Gotham Godfather [Conner - Bat]


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MessagePosté le: Mer 29 Mar - 8:32
Alors, qu'est-ce que ça donne ?

Conner sortit de la salle des scanners. Attrapant le tee-shirt qu'il avait posé sur la console, il entreprit de le renfiler sans réelle pudeur ; non seulement n'en avait-il jamais vraiment eu (des notions aussi triviales n'avaient pas leur place dans sa programmation), mais en plus Batman était son seul spectateur. Or, celui-ci avait insisté pour l'examiner dans les moindres détails quand il était apparu pour la première fois : la Ligue n'avait vu aucune raison de refuser, lui faisant toute confiance pour trouver ce qui devait l'être. Hélas, les seuls pièges que son corps comportait étaient d'ordre mental et pas physique - mais c'était une autre histoire.

Depuis lors, il avait été sous la surveillance du justicier masqué - du moins jusqu'à ce que Superman accepte enfin de le prendre en main. Clark ayant du mal à se faire à l'idée d'avoir un « autre » lui créé par une confrérie de savants fous - à posteriori, ça pouvait se comprendre -, cela avait tout de même pris quelques mois ; ainsi avait-il eu le temps de découvrir le Chevalier Noir... Mais pas d'apprendre à le connaître.
Batman s'était arrangé pour garder ses distances ; probablement l'une de ses compétences les plus développées. Malgré toute l'attention qu'il devrait lui porter, malgré le temps passé sous son observation, sa parfaite vigilance, Conner n'avait pas l'impression d'en savoir plus sur lui qu'au départ - peut-être même moins.
Batman avait toujours scrupuleusement choisi ses élèves. S'en voir imposer un - un kryptonien qui plus est - n'avait pas matière à lui redonner le sourire, s'il en avait jamais eu un. S'il s'était acquitté de la tâche avec tout le professionnalisme qu'on pouvait attendre de lui, ce serait une erreur de croire qu'il en avait évité pour fraterniser. Conner ne lui en tenait pas rigueur : il devait faire ses preuves.

Terminant de rajuster sa tenue, Conner l'observa à la dérobée. Il peinait toujours autant à le considérer comme humain ; il lui avait toujours fait l'effet d'une sorte de spectre, planant sur les rues de Gotham pour abattre sa sentence sur les malfaiteurs. Une sorte d'esprit de la vengeance. Même maintenant, en pleine lumière - S.T.A.R Labs devait avoir un sacré budget néon -, bien qu'il ne soit pas entièrement vêtu de noir, il donnait l'impression d'absorber la lumière sans jamais la refléter. De n'être qu'une ombre de passage - un enfant de la nuit.

Malgré sa retraite, le clone n'avait pas eu la vie facile dernièrement : entre les quelques semaines séparant le moment où Metropolis était devenu un champ de bataille pour une guerre jaillie des confins de l'espace et sa possession par un Péché Capital - rien de moins -, il lui semblait avoir eu à « être Superboy » plus souvent que pendant son service actif. Un comble. Or, s'il s'était remis de ses blessures - il s'en remettait toujours -, il se pouvait qu'il ait gardé des lésions de ces deux événements en particulier.
À Metropolis, il avait été exposé à la lumière solaire de Lightray en très grande quantité à deux reprises. À Saint-Roch, il avait libéré ses pouvoirs de manière peu naturelle - raisonnable encore moins : le Péché se moquait probablement de le tuer, il n'aurait eu qu'à trouver un autre corps. Il subissait depuis une fatigue dont il avait du mal à se remettre, et craignait que ça ne se limite pas à cela. Il aurait eu besoin d'un examen plus poussé - mais étant donné l'origine du mal et son métabolisme hors-normes, rares étaient ceux à qui il puisse demander.

À la différence de Superman, son corps n'était pas entièrement kryptonien : il ne pouvait à ce titre pas supporter les mêmes charges d'énergie. Et à contrario, s'il en dépensait trop, il ne redevenait pas humain : il risquait de mourir, tout simplement. S'ajuster pour trouver le parfait équilibre afin de ne pas mettre sa vie en péril (pour connaître ses limites) lui avait pris des années, mais après si longtemps à ne pas utiliser ses pouvoirs - ou pas autant qu'il le voudrait -, il lui semblait avoir tout oublié.

Il avait hésité avant de faire appel à Batman. Il ne savait pas comment il serait reçu : cela faisait plus de deux ans qu'ils n'avaient aucun contact - et même avant cela, ce n'était pas comme s'ils se parlaient souvent. Une fois de temps en temps, au détour d'une mission qui les amenait à se croiser - et ce n'était l'affaire que de quelques mots échangés. Le gardien de Gotham était homme d'action plus que de parole : ils étaient deux dans ce cas. Lorsqu'il s'était finalement décidé à passer l'appel (en priant pour que la ligne soit encore valable), la chauve-souris lui avait donné rendez-vous - avant de raccrocher.

Et donc, ils s'étaient retrouvés à Central City. Pour y être à l'heure prévue, Conner avait été forcé d'utiliser ses pouvoirs - preuve s'il en est que si la chauve-souris était au courant de sa « démission » (comme s'il y avait le moindre doute à ce sujet), elle n'en faisait pas grand cas -, mais c'était déjà beaucoup que d'avoir accepté de se déplacer. Cependant, s'il n'avait pas osé poser de question, le choix du lieu le laissait perplexe. S'il ne s'attendait pas à être invité dans la Batcave (Batman n'avait jamais daigné l'y emmener, pourquoi commencer maintenant ?), il y avait d'autres lieux à disposition. la Tour de Garde, par exemple - à moins que la chauve-souris rejette tout autant l'idée de le voir y mettre les pieds.

À la différence de... À peu près n'importe qui d'autre, Conner ne prenait pas mal les soupçons venant de sa part : c'était dans sa nature. Un Batman méfiant était aussi naturel qu'un Superman débonnaire. Il n'en avait pas plus pour lui que pour n'importe qui d'autre, ou si peu que ça ne faisait aucune différence. S'il était initialement mal à l'aise en sa présence - intimidé comme n'importe qui d'autre -, il avait fini par s'habituer à sa manière d'être.
Même s'il était en théorie capable de l'étaler d'une pichenette (et même de lui faire traverser la moitié de Gotham), il ne lui serait pas venu à l'idée de tenter sa chance : outre le respect qu'il avait pour lui, qu'il imposait, encore fallait-il réussir à le toucher. Et Batman, lui, ne le raterait pas. Ce dernier travaillait avec une telle hâte concentrée que, même sans voir ce qu'il faisait, Conner savait qu'elle ne pouvait être que synonyme d'efficacité. Tout taciturne qu'il soit, néanmoins, le silence finit par être pesant même pour lui.

Merci d'être venu aussi rapidement. Je ne savais pas vraiment vers qui me tourner.


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Shadowpact
MessagePosté le: Jeu 30 Mar - 18:34
Central City est une ville lumineuse, active, dynamique, pleine de vie. Tout touriste, tout nouveau venu sera rapidement perdu et même asphyxié par la vitesse et la réactivité des habitants, qui ne cessent de courir, bondir et faire une quantité impressionnante de choses.
Central City est une ville qui refuse l’ennui et l’apathie, et se précipite constamment en avant, pour filer dans le soleil et vers le futur. Pas étonnant que les Flash y soient si à l’aise, pas étonnant que Barry Allen aime tant cette ville.
Pas étonnant que le Batman l’apprécie si peu.

