[Domicile de Power Girl] La fin de l'adulescence (Story Arc Atlee #2, Partie 1) (PV Rik Starr) (Terminé)

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MessagePosté le: Lun 8 Aoû 2016 - 17:52
Depuis les tragiques événements de Coast City, son enlèvement et sa lente récupération, Atlee sentait que quelque chose était toujours… Brisé en elle. Elle continuait de faire des cauchemars la nuit. Son ressentiment envers certains de ses anciens alliés était toujours aussi virulent. Parfois, elle avait l’impression qu’il y avait une autre présence dans sa tête, à l’extrême limite de son champ de vision. Elle tentait, bien sûr, de le cacher mais certains étaient plus observateurs que d’autres. Power Girl, en ce moment, était débordé mais si elle avait eu le temps de passer plus souvent à l’appart, elle l’aurait sans doute remarqué. Divine, c’était… Divine… Donc si elle avait remarqué, elle avait l’air de s’en moquer éperdument ce qui laissait le chat (cette terreur puante, moche et laide) et… Rik. Mais c’était plutôt tendu entre les deux, en ce moment, pour tout dire.

Quand elle avait appris qu’il considérait sérieusement servir de mentor, en un sens, aux Titans, Atlee avait explosé. Pas au sens premier du terme mais elle lui avait piqué une de ces colères. D’ordinaire, il y avait une excellente chimie entre ces deux-là. Il y avait eu des mots, méchants, blessants, vicieux de part et d’autres, des objets lancés, de la vaisselle brisée Et Rik à la merci d’Atlee, prête à lui défoncer le crâne avec une énorme roche. Ce qui l’avait arrêté? Elle avait vu son reflet dans un morceau de miroir cassé et ce qu’elle avait vu ne lui ressemblait pas. Sans un mot, Atlee avait battu en retraite dans son sanctuaire sous l’immeuble et Rik avait décidé d’aller se passer les nerfs en allant boire un verre dans un bar à des années lumières de là avec Kho Kharhi, la Khund Green Lantern. Ces deux-là avaient été impliqués dans une sacrée bagarre de bar d’ailleurs.

Il fallait se rendre à l’évidence. Quelque chose clochait. Tout le venin et la rancœur qu’elle avait pour son ancienne équipe, qui l’avait lâchement abandonné, qui avait inauguré sans elle la tour qu’elle avait aidé à construire… Atlee avait découvert la terrible morsure de la trahison et pour un Stratan, la confiance, c’est tout. Elle n’arrivait pas à se mettre en tête que ce genre de chose était hélas fréquent chez les Humains, chez les gens de la surface. Elle n’arrivait pas à mettre derrière elle tous ces « et si ». Et si les Titans étaient venus à sa rescousse, et si Power Girl était arrivée à temps, et si… Elle culpabilisait d’avoir succombé au mal et en même temps blâmait les autres qui l’avaient laissée seule. Abandonnée. La technologie de Strata pouvait faire des miracles. Le problème c’est que pour guérir, il fallait du temps. Du temps qu’Atlee n’avait pas.

Il s’était écoulé une semaine voire deux depuis « l’incident » à l’appartement. Atlee n’avait pas revu Rik depuis tout ce temps et inversement. C’est presque par hasard qu’ils se croisèrent dans les escaliers menant du rez-de-chaussée à l’étage. Les deux se regardèrent avec méfiance, les souvenirs douloureux refluant vers la surface. Atlee avait crispé les poings… Puis son faciès furieux s’était effondré et elle s’était jetée dans les bras de Rik en pleurant, en disant combien elle était désolée de ce qu’elle avait fait et qu’elle le regrettait sincèrement. N’eut été des réflexes de Rik Starr, sauveur de l’univers, le duo aurait déboulé les escaliers, une chute de plusieurs étages. Atlee, l’élue de tout un peuple, une adulescente forcée dans une monde qu’elle ne comprenait pas… C’était une petite chose fragile qui avait besoin d’attention et de soutien mais plus important encore : de ses amis.
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MessagePosté le: Ven 12 Aoû 2016 - 18:01
Elle en avait du toupet... et pas qu'un peu: quand Rik avait annoncé à Atlee sa décision de faire parti des Titans, la Stratane s'était permise de piquer une de ces crises, terrible, incontrôlable. Des mots furieux, rageurs, vicieux vivaient alors dans le coeur ordinairement tendre de la jeune femme, qui les expulsa sans le moindre filtrage préalable. Jamais l'alien n'aurait cru voir un jour Terra réagir ainsi. C'était impensable. Mais vexé, blessé, il s'était lui aussi mis à lancer des mots durs, pour défendre ses choix de vie, ses opinions, et enfoncer celle qu'il pensait être sa compréhensive amie. Bien sûr, rien ne se passa comme prévu, au point qu'Atlee finit par surplomber Rik, une roche titanesque au dessus de sa tête, prête à broyer le blondinet. Le jeune homme crut voir son heure venue. Rien ni personne ne pouvait plus l'aider: Power Girl travaillait et Divine faisait les boutiques. Mais il n'en fut rien, l'intra-terrestre s'enfuit, laissant un pauvre gars blême par terre, au milieu des débris de l'appartement. Bordel, ça oui, elle avait du toupet de se jeter dans ses bras pour pleurer et s'excuser comme ça. Il avait failli mourir des ses mains, merde, à cause d'une colère subite. Où la confiance pouvait-elle subsister dans de pareilles situations ? Pour le moment, impossible de lui en vouloir, le Ranger n'en avait plus beaucoup pour la Stratane. Il ne la laisserait pas tomber, car il restait bon, au fond de lui, mais un mur invisible existait entre les deux, désormais. L'abattre ? Possible, mais pas pour le moment. Pas tant qu'Atlee ne lui prouvait pas un meilleur contrôle de ses sentiments. Elle restait son amie, évidemment. Il la protègerait jusqu'au bout. Il allait juste faire un peu plus gaffe désormais. Accepter l'autre ne voulait pas dire tout laisser passer: dur dur de vivre avec une personne capable de fendre la Terre en deux sur une rage berserker. En tant qu'ami, il l'aiderait à se maîtriser, à se connaître, à juguler ses sentiments un minimum, pas pour la rendre moins flamboyante, mais lui permettre une vie tranquille, sans les remords d'avoir abattu son colocataire et ami.

Une Atlee toute trempée de larmes dans les bras, il remonta jusqu'à l'appartement, la fit s'asseoir à table, lui donna un gros paquet de mouchoirs, et croisa les mains. Le visage grave mais pas marqué par la colère, il fixait la jeune femme de ses yeux bleus.

- Il faut qu'on parle, et qu'on parle bien.

Bref, court, concis. Rik était on ne peut plus sérieux.
Cette situation se révélait inconfortable pour tout le monde. La colère, la méfiance, la violence, tout ça n'engendrait que de mauvaises choses. Comme le disait un vieux maître vert et rabougri: la peur est le chemin vers le côté obscur. La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance. Et Rik avait peur, oui. Il ne craignait pas de l'admettre.

- Je ne vais pas te cacher que te voir tenter de m'écraser la caboche, ça m'a forcément plu. J'ai peur, mon amie. Tu as perdu ma confiance.

Il soupira, son regard se perdant sur le bois noueux de la table. Ah la la, il n'aimait pas jouer au vieux sage, au prof. Il ne s'estimait pas assez âgé, pas assez expérimenté pour. Et puis ça ne collait pas particulièrement à l'image qu'il voulait donner, qu'il aimait avoir.

- Mais tu es toujours Atlee, mon amie. Et je veux que tu la regagnes, cette foutue confiance. Alors je veux t'aider. T'aider à comprendre comment fonctionnent tes émotions, à les gérer sans te juguler. Il faut que tu puisses parler des Titans, qui t'ont fait du mal, sans avoir envie de tout détruire autour de toi.

