[JSA] La main droite du Diable

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MessagePosté le: Jeu 22 Sep 2016 - 0:18
Kate travaillait, dans son bureau, à la rédaction d'une quelconque clause ayant pour effet de finir de dépouiller le malheureux co-contractant qui voulait s'engager avec la Sunderland Corporation sur des questions de propriété intellectuelle (du genre "1. Si vous gagnez, nous prenons votre argent. 2. Si nous gagnons, nous gardons notre pognon et vous pouvez continuer à nous donner vos sous" mais en tout petit, plus subtil et vachard) quand son N+1 la convoqua dans son bureau, à lui.

Il s'agissait d'un p'tit mec, en costume moutarde moche, à l'air vaguement pervers et qui - pour une raison absolument incompréhensible - était légèrement au-dessus de Kate dans l'échelle alimentaire des grands carnassiers de chez Sunderland Corporation. Sauf, qu'à ce stade... "légèrement" ça signifiait un gouffre pour celui qui était au-dessus, même s'il s'agissait - objectivement - d'une ornière...

Dans le bureau du N+1, tout était moche et bling-bling. Le bureau, les chaises, les bouquins reliés en simili-cuir... Tout sentait la superficialité, la suffisance et la médiocrité...

"Kate..." commença le N+1 (il s'appelait Robert) avec un excès de familiarité qui frisait la condescendance. "Je vous présente Herr Wolfram Brandt... Il s'agit d'un chercheur, œuvrant pour une Fondation française, dont il est également le plénipotentiaire, et il aimerait conclure avec nous un partenariat. Les départements scientifiques et marketing ont donné leur accord, aussi nous aimerions que vous rédigiez le contrat, Kate..."

Brandt était un vieux type au visage froid et fermé. Il regarda Kate avec un air circonspect tandis que Robert se pavanait à la manière d'un paon...

*
*  *

Assez rapidement, Kate se retrouva seule, dans son bureau à elle, avec Brandt. Il sourit enfin, d'un sourire carnassier et malsain, avant de dire, avec un accent allemand à couper au couteau :

"Je ne suis pas un adepte des engagements écrits aussi je ne sais comment procéder, Fraülein... Disons que nous voulons faire manufacturer un dispositif technique que nous avons inventé mais que nous sommes incapables de fabriquer nous-même. De ce que j'ai pu discuter avec votre département scientifique, votre employeur serait prêt à nous réaliser cette prestation gratuitement, confidentiellement et à notre seule exclusivité pendant la durée de 2 ans... délai à l'issue duquel nous vous rétrocéderions tous les droits sur notre dispositif, et notamment celui de poser un brevet pour lequel nous vous céderions, à titre gratuit la paternité..."

Il s'interrompit, sourit à nouveau et ajouta :

"Tout simplement. Ni plus, ni moins. Pendant 2 ans, vous nous le fabriquez et nous en faisons ce que nous voulons. Après, c'est à vous, rien qu'à vous ! Mais, il nous faut un contrat qui intègre ces clauses et que l'on puisse signer avant mon départ, demain matin, pour Strasbourg... Ce sera possible, vous croyez ?"

Il y avait quelque chose de malsain, funeste et néfaste chez Brandt. Mais Kate n'arrivait pas encore à distinguer quoi...
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MessagePosté le: Jeu 22 Sep 2016 - 14:42
C’était une procédure assez standard… Un ex-employé qui avait décidé de déposer un brevet sur une invention conçue pendant qu’il travaillait pour Sunderland, et en utilisant leurs labos, en plus. Cet idiot avait décidé de les « poursuivre » parce que l’entreprise « viole son brevet » mais il avait oublié les petites clauses de son contrat qui indiquaient que tout ce qu’il produisait, même pendant son temps libre, leur appartenait de A à Z tant qu’il bossait pour Sunderland. Maître Spencer était donc en train de finaliser les petits détails de l’accord final, que l’avocat du pauvre type l’encouragerait à signer par pure obligation professionnelle… Car il valait mieux qu’il signe. S’il allait devant les tribunaux, il avait 0% de chances de gagner et en plus il se mangerait des frais extrêmes à rembourser. Selon le juge sur lequel ils tombaient, il pourrait même avoir droit à des pénalités pour procédure abusive : c’était pour ça que Kate avait fait en sorte que la plainte soit bricolée par un greffier de sa connaissance, qui s’était arrangé pour que le juge Busler obtienne l’affaire en cas de problème. Et Cassandra Busler… Oh, elle n’aimait pas du tout qu’on lui fasse perdre son temps.

L’avocat d’en face le savait très bien… Kate savait donc qu’il se retrouverait forcé de conseiller – très fortement – à son client d’accepter l’accord et de la fermer. Une affaire assez facile à régler, en somme. Il n’y avait plus que de la paperasse à faire, ce qui était la partie la plus fascinante de son job. Bon, ok, c’était la plus chiante de tout son job et à ce moment-là elle aurait largement préféré être en train de faire autre chose… Et ses souhaits furent exaucés ! Un coup de téléphone l’interrompit, de la part de son manager qui lui demandait de venir dans son bureau. Et là, sur le coup, elle se rendit compte qu’elle aurait préféré continuer la paperasse… Mais le devoir appelait !

Elle se retrouva donc dans le bureau de ce personnage sibyllin, aux goûts un brin douteux et qui avait une passion pour des agencements… qui ne laissaient aucune impression positive, vraiment. Sur son bureau trônait une plaque indiquant fièrement son nom et titre : « Senior Manager, Legal Affairs ». Manager était la seule partie du titre qui était vraie : il faisait du management… Mais c’était tout. Cela faisait peut-être quoi, 25 ans, qu’il n’avait pas mis un pied dans un tribunal ? Depuis longtemps déjà il avait arrêté d’être avocat pour devenir une sorte de drone corporatiste quelconque, vivant dans une forme de frustration de ne pas pouvoir évoluer… Car dans le département légal, aucun titre n’était plus haut que le sien. Et en dehors… Il n’avait ni la personnalité ni les qualifications nécessaires pour aller plus haut.

La présentation fut aussi brève que le briefing. Kate salua le client avec un sourire, Robert expliqua pourquoi il était là, pourquoi il avait besoin d’elle, et en quelques minutes elle se retrouva de nouveau dans son propre bureau en compagnie de cet étrange personnage. Oui, il y avait beaucoup d’étranges personnages, ce jour-là.
Le bureau était assez différent de celui de son manager. Assez sobre dans l’ensemble, pas de couleurs flashy ni rien de ce genre. Le bureau était en verre, avec des séries de tiroirs en acier brossé et deux écrans d’ordinateur côte-à-côte. A côté, divers papiers rangés de façon plus ou moins propre. Sur un côté on pouvait voir une petite table basse à côté de laquelle se trouvaient trois fauteuils bleu marine semblant confortables, et un petit meuble qui contenait sûrement de quoi boire un verre avec l’un ou l’autre client important. De l’autre côté, une bibliothèque en bois à l’allure assez neutre, qui contenait des séries de livres sur le pénal.

Le type – assez étrange, autant le dire clairement – expliqua alors ce qu’il voulait faire. Encore une histoire de brevets mais cette fois-ci avec une sorte de version modifiée de la production sous licence. Les termes étaient… assez étranges, et elle se demanda bien ce que ce type pouvait proposer pour que Sunderland accepte des termes de ce type. Rien de très bon… Il allait falloir qu’elle approfondisse un peu la question, soit au bureau soit en tant que manhunter. Car Sunderland n’était pas du genre à accepter un contrat où « vous deviendrez riches mais plus tard ». Ils voulaient du profit LÀ, MAINTENANT. Du coup… Ce que proposait l’insolite Herr Wolfram Brandt devait être assez particulier.

- Ce serait une forme de production sous licence… Il est probablement possible de préparer la documentation pour demain, étant donné que nous disposons de modèles tout faits pour ce genre de contrats. Nous n’aurons qu’à l’amender pour ajouter les spécificités de votre produit, du délai de deux ans, de la rétrocession du brevet et nous aurons tout ce qu’il faut, répondit-elle avec un sourire poli.

Après quelques manipulations, elle lança l’impression du modèle, récupérant les 17 pages et invitant son interlocuteur à s’installer autour de la table basse. Posant ensuite le papier, elle attrapa quelques stylos, des marqueurs, et commença à parcourir l’ensemble.

- Déjà il nous faudra savoir de quel type de produit nous parlons, il est obligatoire de préciser la classe. Les conditions diffèrent s’il s’agit d’un produit pharmaceutique, d’un service, d’un bien de grande consommation, d’un véhicule, … j’imagine que vous voyez l’idée. Dans un second temps il faudra indiquer le type de vente que vous ferez pour que le produit soit légalement enregistré. Sous quelle marque, quel nom, ce genre de chose. Il n’est pas utile de tout remplir maintenant, nous pouvons laisser des sections vides et les remplir au fil des prochaines semaines ou mois, si vous n’avez pas encore de nom de produit ou autres. Ce sont des détails marketing, tout ça.

Elle ajouta ensuite, croisant les jambes et montrant la paperasse :

- Si ça vous convient, on peut commencer maintenant. On devrait en avoir pour… un peu moins d’une heure, je dirais.
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MessagePosté le: Sam 24 Sep 2016 - 10:53
Brandt sourit à nouveau : visiblement les propos de la jeune femme semblaient le ravir au plus haut point... Il la dévisageait, d'ailleurs, avec une lueur lubrique dans le regard.

Finalement, il reprit la parole :

"J'aime les avocats, Fraülein... J'aime votre corporation avec son talent pour déréaliser toutes les choses pour pouvoir les faire rentrer dans des petites catégories juridiques ! Votre conception du monde, à vous les juristes, est parfaitement fascinante ! On vous demanderait de rédiger l'Acte d'Accusation de Dieu que vous seriez capable d'en pondre 50 pages, jurisprudences et doctrines à l'appui !"

Il partit dans un rire grinçant avant de reprendre son calme et de poursuivre ses explications :

"Votre responsable ne vous-a-il rien dit ? Ou bien est-ce votre manière de fonctionner à Sunderland Corporation ? Ou bien une manie toute technocratique de saucissonner l'information de manière à ce que personne ne sache réellement ce dont il retourne dans une entreprise ?"

Brandt marqua une pause pour observer le visage de Kate mais n'y vit rien. Visiblement, elle n'était pas au courant de ce dont il causait...

"Entre nous, je pense que votre patron est un nul et que son seul talent est de vous confier des tâches à faire. Mais bref, vous n'êtes pas la seule à vivre entourée d'incapables, croyez-moi... Quant à notre dispositif..."

Il avala sa salive, bascula sa tête en arrière comme s'il méditait le pour et le contre quant aux révélations qu'il allait (ou non) faire et reprit :

"Nous ne souhaitons pas le vendre. Nous ne souhaitons pas le commercialiser. Nous souhaitons en avoir un usage privatif pendant 2 ans, en toute discrétion et en toute confidentialité. Voilà tout. Et pour vous en dire plus sur la catégorie de dispositif dont il s'agit... Eh bien..."

Nouveau doute. Visiblement, Brandt ne semblait pas vouloir cracher le morceau.

"... il s'agit d'un générateur d'énergie, tout simplement. Ça ne marche pas au nucléaire et ce n'est pas polluant. Cela n'utilise pas des produits chimiques ou dont l'importation ou la détention pourrait violer une quelconque loi fédérale... du moins c'est ce que nous a affirmé votre Département Scientifique"

En gros, Brandt n'en dirait pas plus ! Pour le reste, il compléta les papiers que Kate voulut bien lui tendre puis, une fois cela terminé, prit congé de l'avocate et se rendit à son hôtel (un palace de la ville).

"Nous nous croiserons peut-être demain, Fraülein, en tout cas je l'espère. Votre personne me fait dire que nous avons eu raison de nous associer avec la Sonderkommando Corporation..."

Il stoppa nette sa phrase, se rendant compte de son lapsus. Avant de reprendre dans un grand sourire :

"De la Sunderland Corporation, je voulais dire"

*
*  *

Examinant les documents que Brandt avait rempli, Kate se rendit compte qu'il agissait en tant plénipotentiaire d'un Institut Strasbourgeois, la S.E.H.A., personne morale qui ne lui disait absolument rien...

Après quelques recherches, il s’avéra qu'il s'agissait de l'acronyme de la "Société pour l'Etude de l'Héritage des Ancêtres", une fondation actuellement en procès avec les laboratoires CADMUS de Metropolis.

Quant à Brandt, elle n'apprit rien sur lui... à part qu'il était physicien, spécialisé dans les théories sur l'univers, qu'il avait (très) peu publié et n'avait quasiment aucune réputation dans le monde scientifique ou universitaire.

Que faire ? Enquêter ? Attendre que Brandt revienne à Sunderland le lendemain ? S'en foutre ?
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MessagePosté le: Dim 25 Sep 2016 - 18:29
Le type mettait Kate assez mal à l'aise... Ce n'était pas le malaise "classique" qu'on pouvait ressentir face à un type lourdingue ou autres, non, c'était plutôt le malaise qu'on a quand on sent que quelque chose ne tourne pas rond chez son interlocuteur, sans pour autant parvenir à mettre la main sur quoi. Mais ça, Spencer le savait : ce type avait une attitude tout à fait étrange. Elle en avait pourtant rencontré, des individus ayant une attitude assez inhabituelle. Artistes qui se la jouent à fond, personnes avec plus de 130 de QI, scientifiques exaltés, cadres supérieurs qui ne se sentent plus pisser, neuneus incompétents, ... Un jour ou l'autre, tout le monde avait besoin du département légal. Mais là... L'attitude de Herr Brandt créait un malaise extrêmement différent. Pas le malaise où vous vous sentez profondément idiot quand vous êtes devant le génie, pas le malaise où vous sentez que le type en face de vous se fout totalement des aspects légaux quand vous êtes devant le scientifique, pas le malaise où vous sentez que le mec ne comprend rien mais qu'il refuse de l'admettre quand vous êtes devant le cadre sup, ... non, rien de tout ça.