En ce sens, il l’évite autant que possible, préférant bénéficier des facilités de locomotion du Bolide Ecarlate pour le convoquer dans la Batcave. Cependant… cependant, en certaines occasions, le Chevalier Noir ne peut continuellement fuir la ville-lumière, et doit donc s’y déplacer.
Aujourd’hui est l’une de ces occasions ; aujourd’hui justifie son trajet jusqu’à Central City, et plus spécifiquement à S.T.A.R. Labs.



Disposant de bureaux et d’antennes partout dans le pays, et dans la majorité des grandes villes, S.T.A.R. Labs maintient cependant son siège dans Central City, là où tout a commencé.
Les meilleurs ordinateurs, scanners et éléments issus de la technologie terrienne et extraterrestres se trouvant ici, il semble légitime et logique de s’y rendre dans l’optique d’analyses et d’études sur un cas rare, exceptionnel et spécifique : Superboy.

Il y a peu, le jeune homme s’est mis en avant, d’abord en luttant ardemment aux côtés de Mister Miracle contre une surprenante attaque de Néo-Dieux à Metropolis, sur laquelle le Batman entend enquêter, mais aussi lorsqu’il fut l’hôte involontaire d’un Péché… et cela ne s’est, bien sûr, pas bien déroulé.
S’il a officiellement annoncé une forme de retraite, le jeune homme semble avoir de grosses difficultés à tenir sa décision – et ne cesse de se mettre en danger, certes pour protéger autrui et respecter les valeurs qui sont les siennes, mais de manière violente et extrême.

Inquiet, il a donc fait appel au Batman pour en savoir plus – et si celui-ci a répondu froidement, il s’est précipité pour venir rejoindre Conner à Central City.
Une telle célérité s’explique simplement : Superboy est important… pour le monde, et pour lui.

Pour le monde, Conner est important parce que l’existence d’un être bénéficiant d’une partie de l’ADN de l’Homme d’Acier n’est en rien anodine ; cela a justifié un suivi régulier, mais aussi une protection spécifique. Beaucoup trop songent que Superboy a les mêmes pouvoirs que Superman – ce qui est faux.
Celui qui peut être considéré comme l’héritier de l’Homme de Demain doit être protégé. Le futur doit être protégé.

Cependant, Conner est également important pour le Chevalier Noir lui-même : malgré son air sévère et maussade, Bruce Wayne est régulièrement touché par les orphelins, les perdus, les paumés, les abandonnés ; s’il a, très souvent, recueilli et aidé de telles personnes, il n’a pu, légitimement, rester insensible au sort du jeune clone de Superman. Surtout quand ce dernier a eu de grandes difficultés à accepter l’existence de ce double de lui-même, limitant ses contacts au moment où le nouveau-né avait tant besoin d’aide et de repères.
Le Batman a donc pris la suite – en essayant de faire au mieux, en menant les analyses nécessaires pour lever tout doute, en tentant de l’accompagner autant que possible, malgré sa froideur et ses difficultés de contact.
Depuis, il n’a cessé de le suivre de loin, de le surveiller, de vérifier qu’il ne tourne pas du mauvais côté… et qu’il n’a rien, tout simplement.


« Hem. »

Il grogne, et se détourne des différents ordinateurs sur lesquels son attention a été pleinement concentrée. Arrivé environ deux heures plus tôt, il a immédiatement orienté Superboy vers une salle souterraine, préparée au préalable par les services de S.T.A.R. Labs ; sa réputation et son influence vont logiquement jusqu’à Central City.
Depuis, il a soumis le jeune homme à de très nombreux tests et analyses, n’exprimant aucune émotion, n’émettant aucun commentaire durant toute la procédure.

Celle-ci est désormais terminée.
L’heure des révélations et des explications est désormais venue.


« Tu n’as pas à remercier, Conner. Quand nous nous sommes rencontrés, je t’ai assuré de mon soutien, de ma présence et de ma disponibilité. »

Sa voix, modifiée par un petit dispositif, s’élève lourdement dans le silence de cette pièce remplie d’engins, mais dénuée de fenêtres.
Son regard quitte enfin les écrans et se pose sur le visage du jeune homme, sobre, où il lit cependant l’inquiétude et la crainte.


« Je tiens parole. Toujours. »

Un petit signe de tête, et il appuie sur un bouton spécifique d’un clavier – et un écran imposant s’active alors, révélant différents tableaux, statistiques et relevés difficilement compréhensibles.
Par petit jeu sadique, il reste silencieux volontairement pendant quelques instants, puis reprend la parole d’une voix posée et directe.


« Malgré ta volonté de cesser ton activité Héroïque, tu as été récemment amené à maltraiter ton corps et tes capacités, en puisant dans tes réserves, en absorbant et en diffusant une énorme quantité d’énergie, qui aurait tué Humain normal. »

Il jette un petit regard vers Conner, et esquisse une ombre de sourire.

« Je ne pensais qu’arborer un S à la poitrine impliquait d’adopter continuellement des comportements improbables et suicidaires. »

Le Batman se reprend, puis s’avance vers l’écran, massif dans son costume, et pointe directement quelques constatations.

« Ton corps n’est ni Humain, ni Kryptonien : il est des deux, et de ce fait ta nature est unique. Nous ne disposons d’aucun exemple, d’aucune antériorité pour analyser réellement la situation – mais j’ai, cependant, pu relever différentes choses. »

Il soupire, puis recentre son attention sur le jeune homme.

« Tu en fais trop, Conner. Tu mets ta santé et ta vie en danger. Je ne peux en être sûr, mais… si tu continues, si tu te bats, si tu utilises tes pouvoirs dans le mois qui vient, ton organisme ne pourra le supporter.
Si tu te reposes et agis comme un Humain lambda, ton corps pourra évacuer, petit à petit, l’excédent d’énergie et de fatigue. Mais si tu agis encore comme un Héros dans les quatre semaines qui viennent… tu peux mourir. »


Annoncer de telles choses n’est jamais facile – et il n’est guère doué pour les relations sociales. Il préfère, donc, se lancer pleinement pour percer tout abcès, et ainsi tenter de trouver une solution.
S’il craignait découvrir de tels relevés, il espérait se tromper… déjà, parce qu’il tient à Conner ; ensuite, parce que la situation actuelle aurait exigé la présence d’un poids-lourd comme Superboy de leurs côtés. Brainiac ayant annoncé, il y a quelques jours, attaquer Themyscira après avoir pris le contrôle de la Tour de Garde, il est en quête d’alliés – mais n’en trouve que trop peu.
Conner ne sera donc pas avec eux lors de la bataille, prévue sous peu. Une mauvaise nouvelle… encore une.
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MessagePosté le: Lun 10 Avr - 17:31
Il lui était toujours aussi difficile de le regarder en face.

