[NWO-CW] Le procès de J'Onn J'Onzz

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MessagePosté le: Dim 18 Juin 2017 - 19:19
Mi-juin 2017.
Gotham City est en émoi - un événement de taille a lieu aujourd'hui. Un événement attendu, espéré, craint, et organisé à la perfection par des centaines d'officiers et d'employés, craignant depuis des semaines que quelque chose de terrible vienne gêner la tenue de cet événement ; les craintes n'ont pas cessé, et explosent même aujourd'hui.

Les gens ont peur, oui.
Car ils savent très bien que le procès de J'Onn J'Onzz pourrait tourner au drame.



Le jour terrible est venu.
Toutes les attentions sont fixées sur la Gotham City Courthouse, la fameuse salle de justice dans laquelle le procureur Harvey Dent a régné en maître, favorisant de nombreuses condamnations de criminels - et fournissant de nombreuses séances impressionnantes, son sens du spectacle faisant merveille et le plaisir des citoyens.
Mais ces jours sont passés.

Depuis que Double-Face est intervenu dans la vie d'Harvey Dent, et que ce dernier a pleinement plongé dans la démence, le poste de procureur est devenu difficile à tenir ; beaucoup ont longtemps plaisanté qu'il était plus dangereux de l'occuper, que d'arborer un t-shirt rouge dans Star Trek et espérer finir l'épisode.
Cependant, là aussi, les choses ont changé - comme partout dans le pays.

Depuis que la Vice-présidente Amanda Waller est devenue Présidente des Etats-Unis d'Amérique, un vent nouveau souffle sur la Nation.
Les Héros sont forcés à intégrer les rangs des agents gouvernementaux, pour organiser et discipliner la défense de l'Amérique ; les Vilains peuvent faire de même, pour tenter de racheter leurs fautes précédentes. Ceux qui ne seront pas d'accords deviennent des Rebelles... et sont poursuivis, pourchassés, dans tout le pays voir même ailleurs.

Aujourd'hui, dans le palais de justice de Gotham City est jugé un Héros - mais un Héros particulier.
Un Rebelle, qui a été appréhendé... mais pas pour sa position contre la motion de la Présidente Waller ; il l'a été pour des événements, des crimes antérieurs à ce nouveau pouvoir, et qui hantent encore la population de Gotham City.

Il y a quelques semaines, une attaque de l'Epouvantail a affaibli le Martian Manhunter qui, manipulé, a causé des dommages terribles.
Suite à cela, J'Onn J'Onzz a fui - mais a été arrêté. Et sera donc jugé aujourd'hui.



Un van du Gotham City Police Department débouche dans l'avenue centrale. Il évite, autant que possible, les dizaines de journalistes et les centaines de badauds réunis ici, pour ce qui semble être le procès du siècle.
Au bout de quelques minutes, le véhicule parvient à l'arrière du bâtiment, et libère discrètement son précieux chargement.
Les choses sérieuses peuvent commencer.

A l'intérieur, les acteurs de ce drame s'activent.
Suite à l'enquête menée par le commissaire Gordon, puis à l'arrestation du Martien par les troupes de la Présidente, la procédure judiciaire a été lancée. Au regard des actes perpétrés, le procureur a décidé de convoquer un Grand Jury, pour déterminer si une poursuite de J'Onn J'Onzz comme accusé de meurtre est légitime ou non ; seront notamment discutés l'importance et l'intérêt de la possession par les gaz de l'Epouvantail.
Clairement, une telle décision n'a pas plu au Gouvernement, qui voulait juger directement le Martien - mais le procureur de Gotham City était compétent vu la réalisation des actes dans sa juridiction, et il n'entend pas simplifier les choses pour Amanda Waller.

Le procureur est, en vérité, une procureure...

... à savoir Kate Spencer, opiniâtre juriste qui se double d'être une Héroïne, connue sous le nom de Manhunter.
Si elle n'apprécie guère la posture de Waller, elle est troublée par l'accusation de J'Onzz - un Héros respectable, mais qui semble avoir commis l'horreur ; elle est perdue, donc. Et a vraiment besoin qu'un Grand Jury, par les témoignages et preuves qui seront rapportés, l'aide.

Un peu plus loin, le Martian Manhunter débouche dans une pièce sans fenêtre et spartiate - où quelqu'un l'attend, quelqu'un qui finit de boutonner sa chemise...