Quand il demanda si son responsable ne lui avait rien dit du tout ou si c'était juste un mode de fonctionnement, la Manhunter haussa les épaules, décidant d'être directe.

- En tant qu'avocate, j'ai pour devoir de ne dire que la vérité à la cour. Si j'ignore la vérité, je suis donc plus facilement en mesure de défendre mes clients.

C'était un point de vue assez courant, chez les avocats d'affaires. La majorité d'entre eux savaient que leurs employeurs ou clients étaient des grosses pourritures, des déchets de la société... Mais ils voulaient quand même garder leur job : ils demandaient donc à ne savoir que le strict nécessaire et à ne SURTOUT pas être informé de la moindre activité illégale. Dans le cas contraire, ils seraient obligés de demander au juge d'assigner un autre avocat à l'affaire et en général, le juge comprend très vite pourquoi une telle demande est faite. La majorité des avocats d'affaires vivaient très bien avec ça. Kate, en revanche, faisait ce job principalement pour avoir un œil sur ce que faisait Sunderland. Même si elle n'avait pas une liste de toutes les activités illégales de l'entreprise douteuse, elle avait suffisamment d'éléments pour tirer des conclusions et savoir où se trouvent les anomalies... Elle avait déjà renseigné quelques super-héros, d'ailleurs, de façon anonyme.

Là en revanche, c'était plus... c'était différent. Même si Brandt réussit à gagner un brin de sympathie de Kate en traitant son supérieur d'imbécile incompétent, il restait plus que bizarre. Le mauvais type de bizarre. Et lorsqu'il affirma qu'il s'agissait d'un générateur d'énergie nouvelle génération, l'intérêt de l'ex-procureur fut attisé. D'un côté, cela pourrait être utilisé de manière particulièrement néfaste... Toutes les sources d'énergie existantes avaient déjà été utilisées, tôt ou tard, comme arme par des personnes aux intentions plus que maléfiques. D'un autre côté... Cela lui permettrait peut-être de créer du nouvel équipement. Si Dylan pouvait mettre la main sur ce genre de chose... Le potentiel était énorme. Kate avait donc un double intérêt à en savoir plus.

Mais dans l'immédiat, ils terminèrent les papiers avant de se séparer - après que son interlocuteur eut parlé de "Sonderkommando". Ce terme lui était familier... Il s'agissait d'ouvriers dans les camps de la mort nazis. Très étrange. L'extrême majorité des allemands étaient contre le nazisme à tout prix, le parti était illégal, là-bas, et le fait de faire un signe nazi dans la rue pouvait signifier en prendre une dans la tête et en plus finir en taule. Qu'un citoyen allemand ait une sorte de lapsus avec un terme pareil était des plus anormaux... Elle allait devoir approfondir un peu cette sombre histoire.

Une fois l'homme parti, elle étudia un peu cette histoire de Sonderkommando. Des esclaves dans les camps de la mort, en effet : ils étaient chargés (sous menace de mort) d'éliminer les très nombreux cadavres produits par les usines de massacre nazies. La brune se mit à lire plusieurs articles à leur sujet, assez pour donner la nausée d'ailleurs. Quelle vie devaient-ils avoir... Soit transporter bousiller et écraser les corps sans vie de personnes pouvant être vos proches, soit finir mort avec eux. Ce n'était pas un choix des plus sympathiques, autant vous le dire...

Cela fait, elle regarda quelques vidéos de chatons mignons histoire de se changer les idées, avant d'enchaîner sur Brandt. D'après les documents signés, il faisait partie d'une sorte d'entreprise fantôme, une étrange fondation Strasbourgeoise en procès contre un laboratoire de Métropolis... Et Brandt : presque rien. Elle rechercha, juste au cas où, "le complot bizarre du prof' allemand" mais ne trouva rien. Hélas pour elle, Google n'était pas aussi tout-puissant que certains pouvaient le penser.

Il était donc temps de passer à d'autres méthodes. Attrapant son téléphone portable, elle passa un coup de fil à Damon Matthews, son meilleur (voire seul) ami qui était toujours au bureau du procureur... Avec de la chance, il pourrait lui indiquer qui travaillait sur le procès S.E.H.A contre CADMUS, ce qui permettrait peut-être à la fouinarde de trouver plus d'éléments... C'était un procès civil, il était donc improbable que Damon puisse accéder au dossier complet, mais au moins avoir le nom du juge, des témoins, des avocats, ... serait un très bon départ.
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MessagePosté le: Lun 26 Sep 2016 - 23:39
Damon, en décrochant, fut tellement ravi de pouvoir aider son ancienne collègue qu'il lui proposa, sur le champ, de faire les recherches qu'elle demandait, puis l'invita au restaurant, le soir même, pour lui faire part du résultat de ces mêmes investigations...

*
*  *

Sur les coups de 20h00, Damon Matthews l'emmena dîner dans un bon restaurant gothamite...


Après un bavardage léger, et alors qu'ils en étaient au plat de résistance, le jeune assistant du Procureur lâcha sa bombe :

"Ton affaire... Elle a peut-être un volet civil mais..."

Il parut gêné.

"... les mecs de chez CADMUS sont cuisinés, ces derniers temps, par les services du Procureur... Fédéral ! Les barbouzes du Gouvernement sont fous à l'idée de ce qui s'est passé avec les strasbourgeois... Visiblement, c'est parti d'un accord de coopération entre les p'tits gars de Metropolis et tes copains d'Outre-Atlantique..."

Damon se rinça la glotte en prenant une gorgée de vin, puis poursuivit :

"Pour rien te cacher, visiblement - et c'est l'objet de la plainte de CADMUS - ils se seraient faits piquer une scientifique de renom qui bossait pour eux, le Dr. Helga Jace qui est partie avec les projets sur lesquels elle bossait..."

Il avala sa salive et se passa la main dans les cheveux. A ce stade là, c'était une pause (une pose ?) rhétorique !

"Bon là, c'est de l'espionnage industriel classique... Normalement, on laisse les juridictions civiles s'en occuper MAIS tes p'tits potes ont réussi à agacer en haut lieu..."

Damon sortit un document de sa sacoche qu'il montra rapidement à Kate.

"On les a reçu il y a quelques jours. Ce sont des mandats d'arrêt en blanc établis au nom de la Sûreté du Territoire. Normalement, ce genre de choses, on nous les fourgue que pour les gars suspectés de terrorisme mais là... Le Procureur Fédéral nous a clairement dit qu'il faudrait les utiliser contre les mecs de S.E.H.A. s'ils pointaient leur nez dans notre District... Pourquoi ? J'en sais rien mais..."

Il montra un second document, qui émanait - lui - des laboratoires CADMUS. Il y avait trois noms dessus :

Brandt, Wolfram, Fondation S.E.H.A. de Strasbourg, Physicien
Fromm, Erich, Fondation S.E.H.A. de Strasbourg, Entomologiste
Pohl, Godlob, Fondation S.E.H.A. de Strasbourg, Chimiste

Matthews précisa : "CADMUS ont bien voulu nous lâcher les noms des gens avec qui ils ont traité. Ils ont tous le même profil : pas de poste d'enseignement, peu ou pas de recherches publiées, et une vie plutôt discrète. Je rajouterai, en plus, qu'ils ont tous des nom et des prénoms allemands, même si dans ce coin de la France - j'ai vérifié - ce n'est pas inhabituel, et qu'ils portent tous les trois des noms de criminels de guerre nazis... Sinon..."

Il regarda Kate d'un œil intéressé. S'il n'avait été gay, cette dernière aurait pu s'inquiéter (ou non) pour sa vertu !

"J'imagine qu'il est hors de question que tu nous indique où est descendu ton client ? Car, c'est ça, hein ? Tu en représente un ?"
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MessagePosté le: Mar 27 Sep 2016 - 15:21
Cela faisait un moment qu’elle n’avait pas passé une soirée tranquille avec Damon. D’un autre côté, c’était aussi une soirée plus ou moins boulot, autant le dire… Depuis la mort de son fils, disons qu’elle n’avait pas pris beaucoup le temps de se détendre, cela avait du coup un peu affecté la fréquence à laquelle elle voyait Matthews. Du coup, pouvoir se détendre un peu et discuter avec lui de plus ou moins rien de spécial eut un effet quelque peu rafraîchissant, surtout après autant de temps. Malgré tout, le sujet plus sérieux de Herr Brandt et ses amis finit par arriver sur la table, et l’assistant du procureur semblait savoir bien des choses, au sujet de ce drôle d’imbroglio. D’après lui, le gouvernement fédéral – rien que ça – s’intéressait de très près à CADMUS. Manifestement, il y aurait une dispute concernant le « vol » d’une certaine Helga Jace. Le nom ne disait pas grand-chose à Kate, qui nota dans un coin de sa tête de chercher un peu de qui il pouvait bien s’agir.

Damon enchaîna en parlant d’espionnage industriel, le genre qui semblait poser des problèmes à des personnes plutôt bien placées, avant de dégainer des mandats d’arrêt. Rien que ça. La brune fronça les sourcils en jetant un coup d’œil aux papiers, qu’elle avait déjà vus par le passé… Mais jamais signés par la sûreté du territoire. Et en plus de tout le reste, l’un de ces mandats était pour son client. Voilà qui devenait de plus en plus troublant… Et anormal. Pour ne rien améliorer, son ami lui révéla que les trois personnes avec lesquelles CADMUS avaient pu traiter étaient du même genre que Brandt. Vie personnelle et professionnelle discrète, origines germaniques, et… des noms de criminels de guerre allemands.

Voilà qui aurait pu expliquer le lapsus des Sonderkommando… Mais un criminel de guerre nazi ? C’était impossible, s’il avait vraiment été actif pendant la deuxième guerre mondiale, il serait bien plus âgé voire mort. En imaginant que Brandt ait eu son doctorat à 20 ans et ait commencé à travailler directement, dès le début de la guerre, il en aurait maintenant entre 90 et 100… Il était en bien trop bon état pour quelqu’un dont l’âge approchait le siècle. En plus de cela… Strasbourg ? La France avait été extrêmement dure avec les nazis à la fin de la guerre, tout comme l’Allemagne. Il n’aurait jamais pu vivre tranquillement à la frontière des deux pays… Kate récupérait beaucoup d’éléments mais ils n’avaient pas l’air de s’assembler de façon convenable. Une pièce centrale manquait au tableau mais laquelle ?

Quand Damon demanda où était son client, elle haussa les épaules avec un soupir.

- Tu sais bien que l’éthique m’empêche de te dire si je représente l’un d’eux… répondit-elle en lui rendant le papier, le doigt clairement pointé sur le nom de Brandt. Et il ne m’a pas dit où il était resté pour la nuit, en revanche je dois le revoir demain pour vérifier un contrat avant signature.

Elle savait qu’elle pourrait compter sur la discrétion de Damon mais elle prenait tout de même un risque conséquent, en donnant des informations sur Sunderland et ses affaires internes. L’entreprise plus qu’obscure n’était pas du genre à juste vous virer, si vous faisiez une erreur… Des employés avaient mystérieusement décidé d’aller vivre dans des endroits isolés du reste du monde… Officiellement. Dans les faits, personne n’avait jamais réussi à les retrouver. Par ailleurs, les infos qu’elle obtenait grâce à Sunderland étaient extrêmement utiles dans son travail nocturne.

Malgré tout, ayant travaillé des années avec Matthews, elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance. S’il avait besoin d’utiliser une info qu’elle lui donnait, il serait bien assez malin et plein de ressources pour réussir à trouver une autre source qu’il serait en mesure d’utiliser au tribunal. Il avait protégé un grand nombre de sources, de cette manière.

- Pour une raison qui m’échappe, Sunderland accepte de produire pendant 2 ans une sorte de générateur ultra puissant et ultra propre, sans demander de contrepartie autre que le brevet. Une fois les deux années écoulées, les plans et tout le reste appartiendraient à Sunderland… Mais quelque chose ne tourne pas rond dans cette histoire. J’ai… plein de pièces mais aucune ne s’assemble, comme si j’avais les morceaux de six différents puzzles, continua-t-elle avec les sourcils froncés (cela dit, elle ne peut pas avoir les sourcils froncés, elle est pas froncése elle est américaine).

Soupirant, elle quitta des yeux les papiers pour revenir à Damon.

- Notre client, dont je ne t’ai évidemment jamais donné le nom, dégage… une impression d’intelligence malsaine… Et il a utilisé par erreur – ou volontairement, va savoir – des termes utilisés par les nazis à l’époque, mais… Il n’a pas l’âge d’être un criminel de guerre, il n’est pas assez vieux ou décrépit. Elle ajouta alors : Quant à ce « deal », on dirait un de ces deals où les deux parties pensent qu’elles ont bien arnaqué l’autre. Sunderland pense avoir fait une affaire en or et que Brandt est un imbécile fini, et Brandt pense avoir bien réussi son coup et que Sunderland sont des idiots… Du moins c’est l’impression que j’ai…
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MessagePosté le: Ven 30 Sep 2016 - 23:30
Damon hocha la tête et soupira... En voilà, un beau dîner quelque peu gâché par les affaires professionnelles... Il changea rapidement de sujet, pour partir sur du bavardage plus léger... Demain était un autre jour, non ?

*
* *

Damon avait raccompagné Kate à son domicile. La soirée dans l'ensemble avait été agréable. Et la jeune avocate savait qu'une dure journée l'attendait demain : pour accomplir son travail quotidien d'une part, mais aussi pour approfondir le mystère "Wolfram Brandt".

*
* *

En faisant de petites recherches sommaires, Kate s'était aperçue que Wolfram Brandt était effectivement apparenté à un nazi célèbre... Son père était Karl Brandt, responsable du sinistre programme d'extermination des handicapés - le programme T-4 - sous le IIIème Reich, pendu à la libération.

Et les deux autres noms de la liste révélèrent de même une petite surprise... Godlob Pohl est le petit-fils du Général SS Oswald Pohl, également exécuté en 1951 pour avoir dirigé l'Administration des Camps de Concentration (et organisé l'exploitation des déportés) pendant la Seconde Guerre Mondiale ! Et Erich Fromm est le neveu du Général Friedrich Fromm qui a fait, notamment, exécuter le Colonel Stauffenberg alors que ce dernier venait de rater son attentat contre Hitler, à l'issue du fameux plan Valkyrie...