Conner s'y connaissait en matière d'intimidation - quand on peut soulever un camion d'une main, il n'y a pas beaucoup de travail à faire -, mais ce n'était rien à côté du Bat de Gotham. Même quand celui-ci ne tentait pas de rendre sa présence plus oppressante qu'elle ne l'était déjà, il y avait cette intensité dans son regard, cette force implacable. Ami comme ennemi, Conner n'avait jamais croisé qui que ce soit pouvant rivaliser.
Bien qu'imposant physiquement, Batman n'était pas le plus grand gabarit du monde : Clark, par exemple, était plus massif que lui. Mais il était le seul à lui inspirer cette impression - celle d'être un monolithe que rien ne peut faire vaciller. S'il avait des doutes, ils étaient bien cachés - sans doute car il savait ne pas pouvoir se permettre de les dévoiler. Il était humain, oui - mais s'y connaissait pour le faire oublier. Jamais de moment de faiblesse, jamais de compromis.

Il voulait être comme Superman, oui - mais cela ne voulait pas dire qu'il n'avait pas à apprendre du Chevalier Noir. Il savait Clark trop gentil, tout comme Clark le savait lui-même ; à l'inverse, Batman était peut-être trop dur. À prendre des leçons des deux côtés, peut-être parviendrait-il à un compromis. Bien sûr, il ne porterait jamais la chauve-souris ; il avait déjà son logo bien à lui, et la « famille » de Batman était déjà bien assez nombreuse - sans parler du fait qu'il pourrait très bien ne pas vouloir de lui. Les... Problèmes comportementaux de Superboy ne convenaient guère à ce qu'il attendait de ses fidèles.

La question ne se posait de toute façon pas : il avait décidé de raccrocher la cape et les collants qu'il ne portait pas. Il ignorait d'ailleurs ce que Batman avait pu en penser : ils n'avaient eu aucun contact depuis, et aucun d'entre eux n'avait daigné aborder le sujet. Toutefois, ce silence était peut-être encore plus oppressant que toutes les questions qu'il aurait pu poser. Peut-être parce qu'il n'avait jamais eu l'occasion d'en parler à personne, en vérité : la majeure partie de son entourage s'était contenté des bribes qu'il avait bien voulu leur donner.
Il y avait une sorte de tabou à ce sujet dans le milieu ; peut-être parce que chacun connaissait le poids que ce rôle pouvait parfois peser. Il aurait sans doute eu besoin d'en parler - mais ne s'en sentait pas capable, et n'aurait de toute façon pas su à qui s'adresser. Il aurait eu l'impression de décevoir Clark s'il lui en avait parlé - de trahir la confiance qu'il lui avait porté. Et ce n'était pas comme s'il y avait grand monde à même de comprendre ce qu'il lui fallait exprimer.

Je sais. répondit Conner - il n'avait pas oublié. Il n'oubliait presque rien. Il ne s'attendait pas cependant à entendre ces paroles (re)ssortir de la bouche du Chevalier Noir de but en blanc ; il n'est pas de ceux de qui on attend des mots réconfortants. Il replaça ses mitaines, agitant les doigts pour s'assurer de leur mobilité. Mais je sais aussi que vous êtes très occupé, alors... observa-t-il néanmoins. Enfin, merci.

Car si Batman avait bel et bien promis d'être « à sa disposition », il ne s'attendait pas à ce qu'il soit aussi réactif le cas échéant. Gotham lui prenait le plus clair de son temps - et le travail de la Ligue, le peu qu'il en restait. Conner en était venu à se demander s'il arrivait encore à avoir une vie civile ou s'il y avait tout simplement renoncé. Une solution qu'il avait lui-même envisagé fut un temps : il était né pour être Superman, ou Superboy à défaut : quel besoin avait-il d'exister en dehors ? Tel était son raisonnement à l'époque.

Sans doute moins par envie que par méfiance, le Justicier Masqué avait passé du temps avec lui dans les semaines suivant sa libération. De moins en moins par la suite, cédant sa place à des caméras, micros ou autres appareils sophistiqués, jusqu'à finalement le relâcher - le confier aux bons soins des Titans une fois (presque) sûr que tout danger était écarté. Mais déjà à ce moment-là, Conner avait pu remarquer à quel point il ne pouvait pas rester plus de quelques instants au même endroit ; la ville ne lui en laissait pas le temps.
Qu'importe le temps qu'il aurait voulu passer à l'observer - à s'assurer qu'il ne détruise pas ses installations -, Gotham et ses ténèbres finissaient toujours par l'appeler. Le Chevalier Noir devait être partout en même temps - ce qui n'avait fait que renforcer l'impression que ce n'était pas le travail d'un homme, pas d'un seul en tout cas. Car certes, il avait sa « famille » pour lui venir en aide, mais s'obstinait à faire le gros du travail. Peut-être par fierté - ou peut-être par manque de confiance. Quand bien même certains d'entre eux étaient avec lui depuis des années, Batman n'était pas de ceux à croire en quelqu'un aisément.

J'ai fait ce que j'avais à faire. rétorqua-t-il simplement quand Batman dénonça ses tendances suicidaires - et c'était vrai : ça lui était venu naturellement. Tout « retraité » qu'il soit, il ne se voyait pas abandonner les gens de Metropolis à leur sort. Si Mister Miracle avait accompli un exploit ce jour-là, il n'aurait pu arrêter seul les Female Furies. C'était la seule chose à faire - qu'il referait si c'était nécessaire. S'agissant de la possession, et bien, ce n'était pas comme s'il avait réellement eu le choix. Les bras croisés, il attendit patiemment la fin du constat - car il semblait évident que ça n'allait pas en rester là.

Ni humain, ni Kryptonien. Ni d'un monde, ni de l'autre. Il ne le savait que trop bien : c'était sa malédiction. À quoi est-ce que Lex Luthor pensait quand il avait mélangé son ADN à celui de Superman ? Ce n'était qu'un savant fou, un nouveau Frankenstein désireux d'engendrer une créature à son image... Et le pire de tout était qu'il y soit parvenu. Bien entendu, pas une seule fois n'avait-il pensé au bien-être de cette créature : s'il lui arrivait quelque chose, il n'aurait qu'à en refaire une autre. Du moins est-ce ce qu'il devait se dire avant que son labo et ses recherches ne partent en fumée. Plus jamais Cadmus ne produirait d'abomination telle que lui - ne relâcherait sur le monde les produits d'un esprit malade et dépravé. Sans doute qu'il y en aurait d'autres pour s'y essayer... Mais jusqu'à preuve du contraire, il était effectivement unique - et ça n'avait rien d'une bonne chose, comme le ton de Batman tendait à le lui révéler. D'un regard, il l'invita à continuer - à ne pas le ménager.

Une partie de lui savait déjà ce qu'il allait entendre. Même s'il n'avait pas d'appareil de mesure ou quoi que ce soit permettant d'évaluer son état, il connaissait assez son corps pour savoir qu quelque chose chez lui n'allait pas. Quelque chose de trop notable pour simplement se dire que ça finirait par passer. Certes, il n'avait pas pensé que ce serait aussi grave - mais par son exacte nature, sa condition expérimentale, il était à prévoir que des problèmes finissent par se poser. En un sens, il était surpris de ne pas en avoir eu plus tôt - et amer de l'ironie de la chose : c'était quand il était le moins censé en faire usage qu'il avait finalement dépassé les bornes. La mort ne lui faisait pas si peur - il l'avait vue en face plus d'une fois. C'était plus ce qui pouvait la causer qui l'inquiétait.