... Augustus Freeman, l'avocat qui a décidé de prendre sa défense. Ce dernier cache aussi un secret, car il est en vérité Icon, un extraterrestre qui se cache depuis des décennies ici, et n'accepte aucune injustice ; jamais.

"Bonjour, J'Onn. Comment vas-tu ?"

Un petit regard sombre, et les gardiens sont congédiés, laissant seuls les deux surhumaines.
Le procès de J'Onn J'Onzz va bientôt commencer !


(HJ/ Ce sujet est ouvert à tous : vous pouvez y assister, y témoigner, y réagir. Wink Bon jeu ! /HJ)
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MessagePosté le: Lun 19 Juin 2017 - 1:09
Ce matin-là, très tôt, J'Onn se tenait debout au milieu de sa cellule et avait toutes les apparences d'une statue. Mais il était profondément perdu dans ses pensées. Et il avait toutes les raisons d'être aussi pensif. Aujourd'hui, comme le lui avait si assidument rappelé ses geôliers, aurait lieux son procès. Un évènement qui serait très médiatisé et vu par le monde entier. Et J'Onn... ne se sentait pas préparé du tout a affronter cette journée.

Ses tentatives de 'sommeil' de la nuit dernière s'étaient avérés vains et en fin de comptes, a bout de nerf, rongé par l'anxiété et la colère qui résidait toujours juste sous la surface, prête a exploser, il y avait renoncé. SI seulement il avait eu quelqu'un a qui parler de tout ça pour savoir, au moins un peu, a quoi s'attendre mais non, il était seul, et il n'avait aucun contacts avec l'extérieur de ces murs. Il se demandais même si quiconque savait où il se trouvait... parmi ses amis et collègues, qui pouvait savoir ce qui était advenu de lui?

S'en soucient-ils seulement?

Ses yeux brillèrent d'une lueur rouge renouvelée a cette pensée. Aucun de ses amis n'avaient tenté de le trouver, ou de le contacter, depuis Gotham. A part sa confrontation avec Batman quelques jours plus tôt, qui ne s'était pas très bien passée, personne n'avait semblé se soucier de son sort. Peut-être étaient-ils tous trop prit par ce qui se passait en ce moment, avec cette histoire de Rebelles et l'ascension de Waller à la Présidence mais... ça faisait mal.


Ça faisait mal et ça l'enrageait d'imaginer qu'il était laissé a lui-même dans ces temps difficile, avec pour seule compagnie des gens qui le voyaient comme un monstre et le craignaient, voire le détestait. Qui pourrait le blâmer de ressentir de la colère et de l'amertume, dans ce cas? Un de ses amis le plus proche l'avait trahi et abandonné ouvertement, alors ce n'était pas si difficile d'imaginer que d'autres auraient fait de même.

Non.

Il ne pouvait compter que sur lui-même. Il n'avait pas d'alliés et personne vers qui se tourner. Il savait déjà que ce 'procès' ne serait qu'un cirque médiatique et que la conclusion était déjà écrite.

Coupable.

Bien qu'il ait tué des innocents, il n'avait pas voulu agir ainsi. Il avait été manipulé et drogué. Mais ça n'avait aucune importance... AUx yeux de ceux qui voulaient le contrôler, il était coupable et méritait de se trouver dans cette prison. Sous les 'bon' soins de Khegan Harmer. Son expression se durcit et se tordit dans une grimace plutôt intimidante et effrayante à la seule pensée de cet homme qui, en très peu de temps, l'avait poussé à le haïr profondément. Oh oui, il ressentait une haine profonde et brûlante pour l'homme qui l'avait mit dans cette cage. Une haine si profonde qu'elle le surprenait et l'effrayait même un peu lui même... mais qu'il ne pouvait ignorer.

Il en était là de ses réflexions quand il entendit une voix qui résonnait depuis le plafond, où des haut-parleurs se trouvaient.

"Place-toi au centre de la pièce, Martien. C'est l'heure."

