[New-York] Cigarette Burns - Reloaded


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MessagePosté le: Mer 21 Juin - 16:06

Question ignorait comment était-ce possible mais quelqu'un avait réussi à le joindre sur l'une de ses messageries privées. Un courriel venait de lui être adressé et celui-ci ne pouvait laisser que le détective douteux songeur...

"M. la Question,

J'ai besoin de réponses et un ami commun m'a indiqué que vous étiez le meilleur - ou presque - quand il s'agit de démêler des affaires sordides et que Batman n'est pas disponible.

J'aimerai que nous fassions connaissance. Comme j'imagine que nous ne pouvons aller chez vous, nous irons donc chez moi. En pièce jointe vous trouverez tous les détails qui démontrent que ceci n'est pas un canular ! Je suis très sérieux. Et j'ai besoin de discrétion. Comme vous.

M. "Discret mais sérieux"

PS : Becky vous passe ses amitiés !"


*
* *

La pièce jointe indiquait une adresse. Celle d'un hôtel de luxe situé sur une grande avenue New-Yorkaise. Dans la chambre 666 plus exactement...

Si Question avait bien mené son enquête, il aura découvert que cette chambre est une suite gigantesque loué à l'année par l'écrivain de science-fiction excentrique et dérangé, Harlan Ellison. Connu pour ses "Dangereuses visions" et pour tout un tas de récits inoubliables comme "Je n'ai pas de bouche et je veux crier", l'homme n'est en rien lié avec le banditisme ou les complots politico-financiers tels que le détective sans visage les adore.

Bref, un type en apparence innocent - un peu toqué - qui donnait rendez-vous au justicier de l'ombre chez lui en lui demandant d'être discret ?

S'il n'y avait pas eu cette référence à l'affaire "Becky" à l'issue de laquelle Question s'était retrouvé tout nu en pays étranger, victime d'une usurpation d'identité qui avait permis à une tueuse à gages du Mossad de dessouder quelques néo-nazis en goguette, le détective aurait pu y aller en sifflotant.

La référence était sinistre et puait le sang à plein nez...

Mais revenons à Harlan...

*
* *

La porte avait été ouverte par un domestique noir en livrée. Il avait - sans un mot, était-il muet - conduit le détective jusqu'à un grand salon-bibliothèque où étaient éparpillés - parfois à même le sol ou sur les fauteuils en cuir - un nombre impressionnants de productions artistiques provenant des imaginations les plus déréglées de l'histoire de l'humanité.

Les bouquins d'Aleister Crowley côtoyaient les oeuvres complètes du visionnaire toqué Emmanuel Swedenborg. William Blake flirtait avec le Comte de Lautréamont. La Saison en Enfer de Rimbaud semblait pâlichonne face aux gravures de la Divine Comédie de Gustave Doré. Aux murs, Bosch paradaient entre deux originaux d'HR Giger. Dans la bibliothèques l'horreur Lovecraftienne s'étalaient sur plusieurs rayonnages, entrecoupée seulement par les oeuvres impies d'Arthur Machen, d'Algernon Blackwood ou par le méphitique Roi en Jaune de Chambers.

Ellison semblait s'intéresser à tout ce que l'homme a pu créer de dérangeant : le satanisme, l'alchimie, la démonologie, l'ufologie, les anciens mythes, la communication avec l'au-delà...

Mais Question n'était pas là pour chiner dans la bibliothèque de son hôte car celui-ci venait d'arriver.


Pieds nus et sifflotant, il déboula dans la salle sans éprouver le moindre trouble. Comme tous les excentriques bizarres, il ne voyait même pas en quoi sa démarche pouvait éveiller des soupçons chez des types aussi paranos que Question. Aussi, il se contenta de dire :

"Bonjour. Vous devez avoir la tête qui fourmille de questions, non ?"

Il eut un grand sourire et débarrassa un fauteuil en balançant sans ménagement sur le sol la pile de livres (des vieilles éditions originales de Melville, Hawthorne ou Bierce) qui encombrait le siège.

"Au Diable la littérature ! Prenez place et dites-moi ce que vous pensez de..."

Il était en train de farfouiller l'intérieur d'un petit meuble pour en sortir une bouteille de whisky, très ancien, très bon et très cher.