J'aurais dû m'y attendre. dit-il en se passant la main sur le visage, anormalement calme. Il releva les yeux vers Batman : Il n'y a rien à faire pour arranger ça ? Ce n'est pas que j'en aie besoin, mais... Enfin... Il ferma les yeux, poussant un soupir : qui essayait-il de convaincre ? J'ai essayé de vivre normalement, mais... Ce n'est pas si facile. Il scruta sa paume, devinant en elle toute la force qu'elle contenait. Je me dis souvent que, tant que je les aurai, je serai tenté d'en faire quelque chose. Je me demande si j'ai vraiment le droit de ne pas le faire.


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Shadowpact
MessagePosté le: Mar 11 Avr - 14:20
« Tu n’as pas à me remercier, Conner. Jamais. »

Tandis que la voix lourde et puissante du Batman s’élève dans la pièce sans fenêtre et isolée, Conner Kent se rhabille avec des gestes et lents et mesurés.
La tension est visible, palpable dans chacun de ses gestes, même s’il tente de la cacher ; mais peu de choses peuvent échapper au Chevalier Noir, et à son sens de l’observation forgé par la détermination et les années d’expérience.


« Beaucoup considèrent que je peux être occupé, et cela relève d’une certaine réalité. Mais je ne serais jamais indisponible pour mes alliés, mes camarades… et ceux que je suis avec assiduité et intérêt. »

Il n’est définitivement pas à l’aise pour exprimer ses émotions, mais Bruce Wayne tente de faire au mieux.
Lentement, il se décale et s’assoit sur une table à proximité. Il croise les bras, et plonge son regard intense sur le jeune homme devant lui. Il demeure silencieux pendant les premières réponses de Superboy, et note intérieurement chacune de ses réactions, ainsi que le choix de ses mots pour exprimer son malaise et ses craintes.
Le détective n’est jamais loin.


« Notre existence est compliquée, Conner. La tienne encore plus. »

Si sa voix demeure modifiée par un appareil, il tente de la rendre plus douce, plus chaleureuse ; l’effet n’est pas totalement efficace, mais l’effort est visible.

« Tu n’as pas demandé à naître, comme nous tous, mais tu n’as pas demandé à être issu du plus grand des Héros, et du plus dangereux des Humains. Ton destin est constamment tenu entre deux extrêmes, entre deux héritages d’apparence impossibles à concilier.
A titre personnel, j’ai… choisi mon existence, mon mode de vie. Cela implique des sacrifices, des douleurs, des erreurs, mais il s’agit de mon choix ; tel n’est pas vraiment ton cas. »


Il apprécie Conner. Sincèrement.
Au-delà de ses craintes initiales sur la présence d’un tel super-être sur Terre, il s’est pris d’une sincère affection pour le jeune homme, dont la détresse et la solitude face à l’existence ont étrangement résonné en lui.
S’il n’a, évidemment, pas été confronté aux débats intérieurs du premier ressortissant d’une nouvelle race, la perspective de ne jamais trouver de place dans le monde après un événement traumatisant n’est pas inconnue pour lui… et il est, sincèrement, impressionné par la maîtrise que Superboy démontre face à tout ça.
Il l’apprécie, oui ; et ne veut pas le voir disparaître.


« A tort ou à raison, les gens ne te considèrent pas pour ce que tu es… mais pour le symbole que tu portes. »

Son index désigne soudain le S positionné sur son torse.

« Tu es son héritier, Conner. Les gens attendent de toi le même exemple que lui offre au monde – un exemple impossible à suivre, pour toi ou pour nous.
Clark est le meilleur d’entre nous… car il n’est pas comme nous. Il a été élevé dans un milieu idéal, par des parents idéaux, qui ont transmis les meilleures valeurs à un être d’exception. Clark représente l’idéal humain – et il y arrive car il n’est pas humain.
Nous ne pourrons jamais l’atteindre, l’égaler ou le dépasser. Il est le Soleil, et nous sommes Icare. Toi y compris. »


Son regard demeure figé sur le visage du jeune homme, qui n’a cessé de fixer sa main comme s’il pouvait y voir, y découvrir, y lire tous les débats de son existence.

« Cette pression, ce besoin d’être reconnu comme lui, par lui, explique en partie ton besoin irrépressible de te comporter en Héros, du fait de tes pouvoirs et de ta responsabilité – mais pas uniquement. »

Il replie son index, et intensifie son ton pour en souligner la portée.

« Tu te sens obligé d’agir ainsi, non pas uniquement pour suivre l’exemple de Clark, non pas uniquement parce que tu as l’impression que tes pouvoirs te forcent à agir… mais parce que tu es un Héros, Conner. »

Un léger, très léger sourire glisse sur ses lèvres en l’espace d’une seconde.

« C’est toi. Pas parce que tu as de l’ADN de Krypton, pas parce que tu peux soulever une voiture, pas parce que tu portes un S… mais parce que tu es un Héros. Tout simplement.
Tes actes parlent d’eux-mêmes : tu ne supportes ni l’injustice, ni le crime, ni l’iniquité, ni la violence causée aux faibles. Tu es un Héros, qui ferait la fierté de n’importe qui… du plus puissant des géniteurs – et du plus sombre des parrains. »


Bruce force sa nature, et en est gêné.
Il serre ses bras un peu plus fort, baisse légèrement la tête, et se dépêche de reprendre – mais il sait ce qu’il a dit, et la portée de ce qu’il a dit. Et il le pense.


« Cependant… cependant, même les Héros ont leurs limites. Et si les nôtres ont l’habitude surprenante de revenir d’entre les Morts… ce n’est pas le cas de tous nos disparus. »

Il pousse un profond soupir, puis se relève et s’approche de Conner. Il s’arrête juste devant lui, à moins d’un mètre.

« Tu n’es pas Clark, Conner. Si tu meurs… tu meurs, sauf exception, et nul ici n’a l’envie de tenter un tel pari. Clark y compris, sois en assuré.
Même si tu veux aider autrui, même si tu veux sauver des gens – essaye de ne pas le faire. Ménage-toi. Repose-toi.
Je ne parle pas, bien sûr, de situations extrêmes, où le destin du monde est en danger – tu es un Héros, j’ai pleinement conscience de ce que tu feras. J’évoque ici le quotidien, les vols, les attaques générales, les menaces de petite ou moyenne gamme, les moments où la Justice League ou la Justice Society of America sont disponibles ou n’ont pas disparu… appelle-nous, alors. Appelle-nous plutôt que de foncer tête baissée. Appelle-nous plutôt que de te tuer. »


Un nouveau soupir profond s’échappe de ses lèvres.
Lentement, il lève sa main et la pose sur l’épaule de Conner, sans que jamais son regard s’échappe du visage du jeune homme.


