I am back but who am I and in what physical state ?

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New Titans
MessagePosté le: Lun 7 Aoû 2017 - 14:40

La naissance est le pire traumatisme que peut subir un être humain dans sa courte vie, mais la nature même de ce qui s’y passe est vite effacée de son conscient par ses sens qui se développent et sa compréhension instinctive de ce nouvel environnement dans lequel il se trouve subitement plongé.
Passer ainsi d’une matrice pleine de sécurité et de ce liquide dans lequel il est bercé par des perceptions plus ou moins floues et imprécises à cet espace infini et agressif est une épreuve, mais son corps et des millénaires d’évolution sont là pour garantir sa survie tant physique que mentale …
Tel cela est pour le nourrisson, tel cela ne fut pas pour ma propre personne.

Quand la Source implosa, du moins se disloqua partiellement au moment de l’éradication des New Gods fomentée et provoquée par mon très cher cousin et ses alliés, je fus expulsé de la Stase Céleste par un passage apparenté à nos Boom-Tubes créés par le père de Bekka dont l’inspiration provenait sans aucun doute de l’entité omnisciente.

Ideon Andron, mont psiloritis, Crète

J’émergeais quelque part, dans un monde semi-clos, totalement moulu par ce voyage presque instantané au travers des dimensions et de l’espace. Le choc fut rude, d’autant plus que mon fidèle A4 n’y avait pas réchappé si ce n’est quelques parcelles fichées dans mon torse qui me déchiraient les chairs tout en les consumant. Péniblement, je me relevais une première fois et toute ma rage aidant, mon côté Apokolipsien totalement débridé ayant relégué ma forme humaine et dépassé les contraintes de la Mother-box au plus profond qu’il était concevable, guide mes actes qui me font replonger dans le vortex encore ouvert d’où s’échappent des éclairs annonciateurs d’une apocalypse de l’autre côté.

Mais le passage est sous le contrôle d’une puissance bien plus grande que mes propres ressources et à nouveau cela me rejette à l’extérieur, un peu plus amoindri, un peu plus brisé et éprouvé que la première fois.

Rocher Uluṟu, Australie

Lorsque je me relève, l’armure en pièces, je vois un ciel étoilé au-dessus de ma tête blanchi par l’éclat d’une Lune dans laquelle je reconnais celle qui gravite autour de la Terre. Le passage est toujours là, visible à mes yeux ensanglantés par les rivières qui me coulent du front. De mes mains j’en empoigne les bords qui me brûlent et me carbonisent la peau et les chairs jusqu’aux os ne faisant qu’attiser mon courroux et j’en rouvre l’huis par la force avant de m’y jeter tête la première, y laissant une partie de mon talon en pâture.

Encore une fois j’effectue ce voyage à rebours et j’arrive sur le pas de ce lieu où se terre la connaissance de la création et du temps et encore une fois les forces qui la protègent me cognent lourdement et me renvoient dans le gouffre.

A cette nouvelle sortie, point de sol, point de salut, je baigne dans une masse qui m’incinère, à la fois liquide et solide. Mes lèvres restent closes sur mes cris pour ne pas ingérer cette matière qui me broie et me calcine. D’armure, il n’y en a plus, ma peau se détache par morceaux avant de s’évaporer, d’un mouvement désespéré guidé par mon instinct je donne un coup de talon ultime dans un bloc perçu par mes sens exacerbés et me voilà projeté à l’air libre suivi d’une gerbe de lave au milieu d’une explosion titanesque.

Mon dernier soubresaut m’envoie loin de ce lieu infernal et je cogne durement le faîte d’une montagne avant de m’écraser dans un champ de neige puis sur un glacier qui s’évapore à mon contact en générant un nuage de vapeur que fige les températures glaciaires de cette contrée. Pourtant ma chute ne se termine pas là et se poursuit de loin en loin, créant et des gouffres dans la matière figée depuis des millénaires et une tempête de brume aussitôt figée en un nuage de glace pailletée qui marque en pointillé mon passage.

Enfin mon périple s’arrête contre un roc dressé comme une dent noire dans ce paysage immaculé que le choc fend d’un coup, détachant la pointe de ce croc qui gît maintenant de l’autre côté pour l’éternité. J’ouvre les yeux que j’avais gardé clos pour en préserver l’intégrité et n’y vois que le bleu du ciel auréolé de brouillard scintillant. Il n’y a plus de douleur, il n’y a plus de corps, juste un esprit en déroute qui se perd et pour la première fois depuis tant de lustres baisse les bras et rend les armes.

L’inconscience me prend dans ses bras et l’oubli me frappe de son glaive triomphant.

Pentes du Katla, volcan le plus redouté d’Islande à quelques 40 kilomètres de La capitale du pays, Reykjavík

Des équipes de géologues et de vulcanologues se précipitent sur les pentes du Katla deux heures après l’observation d’étranges éruptions non annoncées suivies de secousses sismiques d’amplitudes de plus en plus faibles allant de 6 à 4 sur l’échèle de Richter suivant une ligne presque droite au travers des glaces presque éternelles du Nord-Est du cône.

