[New-York] Cigarette Burns - Reloaded

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MessagePosté le: Mer 21 Juin - 17:06

Question ignorait comment était-ce possible mais quelqu'un avait réussi à le joindre sur l'une de ses messageries privées. Un courriel venait de lui être adressé et celui-ci ne pouvait laisser que le détective douteux songeur...

"M. la Question,

J'ai besoin de réponses et un ami commun m'a indiqué que vous étiez le meilleur - ou presque - quand il s'agit de démêler des affaires sordides et que Batman n'est pas disponible.

J'aimerai que nous fassions connaissance. Comme j'imagine que nous ne pouvons aller chez vous, nous irons donc chez moi. En pièce jointe vous trouverez tous les détails qui démontrent que ceci n'est pas un canular ! Je suis très sérieux. Et j'ai besoin de discrétion. Comme vous.

M. "Discret mais sérieux"

PS : Becky vous passe ses amitiés !"


*
* *

La pièce jointe indiquait une adresse. Celle d'un hôtel de luxe situé sur une grande avenue New-Yorkaise. Dans la chambre 666 plus exactement...

Si Question avait bien mené son enquête, il aura découvert que cette chambre est une suite gigantesque loué à l'année par l'écrivain de science-fiction excentrique et dérangé, Harlan Ellison. Connu pour ses "Dangereuses visions" et pour tout un tas de récits inoubliables comme "Je n'ai pas de bouche et je veux crier", l'homme n'est en rien lié avec le banditisme ou les complots politico-financiers tels que le détective sans visage les adore.

Bref, un type en apparence innocent - un peu toqué - qui donnait rendez-vous au justicier de l'ombre chez lui en lui demandant d'être discret ?

S'il n'y avait pas eu cette référence à l'affaire "Becky" à l'issue de laquelle Question s'était retrouvé tout nu en pays étranger, victime d'une usurpation d'identité qui avait permis à une tueuse à gages du Mossad de dessouder quelques néo-nazis en goguette, le détective aurait pu y aller en sifflotant.

La référence était sinistre et puait le sang à plein nez...

Mais revenons à Harlan...

*
* *

La porte avait été ouverte par un domestique noir en livrée. Il avait - sans un mot, était-il muet - conduit le détective jusqu'à un grand salon-bibliothèque où étaient éparpillés - parfois à même le sol ou sur les fauteuils en cuir - un nombre impressionnants de productions artistiques provenant des imaginations les plus déréglées de l'histoire de l'humanité.

Les bouquins d'Aleister Crowley côtoyaient les oeuvres complètes du visionnaire toqué Emmanuel Swedenborg. William Blake flirtait avec le Comte de Lautréamont. La Saison en Enfer de Rimbaud semblait pâlichonne face aux gravures de la Divine Comédie de Gustave Doré. Aux murs, Bosch paradaient entre deux originaux d'HR Giger. Dans la bibliothèques l'horreur Lovecraftienne s'étalaient sur plusieurs rayonnages, entrecoupée seulement par les oeuvres impies d'Arthur Machen, d'Algernon Blackwood ou par le méphitique Roi en Jaune de Chambers.

Ellison semblait s'intéresser à tout ce que l'homme a pu créer de dérangeant : le satanisme, l'alchimie, la démonologie, l'ufologie, les anciens mythes, la communication avec l'au-delà...

Mais Question n'était pas là pour chiner dans la bibliothèque de son hôte car celui-ci venait d'arriver.


Pieds nus et sifflotant, il déboula dans la salle sans éprouver le moindre trouble. Comme tous les excentriques bizarres, il ne voyait même pas en quoi sa démarche pouvait éveiller des soupçons chez des types aussi paranos que Question. Aussi, il se contenta de dire :

"Bonjour. Vous devez avoir la tête qui fourmille de questions, non ?"

Il eut un grand sourire et débarrassa un fauteuil en balançant sans ménagement sur le sol la pile de livres (des vieilles éditions originales de Melville, Hawthorne ou Bierce) qui encombrait le siège.

"Au Diable la littérature ! Prenez place et dites-moi ce que vous pensez de..."

Il était en train de farfouiller l'intérieur d'un petit meuble pour en sortir une bouteille de whisky, très ancien, très bon et très cher.

"... ce petit remontant qui doit dater de la reddition des Sudistes !"

Harlan tendit la bouteille à Question et prit lui-même place sur un siège. Il croisa les bras, sourit et lança :

"Aimez-vous aller au cinéma, cher ami ?"


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MessagePosté le: Sam 8 Juil - 16:42

Une bible et un exemplaire de l'Appel de Ctulluh écartelée tout le long de son triste appartement - les pages couverte de trace de tasse de café ou de sang séché- Question continuait de découper des versets et des phrases de Lovecraft et d'entourer fiévreusement certaines citations, en proie à une folie paranoïaque dont la ténacité et la constance avait presque rassurée Renée quand elle était venue lui rendre sa visite de sécurité mensuel.
Elle aimait le voir occuper à courir après des théories conspirationnistes farfelues plutôt que d'aller se confronter à des "vrais" gouvernements. Elle ne savait pas quel âge avait son...Ami/Mentor/PainintheAss/putainilfautquej'amélioremesrelationssocialesrapidement mais elle craignait pour sa santé. Depuis quelques temps elle le voyait tousser, beaucoup, du sang parfois, et toutes les diverses fractures mal soignées qu'il avait rendait sa démarche étrange quelquefois. Elle avait peur. Le deuxième catégorie, sous-superhéros, pale imitation trenchcoatienne de Batman n'avait pas l'aura divine qui émanait du Bat -ni le même budget pour se soigner. Batman serait éternel. Question pas. Il mourrait, un jour, et personne ne serait assez fou pour reprendre son flambeau. Elle en tout cas elle ne pourrait pas. Vic Sage était sans aucun doute l’individu le plus désespéré qu'elle connaissait. Seul avec sa névrose qui certains jours passait pour de l'héroisme.

Alors c'était bien. Qu'il se calme. Qu'il traque des trompettes de l'apocalypse, des dieux tentaculaires et des choses de cet ordre. QU'il vive paisiblement sa névrose paranoiaque. Jamais Question ne perdrait sa folie névrotique mais s'il pouvait se prendre moins de plomb dans le corps, ce ne pourrait être que positif. Elle en avait assez de le voir plus brisé chaque mois. Bleu par bleu, il perdait peu à peu son visage pour ne plus devenir qu'un souvenir douloureux de ce qu'il avait été un jour.

Renée était aprtie rassurée, après avoir déposé des boites de bouffes à l'entrée. Rien de très expensifs et original, certes mais auters choses que les putains de haricots froid qu'il s'enfilait. Il était temps que Question deviennent prudent. Et que quelqu'un prenne soin de lui. Pour ce qu'elle en savait, il était peut être plus jeune qu'elle. Mais le vigilantisme diminue grandement l'éspérance de vie. Sauver tue. C'était bien que le sans visage deviennent raisonable.

*****

"Le septième ange fit sonner sa trompette : il y eut dans le ciel de grandes voix qui disaient : Le royaume du monde est maintenant à notre Seigneur et à son Christ ; il régnera pour les siècles des siècles."

Renée là. Encore déposer bouffe à l'entrée. Pitié de merde. Vais aller balancer ça à la poubelle quand sera partie. Besoin de protéger quelqu'un pour se sentir bien. Typique. Médical. Peu pas l'envoyer bouler, sixième mois chez les alcoolique anonyme, besoin d'un petit chiot à sauver pour oublier qu'elle est le petit chiot. Amusant. Chier que ce soit sur moi. Deteste qu'on tente de me ramollir. Peu importe. Gouvernement dérrière les trompettes de l'apocalypse? LOvecraft à la solde de la CIA? Recherche à faire. Internet à nouveau fraîchement piraté. Hate de voir ce que Ctullu Jesus Apocalypse donnerait une fois dans le ventre de la barre de recherche google. Renée part. Tant mieux. Fatiguer de la voir avec son regard de cocker. Irait fouiller chez elle pour vérrifier qu'y a plus de whisckey plus tard. Empêcher la rechute.