"... ce petit remontant qui doit dater de la reddition des Sudistes !"

Harlan tendit la bouteille à Question et prit lui-même place sur un siège. Il croisa les bras, sourit et lança :

"Aimez-vous aller au cinéma, cher ami ?"


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MessagePosté le: Sam 8 Juil - 15:42

Une bible et un exemplaire de l'Appel de Ctulluh écartelée tout le long de son triste appartement - les pages couverte de trace de tasse de café ou de sang séché- Question continuait de découper des versets et des phrases de Lovecraft et d'entourer fiévreusement certaines citations, en proie à une folie paranoïaque dont la ténacité et la constance avait presque rassurée Renée quand elle était venue lui rendre sa visite de sécurité mensuel.
Elle aimait le voir occuper à courir après des théories conspirationnistes farfelues plutôt que d'aller se confronter à des "vrais" gouvernements. Elle ne savait pas quel âge avait son...Ami/Mentor/PainintheAss/putainilfautquej'amélioremesrelationssocialesrapidement mais elle craignait pour sa santé. Depuis quelques temps elle le voyait tousser, beaucoup, du sang parfois, et toutes les diverses fractures mal soignées qu'il avait rendait sa démarche étrange quelquefois. Elle avait peur. Le deuxième catégorie, sous-superhéros, pale imitation trenchcoatienne de Batman n'avait pas l'aura divine qui émanait du Bat -ni le même budget pour se soigner. Batman serait éternel. Question pas. Il mourrait, un jour, et personne ne serait assez fou pour reprendre son flambeau. Elle en tout cas elle ne pourrait pas. Vic Sage était sans aucun doute l’individu le plus désespéré qu'elle connaissait. Seul avec sa névrose qui certains jours passait pour de l'héroisme.

Alors c'était bien. Qu'il se calme. Qu'il traque des trompettes de l'apocalypse, des dieux tentaculaires et des choses de cet ordre. QU'il vive paisiblement sa névrose paranoiaque. Jamais Question ne perdrait sa folie névrotique mais s'il pouvait se prendre moins de plomb dans le corps, ce ne pourrait être que positif. Elle en avait assez de le voir plus brisé chaque mois. Bleu par bleu, il perdait peu à peu son visage pour ne plus devenir qu'un souvenir douloureux de ce qu'il avait été un jour.

Renée était aprtie rassurée, après avoir déposé des boites de bouffes à l'entrée. Rien de très expensifs et original, certes mais auters choses que les putains de haricots froid qu'il s'enfilait. Il était temps que Question deviennent prudent. Et que quelqu'un prenne soin de lui. Pour ce qu'elle en savait, il était peut être plus jeune qu'elle. Mais le vigilantisme diminue grandement l'éspérance de vie. Sauver tue. C'était bien que le sans visage deviennent raisonable.

*****

"Le septième ange fit sonner sa trompette : il y eut dans le ciel de grandes voix qui disaient : Le royaume du monde est maintenant à notre Seigneur et à son Christ ; il régnera pour les siècles des siècles."

Renée là. Encore déposer bouffe à l'entrée. Pitié de merde. Vais aller balancer ça à la poubelle quand sera partie. Besoin de protéger quelqu'un pour se sentir bien. Typique. Médical. Peu pas l'envoyer bouler, sixième mois chez les alcoolique anonyme, besoin d'un petit chiot à sauver pour oublier qu'elle est le petit chiot. Amusant. Chier que ce soit sur moi. Deteste qu'on tente de me ramollir. Peu importe. Gouvernement dérrière les trompettes de l'apocalypse? LOvecraft à la solde de la CIA? Recherche à faire. Internet à nouveau fraîchement piraté. Hate de voir ce que Ctullu Jesus Apocalypse donnerait une fois dans le ventre de la barre de recherche google. Renée part. Tant mieux. Fatiguer de la voir avec son regard de cocker. Irait fouiller chez elle pour vérrifier qu'y a plus de whisckey plus tard. Empêcher la rechute.

Mail étrange. Quelqu'un trouver. Becky? merde. Problême encore. Becky sait qui est Vic Sage. Becky sait qui est Question. Maussad. Lunatique. Folle. Ignore le court d'un imper correct actuellement. Distraction charnelle honteuse. Peut importe. Doit y aller. 666? Sérieusement? Prévenir Constantine? Non, connard de première. Seul. Mieux.