Deux heures et demies après leur arrivée sur place et alors qu’elles prenaient les premiers relevés n’indiquant presque plus aucune activité résiduelle de l’incident, un hélicoptère découvre une forme semblant humaine atrocement mutilée là où ce qui semble être une bombe de lave visqueuse a terminé sa course.

Le corps est rapatrié immédiatement sur Reykjavik et transféré dans le service des grands brûlés du LSH Krókur sous l’anonymat le plus total. Le pronostic est négatif pour les spécialistes et on suppose que le pauvre bougre s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment et a été emporté par l’objet qui a été éjecté du cratère dans son éructation subite et isolée.

Tous moyens de l’identifier ont disparus, aucune portion de son corps n’ayant été épargnée par la chaleur à laquelle il a été confronté. La plupart de ses os sont brisés et on le plonge dans un coma profond pour lui éviter les souffrances horribles qui doivent ravager ses nerfs, enfin ceux qui subsistent. Mâchoires, crâne et front ont été brisés, broyés, rendant toute reconstitution impossible … Les corps étrangers qui étaient profondément enfoncés dans son corps et d’origine métallique furent laissés en place n’étant pas la priorité à ce moment là.

Pendant le mois qui suivit, chacun se demandait quand allait trépasser le patient de la chambre 126 … Jusqu’au jour, ou plutôt une nuit où il ouvrit les yeux et ne prononça qu’un mot, qu’un murmure en découvrant le visage de l’infirmière qui était de garde avant de les refermer …

Bekka …

Le lendemain, alors que les équipes s’échangeaient leurs tours de garde, une alarme retentit dans la salle des contrôles provenant des systèmes de surveillance de la salle 126. Lorsque affolés les praticiens déboulent dans la pièce où gisait le miraculé du Katla, ce n’est pour n’y trouver que des fragments de plâtres et des bandages arrachés. L’inconnu avait disparu, sautant de la fenêtre dans le froid glacial.

On n’entendit plus parler de lui et on ne l’entraperçut qu’une fois ou deux alors qu’il brisait une vitre d’un magasin pour y récupérer une tenue de ski et une autre d’une épicerie où il vola des victuailles. Les recherches ne donnèrent rien et les enregistrements vidéos pas plus que des images brouillées pour une raison inconnue. La seule chose dont se doutèrent les enquêteurs fut qu’il avait sans doute quitté l’Islande par voie de mer à bord d’un navire marchand …

L’affaire fut classée sans suite localement, mais transférée pour information aux pays dont les cargos partis cette après midi là étaient la destination, Japon, France, Royaume Unis et USA …



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MessagePosté le: Mar 8 Aoû 2017 - 21:34
L'Univers a changé.
Si, depuis le Big Bang, l'Univers n'a jamais cessé d'être en expansion, de produire constamment sa révolution, de troubler et de surprendre ceux qui tentent, vainement, de le comprendre... l'Univers a changé, récemment. Dans une forme, et selon une méthode, qui n'étaient pas prévues ; et qui ont bouleversé, profondément, les règles qui régissent l'avancée de la Réalité.

Les Néo-Dieux sont morts.
Mais pas comme la Source, l'incarnation de l'énergie derrière le Big Bang et la Vie, l'avait prévu.

Le fils d'Izaya de Néo-Génésis, le fameux Scott Free, a été informé par un double venu du Futur de l'avènement de la Guerre des Néo-Dieux - la terrible guerre finale qui allait ravager son peuple ; il découvrit et comprit que la Source était responsable de cet événement, qui devait précipiter la fin de leur époque... du Quatrième Monde.
Bloquée, brisée, corrompue par un système défaillant, la Source ne cherche plus à vérifier si l'époque, le Monde doit être remplacé ou non - elle enclenche les événements, quoi qu'il arrive, pour provoquer l'arrivée de nouveaux Mondes, de nouvelles versions des Néo-Dieux.

Mister Miracle ne l'a guère supporté.
Il a participé à une élévation terrible et rapide de la Guerre des Néo-Dieux, a provoqué le combat final - et a sacrifié son peuple. Pour le sauver.
En provoquant une fin précipitée du Quatrième Monde, il a court-circuité le cycle de la Source, et a permis que les futures incarnations des siens ne soient plus liées à cet enfer ; le Cinquième Monde naît, et ne sera en rien lié à la Source.

Il a sorti son peuple de ce déterminisme, et l'a sauvé. Mais à quel prix ?
Les Néo-Dieux sont morts. Mister Miracle est seul.
Non ?

Disparu sitôt la Fin du Quatrième Monde, fuyant les projecteurs après une telle folie, le dernier Néo-Dieu a cru devoir vivre avec la connaissance d'être l'ultime représentant de son espèce... du moins, jusqu'à la résurrection des siens ; mais, même, il savait très bien que ce ne serait pas pareil.
Le peuple qui va renaître sous peu fera partie du Cinquième Monde, de ce Cinquième Monde différent ; il ne sera pas comme eux. Lui est du Quatrième Monde - son dernier représentant. Ou presque.