Mail étrange. Quelqu'un trouver. Becky? merde. Problême encore. Becky sait qui est Vic Sage. Becky sait qui est Question. Maussad. Lunatique. Folle. Ignore le court d'un imper correct actuellement. Distraction charnelle honteuse. Peut importe. Doit y aller. 666? Sérieusement? Prévenir Constantine? Non, connard de première. Seul. Mieux.

Migraine étrange. Plus de whisckey pour régler ça. Paracétamol bouffer par les rats. Imeuble insalubre. Enfants vivent là. Amiante au plafond. Vic Sage pourrait faire quelques choses. Mais si je cesse d'être la Question peut être que je ne voudrais plus jamais l'être. Bruce Wayne à tuer Batman. Clark Kent affaiblis Superman. Minables. Question a tué Vuc Sage. J'entends des pas. Concierge? Gouvernement? Je sors par la fenêtre. Ne jamais installer de porte. Ennemi du dynamisme. Ramollis. Possiblement créé pour affaiblir a race humaine, la rendre faible et débile, incapable d'éxécuter le moindre mouvement qui quitte le sol.

***

Harlan Ellison très riche. Ecrivain. Du genre à grogner contre le monde et à rester dans son fauteuil de velour. Ridicule. Mon imper goutte sur sa moquette, tache humide. L'eau acide de New Yorck laisserait peut être des tâches. Je lui souhaite. Parfois bon d'se souvenir qu'il pleut quand on habite dans ce genre de barraque et qu'on vit ce genre d'existence. Mollasson.

Bibliothêque intéréssante. Ellison sans doute un conspirationiste de bas étage. Bon signe en un sens? A moins que ce ne soit encore un de ses hobbys de dépravés aristocrates pour faire passer le temps. Il entre. Pied Nu. Pied qui n'ont pas beaucoup voyager. Ongle manucuré. Intéréssant. Porte une cravate malgré l'absence de godasse. Essaie de souligner son image d'excentrique? Mauvais signe, ceux qui veulent paraitre fou sont souvent désespérément aveugle. Pas eu l'temps d'lire un de ses bouquins, aurait du. Pas grand bouffeur de roman. Pas le temps. Seul les asiles sont remplis de sage que personne n'écoute. Ellison balance livre par terre pour dégager fauteuil. Sourire sympathique de sa part. Les gens font souvent des gueules bizarres à cause de mon visage. Comme si l'absence d'expression les forçait à en faire de plus grande encore. Accentuer leur humanité. Comme si elle était pas assez répugnante comme ça.

Je prends le verre de Whickey -voilà la solution à la migraine- et l'avale d'une traite. Bon whisckey. La gorge brule. Trop habitué à de la merde ces derniers temps. Dernière confrontation avec un riche mégalo date un peu. Reste debout tandis qu'il s'assoit. Me demande si j'aime le cinema.

-Suis allé casser les doigts d'un gars qui diffusait de la pédo-pornographie pas plus tard que la semaine dernière. Pourrais pas y retourner j'ai aussi foutu l'feu à la salle. Remplie de porc. Sinon je vais voler des bobines pour identifier les endroits où les illuminatis auraient pu laisser des messages subliminaux. Mais à part des blaireaux qui laissent des images de leur bittes dans des Disneys, rien de concluant. Un vrai cinéphile, donc. Qu'est ce que vous voulez?
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MessagePosté le: Mer 26 Juil - 6:02
Le sourire d'Harlan disparut et il baissa - inconsciemment - sa voix. Comme s'il s'agissait d'une affaire d'Etat. Comme si l'avenir du monde pouvait dépendre de ce qui allait être révélé.

"J'aime votre style et j'aurai du penser à vous tout de suite, ces derniers temps, avant d'engager d'autres enquêteurs"

Il eut l'air gêné. Et il admit - comme pour évacuer le sujet - d'une voix de gamin qui venait de se faire prendre la main dans le pot à confiture :

"J'en ai engagé - dans la période récente - trois avant vous... mais je suis sur que vous réussirez là où j'ai échoué jusqu'à présent"

Il se redressa et alla vers un petit meuble, chef-d'oeuvre de l'ébénisterie la plus raffinée, d'un pas lent, ses pieds nus effectivement richement pédicurés s'agitant à la manière de ceux d'un tigre (mais où Question avait-il pu chiper pareille image ?).

"J'aime les œuvres qui stimulent mon imagination déréglée. Il faudra un jour que je vous montre ma collection de photographies d'accidents mortels de vélos mais..."

Sa main se faufila derrière le meuble, un léger déclic se fit entendre et un tiroir dissimulé - un secret - s'ouvrit de lui-même. De ce tiroir, Harlan en tira deux enveloppes. Il ouvrit la première et en tendit le contenu à Question.

"Tout cela n'est rien à côté du film "Cigarette Burns". Je veux le voir avant de mourir. A tout prix. Bonne lecture, mon ami, je vais mettre un disque en attendant que vous ayez terminé..."

*
* *


Les trois documents contenus dans la lettre étaient respectivement une missive expédiée depuis Londres, un article d'un journal français avec sa traduction (fidèle) tapée à la machine et un journal intime... Question put les parcourir tout en écoutant les sons désagréables et déroutant qui sortait de la chaîne hi-fi de son hôte.

*
* *

"10, Fairfield Rd., Crouch End, London.

Très cher Harlan,

Je t'exhorte à abandonner ta quête maudite. Tu penses que la vie est un jeu mais il est certaines choses qui existent et qui font regretter à celui qui les a contemplé, même un seul court instant, d'être un jour né.

Je t'ai parlé avec légèreté, une fois, de cette abomination et tu as voulu en savoir plus. C'était déjà ton obsession et je n'ai appris que par la suite les choses épouvantables que tu as faites pour tenter d'atteindre ton objectif. Mais tout cela n'est rien comparé à cet artefact maudit dont on-ne-doit-pas-parler. Tu ne sais rien. Tu ne sais même pas que ce n'est pas que ta vie qui est en jeu mais des choses bien plus terribles : car "n'est pas mort celui qui à jamais dort"...

Je refuse d'en dire plus. Je refuse même d'en penser plus. Si tu veux me parler, viens chez moi : c'est tout ce que je peux te dire. Mais dit-toi bien que tu ne boiras pas, à mon contact, dans la coupe de la connaissance mais bien dans celle de la damnation éternelle.

N. King"

Ce courrier était daté d'il y a plusieurs mois et avait été écrit avec une écriture hésitante et maladroite.

*
* *

"
NUIT D'HORREUR DANS UN CINÉMA DU 6EME ARRONDISSEMENT DE PARIS !


Dans la nuit de dimanche à lundi, un incendie d'origine encore inexpliqué s'est déclenché dans un cinéma de la rue du Dragon. Bien que les services de secours ont été très rapidement appelés sur place, le bilan est effroyable : 55 morts. Seules 4 personnes, dont le projectionniste ont pu être sauvées.

Contacté par téléphone, le propriétaire de l'établissement s'est dit "effondré" et ne pas comprendre l'étendue du bilan humain : son cinéma, "l'Aube Dorée", était - selon lui-même - parfaitement aux normes incendies. Il devrait être rapidement inculpé, à la demande du Parquet de Paris, pour homicide involontaire par méconnaissance d'une obligation particulière de sécurité, selon des sources proches de l'enquête.

Le cinéma, "L'Aube Dorée", réputé des amateurs de cinéma de genre, diffusait ce soir là un festival de films d'horreur pour célébrer la fameuse nuit de Walpurgis"

L'article était paru dans le numéro du 2 mai 1978 du journal français Libération.

*
* *

Le dernier document était un journal, tenu par un certain Professeur U. Raunes, intitulé "Le journal d'un film". En le feuilletant rapidement, Question s'aperçut que ledit Professeur Raunes est un universitaire américain, spécialiste du cinéma pour enfants, fils lui même du Professeur Humphrey Raunes, disparu depuis l'an dernier...

