit Ward d'une voix grave. "Dunwich a une place étrange dans l'oeuvre de Lovecraft. Souvenez-vous son abomination ! Souvenez-vous de l'Abomination de Dunwich !"

*
*  *

Il avait été convenu que Palmer pourrait contacter C.D. Ward en cas de besoin. Pour le reste, Atom prit l'équipement qu'il jugea bon de prendre et se rendit au point indiqué sur la carte...

*
*  *

Après un voyage dans une voiture de location et à travers la campagne boisée du Massachussetts, au sein d'une région encore aujourd'hui sauvage, Atom aperçut à sa droite un cours d'eau qui ne figurait sur aucune carte...

... ne serait-ce pas le légendaire fleuve Miskatonic ? Mais... Ça aussi c'était une invention de Lovecraft, non ?

Pourtant, Atom n'était pas victime d'une illusion. Et ce ne fut pas non plus une illusion quand il franchit le même pont que celui figurant sur la gravure de Prinn.

Et conformément à la description de Lovecraft, il s'approcha d'une bourgade... et en y pénétrant, il s'aperçut qu'un vieux panneau d'entrée de ville, rouillé et à moitié caché par les ronces, indiquait :

DUNWICH

Observant la place du "village" (si l'on pouvait appelé cet endroit oublié de la géographie des hommes et des Dieux un village...), Atom nota la présence d'une boutique, une sorte d'épicerie (appartenant à une chaîne de la grande distribution), ouverte dans un bâtiment qui devait être il y a de ça fort longtemps une église. Un vieux panneau indiquait que des chambres étaient à louer et qu'il fallait s'adresser à l'épicier.

Les quelques maisons constituant le hameau étaient pour la plupart des semi-ruines, aux volets clos ou délabrés. Mais au travers de quelques rideaux Palmer crut percevoir des présences... L'épiait-on ? Ou bien était-ce l'odeur de pourri qui emplissait l'air qui alimentait son imagination ?

Sur la place du village l'arrivée de Raymond Palmer n'était pas passée incognito. Les rares personnes présentes (d'ailleurs Atom avait rarement vu en aussi peu de temps autant de becs de lièvres et de difformités et de tares en tout genre... notamment au niveau du regard et de la forme du visage, donnant un air vaguement aquatique aux habitants croisés...) avaient cessé leurs activités et s'étaient tues. Puis, elles s'écartèrent lentement d'Atom et quittèrent la place du village.

L'épicier, quant à lui, était un jeune homme portant un tablier qui sortit sur le perron de sa boutique et fit signe à Palmer de rentrer. Là, tout de go, il lui demanda :

"Vous êtes en panne ? J'veux dire, M'sieur... Que puis-je pour vous ?"

Le ton était réellement amical et l'épicier semblait avoir un certain empressement à traiter avec ce client étranger.
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MessagePosté le: Mer 31 Aoû - 14:29
Ray acquiesce lentement quand le professeur Ward cite l'oeuvre de Lovecraft, puis détaille la direction dans laquelle il devra aller pour trouver l'étrange ville de Dunwich.

"Je n'apprécie guère, non plus, que l'oeuvre de cet auteur soit ainsi utilisée par des forces sombres. Jusque-là, je le pensais un écrivain doué, quoique très marqué par son temps, mais là... je vais de mystère en mystère, où la moindre réponse ne fait que révéler un puzzle plus inquiétant encore. Merci, en tout cas, pour vos apports inestimables."

Il sourit, et récupère ses affaires - au moment où son interlocuteur semble happé d'abord par le poids des années, puis par la dangerosité des événements auxquels ils sont confrontés.
Le scientifique recule, légèrement, par réflexe, avant d'afficher un sourire de circonstance. A nouveau, les souvenirs de lecture de L'Affaire Charles Dexter Ward lui reviennent en mémoire, et il ne peut cesser de s'interroger... est-ce que tout ceci est vrai ? N'est-ce pas une manipulation d'autrui ?
Ne serait-il pas, déjà, perdu dans la toile d'araignée de ses adversaires ?


**
*
**

Ray a évacué ces pensées suffocantes pour se concentrer sur sa mission.
Seul remède à la folie : le travail, encore et encore. En espérant que la folie ne l'ait pas déjà atteint.
Il a ainsi pris congé de son interlocuteur, a récupéré quelques affaires, a emprunté un véhicule utilitaire et a embrayé sur la route pur se rendre à Dunwich.

En soi, Palmer n'aime pas rouler : il ne s'agit pas d'un loisir pour lui, il préférait déjà d'autres modes de locomotion avant qu'il ne bénéficie de ses pouvoirs, et puisse ainsi voguer de lieu en lieu via les lignes téléphoniques. Il a cependant préféré cette voie certes plus longue, mais plus sûre, car il ne sait toujours pas ce qu'il va trouver là-bas - et il préfère être prudent.
Surtout, cela lui permet de stocker dans son véhicule de nombreux éléments nécessaires pour faire face à toute menace ; juste au cas où. S'il a bien sûr rapetissé ces affaires, il en a pris vraiment beaucoup, et se sent rassurer de les avoir auprès de lui.

Après bien des heures d'un voyage long et ennuyeux, à peine entrecoupé de quelques communications avec l'Université et d'un message laissé sur le répondeur de Jade, pour lui demander de veiller sur Ivy Town en son absence, toujours accompagné d'une musique douce d'ambiance, aux refrains jazzy. On ne se refait pas.

Finalement, le scientifique parvient à Dunwich - bourgade étrange, proche de la Rivière Miskatonic, dont l'existence n'a à nouveau aucun sens.
Autour de lui, des bâtiments sombres, à l'allure étrange même s'ils n'ont au préalable rien de particulier. Les quelques rares âmes croisées l'ont observé avec surprise et inquiétude... ils n'ont pas l'air d'avoir l'habitude des visiteurs, et en tout cas n'apprécient guère quand il en arrive.
En un sens, il les comprend : nombreux sont ceux qui souffrent de difformité, et qui ont rapidement tenté de se cacher à sa vue. A nouveau, ses souvenirs de lecture remontent, et il ne peut réprimer quelques froncements de sourcil ; cela ne lui plaît définitivement pas.


"Hum."

Ray sort du véhicule et claque la porte. Son regard glisse autour de lui, et continue de détailler la zone après que l'épicier amical se soit adressé à lui.
Quelques longues secondes après, il fixe définitivement son attention sur ce dernier, sourit, et s'approche d'un pas tranquille vers sa boutique.


"Bonjour."

Sa voix est douce, sympathique. Son sourire sincère et joyeux.

"Je m'appelle Ray. Je ne suis pas en panne, mais... perdu. Mon GPS m'a lâché, et je n'ai pas de carte - on s'en remet trop aux gadgets, en ce moment. Bref, j'ai tourné, encore et encore, avant de tomber sur votre ville... et je vous avoue que j'en ai plein les pattes."

Comme pour l'illustrer, Plamer s'étire les bras, les jambes et la nuque avant de reprendre.

"Et je crois qu'il se fait tard... je suis fatigué. Bon, dites-moi, est-ce qu'il y aurait un hôtel, ou une chambre à louer ici ? Et est-ce que vous auriez des cartes ? Comme ça, je pourrais les étudier, trouver ce que je cherchais, et repartir tout frais demain matin..."

Il se tourne ensuite pour jeter un dernier coup d'oeil à la zone autour de lui.

"C'est une jolie ville, ici... Dunwich, c'est ça ? Je ne connaissais pas..."

Le scientifique sourit à nouveau, et attend.
Il sait très bien que, si ses déductions sont bonnes, tout ceci ne se passera pas bien - mais il doit en savoir plus avant d'agir. S'il n'est pas le meilleur acteur au monde, il a pris quelques cours avec quelques camarades et trouve qu'il s'en sort plutôt bien... enfin, jusqu'à présent au moins.
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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 10:35
"Ah ! On ne s'arrête jamais à Dunwich volontairement !" lança, amusé, l'épicier. Il fit signe à Ray de s'asseoir sur un siège, à l'intérieur de la boutique, puis alla lui chercher une vieille bouteille de Coca poussiéreuse...

... visiblement, il ne renouvelait que rarement son stock.

"Ray, moi c'est Bob et j'suis enchanté de pouvoir papoter avec un type de l'extérieur..."

Ce dernier mot avait été prononcé avec une accentuation particulière. Et d'ailleurs, le regard de Bob avait filé - involontairement - vers la place du village que l'on pouvait voir à travers la vitrine sale de l'épicerie. Puis Bob reprit d'un ton plus léger :

"Dunwich, d'ailleurs, sur les cartes ça s'appelle même pas Dunwich ! C'est rien qu'un hameau dépendant administrativement de j'sais-plus-quel-bled du coin... Mais les habitants, ici, quand ils en parlent - et c'est rare - disent tous que ça s'appelle Dunwich !"