Filant dans les Etoiles, tentant de noyer son chagrin dans de nouvelles aventures, Scott Free a néanmoins laissé les systèmes de sa Boîte-Mère surveiller la Terre - et les traces liées aux Néo-Dieux.
Or, deux pics ont été détectés... aux mêmes endroits. Et récemment.
Des traces d'énergie Oméga, liée à son cousin Orion, ont été relevées en Crète, en Australie et en Islande. La Crète, où le fils de Darkseid a temporairement séjourné ; l'Australie, où ils ont échoué tous deux après une visite sur Apokolips ; et en Islande, l'un des pôles de l'Humanité. Ce ne peut être une coïncidence.

Quand Mister Miracle a engagé la Fin du Quatrième Monde, il fut accompagné d'Orion - qui disparut.
Il a cru que son cousin avait péri, comme le reste des siens ; il s'est peut-être trompé.
Nerveux, tremblant, pris par la perspective de retrouver un proche, de retrouver un camarade, de retrouver quelqu'un comme lui, il le cherche. Il suit sa piste.

D'abord au Mont Psiloritis, où les traces sont trop faibles pour être utilisées. Puis au Rocher Uluṟu, où il parvient à relever des éléments, des signaux qui font réagir la Boîte-Mère - et lui rappellent ses contacts réguliers avec l'équivalent d'Orion. Enfin, l'Islande.
Là, un Scott Free en civil enquête, interroge, observe, récolte les témoignages et les éléments ; et se forge une opinion. Une certitude.

Orion est vivant. Ou presque.
Il semble blessé, lourdement. Quasi mort... mais pas encore. Orion est vivant... son Orion est vivant.
Et il voyage.

Quatre cargos sont partis, pour le Japon, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis d'Amérique. Orion a de légers liens avec ce dernier, mais Scott doute qu'il y retourne maintenant - trop direct, trop évident. Mais il n'est sûr de rien.
L'Univers a changé - les Néo-Dieux sont morts. Sauf lui. Sauf eux.
Mais eux aussi ont changé.

Mister Miracle flotte dans l'atmosphère terrestre...
... calme et silencieux. Il laisse sa Boîte-Mère analyser les énergies relevées sur les quatre cargos - pour chercher. Pour trouver l'énergie Oméga... et Orion.

Pour ne plus être seul, tout simplement.
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New Titans
MessagePosté le: Ven 11 Aoû 2017 - 16:09

Après quelques kilomètres vers l'Ouest, le navire vira franchement au Sud, puis obliqua régulièrement vers l'Est ce qui me rassura finalement.
Je m'étais réveillé dans cette chambre, ligoté avec des pansements de la tête aux pieds, relié à des machines qui faisaient un bruit infernal dans le silence environnant. Mon corps n'était que douleur fulgurantes et je sentais en moi des choses qui me semblaient se frayer un chemin au travers de mes chairs pour retrouver l'air libre ... Pire encore, ma vision enfin moins trouble, était étrangement voilée d’un brouillard violet qui donnait une couleur bizarre à tout ce que mon regard rencontrait. L’exclamation de l'infirmière en découvrant mes yeux ouverts me transperça les oreilles et l'esprit comme des fers chauffés à blanc.

Vint les questions traditionnelles dont je ne comprenais pas un mot au début avant qu’un déclic ne se fasse dans mon cerveau et qu’enfin j’en perçoive miraculeusement le sens. Sans doute étais-je du coin car que ce soit en anglais ou en langue locale, l’Islandais, je suivais aisément leurs conversations. Par contre, j’étais incapable de prononcer un son, à peine un râlement inintelligible et il s’engagea un processus d’échange à base de questions de leurs part et de battement de paupières pour moi …

Me comprenez vous ? (Islandais)
Curieusement, maintenant, oui Un battement de paupières qui fait craquer la fine pellicule de croutes tout autour de mes yeux.

Est-ce que ça allait ?
Ben non, sinon je ne serais pas là !!!
Deux clignements qui amorcent mes glandes lacrymales à cause de la douleur causée par ce simple petit appel à mes muscles faciaux.

Est-ce que je me souviens de ce qui m'est arrivé ?
Jocker ! J’en sais rien du tout !!! Dites moi quelque chose !
Petit moment d’intense remue-méninges qui se finit par un désespoir absolu et double clignement alors que de grosses larmes brûlantes coulent sur les bandages de mon visage.

S’en suit un débat animé entre l’équipe médicale et des sbires des autorités locales au travers duquel je parviens à savoir qu’on m’a retrouvé littéralement cramé de la tête aux pieds au milieu de nulle part la veille et que c’est extraordinaire que je sois déjà conscient aujourd’hui surtout avec les doses de produits qu’on m’a injecté. Je devrais être dans un coma contrôler d’après leurs dires. Je bénis le médecin qui se range de mon côté pour qu’ils me fichent la paix jusqu’au lendemain (on est donc en soirée). A si, ils m’en demandent une dernière, et non des moindres, qui me plonge encore plus dans le désespoir …

Qui étais je ? Est-ce que je sais qui je suis ?