Doucement, le Ténébrien se leva, alla nettoyer un verre sale et le remplit d'eau froide et de sirop aux agrumes. Il fit de même pour la Stratane, et lui en apporta un.
Une fois de nouveau posé à la table, il but d'un trait le liquide presque opaque, profitant de ce petit plaisir aqueux.

- Haaaa, c'est frais. Enfin bref, si tu as des idées, déjà, donne les moi. J'en ai, mais bon, ça pourrait pas forcément te convenir. Parle moi d'abord de ce que tu aimerais. Si ça se trouve, tu ne veux rien changer du tout, et je le comprendrais. Dans ce cas, je m'éloignerais un peu, le temps que tu te décides.
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MessagePosté le: Ven 12 Aoû 2016 - 18:53
« Mais ce n’était pas moi Rik, je te jure! Tu es mon ami, jamais je n’aurais fait une telle chose volontairement! Tu ne peux pas me dire une telle chose. Perdre la confiance de quelqu’un, c’est la pire des choses qu’un Stratan puisse faire! Je ne sais pas ce qui s’est passé. C’est comme s’il y avait eu quelqu’un d’autre pour prendre le contrôle de mes actes. J’ai peur, Rik. Je ne sais pas ce qui se passe! »

La situation était grave. Très grave. La preuve? Atlee n’avait pas touché à quelque chose avec du sucre dedans. Là c’était carrément l’alerte générale. Elle avait l’air misérable et il était clair qu’elle n’était pas au meilleur de sa forme. Et d’entendre Rik lui parler ainsi… Il aurait pu lui mettre une gifle, ça aurait fait pareil. Elle était malheureuse. Et anéantie de savoir que Rik n’avait plus confiance en elle. Elle n’avait envie que d’une chose, se mettre en boule dans son lit et pleurer. Elle n’osait pas regarder le Space Ranger dans les yeux. Elle n’en avait pas la force. Comment pourrait-elle trouver en elle ce qu’il fallait pour soutenir le regard de quelqu’un qui vient de vous dire que vous l’avez trahi? Elle regardait la table, même pas son verre. Elle n’avait pas soif. Pas envie de boire. Envie de rien en fait. Et une Atlee triste est une terrible chose à voir, comme on le sait.

Et elle n’avait pas menti. Depuis qu’elle avait été torturée, malgré tous les efforts faits à Strata, jamais elle n’avait vraiment guéri. Il restait probablement quelque chose, un fragment enfoui qui continuait de l’empoisonner à petit feu. Elle ne pouvait pas passer sa vie en cet endroit tout spécial à Strata capable de purger pendant un temps toute émotion négative. En même temps, elle ne pouvait pas prendre le risque de mettre ses amis en danger. Mais comment le faire comprendre à Rik, ça? Atlee n’était pas stupide, loin de là, mais des fois les mots lui manquaient pour expliquer les choses. Toujours en train de regarder la table, elle poussa un soupir las, renifla et tenta d’expliquer à Rik ce qui s’était passé. En espérant qu’il accepte de la croire. Mais pour croire, il faut de la confiance et donc… Ce n’était pas gagné, loin de là. Elle allait quand même essayer.


« Quand tu m’as dit ce que tu voulais faire, je me suis senti trahie. Mon ami qui se joint volontairement à ceux qui sont responsables des tourments que j’ai enduré parce qu’ils m’ont abandonné. Et je me suis souvenu d’elle, de Gaia, de cette personne qui avait mon corps mais qui n’était pas moi. Et… Je me suis sentie glisser, comme écartée par quelque chose. C’est quand j’ai vu mon reflet dans le miroir que…

Que je suis revenue pleinement à moi. Je n’aime pas ce que je vais faire mais… Tu as deux choix, Rik. Tu me fais confiance, nous restons amis et je déplacerai des montagnes s’il le faut pour que plus jamais un tel incident se reproduise. Ou tu restes sur ta version, tu ne me fais plus confiance et je coupe tout lien avec toi. De me dire que tu n’as plus confiance en moi, c’est comme me planter un couteau dans le cœur. À ce point.

Je n’y survivrai pas, Rik. Le temps, c’est beau sur le papier. Dans la réalité, c’est une toute autre affaire. Je donnerais ma vie pour sauver la tienne, sans poser de question. Moi je sais ce que je suis prête à faire pour toi. Parce que tu es mon ami. Parce que j’ai confiance en toi. Pour nous, Stratans, sans confiance, il n’y a pas d’amitié. Je souhaite de tout mon cœur, Rik, que nous restions amis. Plus que jamais j’ai… J’ai… »


Atlee ne termina pas sa phrase. Elle tourna de l’œil et tomba de sa chaise, inconsciente. Clairement, quelque chose n’allait pas et ce n’était pas forcément le meilleur des moments pour un choc violent supplémentaire. Rik connaissait bien Atlee. Il savait que la brune pouvait en encaisser avant de poser un genou à terre. Qu’est-ce qui pouvait bien la ronger de l’intérieur pour l’avoir mis K.O. aussi rapidement?
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MessagePosté le: Jeu 18 Aoû 2016 - 6:08
Starr hocha la tête. Il acceptait d'écouter son amie. Elle devait avoir énormément de choses à dire, vu l'état dans lequel étaient ses yeux mauves: brillants de larmes, apeurés, paniqués, comme jamais le Ténébrien ne les avait vu. Rien que pour les voir, ce fut une épreuve, tant la jeune femme refusait de croiser leurs regards. Bien que doté d'un coeur gros comme ça, Rik se permettait d'être un peu plus sceptique que d'habitude, plus sec. Que l'acte soit volontaire ou non, il s'était produit. Et impossible de savoir ce qui se révélait le pire: qu'Atlee l'ait voulu, ou qu'elle n'ait aucun contrôle sur ses émotions. Dans un cas comme dans l'autre, le danger existait. Après, le Ranger savait qu'au fond de la Stratane battait un coeur en or, expliquant pourquoi il croyait au caractère involontaire de l'agression. C'était la raison pour laquelle il acceptait de donner des chances supplémentaires à la géokinésiste. Il l'aimait, et ressentait d'instinct son innocence, maintenant que la rancœur était passée.

- Bon, bon, d'accord Atlee...

Pas de boisson, pas de sucre, pas de réactions... rien, nada. Apparemment, toute cette affaire touchait bien plus profondément la jeune femme que l'aurait pensé Rik. La confiance comme point central d'une bonne relation ? Il devait être difficile de ne pas se briser avec cette mentalité. Soit tu ne faisais confiance à personne et la solitude te dévorait de l'intérieur, soit tu faisais confiance à tout le monde et tu te prenais de grosses baffes dans la gueule en comprenant que le monde était pas aussi lumineux que prévu. Le blondinet savait qu'Atlee souffrait de sa culture différente: en tant qu'être souterrain habituée à une civilisation sans mensonge, sans faux-semblants, sans violence particulière, s'adapter à toute la crasse de la surface et de l'au-delà, ce ne devait pas être super facile.
Après, facile ou non, ça ne changeait rien au fait que pour son bien et celui d'autrui, la Stratane devait impérativement apprendre à se contrôler.
Sans se laisser démonter une seconde par la situation, Rik écouta les mots de son amie, sûrement très compliqués à exprimer. Ils faisaient mention de sentiment de trahison, de perte de contrôle, d'évanouissement des sens. Hum... étrange. Impossible de nier que d'ordinaire, Terra ne se laissait jamais dominer par de violentes pulsions. Jamais. Or là, plus l'alien y réfléchissait, plus ça semblait gros. Cette Gaïa revenait encore sur le tapis. Plusieurs semaines auparavant, Divine, Harley Quinn (pourquoi, personne ne le saura jamais), Atlee et le célèbre sauveur de l'univers avaient subi de plein fouet le retour de cette espèce d'entité voleuse de corps, enfermée dans un ensemble de lingerie haut-de-gamme. Aventure loufoque, d'accord, mais une marque existaient peut-être encore dans l'esprit de la sidekick de la jolie brune.
Tout en réfléchissant, l'explorateur spatial hocha la tête, acquiesçant encore aux paroles de son amie:

- Hum hum... oui.