Migraine étrange. Plus de whisckey pour régler ça. Paracétamol bouffer par les rats. Imeuble insalubre. Enfants vivent là. Amiante au plafond. Vic Sage pourrait faire quelques choses. Mais si je cesse d'être la Question peut être que je ne voudrais plus jamais l'être. Bruce Wayne à tuer Batman. Clark Kent affaiblis Superman. Minables. Question a tué Vuc Sage. J'entends des pas. Concierge? Gouvernement? Je sors par la fenêtre. Ne jamais installer de porte. Ennemi du dynamisme. Ramollis. Possiblement créé pour affaiblir a race humaine, la rendre faible et débile, incapable d'éxécuter le moindre mouvement qui quitte le sol.

***

Harlan Ellison très riche. Ecrivain. Du genre à grogner contre le monde et à rester dans son fauteuil de velour. Ridicule. Mon imper goutte sur sa moquette, tache humide. L'eau acide de New Yorck laisserait peut être des tâches. Je lui souhaite. Parfois bon d'se souvenir qu'il pleut quand on habite dans ce genre de barraque et qu'on vit ce genre d'existence. Mollasson.

Bibliothêque intéréssante. Ellison sans doute un conspirationiste de bas étage. Bon signe en un sens? A moins que ce ne soit encore un de ses hobbys de dépravés aristocrates pour faire passer le temps. Il entre. Pied Nu. Pied qui n'ont pas beaucoup voyager. Ongle manucuré. Intéréssant. Porte une cravate malgré l'absence de godasse. Essaie de souligner son image d'excentrique? Mauvais signe, ceux qui veulent paraitre fou sont souvent désespérément aveugle. Pas eu l'temps d'lire un de ses bouquins, aurait du. Pas grand bouffeur de roman. Pas le temps. Seul les asiles sont remplis de sage que personne n'écoute. Ellison balance livre par terre pour dégager fauteuil. Sourire sympathique de sa part. Les gens font souvent des gueules bizarres à cause de mon visage. Comme si l'absence d'expression les forçait à en faire de plus grande encore. Accentuer leur humanité. Comme si elle était pas assez répugnante comme ça.

Je prends le verre de Whickey -voilà la solution à la migraine- et l'avale d'une traite. Bon whisckey. La gorge brule. Trop habitué à de la merde ces derniers temps. Dernière confrontation avec un riche mégalo date un peu. Reste debout tandis qu'il s'assoit. Me demande si j'aime le cinema.

-Suis allé casser les doigts d'un gars qui diffusait de la pédo-pornographie pas plus tard que la semaine dernière. Pourrais pas y retourner j'ai aussi foutu l'feu à la salle. Remplie de porc. Sinon je vais voler des bobines pour identifier les endroits où les illuminatis auraient pu laisser des messages subliminaux. Mais à part des blaireaux qui laissent des images de leur bittes dans des Disneys, rien de concluant. Un vrai cinéphile, donc. Qu'est ce que vous voulez?
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MessagePosté le: Aujourd'hui à 5:02
Le sourire d'Harlan disparut et il baissa - inconsciemment - sa voix. Comme s'il s'agissait d'une affaire d'Etat. Comme si l'avenir du monde pouvait dépendre de ce qui allait être révélé.

"J'aime votre style et j'aurai du penser à vous tout de suite, ces derniers temps, avant d'engager d'autres enquêteurs"

Il eut l'air gêné. Et il admit - comme pour évacuer le sujet - d'une voix de gamin qui venait de se faire prendre la main dans le pot à confiture :

"J'en ai engagé - dans la période récente - trois avant vous... mais je suis sur que vous réussirez là où j'ai échoué jusqu'à présent"

Il se redressa et alla vers un petit meuble, chef-d'oeuvre de l'ébénisterie la plus raffinée, d'un pas lent, ses pieds nus effectivement richement pédicurés s'agitant à la manière de ceux d'un tigre (mais où Question avait-il pu chiper pareille image ?).

"J'aime les œuvres qui stimulent mon imagination déréglée. Il faudra un jour que je vous montre ma collection de photographies d'accidents mortels de vélos mais..."