C'était comme tomber dans un puits sans fond où même les bruits mourraient en silence ... Le médecin, une femme brune aux très jolis yeux clairs bordés de longs cils naturellement recourbés, ne chercha même pas à insister devant l’extinction soudaine de mon regard suite à cette question. Yves Le Guern avait écrit un poème intitulé « Les yeux sont le miroir de l’âme » et cette jeune femme put en avoir la preuve concrète en observant ce qui se passait en moi au travers des miens … Elle se rapprocha de mon visage et me murmura de ne pas m’inquiéter, que ça allait revenir, avant de se redresser et de faire rempart de sa personne contre les autres en leur demandant autoritairement de sortir en les poussant vers la sortie… Si j’avais pu l’embrasser alors, je l’aurais fait sans hésiter …

Qui étais-je ? Impossible de me souvenir ... Je pouvais nommer tout ce qui m'entourait et savais exactement à quoi cela servait, je comprenais leur langue sans avoir conscience de l’avoir jamais apprise un jour, mais de moi-même, je n'avais aucune information disponible, rien, le néant ... Mis à part peut-être de me voir en tablier de travail blanc derrière des fourneaux et le goût de certains plats associés … J’étais cuisto ? Du moins j’aimais cuisiner … Toujours est-il que j’avais des connaissances, mais un gouffre béant dans la mémoire pour certaines choses ... Je sombrais dans ce néant pour échapper aux questions alors que la pièce se vidait et redevait silencieuse mis à part le bruit régulier des appareils de surveillance...

Le temps passe, je perçois les murmures provenant des couloirs, changement d’équipe médicale … On vient me voir, examiner les graphiques, vérifier mes perfusions, se pencher au-dessus de moi qui garde obstinément les yeux clos, puis on s’en va … La tranquillité du service de nuit s’installe peu à peu … Seules restent la douleur sourde qui a envahi mon corps tout entier avec la perception de quelques point plus agressifs au niveau de ma poitrine. Ils ont parlé de masses métalliques vagabondes dans mon torse tout à l’heure et de l’impossibilité de me faire passer dans un scanner. Certain on même émis l’hypothèse de balles. M’aurait-on tiré dessus ?

La période est calme dans ce service, ils n’y en a pas beaucoup qui se brûlent en ce moment mis à part moi … Ils ont parlé d’un volcan ou de lave aussi ? Qu’est-ce que j’allais foutre là-bas non d’un chien !?! On vient me voir encore, et encore, et j’enregistre l’écart entre ces visites.

Suite à la troisième, je tente de bouger, serrant les dents pour ne pas hurler, mais obstiné, sans doute un trait de mon caractère incontestable, je pose un pied par terre, puis l'autre et me lève.
Je titube un instant avant de finalement ravaler mes souffrances. J’arrache mes perfusions, la sonde qui était sensée vider ma vessie et finalement les diverses extensions des appareils de surveillance qui se mirent immédiatement à hurler à la mort. La seule issue pour filer était la fenêtre, le couloir devant déjà être interdit par les infirmières qui devaient se précipiter vers ma chambre et qui allaient ouvrir la porte dans quelques instants. D’un coup de poing, la vitre partit en éclats et je sautais quelques dix mètres plus bas, me réceptionnant impeccablement comme si j’avais fait cela toute ma vie. (étais-je gymnaste aussi ?)

S'il n'y avait eu ces souffrance, j'en aurais souri ... Mais le craquement de la jeune peau sous ces efforts subits m'arracha un hurlement que je transformais en rage meurtrière qui décupla mes forces, sans doute encore une de mes fâcheuses particularités.

Je courrais dans la neige violacée jusqu'à rencontrer une vitrine, il me fallait des vêtements. Mon reflet sur le verre me montra une grande momie grotesque que je pulvérisais d'un poing rageur avant de m'emparer de ce dont j'avais besoin.

Bien sur, il y eut encore un concert de sirènes et un représentant de l’ordre fit son apparition et se rua vers moi en dégainant son arme. Il n’eut pas le temps de la pointer sur moi, à peine celui de commencer ses sommations d’usage, il vola de l’autre côté de la rue et s’encastra dans la portière d’une voiture garée là sous l’unique coup que je lui assénais en hurlant comme un damné. Voyant cela, les deux ou trois quidam qui étaient venus lui porter assistance tournèrent les talons et disparurent. J'enfilais pantalons et veste par-dessus mes bandelettes sanguinolentes ...

Le flic remuait encore, il était vivant, et j’en profitais pour disparaître à mon tour au pas de course, obligeant mon esprit à rester sourd à mes tourments. Mes foulées me conduisirent tout naturellement jusqu’au port et je me coulais entre les conteneurs en attente d’être chargés pour me rapprocher de la capitainerie où le service de nuit s’affairait. On préparait le départ de quatre petits cargos pour la prochaine marée haute et mon instinct me dictait d’embarquer sur l’un d’eux au plus vite pour quitter ce pays, cette île. Depuis mon réveil, je sentais une menace persistante provenant du Nord-Est, de ce fameux volcan où semble-t-il j’avais eu mon accident. Mais maintenant que j’étais à l’affût et que j’écoutais le capitaine du port énoncer les différentes destinations des navires et leurs cargaisons, d’autres ressentiments venaient s’ajouter à celui-ci.

Il parla des Etats Unis, New-york fut évoquée, et un frisson me parcourut alors que je sentais presque mes cheveux se dresser sur ma tête. Ces deux mots provoquaient en moi une tourmente émotionnelle dont je n’avais pas besoin actuellement, où se mêlaient désespoir et tristesse aussi bien que colère et remords … J’éliminais d’office cette option. Restaient le Japon, port de Chiba, la France, port du Havre, et enfin le port d’ Immingham au Royaume Uni.