Bien qu'elle ne cherche pas à particulièrement l'écouter, Rik commença à formuler des propos se voulant rassurants. Il désirait réconforter la jeune femme, lui assurer qu'il n'allait pas la laisser tomber comme une vieille chaussette. Ce serait se montrer cruel, monstrueux, maléfique même que de couper tout contact. Et le Ranger ne correspondait à aucun de ces qualificatifs, loin de là. L'attitude enfantine, gamine, se contrebalançait avec toute la noblesse d'âme, la miséricorde, le courage et la bonté du personnage. Le seul être qui ne méritait pas son pardon s'appelait Lady Styx... oh qu'il la haïssait de tout son être.

- Tu sais, si je discute avec toi, c'est bien parce que je veux que ça aille mieux entre nous.

A peine avait-il fini de parler qu'Atlee bégaya un mot et s'effondra comme un gros sac de farine sacrément rembourré. Elle bascula bien trop vite de sa chaise pour qu'il puisse l'attraper à temps. Au début, le blondinet rigola, et finit son verre. Plus les secondes passaient, plus la vérité s'imposait à l'esprit alien. Y avait une couille dans le pâté. Eeeeeeeh merde... Bien vite, il bondit par dessus la table pour vérifier le pouls de la géokinésiste la plus puissante de la planète, voire de l'univers. La panique diminua dans le coeur du jeune homme alors qu'il sentait un battement régulier.

- Atlee ? Atlee ? Tu me fais une blague ?

Elle vivait, apparemment. Bon, gros soulagement. Après quelques minutes passées à tester divers moyens de réveil, Rik en arriva à la conclusion suivante: impossible de la faire émerger. Bon, ça posait un peu souci. Pourquoi ces merdes leurs tombaient toujours dessus, et surtout à des moments importants ? Comme si une espèce de divinité de ses deux s'acharnait à lui pourrir la vie. Si ça se trouvait, il y avait bien quelqu'un, là-haut, qui s'amusait à griller les pattes de la fourmi Starr avec une loupe. Enfoiré d'enfant gâté...

- Et merde... et pas de Peegee sur place... ni de Divine.

Bon, en bon Space Ranger qu'il était, le jeune homme eut une idée. Ça avait plus de chances de ne rien donner que de fonctionner, mais comme le disait si bien l'adage: qui ne tente rien n'a rien. Calant difficilement la Stratane sur ses épaules (les protubérances mammaires gênant plutôt l'opération, ça oui), il se redressa et se dirigea vers l'ascenseur. Prochain arrêt, la buanderie. Eeeeeeeeeeeeeeeeet... en panne... foutrecouilles, Rik allait devoir porter son amie jusqu'au sous-sol dans les escaliers.

- Ouf, tu caches bien ton poids, ma vieille...

Et c'était parti.
Le voyage dura vingt minutes, durant lesquelles la mèche blonde se plaqua sur le front trempé de sueur. Durant lesquelles le t-shirt noir se transforma en véritable piscine portable. Durant lesquelles le héros faillait tomber un nombre incalculable de fois pour Atlee qui elle s'en ficherait comme de sa première dent tombée... si tant est que les Stratans avaient le concept de la petite souris, ou de la fée des dents, en fonction.
Par chance, l'alien ne croisa personne, et arriva en soufflant comme un boeuf sous amphétamines devant l'énorme roche dissimulant l'entrée de la tanière rocheuse de la géokinésiste. Peu importait les dégâts matériels: Rik sortit son pistolaser et se fraya un chemin vers le lieu de repos et de tranquillité de son amie, en espérant que ça pourrait l'aider.

- Allez, me claque pas dans les mains, je te le pardonnerai jamais.
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MessagePosté le: Jeu 18 Aoû 2016 - 13:40
Ce n’est qu’une fois à l’abri dans son sanctuaire qu’Atlee reprit conscience. Non. Pas Atlee. Gaia, cette sombre entité qui sommeillait en elle. Elle se releva, regarda Rik avec un sourire malicieux que l’on n’aurait jamais vu sur le visage doux et innocent de la Stratane et le passage ouvert de force par Rik se referma. Laissant entendre un rire qui n’avait rien de doux et innocent, le « mauvais côté » de la brune semblait s’amuser de la situation. Difficile d’en deviner les intentions mais pour le moment, Rik n’était pas sur le point de se faire écraser par un rocher, ce qui était une bonne chose comparativement à sa dernière rencontre avec ladite entité. Autant Atlee rayonnait d’une énergie positive, autant on sentait clairement la différence quand Gaia était là. Elle épousseta le costume de Terra avant de prendre la parole.

« Tu sais Rik, les Stratans sont de beaux salauds. Dans leur petit monde souterrain, leur collectif supprime les pensées négatives et ils ont les moyens de réparer les esprits brisés. Mais quand ils envoient l’un des leurs à la surface, ils savent pertinemment que loin de l’effet de groupe, ils condamnent à un lent empoisonnement spirituel leur émissaire. Atlee n’était clairement pas prête pour la surface. »

La voix de Gaia est considérablement plus mature et elle aurait sans doute été fort enjôleuse si Rik n’avait pas su tant pour le fait que la première fois qu’on avait vu cette entité, c’est quand Atlee avait été torturée aux mains de la Citizenry et que pour la faire réapparaitre, il avait fallu un soutien-gorge maudit et une présence maléfique. Là c’était d’autant plus préoccupant car elle s’était manifestée sans un tel support, pratiquement de sa propre initiative. Très féline dans ses mouvements, Gaia commença à tourner autour de Rik, à la façon d’une prédatrice. Pour le moment, elle n’avait rien fait d’hostile contre Rik mais on pouvait se demander si le coup allait venir et si oui, de où. Il ne fallait pas sous-estimer le « mauvais côté » de la Stratane qui, quand même, avait bien failli assassiner Power Girl avec une lame en kryptonite.

« Au fil du temps, corrompue par la surface, l’esprit d’Atlee s’est lentement retrouvé empoisonné et elle a tout fait pour refouler les mauvais sentiments, les enfouissant au plus profond d’elle sans jamais en parler à qui que ce soit. Une longue période de gestation pour moi avant qu’elle ne soit capturée par un ennemi venu d’ailleurs et torturée mentalement. C’est moi qui ai empêché son esprit de voler en éclat.

Oh, je ne dis pas qu’à cette époque, j’étais parfaitement stable, non. Je me rends bien compte avec le recul que j’étais un peu trop… Imprévisible. Mais c’est ce qui arrive quand on vous met aux commandes de quelque chose pour la première fois. Et après l’avoir sauvé de la folie, Atlee m’a trahi en essayant de se débarrasser de moi. De me tuer. Elle a presque réussi d’ailleurs. Je maudits Strata et sa technologie. »


Le plus préoccupant c’est le calme presque froid dont fait preuve Gaia. Jamais elle ne quitte Rik des yeux ou ne lui expose son dos. Contrairement à Atlee, douce et innocente et qui jamais n’utiliserait ses pouvoirs de façon abusive, il est clair que Gaia, elle, n’a rien de doux et innocent. Elle continue de lui tourner autour, continue de jouer avec lui mais elle ne fait rien d’autre. Comme si elle attendait qu’il fasse le premier geste hostile pour pouvoir riposter en toute légitimité. Elle finit par s’arrêter et fait sortir du sol un trône d’obsidienne sur lequel elle s’assoit. Jamais Atlee n’aurait fait montre d’un luxe ostentatoire. La couronne en or sertie de pierres précieuses qui se rajoute à l’ensemble donne une bonne idée à Rik du caractère de Gaia. Si on la laisse faire, ses pouvoirs risquent de servir à l’asservissement des autres, pas au bien de la planète.