*
* *

Le lendemain matin, Kate trouva Wolfram Brandt dans la salle d'attente de son service. Le fait de connaître sa sinistre parenté lui donnait un air plus diabolique encore et son sourire avait l'air plus grimaçant encore.

Il se leva pour serrer la main de Kate quand la porte d'entrée du Département des Affaires Juridiques vola en éclats. Un bélier hydraulique l'avait explosé. Des policiers du SWAT déboulèrent, mitraillette au poing, prêts à tirer, en aboyant des ordres :

"A terre ! Tous ! Ou nous tirons !"

Les collègues de Kate s'aplatirent rapidement, les mains sur la tête. Ceux qui ne le faisaient pas assez rapidement se prirent un coup de crosse dans le ventre. Un policier fit même crépiter sa mitraillette en tirant en l'air !

Quant à Brandt, il était en panique... et regardait à droite et à gauche pour trouver une issue de secours mais...

... il n'y en avait aucune !


Un homme en costume-cravate, qui entra dans la pièce après que le SWAT ait sécurisé le périmètre, tendit un papier à Brandt.

"M. Wolfram Brandt ? Je suis l'Agent Kyle Woodleaf de l'O.D.D. et vous êtes en état d'arrestation... Veuillez nous suivre sans opposer de résistance, un officier du SWAT va se charger de vous lire vos droits..."

Brandt s'indigna et lança à Woodleaf, alors qu'un costaud du SWAT lui passait les pinces aux poignets :

"Je proteste ! Vous ne m'avez même pas notifié les charges pesant sur moi !"

Woodleaf sourit et répondit calmement :

"C'est inutile. Le Patriot Act nous dispense de cette formalité..."

Brandt, comprenant qu'il n'aurait pas gain de cause avec l'agent, se tourna vers Kate et lui lança :

"Maître Spencer. Faites le nécessaire. Vous en êtes capable. Je dois être sorti aujourd'hui... Je ne serai pas un ingrat !"

L'Agent Spécial éclata de rire et dit simplement, tout en faisant signe aux gars du SWAT d'embarquer Brandt :

"Vous me redirez ça quand vous voyagerez en direction de Camp Delta avec un sac poubelle sur la tête..."
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MessagePosté le: Dim 2 Oct 2016 - 23:59
Monsieur Brandt était effectivement un petit cachottier : Kate s'en rendit vite compte en approfondissant les choses. Lui et tous ses petits amis étaient les descendants plus ou moins directs de nazis à l'histoire assez infâme. Néanmoins, toutes ces découvertes ne lui donnèrent aucune réponse. En fait, tout cela ne fit qu'ajouter des questions. Quelque chose lui disait qu'elle allait devoir rendre visite à monsieur Brandt une fois le contrat signé, mais avec le costume de Manhunter, cette fois-ci. Il allait falloir que certaines questions lui soient posées et que ses réponses soient des plus satisfaisantes. Et même si elle n'obtenait rien, la jeune avocate pourrait toujours transférer les informations qu'elle avait à la JSA, d'une façon ou d'une autre. Au final, qu'aurait-elle à perdre ? Et peut-être auraient-ils la pièce qui permettrait d'enfin comprendre cet étrange puzzle ?

Néanmoins, la journée du lendemain s'avéra des plus... déroutantes, pour la représentante légale de Sunderland. Alors que Wolfram attendait tranquillement dans la salle d'attente et qu'elle partit l'accueillir, le SWAT débarqua. Rien que ça. Ils ordonnèrent à tout le monde de se mettre au sol, ce que fit l'ex-procureur immédiatement, juste avant qu'un excité de la gâchette ne se mette à tirer vers le plafond. Restait à espérer qu'il n'avait touché personne, sinon quelqu'un allait avoir des emmerdes... Croyez-le ou non, il était arrivé que des groupes comme le SWAT se fasse défoncer la tête pour avoir trop joué aux cow boys. Des fois, comme dans le cas d'Aiyana Jones, il ne se passait rien. L'agent avait butté une gamine mais avait été déclaré 100% innocent, après deux annulations de procès pour vice de procédure - pour Spancer, l'affaire puait la corruption et la pression du gouvernement.

Néanmoins, elle savait aussi que l'affaire Eurie Stamps ne s'était pas révélée très favorable pour le SWAT... Il était donc tout à fait possible, à ses yeux, de leur mettre la pression. Et autant Kate n'était pas trop le genre à vouloir défendre une sorte de type bizarre, descendant de nazi, qui en plus semblait avoir des intentions douteuses... Autant elle n'allait pas accepter des abus policiers sans battre des paupières. Elle lança donc vers l'officier :

- HEY ! Cet homme est représenté par un avocat, et même si ça fait de la peine aux chasseurs de primes dans votre genre, la clause Lone Wolf du Patriot Act a expiré en 2015 ! Rien qu'avec votre pote qui tire dans tous les sens je peux vous défoncer pour tir imprudent, article 246.3 PC. Depuis l'affaire Stamps contre le SWAT et la ville de Framingham, même le SWAT est considéré comme responsable en cas de tir de ce genre, je n'aurai même pas à plaider, les impact au plafond le feront à ma place.

Le fait que la clause Lone Wolf ait expiré signifiait donc qu'ils étaient obligés d'avoir des preuves directes que Brandt soit impliqué dans un réseau terroriste. Ils ne pouvaient plus obtenir un mandat contre un soi-disant "loup solitaire" sans avoir la moindre preuve qu'il ait un contact avec un réseau quelconque ou qu'il ait une intention posant problème : ils devaient forcément avoir quelque chose. De fait, soit ces clowns utilisaient le Patriot Act comme excuse pour procéder à une arrestation illégale, soit Brandt était bel et bien lié à un réseau considéré comme Terroriste... Dans les deux cas, elle obtiendrait une information capitale. Bien évidemment, il était aussi tout à fait possible que CADMUS ait orchestré toute cette histoire afin de récupérer leurs biens : ça n'aurait pas été la première fois qu'une entreprise privée utilise les forces de police à des fins purement personnelles. Elle pointa ensuite le doigt vers ses collègues, encore au sol pour la plupart, ajoutant :

- Donc soit vous indiquez les charges, soit vous foutez le camp. Vous êtes dans un couloir avec 15 avocats qui n'ont que ça à faire de vous emmerder, alors méfiez-vous, méfiez-vous de ce que vous allez baver.

Il était fort possible qu'il n'apprécie pas ce genre de ton mais Kate avait choisi soigneusement ses mots : si l'officier "dérapait", il le ferait devant des dizaines de témoins, tous des requins abominables dont la vie entière était vouée au fait de déchiqueter légalement des pauvres victimes en morceaux de procès verbaux et de condamnations. Manhunter savait donc très bien dans quelle situation elle venait de placer monsieur Woodleaf, qui semblait très fier de lui... Et sa réaction donnerait encore des indices intéressants à la jeune femme. S'il décidait d'agir comme un cow boy, cela signifierait probablement qu'il se sentait protégé de tout et n'importe quoi... Et par conséquent, qu'il y avait une énorme anguille sous un tout petit rocher.

En parlant d'anguille, elle jeta un coup d’œil rapide aux officiers, afin de voir s'ils avaient ou non des badges. Il était déjà arrivé, à Gotham, que des raids du "SWAT" aient lieu mais que les policiers n'aient pas de badge. Une petite astuce du Pingouin qui avait trouvé un moyen intéressant d'arrêter un adversaire sans que personne ne résiste (pour ensuite l'abattre évidemment).
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MessagePosté le: Mar 4 Oct 2016 - 0:09
Si tous les policiers présents avaient leur badge bien en évidence et que Woodleaf avait même, à la main, sa carte de l'O.D.D. (organisme que Kate ne connaissait pas d'ailleurs), pour autant ils parurent agacés par le discours de l'avocate...

Le plus gradé des policiers (du moins au regard des barrettes qu'il portait sur son uniforme) abaissa son arme et interpella Woodleaf :

"M'sieur, sauf votre respect... Je suis tenu de vous demander de nous confirmer nos ordres et de nous garantir PAR ECRIT que vous nous couvrez pour cette opération"

La voix était ferme. Visiblement l'officier du SWAT n'appréciait que moyennement Woodleaf et ne souhaitait pas entraîner plus en avant ses gars dans une opération auquel il ne semblait pas du tout croire...

Les agents du SWAT, à mesure que la mâchoire de Woodleaf se crispait, abaissèrent de concert leurs armes et semblaient pendus aux lèvres de l'Agent Très Spécial de l'O.D.D. !

Et ce désarroi soudain parmi ceux-là mêmes qui étaient entrés à la hussarde dans les locaux de la Sunderland Corporation redonna du poil de la bête aux collègues de travail qui s'affairèrent soudainement, à la manière de poulets décapités, cherchant de la jurisprudence, compulsant des traités et des recueils de doctrine, imprimant des requêtes rédigées en toute hâte, passant des coups de fil ou des télécopies aux magistrats du cru...

... et c'était ça la Sunderland Corporation ! Une belle école de labeur, à défaut de courage ! Les avocats de la compagnie étaient en train de sceller dans la tombe la carrière du malheureux Woodleaf... du moins le croyaient-ils !

L'homme rangea son pistolet et sourit, un brin agacé mais beau joueur, à Spencer avant de lui dire :

"Inutile de vous affoler, Meister Spencer... Vous pouvez garder votre nazi... pour le moment..."

Il soupira puis dévisagea Brandt comme s'il avait voulu le tuer sur place de son regard perçant :

"Brandt. Je vivrai assez longtemps pour vous voir griller... tenez-le vous pour dit..."

Woodleaf menaçait un client devant ses avocats. Et pourtant, il avait l'air de s'en foutre éperdument. Comme s'il était - d'une manière ou d'une autre - intouchable. Puis, il fit signe aux gars du SWAT de lever le camp ! Et ils filèrent à sa suite, bien soulagés de sortir de ce guêpier...

*
*  *

Suite à cet exploit, Kate eut droit à une petite augmentation, aux félicitations du grand patron et... à une nouvelle mission !

Brandt avait, en effet, insisté pour quitter le territoire américain en compagnie de Kate Spencer qu'il appelait dorénavant "sa petite assurance sur la vie"...

*
*  *

Sauf que Brandt ne s'envola pas pour Strasbourg mais pour Markovburg... La capitale de la Markovie ! Dans laquelle il devait se rendre à un colloque...

Aussi Kate embarqua, en la compagnie douteuse de Wolfram Brandt, pour la Markovie, avec comme unique distraction un guide de voyage sur ce petit pays d'Europe Occidentale...


*
*  *


La Markovie, put-elle lire, était située entre le Grand-Duché du Luxembourg, la Belgique et la France. Il s'agissait d'une monarchie parlementaire, administrée pour l'heure par le Prince Brion Markov, frère du précédent roi Gregor, assassiné il y a peu (dans un complot où aurait trempé le Dr. Helga Jace d'ailleurs...), en attendant que le fils de Gregor, Gregor II, soit assez âgé pour monter sur le trône...

Le pays, en lui-même, était très campagnard, et ne comportait qu'une ville d'importance, sa capitale, Markovburg. On y parlait le markovien, mais la plupart des habitants pratiquaient et comprenaient l'anglais. Le pays présentait un système fiscal avantageux qui, sans en faire un paradis bancaire sulfureux, encourageaient les citoyens des pays limitrophes à s'y expatrier. Les banques markoviennes représentaient un poids économique conséquent. De même, bon nombre d'entreprises s'immatriculaient en Markovie pour des raisons fiscales...

Les habitants étaient donc relativement prospères et aisés. Il s'agissait d'un pays où il faisait, présentement, bon vivre... Ce qui n'avait pas toujours été le cas !

En effet, la Markovie, pendant la Seconde Guerre Mondiale, avait été dirigée par un certain Bedlam, nazi convaincu et traître à sa patrie, qui avait tout fait pour servir les plans criminels du Troisième Reich.

Sous administration du Gouverneur militaire pour la Belgique, le Général Alexander von Falkenhausen et de son sinistre adjoint, le Lieutenant-Colonel SS Ernst Ehlers, la Markovie - à l'aide de la collaboration active de Bedlam - avait vu sa population juive déportée et exterminée dans sa quasi-totalité vers Auschwitz-Birkenau.

Si Falkenhausen et Ehlers s'en tirèrent à bon compte à la libération, le premier étant mort en 1966, le second en 1980, Bedlam Sr. a, quant à lui, été immédiatement exécuté par des francs-tireurs partisans markoviens dès la libération du pays à la fin de l'année 1944 !

La Markovie avait également vu l'installation d'une annexe du camp de concentration de Natzwiller-Struthof à une vingtaine de kilomètres de Markovburg. Le Capitaine SS August Hirt, également docteur en médecine et professeur à l'Université SS de Strasbourg, était à l'origine de cette initiative. Ce petit kommando, composé - notamment - de quelques blocks de confinement et de plusieurs laboratoires, avait accueilli jusqu'à 400 prisonniers entre 1943 à 1944. L'objectif était de pouvoir y réaliser des expériences médicales sur des détenus...

Après la libération de Strasbourg en novembre 1944, Hirt avait fui pour l'Allemagne, avant de se donner la mort avec une balle de pistolet en juin 1945.

Le camp de Markovburg avait été, quant à lui, liquidé avant l'arrivée des troupes alliées, en 1944, ne laissant a priori qu'un seul survivant...

... un certain Johannes Schmidt, un citoyen markovien, âgé de 16 ans au moment de sa déportation au camp de Markovburg, en 1944. Hirt l'avait pris comme garçon de salle : il devait effectuer diverses tâches pour le médecin de la mort.

Schmidt a survécu à la liquidation du camp, n'ayant été que superficiellement touché par la mitraillette SS qui devait lui ravir la vie. Il avait d'ailleurs été entendu par les Juges chargés de l'instruction du procès des médecins nazis à Nuremberg, mais son témoignage - concernant essentiellement des personnes déjà mortes à l'époque, et notamment Hirt - n'avait pas servi à la conduite du procès.