Le Japon me sembla trop loin, plus mon trajet durerait, plus j’avais de risque de me voir découvert. Le Royaume-Uni, lui, était trop proche et un sentiment indescriptible m’avertissait de ne pas y mettre les pieds. Restait la France qui ne m’amenait pas plus de bonnes ondes, une vague souvenance d’un épisode foireux avec des gens bizarres dont je zappais immédiatement les détails tout en gardant un goût amer dans la bouche (Cherchez mes aventures avec des Athéniens) ne m’inspirait pas plus que ça, mais de là, je pouvais décider de repartir aussitôt vers d’autres lieux plus neutres vis-à-vis d’un passé que je sentais chargé et aventureux.

Trouver le point d’amarrage du navire de mon choix final fut facile, l’aborder incognito encore plus vu l’heure, l’équipage avait déjà chargé ou déchargé les marchandises et dormait pour la majeure partie. Je me coulais dans la cale et me réfugiais entre deux containers frigorifiques estampillés à la marque d’un groupe célèbre de fournisseur de viande de poisson.
Je repliais mes jambes, les entourant de mes bras et posais mon front sur mes genoux joints, m’endormant aussitôt.

Ce furent les trépidations des machines qu’on mettait en route en vue du départ qui me réveillèrent et me tirèrent d’un cauchemar où je voyais des cités volantes se livrer une guerre meurtrière au-dessus de jungles épaisses qui étaient rasées sous les explosions des missiles et les tirs d’armes énergétiques, des armées impressionnantes qui disparaissaient dans l’enfer nucléaire. Et moi j’étais là, au milieu de tout cela, à tuer et à être blessé au-dessus et sur le sol de ce qu’on appellerait bien plus tard l’Inde et L’Afrique…

Mais alors que tout au fond des cales je commençais mon voyage, je sentis arriver quelque chose, ou quelqu’un, une puissante présence qui me fit connaître pour la première fois un semblant de peur. Cette force approchait rapidement et je ne pouvais que me féliciter d’avoir décidé de partir, de filer aussi rapidement de l’hôpital et de cette île … C’est aussi à ce moment là, que je me rendis compte du retour des couleurs vraies dans mes perceptions. Le voile violet avait disparu complètement et avec lui une certaine exaltation intérieure, une forme électrique d’excitation qui ne faisait jusqu’alors que renforcer mes douloureuses. Même les trucs dans ma poitrine ne me faisaient presque plus mal, certains avaient disparus purement et simplement alors que les autres s’étaient rapproché de la surface et de mon épiderme côté pile. J’avais senti passer cette force ennemie au-dessus de ma tête pendant mon sommeil, puis continuer son voyage au-delà.

Quand je me levais enfin, histoire de me dégourdir les muscles, des fragments d’objets que je pris pour des éclats de grenade au début, tombèrent au sol. Je les ramassais et m’avançais en-dessous de la lumière de secours pour les examiner dans ma paume. Il se passa alors un phénomène inexplicable et incroyable. Les trois petits morceaux de métal qui je n’en doutais absolument pas venaient d’être rejetés ou étaient sortis de mon corps se mirent brusquement à vibrer, se liquéfièrent presque sans dégager la moindre chaleur et s’écoulèrent en une flaque unique dans le creux de ma main, puis, après un instant, formèrent un anneau qui remonta jusqu’à mon annulaire pour l’encercler tout en se re-solidifiant. J’étais tellement abasourdi et stupéfait que je restais totalement passif devant ce prodige qui me semblait finalement relever de quelque phénomène tout à fait normal pour mon inconscient et sans danger.

Je levais finalement ma main et admirais le bijou qui venait de se créer en défiant toutes les lois de la physique et de l’entendement et qui miroitais sous la lumière de l’issue de secours en faisant briller ses parois dorées … Par simple incertitude, j’essayais de l’ôter, mais celui-ci se resserra tout à coup pour m’interdire de le faire.

J’abdiquais donc devant cette volonté extraordinaire développée par un objet que l’on qualifierait de magique en d’autres temps et je fis le tour de mon caveau à la recherche de victuailles, vainement, pour finalement fracturer un des frigos à poisson après avoir désactivé les alarmes en cas de baisse de température. Le saumon cru congelé c’est vraiment très dur à mastiquer, je peux vous l’assurer, et une fois à l’intérieur, ça gonfle et vous remplit l’estomac mais vous donne un mal de chien au bide pendant un moment. La glace me servit de boisson et je refermais le caisson soigneusement avant de regagner ma cachette pour digérer. Il devait être midi quand le tangage commença à se renforcer salement. Dehors, ça devait remuer pas mal, des creux de six à sept mètres au moins et du très mauvais temps. Un instinct viscéral m’informa plus ou moins de notre position planétaire, nous devions être en train de passer entre l’Angleterre et l’Irlande, dans cet étroit passage une tempête pouvait nous avoir surpris et mettre en difficulté le pilote …

Les lames faisaient sonner la coque comme un gong, annonçant un changement de trajectoire soudain, et du fond du navire, je sentis soudain les soubresauts et l’amorce d’un mouvement tourbillonnaire.