Sa main se faufila derrière le meuble, un léger déclic se fit entendre et un tiroir dissimulé - un secret - s'ouvrit de lui-même. De ce tiroir, Harlan en tira deux enveloppes. Il ouvrit la première et en tendit le contenu à Question.

"Tout cela n'est rien à côté du film "Cigarette Burns". Je veux le voir avant de mourir. A tout prix. Bonne lecture, mon ami, je vais mettre un disque en attendant que vous ayez terminé..."

*
* *


Les trois documents contenus dans la lettre étaient respectivement une missive expédiée depuis Londres, un article d'un journal français avec sa traduction (fidèle) tapée à la machine et un journal intime... Question put les parcourir tout en écoutant les sons désagréables et déroutant qui sortait de la chaîne hi-fi de son hôte.

*
* *

"10, Fairfield Rd., Crouch End, London.

Très cher Harlan,

Je t'exhorte à abandonner ta quête maudite. Tu penses que la vie est un jeu mais il est certaines choses qui existent et qui font regretter à celui qui les a contemplé, même un seul court instant, d'être un jour né.

Je t'ai parlé avec légèreté, une fois, de cette abomination et tu as voulu en savoir plus. C'était déjà ton obsession et je n'ai appris que par la suite les choses épouvantables que tu as faites pour tenter d'atteindre ton objectif. Mais tout cela n'est rien comparé à cet artefact maudit dont on-ne-doit-pas-parler. Tu ne sais rien. Tu ne sais même pas que ce n'est pas que ta vie qui est en jeu mais des choses bien plus terribles : car "n'est pas mort celui qui à jamais dort"...

Je refuse d'en dire plus. Je refuse même d'en penser plus. Si tu veux me parler, viens chez moi : c'est tout ce que je peux te dire. Mais dit-toi bien que tu ne boiras pas, à mon contact, dans la coupe de la connaissance mais bien dans celle de la damnation éternelle.

N. King"

Ce courrier était daté d'il y a plusieurs mois et avait été écrit avec une écriture hésitante et maladroite.

*
* *

"
NUIT D'HORREUR DANS UN CINÉMA DU 6EME ARRONDISSEMENT DE PARIS !


Dans la nuit de dimanche à lundi, un incendie d'origine encore inexpliqué s'est déclenché dans un cinéma de la rue du Dragon. Bien que les services de secours ont été très rapidement appelés sur place, le bilan est effroyable : 55 morts. Seules 4 personnes, dont le projectionniste ont pu être sauvées.

Contacté par téléphone, le propriétaire de l'établissement s'est dit "effondré" et ne pas comprendre l'étendue du bilan humain : son cinéma, "l'Aube Dorée", était - selon lui-même - parfaitement aux normes incendies. Il devrait être rapidement inculpé, à la demande du Parquet de Paris, pour homicide involontaire par méconnaissance d'une obligation particulière de sécurité, selon des sources proches de l'enquête.

Le cinéma, "L'Aube Dorée", réputé des amateurs de cinéma de genre, diffusait ce soir là un festival de films d'horreur pour célébrer la fameuse nuit de Walpurgis"

L'article était paru dans le numéro du 2 mai 1978 du journal français Libération.

*
* *

Le dernier document était un journal, tenu par un certain Professeur U. Raunes, intitulé "Le journal d'un film". En le feuilletant rapidement, Question s'aperçut que ledit Professeur Raunes est un universitaire américain, spécialiste du cinéma pour enfants, fils lui même du Professeur Humphrey Raunes, disparu depuis l'an dernier...

La première entrée digne d'intérêt est datée de la période de la disparition de Raunes Sr. :

"3 janvier : Père a disparu. C'est un fait. Nous n'avons jamais été proches vu que sa satanée obsession pour ce film a coûté la vie à Maman. Brave Maman ! Qui n'a jamais osé dire au terrible Professeur Attila qu'elle était malade... Je hais mon père. Je le hais ! Je le hais ! Cette cochonnerie de film n'a pas fini de nous éloigner : et dire qu'il ne l'a jamais vu ! Il ne m'a non plus jamais compris. Je me rappelle que je devais apprendre par cœur toutes les répliques des films de Wes Craven, là où j'avais seulement envie de me revoir la famille Pierrafeu avec le très drôle John Goodman ou les dessins animés de Mon Petit Poney... Je hais ma vie"