« Le soutien-gorge maudit m’a permis d’émerger d’un coma forcé par Strata. Mais vraiment, ce qui m’a permis de revenir en Force? Ta délicieuse trahison quand tu lui as dit que tu irais travailler avec ceux qui sont responsable de son incarcération et de sa torture. La douleur que tu lui as infligée fut telle que j’ai pu usurper le contrôle presque immédiatement. Oh en passant, pour info, de toi à moi…

Je ne voulais pas vraiment te tuer. C’est juste… Difficile parfois de bien contrôler cette source d’énergie pure que sont les sentiments négatifs d’Atlee, si profondément enfouis en elle. Je devrais te remercier, Rik. Tu lui as fait aussi mal que ses anciens tortionnaires. Tu m’as permit de reprendre le contrôle, de pouvoir me manifester à nouveau. Bon c’est toujours un combat contre Atlee… Mais je gagne de plus en plus… »
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MessagePosté le: Ven 19 Aoû 2016 - 4:22
Eh bah voilà.
Gaïa était encore de retour...
A défaut d'être surprenant, c'était inquiétant. D'abord, les pouvoirs de la plus grande géokinésiste se retrouvaient entre les mains d'une entité ivre de vengeance et de domination. Premier mauvais point. Ensuite, Atlee avait disparu. Second mauvais point, et sans doute le pire. Il la laisserait pas tomber ça non. Au fond de lui, Rik Starr bouillonnait d'une colère terrible, de celles qui pouvaient renverser des tyrans. Il vivait comme ça, le blondinet: soit il prenait la chose avec flegme et humour, soit il brûlait le monde pour réparer l'injustice. En cela, il pouvait se montrer dangereux: inébranlable dans ses convictions, impossible de se mettre en travers de son chemin. Cela risquerait de mal se terminer. Ici, Gaïa incarnait la méchante, celle qui lui avait ravi son amie Atlee. Il fallait donc s'en débarrasser, mettre un terme à cette folie, mais sans endommager le corps... hum hum, sculptural. Il en allait de la survie de deux libertés. Celle de l'humanité et celle de Terra.
Les Stratans ? Rien à foutre pour le moment. S'ils savaient que leur émissaire souffrirait du voyage à la surface, ils paieraient en temps et en heure. Pour le moment, se concentrer sur le souci immédiat semblait préférable.
L'ire du Space Ranger, sauveur de l'univers, gardien de la liberté, grandit encore lorsque Gaïa l'informa de sa responsabilité dans toute cette affaire. Par sa faute, il avait permis de relâcher ce monstre, cette folle furieuse. Ça faisait une raison de plus de s'en occuper personnellement. Sur le plan physique, il ne pourrait jamais se mesurer à la puissance d'Atlee, surtout sans son armure spatiale. Pour vaincre, la ruse émergeait comme seule solution. Pour gagner du temps, le héros galactique grogna de mécontentement:

- Trahison... toujours ce mot à la bouche... vous allez vraiment m'y faire croire, à la fin.

Puis, il s'avança, faisant le curieux. Jamais encore la Stratane ne l'avait vu s'occuper ainsi d'un problème. Tout nouveau, tout neuf pour les yeux mauves. Heureusement: si Gaïa possédait le corps harmonieux, peut-être s'était-elle ouverte une porte vers ses souvenirs. Les mains croisées dans le dos, Rik se pencha un peu en avant pour contempler l'obsidienne du trône, avec moult haussements de sourcils admirateurs.

- Joli trône. Vraiment imposant.

Comme si tu avais quelque chose à compenser, pouffiasse... ou alors tu avais juste voulu faire de ce siège le miroir de ton âme. Noire comme les ténèbres, reflétant la lumière sans la laisser pénétrer, et énorme, gargantuesque, ridicule. Une protubérance pathétique pour un monstre d'arrogance, un enfant pourri gâté. Là où Rik avait conservé un émerveillement enfantin pour tout ce qui l'entourait, Gaïa incarnait le caprice, la possessivité. Tout ce qui faisait d'un fabuleux gamin un malheureux, un marginal.
Starr acerbe, Starr cassant, ça devait sacrément changer de d'habitude. Son visage, marqué d'un vilain rictus, s'anima lorsqu'il lâcha:

- Alors dis moi, voleuse d'amie, ce monde est-il à ta guise ? T'y sens-tu à ton aise ? J'espère, car ça ne durera pas.

Il se redressa ensuite, pour faire les cent pas devant le trône noir.
Deux idées couraient le long des neurones du blondinet. Peut-être que... Oui, ça pouvait marcher. Risqué, mais qu'est ce qui ne l'était pas dans cette situation ?

- Malgré ta toute puissance, tu ne vaincras pas. Je mourrais sans doute avant que l'on t'abatte, mais nul doute que les héros de cette planète te renverront d'où tu viens: le rebut émotionnel d'Atlee. Tu es l'unique forme de vie d'une décharge sombre, un cafard malvenu, peut-être indestructible, et oubliable.

Les premiers gros mots venaient de sortir. Sans attendre une quelconque réaction, il continua sur sa lancée, profitant du potentiel effet de surprise. Il fallait que tout passe, sans quoi il ne verrait pas le soleil se coucher sur Manhattan. Rik mettait tout son coeur dans ses répliques. Il les pensait, de toutes façons. Les rendre crédibles dans sa bouche, après, c'était autre chose.

- Je suis même persuadé qu'une personne suffira pour t'arrêter. Et j'ai une confiance absolue en elle. Nous partageons ensemble une amitié comme peu en vivent. Cette personne, c'est ma Terra, dont tu occupes le corps en ce moment.

Et il se jeta dans les bras d'Atlee. Pour la première fois, il lâcha complètement les vannes, et réussit à prodiguer... un câlin Atlee. Un vrai de vrai, dans lequel il remplaça toute sa colère par son amour, sa tendresse, sa gentillesse, ses bons sentiments, ses bonnes émotions. Assis sur les genoux de l'héroïne possédée, il se détacha d'elle que pour sortir lentement de sa veste bleue un pot en verre rempli d'une épaisse pâte marron.
Le petit blond avait profité de l'inconscience de son amie pour se faire un petit arsenal alimentaire: dans les poches du manteau de Space Ranger, toutes les friandises préférées de la Stratane, prête à être dégainées. Se doutant que la cause des problèmes d'Atlee était Gaïa, il tentait une technique similaire à celle du centre commercial, mais en plus poussée. Il y associait aussi ses sentiments les plus profonds. Comme une mère donnant un cadeau à son enfant un jour d'anniversaire, Rik tendit à la jolie brune le pot de pâte à tartiner.

- Tiens, cadeau Atlee. Du Nutella, rien que pour toi.
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MessagePosté le: Ven 19 Aoû 2016 - 5:07
Les paroles de Rik la laissèrent de marbre. Elle savait qu’il cherchait à la provoquer, à la faire réagir, à retourner sa nature volatile et agressive contre elle. Sauf que le Space Ranger oubliait une chose : Gaia avait observé ses tactiques quand il avait dû affronter le soutien-gorge maudit et ce qu’Atlee connaissait de Rik, elle le connaissait aussi. Non, les mots ne fonctionneraient pas contre elle. Enfin. Pas ce genre de mots. Elle se contenta de regarder avec un mépris glacé  le blondinet, rajustant sa position sur son trône. Qu’il perde son temps en futilités. Elle n’était pas impressionnée. Elle était Gaia, après tout, celle qui d’un caprice pouvait réduire à l’état de gravats les plus fières capitales de ce monde, qui pouvait déclencher un cataclysme d’un simple geste de la main, une véritable déesse parmi ces mortels ingrats, une… QUOI!?