« Les nôtres ne parlent pas, ne communiquent pas, mais… beaucoup tiennent à toi, Conner. Tu es l’avenir, tu es le futur – mais tu es surtout un Héros.
Appelle-nous, plutôt que de foncer tête baissée. Appelle-nous. Appelle… moi. »


Le Batman se tait, alors.
Gérer les émotions n’est définitivement pas son fort – mais il se force, et entend continuer longtemps. Ici, il y a trop en jeu… la vie de Conner.
Elle vaut tous ses efforts. Elle vaut même plus encore.
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MessagePosté le: Lun 8 Mai - 18:15
Peut-être était-ce parce qu'il ne l'avait pas vu depuis longtemps, mais le Batman qu'il avait devant lui paraissait moins sombre que dans son souvenir. Sombre, il l'était toujours, bien sûr ; c'est le premier terme qui vient à l'esprit en parlant de Batman, et rien ne pourra changer ça. Il est un symbole d'espoir pour ceux de sa ville, mais on fait difficilement plus obscur que le Chevalier Noir - ce nom ne vient pas de nulle part. Si certains de leur pairs auraient pu se contenter de cette impression pour émettre de folles hypothèses, Conner pensait le changement trop subtil pour y voir malice.
Peut-être s'était-il passé quelque chose qui l'avait poussé à s'ouvrir, à baisser ses barrières ; peut-être était-ce dû au fait qu'ils soient seuls, qu'il ne soit plus forcé de porter un masque par-dessus le masque ; peut-être était-ce parce qu'il avait gagné le droit d'être traité en ami et plus en étranger ; peut-être était-ce parce que Conner lui-même était trop sur ses gardes pour se rendre compte de la nuance la dernière fois. Peut-être autre chose - ou peut-être un peu de tout ça. Il n'était pas le plus doué pour lire les gens, n'arrivant déjà pas à se comprendre lui-même, alors voir clair dans le jeu du Chevalier Noir...

En fait, c'était surtout par empathie - par expérience personnelle - qu'il était parvenu à s'en rendre compte ; que parce qu'il avait tout autant que lui l'habitude de garder ses distances qu'il pouvait aujourd'hui le sentir vouloir se rapprocher. Batman avait la même sorte de malaise que lui - cet air
de ne savoir comment faire, celui des personnes qui n'ont jamais appris à se lier. Conner ne sut comment réagir à l'idée qu'il - que Batman - fasse un tel geste en sa direction, à lui qui en comprenait toute l'ampleur - qui savait quelle preuve de confiance c'était, à quel point cela pouvait être dur. Qu'avait-il fait pour mériter cette faveur ? Reconnaître la valeur de l'effort ne changeait hélas pas sa propre difficulté, aussi regarda-t-il le Justicier Masqué prendre place sans mot dire.

J'avais remarqué, commenta-t-il quand il lui remémora toute l'excentricité de son patrimoine - c'était plus du dépit que du sarcasme. Il ferma les yeux, réfléchissant un instant - cherchant les mots qui avaient parfois tant de mal à sortir. Je... Je me demande souvent si mes décisions, mes actes - si tout ce que je fais est déterminé par moi ou par ce que j'ai dans la tête. Par ce qui a servi à me créer. Si mes pensées sont les miennes ou... Celles de quelqu'un d'autre.

Celles de Superman ou de Lex Luthor. Il n'avait pas besoin de le préciser pour que Batman le devine à son air grave, à son regard fuyant - pour le meilleur détective au monde, ça ne devrait pas être trop dur à interpréter. À son tour, il s'approcha de la table, posant la poigne sur le dossier d'une chaise pour la tirer vers lui. Il suspendit cependant son geste, glissant un regard vers sa main gantée. Ses doigts pianotèrent sur le siège sans s'enfoncer plus avant, et il reprit :

Vous l'avez vu comme moi. C'est vous qui me surveilliez quand j'ai commencé à apprendre à me servir de ses pouvoirs. De la main opposée, il se tapota la tempe. J'avais déjà la théorie mais pas la pratique. Vous avez vu que c'était difficile pour moi de ne pas casser tout ce que je touche. Nos pouvoirs ne se déclenchent pas : ils sont actifs en permanence. C'est de faire semblant d'être moins qui est difficile. De ne pas utiliser notre force, notre potentiel. De se forcer à être humain. C'est une concentration de chaque instant. Il releva la tête pour croiser le regard du Chevalier Noir. Ça n'a pas changé. J'ai juste... Appris à me contrôler. Il s'en voulait presque de prononcer ces mots tant ça semblait loin de la vérité. Je dois toujours faire attention à ne pas arracher une poignée quand je passe une porte - à ne pas marcher suffisamment fort pour faire un trou dans le pavé. C'est un monde de retenue. Qu'est-ce qui se passera s'il me vient l'idée que je ne dois plus me retenir ?

Une idée qui lui a été soufflé par le Péché de l'Envie il n'y a de cela pas si longtemps - et s'il a lutté jusqu'au bout, empêché celui-ci de faire ce qu'il veut avec son corps, qu'arrivera-t-il si la pensée devait venir de lui ? Il n'espérait rien lui apprendre : tout ça, il devait déjà le savoir de Clark - mais Clark n'avait pas la moitié des gênes de Lex Luthor, et peut-être était-ce finalement tout ce qu'il fallait pour le faire passer d'ange à démon.
Le cerveau de Lex Luthor aux commandes du corps de Superman ; c'était plus ou moins leur but au moment de le fabriquer. Et si - s'ils y étaient parvenus mieux qu'ils ne l'avaient escompté ? Il avait échappé à ses créateurs, était sorti du laboratoire - et, pendant un temps, on l'avait laissé jouer au héros ; mais est-ce que ça ne rendrait pas pire encore une dégénérescence de sa part ? Luthor, au moins, pouvait le contrôler : qu'adviendrait-il s'il était juste laissé en liberté ?

Au fond, peut-être que c'est de là que me vient toute cette colère. fit-il, désormais appuyé des deux mains sur la chaise - sans la broyer pour autant. Il lui avait fallu des mois pour en arriver à un contrôle aussi avancé, Batman lui en soit témoin. C'était aussi une façon détournée de le rassurer sur le fait qu'il n'y ait rien à craindre pour le moment - même s'il était facile de paraître sain d'esprit en-dehors des circonstances susceptibles de le faire basculer. Je... Quand j'étais encore actif, j'avais pris l'habitude de me demander ce que Superman ferait. C'était ma manière de garder les idées claires, de m'assurer que j'étais sur la bonne voie. Mais en y regardant à posteriori, je me demande si ce n'était pas une mauvaise chose. Si ça ne m'a pas empêché de réfléchir par moi-même et de savoir qui j'étais vraiment. De me rendre compte que je ne serai jamais comme lui. Il tira sur son tee-shirt, en observant le motif. Ce symbole, je l'ai reçu en même temps que le reste. Je ne l'ai pas acquis d'une quelconque manière - pas par mes propres moyens. C'est le symbole de Superman avant d'être le mien ; si je fais une erreur, ce n'est pas moi que ça impactera, c'est lui. Peut-être que c'est ce que Luthor espérait au final : faire de moi une sorte de bombe à retardement. Il relâcha sa prise. Je ne lui ferai pas ce plaisir. Même si ça doit vouloir dire arrêter de faire la seule chose que je sache faire.