Bob expliqua ensuite qu'il n'était pas du coin et que, d'ailleurs, il allait dormir chaque soir à une cinquantaine de kilomètres de là, chez lui. Il préférait, en fait. Parce qu'il n'était pas du coin (c'était un texan de souche) mais la chaîne de grande distribution pour laquelle il travaillait l'avait envoyer reprendre une franchise dans ce hameau. Elle pensait faire des sous en devenant le seul commerce du coin, ce qui n'avait pas été l'idée du siècle, non, non, non !

Puis Bob alla chercher au frigo un pack de bières et il entreprit d'en passer une à Ray pendant qu'il en sifflait une autre.

"J'veux dire, mon pote, les gens, ici, ils sont pas comme toi et moi ? Tu vois ? Pis, dormir ici, j'peux pas... J'ai essayé. Mais les cauchemars, mon pote, les cauchemars..."

Il s'arrêta net, là encore pour regarder la place du village... Mais il n'y avait personne.

Bob en était à sa troisième ou quatrième bière quand sa langue devint pâteuse mais se délia un peu plus...

"Les bruits ! Ray ! Les bruits ! Et l'odeur ! Certaines nuits, c'est épouvantable ! On dirait qu'il y a un genre d'ouragan dehors tellement ça fait du bruit mais quand t'ouvre les volets pour voir... plus rien... Et les habitants... T'as vu leur gueule ? J'sais bien que quand on connait sa sœur comme on devrait connaître bibliquement une femme hors de la famille, c'est ce qui te pend au nez mais... Ils donnent la chair de poule, mon pote !"

L'épicier commençait à sombrer au fur et à mesure qu'il racontait son sentiment plus que mitigé au sujet de Dunwich. Il évoqua qu'il ne valait pas mieux traîner dans les bois la nuit. Que dans ces mêmes bois, il y avait une clairière avec un cercle de pierre qui avait servi à faire de la magie, il y a de ça fort longtemps, quand les sorciers couraient la campagne. Il dessina une carte à cet effet à Ray et la lui remit (car il n'y avait pas de carte des environs et les cartes de l'Etat étaient, toutes, inexactes) en lui disant que lui, personnellement, il mettrait jamais plus les pieds à cet endroit, même en pleine journée. Que la plupart des maisons étaient encore plus délabrées de l'intérieur que de l'extérieur, et ça il le savait grâce aux livraisons à domicile... Qu'il y avait de la poussière et des meubles défoncés et souvent des piles de livres rongés aux vers... Et qu'il y avait des habitants encore plus horribles que d'autres ! Mais qui ne sortaient pour ainsi dire jamais...

Bob avait l'air, d'ailleurs, assez terrifié, par une grande ferme située sur la colline. La ferme Whateley, dont l'héritier, Wilbur Whateley, avec sa boiterie, son teint jaune et sa bosse, était particulièrement difforme. Il ne voulut, néanmoins, pas en dire plus.

Il lâcha néanmoins que, récemment, une voiture, dont les passagères et la conductrice étaient de jeunes femmes, s'était garée devant son échoppe. Et que la conductrice avait prétendu être de la famille de Wilbur Whateley et avait voulu connaître le chemin à suivre pour se rendre à la ferme. Depuis, il ne les avait plus revu...

Les heures filaient et Bob était maintenant totalement saoul. Voyant la nuit tomber, il se redressa brusquement, comme en proie à une terreur soudaine !

"Bordel ! Faut que j'me tire, mon pote..."

Il se leva en titubant, cherchant frénétiquement dans ses affaires les clés de son pick-up. Il ajouta à l'attention de Ray :

"Pour la chambre, c'est dans l'hôtel décrépit en face..."

Il désigna la bâtisse située en face de l'épicerie, de l'autre côté de la place du village et tendit une clé portant le n°5 à Ray.

Bob, en fait, avait envie de se barrer au plus vite. Il ne voulait même pas les sous de Ray. Il voulait se tirer. Ce qui contrastait nettement avec l'attitude amicale qu'il avait eu durant tout le temps de leur conversation...
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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 15:33
Ray est d'abord rassuré que son premier contact soit positif. S'il demeure surpris, voir intérieurement effrayé, par l'absence de vie dans l'étrange ville de Dunwich, il est satisfait d'être tombé sur Bob, "étranger" comme lui, et apparemment avide de contact humain.

"Remercions mon manque d'orientation, cela permet de se poser dans cette bonne ville pendant quelques heures."

Palmer rentre dans la boutique et accepte la bouteille de soda proposée par le vendeur. Il note, bien sûr, son âge apparemment avancé, et inscrit cette information dans son esprit. S'il n'est définitivement pas un détective comme Bruce ou Question, il sait apprendre, et tente de s'améliorer ; nul doute qu'il en aura besoin dans cette étrange aventure.

"Je vois... j'ai en effet remarqué les... différences physiques, en roulant. Je me demandais d'où ça venait. Je ne pensais pas que les gens d'ici... enfin... ils..."

Le scientifique rentre dans le jeu du commerçant. Ce dernier commence déjà à révéler des éléments, et vient de revenir d'un détour rapide dans un frigo pour ramener un pack de bières.
Si Atom n'est pas un grand fan d'alcool, il sait qu'il doit être un caméléon ici, et ouvre sa propre canette pour goûter le liquide houblonné.


"Merci, au fait."

Il sourit, et boit encore une gorgée avant de reprendre.

"Bref. Sacrée ville, quand même..."

Ray laisse ensuite Bob enchaîner, parlant de moins en moins, buvant de moins en moins - à la différence de l'autre, bien sûr, qui ne cesse de révéler des informations passionnantes et fondamentales pour la suite de sa quête.
Déjà, Bob décrit la région, explique les rumeurs locales, lui établit une carte de la région, confirme les déductions sur les Valkyries, et lui donne une bonne piste sur ces dernières - la ferme Whateley, qui créé un étrange frisson chez le scientifique, sans qu'il ne sache réellement pourquoi.


"Bob..."

Ce dernier vient d'entrapercevoir l'heure, et une terreur absolue vient de s'emparer de lui. Palmer, qui n'a pu véritablement qu'un vieux soda et une canette de bière, est bien plus alerte - et suffisamment conscient de la réalité pour savoir que son interlocuteur ne devrait pas prendre le volant.

"Tu peux pas rouler... pas dans cet état..."

Debout, il tente de raisonner Bob - mais c'est peine perdue.
La peur qui l'anime semble presqu'enfantine, issue des zones les plus sombres de son âme. Devenu une véritable tornade qui fond dans sa boutique, le commerçant met son interlocuteur dehors, avant de se précipiter vers son véhicule.
Le scientifique ne peut rien faire pour l'arrêter ; enfin, si, il pourrait. Une demi-douzaine de solutions sont apparues dans son esprit, mais la majorité implique un comportement surprenant, bien plus tourné vers les autres que celui du personnage qu'il s'est créé.
Pour ne pas attirer l'attention, il doit donc, la mort dans l'âme, le laisser filer.


"Bon... fais gaffe, hein... à demain..."

Bob s'enfuit au volant, sous les yeux volontairement usés de Ray. Ce dernier s'avance lentement vers son propre véhicule, feignant une forme avancée de beurrerie. Il pénètre difficilement à l'intérieur, manque plusieurs fois de réussir à l'allumer, et met doucement en marche sa voiture, pour la garer à proximité de l'hôtel montré par Bob.
Il coupe le moteur une fois la manoeuvre terminée, et vérifie autour de lui - personne. Personne de visible, en tout cas.
La réaction logique, maintenant, serait de pénétrer dans l'hôtel en mauvais état et de demander une chambre ; mais il n'entend pas foncer dans la gueule du loup comme ça. Trop prudent, et même trop apeuré par cette ambiance même s'il ne l'avouera pas, Palmer entend faire quelques vérifications avant de jouer ce rôle. Et il sait exactement comment le faire discrètement.


"D'accord..."

Ray se concentre - et rapetisse, soudain recouvert d'un costume d'Atom.
Mais d'un costume bien différent que celui qu'il porte d'habitude.



Récemment, le scientifique a décidé de moderniser un peu son allure, et cherche actuellement des nouveautés. S'il ne l'a jamais vraiment montré, il a toujours créé de nombreuses versions de sa combinaison ; il en teste une nouvelle aujourd'hui, complète et totale, remplie d'éléments électroniques qui pourraient être utiles pour la suite.
Sans un mot, Atom s'échappe de son véhicule par l'une de ses nombreuses micro-ouvertures, puis file directement dans l'hôtel. Un petit tour à l'intérieur devrait lui permettre de savoir ce qu'il s'y trouve - et s'il peut s'y rendre et y dormir en toute confiance.
Une nouvelle fois, la prudence est de mise - hors de question de subir une quelconque "malédiction" ici !
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MessagePosté le: Jeu 15 Sep - 18:03
Bob n'aurait pas filé aussi vite s'il avait eu le Diable à ses trousses ! Il avait démarré son pick-up comme un rat empoisonné et avait fait, très nettement, craquer sa boite de vitesse en passant la première...

... pourtant, il n'y avait personne ici. Personne sur la place du village. Personne aux fenêtres sordides des bâtisses délabrées qui formaient le centre de Dunwich. Personne. Pas une lumière. Pas un bruit.