La deuxième, quelques jours après :

"10 janvier : Au moment de sa disparition, Père m'a envoyé son journal. Celui qu'il tient depuis 1978 ! A en croire le tampon figurant sur l'enveloppe, il a été expédié depuis Paris 12ème. Quoi qu'il en soit, ces notes constituent LE TRAVAIL DE TOUTE SA VIE : je ne comprend pas. Pourquoi me l'envoyer à moi ? Je n'ai pas osé en parlé à Marco. Je n'ai pas osé en parler à qui que ce soit. Qu'attend-il de moi ? Que je poursuive sa quête ABSURDE ?"

Les suivantes, dans les mois qui suivirent :

"5 mai : J'ai été contacté par M. H. Ellison qui nourrit les mêmes rêves stupides que mon père. Il m'a proposé beaucoup d'argent pour aller lui chercher le film. Je lui ait dit que je n'avais pas le temps avec ces sottises, que j'avais une monographie sur "Arthur et les Minimoys" à terminer d'écrire et qu'il ne s'adressait pas au bon Raunes. C'est là que la bombe est tombée : il avait déjà contacté mon père, qui a donc disparu alors qu'il travaillait à son service. J'ai du m'asseoir et j'ai accepté de mettre un peu de whisky dans ma grenadine. J'ai même pris une cigarette qui m'a fait tousser. J'ai une vie horrible"

"12 mai : J'ai accepté la proposition d'Ellison. Je reprends l'enquête là où mon père s'est arrêté. J'ai lu, enfin, le contenu du Journal de mon Père. Il pense que C.B. (bizarre, Père n'écrit jamais le nom du film en intégral... prétendant que ce film a un nom-qui-ne-doit-pas-être-prononcé, comme il le disait dans le jargon pratiqué par son club de Lovecraftiens) se trouve à l'endroit même où il a été tourné. Sauf que Père ne dit pas où il a été tourné. Il pense, néanmoins, que l'on peut en savoir plus en interrogeant les survivants (mais il ne donne pas leur identité ! Juste qu'il s'agit du projectionniste, d'un touriste anglais et de deux critiques de cinéma). Il pensait qu'une piste était la Médiathèque Française. Il pensait... Je me prends à regretter soudainement que Père ne soit plus là pour me gronder. Ou de ne pas avoir écouté plus attentivement quand il me parlait. Je me sens seul et triste.

16 mai : Après en avoir parlé avec Marco (revenu d'une orgie sataniste pendant laquelle il aurait tenté d'invoquer, sans grand succès, une maigre-bête-de-la-lune, quoi que cela puisse être...), nous décidons de partir pour Paris. Ellison est gentil et séduisant mais sa dernière mise en garde avant d'embarquer dans l'avion n'a pas été pour me rassurer. Marco dit que je suis un trouillard et que je devrais avoir plus souvent des relations sexuelles avec des prétendues succubes. Moi, j'aimerai juste pouvoir repartir à ma grande publication à venir sur "l'impact culturel des Pokémon dans les civilisations premières".

"Je deviens fou. Nous sommes à Paris depuis plusieurs mois déjà et nous n'avançons pas. Je passe beaucoup de temps avec Werner, l'archiviste de la Cinémathèque et... il est gentil. Mais je n'apprends rien que Père ne savait déjà. A force de fouiller dans la paperasse de l'époque et de ne rien trouver je deviens DINGUE ! En plus, Marco n'est guère présent, occupé qu'il est avec ses réunions secrètes des adorateurs du Roi en Jaune. Et Père... Père qui était si précis, devient carrément flou quand il évoque dans son journal ses recherches à la Cinémathèque ! Il dit qu'il faut chercher les chiffres romains (Mais où ???), que Julie parle en dormant (mais que dit-elle ???), que Werner en sait plus qu'il ne le prétend et qu'il faut se méfier des noirs, raison pour laquelle il m'envoie ce journal...

... je ne comprend pas : je croyais que Père avait surmonté ce préjugé atavique qui court dans la famille le jour où nous sommes partis du Texas. A moins qu'il faille entendre autre chose à ses écrits ?