La première entrée digne d'intérêt est datée de la période de la disparition de Raunes Sr. :

"3 janvier : Père a disparu. C'est un fait. Nous n'avons jamais été proches vu que sa satanée obsession pour ce film a coûté la vie à Maman. Brave Maman ! Qui n'a jamais osé dire au terrible Professeur Attila qu'elle était malade... Je hais mon père. Je le hais ! Je le hais ! Cette cochonnerie de film n'a pas fini de nous éloigner : et dire qu'il ne l'a jamais vu ! Il ne m'a non plus jamais compris. Je me rappelle que je devais apprendre par cœur toutes les répliques des films de Wes Craven, là où j'avais seulement envie de me revoir la famille Pierrafeu avec le très drôle John Goodman ou les dessins animés de Mon Petit Poney... Je hais ma vie"

La deuxième, quelques jours après :

"10 janvier : Au moment de sa disparition, Père m'a envoyé son journal. Celui qu'il tient depuis 1978 ! A en croire le tampon figurant sur l'enveloppe, il a été expédié depuis Paris 12ème. Quoi qu'il en soit, ces notes constituent LE TRAVAIL DE TOUTE SA VIE : je ne comprend pas. Pourquoi me l'envoyer à moi ? Je n'ai pas osé en parlé à Marco. Je n'ai pas osé en parler à qui que ce soit. Qu'attend-il de moi ? Que je poursuive sa quête ABSURDE ?"

Les suivantes, dans les mois qui suivirent :

"5 mai : J'ai été contacté par M. H. Ellison qui nourrit les mêmes rêves stupides que mon père. Il m'a proposé beaucoup d'argent pour aller lui chercher le film. Je lui ait dit que je n'avais pas le temps avec ces sottises, que j'avais une monographie sur "Arthur et les Minimoys" à terminer d'écrire et qu'il ne s'adressait pas au bon Raunes. C'est là que la bombe est tombée : il avait déjà contacté mon père, qui a donc disparu alors qu'il travaillait à son service. J'ai du m'asseoir et j'ai accepté de mettre un peu de whisky dans ma grenadine. J'ai même pris une cigarette qui m'a fait tousser. J'ai une vie horrible"

"12 mai : J'ai accepté la proposition d'Ellison. Je reprends l'enquête là où mon père s'est arrêté. J'ai lu, enfin, le contenu du Journal de mon Père. Il pense que C.B. (bizarre, Père n'écrit jamais le nom du film en intégral... prétendant que ce film a un nom-qui-ne-doit-pas-être-prononcé, comme il le disait dans le jargon pratiqué par son club de Lovecraftiens) se trouve à l'endroit même où il a été tourné. Sauf que Père ne dit pas où il a été tourné. Il pense, néanmoins, que l'on peut en savoir plus en interrogeant les survivants (mais il ne donne pas leur identité ! Juste qu'il s'agit du projectionniste, d'un touriste anglais et de deux critiques de cinéma). Il pensait qu'une piste était la Médiathèque Française. Il pensait... Je me prends à regretter soudainement que Père ne soit plus là pour me gronder. Ou de ne pas avoir écouté plus attentivement quand il me parlait. Je me sens seul et triste.

16 mai : Après en avoir parlé avec Marco (revenu d'une orgie sataniste pendant laquelle il aurait tenté d'invoquer, sans grand succès, une maigre-bête-de-la-lune, quoi que cela puisse être...), nous décidons de partir pour Paris. Ellison est gentil et séduisant mais sa dernière mise en garde avant d'embarquer dans l'avion n'a pas été pour me rassurer. Marco dit que je suis un trouillard et que je devrais avoir plus souvent des relations sexuelles avec des prétendues succubes. Moi, j'aimerai juste pouvoir repartir à ma grande publication à venir sur "l'impact culturel des Pokémon dans les civilisations premières".

"Je deviens fou. Nous sommes à Paris depuis plusieurs mois déjà et nous n'avançons pas. Je passe beaucoup de temps avec Werner, l'archiviste de la Cinémathèque et... il est gentil. Mais je n'apprends rien que Père ne savait déjà. A force de fouiller dans la paperasse de l'époque et de ne rien trouver je deviens DINGUE ! En plus, Marco n'est guère présent, occupé qu'il est avec ses réunions secrètes des adorateurs du Roi en Jaune. Et Père... Père qui était si précis, devient carrément flou quand il évoque dans son journal ses recherches à la Cinémathèque ! Il dit qu'il faut chercher les chiffres romains (Mais où ???), que Julie parle en dormant (mais que dit-elle ???), que Werner en sait plus qu'il ne le prétend et qu'il faut se méfier des noirs, raison pour laquelle il m'envoie ce journal...

... je ne comprend pas : je croyais que Père avait surmonté ce préjugé atavique qui court dans la famille le jour où nous sommes partis du Texas. A moins qu'il faille entendre autre chose à ses écrits ?

Son journal d'ailleurs se termine sur une formule mystérieuse : "Porte-moi jusqu'au Palais sur les Eaux, au Temple, là où a été versé la Coupe contenant le Sang de celui qui ne peut mourir. Là, celui qui regarde le spectacle que je lui donnerai recevra en lui une flamme qui jaillira pour l'éternité". Qu'en penser ? Que faire ?"

La dernière entrée était on ne peut plus brève :

"Je comprends. C'était évident. Je ne regardais pas au bon endroit. Maintenant je sais où aller mais j'ai peur... Père avait raison. Je ne devrais pas garder ce journal... Je..."

*
* *

Une fois la lecture achevée, Harlan tendit l'autre enveloppe à Question et commenta rapidement ce qu'il attendait de lui :

"Vous l'avez compris : les deux Raunes ont disparu à Paris en cherchant l'objet de ma quête. J'ai envoyé par la suite une équipe composée d'une demoiselle verte et d'un mage anglais mais ils ont jeté l'éponge pour une raison que j'ignore. Mais une chose est sure : je veux "Cigarette Burns", ce film qui manque à ma collection et qui a été projeté une seule et unique fois..."

Harlan soupira. Il était traversé par l'envie de pouvoir mettre ses pattes sur une copie et de pouvoir visionner ce film.

"Ce film est une légende : personne ne sait qui en est le réalisateur, seule 4 personnes ont survécu à l'unique projection et toutes les copies ont disparu. C'est mon obsession depuis 1978 ! Et... sachez que je ne suis pas avare de mes finances et que je ne lésinerai pas sur les moyens pour le retrouver !"

En ouvrant l'enveloppe, Question put découvrir une carte bancaire au nom d'Harlan Ellison, un chèque sans ordre de 30.000 dollars ainsi qu'une grosse liasse de billets.

"Je ne suis pas un ingrat" reprit Harlan. "Je ne dispose que de deux pistes : le gentleman anglais qui m'a adressé cette lettre que vous avez lu s'appelle Neil King. C'est un ex-critique de cinéma, un peu perché, qui m'avait un jour prétendu - à l'occasion de la Convention Américaine de la Science-Fiction et de l'Horreur - avoir vu "Cigarette Burns" lors de la projection de 1978. Nous étions passablement ivres et j'ai eu la bêtise de préférer assister à la finale du concours de Plug Suit Mouillées, plutôt que de harceler mon interlocuteur sur le champ... Je pensais, benoîtement, pouvoir soutirer d'autres détails à ce type plus tard... Sans succès"

Harlan avala sa salive et poursuivit :

"Neil ne veut pas me parler du film. Même au téléphone. Il le refuse. Et il refuse de quitter Londres voir même de sortir dans la rue. Et comme je suis aérodromophobe, je ne peux me rendre en Europe pour lui parler..."

Il passa sa main dans les cheveux. Quelque chose le gênait.

"L'autre piste qui a été poursuivie jusqu'à présent était celle de la Cinémathèque Française. Mon premier enquêteur, le Pr. Raunes Sr. pensait que l'un des employés de cet établissement avait pu assister à la projection. Raunes pensait de même que l'on pourrait trouver à la Cinémathèque le cahier technique du film, avec son casting, le nom de son réalisateur... Mais il disparut avant de pouvoir y arriver"

Harlan marqua une pause puis reprit :

"Aussi, j'ai envoyé son fils, Raunes Jr. qui... disparut également. Et Mademoiselle Jade et Monsieur Constantine, s'ils ne disparurent pas refusèrent de me rendre compte de leurs découvertes ni de la raison pour laquelle ils ont abandonné leur quête..."