Ray avait déplacé sa voiture et avait décidé, par mesure de prudence, d'explorer, à taille réduite, l'hôtel...

... c'était sombre et il n'y avait personne à la réception. Pas une seule lampe n'était allumée. Un panneau poussiéreux portant le nom de la grande société qui possédait également l'épicerie de Bob renseigna Atom sur la propriété de l'établissement : en fait, c'était Bob le réceptionniste... Du moins c'est ce qu'il aurait du faire s'il ne s'était pas tiré comme un fou furieux.

Du coup, Bob gérait les clés, les filait aux voyageurs de passage et les laissaient se débrouiller seuls, comme des grands...

... drôle d'établissement donc...

Et il était évident que le sol n'avait pas vu l'ombre d'un balai ou d'une serpillière depuis fort longtemps et - même - que pied humain (ou inhumain d'ailleurs) ne l'avait foulé depuis belle lurette !

Atom dut se résoudre à prendre les conclusions suivantes :

- l'hôtel ne servait pour ainsi dire jamais
- il n'y avait personne dans l'établissement, ni pour l'aider, ni pour l'agresser, ni pour faire quoi que ce soit avec lui
- l'établissement dégageait une odeur de pourri, d'autant plus désagréable que le héros était tout petit. Il remarqua, de même, d'étranges marques sur certaines boiseries, comme si elles avaient été calcinées par un produit horriblement corrosif... Le plancher, à la réflexion, portait par endroits les mêmes traces, traces que quelqu'un avait essayé de dissimuler sous des tapis usés...

La clé qu'Atom s'était vu remettre aurait pu ouvrir la chambre n°5, située au premier étage de cet hôtel qui en comptait deux, si la serrure de la chambre n'était pas - là encore - cassée. Sa chambre était sale, poussiéreuse et envahie par de très vieilles toiles d'araignées... L'ameublement était sommaire : un lit, un cabinet de toilette, une penderie vide...

... la fenêtre donnait sur la place du village.

Explorant le reste de l'endroit, Atom remarqua que la plupart des chambres étaient fermées et vides. Il y avait une pièce d'eau à chaque étage, d'une saleté inouïe.

Quant au rez-de-chaussée, il y avait un hall d'accueil, une pièce réservée au réceptionniste (où Atom put lire, dans le registre, que la dernière chambre avait été louée voilà... bien 2 ans !), une petite pièce pour le petit-déjeuner des voyageurs, un coin cuisine et...

... une porte blindée et verrouillée qui semblait donner sur une cave. Atom n'eut pas l'occasion d'en savoir plus.

*
*  *

Un peu après minuit, alors que la nuit était d'une noirceur pénétrante (il s'agissait d'une nuit sans lune), le sommeil de Ray fut perturbé par un bruit épouvantable qui retentissait à l'extérieur...

... il s'agissait d'un vacarme de tous les diables, comme si un ouragan était en train de déferler sur les environs...

... mais un ouragan qui aurait eu une bouche et des poumons et qui, dans son souffle puissant et méphitique, aurait prononcé des paroles !

Et les paroles prononcées par la voix puissante (qui annonçait la présence d'une créature d'une taille monumentale) ne faisaient aucun sens dans l'esprit de Ray. Il se sentit souillé et sali. Comme si tout cela était une sorte de cancer sonique s'insinuant indiciblement dans son âme pétrifiée...

... et il entendit une sorte de chœur de voix humaines répondre... Et phonétiquement, cette réponse aurait pu s'écrire de la manière suivante :

"Ïa, ïa, Chtulhu fhtagn ! Sieg Heil ! Heil Chtulhu ! Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn ! Hitler fhtaghn !"


Regardant par la fenêtre, Ray aperçut au loin, sur la colline, un faisceau de lumière verte fluorescente relier le sol impie avec de terribles et lointains cieux.

Et la voix de la créature invisible venait du Ciel.

Et les voix des choristes venaient de la colline...

Mais ce n'était pas tout. Atom entendit d'autres bruits provenant, eux, de l'hôtel... Des traces de pieds (plusieurs personnes, c'était sur) au rez-de-chaussée... et des bruits de reptation...

... et comme une plainte étouffée, il entendait un bruit que n'aurait pu produire aucune gorge humaine...

"Tekeli-li ! Tekeli-li !"
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MessagePosté le: Ven 16 Sep - 19:01
Sa petite analyse de l'hôtel n'a pas apporté grand-chose de plus qu'un rapide coup d'oeil lui avait déjà dit - l'établissement est branlant, vieux, sale, et totalement repoussant. Mais Ray Palmer n'a pas d'autre choix, et devra s'en contenter.

Vêtu de son costume expérimental, le scientifique a manipulé sa masse et sa taille pour fureter dans tout l'immeuble ; il n'y a eu hélas pas beaucoup de neuf dans son analyse, même s'il est clair que l'endroit serait parfait pour une histoire d'horreur. Il sait que de nombreux étudiants sont des spectateurs assidus d'American Horror Story - s'il sort d'ici, il envisage clairement d'orienter Ryan Murphy dans ce coin du pays. Et si tout est sûr, évidemment.

Son parcours à petite taille dure une dizaine de minutes.
Il relève de nombreux éléments intéressants, notamment les étranges laissées sur le parquet, les éléments qui ont été volontairement cachés, ou encore et surtout l'étrange porte blindée en bas - mais il ne peut hélas aller plus loin.
Déjà, parce que la porte se refuse à lui, et il ne voit aucune serrure pour y pénétrer directement ; il est également évident qu'il ne peut pas la briser, par crainte de découvrir entièrement son identité. Enfin, parce que sa visite anonyme commence déjà à durer, et même si les habitants de Dunwich semblent entièrement repliés sur eux-mêmes, il est clair qu'ils vont s'interroger s'ils voient l'étranger passer trop de temps dans son véhicule.

A contre-coeur, Atom retourne sur ses pieds, file à nouveau dans sa voiture, se débarrasse de son costume et reprend une taille normale.
Comme si de rien n'était, le professeur s'en échappe, continue de tanguer comme s'il avait trop bu, et avance piteusement vers l'hôtel. Il râle, souffle, se cogne, jure, et met bien trop de temps pour atteindre la chambre numéro 5, qui semble lui être destinée.
Il claque brutalement la porte derrière lui, puis dépose ses affaires et enfin ferme les volets.

Ray reprend alors un comportement normal, bloque des meubles devant la porte, et finit par s'écrouler sur son lit - la journée de conduite a quand même été longue, et il n'est pas à l'aise ici.
Même s'il aurait du mal à l'avouer, il a peur.
Son esprit ne cesse d'interpréter tous les signes qu'il voit et qu'il a vus depuis son arrivée, et les met en lien avec ses lectures de Lovecraft. Tout cela est terrifiant, et il n'arrive pas à se rassurer entièrement, à se calmer.
Bien sûr, il a déjà vu des horreurs, affronté des monstres, combattu des tyrans - mais ce n'est pas pareil. Ici, c'est de l'Horreur véritable, une impression terrible, un sentiment diffus de terreur incompréhensible, qui prend aux tripes et anéantit toute logique.

Palmer sent la Terreur fondre sur lui et son coeur, et il n'arrive pas à la repousser.
C'est donc un homme rongé par le doute et la peur qui finit par s'endormir d'épuisement, et par s'enfoncer dans un sommeil agité...


**
*
**

... qui débouche sur un réveil difficile, empiré par la découverte rapide de ce qui est en train de se passer autour de lui.

"Ghnein ?"

Ray se relève en sursaut, terrifié par la tempête qui semble s'abattre sur Dunwich. Il bondit sur ses pieds, et se précipite directement vers la fenêtre. Il ouvre les volets pour découvrir ce qu'il se passe dehors - et il le regrette immédiatement.

"Oh."

Ses yeux s'arrondissent. Sa bouche s'ouvre. Ses mains tremblent. Ses pieds sont figés.
Il a peur. Il ne comprend rien. Et, surtout, il a peur.


"Oh bordel."

La Voix venue d'un ciel menaçant, qui n'a rien d'humain et résonne au plus profond des os. La lumière qui n'a rien de naturelle, et aveugle des yeux qu'il voudrait arracher pour ne plus jamais voir quelque chose comme ça. Les mots, qui n'ont aucun sens mais remuent jusqu'au plus profond de l'estomac. Les chants humains, qui rappellent les pires heures d'une Humanité qu'il a cependant toujours voulu protéger. Et cette atmosphère... cette ambiance...

"... c'est une abomination."

Ray Palmer ne se contrôle plus - surtout quand il entend une respiration près de lui, puis des mots, des mots inconnus qui ne peuvent être prononcés par une bouche humaine.
Il panique alors... il panique, mais ne cède pas entièrement à la folie.
Les dents crispées, les mains serrées, il n'ose se retourner - mais active immédiatement ses pouvoirs, et rapetisse. Il se projette ainsi dans le vide devant lui, filant dans Dunwich à une taille minuscule et invisible à l'oeil nu.