Celle pour laquelle j'ai été créé. Tristement, il arrivait que des parents conçoivent leurs enfants dans un but précis. Décident pour lui d'une carrière toute tracée, orchestrent sa vie depuis l'enfance, sans qu'il n'ait son mot à dire. C'était cela dit rarement aussi littéral que dans son cas : s'il n'était pas un héros, que serait-il alors ? Clark avait trouvé une forme d'apaisement à se bâtir une vie humaine - mais Clark, tout comme Batman, avait choisi d'être un héros : il s'en était senti la responsabilité en voyant ses pouvoirs se développer, mais cela restait son propre choix. Il était libre à tout moment d'arrêter - à condition bien sûr que son sens du devoir et sa morale inébranlable l'y autorisent. En d'autres termes, il en avait fait le sens à sa présence sur Terre ; et lui ? Un sourire désabusé passa sur ses lèvres.

Je suis passé à Metropolis récemment, pour essayer de savoir ce que j'allais faire après le lycée. À Smallville, il n'y a pas vraiment de perspectives. C'est à ce moment-là que... Enfin, vous devez déjà le savoir. dit-il, faisant référence à son combat désespéré avec Mister Miracle pour préserver la Ville de Demain. C'était bien sûr ignorer qu'ils ne l'avaient sauvée que pour la laisser faire face à un plus grand danger. Et... Je me rends compte ne pas savoir ce que je veux faire de ma vie. Je n'y ai jamais réfléchi. Je suis pour être un héros. Je n'ai jamais pensé à faire autre chose. Et même si ça fait deux ans que j'ai arrêté, je m'aperçois que j'en suis toujours au même point. Est-ce que je veux vraiment être autre chose ? Ou est-ce que j'essaie de m'en convaincre ? Est-ce que je dois continuer, même si ça veut dire mettre les autres en danger ?

Autant de questions auxquelles il n'avait pas de réponse - auxquelles il n'était pas sûr qu'il y en ait. Même Batman - pourtant l'un des plus esprits les plus acérés de ce monde - n'avait pas forcément de lumière à lui apporter, si ironique qu'il soit d'en chercher auprès de lui qui avait coutume de se draper dans les ombres. Si la nouvelle avait eu un impact, s'il n'ignorait rien du danger qui pesait sur lui, ce n'était que la cerise sur le gâteau - la couronne en son royaume de doutes. La nouvelle avait été un choc, mais ce n'était que le sommet de toutes ces frustrations accumulées.

Merci, fit-il en scrutant la main de Batman sur son épaule. Malgré son abattement, le geste en disait long. Je suppose que c'est ce que je gagne pour n'avoir pas tenu ma parole. déclara-t-il d'un air résigné. Il y avait là-dedans une pointe d'agacement - mais à quoi bon ? Ça me fera une bonne raison de me tenir tranquille et de... Considérer mes options. Il est peut-être temps que Superboy disparaisse pour de bon.

En un sens, c'était peut-être ce qu'il lui fallait - la motivation manquante pour arrêter d'être Superboy, d'en remettre le costume et le nom à la première occasion. Pour enfin prendre une décision. Il était loin d'avoir l'habitude de parler autant, et chaque phrase lui coûtait plus que tous les combats qu'il aurait pu avoir à mener - car il était son propre adversaire dans cette arène. La nouvelle semblait avoir débloqué en lui cette aptitude à parler, à exprimer ce qu'il avait sur le coeur le temps de faire le deuil de ses capacités.

Et il fallait que ça tombe sur Batman, qui n'en avait pas tant demandé.



« Superboy, you live. That gives you the right to follow your own path.

A weapon or a person, the choice is yours, but ask yourself...
»

« What would Superman do? »
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Shadowpact
MessagePosté le: Ven 12 Mai - 14:21
Comme à son habitude, le Batman reste silencieux.
Alors que le jeune homme surpuissant en face de lui s’ouvre, se livre enfin, révèle les tréfonds de son cœur et de son âme torturés par des questions philosophiques et générales qui peuvent dépasser n’importe qui, l’homme sous le masque reste muet.
Mais pas figé pour autant.

Dans son esprit résonnent beaucoup d’éléments, beaucoup d’interrogations. Lorsque l’existence de ce Superboy a été révélée, il a été évident que des questions terribles se sont posées…
Pouvaient-ils lui faire confiance ? Pouvaient-ils le laisser agir comme il le souhaitait ? Etait-il une bombe à retardement, un Héros, ou autre chose ?
Initialement, Clark a repoussé… rejeté le clone ; par réflexe, par terreur, par horreur même. Bruce, lui, n’a pas agi ainsi.

Au fond, il ne sait toujours pas pourquoi il a immédiatement vu ce nouveau venu sous un œil positif – une surprise, pour un paranoïaque notoire comme lui.
N’empêche… Bruce apprécie Conner. Il le suit, il suit ses actes, il vérifie qu’il survit à ses batailles. De loin, certes ; mais toujours, malgré tout.
Il le suit et il l’apprécie ; et il est sincèrement touché d’être ainsi le destinataire de telles révélations, d’autant plus que Superboy n’est guère connu pour s’ouvrir. Sur ce point, ce n’est pas un S qu’il devrait arborer, mais bien une chauve-souris tant ils ont en commun…


« La question n’est pas de savoir si Superboy doit disparaître ou non. »

Calme, les yeux fixés sur son interlocuteur, sa voix demeure modifiée par son petit dispositif, mais arbore des intonations bien plus douces qu’à l’accoutumée.

« La question n’est pas non plus de savoir ce que Luthor ou Clark feraient à ta place… tu ne peux nier ton héritage. Tu es né du plus grand Héros de ce monde, et aussi d’un de ses Vilains les plus terribles ; mais ton héritage n’est pas ce que tu es. Tes pouvoirs ne sont pas ce que tu es. »

Il a vu, bien sûr, comment Conner a regardé ses doigts, les chaises et les éléments qui l’entourent ; il a constaté, évidemment, son rapport si complexe avec le S à sa poitrine – un motif de fierté, comme une pression insupportable et invivable, notamment pour quelqu’un d’aussi jeune que lui.
Bruce comprend, alors, pourquoi et comment Conner a pu autant se rapprocher de Dick ou Tim… tous sont des héritiers de personnes ayant fait des choix terribles, que leurs proches doivent gérer malgré leur caractère imposant.
Changer le monde est difficile ; succéder à ceux qui l’ont fait l’est encore plus.


« Tu as risqué beaucoup et tu as mis ta santé en danger, car ta nature profonde t’a fait agir ainsi… ce n’est pas Clark, ce n’est pas Luthor qui t’ont fait ainsi, qui t’ont poussé à agir ainsi. Plus maintenant.
Tu as grandi, mûri. Tu agis selon tes codes, tes valeurs, tes idées – et ce sont des codes, des valeurs, des idées d’un Héros.
Comme nous tous, tu n’as pas demandé à naître… mais tu n’as pas eu le choix de ton destin. Clark a décidé de se révéler au grand nombre et d’arborer le S. Luthor a décidé d’agir ainsi. J’ai décidé de combattre le crime.
Par le seul fait de ta naissance, des attentes insensées t’ont été imposées – mais tu t’en es tiré de la meilleure des façons. Tu es un Héros. Tu as agi comme tel… mais tu dois te reposer, te préserver. »


Il lève l’index à nouveau, et le pointe directement sur le visage du jeune homme.

« La question n’est pas de savoir si Superboy doit disparaître – ou si Clark ou Luthor agiraient différemment à ta place. La question n’est pas non plus de savoir ce que Superboy doit faire… car Superboy a déjà beaucoup donné, il a fait son compte.
En définitive, il n’y a qu’une question à laquelle tu dois répondre. »


Elevé par un grand acteur, Bruce laisse un petit silence s’installer par léger sadisme – puis reprend, d’une voix pleinement déterminée.