Le contact physique la prit totalement par surprise. Gaia était un concentré de tout ce qui était mauvais en Atlee. Tout ce qu’elle avait refoulé pour rester gentille et polie. Tout ce qu’elle avait enduré et qu’elle avait enfoui au fond d’elle parce que ce n’était pas bien de se plaindre ou de montrer de mauvais sentiments. Tout le poison accumulé en elle à cause de la surface était en quelque sorte son oxygène. Et Rik Starr s’attaquait directement à son être avec tous les bons sentiments qu’il avait pour Atlee. Les sentiments d’un protecteur, d’un ami, d’un grand frère… Rien n’avait préparé Gaia à ce genre d’assaut et s’il ne lui fit pas mal à proprement parler, il la déstabilisa fortement. Il n’était pas supposé réagir ainsi. Il aurait dû vouloir la confronter, répondre à la haine avec la haine… Il était plus dangereux qu’elle ne l’avait anticipé, une erreur qu’elle ne referait pas.

Ceci dit, ce qui rendit caduque la tactique de Rik, ce fut de penser que le pot de Nutella parviendrait à neutraliser Gaia. Autant les émotions positives la déstabilisèrent, autant ce symbole de cet esprit infantile qu’était celui d’Atlee rajouta du carburant à sa haine. Réussissant à imiter l’air surpris et émerveillé de la Stratane, elle prit le pot des mains de Rik, tout doucement, presque avec révérence puis le posa par terre… Avant de réduire en fragments avec un énorme poing de pierre. Comme si elle allait se faire terrasser si facilement par la gourmandise de l’autre idiote. Il ne comprenait pas là. Atlee n’était pas en état de se battre. Elle était comateuse, léthargique, prisonnière de son propre corps. Le Space Ranger allait payer pour cet affront. Il voulait la traiter comme ce qu’elle n’était pas et elle ne comptait très certainement pas se laisser faire, loin de là.


« Une belle tentative, le câlin à la Atlee. Je ne te mentirai pas : tu m’as bien eu. Mais le pot de Nutella? Je ne suis pas Atlee et si tu penses pouvoir la ramener à la surface, Atlee est dans un beau coma en ce moment. Elle ne peut pas t’entendre. Elle ne peut pas te voir. Tu peux parler à un mur, tu auras autant de résultats. Je l’ai épuisé, physiquement et mentalement et maintenant c’est à mon tour de jouer. Compris?

Je me demande : est-ce que je me charge de toi en premier ou je te garde pour la fin? Mais d’abord, comment on se sent, Rik, quand on est impuissant à sauver ses amis? Comment on se sent quand la solution n’est pas aussi débile et enfantine que le voudrait le grand Rik Starr? Je ne suis pas Terra. Je suis Gaia. Si tu n’as pas encore compris que je suis infiniment plus dangereuse qu’elle, je te fais une démonstration. Ça te dirait de voir l’Empire State Building en ruine? »
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MessagePosté le: Ven 19 Aoû 2016 - 17:56
Rik se rendit compte que derrière la paroi de haine, de colère, de violence, de rage, de peur se dissimulait une personne pensante, qui ne cherchait que la vengeance. Non pas selon la loi du Talion, œil pour œil, dent pour dent, mais pour se soulager, vivre mieux avec le poids qui pèse sur ses épaules: celui de n'avoir été qu'un tout négligeable, un sac de patates pourries jetées sur l'épaule d'Atlee pour lui permettre de mieux vivre. Le jeune homme soupira. Comment pouvait-il lui en vouloir, au fond ? Les Stratans l'avaient traitée comme un jouet, un instrument utile à leur émissaire, leur envoyée sur Terre, sans se soucier des ressentis de Gaïa. En cela, ils ressemblaient atrocement aux Gardiens d'Oa. Purs, inaltérables, supérieurs. Cette "perfection", cependant, leur empêchait de saisir les nuances d'êtres différents, plus complexes. Ou alors si, ils comprenaient, mais s'en fichaient, ce qui était encore pire. Sans toutefois développer de haine pour eux, le héros des étoiles commença à nourrir un léger ressentiment envers eux.
Les menaces de l'entité possédant Atlee dépassant de loin ses maigres compétences de Space Ranger, Rik se détendit, seulement à moitié. Comme l'exprimaient les pensées bouddhistes: il ne servait à rien de se briser l'esprit face à un problème. Soit on pouvait le résoudre, et dans ce cas tout allait. Soit on ne pouvait pas le résoudre, dans ce cas pourquoi s'en faire ? Mais... nan... il ne pouvait se laisser aller à cette facilité. Grâce à l'effort, grâce à la volonté, on pouvait tout faire, et tant pis pour le nirvana, ça en laisserait de plus grosses parts à ceux qui cherchaient à l'atteindre.
D'abord horrifié par son échec, Starr soupira, et répondit à son "ennemie":

- Tu as gagné, je suis impuissant face à toi. Je ne peux que parler, palabrer, parler, radoter, et tu me connais assez pour ne pas te faire avoir.

Il lâcha un petit sourire, à la fois amical, et attristé.
Atlee ne reviendrait peut-être jamais... cette idée s'était ancrée dans son esprit, pour ne plus s'en détacher. Mais il avait devant lui quelqu'un qui, s'il ne se trompait pas trop, avait besoin d'aide. De son aide. Car Rik, tout enfantin qu'il était, tellement bavard qu'il en devenait énervant, sentait battre en son cœur la bonté, et ne voulait qu'une chose: la partager autour de lui. Le contact avec Atlee avait décuplé ce désir, au point de le rendre dominant chez le jeune homme. Bonté et liberté. Deux concepts complexes à réunir, mais source de tellement de bonheur une fois bien associés.
Un peu gêné, tendant à considérer Gaïa comme une vraie personne, et pas juste une créature maléfique, continua:

- Jeeeee... suppose que je n'ai pas à t'en vouloir de ton comportement. On t'a maltraitée. On a failli te tuer. J'ai réagi à l'identique (sauf que j'ai pas de pouvoirs moi) après qu'un gros caillou ait voulu m'écrabouiller la tête. Je serais hypocrite de te le reprocher.

Le blondinet s'assit par terre, devant le trône, sans signe de soumission quelconque cependant. Ainsi posé sur son postérieur, il lui était désormais impossible de fuir. Enfin... encore plus impossible que s'il se trouvait sur ses pieds, quoi. Une géokinésiste en environnement caverneux, ça laissait peu de chances de s'en sortir. Alors quand la géokinésiste est la plus puissante de la planète...
Jetant gêne et tristesse à la poubelle, le jeune héros s'avança sur son fondement, droit vers le trône d'obsidienne. Il voulait donner sa chance à Gaïa, lui offrir mieux que simplement servir de méchante à l'histoire. Il l'espérait le plus sincèrement du monde.

- C'est pour ça que je te propose de passer 48h avec moi, sans destructions, sans jugement, sans combat. 48h durant lesquelles je t'emmènerais faire les boutiques, se balader, regarder un film, ce genre de choses. Parce que la vie est tellement plus belle quand on peut s'amuser, danser et sourire, s'écouter, chanter et puis rire. Peut-être que tu es une personne exceptionnelle à qui l'on n'a pas donner la chance de s'exprimer. Peut-être pas. Mais je veux te laisser une chance de me le montrer. De te le montrer, aussi.

Une fois devant l'imposant trône de pierre volcanique, Rik se redressa, avec un sourire, en tendant sa main vers Gaïa. Pas Atlee, Gaïa. Il avait compris. Bien qu'il désirait le retour de son amie, il ne pouvait se retirer de la tête que devant lui se trouvait un être pensant, particulier, tout autant que la naïve mais fabuleuse Stratane.
Parlant avec ses mains, Starr accentua chacun de ses mots avec moult gestes importants. Pas de calcul, simplement une habitude lorsqu'il s'exprimait avec passion.

- J'ai pris mes ruses, mes stratagèmes, mes plans ridicules et enfantins pour les mettre au placard. Cette proposition est faite avec le cœur, sans apitoiement, sans arme ni haine ni violence. Tu pourrais me briser ici, maintenant, et personne ne pourrait rien y faire. Tu pourrais ravager l'Empire State Building en un clin d’œil, et personne ne pourrait rien y faire. Mais je suis sûr que tu es quelqu'un de bien à qui on a fait de mauvaises choses. Oui, tu es quelqu'un de bien. Car sinon, tu ne me menacerais pas de causer morts et destructions: tu m'aurais simplement montré ton œuvre après coup.