Le scientifique terrifié se précipite alors sur son véhicule, et pénètre directement à l'intérieur en manipulant une nouvelle fois sa masse. Agissant comme s'il avait la fièvre, le professeur récupère un autre costume ramené ici au cas où, l'enfile, et appuie sur un bouton de son avant-bras comme s'il était possédé.
Sa combinaison, plus une forme d'armure qu'un vrai costume, lui injecte immédiatement une dose d'un produit qui active un lâché d'acide gamma-aminobutyrique dans son corps - pour simplifier, il s'injecte une super-dose de calme, pour reprendre pied.


"Ah... ah..."

L'effet est rapide, heureusement. Ray, qui paniquait entièrement quelques secondes plus tôt, se contrôle mieux - et se félicite d'avoir anticipé l'ambiance et les phénomènes paranormaux en emmenant son armure d'Atom. Lire Lovecraft dans sa jeunesse plutôt que sortir courir après les filles a finalement du bon, vingt ans après.

"OK..."

Palmer fronce les sourcils : il a un choix à faire, maintenant.
Soit il retourne dans l'hôtel pour voir ce qui se rapprochait de lui ; soit il va voir directement la colline pour trouver l'origine des chats, et ainsi se rapprocher de la lueur. Même s'il est plus calme, il n'a guère envie de tenter le diable (ou de le rencontrer) en allant dans sa chambre, et il est clair que tout va se jouer un peu plus loin.


"Allez... on y va !"

Parlant pour se donner du courage, Atom rapetisse à nouveau, puis file directement en modifiant sa masse pour aller vers les collines. Il décide quand même de passer devant la fenêtre de sa chambre - juste pour jeter un oeil. Juste pour comprendre l'ampleur de la folie qui règne à Dunwich...

(HJ/ J'adore ce sujet ! clap clap Quelle ambiance, je suis totalement dedans ! J'ai hâte de voir la suite, merci ! /HJ)
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MessagePosté le: Mar 20 Sep - 13:10
Ce que vit Ray à travers la fenêtre de ce qui avait été sa chambre jusqu'il y a quelques minutes, et alors qu'il filait à taille réduite vers les collines, ce qu'il vit...

L'horreur, l'horreur !

Il faisait noir et les êtres qui se déplaçaient dans la pièce ne semblaenit pas avoir besoin de lumières et de cela Ray ne pouvait que leur en faire grâce !

Car ces êtres n'étaient que des parodies d'hommes. Ils avançaient péniblement sur leurs membres difformes, parcourant de leurs yeux globuleux la pièce, dans le but évident de mettre la main sur le malheureux voyageur.

Et ces créatures étaient grotesques et coassantes mais - même ainsi - Ray pouvait encore se raccrocher à l'idée rassurante que ces pauvres hères n'étaient que le résultat d'une succession ininterrompue d'unions consanguines.

Et c'est ce qui fera que, plus tard, Ray conservera son esprit et ne sera pas réduit à l'état de légume apeuré, attendant dans une camisole de force que la mort vienne le chercher.

Mais une autre vision, encore plus indistincte celle-là, vint frapper sévèrement l'équilibre mental déjà bien atteint de Ray...

... et il hurla comme jamais il n'avait hurlé, sentant la chose blasphématoire ramper à un endroit où il avait foulé le plancher de ses pieds il y a peu. Et cette chose suivait les créatures qui étaient - ou n'étaient pas - des Profonds... Cette chose était, en fait une grosse masse informe, qui dans un mouvement de reptation, s'avançait...

... cette chose était de celles dont Lovecraft, lui-même, répugnait à parler. Car même pour une chose fictive, cette dernière était tellement répugnante, vénéneuse et indicible qu'il ne fallait pas même la mentionner.

Monstre parmi les monstres, abomination ultime, véritable tumeur maligne en marche, cette chose n'était autre...

... qu'un Shoggoth !


Et du peu que Ray en avait vu, celui lui suffit ! Il s'enfuit dans la même direction, déconnectant temporairement son esprit... Car celui qui a même entraperçu un Shoggoth ne peut s'en sortir tout à fait indemne.

*
*  *

Quand Atom reprit ses esprits, il virevoltait au dessus des bois situés sur la colline maudite. Il vit, depuis le ciel, la petite clairière d'où provenait (ou arrivait) le faisceau lumineux qui déchirait le ciel de bas en haut. Il y avait, de même, ce cercle de pierres dont avait parlé Bob avant de s'enfuir.

A l'extérieur du cercle de pierres, quelques habitants de Dunwich (ceux dont la difformité ne gênait pas, pour le moment, la marche) ainsi que plusieurs jeunes femmes en mante, capuche rabattue sur la tête.

Ils chantaient tous ensemble le chant rituel déjà entendu :

"Ïa, ïa, Chtulhu fhtagn ! Sieg Heil ! Heil Chtulhu ! Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn ! Hitler fhtaghn !"

Quant à la voix-d'en-haut, elle ne faisait aucun sens pour Ray, il se sentait juste pénétré, sali et souillé, par cette voix semblable au tonnerre.

Quant à la partie intérieure du cercle de pierre, où était le faisceau lumineux, elle paraissait de plus en plus floue... comme si quelque chose était en train de se produire, quelque chose de terrible et d'irréversible, surgie du fond des temps et de l'espace.

Non loin du cercle de pierre, sur le sommet de la colline, la ferme Whateley faisait office de sordide sentinelle...
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MessagePosté le: Sam 24 Sep - 21:38
Les langages humains comprennent des milliards de mots, qui s'additionnent pour former des phrases - et souvent des expressions communes, utilisées et réutilisées à foison pour décrire des situations si régulières qu'elles en deviennent des clichés.
En tant qu'étudiant puis professeur, Ray Palmer est habitué à manipuler les mots, et connaît bien les différentes expressions communes ; il doit même s'adapter aux évolutions de la langue, pour suivre les discussions des plus jeunes.

Cependant, jamais, jusque-là, n'a-t-il pleinement saisi la portée d'une de ces expressions en particulier.
Pour la première fois, Atom est réellement sans voix.

Alors qu'il passe devant la fenêtre de sa chambre d'hôtel, son regard est attiré par ce qu'il y voit - et cela s'inscrit à jamais dans son esprit. Cela hantera ses cauchemars, ses moments de doute, et les instants les plus sombres de son existence à venir.
Il passe, donc, et ne peut s'empêcher de s'arrêter.
Pour regarder. Pour chercher. Pour tenter de comprendre. Pour se sentir, lentement, glisser vers les domaines les plus profonds de la folie et de la démence.

Silencieux, incapable de prononcer le moindre mot, mais aussi incapable de bouger devant de telles visions, Palmer fixe, terrifié, les monstres vaguement humanoïdes qui évoluent dans cette chambre.
Au fond de lui, il sait qu'ils sont humains - ou au moins qu'ils sont une branche divergente de l'Humanité. Les liens avec la consanguinité sont évidents, mais ils demeurent repoussants... ce n'est hélas pas le pire.

Le pire, c'est le reste.
C'est l'Autre.
C'est cette folie qui ne peut être nommée, décrite ou même remémorée. C'est cette horreur sans nom, qui pousse le petit héros à fuir, à activer autant ses pouvoirs que sa combinaison pour s'échapper du coeur de Dunwich... loin, aussi loin que possible d'une telle abomination.


**
*
**

Ray rouvre les yeux - et se rend compte qu'il a perdu conscience.
Quelques instants seulement, son esprit n'ayant pu supporter la puissance de ce choc, de cette découverte qui serait capable de retourner toute foi en l'Humanité.
Heureusement, Palmer avait enfilé sa combinaison d'Atom spéciale, celle prévue avec une sorte d'auto-pilote. Elle a donc pris le relais quand il a cessé de manipuler sa masse pour voler, grâce à quelques systèmes de poussée.

Maintenant qu'il a repris conscience, il désactive son armure pour reprendre son vol avec ses propres capacités.
Son regard se porte autour de lui, détaille directement la lente avancée d'un groupe hétéroclite, composé d'habitants de Dunwich plus "acceptables", mais aussi de jeunes femmes encapuchonnées ; les Valkyries, bien sûr.
Leur lente mélopée est dérangeante, elle hante terriblement ceux qui l'entendent, mais ce n'est bien sûr rien par rapport à La Voix, celle venue d'ailleurs, celle qui ronge la conscience et anéantit toute forme d'esprit.

A bien des égards, assister à un tel spectacle, et être la victime de tels sons, cela mène directement à la folie.
Mais le scientifique, grand amateur de Lovecraft en sa jeunesse, s'est préparé. Sa combinaison, si elle lui a permis de se calmer en s'injectant les produits nécessaires, si elle a pris le relais quand il a craqué, est encore utile - en baissant les sons autour de lui, pour que ces chants et ces accents insupportables soient moins présents.
Pour qu'il puisse conserver, au moins encore un peu, son esprit.