Qu’est ce qu’il se passait ? Mon instinct de survie me dictait, me hurlait de remonter sur le pont aussi vite que possible, ce que j’entrepris de faire, me rattrapant de justesse aux échelles alors que les embardées de plus en plus violentes et chaotiques m’expédiaient dans les airs. Ce navire était en perdition et la structure même de la coque grinçait et se plaignait, annonçant une rupture prochaine qui se produisit alors que je n’étais qu’à quelques mètres de la dernière porte avant l’air libre et la passerelle.

Il y eut un horrible coup à bâbord, un grincement suivi d’un craquement sinistre et tout bascula soudain. Je vis la porte s’éloigner de moi alors que les vagues s’engouffraient entre elle et moi et qu’au dessus le ciel noir de la tempête remplaçait le plafond du couloir où j’étais l’instant d’avant. J’attrapais la rambarde et m’y cramponnais, observant comme en état second l’autre moitié du bâtiment s’abîmer dans les flots à une vitesse vertigineuse ne laissant que quelques débris remonter à la surface. Mais je ne « profitais » qu’un instant de cette vision dantesque de la fureur naturelle. Mon propre morceau bascula à son tour, cul par-dessus tête tout en étant chahuté de travers par les lames.

Je vis le ciel alors que ma moitié prenait de la gite tout en se transformant en chandelle géante avant de s’enfoncer tout droit dans les flots. Prise à prise, tenant fermement la main courante, je tentais de remonter alors que derrière moi, en-dessous de moi plutôt maintenant, le bouillonnement des flots qui envahissaient l’intérieur du navire montait de plus en plus vite. Mais ils ne me rejoignirent jamais, tout à coup le poids de milliers de litres d’eau salée fut plus fort que la flottabilité générale et la blessure passa sous la limite de la surface déchaînée par la tempête.

Je reçus des centaines de litres sur la tête, cramponné à la dernière chose solide du moment, puis, une fois sous les eaux, l’équilibre rétabli entre les puissances présentes, je donnais une impulsion brutale qui me projeta dehors. Le mouvement de l’épave qui s’enfonçait m’attira quelque peu vers le bas, puis je fus libéré et je brassais vigoureusement vers ce que je ressentais être la surface et la grande bouffée d’air frais qui commençait à manquer à mes poumons. La remontée me parut durer une éternité, mais bizarrement, alors que mes poumons douloureux allaient éclater, la pression qui me rendait malade et m’invitait à respirer avec comme conséquence immédiate de les emplir d’eau et de me noyer finalement, disparut totalement.

C’était comme si le besoin de ventiler n’existait plus pour moi et que ma vie et les efforts musculaires requérant de l’oxygène n’existaient plus. Quand je crevais la surface, toujours au beau milieu de l’ouragan, je ne toussais même pas et respirais finalement calmement. En fait, alors que j’étais sur une crête liquide, j’aperçus une ombre noire au loin qui devait être la terre et je nageais dès lors dans cette direction, passant plus de temps sous l’eau qu’au-dessus, juste pour vérifier que j’allais dans la bonne direction.

Je savais qu’un être humain normal ne pouvait survivre à ce que j’avais connu ces trois derniers jours, que personne ne pouvait braver ainsi les éléments sans en sortir ainsi presque indemne. En nageant, je me posais la question … Qui étais je ? Qu’étais je donc pour avoir de telle compétences, de telles aptitudes, de tels pouvoirs ? Je recherchais dans mes connaissances immédiates des exemples d’êtres tels que moi et l’un d’eux vient alors se présenter à ma logique … Héraclès de Grèce, Hercule de Rome, Melqart de Phénicie, Hercle des Étrusques, Kakasbos d’Asie Mineure, autant de héros, de demi-dieux qui possédaient des dons comme les miens et étaient assez renommés pour que leurs histoires, même romancées, traversent les siècles et les millénaires …

Peut-être qu’à périodes régulières apparaissaient des gens aussi exceptionnels en prévision de grands dangers pour l’humanité ? Peut-être étais je le nouveau Hercule, celui de cette ère ? A défaut d’autre nom je devais m’en donner un …
Pourquoi pas un de ceux là ? L’ironie de cette idée m’obligea à remonter en urgence pour reprendre mon souffle. Rire sous l’eau, c’est pas encore trop naturel …

Je nageais donc, plongé dans ces considérations, me créant une identité à la mesure de ce que je pensais être MA vérité … Dès que je prendrais pied sur la rive, je serais Melkar Phénice … restait à choisir une nationalité et vu qu’à priori je comprenais les langages de façon innée jusqu’à preuve du contraire, j’avais toute la Terre à ma disposition …

Mon genoux cogna sur le sable alors qu’une vague plus haute me rejetais sur la plage et je fis quelques pas pour m’écarter du ressac coléreux avant de m’agenouiller à nouveau, les mains agrippant le sable par simple besoin de tenir quelque chose de solide du sol d'Irlande.