Agissant pas pur instinct, sans savoir ce qui allait se passer, Rik se laissa aller. Il n'avait plus qu'à attendre les réactions en face, la colère ou l'attendrissement, la rage ou la gentillesse. Toujours aussi bien intentionné dans ses actes, le Ténébrien lança enfin à la Stratane possédée:

- Dis moi, qu'aimerais-tu faire ?
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MessagePosté le: Ven 19 Aoû 2016 - 19:03
Gaia ne savait pas quoi répondre. Tout ce qu’elle connaissait, c’était ce qu’il y avait de mauvais en Atlee. La colère, la peur, le ressentiment, ce qu’Atlee combattait au quotidien loin des siens, dans un monde hostile qui n’aurait fait qu’une bouchée d’elle si elle n’avait pas été entourée de gens aussi extraordinaires que Rik, Divine ou Power Girl. Gaia n’était pas faite pour les bons sentiments. Elle était juste… Le miroir maléfique d’Atlee. Son existence n’aurait plus de sens si elle devenait la « gentille ». Où les émotions négatives d’Atlee iraient? Il fallait bien QUELQU’UN pour endurer ce fardeau. Et ce quelqu’un c’était elle. Toutes les pulsions d’Atlee sommeillaient en elle, les actes irrationnels et le reste. Elle était une survivante. Même la technologie des Stratans n’avait réussi qu’à l’affaiblir. Il fallait le faire quand même.

Alors comment réagit une personne qui n’est pas habituée à avoir de la considération et qui ne connait que les émotions négatives à quelqu’un qui veut lui offrir quelque chose de bon sans avoir d’arrière-pensée? Avec crainte. Avec peur. Elle le regardait en se demandant s’il y avait un piège ou quelque chose du genre. Il y avait dans les yeux mauve de Terra de l’anxiété, quelque chose que Rik n’avait probablement vu que très rarement chez la Stratane. Gaia ne savait pas quoi dire ou quoi faire. Elle resta immobile ou presque, à regarder le Space Ranger sans savoir quoi faire. Que devait-elle dire ou faire? Elle s’attendait à une confrontation, à de l’hostilité, à une réaction agressive. Et là… Non, il la traitait comme une personne. Est-ce qu’il y avait un piège ou… C’était forcément quelque chose de vicieux, d’insidieux, de malhonnête… Non?


« Tu… Tu me tends un piège, forcément. Tu veux me confondre et quand j’aurai abaissé ma garde, tu vas utiliser une tactique que je ne connais pas pour m’emprisonner à nouveau… Tu es mieux de me dire la vérité, Rik Starr ou je détruirai cette ville entière en représailles! Tu essaies de me faire croire que tu voudrais faire quelque chose avec ce qu’il y a de maléfique en Atlee? Allons donc! »

Rik pouvait voir ô combien les blessures et les dommages étaient profond chez son ami. Ô combien elle avait enduré en silence, sans jamais rien dire ou faire, ô combien elle avait souffert sans se plaindre, la béance d’une blessure psychologique qui ferait passer le Grand Canyon pour une minuscule crevasse. Gaia ne savait pas comment réagir de façon socialement acceptable parce qu’elle était l’incarnation de la douleur d’Atlee et un animal blessé frappe dans tous les sens, aveuglé par la souffrance. Rik se retrouve repoussé par un mur de roche et tout autour du trône, des pieux minéraux avaient jailli du sol pour former un rempart protecteur pour Gaia. Elle ne comprenait pas qu’on puisse vouloir d’elle. Dans son esprit, elle ne pouvait pas le concevoir. Elle était un concentré d’énergie négative, faite pour détruire. Pas créer ou modifier…

« Tu ne comprends pas ce que je suis, pas vrai? Je suis tout ce qu’il y a de mauvais en Atlee. Tu es un héros. Les héros combattent ce qui est maléfique. Alors qu’est-ce que tu attends? Attaques moi! Vas-y! Fais ton devoir de gentil protecteur de la veuve et de l’orphelin! Pourquoi tu me tortures avec ces mensonges? Ce n’est pas comme ça que les choses se jouent. Il y a les bons et les mauvais. Alors fais ton devoir. »
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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 21:29
- J'ai l'impression que c'est toi qui ne comprend pas bien, poupée.

Le blondinet soupira, et balaya les mots de Gaïa d'un revers de la main. Elle s'escrimait à voir le monde en noir et blanc... peut-être comme Atlee ? Chose amusante, le costume de Terra était composé de ces deux couleurs, en un équilibre presque parfait. Avec une gentillesse non feinte, le jeune homme n'hésita pas à prendre la main de la demoiselle possédée pour parler directement avec ce qui animait le corps plantureux, on ne peut plus dangereux pour le calme public.
Allez, avec un peu de chance, Rik allait réussir à convaincre l'entité de le suivre, de lui faire confiance. Après tout, il ne désirait rien d'autre que lui montrer sa manière de vivre, sa manière d'appréhender la liberté de chacun. Il voulait qu'Atlee revienne, mais il espérait faire rester Gaïa, car elle aussi avait droit à la vie, à la découverte du monde, à la curiosité et à l'exploration. Nul ne devrait être restreint dans cette quête de plusieurs vies, Starr se battait pour ça depuis plusieurs années déjà... c'était bien pour ça qu'il avait voulu retourner sur Colu lors de la bataille de la Source, deux ans auparavant. Starro s'était abrogé le droit de contrôler l'univers, il fallait bien un contrepoids pour empêcher de telles ambitions de s'assouvir. Ce contrepoids mesurait un mètre soixante-quinze, pesait quatre-vingt kilos et répondait au doux nom de Rik Starr.
Désireux de convaincre Gaïa, ce dernier entreprit alors de démonter les idées qu'elle lui lançait à la face. Ouh la la, le monde il est manichéen, ouh la la, ça fonctionne trop de cette façon... on croirait entendre une adolescente en pleine phase du "le monde est trop pourri de toutes façons, révolution". Louable, mais peu abouti.

- Je ne suis pas un héros sans peur et sans reproches. Je suis Richard St... enfin, Rikane Starr, ancien Space Ranger, contrebandier spatial, pirate des pirates, explorateur planétaire et sauveur de l'univers. Oh, et protecteur de Colu aussi, oui, c'est vrai. Autant de bonnes que de mauvaises actions, et encore: défendre son lieu de vie, c'est pas de l'héroïsme. Alors laisse tomber ta lutte du bien contre le mal, du gentil contre le gredin, du bon contre le méchant. Ça existe pas.

Il y avait bel et bien des êtres encore plus noirs que les épaisses ténèbres, mais même eux se révélaient nuancés. Par exemple, Darkseid recevait chaque année un morceau de charbon de la part du Père Noël, histoire de lui rappeler qu'il était un vilain garçon. Et si ça ne faisait pas changer le Dieu du Mal, ça l'affectait un tant soit peu quand même. Comme quoi, une simple lueur de bougie pouvait repousser l'obscurité la plus profonde.
Tout être se constituait de nuances, d'hésitations, de fragments d'ombres et de lumière. Le monde aurait été sacrément chiant si ça avait jamais été le cas, en fait.

- Si tu étais une simple boule de mauvais sentiments, de haine, de colère, d'émotions refoulées, tu m'aurais déjà réduit en bouillie pour aller détruire la ville. Or, ce n'est pas le cas. Accepte que tu n'es pas juste un monstre, un truc à refouler, et ça ira mieux, déjà.

Elle l'énervait un peu, mais c'était une bonne chose: il ne paraissait que plus crédible lorsqu'il parlait emporté par la fougue de ses propos, ses mots s'envolant sur une vague de lyrisme tantôt rafraichissante, tantôt quasi-mortelle. En effet, tout le monde n'était pas sensible aux beaux mots et aux métaphores avec la nature. Alors expliquer vite, ça devenait très vite trop long lorsqu'un allié pouvait tout simplement interroger la terre. Un sacré exploit.