Sans un mot, Atom descend vers la petite troupe - et plonge brutalement sur la route qui mène vers la Lueur.
En manipulant sa masse, il créé un cratère profond à une dizaine de mètres devant les Valkyries, et gagne ainsi un peu de temps avant qu'ils atteignent leur sinistre destination.
A la suite, le scientifique reprend son vol, et se dirige directement vers la ferme... prêt à plonger directement dans l'antichambre de l'enfer...
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MessagePosté le: Mar 27 Sep - 23:41
En écrasant sa masse de manière à ouvrir le sol, Atom a réussi à surprendre les Valkyries et leurs complices locaux ! Elles eurent un mouvement de recul et de doute. Le rituel était-il imparfait ? Celui-d'en-haut était-il insatisfait de leurs incantations ? Pendant l'espace de quelques minutes, le doute s'instilla parmi les adorateurs des Grands Anciens. Répit salutaire dont put bénéficier Ray pour se rendre à la maudite ferme Whateley...

En s'y dirigeant incognito et invisible à l’œil nu, Atom constata - néanmoins - que Celui-d'en-haut était toujours en contact avec la terre : le faisceau lumineux était toujours présent et au centre du cercle de pierres il y avait toujours ce flou, cette terre molle et mouvante, qui ne pouvait que présager l'apparition imminente de quelque chose venu de l'autre côté...

D'ailleurs, les participants à cette cérémonie impie reprirent rapidement leurs esprits et leur mélopée blasphématoire dans laquelle s'entrecroisaient les noms des Grands Anciens et celui du Führer !

*
*  *

A l'intérieur de la ferme Whateley, l'odeur était insoutenable : une fragrance de pourri et de décomposition et de mort et de vieux livres... La maison était sévèrement délabrée et pauvrement meublée... Dans la cuisine, des aliments en décomposition et de la crasse, partout... Dans les autres pièces, du désordre ne pouvant émaner que d'une personne n'ayant aucune considération pour les notions les plus élémentaires d'hygiène - certes - mais aussi de confort.

En cheminant dans la bâtisse, à la recherche d'un indice quelconque, Atom se retrouva finalement dans une petite bibliothèque dont les rayonnages portaient des ouvrages aussi connues que... fictifs !

L'abominable Culte des Goules du Comte d'Erlette, le mythique Livre d'Eibon, l'étrange Unaussprechlichen Kulten de von Junzt et bien sur, le livre des livres, l'effroyable Necronomicon de l'arabe dément Abdul al-Hazred !

Alors qu'Atom réalisait qu'il se trouvait dans la pièce en présence de ces ouvrages maudits, une voix attira son attention.

Elle était sifflante et maladive et émanait d'un fauteuil où était assis un homme...

Un homme au teint jaunâtre, dont le ventre était anormalement protubérant, un homme qui observait l'endroit où se tenait le héros d'un regard débile...


"C'est une belle collection, n'est ce pas ?  Et une belle nuit..."

Il toisa Atom avant d'ajouter en criant, l'air soudainement possédé :

"Une nuit éternelle qui vous engloutira, vous et votre arrogante race ! Une nuit qui s'ouvrira sur un Temps révolu ! Sur les éons lointains pendant lesquels les Grands Anciens dominaient cette misérable planète ! Ïa ! Ïa Shub-Niggurath ! Chtulhu ftaghn ! Ïa ! Ïa !"

Et se levant et s'approchant d'Atom à la manière d'un mort-vivant, celui qui ne pouvait qu'être Whateley eut un sourire démoniaque aux lèvres... Sa chemise s'ouvrit et des tentacules en jaillirent : c'était donc cela qu'il dissimulait au niveau de son ventre !

C'est à ce moment que Christian Donovan Ward pénétra - comme sorti de nulle part - dans la pièce, un revolver à la main et s'écria :

"Docteur Palmer ! Il faut agir et au plus vite... Les étoiles sont alignées et le portail vers notre planète est ouvert !"
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MessagePosté le: Ven 30 Sep - 21:31
D'accord - au moins, une chose fonctionne ce soir.
Alors qu'il file définitivement vers la ferme, Ray Palmer jette un regard derrière lui, et découvre que son petit "coup" a eu l'effet escompté ; il a ralenti l'avancée des Valkyries et de leurs suiveurs.
Même si ces hommes et femmes continuent de psalmodier des phrases impies et inacceptables, mêlant autant les monstres en forme de cauchemar issues de l'imagination de Lovecraft que les représentants des plus sombres heures de l'Humanité, il est parvenu à les bloquer quelques minutes, voire à les faire douter.


"C'est déjà bien..."

Parlant pour lui-même, murmurant pour entendre sa voix, rythmant son avancée au son de ses mots pour ne pas devenir fou, il détourne finalement son attention.
Et repose ses yeux sur la ferme - qu'il sent être un des points cardinaux de sa quête.
Le scientifique déglutit difficilement, et se lance en accélérant encore son vol pour rejoindre encore plus rapidement cette zone.
Pour le meilleur, et sûrement pour le pire.


**
*
**

Parvenu à l'intérieur de la bâtisse, Ray est agressé par une horreur dégoûtante, repoussante.
Il modifie rapidement les capteurs de sa combinaison, pour que le sens de l'odorat soit protégé de l'extérieur par le fonctionnement de l'armure ; comme pour le son, il essaye d'empêcher au maximum cet environnement hostile et dément de le rendre complètement fou.


"Ou sauver ce qui peut encore l'être..."

Atom file entre les pièces, qui seraient une illustration idéale pour le syndrome de Diogène. Le corps crispé, la mâchoire serrée, il se précipite dans chaque zone, avant de finir dans ce qui semble être une librairie - mais d'un genre bien particulier.
Pour mieux voir, et par réflexe, Palmer se précipite en activant ses pouvoirs...
... et donc reprendre sa taille normale, mais toujours vêtu de sa combinaison. Les joies des caractéristiques des étoiles naines blanches, si mystérieuses mais si pratiques.


"Mmh..."

Alors que son regard glisse sur les titres de livres qui ne peuvent pas exister, mais qui existent ; alors que son esprit commence à défaillir devant une telle vision, et le terrible doute qui s'insinue dans son cerveau ; alors que la démence s'approche, une voix s'élève derrière lui.
Même si sa combinaison filtre le son, il a pu l'entendre - et se retourne immédiatement, pour faire face à un homme au ventre terrible ; repoussant et terrifiant.
L'inconnu reprend, mais son discours explose très vite... comme son ventre, qui s'avère être rempli de tentacules toujours aussi dégoûtantes.

Atom hésite, ne sait pas comment réagir, son intellect n'arrive pas à gérer tant d'informations - mais l'arrivée impromptue et incompréhensible de Ward permet de gagner quelques instants, et surtout de se reprendre.


"... hein ?!"

Ward menace le monstre, et Ray rapetisse par réflexe. Il évite les tentacules, avant d'effectuer une jolie figure autour de la créature ; il parvient finalement derrière elle, densifie au maximum ses poings, et écrase ces derniers sur le crâne ennemi.
Il s'échappe de cette zone, pour s'approcher de Ward - et l'attraper au collet, pour utiliser ses capacités pour emmener son "allié" étonnant.


"Qu'est-ce que vous fichez ici ?!"

Palmer est énervé, fatigué, stressé... et méfiant.
Il a en tête L'affaire Charles Dexter Ward, et ne croit pas aux coïncidences. Tout ça est trop rapide, trop facile ; trop clair. Ca pue, et il est hors de question qu'il se laisse faire ainsi.
Emmenant Ward à l'extérieur, ils parviennent devant la ferme - et plus si loin de l'étrange lueur. Le scientifique lâche alors le professeur, et se tourne vers lui ; il est toujours à petite taille, et vole au-dessus du sol.


"Et c'est quoi cette histoire de planète ?"

Protégé dans sa combinaison, Atom espère pouvoir s'en tirer indemne de cette soirée - mais il en doute de plus en plus.
Il a pénétré dans l'antre de la folie, et il craint qu'il n'y ait aucune sortie.
Pour le meilleur, et définitivement pour le pire, il est au contact de choses-qui-ne-devraient-pas-être, et il en sortira changé à jamais...
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MessagePosté le: Sam 1 Oct - 9:46
Alors que la tête de l'abominable Whateley se fracassa contre le manteau de la cheminée et que l'homme - du moins l'horreur qui avait osé prendre le visage d'un homme, sinistre parodie d'humanité - poussait un gargouillis grotesque, Atom entraîna Ward à l'extérieur.

Le scientifique au pistolet baissa son arme et répondit à Atom du mieux qu'il le put :

"Je sais... Je vous avais dit que je resterai en dehors de tout cela mais..."

Il avait l'air fébrile et des larmes perlèrent au coin de ses yeux.

"Je... Je ne pouvais pas ne pas venir... Je..."

L'émotion de Ward était à son comble. De temps à autre, il se retournait pour observer l'étrange lueur, ne pouvant que deviner le sinistre cercle de pierres à sa base et la masse, tout autour, des fidèles des Grands Anciens qui emplissaient l'air de la puanteur de leurs mélopées.

"Je... Je ne POUVAIS pas ne pas venir. Une force m'a dirigé automatiquement ici... Comme si ma place y était... Vous comprenez ? Tout cela n'est que... folie !"