Sans répondre, J'Onn se place au centre de la pièce et attends patiemment de ressentir le picotement froid du téléporter. Quelques instants plus tard, il se tiens devant les portes ouvertes d'un van de la police de Gotham et les deux gardes 'ordinaires' qui devaient à la base être ses accompagnateurs, sont remplacés par des gardes choisis par Harmer et habillés de la même manière. Lequel se tiens aussi là, et s'assure sans doute que tout se passe bien et sans heurts. Après tout, collaborer avec les forces de police de Gotham est un must quand on se trouve dans cette ville... Et les policiers n'hésitent pas avant de céder leur place. J'Onn se demande brièvement s'ils n'ont pas été payés pour le faire... mais ses considérations sont vite interrompues.

"Monte, on a pas toute la journée." L'un des deux nouveaux gardes dit assez sèchement.

J'Onn lui jette un regard noir avant de dire froidement, avec une pointe de colère difficilement contenue.

"Malgré tout ce que vous avez essayé de me faire croire, j'ai encore quelques droits. Peut-être que ce 'procès' ne sera qu'un cirque dont le scénario est déjà écrit d'avance, mais je n'ai pas l'intention de montrer a quel point j'en suis dégoûté."

Sa seule réponse est une poussée pas trop amicale dans le dos et avec un grondement bas, il monte et s'assoie alors que les deux gardes prennent place en face de lui. Il ne voit pas où Khegan est allé, et ça l'inquiètes un peu. Il n'aime pas ne pas savoir ce que fait cet homme... parce qu'il a bien trop de pouvoir sur lui. Avec une légère grimace, il frotte son cou là où le collier, presque invisible sous son costume entièrement noir, l'irrite.

le véhicule démarre et quelques minutes plus tard, il entends des bruits croissants de foule et des exclamations alors que le camion de police fait son apparition, avant de disparaitre a la vue quelques instants plus tard. Il n'y a pas de fenêtres a part une petite ouverture trop grillagée pour bien voir a travers, mais J'Onn peut ressentir les émotions puissante générées par autant de monde, et il n'aime pas ce qu'il ressent. Même diminués, ses pouvoirs sont encore assez puissant pour ressentir les fortes ondes émotionnelles et celles qu'il ressent ici sont... sombres, de le peur, de l'anxiété, de l'excitation principalement... Il ferme les yeux et bloque ce qu'i ressent, un frisson lui descendant le long du dos.

Enfin ils sont arrivés. Les portes s'ouvrent et J'onn est vite guidé a l'intérieur du bâtiment imposant. Jusqu'à une salle sans fenêtres où l'attends un homme qui, d'après ce qu'on lui a dit, sera son avocat pour ce procès. Mais on lui a aussi dit de ne pas se faire d'illusions. l'épilogue est déjà toute écrite et rien de ce qui se passera entre le début et la fin de ce procès n'y changera rien.

Mais J'Onn ressent quand même une lueur d'espoir. Peut-être, juste peut-être, y a-t-il une chance pour lui dans ces lieux? Il veut y croire... Il prends place dans le siège de métal froid et dur, et le dos très rigide, rends son regards a l'homme. Il hésite quelques instants, scannant l'homme qui se trouve devant lui, et puis lève lentement un sourcil. Il étrécit ensuite les yeux, et dit prudemment.

"Vous n'êtes pas ce que vous semblez être n'est-ce pas?" Une pause et puis, d'une voix basse et assez dure. "Pourquoi accepter de défendre une cause perdue d'avance? Vous savez déjà, comme moi, qu'on ne me laissera pas repartir un homme libre... Et que je suis coupable de ce dont on m'accuse."

La colère du martien et son immense désillusion sont clair dans son ton. Il n'a aucun espoir, ou alors il est très bien masqué, et aucune attente. Il a toute les raisons du monde d'être en colère, enragé, désespéré et a cran, après tout, vu la manière dont il a été traité ces dernières semaines...
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MessagePosté le: Jeu 22 Juin 2017 - 22:43
Drury Walker, était heureux. Il allait enfin pouvoir admirer la collection de lépidoptères du Baron Van Hellersteige - ou un truc du genre - qu'il exposait pour deux jours seulement au muséum d'Histoire Naturelle de Gotham. Appareil photo autour du cou, carnet de croquis et de notes dans une poche, dépliant de l'exposition dans la veste, il galopait joyeusement dans les rues de la plus lugubre ville des états-unis comme un enfant s'en allant à la fête foraine.