Harlan se leva du fauteuil où il s'était confortablement avachi et alla observer l'immense baie vitrée qui lui offrait une vue impressionnante de New-York.

"Vous devez prendre contact avec Mademoiselle Jade. Je sais qu'elle est actuellement à Paris pour l'avoir engagée - via une société écran - dans une production théâtrale où elle peut jouer à défaut de briller. Vous devez apprendre ce qu'elle sait et terminer son travail. Je vous en conjure"

Puis il se tourna vers Question et lui demanda avec un petit sourire aux lèvres :

"Mais je suis sur que vous devez avoir une tonne de questions, non ?"


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MessagePosté le: Dim 30 Juil - 15:13
"J'aime votre style et j'aurai du penser à vous tout de suite, ces derniers temps, avant d'engager d'autres enquêteurs"

Question leva son visage vide vers l'écrivain. Il eut un rire. Dépourvu de la moindre joie mais également de la moindre amertume. L'avait dépassé depuis longtemps sa jalousie envers Batman, Constantine, tout les autres... L'avait bien fallut. Il était une seconde catégorie, c'était ainsi. Enfin. Fallait bien quelqu'un pour s'occuper des poubelles pendant que d'autres étincelait dans la statosphère, n'est ce pas? C'était son rôle. Il faisait avec. Jamais il ne sauverait le monde, toujours des petites gens, des bouts de quartiers au plus, des caissières insignifiantes. Mais sauver la vie d'un seul être humain était déjà un honneur plus que suffisant pour un type comme Question. S'il avait réussi une seule fois à le faire, il en remerciait...euh...Il en remerciait l'instance qui remplaçait dieu chez les athées irrémédiablement cynique et désabusé.

-Personne ne prends les tarés en premier choix. Je m'en remettrais, commenta le détective d'une voix rauque en remettant son masque sur sa bouche.

L'aurait bien prit un nouveau verre de Whiskey mais ça n'aurait pas été raisonnable. Et quand il était pas en train de traquer les franc-maçons, Question était un type hautement raisonnable. Cette pensée le fit rire, et il regretta aussitôt d'avoir remis son masque. Une quinte de toux suivit le rire, le fit se plier en deux et il sentit un gout de sang dans sa bouche. Le bon whisckey ne soignait donc pas tout...Quel déception, si même l'esprit alcool échouait, où tout les bons vieux hard-boiled détective allaient ils se réfugiés? S'il avait été dans un comics, un petit "sigh" aurait sans doutes filtré de sa bouche inexistante. Heureusement qu'il était dans la bonne vielle réalité véritable.

La musique dissonante de son employeur lui arrachait les timpans. Il avait entendu banshee faire des sons plus audibles pour un timpans humains. Tachant de se focaliser, il lut avidement les documents que lui avait généreusement filer Ellison. Oh yes... Des complots, des disparitions mystérieuses, vraisemblablement une conspiration entre cinéphile, et un dédale de piste qui devait éclater dans des impasses la moitié du temps. Tandis que la vérité devenait deplus en plus opaque au fur et à mesure qu'il lisait, Question avait la sensation que la santé lui revenait. Il était au conspiration ce que Jack Hawksmoor était au ville. Il avait hate d'y être.

Ses épaules moins voutées qu'à l'accoutumée Question prit la somme conséquente que lui tandait l'écrivain fou. Bien. Cette fois il allait évité de tout claquer connement. Il croulait sous les agios et les dettes, et il temps qu'il y remédie. Faisait longtemps qu'il avait pas vu un légume ou de la viande, et être un super-héros devenait un peu compliqué qu'en on empilait les carances alimentaires diverses. N'en déplaise à d'autre, il n'y avait pas que la volonté qui comptait. Il fourra le chêque dans sa poche.

Quand l'écrivain se tourna vers lui pour lui demander s'il avait des questions, Question remit son vieux chapeau bleu pétrole,.

-Avez pas idée.

Et sans plus de cérémonie, il tourna le dos à l'écrivain et quitta l'endroit de son pas pluvieux.

******

A sa droitte, le hublot faisait défiler de la flotte et encore de la flotte. L'atlantique. Mare au canard foutrement dangereuse une fois qu'on s’intéressait un peu à toutes les saloperies que diverses organisations déversait dedans. Quelques centaines de kilomêtres plus bas, dans les abysses, planqués quelque part, Aquaman et ses amis devaient encore être en train de blablater sur l'abnégation, l'amitié et l'espoir. Enfants. Mais nécessaire. Il en fallait pour s'occuper de l'a com' dans ses histoires.

Beaucoup de chose dans l'affaire CB. Taré comme il était, Ellison était une source inquiétante, néanmoins il devrait sans doute le recontacter une fois qu'il aurait plus d'info. Pour l'instant mieux valait aller à des sources plus directes. D'abord, trouver la verte pour comprendre pourquoi l'enquête avait au préalable échoué, et entendre les nouvelles pistes qu'elle avait à donné. Puis, éssayer de retrouver les traces du fameux cinéma de la rue dragon, voir s'il pouvait trouver des témoins, ensuite, s'attaquer à la cinémathèque française, puis Neil. Bien. Simple, concis, dangereux...Bon programme.

Soudain, VIc Sage reçut un coup de coude dans les cottes. Se tourna, prêt à tabasser le gars qu'avait fait ça, et découvrit juste que son voisin avait des petits problêmes avec le mal de l'air. Pale comme la mort, semblait à deux doights de l'évanouissment. Phhhhh... Vic Sage chercha quelques choses d'américains et de motivant à dire au trouillard, mais ne découvrit au fond de lui que désintérêt et ennui, la moindre once de Superman avait disparut en lui. Néanmoins, parce qu'au fond il restait l'un des types biens hein -hein...? dites oui-, il tenta quelque chose:

-...J'pense pas que les illuminatis feraient se crasher un avion avec uniquement des troisièmes classes, se s'rait pas rentable. Quand aux radars que place Wayne enterprise, de même, le coté low coast du bordel met à l'abris. Vérrifiez sous l'siège si vous voulez, ils sont de forme triangulaire.

En voyant la gueule brisé de Vic Sage et peut être en entendant ses paroles pleines de sens, le type , au lieu de vérifier sagement son dessous de siège, devint encore plus pale et demanda à l’hôtesse s'il pouvait changer de place. Il écouta ensuite le baragouinage inepte de l’hôtesse de l'air sur la construction des jolis avions et tout les gentils techniciens qui s'en occupaient et s'endormit rassuré, après avoir pris des médicaments vraisemblablement fabriqué par des laboratoires manipulés par Cadmus ou des reptiliens qui voulaient diminuer l'intelligence humaine.

-Heureux les imbéciles, grommela Vic Sage en s'enfonçant plus profondément dans son siège, renfrogné.

Il ne touchat pas un seul verre d'eau durant les dix heures de vol, tenant à préserver ses synapses d'un éventuel complot alien. En revanche, il enoya ce mail succint à son employeur:


"Le nom de la pièce de Jade?

Q."


*****

Paris, Paris, Paris... Après une bagarre très humaine et bien peu super-héroique avec la sécurité d'Orly qui ne voulait pas lui rendre sa valise parce qu'il avait découvert un extincteur dedans, Vic Sage s'engouffra dans le premier taxi qu'il trouva:

-Théâtre d'la porte Saint Martin?

Par chance, le chauffeur parlait à peu prêt américain, et malgrès l'accent rauque et incompréhensible de Vic Sage, qui avait apparament décrété que faire des efforts d'articulation était un truc de faible bon pour la batfamily , le chauffeur parvint à expliquer qu'il n'en avait absolument rien à faire du théâtre et qu'il pouvait l'emmener en bas de la comédie française à la limite, y aurait bien deux-trois 'intellectuels gauchiasses pour le renseigner. Vic Sage grogna pour signier que cela lui convenait.