- Ensuite, explique moi en quoi mentir me servirait. Hein ? Je suis seul, j'ai aucune technologie à mon service qui puisse sauver Atlee. Un ami inutile, voilà ce que je suis. Alors quitte à faire quelque chose, autant nous amuser ensemble, non ? Ca te semble pas mieux que d'essayer de se taper dessus ?

Allez, qu'elle accepte une bonne fois pour toute.
Ils pourraient sortir, essayer d'aller mieux et voir comment libérer Atlee. Il ne s'agissait pas de la séparer de son corps, mais au moins de voir ce qui pouvait être fait... et surtout de s'amuser, ce qui arrive aussi plus qu'on ne le croit.
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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 22:28
Gaia continuait de regarder Rik avec méfiance. Elle l’avait écouté sans rien dire, n’avait pas réagi de façon hostile mais elle semblait avoir énormément de mal à « juste » le croire. C’est probablement ce qui arrive quand vous représentez ce qu’il y a de mauvais en quelqu’un et que vous savez qu’on vous voit comme l’ennemi. Le Space Ranger était prêt à lui donner une chance, d’accord. Jamais Atlee n’accepterait de faire de même car on lui avait appris à traiter tout ce qui était mauvais comme un ennemi à neutraliser. C’est bien pour cette raison que c’était elle la super héroïne et non Gaia. Elle aurait bien voulu croire ce que le blondinet disait mais elle savait très bien que si Atlee refusait de lui donner sa chance, c’était plutôt compromis. À la base, après tout, le corps appartenait à la Stratane, pas à elle…

Et puis bon, c’était réconfortant d’entendre qu’il ne la considérait pas comme une méchante mais encore une fois, ça ne réglait hélas aucun problème. Lui ne la voyait pas ainsi mais nombreux étaient ceux persuadés du contraire. Pour beaucoup, Atlee était une personne douce, naïve et innocente. Ce qu’elle était effectivement. Du coup, quand vous représentez ce qu’il y a de mauvais, vos risques de vous faire des amis sont extrêmement peu élevés et ça, elle le savait. Et puis la différence se voyait tout de suite. Les yeux d’Atlee étaient d’un mauve vif, lumineux. Les yeux de Gaia étaient d’un mauve presque noir. Atlee parlait avec énergie et avec un optimisme parfois exubérant. Gaia était pour sa part directe et passablement brutale. On parlait quand même de deux opposés et ce n’était pas juste pour faire joli ou pour faire concept. Atlee était la douceur et Gaia la dureté.

Elle fixa longuement le Space Ranger, cherchant le piège ou le mauvais coup. Quand les gens commencent à dire « je suis inoffensif », « je n’ai pas de pouvoirs » ou «  je suis sans défense », c’est qu’il y a anguille sous roche et c’est précisément ce qu’elle cherchait. Sans rien trouver pour le moment mais cela ne voulait rien dire. Elle jouerait le jeu, pour le moment et quand le sale coup viendrait, elle serait prête à agir en conséquence. Et si elle se trompait… Tant mieux. Si tant est que la chose était possible. Et puis bon, taper sur des gens, un peu de violence, ce n’était pas une SI mauvaise chose. Gaia, contrairement à Atlee, était beaucoup plus agressive alors l’idée de conflit n’était pas pour lui déplaire. Sait-on jamais, ce serait une alternative intéressante si elle commençait à s’ennuyer. Chose que, naturellement, elle ne dirait pas à Rik.


« Ok. On fait comme tu dis. On va sortir et… Faire des trucs. Mais écoutes moi attentivement parce que je ne te fais toujours pas confiance. Tu tentes un truc louche, tu seras mort avant d’avoir pu le faire ton coup fourré.  Et ne penses pas que je plaisante, tu n’aimerais clairement pas la démonstration que je ferais pour te prouver le contraire. Tu passes en premier et moi je te suis. Simple mesure de prudence.

Pour commencer je veux goûter à la crème glacée. Atlee en mange des quantités incroyables et moi je peux juste voir sans rien ressentir. Conduis-moi au meilleur endroit servant de la crème glacée dans cette ville et on verra si je te fais confiance après.  J’ai bien une liste de choses que je voudrais essayer, tant qu’à avoir le contrôle de ce corps. Ce n’est pas comme si j’avais souvent l’occasion de sortir de toute façon. »
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MessagePosté le: Mer 31 Aoû 2016 - 7:33
- Hé, si tu veux que ça se passe bien, arrête deux secondes tes menaces. J'ai bien compris. Je vais même être honnête avec toi: j'aurais un moyen de te battre, mais il dans l'appartement, tout en haut. Alors éloignons-nous en, et libère du lest, ça te fera du bien.

Rik avait parlé comme un grand frère. Il n'engueulait pas, il conseillait. Il n'en voulait pas à la demoiselle, loin de là. Lui offrir la meilleure expérience, voilà ce qui importait. Bon, dire que le Space Ranger n'avait pas de plan derrière tout ça était un mensonge. Ce plan, cependant, ne comportait ni violence, ni combat. Il ne faisait pas de lui une menace, alors pourquoi en parler ?
Si Gaïa souhaitait que tout se passe bien (et si elle avait cédé, ça devait être le cas), il allait falloir qu'elle se calme, en tous cas. Le blondinet ne demandait pas une Atlee bis, ça non. Mais un minimum de politesse et d'amicalité était nécessaire à la bonne entente. Souriant, il prit la main de la jeune femme dans la sienne, comme il le faisait quand c'était Atlee à l'ntérieur (à vrai dire, ce n'était jamais lui qui amorçait le mouvement) et sortit dans la rue, direction le meilleur glacier de la ville. Prenant transport en commun vers le centre-ville, l'alien fit la conversation avec la petite brune... enfin, la grande brune, très visible, avec un corps si désirable que tous les hommes à cent mètres à la ronde en avaient la bave aux lèvres.

- Tu sais que suite à notre visite, à Atlee et moi, Wylli Wanko est venu s'installer sur Terre, près de chez nous ? Pour la raison suivante, je cite: "La créativité est l'essence de mon boulot, mais parfois, faut aussi rigoler un bon coup pour faire de belles choses. J'ai jamais autant rigolé qu'avec ces deux zigotos." C'est un artiste culinaire, ni plus ni moins. M'enfin, tu verras ça de tes propres papilles.

Enfin, le duo arriva à la boutique, surmonté du désormais célèbre W de Wanko. Il y avait toujours du monde à l'intérieur, pour garantir une ambiance chaleureuse et conviviale. Un peu old-school, l'intérieur était recouvert de bois aux chaudes teintes, avec un mobilier dans le même matériau, rustique, mais solide. Un grand feu dans une cheminée éclairait tout l'endroit, et une délicieuse odeur flottait dans l'air.
Avec un grand sourire, Rik entra, et salua l'étrange monsieur avec un haut de forme violet.

- Bonjour Wanko !!! Ça roule aujourd'hui ?

Le propriétaire se retourna, joyeux comme à son habitude, ses cheveux blonds légèrement frisés entourant son visage radieux aux yeux bleus perçants. Un gars comme ça, ça appelait à entrer et à acheter quelque chose, ou au moins à faire un câlin... contrairement à l'imposteur, en face, de l'autre côté de la rue, brun, complètement renfermé sur lui même, avec des gants qui grinçaient, un humour ridicule et des tics nerveux à n'en plus finir... sans parler de sa voix, exaspérante !!! Un mélange de petite fille prépubère et d'hystérie mal soignée... ou trop bien soignée, qui pouvait savoir ?

- La fripouille et mon égérie ? Bien, très bien depuis que vous êtes là !!! Il faudra que vous goûtiez à mes nouvelles créa...

Le Ténébrien mit tout de suite un holà à la fougue de son ami créateur de douceurs.
Fallait le calmer, sinon il explosait de projets, et ça salissait tout dans la pièce... bah oui, trop de projets, trop de réalisations, et des trucs qui pétaient parfois. Se faire recouvrir de barbe à papa, c'était cool, mais ça collait sacrément.