Il vit bientôt un étrange attroupement autour d'un bâtiment gothique (comme tous les bâtiments de la ville) et se félicita d'avoir mis peu de temps à rejoindre le musée. Il passa les gardes qui le regardaient étrangement. Ils avaient cherché à lui retirer son appareil photo, mais il s'était vaillamment défendu en sortant son badge de recrue du gouvernement. C'est fou ce que ce petit bidule était pratique pour tordre la loi selon son bon plaisir.

A l'intérieur c'était... très laid. Drury n'était pas allé au musée depuis sa dernière rénovation, mais c'était moche. De lourdes portes en bois encastrées dans des murs blancs, des peintures mais aucune trace d'animal, il se plaindrait au conservateur de ce manque de goût et franchement, aucune indication. Pas un panneau ou une affiche, si c'était pour faire des économies, c'était minable. Une bande de journalistes accourait vers une salle, sans doute l'exposition, mais il ne reconnaissait aucun photographe d'Insecte-mag*. Peut-être, les grands journaux s'intéressaient enfin à la vraie culture!

La mite s'approcha de la salle en question et fut happée par une ribambelle de gratte-papiers divers. Comme une méduse portée par le courant, il ne put vaincre l'irrésistible force. Mais il ne s'inquiéta pas, tôt ou tard il saurait se faufiler pour voir les vitrines. Avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce fut, il se retrouva devant un banc. Un banc en bois laqué derrière lequel s'étendait une horde de chaises. Il devait être dans l'amphithéâtre de présentation. Lorsqu'il se retourna il découvrit la scène d'un tribunal. Et pas n'importe lequel, la Grande Cour de Gotham City, ça expliquait beaucoup de choses.

Ce n'était pas un décor qui le mettait en joie, après tout, la dernière fois qu'il y était allé c'était pour son propre procès, une éternité à peu près. Il voulut faire demi-tour mais déjà une file s'était composée derrière lui.

- Euh... je...

- Avancez voyons... chef?


Drury reconnut alors l'un de ses fidèles.

- Bernard? Mais qu'est-ce que tu fiches ici?

Deux personnes se plaignirent de leur lenteur. Bernard poussa gentiment son chef pour qu'ils aillent s'asseoir; encore étonné, Drury se laissa faire.

- Mais qu'est-ce que tu fiches ici? demanda de nouveau la mite qui avait encore du mal à y croire.

- Ben... je pouvais pas vraiment rater ça chef, répondit le moth en civil. Vous savez, c'est le procès du Martian Manhunter!

- Hein? Ah. Oh.
répondit Drury.

- Oui. Et ben, vous savez, c'est un peu mon justicier préféré.

- Tu as un justicier préféré?!
s'étrangla le tyroglyphe.

- Ben oui chef. On en a tous un vous savez.

- Mais... mais... vous êtes dans l'autre camp
, chuchota la mite. Comment vous pouvez avoir des justiciers préférés?!

- Beeen, ça dépend de leurs pouvoirs, moi j'trouve le martien hyper-classe et ce qui lui est arrivé est terrible. Vous avez pas de justicier préféré?

- Comment ça? Mais bien sûr que non, ce sont mes ennemis! Lui par exemple, il mérite... il mérite quoi au fait? Qu'est-ce qu'il a fait?

- Vous êtes pas au courant?

- ...


Et le moth lui expliqua toute l'histoire.

- Fichtre, conclut la mite. Je n'ai jamais beaucoup aimé l'épouvantail. C'est... c'est moche. Mais du coup, pourquoi t'es là, d'accord tu l'apprécies mais...

- Pour l'encourager chef.

- Pardon?

- Je refuse de le laisser dans la panade, c'est un chic type.

- C'est-un-rebelle! Un jour on devra peut-être le pourchasser s'ils le libèrent
, reprit Killer Moth en murmurant.

- Vous croyez qu'on pourrait avoir un autographe si on arrive à le traquer?


- Aucune idée... Bon, je reste, décida la mite avec un geste de la main, pour t'éviter de faire des bêtises! Hors de question de t'entendre le soutenir publiquement! Tiens, prends l'appareil tu prendras des photos puisque tu l'aimes tant. Et après, on ira au musée!

- Merci chef. Soif? proposa le moth en lui tendant une bouteille d'eau.

- Merci oui. ça commence quand?
fit la mite avant de siroter sa boisson.