Quant à l'histoire plus récente de la Markovie, il est juste à noter que le propre fils de Bedlam avait fomenté un putsch il y a de ça quelques années à l'encontre de la famille Markov, tuant au passage le bon roi Viktor... Finalement, le coup d'état avait échoué grâce à l'intervention de héros costumés - dont Batman - et du Dr. Jace qui avait donné ses actuels pouvoirs au Régent Brion, le géokinésiste le plus connu du monde... sous le sobriquet de Geo-Force !

*
*  *

Et Brandt expliqua à Kate qu'elle allait rencontrer ses associés... Réunis à l'occasion d'un colloque commencé depuis ce matin...
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MessagePosté le: Mar 4 Oct 2016 - 17:29
Et à la plus grande surprise de Spencer… ça fonctionna très bien. Mieux qu’elle ne l’avait imaginé, en fait. Pour elle, ça allait se finir avec Brandt embarqué, Woodleaf qui la traitait de connasse, et affaire close. Après, le fait que Brandt se fasse embarquer lui aurait donné des infos utiles mais là, c’était la folie totale : le SWAT rangea ses affaires et décida de foutre le camp. Clairement, le monsieur de l’O.D.D. n’avait pas autant de protection légale qu’il ne l’imaginait. D’un autre côté, il fallait être un brin idiot pour organiser un raid dans un département légal de multinationale de requins sans avoir énormément de paperasse juridique très solide. Et évidemment, il fallait être extrêmement idiot pour tirer en l’air comme un cow boy pendant l’opération… Le fait était que ça fonctionna.

Les félicitations, l’augmentation, toutes ces choses-là n’affectèrent pas trop Manhunter. En fait, encore une fois, cet incident ne fit qu’ajouter de nouvelles pièces confuses à ce puzzle de plus en plus incompréhensible. Qu’était l’O.D.D., au juste ? Elle n’avait jamais entendu parler d’une agence gouvernementale de ce genre-là. Et histoire de rendre l’ensemble encore plus horriblement confus, Kate se retrouva en charge de l’accompagnement de leur nouveau client très satisfait, pour un colloque en… Markovie. Une sorte de paradis fiscal situé entre la France et la Belgique qu’elle connaissait un peu : bien des barons du crime avaient de l’argent sale stocké là-bas, tout comme de nombreuses compagnies (notamment, mais pas seulement, Sunderland).

En approfondissant l’histoire du pays, elle put se rendre compte d’un fait intéressant même si sinistre : de nombreuses expériences médicales avaient été pratiquées là-bas par le régime nazi. Encore une fois, elle se retrouvait prise dans une sorte d’étrange affaire impliquant l’ancien régime d’Hitler, sans trop savoir ce qu’ils faisaient ici. Plus les choses avançaient, plus elle avait l’impression d’être en plein film d’espionnage des années 70 ! Les laboratoires secrets, les anciens médecins des camps de concentration, tout était là. Il ne manquait plus à Kate qu’un costume hors de prix et une formule de type « je m’appelle Spencer… Kate Spencer » pour avoir la totale.

Bien évidemment, pour que la complexité de l’affaire augmente encore, il fallait ajouter le coup d’état qui avait eu lieu quelques années auparavant et arrêté de justesse par divers héros associés de près ou de loin à la JSA (dont Batman sur lequel Kate fantasmait un peu – elle n’osait pas l’avouer mais le dark knight lui faisait son petit effet). Du coup, il devint assez évident pour l’avocate qu’il fallait revenir aux bases, quitte à provisoirement laisser de côté les éléments les plus secondaires, dans l’immédiat. Pour que toute cette histoire ait un sens, elle devait réussir à déterminer ce qu’il se passait à la BASE.

Les éléments-clé étaient, à ses yeux, les suivants. 1) Brandt avait quelque chose qui intéressait Sunderland mais ses intentions semblaient douteuses. 2) Il était clairement lié au régime nazi, tout comme ses deux associés. 3) L’O.D.D., organisme mystérieux, voulait VRAIMENT attraper Brandt. 4) Quelque chose de mauvais allait bientôt se passer en Markovie.

Il y avait d’autres « trucs » évidemment mais comme je le disais, Kate jugea qu’il était possible de ne pas s’y intéresser immédiatement. Si elle parvenait à découvrir à quoi rimaient ces quatre éléments, elle pensait qu’elle arriverait à mieux comprendre ce qu’il se passait ici. Elle se mit donc au travail, dès son arrivée à l’hôtel…

Pour le 1), elle décortiqua le contrat dans tous les sens afin de voir si un détail ou quelque chose pourrait lui donner un indice palpable, en plus de fouiner dans autant de détails que possible sur ce que la S.E.H.A. pouvait bien faire ou à qui elle pouvait être liée. Pour le 2), il allait falloir aller sur le terrain, ce serait donc pour plus tard. Pour le 3), elle envoya un SMS à Damon afin de lui dire d’une part que son équipe SWAT s’était pointée sans paperasse valide et que c’était vraiment un truc d’amateurs, et pour lui demander ce qu’était l’O.D.D.. Peut-être en saurait-il plus ? Et enfin, pour le 4), il allait falloir voir avec les personnes qui vivent sur place… Ce fut ainsi qu’elle tenta d’entrer en contact avec Geo-Force. Pour ce faire, elle passa son costume de Manhunter (qui était passé sans vrai souci dans une valise – la TSA avait un taux d’échec de 95,7% en matière de repérage des armes dans les valises) et se rendit carrément devant le Château Markov, équivalent local de la maison blanche. Le fait qu’une femme portant les couleurs de Manhunter attende devant l’entrée pourrait peut-être attirer son attention ?
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MessagePosté le: Ven 7 Oct 2016 - 15:42
Brandt avait maugréé quand Kate lui avait annoncé son intention de faire un tour à l'hôtel et de ne le rejoindre que plus tard au colloque. Il haussa néanmoins les épaules et la laissa filer. Après tout, il se sentait en Markovie comme un poisson dans l'eau et il avait tellement de choses à rattraper et à faire avec ses collègues qu'il pourrait bien se passer de sa présence l'espace de quelques heures...

... et là, Brandt, que Spencer n'aurait jamais imaginé pouvoir être un "fêtard", expliqua que le colloque réunissait de vieux amis, qu'ils allaient certainement boire du schnaps plus que de raison et chanter de vieilles chansons bavaroises un peu grivoises qui ne siéraient point aux chastes oreilles de l'avocate...

Pipeau. Tout cela c'était du pipeau. Il avait plus vraisemblablement des choses à causer hors la présence de Manhunter... Soit ! Elle avait également des choses à faire hors sa présence à lui...

*
*  *

Examinant le contrat sous toutes ses coutures, Kate n'en sut pas plus sur le dispositif technique dont il s'agissait... Hormis ce que Brandt avait pu lui en dire, elle ignorait tout de cette chose, celle-ci n'étant décrite que par rapport à des références de documents qui n'avaient pas été annexés - pour l'heure - au projet de contrat...

... bizarre, bizarre... D'habitude, en matière de droits de propriété industrielle, Kate était toujours informée par le Département Scientifique de Sunderland Corporation très exactement de quoi il s'agissait, souvent avec moults détails insignifiants... Les mecs de la technique étaient des grands bavards en principe ! Mais là... Ils avaient été de véritables tombes !

Si la fondation S.E.H.A. ne lui disait rien et ne révéla rien de particulier sur les bases de données internet qu'elle put consulter (une adresse postale à Strasbourg, pas de site internet ni de numéro de téléphone, pas de comptes publiés, pas de traces où que ce soit, de quoi que ce soit...), elle trouva une occurrence troublante pour un organisme similaire qui avait existé...

... car ce sigle était très exactement (Société pour l'Etude de l'Héritage des Ancêtres) la signification, en langue française, du sinistre Ahnenerbe, société "savante" fondée par Himmler en 1935 et destinée à conduire des études dans de nombreux champs de la connaissance humaine, relevant soit de la science pure (médecine, physique, biologie), soit du folklore et de l'histoire... et même de l'ésotérisme ! Il s'agissait, essentiellement, pour les nazis de chercher à démontrer - par le prétendu héritage ancestral - la supériorité de la prétendue race germanique sur toutes les autres !

A ce titre, d'ailleurs, des agents de l'Ahnenerbe avaient participé à des expéditions en Antarctique ou étaient partis à la rencontre du Dalaï-Lama.

D'un autre côté, l'Ahnenerbe avait également - et essentiellement - participé à des expériences humaines dans les camps de concentration de Dachau, de Natzweiler-Struthof et de... Markovburg, sous l'égide, notamment, du SS August Hirt...

Finalement, les pièces s'emboîtaient petit à petit les unes dans les autres, comme si Spencer avait mis le doigt dans une spirale fatale.

En réponse au SMS expédié par Kate, Damon se confondit en excuses et prétendit ne pas être à l'origine de l'assaut donné sur son cabinet. Il pensait être sur écoute et avoir été suivi lors de leur dîner. Ou être porteur d'un micro. Bref, c'était peu clair mais il flippait carrément !

Quant à l'O.D.D., il s'agissait d'un département obscur de la Sécurité Intérieure, chargé visiblement de l'étude des phénomènes paranormaux et extra-dimensionnels... Damon n'en savait pas plus et ne voyait pas comment pousser plus loin ses recherches sans risquer sa plaque (et sa peau).

En résumé, les américains de l'O.D.D., une organisation secrète et ésotérique, luttaient contre la S.E.H.A., une organisation, également ésotérique, sensée avoir disparu avec l'exécution capitale de son chef en 1948, réorganisée aujourd'hui par des descendants de nazis pour poursuivre... quel but ?

Et Sunderland Corporation au milieu ? Les employeurs de Kate tiraient-ils les ficelles ou n'étaient-ils que les dindons de la farce ?

*
*  *

Ces questions allaient devoir attendre quand Kate se présenta en uniforme complet de Manhunter devant la Grande Porte du Château de Markovburg.

Les gardes en armes à l'entrée (vêtus à la manière des gardes suisses du Vatican) parurent surpris de voir arriver une héroïne costumée qui se colla devant eux, sans faire preuve de la moindre agressivité.

Des téléphones furent décrochés, des échanges véhéments se déroulèrent entre fonctionnaires du Palais Royal, jusqu'au moment où... Il fut décidé de déranger le Prince Régent Brion Markov de sa partie de chasse au faisan hebdomadaire.

Il changea de tenue, abandonnant la tenue traditionnelle de chasse markovienne (la tenue bavaroise avec la plume de faisan au chapeau) pour le costume plus classique de régent...


C'est ainsi qu'il se retrouva devant Kate, l'air fâché et qu'il lui demanda d'un ton ferme et sans appel :

"Manhunter... Que me vaut cette visite ?"

S'il ne la connaissait pas, tout du moins avait-il reconnu le costume !

Geo-Force grogna (ce qui n'était pas très digne d'un prince) et ajouta finalement :

"C'est au sujet de ce foutu colloque, c'est ça ?"
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MessagePosté le: Mer 12 Oct 2016 - 15:17
Du schnaps et des chansons grivoises ? Ce n’était pas extrêmement crédible mais le fait était que l’avocate avait de toutes façons fort à faire : elle laissa donc couler, répondant qu’au moins il allait pouvoir s’amuser, avec un sourire poli, avant d’ensuite se séparer de son étrange client. Les recherches furent encore une fois assez fructueuses : si le contrat était vide d’informations et que les départements concernés étaient anormalement silencieux, la S.E.H.A. révéla en revanche un peu de son passé. Une nouvelle fois, un lien avec l’ancienne Allemagne nazie avait été découvert : l’Ahnenerbe. Une sorte de mélange étrange entre des Indiana Jones fans de la « race aryenne », des scientifiques à l’éthique douteuse, et des personnalités plus ou moins mystiques. Le lien entre tous les éléments était donc maintenant évident : l’omniprésence d’anciennes expériences dans les camps de concentration ne pouvait plus être une coïncidence… Mais cela ne l’éclairait pas sur les intentions réelles de Brandt.

L’O.D.D. se révéla être un vrai problème, pour Spencer. Elle ne put presque rien trouver à leur sujet, ni Damon d’ailleurs, ce qui était en général assez douteux. La brune se contenta donc de remercier Damon et de lui dire de ne pas prendre de risques inconsidérés mais sa curiosité était assez forte… Quand un département était aussi secret et avait du pouvoir, notamment celui de réquisitionner une équipe entière du SWAT, c’était plutôt mauvais signe… Car là, juste entre nous, on ne parlait pas du StarGate Command ou un truc du style, on parlait d’un groupe focalisé sur l’ésotérique et le mystique, des éléments qui n’avaient jamais été très bons pour qui que ce soit. Ces « choses » avaient, en général, été utilisées à des fins plus que néfastes. Sectes, prises de contrôle dans les ombres, et j’en passe… Du coup, Kate n’aimait pas trop l’idée. Surtout que le rôle de Sunderland dans tout ça n’était pas très clair.

La jeune avocate espérait donc que le prince Markov aurait quelques réponses, ou au moins des éléments de réponse. Elle se retrouva donc devant la porte et après de longues minutes, pendant lesquelles les gardes ne la quittèrent pas des yeux, Geo-Force parut devant elle. Il était plus impressionnant en personne, et il ne semblait pas particulièrement ravi de cette visite, autant le dire. Au moins, il avait reconnu le costume et ses notes colorées si caractéristiques, c’était déjà un bon départ.

"C'est au sujet de ce foutu colloque, c'est ça ?" demanda-t-il après avoir demandé ce qu’elle faisait là.