Son journal d'ailleurs se termine sur une formule mystérieuse : "Porte-moi jusqu'au Palais sur les Eaux, au Temple, là où a été versé la Coupe contenant le Sang de celui qui ne peut mourir. Là, celui qui regarde le spectacle que je lui donnerai recevra en lui une flamme qui jaillira pour l'éternité". Qu'en penser ? Que faire ?"

La dernière entrée était on ne peut plus brève :

"Je comprends. C'était évident. Je ne regardais pas au bon endroit. Maintenant je sais où aller mais j'ai peur... Père avait raison. Je ne devrais pas garder ce journal... Je..."

*
* *

Une fois la lecture achevée, Harlan tendit l'autre enveloppe à Question et commenta rapidement ce qu'il attendait de lui :

"Vous l'avez compris : les deux Raunes ont disparu à Paris en cherchant l'objet de ma quête. J'ai envoyé par la suite une équipe composée d'une demoiselle verte et d'un mage anglais mais ils ont jeté l'éponge pour une raison que j'ignore. Mais une chose est sure : je veux "Cigarette Burns", ce film qui manque à ma collection et qui a été projeté une seule et unique fois..."

Harlan soupira. Il était traversé par l'envie de pouvoir mettre ses pattes sur une copie et de pouvoir visionner ce film.

"Ce film est une légende : personne ne sait qui en est le réalisateur, seule 4 personnes ont survécu à l'unique projection et toutes les copies ont disparu. C'est mon obsession depuis 1978 ! Et... sachez que je ne suis pas avare de mes finances et que je ne lésinerai pas sur les moyens pour le retrouver !"

En ouvrant l'enveloppe, Question put découvrir une carte bancaire au nom d'Harlan Ellison, un chèque sans ordre de 30.000 dollars ainsi qu'une grosse liasse de billets.

"Je ne suis pas un ingrat" reprit Harlan. "Je ne dispose que de deux pistes : le gentleman anglais qui m'a adressé cette lettre que vous avez lu s'appelle Neil King. C'est un ex-critique de cinéma, un peu perché, qui m'avait un jour prétendu - à l'occasion de la Convention Américaine de la Science-Fiction et de l'Horreur - avoir vu "Cigarette Burns" lors de la projection de 1978. Nous étions passablement ivres et j'ai eu la bêtise de préférer assister à la finale du concours de Plug Suit Mouillées, plutôt que de harceler mon interlocuteur sur le champ... Je pensais, benoîtement, pouvoir soutirer d'autres détails à ce type plus tard... Sans succès"

Harlan avala sa salive et poursuivit :

"Neil ne veut pas me parler du film. Même au téléphone. Il le refuse. Et il refuse de quitter Londres voir même de sortir dans la rue. Et comme je suis aérodromophobe, je ne peux me rendre en Europe pour lui parler..."

Il passa sa main dans les cheveux. Quelque chose le gênait.

"L'autre piste qui a été poursuivie jusqu'à présent était celle de la Cinémathèque Française. Mon premier enquêteur, le Pr. Raunes Sr. pensait que l'un des employés de cet établissement avait pu assister à la projection. Raunes pensait de même que l'on pourrait trouver à la Cinémathèque le cahier technique du film, avec son casting, le nom de son réalisateur... Mais il disparut avant de pouvoir y arriver"

Harlan marqua une pause puis reprit :

"Aussi, j'ai envoyé son fils, Raunes Jr. qui... disparut également. Et Mademoiselle Jade et Monsieur Constantine, s'ils ne disparurent pas refusèrent de me rendre compte de leurs découvertes ni de la raison pour laquelle ils ont abandonné leur quête..."

Harlan se leva du fauteuil où il s'était confortablement avachi et alla observer l'immense baie vitrée qui lui offrait une vue impressionnante de New-York.

"Vous devez prendre contact avec Mademoiselle Jade. Je sais qu'elle est actuellement à Paris pour l'avoir engagée - via une société écran - dans une production théâtrale où elle peut jouer à défaut de briller. Vous devez apprendre ce qu'elle sait et terminer son travail. Je vous en conjure"

Puis il se tourna vers Question et lui demanda avec un petit sourire aux lèvres :

"Mais je suis sur que vous devez avoir une tonne de questions, non ?"


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