___________

* Pour être un lecteur assidu et un collectionneur des points bonus de chaque numéro, il avait pu rencontrer l'équipe une bonne dizaine de fois.
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MessagePosté le: Mar 4 Juil 2017 - 11:32
Le suivi d’un procès n’a rien d’excitant.
Si les journalistes sont toujours présents au début, lors de l’ouverture des débats, au moment des auditions de témoins-clés, au moment des plaidoiries finales, et bien sûr à l’énoncé du verdict, il ne s’agit pas de la réalité du suivi d’un procès ; les audiences sont longues, des points de détail sont abordés pendant des heures, et une procédure stricte est décrite et suivie à la lettre.
Le suivi d’un procès est peu ragoûtant et ennuyeux ; le procès de J’Onn J’Onzz n’y fait pas exception.

Ainsi, si de nombreux journalistes et badauds ont été présents lors des débuts de cette procédure, les personnes présentes ont grandement faibli au fil de l’avancée des jours et des audiences.
Au bout de onze jours de témoignages, d’auditions, de présentation et d’analyses de pièces, de nombreuses objections présentées par Maître Freeman et par Maître Spencer en réplique, la salle d’audience demeure remplie – mais la foule des premiers a disparu.

Le procès suit son cours.
Et s’avance lentement mais sûrement vers sa fin.

Les preuves et témoignages sur la nuit tragique durant laquelle J’Onn J’Onzz a perdu le contrôle de lui-même sont légions ; sa culpabilité, au fond, ne fait aucun doute. Augustus Freeman le sait depuis le début, et il a conscience que ce n’est pas sur ce point qu’il doit appuyer son argumentaire.
Son projet est tout autre : prouver que le Martien n’était pas en pleine possession de ses moyens – qu’il était contrôlé, possédé ; mais aussi rappeler quel Héros il est, dans quelle ampleur son comportement normal aide la société et la communauté.
En clair : prouver que jamais le vrai J’Onn J’Onzz n’aurait agi ainsi ; et vu qu’il développe via des experts que le vrai J’Onn J’Onzz est revenu depuis qu’il n’est plus sous l’influence de l’Epouvantail, dont l’ampleur des dégâts physiques et psychiques sur ses victimes est aussi présenté dans les grandes largeurs, la conclusion est évidente.
Personne ne peut condamner J’Onn J’Onzz, donc, car il n’était pas lui-même ; irresponsabilité pénale passagère, voilà la carte sensible que l’avocat tente de jouer depuis un peu plus de dix jours.

Les jours passent, donc.
Jusqu’aux plaidoiries finales, les ultimes actes de bravoure de la Procureure et de l’avocat.

Kate Spencer est noble et digne. Elle rappelle les faits, rappelle les preuves, rappelle le lien de causalité évident, rappelle que certes J’Onn J’Onzz fut possédé – mais que l’on doit plus attendre d’un tel télépathe, d’un tel Héros. Elle rappelle la Loi, les sanctions, et en appelle à une décision juste ; ni clémente, ni vengeresse, mais juste.
Augustus Freeman est vindicatif et inspiré. Il rappelle l’ampleur des apports du Martien à ce monde, rappelle le pouvoir de l’Epouvantail sur ses victimes, rappelle que certes J’Onn J’Onzz aurait pu tenter de se défendre – mais que les plus grands ont failli devant un tel Vilain, un tel monstre. Il rappelle la Loi, les circonstances atténuantes, et en appelle lui aussi à une décision juste ; ni clémente, ni vengeresse, mais juste.

Le Grand Jury se retire, donc.
Et réfléchit pendant vingt-six heures et douze minutes, avant d’annoncer qu’ils sont arrivés à une décision.

La raison d’être du Grand Jury en l’espèce est de décider s’il y a une opportunité à poursuivre J’Onn J’Onzz pour les faits qu’ils lui sont reprochés, en clair s’il peut être considéré responsable de ses actes malgré l’influence de l’Epouvantail.
A cette question, le Grand Jury répond positivement : J’Onn J’Onzz peut être poursuivi pénalement, les circonstances atténuent sa responsabilité mais ne l’exonèrent pas.

Cependant, à titre exceptionnel, le juge décide d’outrepasser les prérogatives judiciaires pour donner directement une suite à cette mise en cause.
Si Augustus Freeman s’y oppose énergétiquement, assisté et appuyé par Kate Spencer, le juge impose son autorité – et informe qu’il s’agit d’une demande formulée par la Présidente elle-même, garante des institutions.