- Hé hé hé, du calme l'ami. On vient juste se détendre aujourd'hui. Sers une bonne grosse glace à la demoiselle, un truc simple, VRAIMENT simple. Et moiiiii... comme d'habitude, quoi.

Une fois la commande passé, Rik invita Gaïa à le suivre pour se poser à une petite table, pas au milieu de l'agitation, mais en périphérie. Comme ça, ils profitaient des chansons joyeuses des consommateurs, sans en souffrir. Le blondinet se pencha en avant, comme pour dire une confidence à la jeune femme.

- Je le laisse nous servir ce qu'il a envie, généralement. Impossible de savoir à l'avance, ni à la couleur, ni à la forme. Ca favorise le plaisir gustatif, selon lui. Chuis surtout convaincu qu'il est un peu timbré... mais pour accomplir son génie, il en avait bien besoin.

Enfin, les produits arrivèrent. Trois énormes boules blanches pour Gaïatlee, et une seule, toute petite, pour Starr. Ce dernier haussa un sourcil, curieux. Wanko répondit en mettant une cuillère dans la coupelle de l'explorateur spatial. Bon, première bonne nouvelle, le métal ne se dissolvait pas. Cool.
Allez, fallait pas faire son peureux. D'un coup, Rik saisit la glace, et goba la petite sphère fondante. Un très bon goût de prime abord, sucré, exotique, comme de la mangue, ou du fruit de la passion, mais différent... l'alien fit l'erreur de la garde trop longtemps contre son palais.

- Aaaaagh !!! 'É 'au, 'é 'au !!!

La bouche du jeune homme s'enflamma, littéralement, et il commença à cracher des flammes rouges, jaunes, bleues, violettes, presque aussi mauves que les yeux d'Atlee. Sans se départir de son grand sourire, Wanko sortit d'une de ses poches une grande bassine remplie d'eau, et la proposa au Space Ranger.
Bien sûr qu'il allait accepter !!! D'un coup, le blondinet plongea sa tête entière dans le liquide, aspirant autant d'eau que possible. Des nuages de vapeurs s'élevaient du grand récipient, entrecoupés par les rires discrets du propriétaire de la boutique. Enfin, l'explorateur spatial ressortit sa tête, trempé mais heureux d'avoir pu stopper le feu qui dévorait sa langue. Mais, ça avait été une sacrée expérience, ça oui !!!

- Aaaaaaaaaaaah... Piments forts du Cristal de Xaboros ?

Wanko rigola plus franchement, tapotant l'épaule de son ami.

- Hé hé hé, bien joué Riky. Tu as été eu.

Et il apporta une autre glace, plus tranquille, moins surprenante au sauveur de l'univers. Goût vanille stellaire, cueillie sur la queue d'une comète en plein mouvement, avec son coulis de framboise, le goût de l'univers. Rik en mangea un peu avant de se laisser tenter par une discussion.

- Je me demandais... pourquoi Atlee et toi vous pourriez pas cohabiter ? Je veux dire... c'est pas juste que tu sois enfermée et menacée de mort, et c'est pas juste qu'Atlee vive dans la peur. Pourquoi pas trancher la poire en deux ? Un peu des deux.
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MessagePosté le: Mer 31 Aoû 2016 - 14:58
À part un grognement qui ne répondait pas vraiment à la question de Rik, Gaia n’ajouta rien, se laissant guider dans les rues de la ville par le Space Ranger. Comme il lui tenait la main, il put noter un changement dans son attitude générale. Pendant les premières minutes, elle était tendue, un vrai ressort, prête à frapper à la moindre provocation. Mais au fil de la balade, elle se détendait progressivement. Pas au point de dire « ok, elle est calme et posée » mais assez pour dire « ok, elle ne va pas sauter à la gorge de tout ce qui bouge ». Ce n’était pas encore parfait mais c’était un bon début. Elle s’était laissé toucher et jusqu’à présent, personne n’était mort ou blessé. C’était au minimum légèrement positif. Elle écoutait plus ou moins ce que Rik disait, concentrée sur son environnement plus qu’autre chose. Humph. Wanko? Vraiment?

Elle se souvenait du personnage, oui. Elle avait assisté en tant que spectatrice à tout ce petit épisode ainsi qu’à l’arrivée de ce char d’assaut sur pattes qui travaillait pour les Green Lanterns. Elle n’aimait pas particulièrement cet homme. En fait, Gaia n’aimant pratiquement personne… Ce n’était pas très surprenant. Mais elle entra quand même dans la boutique et endura l’assaut auditif du propriétaire sans rien dire, se contentant d’attendre qu’il se taise pour avoir enfin la paix. Ou au minimum suffisamment de tranquillité pour manger sans être dérangée. Et comme Gaia était tout sauf patiente… Marcher sur des eux devenait une nécessité. Elle attendit que le commerçant leur amène les plats et c’est tout juste si elle eut une réaction quand Rik se retrouva avec la bouche en feu. Atlee aurait ri avant de s’inquiéter pour Rik. Gaia ne trouvait pas ça drôle.

En fait, à part le fait que sa cuillère en métal changea sous la volonté du mauvais côté d’Atlee, d’un ustensile inoffensif en quelque chose de pointu et peu sympathique avant de reprendre sa forme de base… Gaia n’eut aucune autre réaction. Elle finit par goûter à ce que Wanko avait posé devant elle. C’était fruité et fait au moins partiellement avec des petits fruits tout ce qu’il y a de plus terrien. Framboises, mûres, fraises, bleuets, cerises… Mais également un certain nombre d’arômes lui étant inconnu. Qu’importe. Au moins elle n’était pas en train de prendre en feu, autrement ce Wanko se serait rendu compte que ce n’était pas une bonne idée de provoquer quelqu’un capable de créer un tremblement de terre capable de raser sa boutique. Regardant autour d’eux, à l’affut d’un danger, elle fut légèrement surprise par les dernières paroles de Rik.


« Tu plaisantes j’espère? Je veux me venger de tous ceux qui nous ont fait du mal, à commencer par ces maudits Titans et leur tour ridicule. Détruire cet édifice me ferait le plus grand bien, comme écraser les rêves et les aspirations de ces traitres. Mais Atlee ne me laisserait pas faire, naturellement. Et nos visions sur la criminalité diffèrent beaucoup. Un criminel mort ne récidive pas. Atlee trouve cela trop radical.

Et c’est votre faute, à vous les humains et à vous les Kryptoniens avec vos messages de tolérance et cette idée stupide de réhabilitation. Avant, Atlee n’aurait pas hésité à tuer pour le bien du plus grand nombre, pour défendre la planète dans son ensemble. Déjà qu’elle était naïve et innocente, vous en avez fait un distillat de bons sentiments. Nos méthodes sont trop différentes pour permettre une cohabitation entre nous. »


La discussion se poursuivit, Gaia concédant certains points, se montrant moins méfiante mais continuant de se forger une vision pragmatique du monde. Parler Avec Rik Starr lui permettait de mieux identifier les faiblesses des amis d’Atlee. Oh elle ne doutait pas de la sincérité du blondinet. Loin de là. Ceci étant dit… Elle était ici pour gagner. Pour son indépendance. Pour avoir le contrôle et forcer Atlee à la considérer comme une égale au strict minimum. Et la prochaine fois que la Stratane tenterait de la faire disparaitre, les conséquences seraient terribles. Mais pour le moment? Oh pour le moment elle profitait de la présente situation. Elle parvint même à esquisser un sourire qui n’était pas entièrement faux. Finalement… Elle regrettait de moins en moins de ne pas simplement avoir massacré le Space Ranger. Sans le savoir, il était en train de l’aider à se forger un avenir…
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[Domicile de Power Girl] La fin de l'adulescence (Story Arc Atlee #2, Partie 1) (PV Rik Starr) (Terminé)

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