Et il partit dans un rire dément, faisant toujours de grands gestes avec son pistolet. Comprenant que son comportement n'était pas des plus adaptés, il s'en excusa, et l'espace de quelques instants, Atom put retrouver l'universitaire affable et calme qu'avait été Christian Donovan Ward.

"Je... Ne vous inquiétez pas. Je... Ce n'est qu'un malaise. Quelque chose qui glace et paralyse mon esprit. Comme une main qui aurait pénétré mon âme"

Il sortit un papier de sa poche et le tendit à Atom. Il reconnut qu'il s'agissait d'une page de la nouvelle de Lovecraft.... "L'affaire Charles Dexter Ward", visiblement arrachée dans une édition de poche.

Il y avait d'écrit :

OGTHROD AI'F
GEB'L—EE'H
YOG-SOTHOTH
'NGAH'NG AI'Y
ZHRO

Ward expliqua :

"Il s'agit de la formule de bannissement utilisé par le Dr. Willett pour détruire Joseph Curwen qui, dans la nouvelle, avait pris la place - après l'avoir tué - de son descendant... Charles Dexter Ward"

Il regarda fébrilement vers la lueur et précisa :

"Je... Je pense qu'ils invoquent... quelque chose qui vit de l'autre côté. Les incantations sont là pour modifier l'environnement, pour le rendre compatible avec la macro-géométrie des Grands Anciens. Ne le sentez-vous pas ? Les étoiles frémissent et les oiseaux retiennent leur souffle... car IL ARRIVE ! Depuis la lointaine et froide et terrible Fomalhaut, l'horreur, l'abomination... HASTUR !"

La terreur de Ward atteignait son paroxysme. Il s'épongea le front de son mouchoir et termina :

"C'est R'lyeh qu'ils vont faire surgir du cercle de pierres. Une nouvelle R'lyeh qui transformera notre planète et permettra aux Grands Anciens de fouler à nouveau le sol de cette Terre avant de l'écraser de leurs puissantes serres..."

Et il était vrai qu'un grand bruit se faisait entendre dans le ciel, comme celui que ferait un être aux proportions inimaginables qui fendrait l'éther pour fondre sur la Terre.

Les adorateurs étaient en pleine transe. Au centre du cercle de pierres, un édifice cyclopéen, aux proportions et aux angles étranges, venait d'apparaître au milieu de ce qui était maintenant une étendue de sable. Les contours de l'édifice et du sable étaient flous. Comme si la matérialisation n'était pas encore complète.

"Il me faut du temps pour me positionner et lire la formule... Je... J'ai besoin de votre aide, Dr. Palmer !"
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MessagePosté le: Dim 2 Oct - 13:52
Christian Donovan Ward est fou.
Alors qu'il est placé devant ce dernier, Atom observe le scientifique pendant qu'il parle, qu'il évoque la cérémonie que les Valkyries et leurs suiveurs sont en train de mener - et la conclusion est évidente.
Cet homme est fou.
Mais, malgré cela, il peut encore être utile.


"Professeur..."

Ray Palmer réactive ses pouvoirs, et retrouve une taille normale. Toujours vêtu de sa combinaison-armure, il pose une main qui se veut chaleureuse et sympathique, mais qui n'est que froide et métallique, sur l'épaule du scientifique rongé par la démence.

"Vous êtes un homme très courageux - je vous remercie d'avoir fait tout ce chemin pour m'avertir et m'aider. Vous n'auriez pas dû, car tout ceci est vraiment très dangereux, mais c'est très appréciable."

Sous son casque, le scientifique sourit, et laisse l'autre continuer.
Ward évoque directement L'Affaire Charles Dexter Ward, et envisage d'utiliser la formule qui a permis aux héros du livre de bannir le monstre qui s'était immergé dans le corps de son descendant ; tout cela, ici, pour empêcher R'lyeh, la cité maudite et engloutie qui doit enfermer le Grand Ancien Cthlulhu pour éviter à l'Humanité un destin terrible.


"Je vois..."

En vérité, Ray ne voyait pas grand-chose - il était totalement perdu dans cet enfer. L'homme devant lui est définitivement déséquilibré, il a perdu ce qui le maintenait dans l'univers des saints d'esprits, mais il est clair qu'il n'a pas totalement renoncé ; il reste encore une flamme d'espoir et surtout une étincelle de volonté, pour continuer la lutte et permettre au monde de ne pas subir le même sort.

"Hastur, hein ?"

S'il en croit ses souvenirs, Hastur est une sorte de "frère ennemi" de Cthulhu, imposé dans le canon de Lovecraft par August Derleth, son éditeur, ami et correcteur, dont l'apport au mythe de l'écrivain est souvent décrié par les fans. Hastur a aussi été réutilisé ailleurs, ou précédemment, comme dans les terrifiantes nouvelles sur Le Roi-en-Jaune...
Bref, cela ne lui dit définitivement rien qui vaille, mais il n'a pas le choix : le scientifique a été trop loin, en a trop fait, et en sait désormais trop pour renoncer.
De toute façon, ce n'est pas son genre.


"Je vous avoue que je patauge, professeur Ward, mais il y a une chose de sûre : je sens, en effet, cette présence qui approche - et je sais, définitivement, qu'elle ne doit pas aller plus loin.
Je refuse que notre monde soit confronté à une telle folie. Je refuse que ce projet fou se réalise.
Et je refuse que le jour se lève sur une Terre animée par de telles abominations."


Atom esquisse un sourire triste, puis se tourne de profil pour observer les Valkyries et les adorateurs, dans le cercle de pierres, dans cet édifice cyclopéen qui donnerait déjà, seul, des cauchemars à n'importe qui.

"Je comprends le temps dont vous avez besoin..."

Il n'ose pas encore entièrement tourné le dos à Ward : même s'il a l'impression que cet homme est là pour l'aider, il sait très bien à quoi peut pousser la folie - et il a trop fait, il y a trop en jeu pour prendre le moindre risque.

"Je vais vous en donner. Je vais essayer de les occuper, de les retenir, de les ralentir."

Ray se tourne à nouveau vers Ward, et repose ses mains sur les épaules de l'autre.

"Faites au mieux - et au plus vite."

Il lui fait un petit signe de tête, puis se détourne - et change de taille.
A nouveau minuscule, Atom manipule sa densité et sa masse pour voler, et filer directement vers le centre de pierres. Il n'a besoin que de quelques instants pour rejoindre les adorateurs et les Valkyries, et il ne peut réprimer une grimace de dégoût devant cette folie, devant ces gens prêts à de telles atrocités pour nourrir leur démence.

S'il a enfilé sa combinaison pour se protéger des sons et des odeurs, qui rendent fou, il y a également un autre intérêt : son armement.
Ray Palmer est un homme de paix, un pacifiste, mais qui sait que, pour l'obtenir, il faut parfois faire la guerre. S'il n'a pas de vrai pouvoir offensif, il a bien conscience qu'il peut en avoir besoin - comme aujourd'hui.
C'est pour cela qu'il s'est depuis longtemps rapproché de John Henry Irons, dit Steel, pour mettre au point cette armure. Cette dernière, protectrice, lui permet également de tirer des rayons laser, des petits missiles, des grenades, des rayons soniques et beaucoup d'autres éléments gênants, troublants ou blessants.

De ce fait, à peine arrivé, le petit héros s'en prend à tous les adorateurs, toutes les Valkyries. Il les harcèle, il tente de briser des genoux, des mains, des concentrations et surtout pour les arrêter.
Il ose tout, même faire mal, même faire très mal. Encore une fois, il y a trop en jeu.
Atom continue, donc. Encore et encore. Gagnant chaque seconde de haute lutte. Espérant que chaque minute qui passe le rapproche de la fin, du retour de l'espoir, de l'aube repoussant les ténèbres.
De la victoire de la lumière sur cet enfer qui ne cesse d'approcher.
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MessagePosté le: Mar 4 Oct - 23:08
Déployant toute son armada et déchaînant ses efforts les plus acharnés, les employant à briser la concentration des zélateurs des puissances sombres, Atom ne pouvait que constater que la Maléfique R'lyeh se faisait plus présente, plus distincte...

... et que, des terribles étoiles lointaines, le bruit perçant se faisait plus proche. C'était le Terminus terrestre. L'Ange Exterminateur. Le Mal qui allait détruire l'humanité en pénétrant dans notre dimension.

Il ne s'agissait plus que d'une affaire de secondes...

Mais l'énergie utilisée par Atom ne l'avait pas été à mauvais escient car, à un moment, le mouvement de matérialisation de l'infâme cité parut comme ralenti... et cette gigantesque porte qui se tenait devant Atom, au beau milieu du rocher silencieux qu'était R'lyeh... cette porte ne paraissait plus que frémir ! Quelle que soit la chose qui se tapissait derrière (et l'expert de Lovecraft qu'était Ray ne pouvait que se douter de l'identité de la chose... en espérant qu'elle n'apparaisse jamais en sa présence !), elle ne jaillirait pas... encore.