Kate hocha la tête, conservant les bras croisés histoire de ne pas avoir l’air d’une quelconque menace. Mieux valait éviter les gestes brusques, face à un héros aussi puissant et toute sa garde personnelle… Clairement, le choix de débarquer ainsi avait été des plus osés, elle espérait donc que ça donnerait des résultats. Pour ma part, je pense que c’était un peu crétin mais que voulez-vous, je ne suis que le narrateur, c’est pas ma faute, non plus. Mais bon, avec le désespoir…

- En partie, Geo-Force. Elle avait utilisé son nom de héros, en signe de respect. J’ai fait de très perturbantes découvertes sur plusieurs des personnes qui y assisteront et j’espérais que vous pourriez éclairer ma lanterne sur cette situation assez troublante…

L’héroïne se mit à, très lentement pour éviter une réaction brusque, ouvrir la sacoche qu’elle avait amenée avec elle et qui contenait les papiers récupérés sur Brandt et ses amis. Les saisissant, elle les tendit au prince avant de continuer :

- Des membres de la famille proche d’anciens nazis impliqués dans des expérimentations atroces pendant la seconde guerre mondiale, des liens avec l’Ahnenerbe, des inventions, et un colloque situé ici, à l’endroit même où se trouvait le camp de Markovburg. Ajoutez à cela un mystérieux brevet aux Etats-Unis et le fait qu’un département étrange ne s’intéresse à Brandt… Tout dans cette affaire sent mauvais à divers degrés.
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MessagePosté le: Sam 15 Oct 2016 - 11:44
Geo-Force écouta Manhunter avec une expression de fort mécontentement sur le visage, puis d'un geste de la main remercia la garde royale et fit signe à la jeune femme de le suivre...

"Vos nouvelles me déplaisent fortement. Extrêmement, Manhunter... Car la Markovie est un pays qui aurait bien besoin de légèreté en ce moment et non d'un énième complot ourdi contre notre Nation... Nous avons eu à gérer Bedlam, la mort suspecte de mon frère - le Roi Gregor Ier - et l'implication dans cette disparition du Dr. Helga Jace, jusque là scientifique royale et dorénavant fugitive dont la tête est mise à prix... Bref, vous comprendrez que la Régence que j'assume n'est pas de tout repos !"

Et il était vrai que l'expression de Geo-Force était devenue celle d'un homme las, las des innombrables charges qui pesaient sur des épaules qui, si elles n'avaient rien de frêles, n'étaient pas pour autant celles d'Atlas !

"Vos nazis, nos services les avaient déjà repérés. A vrai dire, ces derniers temps, on dirait que notre brave capitale est envahie d'espions en tout genre ! Nous avons, de même, une citoyenne israélienne, prétendument entrée sur notre territoire dans le cadre de ses études d'Histoire de l'Art, qui, en fait, a clairement été identifiée en tant qu'agent du Mossad... Et je ne parle même pas du passage éclair de Batman qui m'a posé à peu près les mêmes questions que vous ! Ou des rumeurs circulant selon lesquelles Jace serait présente avec vos nazis sur le territoire markovien... mais faute d'éléments supplémentaires, j'ai décidé de ne pas procéder à d'arrestations préventives et de mettre en place une surveillance légère ! Sauf que, depuis quelques jours, vos nazis ont réussi à fausser compagnie à mes services..."

Brion marqua une pause, soupira et ajouta :

"Je n'ai rien à cacher, Manhunter, et la présence de ces nazis me déplaît fortement, ne serait-ce qu'en raison de l'histoire de mon pays. Faulkner disait que "le passé n'est jamais mort. Et que c'est n'est même jamais réellement le passé"..."

Il regarda dans le vide, comme perdu dans ses pensées et reprit :

"Je ne m'intéresse guère à l'espionnage. J'ai des services de renseignements qui le font à ma place. Et il ne se passe pas un mois sans que nous soyons obligés de solliciter le rapatriement de tel attaché culturel français, australien ou japonais, vers son pays d'origine pour des faits d'espionnage... Qu'il y ait des barbouzes sur notre territoire m'est en principe indifférent. Néanmoins..."

Le prince était maintenant nerveux. Kate ne put s'empêcher de remarquer que son visage était rouge de colère et que des gouttes de sueur perlaient au coin de ses yeux.

"J'ai le sens de l'histoire, Manhunter. Et le colloque organisé par vos nazis implique des chercheurs de l'Université de Markovburg signalés pour être susceptibles d'être des bedlamites. Tous les trois. Et ça, c'est une question relevant de la sûreté de l'Etat. Je ne vous apprendrais rien en vous révélant l'existence - encore à l'heure actuelle - d'un complot visant à renverser la dynastie des Markov, complot ourdi par des partisans du bedlamisme ! Sans compter le fait que le fait que des nostalgiques du IIIème Reich puissent à nouveau fouler le sol de ma patrie me met hors de moi ! Ne serait-ce que par égard pour le seul survivant, M. Schmidt, de leurs exactions au Camp de Markovburg !"

Il reprit à la fois sa respiration et son calme. Il décrispa ses doigts et les fit bruyamment craquer. Le poids de la couronne lui pesait. La diplomatie le rebutait. Il se serait écouté qu'il serait allé tout casser sur place !

"J'ai été contacté par les services secrets de votre pays, un certain Woodleaf qui m'a prévenu de l'arrivée imminente d'un type qu'il voudrait coffrer... Un dénommé Brandt. Il aurait été question aussi d'un brevet d'invention qui ne doit, à tout prix, pas demeurer entre de mauvaises mains..."

Mais Geo-Force ne put aller plus loin... Un valet en livrée somptueuse s'avança dans le bureau richement meublé dans lequel Manhunter et le Régent se trouvaient dorénavant...

"Votre Altesse Sérénissime" commença le valet. "Votre Altesse Sérénissime, nous avons eu un appel des agents en poste devant l'Université de Markovburg... Il semblerait qu'il y ait eu une fusillade et plusieurs morts sont à déplorer... Un mystérieux détective sans visage en serait le responsable..."

*
*  *

Quand Manhunter et Geo-Force arrivèrent aux côtés d'une escouades des forces spéciales markoviennes, l'action était déjà terminée.

Dans le grand amphithéâtre où se tenait le colloque, trois morts et une multitude d'impacts de balle. Quelques policiers markoviens en civil expliquèrent qu'ils n'avaient, en gros, pu rien voir mais que les témoignages de plusieurs étudiants étaient formels : c'était le détective américain Question qui était à l'initiative de la fusillade.

Les trois morts étaient de vieux types sanglés dans des uniformes noirs de la SS (mais il n'y avait pas Brandt). Deux, morts, tués d'une seule balle. Le dernier, une mitraillette encore chaude en bandoulière, avait les tripes à l'air et avait du se vider de son sang avant de passer l'arme à gauche.

Des impacts de balle au fond de l'amphithéâtre démontraient que les nazis avaient tenté de riposter, en vain.

Un étudiant, rapporta l'un des policiers, avait pu identifier le type avec la mitraillette comme étant le Professeur Rudolph Koch, enseignant l'Histoire Médiévale à l'Université de Markovburg...

*
*  *


Dans le bureau de Koch, situé à côté de l'amphithéâtre, il n'y avait que des trucs de néo-nazis et de médiévistes : Koch semblait fasciné par les œuvres de Chrétien de Troyes, de Robert de Boron et...

Au-dessus des bibliothèques chargées de livres se trouvait un tableau...


"Alors vous en pensez quoi ?" se hasarda Geo-Force. "Une idée d'où peuvent se trouver les nazis manquants et votre camarade américain ?"
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MessagePosté le: Lun 17 Oct 2016 - 16:11
Les nouvelles de Kate déplaisaient à son altesse ? Eh, ho, il n’avait pas entendu parler de « don’t shoot the messenger », nan ? C’était quand même pas sa faute, elle aurait largement préféré venir annoncer à Geo-Force qu’il venait de gagner un voyage de 15 jours aux Bahamas ou un truc du genre. Après il fallait bien l’admettre : c’était quand même bien la merde, chez lui, et c’était pas vraiment sa faute non plus. Assassinats, complots nazis, trahisons, conneries en tous genres, la Markovie n’était pas un haut lieu touristique. Ennnnnfin ! Le fait était que les services secrets Markoviens avaient déjà un œil sur le groupe de nazis bizarres, et qu’ils n’étaient pas les seuls individus étranges à rôder. Il y avait une agente du Mossad, Batman qui était venu parler de la même chose (tiens donc ! L’amour secret de Kate était venu ! Moment d’émotion !), le fait qu’une scientifique traîtresse soit de mèche avec les buveurs de schnaps, …

Mais là, une nouvelle pièce s’ajouta au puzzle : les nazis seraient liés aux Bedlamites. Le roi évoqua également Woodleaf qui, décidément, ne lâchait pas sa proie. Quelque chose disait à la brune que si elle laissait l’agent secret américain s’occuper de cette affaire, elle n’aurait jamais le fin mot de l’histoire… ni personne, en fait. La discussion fut toutefois interrompue : une fusillade avait eu lieu pile à l’endroit où se trouvaient Brandt et ses amis. Quelle surprise…

- Tiens donc… maugréa Manhunter avec un rictus peu amical au visage.

Les deux se retrouvèrent sur les lieux du crime, où se trouvaient plusieurs morts. D’après les témoins, Question serait le responsable… Kate ne le connaissait pas bien. Elle savait qu’il s’agissait d’un investigateur / justicier qui agissait à Hub City mais c’était à peu près tout. Lui aussi, il s’intéressait à cette sombre histoire ! Entre Batman, Geo-Force et maintenant Question, les choses devenaient de plus en plus complexes pour la jeune avocate : elle avait l’impression de marcher sur des œufs. Les trois morts, eux, n’eurent pas grand-chose à dire. Uniformes des SS, des impacts d’arme potentiellement lourde, mitraillette… Manifestement, le mitrailleur était un professeur, rien que ça ! Si mon prof d’histoire s’était ramené en uniforme SS avec une mitraillette, je pense que la principale aurait fait la gueule, j’vous le dis !

Mais histoire d’en savoir plus, les deux super-héros décidèrent d’aller jeter un coup d’œil au bureau de ce prof’ bien étrangement équipé… A l’intérieur : un tableau bien particulier. Kate n’était pas religieuse, elle trouvait d’ailleurs que la majorité des religions n’étaient que des collections d’anecdotes et de récits fantaisistes basés sur d’autres récits plus anciens encore. Néanmoins, elle savait aussi qu’une grande partie de la population vénérait un dieu quelconque et avait donc une connaissance fragmentaire, mais existante, de la plupart d’entre elles. Ce fut ainsi qu’elle fronça les sourcils en regardant la fresque :

- La lance de Saint Longinus ? Drôle d’ornement…

Bon… Chrétien de Troyes, Robert de Boron, manifestement le prof’ d’histoire était un fan des histoires de la table ronde. Kate connaissait les auteurs mais pas le détail, elle sortit donc rapidement son téléphone, jetant un œil à divers documents et cherchant un peu ce que Google avait à dire. Et elle trouva bien un lien en croisant plusieurs sources et articles.

- Visiblement, Perceval aurait été un possesseur de la lance dans certaines légendes, notamment un opéra de Wagner… Fronçant les sourcils, elle rangea le téléphone dans l’une des poches de son costume. Y’a-t-il un endroit, une église, un musée, peu importe, où se trouverait une relique religieuse de ce genre ? Pas nécessairement la lance mais l’obsession de l’Ahnenerbe pour les reliques « divines » ou « surnaturelles » pourrait être une piste. Ou un collectionneur privé, que sais-je, un endroit où l’on serait susceptibles de trouver quelque chose de ce type.

Peut-être partait-elle dans une direction totalement débile, elle le savait d’ailleurs. Il était fort possible qu’il soit plus judicieux de fouiller vers des anciens sites nazis, ou les catacombes sinistres de l’ancien camp de concentration… Mais elle savait aussi que la plupart des personnes obsédées par leur superstition le restaient jusqu’à la mort.

- Rien à voir, vous parliez du brevet… Il est possible qu’il s’agisse d’une source d’énergie, Brandt a demandé à la Sunderland Corporation de la produire pour lui en échange du brevet. Vu leurs activités… Le fait qu’ils l’obtiennent ne présagerait rien de bon.
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MessagePosté le: Mar 18 Oct 2016 - 12:18
Brion observa le tableau, quelque peu perplexe.

"La crucifixion..."

Il se gratta la tête et se tourna vers Kate :

"Vous croyez qu'il s'agit de cela ? Vous croyez que..."

Ça le dépassait, très nettement. Et il se sentait soudainement très bête et complètement largué... comme si lui non plus n'arrivait pas à emboîter les pièces du puzzle, comme s'il était un enfant un brin attardé s'échinant à tenter de faire rentrer des cubes dans des trous circulaires !

Reportant son attention sur le tableau, Brion ordonna à son aide :

"Vous effectuerez la recherche demandée par Manhunter. Vous l'accompagnerez où bon lui semblera bon d'aller. C'est une affaire de la plus haute priorité. Exécution"

Puis se tournant vers Manhunter à nouveau, il ajouta, d'une voix étonnamment humble :

"Vous avez l'air d'avoir quelques longueurs d'avance sur nous, dans cette affaire. Je croyais simplement qu'il s'agissait d'une tentative de coup d'état mais... Cela semble être bien plus sinistre"

Il sortit un papier de sa poche, sur lequel il griffonna rapidement et qu'il marqua du sceau royal. Il le remit à Kate :

"Voici un document de réquisition "à toutes fins". Sur simple présentation de cet acte, vous êtes en droit d'exiger ce que vous voulez de tout officiel Markovien ainsi que des citoyens de ce pays. N'en abusez pas. Mais si vous devez agir vite et que vous avez besoin d'un véhicule, d'argent ou de matériel, cela pourra vous être utile..."

Brion marqua une pause avant de conclure :

"Quand vous avez parlé de l'Ahnenerbe, je n'osais y croire. Ce tableau et ce bureau ne peuvent vouloir dire qu'une seule chose : IL S'AGIT BIEN DE L'AHNENERBE !"

La rage pouvait se lire dans son regard. Et il rajouta ces dernières phrases :

"Et n'oubliez JAMAIS, ces fous au nom de leurs prétendues recherches ésotériques, scientifiques et médicales, ont massacré d'innombrables innocents dans ce pays ! Ils ne doivent, à aucun prix... Je dis bien A AUCUN PRIX accomplir leur mission, quelle qu'elle soit, dans ce pays..."