« Que veut Conner ?
Pas Superboy, pas l’héritier de Superman, pas l’héritier de Luthor, pas le jeune homme vivant chez les Kent… Conner. Toi.
Toi seul dois répondre à cette question – et toi seul dois décider si tu veux encore user de tes pouvoirs, ou prendre un repos indispensable et surtout bien mérité. Le monde aura besoin de toi – mais le monde a besoin de toi, pas d’un ersatz. »


Le Batman replie son doigt.

« Jadis, je me suis moi-même posé cette question… ce que je voulais faire. Pas ce que je devais – mais ce que je voulais, véritablement.
Pour mener la croisade qui est la mienne, tu imagines bien que j’ai dû faire face à un événement terrible, qui a provoqué une fureur infinie qui aurait pu me faire aller dans une zone sombre de l’existence ; je ne nie pas m’en approcher, parfois, mais je m’en tiens autant éloigné que possible.
Car je le souhaite – car j’ai fait mon choix. Dicté par ma seule volonté, et pas par les impératifs de ce monde. »


Un léger sourire s’esquisse sur son visage.

« Et je serais là pour t’aider, t’aiguiller et t’assister une fois que tu auras fait ce choix… que ça soit comme Batman… »

Il lève alors les mains et les pose sur son masque, réalisant un geste que Conner n’a sûrement pas anticipé – mais dont il est certain, autant du sens que de l’impact.

« … ou comme Bruce. »

Il enlève son masque, et révèle pleinement son identité secrète.
En souriant.
Bruce sait très bien quel sacrifice il réalise ici – mais aussi qu’il peut faire confiance à Conner, ce dernier ayant besoin de se sentir épaulé et rassuré… pour lui-même, et pas pour le symbole qu’il représente.

Le monde a besoin d’un Superboy, oui.
Mais ce monde a surtout besoin de ce que Conner Kent voudra devenir – et Bruce l’aidera, quel que soit son choix.
Pour qu’au moins un symbole d’espoir s’échappe de leur univers, et que l’un d’entre eux s’en sorte…


(HJ/ Excuse le message court, même si Bruce est bavard dans ma version, je ne le voyais pas réagir à chaque moment de l’excellent discours que tu as créé. Smile Super ton message, encore une fois ! /HJ)
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MessagePosté le: Mer 7 Juin - 13:46
Conner ferma les yeux un instant pour se calmer. Discuter de tout ça le plongeait dans un état d'agitation qui n'augurait rien de bon - en plus de le faire se sentir affreusement vulnérable. Or, savoir que tout usage de ses pouvoirs lui serait potentiellement fatal épuisait déjà sa jauge de tolérance de ce côté. Mais le pire, était-ce de savoir ce qu'il risquait ou qu'il n'hésiterait pas à braver l'avertissement s'il l'estimait nécessaire ? Il n'était peut-être plus un héros, mais il n'avait pas besoin de l'être pour faire ce qu'il lui semblait bon.

Au nom du sens aigu de la justice qui l'avait toujours animé - peut-être pour ne pas répondre aux appels de phare de cette partie de lui qui serait toujours encline à aller en sens inverse. Simplement, contrairement aux bienfaiteurs de la ville de tous les jours, aux policiers et aux pompiers, il avait les moyens d'agir à plus grande échelle. Dès lors, n'était-ce pas son devoir de le faire, même si ça voulait dire risquer sa vie ? Ne le faisaient-ils pas eux aussi quand ils fonçaient tête la première dans un incendie ?
Ce n'était pas qu'une simple question d'envie : il serait égoïste de priver le monde de talents comme les siens, de l'aide qu'ils représentaient : quand on voyait tout le bien que Superman pouvait faire... Même s'il risquait quant à lui de causer tout autant de tort, instable comme il l'était ; il n'était pas juste de les en priver parce qu'il n'arrivait pas à se contrôler.

Parfois, je me dis qu'il serait plus simple si je pouvais passer mes pouvoirs à quelqu'un d'autre, soupira-t-il. Quelqu'un qui pourrait s'en servir sans risquer de provoquer une catastrophe.

Quelqu'un comme vous. Car si cela demanderait certainement un temps d'adaptation, Batman connaissait Clark depuis suffisamment longtemps pour savoir comment utiliser la plupart d'entre eux - il devait certainement avoir quelque part un ou deux dossiers sur la question. Il savait le danger qu'ils représentaient, et saurait s'en servir intelligemment - plus que lui en tout cas. Batman était arrivé où il en était, avait intégré le panthéon moderne de la Justice League en étant parfaitement humain ; il n'osait qu'à peine imaginer ce que ça donnerait si on mettait à sa disposition des pouvoirs à la mesure de ceux des kryptoniens.

Contre toute attente, le Chevalier Noir était doué pour prodiguer du réconfort - presque autant qu'il l'était pour intimider. S'il avait évidemment plus de pratique dans cette deuxième discipline, la première ne lui était pas aussi étrangère que l'on aurait pu le croire ; il savait trouver les mots. Lui faire comprendre qu'il ne se résumait pas à une somme de pouvoirs ni même d'ADN - quand bien même ce dernier soulagement n'était que momentané : cette ombre planerait à jamais sur sa destinée.
Et... Ce n'était peut-être pas plus mal, après tout. Sans cesse regarder où l'on va était la meilleure manière de ne pas s'écarter du droit chemin. En les soumettant à l'épreuve du doute, on renforçait ses certitudes. C'était en tout cas le message qu'il en retenait - et cela lui permettait peu à peu de quitter cette impression de n'être qu'un colosse aux pieds d'argile, aussi fort physiquement que faible mentalement. Oui, le Gardien de Gotham posait les bonnes questions, et lui donnait matière à réfléchir.

Je ne sais pas vraiment, fut-il forcé d'admettre, passant la main sur sa nuque. La plupart des gens de mon âge ont eu des années pour réfléchir à ce qu'ils voulaient faire, même ceux avec des pouvoirs. Moi, je n'ai eu que quatre ans. Même si je voulais faire autre chose, je ne saurais pas vraiment vers quoi me tourner. Je ne sais pas ce qui est bon pour moi.

Était-ce ce qu'il voulait vraiment, ou n'avait-il fait que marcher dans les traces ? En ayant été créé à l'image de quelqu'un d'autre, à quel point pouvait-il être différent ? Cela ne dépendait-il vraiment que de lui ? Avait-il la capacité de créer une troisième voie, différente de celle de Clark et Luthor - une qui n'appartiendrait qu'à lui ? Et s'il le faisait, qui deviendrait-il alors ? Tout cela méritait réflexion - si bien qu'il ne se rendit compte du geste du Batman que quand celui-ci éleva à nouveau la voix.
Sous le choc, il en resta pétrifié un instant ; que quelqu'un d'aussi méfiant que le Chevalier Noir en vienne à lui montrer son visage, son vrai visage, témoignait d'une profonde confiance. Et il en fut profondément ému, bien qu'il ne sut exactement comment l'exprimer - ça n'avait jamais été son fort, mais il savait que Batman... Que Bruce comprendrait. Bruce Wayne. Ça prenait tout son sens, à bien y penser. Il osait à peine imaginer les moyens que la sauvegarde d'un tel secret avait dû demander.