C’est alors que je sentis à nouveau la présence qui avait survolé le navire avant qu’il ne fasse naufrage … cela se tenait au-dessus de moi, à quelques mètres à ma gauche, et en tournant la tête je constatais qu’il flottait dans les airs même pas perturbé par le vent et les embruns qui se déchaînaient tout autour de lui … Seule sa cape bougeait un peu dans son dos. Ses pieds étaient posés sur des sortes de disques qui devaient lui permettre un tel prodige …

Je me levais péniblement, les bandages flottaient dans l’air aussi, pratiquement désagrégés et inutiles, révélant ma peau délabrée par les flammes d’un enfer auquel j’avais échappé …
Qui es tu toi ? Qu’est ce que tu me veux ? … Lui lançais je plein de rogne en serrant les poings … J’étais prêt à me battre s’il le fallait … Et je n’attendais que cela en fait pour extirper toute cette haine et toute cette rage qui couvaient en moi, et que rien que la vue de cet étrange étranger ravivait et amplifiait à un point qui devenait insoutenable à retenir.




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MessagePosté le: Sam 12 Aoû 2017 - 11:15
Debout sur ses Aéro-Disques, flottant au-dessus de la Manche, Mister Miracle fait face… à une créature, plus qu’un Homme.
Fatigué, usé, blessé, recouvert de bandages, la peau atomisée et vaguement refaite, vêtu d’habits trop grands et mal boutonnés, l’être fait peine à voir – et peut faire peur, aussi, avec cette expression sauvage et abominable. Une expression qui hante tous ceux qui la croisent, et qui déclenchent quelque chose dans celui qui le fixe.
Cette chose… c’est un fantôme. Par son allure, mais aussi… oui, c’est tout simplement un spectre. Un spectre d’un peuple disparu, et dont il pensait être le dernier membre.

« Je suis… »

Un doute l’assaille.
Il ne l’a pas reconnu – il ne sait pas qui il est. La Fin du Quatrième Monde a certainement provoqué une douleur absolue, dictant l’état de son interlocuteur… mais impactant aussi son esprit.
Il est clair que cet Orion n’est pas une nouvelle version – c’est un spectre, définitivement, du Quatrième Monde. Et il est clair aussi que, vu la situation et vu le rôle que lui a joué dans la disparition des Néo-Dieux, il semble plus opportun de faire profil bas.

« … Scott. »

Et de ne pas trop en dire, surtout.

« Je te connais. »

D’une pensée, il donne l’ordre à ses Aéro-Disques de le mener vers la plage. Il s’en approche, puis coupe son moyen de transport, et atterrit prestement sur le sable.
Il demeure à quelques mètres d’Orion ; une distance respectable, une légitime prudence sont totalement de mise.

« Je suis là pour t’aider. »

Il esquisse un léger sourire, que son masque sensible reproduit parfaitement.
Il hésite.
Il sait très bien que le caractère d’Orion est explosif, notamment dans les situations difficiles ; or, y a-t-il plus difficile que celle-ci ? Lourdement blessé, amnésique, perdu, survivant d’une tempête terrible… ses nerfs sont mis à rude épreuve, et cela prévoit généralement une suite violente. Mieux vaut éviter de la subir.

« J’ai tenté de te retrouver, et je t’ai localisé sur le bateau – hélas, je ne suis arrivé qu’au moment de la tempête. J’ai voulu te repérer, mais tu avais déjà quitté le pont…
J’ai priorisé le sauvetage de l’équipage plutôt que le tien car je savais que, même affaiblie, ta constitution te permettrait de survivre quelques minutes. Je les ai mis en sécurité, mais en te cherchant dans les flots déchaînés… je ne t’ai pas localisé, avant ton arrivée sur la plage. »


Mister Miracle soupire.
Il pensait avoir, enfin, touché au but en rejoignant le bateau voguant vers la France, repéré grâce au scan opéré par la Boîte-Mère sur les quatre navires partis du port dans lequel Orion avait été localisé, mais la Nature a décidé de s’amuser, encore, à leurs dépens.

« J’ai suivi ta trace… en Crète, en Australie, et en Islande. J’ai interrogé ceux qui t’ont croisé, tes médecins, mais aussi l’officier que tu as… maltraité. J’ai consulté ton dossier médical, et j’ai vu l’ampleur de tes blessures. »

Le Néo-Dieu s’avance – d’un pas seulement. Il a vu, bien sûr, les poings serrés, l’air farouche, la brutalité prête à exploser, et il sait que leurs rapports habituels sont suffisamment complexes pour que les bribes de souvenirs que sa présence pourrait déclencher ne seront pas pacifiques… mais il doit tenter, malgré tout, l’approche pacifique.
Il le doit – il le lui doit.

« Je suis là pour t’aider… veux-tu bien me laisser faire ? »

Il lève, lentement, sa main gantée vers Orion – et attend.
Si ses yeux demeurent fixés sur le visage, rongé par la douleur, la haine et les blessures, de l’autre, ils ont entrevu, bien sûr, l’étrange anneau à son annulaire. Surpris, troublé même par la présence de cet artefact, il a télépathiquement demandé à sa Boîte-Mère de lancer une analyse discrète… qu’il espère recevoir rapidement.
Mister Miracle doit être prêt pour tout, dans cette situation. Pour tout – et à tout aussi…
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MessagePosté le: Mer 16 Aoû 2017 - 16:12

Il met un temps interminable pour me répondre, temps qui est mis à profit par mon instinct pour mieux le sonder, utilisant des facultés que je ne savais pas avoir.