Ward profita du désarroi des fidèles pour bondir parmi eux en traçant dans les airs le Signe des Anciens, censé lui conférer une protection contre les choses venues d'ailleurs. Les humanoïdes de Dunwich les plus répugnants eurent un mouvement de recul !

Pour se protéger des choses d'ici, Ward arma le chien de son pistolet et tira dans le tas des fidèles, brûlant leur cervelle.

L'universitaire était devenu incandescent, son heure de gloire était arrivée et il sourit d'un sourire qui ne pouvait être qu'à destination du Dr. Palmer, toujours affairé à disperser les sombres adorateurs des Grands Anciens. Et il prit une grande inspiration et fit tonner l'air de sa puissante voix :

"OGTHROD AI'F"

Il était calme et sur de lui et de ses mots.

Les Valkyries, encore debout, surmontèrent leur crainte des balles mortelles et se regroupèrent. Le faisceau vert vacilla. Et les Profonds poussèrent un cri strident : tout le monde comprenait ce qui était en train de se tramer !

"GEB'L—EE'H"

Et comme pour ponctuer ces derniers mots, Ward explosa le crâne d'une Valkyrie qui tentait de s'approcher de lui pour l'empêcher d'aller plus loin dans son incantation !

"YOG-SOTHOTH / 'NGAH'NG AI'Y"

La Grande Porte de R'lyeh frémit. Les dernières syllabes étaient proches. Tout comme la lance que tenait l'une des Valkyries, lance qui transperça le flanc de Ward...

"Z... HRO..." termina-t-il dans un murmure, le sang s'écoulant de sa plaie béante, le sang s'écoulant de sa bouche... Ward tomba au sol...

... et les étoiles parurent éclater ! Les Profonds poussèrent un cri de tous les diables ! Et une grande clarté vint incendier le ciel alors que le faisceau vert disparut ! Un Terrible gémissement retentit dans le ciel, au moment où la Maléfique R'lyeh disparaissait dans les airs...

C'était fini, ils avaient gagné.

Ward se redressa avec toutes les peines du monde et lança à Palmer qu'il ne pouvait voir...

"Che... Cher ami... Je... Je pars l'esprit tranquille..."

Il lâcha son arme et fit quelques pas pour pénétrer dans le cercle de pierres, pour pénétrer dans R'lyeh avant qu'elle ne s'évapore... Se retournant pour contempler une dernière fois le monde dans lequel il était né, il prononça comme ultimes paroles...

"Adieu... Maintenant, je sais..."

Et Ward plongea dans le cercle dans une grande lueur ! Ce flash final acheva de faire perdre à Atom conscience...

*
* *

Au petit matin, le petit héros se réveilla dans l'herbe calcinée. Tout autour de lui, les cadavres des Valkyries tuées par Ward mais nulle trace des habitants de Dunwich tué... L'herbe au centre du cercle de pierres était intégralement carbonisée mais il n'y avait pas de témoignages de la terrible cité qui avait choisi, temporairement et imparfaitement, de s'y matérialiser... Il n'y avait nulle trace non plus du Professeur Christian Donovan Ward...

Se retournant vers la ville, Atom eut l'énorme surprise de constater qu'elle tombait en ruines... bien plus que la veille au soir... Seul le petit commerce de Bob semblait être similaire à ce qu'il avait été dans la journée d'hier !

La ferme de Whateley n'était plus que des décombres envahies par la mauvaise herbe.

Et c'est à ce moment qu'il entendit le gémissement... L'une des Valkyries venait de se réveiller... Blessée, elle était incapable de se lever mais était parfaitement consciente !
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MessagePosté le: Mer 5 Oct - 22:05
A l'abri des sons et des odeurs impies dans son armure, Ray Palmer file entre les Valkyries et les adorateurs des monstres venus d'ailleurs.
A taille microscopique, il frappe tous ceux qui se présentent devant lui. Avec ses poings densifiés à l'extrême, pour briser des genoux, des coudes, des cotes, des mâchoires. Avec les systèmes de son costume, pour tirer quelques missiles ou rayons lasers. Avec son corps lui-même, pour gêner ses adversaires et rompre leur concentration.

Et tout ça... tout ça fonctionne.
Il le faut, d'ailleurs.
Il le faut, vu la véritable abomination venue du cauchemar le plus terrifiant du pire dément de l'Humanité.


Accompagnement musical ?:
 

La porte de R'lyeh, de la terrible et maléfique cité engloutie qui retient, au moins jusqu'à présent, la chose-qui-ne-doit-pas-être, apparaît lentement devant lui.
Si Atom continue de voler, de filer entre les airs et ses ennemis, à un rythme effréné et terrible, il ne peut s'empêcher de jeter des coups d'oeil affolés vers la porte.
Il a peur, il l'avoue. Il est même terrifié par ce qui est en train de lentement apparaître via un portail qui n'a aucun sens, qui semble relié à une saloperie d'oeuvre de fiction, qui défie entièrement toute logique, mais...


"... mais qui est réel, bordel."

Les dents serrées, accélérant encore le rythme, Ray glisse son regard vers Ward - et grimace en découvrant que le professeur tire sur ses ennemis.
Certes, il comprend la dangerosité de l'instant, le caractère même dramatique de ce qu'ils sont en train de vivre ; et s'il a, lui-même, déjà ôté la vie, notamment durant son temps auprès des Morlaidhans, il réprouve l'usage de ce type de violence.
Il ne dit rien, cependant. Il n'y a rien à dire. A situation catastrophique, mesure catastrophique.

Cependant, l'espoir n'est pas entièrement mort.
Alors qu'il s'enfonce une nouvelle fois vers ses ennemis, que la porte tremble, que l'image même de cette abomination semble s'effacer, Palmer est prêt à laisser glisser un sourire, à se laisser emporter par la flamme de l'espérance en envisageant une fin positive à cet enfer - mais cela ne sera pas.
Le scientifique ne sourira pas. Il ne se réjouira pas. Il n'espérera pas.
Car le professeur Ward est blessé - mortellement blessé.


"NON !!!"

Un hurlement de rage profonde s'échappe de sa gorge, alors qu'il aperçoit le savant terriblement touché par l'ennemi - mais il n'abandonne pas.
Lui qu'il a soupçonné de mauvaises pensées, lui qu'il a cru animé de mauvaises idées, lui qu'il a envisagé comme un adversaire s'acharne. Il continue, encore et encore. Il se bat. Tel un Héros, indomptable et invincible.
Pour repousser, encore, l'indicible. Pour anéantir, enfin, l'Ombre qui voulait recouvrir Dunwich.
Pour sauver le monde.


"WARD !"

Atom se détourne des Valkyries, blessées, furieuses et terrifiées, pour filer directement vers son allié. Il reprend sa taille normale, et s'écrase autant qu'il atterrit à ses côtés.
Il s'empare ainsi de Ward, et le prend dans ses bras alors que la vie quitte lentement le corps du Héros du jour.


"Ward... je... je ne sais pas..."

Les mots lui manquent - mais il n'y a rien à dire.
Le Héros en a dit assez... en a fait assez.
Le monde est sauf. L'abomination est repoussée. L'enfer décalé.
Et Ray Palmer, vaincu par la peur, par la tension, par le choc et par la douleur de cette perte qu'il n'envisageait pas, s'écroule, sa conscience brisée et incapable de continuer. C'en est trop - c'en est définitivement trop.


**
*
**

Ses paupières se rouvrent, son corps reprend vie. Sa conscience se ranime.
Une seconde, une seule seconde, Ray Palmer se dit que tout ça n'était qu'un rêve - un cauchemar, terrible et terrifiant.
Mais cette seconde passe, et le scientifique se relève... et comprend. Il voit, il voit tout, et il sait que tout cela fut bien réel. Si le corps du Héros a disparu, si la ville semble profondément modifiée, il se souvient de tout - et n'est finalement pas surpris de ces phénomènes.


"Prévisible... c'était prévisible..."

Atom enlève son casque, puis son masque, et passe ses mains sur son visage fatigué.
Il s'avance lentement sur l'herbe brûlée, blessée ; il se prépare à partir, à réunir quelques affaires, et à quitter ce lieu de folie - mais ce ne sera pas tout de suite.
Il l'entend... il entend un bruit, un grognement de réveil. Une Valkyrie reprend conscience, toute blessée, mais clairement éveillée.


"Toi."

Quelques pas rapides, et Ray se retrouve devant elle.
De sa main droite, il tient son casque. De sa main gauche, il la menace avec un missile pointé vers son crâne - et il est à taille réelle, ce qui implique que le tir anéantira sa tête, certes jolie, mais aujourd'hui terriblement haïssable.
Le visage de Palmer est usé, fatigué ; rongé par la douleur et la colère. C'est sa tête des mauvais jours - des très mauvais jours.


"Tu vas tout me dire : sur les Valkyries, sur le complot, sur les Nazis, sur ce que vous prévoyez.
Tout - tu vas vraiment tout me dire. Et tu ne vas rien me cacher, ni te jouer de moi. Pas après ce qui est arrivé ici - pas après ce que vous avez voulu faire, pas après ce que ça a coûté de vous arrêter.
Un conseil, rapide : ne fais pas ta maligne, ne tente rien. Ne te fiche pas de moi. Je le saurais, et je n'ai plus de patience."