Le juge décide donc d’acter le fait que J’Onn J’Onzz puisse être mis en cause pour sa responsabilité dans les actes récents ; mais, en rappelant l’ampleur de son Héroïsme, il transforme cette mise en cause en peine d’intérêt général, rattachant le Martien au service et à la protection de la Nation.

Le tollé est énorme – mais Freeman et Spencer savent qu’ils ne peuvent rien faire.
Le juge, et surtout Waller, ont profité de l’argumentaire du premier pour ainsi imposer un asservissement de J’Onn au Gouvernement ; Freeman ne pourrait pas contredire ou s’y opposer, cela reviendrait à contester sa propre plaidoirie. Et Spencer n’est plus chargée du dossier, elle ne peut qu’exprimer son inquiétude pour la dérive judiciaire… sans rien pouvoir faire d’autre.

J’Onn J’Onzz est donc officiellement jugé susceptible de répondre de ses actes devant la Justice.
Cependant, son Héroïsme le sauvegarde d’une telle procédure, et impose en contrepartie un engagement comme Recrue pour protéger la Nation.

Le piège est sublime – le Droit est officiellement respecté, et officieusement anéanti. Aucun recours n’est possible, car qui irait contester qu’un Héros ne soit pas jugé mais officiellement investi du devoir d’agir en Héros ?
Les initiés savent, eux, qu’il s’agit d’une mise en esclavage du Martien au profit de Waller, un événement qui touche particulièrement Freeman ; et personne ne peut rien faire.

A la sortie, le juge et la décision sont applaudis. Les bravos sont légions. La joie et le soulagement remplacent la peine et la haine.
C’est ainsi que commence la chute d’une démocratie ; dans les acclamations, et les chimères de la sécurité et du contrôle.

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MessagePosté le: Jeu 6 Juil 2017 - 18:47
Le procès est long et difficile. Non pas qu'il soit physiquement exigeant, mais emotionellement et mentalement... J'Onn est passé à la loupe,. scruté comme un spécimen intéressant et son passé, ses exploits et ses défaites, ses qualités, ses défauts, même ses faiblesses, sont exposés aux yeux du monde pendant ces 11 jours infernaux.

Il n'y a plus aucun secrets qui soit gardés, plus aucune zone d'ombres qu'il ne puisse conserver à l'abris de l'œil scrutateur de la population, qui même si elle ne suit pas assidument les procédures, en demeure tout de même informé. Le sacro-saint secret entourant tout superhéro n'a plus lieux d'être, mais J'Onn n'avait jamais été parmi ceux qui gardaient le plus de secrets parmi ses collègues. Cependant... ses identités civiles sont exposées au grand jour, et ses tentative de s'immerger et de s'adapter à la vie humaine sont mise a nue. Les secrets... n'existent tout simplement plus. Et jamais il ne pourra retourner a cette vie, ces vies, qu'il laisse derrière.

C'est humiliant, dans un sens. Il est traité comme un de ces criminels qu'il a longuement poursuivit et emmenés devant la justice. Sa vien entière mise en avant pour la scrutation du public, a part ce que personne ne peut savoir sur Terre, sa vie d'avant, sur Mars. IL s'accroche a ces souvenirs et ces images qui demeurent les siens propres alors que les jours passent et que de plus en plus de lui-même est exposé.

Il sait que Maitre Freeman fait de son mieux pour l'aider, mais il sait aussi, hors de tout doute, que la sentence est déjà prononcée et que toutes les plaidoiries de l'univers n'y changeront rien, que tous les arguments ne pourront l'aider, et il rage de cette injustice flagrante. Ses droits sont bafoués, écrasés, et piétinés et à la fin, malgré des plaidoiries exceptionnelles et des mots remplis de force et de détermination, de la part à la fois de la Procureure et de son avocat... Ça n'a rien changé.

J'Onn était resté silencieux pendant la majorité des procédures. Il se contentait d'écouter, une expression neutre et fermée sur la visage, qui allait bien avec la situation actuelle. Mais intérieurement, il était en colère. Très en colère, et humilié, et déçu que le système fonctionne d'une telle manière que de telles choses soient possible et arrivent trop souvent. Jour après jour il devait s'asseoir dans la salle et endurer stoïquement des procédures qu'il savait futile. Et chaque nuit... Il se faisait rappeler a quel point tout ça était futile par Khegan qui ne cessait de lui rappeler qu'il serait son hôte pendant un bon moment au Camp Alpha et devrait s'y habituer.