Et il claqua des talons et fila en compagnie des forces spéciales markoviennes présentes sur place... Il allait chasser les nazis de son côté.

*
*  *

L'aide de camp prêté par Geo-Force s'avéra précieux. Ce jeune officier de l'Armée Royale Markovienne servit à la fois de chauffeur, de guide et de source de renseignement pour Manhunter.

Il n'y avait aucun lieu historique ou de culte touchant de près ou de loin le mythe Arthurien ou la Passion du Christ. En nul endroit de Markovie, St Joseph d'Arimathie avait reposé ses pieds. Nul Roi Pêcheur avait montré ses plats à Perceval. Bref, de ce côté là, ils faisaient chou blanc !

Il passa également d'autres coups de fil, attendit d'autres réponses, pour faire le tour des sectes et cercles ésotériques du coin... Là encore sans succès.

En en venant aux collectionneurs privés, l'officier crut désespérer et se demandait presque s'il n'aurait pas mieux valu laisser tomber... quand un nom sortit du lot...

M. Johannes Schmidt.

Collectionneur d'objets en lien avec la Passion du Christ.

Vieillard de 88 ans, vivant modestement dans un quartier populaire de Markovburg, et qui avait consacré toute sa vie d'adulte à constituer sa collection...

"Mais de quoi pouvait-il bien vivre ?" se demanda l'aide de camp avant d'obtenir la terrible réponse...

... il touchait une pension d'Etat confortable, en tant qu'ancien déporté et que... seul survivant du Camp de Markovburg.

Le garçon de salle prisonnier qui avait assisté l'immonde Capitaine SS August Hirt, pendant les quelques mois qu'il avait passé à Markovburg, dans ses expériences médicales, c'était lui !

La belle Bentley de l'officier démarra au quart de tour et mit le cap sur le domicile de Schmidt...

*
*  *

... domicile qui était une sorte de boutique, située au rez-de-chaussée d'un vieil immeuble. Nulle enseigne n'y était présente mais sur le bouton de la sonnette il était écrit "J. Schmidt - Antiquaire".

Un vieil homme ouvrit la porte et invita Manhunter et l'officier à venir s'asseoir à l'intérieur.

La pièce principale de la boutique était garnie d'objets, de tableaux et de livres.

Les livres traitaient tous de la Légende Arthurienne ou de la Passion du Christ.

Les tableaux représentaient tous l'un ou l'autre de ces sujets.

Et les objets étaient essentiellement des lances et des plats et des coupes en tout genre, certains d'entre eux ayant été visiblement fabriqués à la main par un artisan peu doué.

Schmidt alla s'asseoir péniblement dans un fauteuil et en désigna deux à l'attention de ses invités. Il s'éclaircit la gorge et lança dans un grand sourire :

"Je vous ai attendu si longtemps... toute ma vie !"

Il eut un léger rire et désigna du doigt Kate :

"Vous êtes drôlement accoutrée pour un chevalier !"

Puis reprenant une expression plus sérieuse, il ajouta :

"Car sont des chevaliers ceux qui se lèvent pour combattre pour la justice et ce sont de même des chevaliers ceux qui se lancent dans la folle course-poursuite contre les forces du Mal !"

Les yeux de Schmidt semblaient habités. Puis, il se calma et reprit son petit sourire espiègle :

"Mais vous avez certainement des questions à me poser, j'imagine..."
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MessagePosté le: Sam 22 Oct 2016 - 22:12
Geo-Force ne semblait pas du tout aimer cette histoire. Ça tombait bien, Kate non plus ! Ils avaient tellement de points communs ! Elle pourrait devenir princesse, du coup ! Bon, ce n'était pas son ambition mais moi, je dis, y'aurait un paquet de pognon à se faire, elle ne savait pas ce qu'elle ratait. Enfin, du coup... Ah, oui, Brion ! Il n'avait pas l'air d'aimer tout ça : il ordonna donc à son assistant de faire les recherches demandées et d'accompagner Kate partout où elle voudrait aller. Celle-ci haussa les sourcils, un peu surprise de cette faveur, mais ne comptait pas la rejeter pour autant. Lorsque le prince se tourna vers elle, affirmant qu'il s'agissait de quelque chose de bien plus sinistre qu'un simple coup d'état, Manhunter ne put qu'acquiescer. Clairement, cela allait bien au-delà de la simple souveraineté de la micro nation.

Lorsqu'il lui tendit l'espèce de "passe universel" lui permettant de faire plus ou moins tout ce qu'elle voulait, elle afficha également une mine assez surprise. Autant la police de Gotham ne lui courait pas plus que ça après, autant ils ne lui donnaient pas non plus les clés de la ville ! Elle se contenta donc de hocher la tête avec une certaine humilité, c'était bien la première fois qu'une telle confiance était placée en elle. Certes, Damon lui avait déjà fait confiance et d'autres personnes aussi mais pas au point de lui donner de telles capacités. Il ne lui restait qu'à ne pas en abuser, tout en n'ayant pas peur de s'en servir en cas de besoin évidemment : tout était dans la mesure !

En attendant, le fait que l'Ahnenerbe soit impliquée ne semblait pas lui plaire une seule seconde. L'avocate ne semblait pas voir ce que le bureau avait à voir avec eux mais pour l'instant, elle était dans l'urgence : les explications pourraient attendre. Ainsi, lorsque le prince lui lança qu'ils ne pouvaient surtout pas laisser ces fous faire ce qu'ils voulaient, elle acquiesça de nouveau :

- C'est pour ça que je suis là, Geo-Force. Je vous informe dès que je trouve quelque chose.

Les recherches commencèrent alors. Pas de musée ou de gallerie d'importance qui pourraient regrouper des artefacts de ce genre... La Markovie n'était pas vraiment riche en vieux trucs religieux bizarres : ils ne tombèrent du coup pas sur des cabales obscures de moines en train de se fouetter ou d'autres machins chelou du style. Quelque part c'était dommage ! Ça faisait toujours cool et mystérieux, dans les histoires ! Enfin ouais, je m'égare. Ce fut en s'intéressant aux collectionneurs qu'ils tombèrent sur quelque chose d'intéressant... De familier, même.

Johannes Schmidt. Celui-là même qui avait survécu au camp Markovien. Ils arrivèrent très vite sur place, la justicière se sentant... pleine d'appréhension. Schmidt était censé être une victime, pas un complice, il ne fallait donc pas le traiter comme tel mais... Encore une fois, comme presque tout depuis le début de cette histoire, quelque chose ne paraissait pas normal aux yeux de Kate. Pour ne rien arranger au tout, une fois que l'homme les ait invités à entrer, il affirma qu'il l'avait attendu... La question qui anima l'esprit de Kate fut "Qui donc ? L'assistant de Brion ?".

Elle ne laissa pourtant pas trop voir sa confusion, laissant le vieillard continuer. D'après celui-ci, elle était un chevalier, vu qu'elle se levait pour combattre pour la justice et tout ça. Manhunter se contenta de froncer les sourcils, montrant cette fois-ci clairement qu'elle n'était pas vraiment à fond dans le délire du pauvre homme, qui avait peut-être des soucis de sénilité d'ailleurs. Malgré cela, elle croisa les bras, l'observant quelques instants avant de finalement poser ses questions :

- Si vous m'attendiez, vous savez qui je cherche j'imagine. Savez-vous où sont Brandt et ces sinistres héritiers de l'Ahnenerbe ? Savez-vous ce qu'ils manigancent, au juste ? Et quel est leur intérêt pour la lance de saint Longinus ?

Trois questions simples mais directes : elle n'avait pas de temps à perdre en politesses, en introductions et en convenances. A ce niveau-là, elle faisait dans l'efficacité maximale !
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MessagePosté le: Ven 28 Oct 2016 - 23:31
"Les bourreaux n'ont aucune mémoire, jeune fille. C'est pour cela que j'ai consacré ma vie à la Sainte Lance ! Je savais que cela me servirait un jour ou l'autre !" lança Schmidt, en riant.

Il toisa du regard ses deux interlocuteurs puis poursuivit d'une voix plus grave :

"Mais je vais vous raconter l'histoire de ma vie. Et à la fin vous jugerez et vous me direz si j'ai eu raison ou tort d'agir comme j'ai agi..."

*
**

Je m'appelle Johannes Schmidt et je suis né en Markovie en 1928 dans une famille de commerçants juifs. Les premières années de ma vie se sont déroulées dans l'insouciance de la jeunesse ignorante des horreurs du monde. Nous n'étions ni riches, ni pauvres, simplement heureux d'être une famille et d'être là les uns pour les autres.

Quand les nazis envahirent la Markovie en 1940 tout changea très rapidement pour nous. Nous savions que les nazis nous haïssaient mais nous avions toujours pensé qu'Hitler ne serait pas assez fou pour déclarer la guerre !

Quelle folie avons-nous commise ! Nous aurions pu tenter de fuir vers les Etats-Unis avant que l'Enfer ne déferle sur nous ! Fous que nous avons été, fous d'avoir cru aux belles paroles du Führer quand ce dernier annonça en 1938 sa volonté de ne pas étendre ses frontières au-delà de ce qu'il possédait déjà ! Mais avons-nous été plus fous que nos dirigeants qui se sont laissés endormir par des paroles sirupeuses qui prêchaient la paix...

... pour au final annoncer la guerre !

La campagne de Markovie ne sera qu'une note de bas de page dans les livres d'histoire, tant notre armée n'était pas taillée pour résister contre les blindés allemands et leur terrible aviation.

Nous ne pûmes que nous rendre sans condition et accepter le joug allemand, espérant que ce dernier ne serait pas aussi terrible que certains l'annonçaient déjà !

Le Baron Bedlam - cet immonde traître - manigancera avec la Gestapo pour faire assassiner le bon Roi de Markovie et le remplacer.

Ainsi, Bedlam put diriger la Markovie occupée d'une main de fer, tandis que le Gouvernement Militaire était dirigé par le Général Falkenhausen et que la SS, particulièrement active dans ce pays, était sous l'autorité du Lieutenant-Colonel SS Ehlers.

Ces trois hommes - que le Diable ait leur âme, s'ils en avaient une ! - sont responsables de la déportation, puis de l'extermination de la quasi-totalité de la population juive de Markovie.

Ma mère et mes petites sœurs furent les premières à être raflées, à partir du moment où la question juive ne se réglait plus pour les nazis par les seules interdictions de fréquenter les espaces publics et par le seul port de l'étoile jaune...

... elles s'en allèrent, en 1942, dans un wagon plombé, loin à l'est, pour terminer dans les chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau, dès leur arrivée, au terme d'un calvaire épouvantable. Des 1.000 personnes présentes dans ce convoi, seules 5 revinrent à la fin de la guerre.

En 1943, le camp de Markovburg ouvrit ses portes à l'initiative du Capitaine SS August Hirt, qui souhaitait en faire une annexe au camp strasbourgeois de Natzwiller-Struthof.

Il s'agissait là, surtout, de mener des expériences médicales souvent mortelles et toujours effroyables.

C'est dans ce camp que mon père et moi nous échouâmes, une fois capturés par les chiens-limiers de la Gestapo. Comment notre cachette avait-elle été découverte ? Je ne le saurai jamais. Mais nous comprenions, mon père et moi, alors que nous roulions à l'arrière d'un camion, sous escorte de SS la mitraillette au poing, que nos ennuis ne faisaient que commencer.

Nous pensions, d'abord, benoîtement, que nous allions être emmenés, nous et les autres prisonniers, dans un bois, pour y être fusillés.

Et à chaque fois que nous nous approchions d'une forêt, notre peur devenait plus grande ! Raison pour laquelle, même maintenant, je ne peux plus me promener en sous-bois sans penser à ce premier jour de déportation, ce jour interminable...

... finalement, au bout d'une vingtaine de kilomètres, nous arrivâmes vers un petit campement. Surmontée de la devise selon laquelle "le travail rendait libre", l'entrée donnait sur quelques baraquements. C'était boueux et sinistre mais pour autant cela avait l'air neuf. Et pour cause ! Nous étions les premiers arrivants (sans compter les détenus qui avaient construit le camp, tous exterminés une fois leur tâche accomplie)...

*
**

La frêle voix du vieillard se faisait intarissable tant était fort le besoin de témoigner, lui, le seul survivant du camp de concentration de Markovburg ! La mémoire vivante de toutes les exactions qui s'y étaient produites, de toutes les souffrances qui y avaient eu lieu !

Il parla longuement de la faim, du froid, de la nourriture qui n'était constituée que d'une soupe claire et d'un ersatz de quignon de pain. De l'absence de règles et de l'absence d'espoir. Puis, il marqua une pause, soupira un grand coup, et embraya sur la partie de son discours qui concernait plus particulièrement Kate...

*
**

Rapidement, le Dr. Hirt eut besoin d'un garçon de salle, quelqu'un pour consigner quelques observations sommaires, faire le ménage, étiqueter les échantillons, ce genre de chose... Comme je parlais allemand et que je n'avais pas encore trop mauvaise mine, je fus choisi... Je put donc approcher de plus près les abjections médicales qui étaient pratiquées à Markovburg.

Les immondes expériences où l'on exposait les déportés à des cages contenant des poux typhiques... Les hurlements, les hurlements, je ne les oublierai jamais... Clauberg, l'immonde Clauberg avait été à Markovburg aussi, faisant ses horribles mutilations sur les jeunes femmes, les laissant absolument détruites. L'ypérite aussi avait été expérimentée ici. Et tout cela, jeune fille, je l'ai vu de mes propres yeux, me disant qu'à chaque fois que je consignais une expérience mortelle, je préservai la mémoire de la victime en ajoutant une pièce au dossier de l'accusation que pourrait porter Dieu contre ces barbares...

Hirt était un homme répugnant, cruel, brutal et mauvais. Mon seul regret est qu'il se soit suicidé avant d'avoir pu connaître l'humiliation du procès public et une juste sentence de mort. Mais ce n'est pas ça que vous êtes venue écouter, jeune fille...