Atom s'avance, et pose la tête du missile sur le front de la jeune fille.

"Ne me donne pas une excuse pour faire ce dont je rêve, petite conne."

Ses yeux brillent d'une haine farouche.
Vraiment, la Valkyrie n'a pas intérêt à le provoquer...
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MessagePosté le: Ven 7 Oct - 19:20
La fille observa Ray, quelque peu étonnée d'être toujours vivante... Elle tenta de se redresser sur ses coudes mais y renonça, finalement, une douleur lancinante lui tordant le visage. Elle reprit, alors, péniblement son souffle et lança d'une voix étonnamment juvénile :

"Je... Je vais tout vous dire, il le faut..."

Sa respiration était saccadée... Avait-elle peur ? Ou bien ?

"Je m'appelle Natalia Jones est... Je ne suis personne en particulier... Je..."

Elle avala sa salive et une larme perla au coin de son œil. Allait-elle supplier pour sa vie ? Implorer Ray de ne pas la tuer ?

"Je suis désolée de ce qui s'est passé. Pour tout. Nous n'avons jamais voulu ça... Je... A la base, notre organisation ne faisait rien de mal. De la Magie Wicca. Des invocations des esprits avec une planche ouija. Rien de plus, rien de moins... Je..."

Elle se mordit les lèvres. Un aveu plus que les autres était pénible à faire. Mais il le fallait : le visage tendu de Raymond Palmer était sans appel...

"Je... Je ne me souviens pas de ma mère ou si peu... Elle est morte, j'étais petite... et mon père a toujours été très distant avec nous... Je..."

Posant son regard affolé sur les yeux de Ray, c'était comme si elle suppliait le héros de lui laisser finir sa phrase.

"J'ai grandi dans les livres, je me suis bercée d'irréel et d'au-delà lointains... Peut-être à cause de tout cela ? Je... Je ne sais pas..."

Sa respiration ralentissait, à la manière d'une bougie sur le point d'être soufflée.

"Nous avions, un jour, fait un rituel dans la forêt avec mes sœurs. C'était en hiver, je crois, et la forêt était épaisse et silencieuse. Les étoiles dans le ciel nous paraissaient plus menaçantes qu'à leur habitude. Et... Cette nuit là, cette terrible nuit, IL NOUS EST APPARU !"

La fille partit en lourds sanglots, ponctués de gémissements...

"Oh mon Dieu... Oh mon Dieu, qu'avons nous fait ? Cet homme... Cet homme NOIR était terrible ! Il nous a montré des choses... Des CHOSES QUE VOUS NE POUVEZ PAS IMAGINER !"

Elle hurlait, elle était hystérique : comme si elle revivait une scène qu'elle aurait préféré oublier !

"Et cet homme noir nous a emmené sur les ailes froides des maigres-bêtes-de-la-Lune ET IL NOUS A MONTRE QUE DE L'AUTRE COTE DU MIROIR il y a un monde noir... Un monde où les Nazis ont gagné la guerre en s'étant alliés aux sombres adorateurs des Grands Anciens... Un monde fait de pourriture & de poudre & de larmes. Un monde où tout le monde hurle de terreur ! Un monde qui est à portée de mains, un monde où les puissants écrasent pour l'éternité les faibles, où seule la force est reconnue... UN MONDE QUE L'HOMME NOIR VEUT FAIRE VENIR SUR TERRE ! POUR QUE SA VOLONTE SOIT FAITE ET QUE SON ROYAUME ARRIVE POUR LES SIECLES DES SIECLES !"

Sa poitrine se soulevait, comme prise de spasmes, ses yeux étaient révulsés... Elle attrapa la manche du costume d'Atom et cria une dernière fois :

"IL ME GLACE LE CERVEAU ! NEPHREN-KA EST L'UN DE SES NOMS ! MAMAN ! MAMAN !"

Puis, cette fois en larmes, elle ajouta :

"Tire, pour l'amour du Seigneur, tire, tue-moi, je ne veux plus vivre... Je ne veux pas être là QUAND ILS VIENDRONT SUR TERRE ! TUE-MOI !"

Et la jeune femme ne put plus qu'émettre des grognements déments... Comme si le peu de santé mentale qu'elle avait encore en elle venait de filer, emportée par des engoulevents malsains...

L'interroger plus en avant serait quelque peu difficile mais Atom pouvait, s'il le souhaitait, s'y atteler... D'autant plus que cette jeune démente était la SEULE survivante de cet étrange massacre...
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MessagePosté le: Dim 9 Oct - 20:53
Au début de la tirade de la jeune femme, Atom continue de la menacer avec le dernier missile de sa combinaison.
Tenant, de son autre main libre, son casque contre son flanc, il offre un regard noir et sans compromis à la Valkyrie ; elle n'y trouve ni pitié, ni sympathie, ni même la moindre once de douceur, pourtant habituelle chez le scientifique. Le moment qu'il vient de vivre ne lui permet plus de s'adonner à ce type de comportement - il y a eu trop, trop d'horreur pour cela.

Cependant, alors que la jeune femme continue son discours, en hésitant, en butant sur quelques mots, en se laissant peu à peu ronger par l'horreur de ses paroles, Ray Palmer baisse son bras - et désactive ses armes.
Devant lui, Natalia Jones se livre entièrement, révélant enfin au scientifique les éléments manquants au terrible puzzle auquel il a été confronté depuis son intégration à cette nouvelle version de la Justice Society of America.


"Mmh..."

La Valkyrie dit tout - c'est définitivement le grand déballage.
Comme souvent, elle n'est finalement pas "mauvaise", juste une autre victime de forces qui la dépassent. Une histoire classique, déjà vue ; une sale histoire, une triste histoire même, qui ferait fondre son coeur... si ce dernier n'avait pas été déjà brisé par la disparition du professeur Ward, et la découverte des abominations de Dunwich.


"Non."

Sa réplique est froide, terrible. Dénuée de la moindre émotion, du moindre soupçon d'âme qu'on pourrait s'attendre chez tout être humain.

"Je ne te tuerais pas, et je ne tirerais pas."

Ray s'accroupit. Il pose son casque au sol, et libère sa main gantée, agrippée par la jeune femme, pour passer lentement ses doigts sur les cheveux en bataille de la Valkyrie.
Il plonge alors son regard dans ses yeux - mais, à nouveau, il n'exprime nulle émotion.


"Ce serait trop simple, trop facile pour toi."

Sans prévenir, Atom serre le poing, et tire les cheveux de Natalia. Cette dernière expulse certainement un petit cri de douleur, mais se tait sûrement quand le scientifique approche son visage du sien.
Une émotion de pure colère glisse alors dans ses yeux et sur ses lèvres, alors qu'il reprend la parole d'une voix terrible et brutale.


"Ouin, ouin... je suis une pauvre fille abandonnée, j'avais pas d'amies, les garçons ne me regardaient pas... ouin, ouin... je voulais pas faire de mal, je voulais juste tester, c'est pas de ma faute... ouin, ouin... aidez-moi... NON !!!"

Ray serre un peu plus fort, tout en continuant sur le même ton.

"Toi et tes copines avez lâché une apocalypse rampante et maléfique sur ce monde. Vous avez joué avec des forces que vous ne connaissiez pas, vous avez laissé faire... et maintenant que ça tourne mal, tu demandes de l'aide ? Tu as peur ? Tu veux mourir ?
Je comprends - mais ça ne sera pas aussi facile."


Palmer se relève, lâche Natalia, et détourne son regard. Il le pose à nouveau sur les ruines de Dunwich, sur les gravats de la ferme, sur les brûlures sur l'herbe - sur l'absence, surtout, des cadavres, des corps, des restes de ce qui est arrivé ici.
Il pousse un profond soupir, alors que la jeune femme s'enfonce dans des grognements incohérents, une forme profonde de démence ; il n'y a clairement plus grand-chose à tirer d'elle.

Atom reste encore ici quelques instants, avant de récupérer son casque, puis la jeune femme. Utilisant les derniers systèmes de son armure, il se déplace jusqu'à l'intérieur de Dunwich avec Natalia, qu'il place à l'arrière de la voiture utilisée pour venir jusqu'ici.
Ensuite, et sans un regard en arrière, Ray Palmer s'en va.
Il quitte cette antre de la folie, cette monstruosité, en essayant de ne conserver que les informations utiles - et de garder son esprit, tout simplement. Au regard des horreurs qui guettent la Justice Society of America, cela semble bien difficile... mais ils s'en sortiront, il n'en doute pas. Eux sont des Héros, et sauront comment faire.
Lui va juste ramener Natalia dans un asile, transmettre les informations à Liberty Belle, et préparer le briefing avant la bataille de la Justice League - et on verra, pour le reste, à son retour...


(HJ/ Merci pour cet excellent sujet ! Un super moment de lecture et de RP, je ne pouvais rêver mieux ! /HJ)[/b]
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[JSA] [Providence, Rhode Island] La quête horrifique de R'lyeh la maléfique

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