Merci, dit-il simplement, se fendant d'un sourire où l'on retrouvait tant cette même émotion qu'une pointe de fierté. Rares étaient ceux à avoir eu un tel privilège, il n'y avait aucun doute là-dessus. Il passa une main dans sa poche arrière et en tira une paire de lunettes - neuves, de toute évidence ; sobres, avec des montures noires... Qui n'étaient pas sans rappeler celle de Clark, comme Batman ne manquerait pas de le remarquer s'il l'avait déjà croisé en tant que tel - ce qu'il soupçonnait fortement. Il aurait peine à croire que le Chevalier Noir ait pu se dévoiler de la sorte devant lui s'il ne l'avait fait devant son mentor auparavant - et savait que celui-ci en aurait fait de même si cela avait été le cas.

Clark me les a données, il y a longtemps. Je ne m'en suis presque jamais servi : je ne me suis jamais senti très concerné par ces histoires d'identité secrète. Pourquoi nous devrions cacher ce que nous sommes et ce que l'on peut faire. Conner eut un sourire gêné à ressasser cela ; il avait depuis bien appris sa leçon - même si ça ne l'avait pas rendu plus discret pour autant. Il jeta un œil à travers l'un des verres - qui n'avaient bien sûr rien de correcteur ; ils étaient purement esthétiques. Apparemment, elles comportent une forme de technologie kryptonienne qui aide à passer inaperçu... Je n'ai pas très bien compris. Il marqua une pause, pensif. J'ai passé tellement de temps à être un héros, à essayer d'être à la hauteur, que je n'ai jamais envisagé de faire autre chose. Je ne sais même pas ce qui me plairait. Il les amena au niveau de son nez, manifestement incertain quant à la manière de les enfiler. Je suppose qu'il est temps de commencer à chercher. Que je sache au moins quelles sont mes autres options.

Même si c'est déjà tout décidé.


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Shadowpact
MessagePosté le: Mar 13 Juin - 7:46
Les bras le long du corps, Bruce demeure silencieux et calme, tandis que le jeune homme en face de lui encaisse la révélation ; elle est d'importance, et il sait qu'elle peut durablement marquer les esprits. Même si les liens entre son identité civile et son masque sont clairs, et que le rapprochement se fait relativement rapidement une fois que la vérité est connue, il a conscience que l'identité du Batman est devenue... mythique, au fil du temps. Légendaire.
En ce sens, il sait très bien qu'il est difficile d'accepter que Bruce Wayne soit le Chevalier Noir - car nul n'imagine d'identité au Batman, en réalité. Devenu une rumeur, un concept, un monolithe même, il a dépassé le statut d'être humain pour beaucoup, afin de devenir une créature à part... une entité autonome, qui n'aurait pas beaucoup de lien avec l'Humanité.

Cela lui correspond - cela lui plaît.
Et ce n'est pas si éloigné de Superman et de Clark Kent... car si le monde n'envisage pas qu'un être humain puisse être réellement le Batman, au vu de ses capacités et exploits, le monde entend encore moins accepter qu'un Dieu Kryptonien puisse vivre au sein de la populace, caché derrière une identité civile, à évoluer dans un quotidien si éloigné de ses prouesses.
Voilà pourquoi leurs secrets peuvent rester cachés aussi longtemps ; voilà pourquoi, au fond, ils arrivent si bien à se comprendre.


"Les masques, les lunettes ne servent pas à nous cacher, Conner."

Sa voix est calme, douce. S'il sait parfaitement moduler ses intonations pour terroriser ses ennemis ou haranguer ses alliés, il adopte ici une approche beaucoup plus agréable, voir paternelle, avec ce jeune homme perdu mais plein de potentiel.

"Cela sert à protéger nos proches de ceux qui voudraient se venger de nos actions, de nous.
Par mes actes, je lutte contre le crime dans une ville corrompue et dangereuse. Au-delà de tout jugement moral, les criminels ont pour habitude de frapper dur et bas leurs ennemis, afin de les briser et de les humilier ; d'où les attaques contre les familles, les proches. Je ne peux accepter que ceux que j'aime, que ceux qui m'entourent soient touchés ou visés par le Joker, Double-Face ou les autres. Je dois les protéger.
Comme Clark doit protéger Loïs - ou les Kent. Tout comme toi. Le principe n'est pas de se cacher, de mentir ou de jouer un poker-menteur ; le principe est de faire la différence, d'aider et sauver autrui, mais en protégeant également nos proches."


Un léger sourire glisse sur son visage, alors qu'il pose une nouvelle fois sa main sur l'épaule du jeune homme. Il n'est guère habitué à ces gestes d'affection - mais ça n'est pas désagréable pour autant.

"Nous pourrions aussi nous couper de nos proches, de nos familles, faire le vide... mais ça ne fonctionne pas, et ça n'est pas une bonne idée.
Ça ne fonctionne pas, car même si nous les rejetons, nous les aimerons encore - et nos ennemis pourront en profiter. Et ça n'est pas une bonne idée, car cette solitude pèse, attise les émotions extrêmes, et nous pousse dans nos retranchements. Longtemps, j'ai... cru qu'il serait mieux, qu'il serait de bon ton d'agir ainsi et donc de se couper de tout. Cela m'a mené sur des terrains, des voies... qui n'ont rien d'attirant, ou de constructif.
Evite cela. Ne te coupe pas de tes proches - mais protège-les. Ils sont ton moteur, ta force ; ton foyer. C'est pour eux que tu te bats... c'est pour eux que tu dois cesser tes actes et laisser ton corps se reposer."


Il acquiesce lentement aux paroles du jeune homme sur les lunettes, et surtout sur son choix de découvrir ce que Conner Kent veut faire de son existence - plus seulement Superboy.

"Le monde est vaste - et n'attend que toi. Tu ne seras pas seul, dans cette quête : tes proches seront là, toujours, pour t'aider. Moi de même."

Bruce lui adresse un ultime signe de tête, pour acter ses paroles... avant de lentement poser ses mains sur son masque, pendant dans sa nuque.
Il le remonte, le réinstalle - et un masque d'inexpression s'installe à nouveau sur son visage. Le Batman est de retour, l'instant d'émotion s'en est allé ; il ne pouvait durer, de toute façon.


"Appelle-moi. Dès que tu en as besoin. Quel que soit le motif."

Lentement, il se détourne du jeune homme, conscient que ce dernier a désormais besoin d'être seul pour faire face aux conséquences de toutes ces révélations.
Ses bottes claquent sur le sol carrelé alors qu'il s'approche de la porte. Il est sur le point de la passer quand il s'arrête, soupire - puis tourne légèrement la tête, pour lancer une nouvelle réplique, avec sa voix à nouveau modifiée et autoritaire.


"Appelle-moi. Vraiment."

Et il disparaît, alors.
Filant dans les ténèbres et les ombres des Laboratoires S.T.A.R., pour se projeter vers une nouvelle mission - vers d'autres personnes ayant besoin de lui.


(HJ/ Merci pour ce sujet très intense et très, très agréable. J'ai beaucoup aimé ce qui a été développé ici ! /HJ)
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