... à la fin de la guerre, Hirt est venu, accompagné du grand patron de l'Ahnenerbe, Wolfram Sievers et de Karl Brandt, médecin personnel d'Hitler et sorte de plénipotentiaire chargé des affaires de santé pour le Reich... Ils étaient intéressés par une expérience devant impliquer un certain artefact...

... artefact que j'ai vu de mes propres yeux. Il s'agissait d'une lance contenue dans un coffre blindé. Ce coffre avait été escorté par quatre chars détachés par l'une des divisions blindés de la SS ! Et il provenait de Berlin. Cette lance, c'était la Sainte Lance, celle qui avait percé le flanc du Christ lors de la Passion...

... du moins c'est ce que les nazis prétendaient. Ils firent venir un prisonnier, un juif d'une quarantaine d'années, cachectique, sur le point de mourir...

... deux SS le tinrent debout tandis qu'un troisième, sous le regard de Brandt, de Hirt et de Sievers, lui perçait la poitrine avec la pointe de la lance.

Puis ceci fait, ils le laissèrent sur une paillasse dans une cellule du Revier, de l'infirmerie...

... j'ai d'abord cru à une horreur insensée de plus : après tout, quel intérêt pour deux hauts dignitaires nazis d'assister à cette séance de torture ? Quelle était la justification de tout cela ? Je ne comprenais pas du haut de mes 16 ans... Non, vraiment pas...

... mais les dignitaires repartirent vers Berlin en donnant l'ordre à Hirt de les tenir au courant de l'évolution du "patient" Josef Kogon, car tel était son nom...

... et je dus relever sa température et changer ses pansements. Hirt me confia même de vrais pansements (et non pas ces saloperies en papier dont on se servait d'habitude pour les déportés) et du matériel médical.

Et chose stupéfiante... en dépit de la gravité (et de la mortalité) objective de la blessure, Kogon ne mourut pas et alla même rapidement mieux !

Cela impressionna même diablement Hirt qui lança une série d'expériences qu'il réalisa lui-même sur Kogon, sans mon assistance.

En classant ses comptes-rendus, je put apprendre qu'il avait tenté de gazer sans succès au monoxyde de carbone, puis à l'acide cyanhydrique, Kogon... En fait, il est vain de décrire toutes les tentatives qu'Hirt fit pour tuer Kogon, tant elles furent nombreuses, même si aucune d'entre elles ne fonctionna ! Il déchargea même sur le malheureux une mitraillette, sans que Kogon n'en souffre le moins du monde...

... la morsure de la lance avait transformé Kogon.

Rapidement Kogon fut mis au secret et jamais plus je ne le revis...

... quelques jours après la disparition de Kogon, Hirt et les SS firent exécuter tous les prisonniers et abandonnèrent le camp. Les alliés n'étaient plus très loin de la Markovie ! Quand mon tour vint et que je m'avançais avec mes compagnons d'infortune vers la fosse commune où déjà reposaient tous mes camarades, je me dit que j'allais rejoindre toute ma famille au ciel et que mes souffrances allaient prendre fin...

... mais la rafale ne fit que me blesser et je fut le seul survivant ! Le seul survivant de tout le camp ! Là où mon père était mort en compagnie de tant d'êtres humains ! C'était moi, le seul à pouvoir témoigner de tout cela...

*
**

Schmidt finit par raconter l'arrivée des troupes alliées, sa longue convalescence, les interrogatoires devant la Commission d'Instruction des Crimes de Guerre Nazis et...

... son lent retour à la vie civile, son retour dans la ville de Markovburg, ville martyr où plus rien ne l'y attendait, où sa vie était en lambeaux...

*
**

"Mais je n'oublierai jamais la Lance, jeune fille. Les nazis ont eu la Lance entre leurs mains. Mes recherches sur le sujet m'on appris qu'ils avaient confié un autre objet du même genre aux Japonais. Mais que la Lance comme la Coupe ont disparu depuis bien 50 ans. Et aujourd'hui, leurs descendants sont à la recherche de ses objets..."

Schmidt prit une longue pause puis saisit le bras de Kate, le serrant de toutes ses forces, avant de lancer, comme un possédé :

"IL NE FAUT PAS QU'ILS RETROUVENT LA LANCE ! IL NE LE FAUT PAS ! JUREZ LE SUR CE QUE VOUS AVEZ DE PLUS PRÉCIEUX, JEUNE FILLE ! JUREZ-LE !"

L'aide de camp de Geo-Force était resté en retrait pendant tout le monologue de Schmidt. Une fois celui-ci terminé, il murmura à l'oreille de Kate :

"Nous avons retrouvé vos nazis... Ils sont sur l'ancien site du camp, tous morts... Visiblement, votre ami sans visage leur a réglé leur compte..."
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MessagePosté le: Dim 30 Oct 2016 - 16:29
C'était un moment... lourd en importance, en signification, en histoire. Le seul et unique survivant d'un camp de la mort. La plupart des survivants étaient morts, maintenant, de vieillesse, de maladie, ou d'autre chose. Avoir l'occasion d'entendre l'histoire de l'un d'eux, de sa propre bouche, Kate ne pensait pas une seconde qu'elle en aurait l'occasion. Ce fut un rappel... dur mais nécessaire. Moins d'un siècle plus tard, ces idéologies, cette industrialisation de la mort et leurs conséquences avaient été presque oubliées par la population. Des personnes retournaient vers ces "valeurs" qu'étaient le racisme, l'antisémitisme, le nationalisme extrême, l'auto-victimisation et le fait de jeter la faute sur des "bourreaux" imaginaires, qui étaient en fait souvent des victimes plus qu'autre chose. Pas qu'aux Etats-Unis, d'ailleurs : l'Europe était coupable de la même chose.

Et entendre tout cela de la bouche de Schmidt ? Quelle piqûre de rappel, honteusement nécessaire. Le genre dont toutes ces personnes prônant la haine de l'autre, que ce soit au quotidien ou en politique, auraient bien besoin... Mais pour l'instant l'heure était à l'urgence et non à l'éducation, Spencer s'en rendait bien compte. Si ce que disait le survivant était vrai, alors cette lance ne pouvait PAS tomber entre leurs mains. Ils s'en serviraient pour produire une armée invulnérable et là... Il deviendrait bien difficile de les arrêter un jour. Schmidt semblait en avoir conscience d'ailleurs, vu le ton qu'il avait pris en saisissant le bras de Manhunter.

Ce fut là que l'aide de camp arriva, signalant qu'ils avaient retrouvé les nazis... morts. Question les aurait tous abattus ? Dans l'esprit de Kate, c'était une inconnue des plus inattendues. Qu'il s'intéresse à cette situation n'était pas une surprise mais dans quelles circonstances était-il arrivé ici ? Que pensait-il chercher ? Car il était fort possible qu'il n'ait pas toutes les informations. Il était également possible que Kate elle-même n'ait pas toutes les informations, mais ça elle le savait pertinemment. Hochant la tête, elle finit par s'adresser au survivant :

- Merci de m'avoir parlé de tout cela, monsieur Schmidt. Ce n'était pas nécessairement facile pour vous mais c'était important pour moi.

Posant ensuite la main sur le bras du vieil homme, elle ajouta :

- Je ne fais jamais de promesse que je ne saurais tenir. Mais je peux vous promettre que je ferai tout ce que je peux pour éviter qu'ils ne mettent la main dessus, quitte à en mourir si c'est absolument nécessaire.

Après avoir hoché la tête et adressé un sourire se voulant rassurant au collectionneur, elle quitta les lieux en compagnie de l'aide de camp.

- Bien... Allons voir sur place. Il faut retrouver la trace de Question, quelque chose me dit que si c'est bien lui qui est l'auteur des tirs, il est en train de partir vers quelque chose de bien plus problématique qu'il ne l'imagine...

Des héritiers nazis, un mystérieux tireur qui leur courait après, la souveraineté de Markov et maintenant un ancien artefact mystique déterré par des chasseurs de trésors de l'Ahnenerbe ? Quelque chose disait à Kate qu'elle ne pourrait pas gérer cette situation juste avec quelques coups de maillet à réaction...
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MessagePosté le: Dim 6 Nov 2016 - 8:33
Kate et l'aide de camp laissèrent le vieux Schmidt à ses souvenirs et à sa boutique, peuplée d'objets anciens... et il se faisait l'impression d'être comme un vieux poupon avec lequel on ne jouait plus ! Brièvement (et bien contre son gré) il avait eu une importance de premier plan, quelque chose qui lui avait permis (encore plus furtivement) d'accomplir son rôle, bien longtemps après...

... et maintenant que le passage de témoin avait été fait, il se sentait las, très las... Il pensa à sa mère et à ses petites sœurs, à son père... Il se sentit terriblement seul et se permit une chose qu'il avait cru oubliée depuis des décennies... il se mit à pleurer comme un enfant.

Le poids de la connaissance venait d'être retiré de ses épaules et - comme un Atlas soulagé de son fardeau - il pouvait enfin se reposer... éternellement !

*
* *

La route en direction du site de l'ancien camp de Markovburg fut silencieuse. L'aide de camp ne disait rien mais sa mâchoire était crispée. Et au fur et à mesure qu'ils s'extrayaient des rues de Markovburg et que les devantures des échoppes et les façades des immeubles défilaient sous ses yeux, Kate ne pouvait que réaliser qu'un tel paysage avait défilé de cette même façon quand Schmidt et son père avaient été raflés et menés jusqu'au camp à l'arrière d'un camion.

Ce voyage qu'elle faisait paraissait dérisoire par rapport à celui qu'avaient connu ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces innombrables victimes qui avaient un jour échoué au camp de Markovburg !

Finalement, quand ils arrivèrent, Kate découvrit que le portail surmonté de l'inscription "Arbeit macht Frei" avait été conservé. Ainsi que certains baraquements de prisonniers (construits d'après des plans et aux mêmes proportions de baraquements à bestiaux pouvant accueillir 50 chevaux, alors que ces mêmes bâtiments "accueillaient" dans les camps jusqu'à 800 prisonniers à la fois), le mess des SS, le Block du Revier, de l'infirmerie de fortune où les prisonniers pouvaient se faire soigner et...

... sur la place où le Commandant du Camp faisait l'appel chaque matin et soir pendant des heures, forçant les déportés - même les plus affaiblis - à demeurer debout jusqu'à ce que le compte soit bon, étaient garés de nombreux véhicules.

Des estafettes de police avec des policiers tout autour, affairés à collecter des indices.

Un camion militaire avec des militaires markoviens en armes, là pour sécuriser le périmètre.

Une belle Mercedes aux armes de la famille royale Markovienne. Appuyé contre la voiture, Brion fumait une cigarette tout en devisant avec un homme... qui était l'agent Kyle Woodleaf de l'O.D.D. !

Kate crut, de même, furtivement apercevoir quelqu'un - une femme - à travers les fenêtres d'un des blocks de prisonniers. Qui lui faisait signe. Mais ça ne dura qu'un instant.

Il y avait aussi des ambulances, gyrophares éteints, qui attendaient que les relevés scientifiques soient terminés pour embarquer la petite dizaine de corps emballés dans des sacs mortuaires qui se trouvaient là...

... les corps n'avaient pas encore été déplacés et la plupart se trouvaient sur le seuil d'un bâtiment dont la plaque en marbre commémorative fixée au dessus de l'entrée indiquait "Block X - Block des expériences médicales - A la mémoire des hommes, femmes et enfants victimes de médecins sans conscience, qui oublièrent le serment d'Hippocrate pour souiller leur art et en faire un outil zélé et inhumain de la barbarie et de la cruauté nazie".

L'aide de camp, aussitôt le véhicule garé, alla vers Brion pour lui faire son rapport, laissant Kate - pour l'heure - vaquer à ses occupations.

Mais sur la place du camp, écrasée par l'immensité du poids de l'histoire, qu'allait faire l'héroïne ? La décision était entièrement entre ses mains.
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MessagePosté le: Ven 11 Nov 2016 - 22:15
La tension de l'aide de camp était palpable, tout comme celle de Kate. Toute cette histoire sentait de plus en plus mauvais et elle ne savait pas vraiment ce qu'elle trouverait une fois dans l'ancien camp de la mort, ou plutôt camp de la mort / camp d'expérimentations. Laissez-moi vous le dire : même moi qui ne suis que le narrateur, je trouvais ça vraiment immonde, ce qu'ils avaient fait dans le camp de Markovburg. Alors imaginez la pauvre Spencer, qui n'avait entendu parler de la seconde guerre mondiale que par des livres d'histoire et des anciens combattants qui n'avaient pas vécu ces atrocités mais "juste" des camps de bataille déjà infâmes... Ouais, l'arrivée sur place la laissa particulièrement silencieuse.

Le portail sinistre, les baraquements inconfortables au possible et pensés pour des bêtes avant tout, tout était conçu pour industrialiser l'atrocité. Mais malgré quelques instants de silence presque méditatif et d'immobilité, elle finit par repartir à l'action : le présent aussi avait besoin d'attention, car des choses douteuses se tramaient. Déjà, la scène de crime avait été clairement altérée. La police était là, tout comme des militaires et même... Woodleaf. La brune fronça brièvement les sourcils, ressentant une certaine inquiétude vis-à-vis de sa présence. Quelque chose lui disait qu'il était plus là pour la Lance que pour capturer Herr Brandt et ses joyeux collègues...

Ne souhaitant pas trop donner l'opportunité à l'agent fouinard de la reconnaître, que ce soit par sa voix, son accent ou sa manière de parler, elle préféra d'abord aller examiner rapidement les corps avant qu'ils ne soient enlevés. Si les légistes les emmenaient à la morgue, elle n'aurait plus jamais d'occasion de les voir et de vérifier le modus operandi. La manière dont ils avaient été tués correspondait-elle à Question ? Et par dessus tout : reconnaîtrait-elle un visage familier parmi les victimes ? Y aurait-il Brandt ou un de ses obscurs associés ?