Après des péripéties pleines de raleries toute française sur le périphériques, ils entrèrent enfin dans le ventre de la grandiose Paris -au passage maintenant sous le gouvernement d'un président potentiellement à la solde des illuminati. Les boulevards haussmanniens se succédaient, et à chaque coin de rue toujours les mêmes fiers immeubles en grès, blanc et imposants. Les trottoirs, propres, étaient larges, couverts de gens bien habillés, qui avaient -ouvertement ou non- de l'argent. Chacun semblait préssé, afféré, dévoué à la prospérité de la ville. Les magasins exposait à peine un sac à main, dans de gigantesque vitrine vide qui se voulaient épurées et chics. N'ayant pas l'esprit critique pour en juger, Question supposait que ça l'était effectivement. Les lampadaires étaient couverts de dorures dans certaines rues, quand on était sur les boulevards, et toujours dans un fer forgé élaboré. Ils dépassèrent le sacré coeur, et descendirent le boulevard de Magenta. Mais quand il regardait cette ville fière et drapée dans sa réussite, sa pupille elle projetait des images d'HUb, toujours perdue dans le noir, et dont les ruelles étroites étaient couvertes de crasses et remplies de gens pauvres et dangereux. Il n'y avait quasiment plus de magasins là bas, et les seuls qui survivaient étaient abrités dérrière d'épaix barreaux de fer qui s'affaisaient bien avant la tombée de la nuit. Comment la Justice League et tout leur moyen pouvait toléré qu'existent à la fois une ville aussi honteusement riche que Paris et terriblement pauvre comme Hub?

Après s'être arrété devant le premier hotel qu'ils trouvèrent pour réserver uen chambre et déposer les valises, le taxi le laissa devant le théâtre de la porte Saint Martin. Une clope au bec, Vic Sage s'approcha de la file hétéroclythe qui c'était formé à l'entrée du théâtre.

-Scusez moi... Murmura t'il dans un nuage de fumée à l'égard d'une gamine blonde qui lisait fiévreusement un exemplaire de La Terrasse. Femme verte qui joue dans la pièce?

Un billet de réduction étudiant dans la main, la jeune fille eut l'air interloqué un moment, ayant visiblement du mal à comprendre l'américain de Question, et hésita de façons visible à l'ignorer mais pour finir, la curiosité fut trop forte et elle expliqua d'une voix de saleté de gauche qui veut faire aimer sa passion, dans un anglais plus que passable mais ou elle répétait sans cesse les trois adjectifs qualificatifs qu'elle connaissait dans la langue de Shakespeare:

-Oui! Dans sa voix relent d'accent du Sud et des étoiles pleins les yeux. Une menbre de la Justice League, verte des pieds à la tête! J'éspère qu'il y aura une évocation de son point de vue vis à vis de la polémique avec Waller! Mais peut être pas... C'est une tragicomédie contemporaine sauf que...mais... par contre j'éspère que la mise en scêne n'est pas trop audacieuse apparemment ils ont rajouté du texte qui ne vient pas du tout de l'auteur à un moment et il y ont fait un gros boulot sur la corporéité animale et le ...

-Bien, coupa Question, sentant un enthousiasme hyperactif dangereux monter chez son interlocutrice. Deux questions: On a le droit de fumer dans le théâtre et ou est ce que je peux trouver un bouquet de fleur?

****

Riche en bas pauvre en haut. Changement. Pris le billet à la bourre. Aurait du être au "Poulaillier" mais jouer carte journaliste. Suis premier rang. Vieux théâtre. A l'italienne. Comme les vendetta. Odeur de poussière et de bois. Que des vieux dans l'parterre. Déjà plus prêt de la tombe. Les jeunes sont en haut. Gros rideau de velour rouge. Attends une histoire des trois coups ou une truc du genre. Sait toujours pas d'quoi ça parle. Connerie de mollasson surement. Faudra que je trouve rapidement les loges pour être le premier à l'intérieur. Qu'est ce qu'elle fout au théâtre plutôt que de sauver le monde? Inutile. Enfin, au moins, assume sa vacuité, pas comme les autre.

Pas de trois coups? Mais qu'est ce qui font les théâtreux. Bref. Le rideau s'ouvre. Scêne à moitié vide. De la cendre partout. Va être chiant à nettoyer. A coté de moi, une vielle tousse. Une chaise sur scêne, peinte en bleu. Dessus, une femme de dos. Une femme au dos vert. Elle tourne la tête vers nous.

Jennie.

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MessagePosté le: Mer 23 Aoû - 23:07
Ellison avait lâché le morceau en répondant au courriel de Question : il s'agissait d'une pièce de Fassbinder, Preparadize Sorry Now qui narrait le parcours de deux tueurs en série anglais qui vénéraient les nazis.

D'après le fascicule qui avait été remis à l'entrée du Théâtre au détective crasseux à la faveur de sa carte de presse (pour aider les journalistes fainéants à rédiger une pige convenable), Jade serait à peu près la seule actrice et incarnerait tour à tour les deux tueurs ou un truc dans le genre.

A côté de lui, une femme, brune avec des lunettes et un accent un peu traînant, à l'air totalement bourgeoise et inutile, jugea bon de s'adresser à lui :

"Vous ne seriez pas journaliste aux Inrockuptibles ?"

Elle souriait bêtement et crut bon d'ajouter :

"J'ai lu dans Télérama que cette pièce était radicale. Totalement hype. Avec une actrice verte qui joue en tchèque et pousse des cris d'animaux !"

Elle se gratta la tête et développa son idée.

"Parce que bon, le tchèque, quand on se concentre un peu c'est pas si compliqué que ça... J'veux dire : ça ne nuit pas au sens. Et... c'est également audacieux d'avoir fait une pièce sans décor à part cette chaise bleue... qui interpelle, non ? Je veux dire ça donne l'impression à cette scène d'être toute balthusienne..."

Et caetera. Et caetera. La femme était une pipelette (on ne pouvait qu'espérer que ce soit son métier) et s'enthousiasmait pour les moindres détails d'une production qui avait tout l'air d'être un accident de chemin de fer au ralenti. Elle débitait l'annuaire de tous les artistes obscurs pour lesquels elle s'était enthousiasmée depuis les 20 dernières années. Des noms revenaient régulièrement. Bourdieu, Foucault ou Sollers.

Et le fait que tout cela était radical.

Radicalement rasoir, oui.

C'était une production d'Harlan Ellison, donc un truc pour placer de l'argent (le brûler ? le jeter ? ou permettre d'en soutirer aux lecteurs de Télérama ?) dans un pensum fait par et pour des types chiants. Qui pensent que Wilsonien est un adjectif qualificatif digne d'être prononcé.

Au bout d'un temps démesurément long (mais la diarrhée verbale de la femme avait réussi à dilater ce moment qui, heureusement, ne reviendra jamais !), de la musique se fit entendre sur scène...


... et Jade qui était nue mais de dos sur sa chaise commença à ânonner en tchèque phonétique ce qui semblait être son texte (mais qui aurait pu être une recette de cuisine ?), l'entrecoupant de cris de chèvre ou de cochon.

Pas de décor. Pas de lumière. Pas d'intonation. Pas d'action. Pas de texte intelligible.

Et une actrice qui demeurait perpétuellement de dos.

*
* *

Au bout de 2 heures (DEUX HEURES), le rideau tomba pour ne pas se relever (heureusement il y avait un rideau) et Jade fila dans sa loge, honteuse de se compromettre dans une telle farce qui créait un seul et unique enjeu chez le spectateur : allait-elle enfin se retourner ?

Théâtre de l'ennui, théâtre du vide... elle se sentait comme un mannequin de détail ou une doublure lumière qui aurait fait le cours Florent.

Elle était dans sa loge (elle en avait une : l'avantage d'être seule en scène). Au bord du précipice. Et Paris... Paris lui rappelait l'affaire C.B. qui lui donnait encore de violents maux de crâne... vivement que les représentations cessent, que la société de production lui file son chèque et qu'elle puisse rentrer fissa aux States... même si c'était pour servir la soupe à Waller !


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MessagePosté le: Ven 25 Aoû - 23:58


Clap. Clap. Clap.