La rage bouillonait et la colère était toujours très près de la surface. Il dut bien sur témoigner pour donne sa version des faits, ce qu'il était capable de se souvenir en tout cas, et ce ne fut pas facile. Pas uniquement parce qu'il avait du mal a se souvenir des évènements de Gotham, de grands pans manquant tout simplement de sa mémoire, mais surtout parce que... il était loin d'avoir accepté les faits. D'avoir commencé a apprendre a vivre avec. Loin de là. Cependant, pendant deux jours, il fut obligé à se forcer pour rappeler le peu dont il était capable de se souvenir et l'exposer pour que tous l'entende de sa bouche.

Et c'était une véritable torture. Il avait assez de contrôle pour garder un ton égal et ferme, mais il avait envie de hurler et de s'arracher le cœur. Il ne voulait pas se rappeler cette nuit-là, qui avait détruit sa vie comme un château de carte! L'Épouvantail était bien sur a blâmer pour être l'instigateur des évènements mais... il aurait dut être capable de résister mieux que ça! Il était l'un des plus puissants télépathes de ce monde, il aurait dut pouvoir résister aux effets pernicieux de cette drogue! Il y avait résisté mieux que n'importe quel humain tout comptes fait mais... pas suffisamment, et la tragédie avait tout de même résulté de sa perte de contrôle!

Il était rongé par le remord et le chagrin. Il pouvait difficilement accepter que cette nuit soit arrivée alors de le forcer a la revivre, en boucle, pendant des jours... Il suffit de dire que J'Onn ne passait pas de très bonnes nuits. Et que sa cellule était encore plus vide qu'avant au vu de ses 'défoulement' nocturnes. Puisque la méditation lui échappait, c'était le seul moyen qu'il avait de laisser sortir les émotions négatives qui le submergeaient.

Ça le laissait ensuite honteux et humilié de laisser libre court a de telles explosions de rage qui étaient tellement hors de son caractère habituel. Il se demandait souvent, pendant ces longs jours, ce qu'il était en train de devenir, et a mesure que les jours du procès avançaient vers leur conclusion logique mais terrible, cette impression ne faisait que se renforcer.

Puis vint le jour de le décision des jurés et du juge. Il attendit impatiemment que le verdict ne soit donné, et malheureusement, ne fut aucunement surprit par ce qu'il entendit.

La liberté et la justice avaient été bafoués, et il était... condamné a servir comme Recrue les intérêts de son pays, pour une période 'indéterminée'. J'Onn encore une fois demeura silencieux pendant tout le discours du Juge et puis quand ce fut fini, quand tout fut dit et que le cas fut clos, il se leva et se tourna vers l'avocat qui avait fait de son mieux pour le défendre. Et il le remercia d'avoir essayé, cependant, il savait que la cause était perdue dès le début.
Une forme d'esclavage institutionnalisé et maquillé sous les traits de la légalité. Rien de plus et rien de moins. Son avenir était scellé, et personne ne semblait s'en soucier le moindrement, des applaudissements et des cris de joie accueillant le prononcé de la sentence.

Un Héros avait chuté, et la foule s'en réjouissait.

C'est ainsi que marche le monde, c'est de cette manière que les derniers lambeaux de la confiance et de l'admiration d'un peuple sont démolis. Il apparut clairement en cet instant précis que... les humains ne l'avaient jamais complètement accepté, et avaient toujours attendu, même inconsciemment, de le voir se retourner contre eux. Pour eux, justice avait été rendue, un alien dangereux avait été mis sous les verrous, et le monde était de nouveau sécuritaire.

Pour J'Onn... les derniers éclats de ses illusions éclatèrent en morceaux et tout a coup il... il se mit a haïr cette foule qui se réjouissait de son sort. Une haine qui brûlait et qui le terrifiait, mais qu'il ne pouvait stopper. Il avait déjà trop souffert, trop enduré, pour ce monde et c'était son remerciement.

De retour dans sa cellule, ce soir-là, l'explosion de rage fut sans doute pire que toutes celles qui l'avait précédé, nourrie par la haine, par l'humiliation et par la rage impuissante face à sa situation.
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