Le block X ne fut pourtant pas ce qu'elle décida d'examiner par la suite. Si il semblait être au premier abord une bonne piste, quelque chose de digne d'intérêt, le fait était qu'elle avait cru apercevoir... quelqu'un ? Quelque chose ? Et dans un des blocs d'internement, en plus, alors qu'ils étaient pourtant censés être aussi vides que sans intérêt majeur pour la police ou les criminels. En soi ça aurait très bien pu ne rien être de spécial, mais elle avait appris à faire confiance à ce qu'elle voyait. Je ne vais pas vous raconter des dizaines d'anecdotes mais plus d'une fois son instinct lui avait fait prendre les bonnes décisions. Une histoire de pensée en arborescence, quelque chose du style...

Ainsi, ne cherchant pas à être particulièrement visible ni discrète, elle se rendit vers le bâtiment lugubre, espérant trouver à l'intérieur la trace de quelqu'un - ou de quelque chose - qui pourrait la mettre sur la voie. Cette femme était-elle un témoin ? Se planquait-elle par peur de la police ? Avec un peu de chance, cette demoiselle furtive serait moins timide avec l'avocate / super héroïne. Celle-ci commença donc à parcourir les lieux, lançant :

- Il y a quelqu'un ? Je vous ai vue par la fenêtre, je ne cherche pas à vous causer des ennuis.

Après évidemment, il y avait toujours la possibilité que la femme ne parle pas l'anglais. Autant dire que dans ces conditions, les choses allaient devenir particulièrement intéressantes...
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MessagePosté le: Jeu 17 Nov 2016 - 12:20
Furtivement, pour éviter d'attirer l'attention de Woodleaf qui était en train de causer avec Brion et son aide de camp, Kate se faufila jusqu'aux différentes dépouilles...

... ouvrant les sacs mortuaires un à un, Kate put constater qu'il s'agissait invariablement d'hommes d'un certain âge, revêtus d'un uniforme SS et tués par balles...

... elle put d'ailleurs noter que pour bon nombre d'entre eu, la mort a été provoquée par une seule balle, logée entre les deux yeux.

Et Kate remarqua, enfin, que Brandt ne faisait pas partie du lot des pas-du-tout-regrettés néo-nazis tués.

Question faisait-il habituellement usage d'une arme à feu ? Et puis... que venait-il foutre ici, si loin de Hub City et des conspirations qui l'occupaient habituellement ? Le mystère s'épaississait encore et encore !

S'écartant des corps, juste au moment où Woodleaf allait pour s'en approcher, Kate eut le temps - là encore - de se faufiler sans se faire remarquer dans un baraquement qui aurait du être, effectivement, vide mais qui ne l'était pas. Du moins c'était ce qu'elle avait cru voir par la fenêtre.

Pourtant en entrant dans ce lieu chargé par la souffrance de tous les gens qui y avaient été parqués et qui y avaient soufferts et qui y étaient morts, Kate ne vit personne.

Kate eut ses paroles rassurantes et...

... lentement, d'un coin obscur du baraquement, une femme se leva.


"Je comprends votre langue, Mademoiselle. Et votre costume me fait penser que... peut-être, vous êtes prête à régler - et à accepter que l'on règle - ce genre d'affaires de façon... non conventionnelle..."

L'accent était israélien. Clairement. Et la fille tenait dans sa main gauche un bout de tissu... un visage... Celui du Détective Question !

"Je ne nies pas avoir descendu chacune des ordures qui pourrissent dehors. Je ne nies pas avoir fait de même dans l'amphithéâtre. Je vais vous expliquer pourquoi je l'ai fait et après vous jugerez si vous devez - ou non - me livrer à la Police Markovienne..."

Elle leva sa main droite et sa main droite tenait - comme on tiendrait un animal mort - un gros pistolet par le canon. Elle le posa précautionneusement au sol avant de tirer un coup de pied dedans pour faire glisser l'arme dans la direction de Kate.

"Je suis une Agente du Mossad. J'ai été envoyée en mission ici pour enquêter sur cette réunion de néo-nazis et découvrir quels étaient leurs projets. J'ai fortuitement croisé la route de votre détective, Question, que j'ai drogué de manière à "emprunter son identité" et commettre les exécutions que j'ai commises... Je ne regrette rien. C'étaient des pourris. Et des pourris qui souhaitent changer l'histoire grâce à une technologie qui leur permettrait de..."

La femme marqua une hésitation, ce qu'elle avait à dire était difficile à avaler mais pourtant... cela faisait partie des éléments qu'elle avait découvert !

"... remonter le temps pour changer le cours de l'histoire. Pour cela, ils ont besoin de deux artefacts mystérieux qui auraient été égarés pendant la Guerre... artefact qu'ils pensaient retrouver dans une pièce secrète du Block X ! Je ne sais pas s'ils ont réussi mais l'un d'entre eux - après sa visite au Block - a réussi à s'enfuir en compagnie d'un type qui y était - semble-t-il - retenu prisonnier ! Voilà toute mon histoire..."

Elle sourit à Kate et précisa :

"Je m'appelle Rebecca Wiesel. Et je pense, cela se voit à votre regard, que nous ne sommes pas si différentes l'une de l'autre... Vous avez le regard des gens qui ont tout perdu et qui ont soif de justice, mais d'une justice plus dure et implacable que celle des hommes !"

Wiesel s'arrêta et proposa :

"Faites moi sortir d'ici sans encombre et je vous aiderai pour la suite de votre enquête..."
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MessagePosté le: Lun 21 Nov 2016 - 13:23
La précision du tueur était… chirurgicale. Et même si les victimes étaient toutes d’un certain âge, Kate ne comprenait pas comment il était possible qu’ils n’aient pas réussi à se défendre et aient tous reçu une balle pile en plein front. Au fond ils étaient armés et savaient très certainement comment se servir de leurs mitraillettes, alors quid ? L’allure de l’ensemble donnait à tout ça un petit air d’exécution en règle… Pas le style de Question. Pas du tout. Et s’occuper de nazis ? Aucun rapport avec son activité habituelle. Encore une fois, elle se retrouvait face à une anomalie… Elle avait depuis longtemps cessé de les compter, d’ailleurs, tellement elles s’entrechoquaient depuis plusieurs jours.

Le fait était qu’il y avait bel et bien quelqu’un dans le vieux et sinistre baraquement. En entendant la voix de la jeune femme, Kate se tourna vers elle dans une position… Non pas de combat mais indiquant qu’elle était prête à en découdre si besoin. Au final aucun combat ne fut nécessaire mais une nouvelle fois, des questions se posaient. L’accent de l’occupante des lieux était assez clair et vu les assassinats méthodiques, Manhunter se douta assez rapidement qu’elle avait été au moins entraînée par le Mossad, chose qui fut vite confirmée par l’intéressée.

L’implication de Question s’expliqua en tout cas assez vite : elle l’avait abusé et drogué. Aux yeux de l’avocate, c’était très impressionnant… Même si Kate ne surveillait pas de très près ce qu’il se passait à Hub City, elle savait très bien que le détective était plutôt doué dans ce qu’il faisait. Ainsi, que l’agente parvienne à le tromper et lui voler son masque était extraordinaire. Et ce qu’elle était en train de raconter ne l’était pas moins : remonter le temps ? Rien que ça ? Ce serait bien du genre de l’Ahnenerbe de se lancer dans des machins trucs ésotériques de ce genre, mais entre nous, les gars, sérieusement, remonter le temps ? P’t’ain on était un peu dans un remake d’Indiana Jones, là ! Mais ouais, donc, revenons à Kate…

Elle ne savait trop que penser de l’offre de miss Wiesel. Ce qu’elle disait sur cette histoire de regard, et toutes ces choses-là, elle s’en méfiait : quelqu’un faisant appel aux sentiments des autres n’avait pas forcément de très bonnes intentions. Les sentiments étaient utilisés pour manipuler, en règle générale, et l’approche utilisée par la miss du Mossad, qui ne faisait CLAIREMENT pas dans les sentiments vu sa capacité à mettre à mort autant de monde avec autant d’efficacité, ne plaisait pas à Kate. À qui pouvait-elle se fier ? Brandt était un nazi pseudo-mystique douteux… Woodleaf faisait partie d’une section secrète et aussi ésotérique du gouvernement… Wiesel semblait vouloir un peu la lui faire à l’envers… Il ne restait que Brion : elle était sûre de ses intentions.

- Je ne sais pas exactement comment vous faire sortir… La meilleure manière serait sûrement de vous mettre dans un sac à cadavre, que vous pourrez ouvrir de l’intérieur afin de sauter en route. Je vais voir comment faire, restez là, répondit finalement la brune avant de sortir.

Woodleaf était vers les corps, c’était l’occasion parfaite d’aller parler à Brion. Quant au fait de faire sortir miss Wiesel dans un sac… La difficulté serait de ne pas attirer trop l’attention, et avec son costume ça n’allait pas forcément être évident. Ce fut là qu’elle se rendit compte du fait que son idée n’était pas forcément aussi géniale que ça. Ou alors, il faudrait au moins attendre que les premières équipes ne quittent les lieux : une fois les agents principaux partis, il ne resterait plus que des légistes qui ne seraient pas forcément surpris de voir une jeune femme sans uniforme parmi les victimes. Pour le moment… Il fallait faire un point rapide avec le roi des lieux. La justicière se dirigea donc vers lui, lui faisant un signe avant de signaler :

- Je peux vous confirmer que ce n’est pas Question. C’est un combattant aguerri mais ce que nous avons ici, c’est une exécution pure et simple, ça ne correspond absolument pas à son modus operandi… Sans compter le fait que nous soyons bien loin de Hub City.

Elle avait choisi de ne pas lui dévoiler la présence de la jeune Wiesel, pour l’instant… Miss Spencer voulait avant tout en savoir plus.

- Je connais cet homme, dit-elle en montrant Woodleaf d’un geste du menton. De l’O.D.D. si je ne m’abuse… Drôles de personnages… Pas étonnant de le voir courir après quelque chose comme la Lance de Longinus. Pas sûr qu’il en fasse un meilleur usage que nos « amis » décédés ci-présents.

Elle expliqua alors rapidement ce qu’elle avait appris auprès de Schmidt.

- Hmm en gros, il s’agit d’un artefact récupéré par les nazis, qui permettrait d’obtenir invulnérabilité et vie éternelle. Il y aurait d’autres artefacts comparables dans les environs, notamment plusieurs permettant de remonter le temps… Je ne crois que peu à ces histoires mystiques mais le fait est que pour récupérer de tels objets, ces hommes seraient prêts au pire, ce qui est suffisant pour vouloir les arrêter…

Lui parler de Wiesel, ou pas ? Kate hésitait… Elle décida finalement de le faire :

- J’ai également trouvé une jeune femme dans l’un des baraquements, elle voulait rester dissimulée. Vu la manière dont elle regardait par la fenêtre je pense qu’elle craint plus l’agent Woodleaf qu’autre chose mais je suis sûre qu’elle peut nous en apprendre plus.

Pouvait-elle faire confiance à Markov ? Elle allait le voir assez rapidement. Au pire… Elle pourrait toujours aller dans le mauvais baraquement : elle n’avait pas dit dans lequel se trouvait miss Mossad.
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MessagePosté le: Jeu 1 Déc 2016 - 18:09
Le pari de Kate fut le bon. Brion Markov n'était peut-être pas un Saint, ni le meilleur chef d'Etat qu'il soit, mais il n'appréciait que peu l'ingérence américaine sur son territoire...

... peut-être était-ce cette façon qu'avait Woodleaf à débarquer ici et à agiter son badge partout qui lui avait déplu ? Ce côté cow-boy ?

... ou bien était-il plus sensible à la sanglante vendetta de l'Agent Wiesel, héritière d'une histoire douloureuse, s'étant élue garante du fait que cela ne se reproduirait pas et que le passé demeurerait bien le passé ?

Quoiqu'il en soit, Brion bomba le torse et opina du chef. Manhunter avait du culot et il respectait cela. Il y avait quelque chose d'impulsif et d'implacable en elle (tout comme en Wiesel mais ça il l'ignorait encore) qui lui rappelait une jeune femme blonde qui avait été, il y a longtemps déjà, sa petite sœur...

Alors Brion prit les choses en main et invoqua la raison d'Etat. Il remercia Woodleaf de son intervention et le congédia comme on congédierait un serveur quand on est un être puissant et puant.

L'Agent de l'ODD plia donc bagage en jetant un regard furieux aux alentours. Manhunter crut même qu'il l'avait aperçue : comme ça c'était bien, elle avait mis une rouste à Woodleaf, tant avec son identité civile qu'avec son alias de justicière ! Il aurait des raisons de détester Kate Spencer quelle que soit la tenue qu'elle porterait !

Pour le reste, Brion patienta près de sa Mercedes avec son aide de camp, le temps qu'il fallut aux légistes et à la police scientifique pour faire leur travail et emmener les dépouilles...

... et là, Wiesel put monter dans le véhicule de Markov, en compagnie de son aide de camp et de Manhunter... et ainsi quitter sans être inquiétée la scène de son propre crime !

*
* *

Quelques jours plus tard, un avion décollait à destination de l'aéroport de Tel-Aviv. Markov laissait partir Wiesel libre comme l'air, à la seule et unique condition qu'elle ne remette plus les pieds dans le pays...

Presque de manière concomitante Kate fit de même pour Gotham : elle n'en avait su guère plus à vrai dire... Wiesel lui avait révélé que le Mossad était à la recherche d'une mystérieuse cité nazie perdue quelque part dans la jungle en Amérique du Sud. C'était visiblement vers cet endroit que le sinistre Brandt avait emmené l'inconnu qui était resté captif du Bloc X depuis toutes ces années, depuis... 1945 !

*
* *

L'histoire aurait pu s'arrêter là pour Kate. Elle l'aurait pu. Mais à peine eut-elle débarqué à Gotham que son ami Damon Matthews lui révéla une information capitale : il semblerait que la JSA ait eu maille à partir avec des néo-nazis lors d'une affaire impliquant une machine temporelle. Il semblerait même qu'il y ait un lien entre le principal protagoniste de cette affaire (Bob Kirkland) et Wolfram Brandt...

... ce fut suffisant pour que Manhunter se rende à la réunion de la Société de Justice...

[Et voilà pour ce sujet ^^ Tu peux maintenant rejoindre la réunion de la JSA !]
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