Hébétée devant son miroir triste et fissuré, Jennie mit sans doutes quelques secondes à noter le bruit feutré de gant qui se rencontraient. Adossé à l'encadrement de la porte, dans une chemise large évoquant plus Humphrey Bogart qu'un spectateur d'opéra, Question applaudissait mollement, un bouquet fané (voler dans un cimetière?) coincé sous le bras.

-Deux heures. Un minable en imper bleu peut sauver un car de gamin dans ce temps là. Me demande ce qu'un demi dieu vert pourrait faire dans ce même intervalles. Supposes qu'on saura jamais....

Son non-visage était plongé dans la pénombre et sa voix amère. Le détective laissa tomber le bouquet au sol dans un geste qu'il ignorait -heureusement!- être théâtral. L'aurait pu exprimer tout le mépris qu'il avait pour ses intellectuels mollassons, confortablement en train de refaire le monde dans leur chausson pendant que lui plongeait les mains dans la merde. Il aurait pu. Seulement, il était pour lui tellement évident que tout ses peintres, poètes, écrivains, rêveurs et autres n'était qu'une bande de pleutre sans incidence qu'il ne leur accorda pas plus de salive. Au fond il ne voulait pas s'énerver contre eux. Lui faisaient penser aux autres sucre d'orge de la Justice League et à leur palabres incessants. Si certains voulait perdre leur temps, qu'ils le fassent, lui il avait un monde à protéger. Il voulait ne pas les traiter avec amertume. Il voulait ne pas être dédaigneux vis à vis de Jennie, vis à vis d'eux, ceux qui croyait en la non-violence, en l'art, en la passion, en la joie. Il le voulait. Vraiment.

Il souleva une partie de son masque -vision cauchemardesque que n'aurait pas démentit Lynch- et s'alluma une clope, vraisemblablement roulée pendant l'interminable représentation. Il aspira une bouffée, contint une toux, ré-infligea un nouvel assaut de pétrole à ses poumons.

-Super le cri de porc, lâcha t'il les dents sérrés.

Jugeant l'avoir assez maltraitée pour avoir pris une décision aussi stupide que jouer dans cette pièce, Question tourna sa tête en direction du mur, histoire de lui éviter sa gueule de vieux juge non-identifiable. Arrivait pas à contrôler ses putains d'émotions, même à travers ce putain de masque. Il aurait du en avoir rien à foutre des choix de carrière de Jennie. Il aurait limite du être content pour elle, ou une émotion du genre.

-Cigarette Burns, siffla de sa voix d'outre tombe. Pourquoi Constantine et toi avez lâchés l'affaire? Tu sembles pourtant passionnée par les recherches artistiques.

Nouveau nuage de fumée mesquin, suivi d'une toux sortit du fin fond de ses poumons. Non. Stop. Arrête. Arrête de la railler, pourquoi il faisait ça ça n'était même plus utile. Il lui avait dit ce qu'il pensait de sa pièce. Elle savait. Pourquoi il insistait? S'en devenait mesquin. Presque sadique. Il n'était pas comme ça.


Comportement à la con. Pourquoi il faisait ça? Décision stupide de la part de la verte, mais pourquoi insister? Pourrais se dire que c'est vital de la remettre sur le droit chemin elle qui appartient à la Justice League mais même pas. L’espèce de leviathan monstrueux que constituait le groupe pouvait bien se passer d'un composant. Pourquoi alors? Sa pièce n'était pas bonne, mais de toute façons pour lui toute oeuvre qui ne gueulait pas "méfier vous des illuminatis" était inutile et donc nulle. Alors pourquoi? Parce qu'il lui en voulait pour sa position par rapport à Waller? Même pas. Il admirait presque. Un super-héros capable de comprendre que les cloportes en dessous en avait peut être marre de se faire marcher dessus sans réglementation, en soi, ça aurait pu servir le débat. Alors pourquoi?

Une quinte de toux le repris, violente, profonde. Courbé en deux, il laissa tomber sa clope sur le sol crasseux de la loge. Est ce qu'il serait...Jaloux? Jaloux de Jennie qui avait trouver une nouvelle perdition? Jaloux d'une potentielle réponse Jaloux d'un collègue qui parviendrait à trouver quelque chose d'autre à faire que cogner comme un ane sur un monde qui ne devenait jamais plus beau. Non.

Question écrasa sa cigarette d'un geste sec. Le regard toujours planté dans un mur.
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MessagePosté le: Ven 1 Sep - 8:46
Jade, dans son peignoir à fleurs, fut surprise par l'arrivée de l'homme à l'imperméable douteux... elle crut même un instant qu'il s'agissait de Constantine !

Mais l'élocution monocorde du détective masqué et l'état douteux des fleurs qu'il venait de lui offrir en les lui jetant à ses pieds corrigèrent l'erreur de la jeune femme : Question.

Elle ne put s'empêcher de penser que la dernière fois qu'il avait utilisé des fleurs sur elle, c'était pour tenter de l'assommer en la frappant avec un pot de géraniums (ou de bégonias ?).

Sa nuque s'en souvenait.

Elle se mordit les lèvres et essuya les remarques cinglantes de l'homme. Intransigeant et intraitable comme à son habitude, Question tapait dans le mille. Elle en aurait eu presque les larmes aux yeux et détourna le regard : oui, sa volonté d'aller telle la phalène là où les lumières étaient les plus fortes était pathologique et pathétique. Et oui, elle méritait ce qui lui arrivait : ânonner sans le comprendre un texte qui pourrait tout aussi bien être celui d'une recette de cuisine, tout en poussant des cris de truie égorgée, dans une mise en scène prétentieuse et inintéressante, c'était ça l'aboutissement de sa carrière.

Super-héroïne ratée, ostracisée par la quasi-totalité de ses copains de la Ligue depuis son positionnement malheureux en faveur d'Amanda Waller, à la vie sentimentale apocalyptique et à la vie artistique frustrante, voilà ce qu'elle était.

Si Question lui avait tendu un revolver, elle lui en aurait été presque reconnaissante.

Elle essuya - avec la manche de son peignoir - les petites larmes qui perlaient au coin de ses yeux et renifla bruyamment. Présentement, elle n'avait rien de glamour. Elle était même l'anti-glamour à elle toute seule. Finalement, le couperet tomba...

Cigarette Burns. Le cercle enflammé qui avait hanté ses nuits, comme ses jours. L'horreur, l'horreur.

Elle demeura interdite un instant, puis observa attentivement, d'un regard méfiant, Question. Elle se leva comme une furie et pointa sur le détective douteux un index rageur.

"JE NE VEUX PAS PARLER DE CIGARETTE BURNS ! TU COMPRENDS ! ON-NE-DOIT-PAS-EN-PARLER !"

Elle avait crié. Elle avait perdu son calme. Et...

Elle retomba comme un soufflet. Comme si Cigarette Burns ne pouvait quitter sa vie comme elle l'aurait souhaité. Comme si, nécessairement, la quête abandonnée devait être reprise, comme un vin d'amertume qui devrait être bu jusqu'à la lie une fois tiré.

Elle croisa les bras et tapa nerveusement du pied au sol. Puis, reprenant une grande inspiration, elle ajouta :

"Tu veux que je te raconte Cigarette Burns ? Tu es sur que c'est ce que tu veux ? Hein ?"

Jade se jeta sans ménagement dans le fauteuil qu'elle venait de quitter puis se servit un grand verre de whisky.

"OK mais file moi une clope d'abord..."

*
* *

Le récit que fit Jade lui coûtait. Mais elle tenta - au mieux - de résumer sa quête avortée pour retrouver cette maudite pellicule.

Elle aussi, elle s'était retrouvée - avec Constantine - chez Harlan Ellison. Ce dernier leur avait remis les mêmes documents qu'à Question, à savoir le journal de Raunes Jr., la coupure de presse et la lettre de Neil King.

Constantine ne souhaitant pas remettre le pied en Angleterre, ils avaient décidé d'aller - comme Raunes Sr. et Jr. avant eux - à la Cinémathèque Française. Ils avaient fait des recherches dans les archives et avait pu découvrir sous la référence "VI66" (666) un dossier caché, contenant des documents ayant trait à Cigarette Burns.

Aussitôt, ils avaient été attaqués et capturés par un ancien critique de cinéma qui travaillait pour la Cinémathèque, un certain Werner Schneider.

Emprisonnés dans une pièce forte se situant sous l'ancien cinéma "L'Aube Dorée" de la rue du Dragon (devenu depuis lors un sex-club gay appelé "La Douche Dorée"), Jade et Constantine retrouvèrent Raunes Jr., lui même prisonnier.

Il s'est avéré que Schneider avait eu une vie intéressante : il était lors de la chute de Berlin en 1945 capitaine SS et attaché au service de Martin Bormann, le secrétaire particulier d'Hitler, et s'était vu confier une mission concernant un artefact top-secret... Il semblerait qu'il ait failli dans la mission (quelque part dans l'année 1946), ait perdu l'objet et ait consacré le reste de la vie à le retrouver...

... jusqu'à se retrouver dans le cinéma de la rue du Dragon, le 30 avril 1978, lors de la seule et unique projection de Cigarette Burns... Grièvement blessé, Schneider avait perdu l'usage de ses jambes mais n'avait pas - depuis lors - vieilli d'un pouce. Il avait écrit ensuite des articles de cinéma dans des revues d'extrême-droite avant de se faire engager à la Cinémathèque Française.

Son objectif était dorénavant - pour une raison mystérieuse - de retrouver Cigarette Burns et de mettre la main sur le dossier concernant ce film qui était dissimulé à la Cinémathèque.

Schneider était également accompagné d'un grand noir, Mi-Go, qu'il traitait comme un serviteur mais qui s'était avéré poursuivre ses propres desseins : il semblait, lui, vouloir à tout prix conserver le secret autour de Cigarette Burns et éviter que la pellicule ne soit retrouvée. Il faisait partie, à ce titre, de "l"Ordre Ésotérique de la Bobine Sacrée". Il n'était aux côtés de Schneider que pour surveiller ses progrès.

Aussi quand Schneider fut mis KO par Constantine (il n'y avait pas de quoi être fier : le SS était paraplégique) et que Mi-Go réalisa qu'il allait être, lui-même, être capturé, il préféra se suicider avec une fausse dent contenant une capsule de poison.

Constantine et Jade durent quitter en toute hâte les sous-sol du Cinéma et purent se rendre compte que l'établissement de nuit qui avait succédé à ce cinéma avait fait disparaître tout indice quant à Cigarette Burns et sa funeste projection de 1978...

Une fois au calme, le détective et l'héroïne avaient pu examiner la pochette récupérée à la Cinémathèque. Jade, dans le présent sortit du tiroir de sa loge cette même enveloppe kraft (elle ne pouvait se permettre de la laisser sans surveillance, dit-elle sur un ton quasi-maniaque) et la remit à Question.

Cette pochette contenait trois documents.

Le premier était simplement la coupure de presse que Question connaissait déjà.

Le deuxième était une simple feuille volante (qui comportait des traces de déchirure sur la tranche, laissant entendre qu'il ne s'agissait que de la couverture d'un document plus volumineux) sur laquelle était inscrite "Notes sur Cigarette Burns".

Le troisième était la fiche technique du film comprenant le nom de l'ensemble des personnes ayant travaillé sur le film. Des recherches sur le net révélèrent qu'il ne s'agissait que d'illustres inconnus qui était, d'ailleurs tous morts entre la fin des années 70 et le début des années 80. La plupart du temps la cause du décès mentionnée était le suicide.

Ce document mentionnait, par ailleurs, que le film était une co-réalisation : si l'un des réalisateurs n'était identifié que par les initiales L.C.F. (et aucune recherche n'avait permis de découvrir la signification de ces lettres), le second était le réalisateur expérimental Hans Backovic, "réputé" pour avoir tourné les choses les plus dérangeantes et les plus déréglées qu'il soit, et qui avait émis le souhait d'aller plus loin. Il trouvera la mort en 1985, en s'ouvrant la gorge devant sa femme, Elisabeth, dans son appartement parisien du XXème arrondissement.

Enfin, le dernier document était une simple liste indiquant le nom des survivants de la projection de 1978 :

Oswald Jones - Critique de cinéma
Neil King - Spectateur
François Mouly - Projectionniste
Werner Schneider - Critique de cinéma

Après quelques petites recherches, il s'avéra que Jones avait été un critique de cinéma respecté jusqu'au jour de la projection tragique ! Suite à cela, il avait cessé de collaborer avec les revues pour lesquelles il travaillait et s'était mis à son "Grand Projet", un article sur "le film qui avait changé sa vie" (sans d'ailleurs qu'il ne précise jamais de quel film il s'agissait)... Il avait vécu, reclus, pendant des années avant de se faire sauter la cervelle avec un pistolet en 2016... Dans ses affaires avaient été retrouvé son "article", constitué de plusieurs dizaines de milliers de pages qui ne présentaient aucun sens...

François Mouly, le projectionniste, a - à sa sortie d'hôpital (il souffrait de terribles brûlures) - pris le volant de son véhicule et tué volontairement des enfants qui traversaient la route. Condamné par la justice française à 30 ans de réclusion criminelle, il n'était toujours pas sorti, ayant commis diverses infractions en prison (sexuelles et violentes) qui lui avaient valu de repasser plusieurs fois devant une Cour d'Assises et de prendre des rallonges conséquentes... Il était jusqu'à peu incarcéré à Fleury-Mérogis en qualité de détenu particulièrement surveillé et laissé perpétuellement à l'isolement. Jade et Constantine lui avait rendu visite et avait découvert un homme complètement dément mais qui physiquement ne faisait pas du tout son âge mais tout au plus une trentaine d'années... Il avait essentiellement insulté le duo de détectives improvisés, avait indiqué de manière mystérieuse que "la vache avait sauté par dessus la Lune" puis avait refusé d'en dire plus et avait cessé de réagir à leur présence. Le lendemain de cette entrevue, il s'était suicidé avec une lame de rasoir.

Neil King était un jeune touriste britannique, fan de cinéma. Apparemment, il était la seule personne à être sortie indemne de la projection. Il s'agit d'ailleurs l'ami qui avait écrit la lettre contenue dans le dossier remis par Harlan aux deux héros, puis à Question.

Enfin, Schneider était nul autre que le SS paraplégique que Jade et Constantine avait affronté dans les sous-sols de la rue du Dragon.

*
* *

Jade soupira : elle avait fini sa clope et son verre et semblait comme vieillie. Elle ajouta d'une voix lasse :

"Après ça, Constantine a abandonné. Je ne savais pas comment continuer et... j'avais peur"

Elle renifla et se resservit un verre. Elle était perturbée.

"J'avais peur car quand on cherche C.B., c'est C.B. qui finit par vous retrouver. J'ai cauchemardé du cercle de feu pendant des semaines. Je... J'ai eu des maux de tête et des tremblements, je..."

Elle marqua une pause. Elle avait décidé de lâcher le morceau alors pourquoi ne pas aller jusqu'au bout ? Jade reprit d'une voix plus douce, avec un sourire timide aux lèvres :

"Tu es envoyé par Ellison, c'est ça ? Il ne lâche jamais l'affaire... mais il ne veut pas se salir les mains. Nous, on est à mi-genoux dans le sang et on va continuer à s'enfoncer..."

Elle ricana et vida son verre avant de donner les dernières informations dont elle disposait.

"Raunes Jr. traîne toujours à Paris, il cherche son père et un certain Marcus Brandy qui a, également, mystérieusement disparu. Le journal de Raunes en parle. Il se serait acoquiné avec un culte d'adorateurs du Roi-en-Jaune ou un truc du genre. Ses compétences en esotérisme, dixit Raunes, aurait pu nous être utiles... Pour le reste..."

Elle posa ses yeux sur le masque de Question :

"T'en penses quoi, M'sieur le Détective ? On va où ?"


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MessagePosté le: Ven 1 Sep - 18:16


La verte terminait ma dernière indus, l'air au bout du rouleau émotionnellement. Me sentait presque peinée pour elle. Bien sur chacun fait ses choix en ce caniveau à ciel ouvert, l'avait c'quelle méritait, son positionnement vis à vis de Waller n'était pas le mien mais...L'était là, seule et misérable. Montoya avait été comme ça un jour. Et la Justice League, si attachée à la démocratie à en écouter leur jérémiades, condamnait à l'exil la seule dès leur qui c'était positionné contre leur avis. Naturellement, ils étaient les bons gars, il n'y avait donc pas à s'inquiéter du fait qu'ils n'écoutaient pas ceux qui étaient contre leurs avis et exilait toute force d'opposition, n'est ce pas? Il y a quelques choses de pourris chez les demi-dieux qui régissent ce monde. Et il faudra bien qu'un jour quelqu'un aille demander à ceux qui nous surveille qui les surveille eux...

Jennie avait peur. Se sentait sale. Piégée. Me rappelait quelqu'un. Je m'approchai pour lui piquer la bouteille de whiskey des doights, relevé mon masque en prendre une gorgée, pour ensuite le vider dans l'évier proche. Finis de geindre, temps d'avancer. De rendre l'monde meilleur. L'en a besoin.

Jennie est là, toute proche, et me demande quoi faire. Et l'héroine bannie se force à aller de l'avant, sachant que quelque soit son prochain mouvement, elle s'en prendrait de toute façons plein la gueule. Avancer coûte que coûte. Encore quelques mètres avant d'être définitivement brisée. Nécessité de se battre. Jade, qui quelque minutes plus tôt avait faillit se taper une crise d'angoisse en entendant Cigarette Burns, maintenant prêtte à remettre le pied à l'étriller. Me rappelait définitivement Montoya.

-Hellison se salira pas les mains. Et? Rien de neuf là d'dans. Personnes se salit jamais les mains, Hayden. La justice League, les "bonnes gens", la batfamily toujours à croire qu'un monde juste va leur tomber dans la main s'ils restes sages. Faut des gens pour aller plonger leur main dans le bourbier. C'est nous et pas eux. Parce que si on l'fait pas, personne le fera.

****

Un silence suivit. Géné, l'imper bleu prit un air plus fermé encore qu'à l'accoutumée et inspecta à nouveaux les documents que lui avaient donné Jade.

-LCF, LCF, LCF...Répéta t'il de sa voix rauque miraculeusement maintenue dans les gammes audibles pour les hommes. Me rappellent les initiaux dans un film de...Le pédophile....Polanski? Une histoire de porte, la neuvième, avec le gars qui bat sa femme dans l'rôle principal. L'avait vu de façons fragmentaire, ça passait chez un baron de la mafia quand j'étais en train de l'inté...Peu importe. LCF étaient les initiaux pour Lucifer.

Un silence suivit cette annonce et le hardboiled détective sentit un frisson mordant lui parcourir l'échine. Il remit les rabats de son imper fatigué, tentant de se protéger d'un courant d'air inexistant. LCF, le fameux 666, le type qu'avait pas eu l'air de vieillir et ces références au Necronomicon... L'occulte suintait par tout les pores de cette affaire sordide. Et même s'il était renseigné là dessus il restait l'éternel pauvre type sans pouvoir dans une enquête qui s'enfonçait dans les limites de l'entendement humain. Peu importe. Le courage retrouvé de Jade n'avait pas besoin de le voir faire une crise de "suis je légitime pour cette enquête" Question allait prendre sur lui et éviter de se taper une petite crise d'interrogation personnel. Une nouvelle quinte de toux terrassa Question à moitié, s'achevant dans un sifflement sortit de région inexplorée de ses poumons.


-On va passer chez la veuve Backovik, voir si elle à des infos sur les intentions de LCF et de feu son taré de mari. L"Ordre Ésotérique de la Bobine Sacrée" à laquelle vous vous êtes heurté se manifestera vraisemblablement d'elle même...J'poserais les questions à ce moment là... Si tout c'la ne donne rien, un détour par Londres deviendra surement obligatoire, murmura Question qui détestait apparemment la capitale du Royaume Uni.

Le détective ouvrit la porte de la loge et sortit.

-Je reviens dans cinq minutes.

Depuis la loge de l'actrice verte, des cris se firent entendre à quelques pièce de là -le bureau?-, dont ceux, très reconnaissables par la pointe d'accent parisien qui y perlaient, du directeur du théâtre et du metteur en scêne. Plusieurs craquement consécutifs retentirent, des prières bruyantes, suivit d'un silence entrecoupés de sanglots étouffés.


Question revint en se massant l'épaule -était ce du sang qui luisait sur ses gants noirs?- et jeta à Jade une liasse de billets froissés correspondant à sa rémunération pour les prestations accomplies -censée être donnée à la fin du contrat entier. Le détective s'alluma une clope.

-Une blague, tu t'es fais exploitée. Peu importe, Hellison m'a filé du blé. T'es définitivement libérée de ta carrière théâtral, et l'directeur veut plus t'voir même dans le public, précisa Question dans un nuage de fumée, essuyant ses gants sur un onéreux costumes qui traînait là. L'a dit que de toute façons t'avait toujours compté que sur ton teint. Maintenant que tes impératifs artistiques sont réglées, allons voir Backovik.










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MessagePosté le: Lun 18 Sep - 9:09

Jennie, comprenant qu'elle ne brûlerait plus jamais les planches parisiennes, n'en éprouva pas moins un soulagement : comme si son honneur bafoué avait été vengé, certes d'une manière que réprouverait ses camarades de la Ligue, mais vengé tout de même.

Elle sourit dans le taxi qui les emmenait en direction d'un immeuble moderne sis au 7, rue des Partants, non loin du cimetière du Père Lachaise.

Ils aurait pu marcher jusque là mais sa connaissance des rues parisiennes était insuffisante. Et, monter dans ce taxi et fermer les yeux à l'arrière de la banquette, se laisser éblouir par les lumières de la ville et rouler silencieusement dans ce Paris imaginaire, transportait Jennie et lui faisait encore croire que la bonté, le bien et le beau existaient en ce monde.

Elle savait que son voisin de taxi pensait très certainement l'exact opposé de tout ça. Elle se dit qu'il faudrait qu'un jour il présente le détective sans-visage à son frère. Pour voir si leurs ténèbres respectives étaient compatibles.

Une fois sur place, elle eut un vilain pressentiment et le dit à Question :

"Cette histoire est une sale histoire. Je..."

Elle s'arrêta et ajouta, un brin mystérieuse.

"Il ne faut pas se fier aux apparences. Il y a de la crasse sous les strass. Et il y a certaines choses qu'il vaudrait mieux ne pas toucher..."

Avant même que les deux détectives surnaturels ne se décident à appuyer sur l'interphone, celui-ci grésilla. Une voix âgée mais ferme leur intima l'ordre de monter.

"Je vous attendais. Nous avons beaucoup de choses à nous dire. 4ème étage, porte de droite"

Une fois en haut, après un bref voyage en ascenseur, les héros trouvèrent une porte entrouverte. Sur la plaque, il y avait marqué "M. et Mme H. Backovic".


Dans la pièce, une très vieille dame était en train d'observer un type jeune et athlétique installer un houka et vérifier que cet appareil fonctionne correctement, sous l’œil avide de la dame.

Il alluma le houka et tendit le tuyau dont s'échappait une fumée acre (du cannabis ?) à la vieille dame qui le saisit avec avidité et commença à inhaler le produit.

L'homme, sans un bruit, quitta l'appartement et la dame se présenta :

"Je suis Elisabeth Backovic et mon mari m'avait prévenue de votre arrivée. Asseyez-vous. Prenez des gâteaux..."

Elle désignait une table basse sur laquelle était posé un plateau de cookies cuisinés du jour.

"... et dites-moi tout. Je ne promets pas de donner une réponse à chacune de vos questions et je crains même que vous ne repartiez d'ici plus désorientés qu'en arrivant..."

Elle sourit de manière diabolique, une lueur mauvaise dans le regard... Elle dégustait sa pipe à fumée et se sentit obligée de préciser :

"Cela fait plus de 30 ans que j'attends ce moment, mes lapins. Aussi je le déguste"

Jade frissonna. La veuve Backovic était flippante.


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[New-York] Cigarette Burns - Reloaded

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