Il me connaît donc, et en conséquence, je le connais aussi ... Mes sourcils se froncent alors que j'essaye vainement de me souvenir, ce qui m'énerve encore plus ... Scott ? Personne dans mes souvenirs avec ce prénom là ... Et sa dégaine, des collants, une sorte de costume de bal masqué, une cape, ce masque ... Et ces aéro-disque sous les bottes qui eux sont le produit d'une technologie bien en avance sur ce que j'ai pu voir jusqu'à maintenant.

je ne me souviens pas … je murmure entre mes dents.

Tout cela me semble pourtant familier, très familier, mais ce que j'en ressens est si ambiguë ... De la tristesse, une sorte d'attirance parentale, ou du moins amicale, mais tout cela est entaché d'une remonté de haine qui me hérisse le poil tout au long de la colonne vertébrale, comme un grand froid brûlant qui ravive mes plaies visible et invisibles sous mes bandages ...

Il est là pour m'aider, mais le doute est là, environnant tout mon être face à ce surhomme vitaminé à la technologie futuriste ... Un sentiment de trahison ou pire que je ne m'explique pas ... Une tornade mentale me prend qui fait flageoler mes jambes sous le coup et je porte instinctivement ma main à ma tête qui entre au contact des bandages en lambeaux.

Je suis agacé, au plus haut point, et tout à coup, l'éclat violet pulse devant mes yeux, comme lorsque j'étais allongé sur mon lit d'hôpital alors qu'une sorte d'énergie extérieure vient m'envahir ...

J'avais entr'aperçu mon reflet lorsque j'étais dans la cale sur la paroi d'un des blocs réfrigérants. Tout ce que j'avais pu y contempler était une face couverte de bandages où le peu de peau qui pouvait s'y distinguer était comme charbonneuse et ce qui repoussait là où j'avais eu des sourcils était roux. J'étais roux donc, et mes yeux d'un bleu très clair me fixaient sans aucune réaction entre ces jeunes cils de cuivre profond ... De brouillard violet, plus aucun à ce moment là ...

Mais maintenant, face à cet étranger , le voile violet avait refait surface changeant ma perception du monde ... Et en prime, l'anneau à mon doigt semblait avoir pris du poids en rétrécissant au passage.

L'autre continue après s'être posé à quelques mètres de moi sur la plage ... Il veut m'aider, il est amical, mais il semble sur ses gardes, il semble me craindre, c'est pas normal. Ce n'est pas un avorton, il a sans doute des armes puissantes à sa disposition, sa combinaison doit être une sorte d'armure, alors pourquoi cette attitude ?

Il me piste depuis un moment dit-il, mais a préféré sauver les matelots sachant que je me débrouillerais très bien tout seul ... Il me connaît mieux que moi même ...
Crète, en Australie, Islande, ces noms me disent ce qu'ils sont mais aucun souvenir d'y avoir séjourné dernièrement, sauf pour la Crète où l'image d'une gargote perdue dans un désert de pierraille me vient brusquement à l'esprit et pour l'Islande où je me suis réveillé hier ...

je ne me souviens pas … je grommèle ... Mes poings se ferment et s'ouvrent sporadiquement devant l'envie de lui rentrer dedans et la retenue que je m'applique à moi même de ne pas le faire d'emblée ... Et non, je ne veux pas d'aide ... Juste savoir qui je suis vu que toi tu dis me connaître assez ... Qui suis je ? QUI SUIS JE ?

Un flash de pourpre vient chasser brièvement le voile mauve devant mes yeux puis disparaît aussi vite. En réponse à cet anneau qui enserre mon annulaire gauche et à ce brusque changement de teinte, une douleur aiguë vient brusquement me percer la poitrine. Je sens ma peau se tendre sous la poussée de quelque chose qui veut sortir de moi, la même douleur que lorsque ces trois premiers morceaux avaient surgi et s'étaient transformés en liquide dans ma paume avant de venir se lover autour de mon doigt ...

Ma main droite se crispe machinalement là où ça fait mal alors que sous les bandages, mes traits forment une grimace.
Mais au lieu de sortir, ces trucs me brûlent et voyagent sous forme semi-liquide entre ma peau et mes chairs, transitant rapidement de mon torse jusqu'à mon bras puis à ma main, pour enfin venir se fondre avec les autres alors que je hurle et tombe à genoux pendant qu'ils se frayent un chemin dans mon corps, essayant futilement d'en enrayer la course de ma main droite valide ... Mes oreilles sont assourdies par un bourdonnement monstrueux et des roues de feu ravagent mon cerveau, me faisant voir des images incompréhensibles et finalement un mur d'où dépassent des formes humaines ou humanoïdes figées alors qu'elles voulaient s'en échapper.

SI C'EST TOI QUI FAIT CA, ARRÊTES ! S'IL TE PLAÎT, ARRÊTES ! Je hurle dans la direction de l'autre, de Scott ou qui il soit, pointant une main hargneuse dans sa direction plus menaçante que suppliante ...

D'un coup, tout cessa aussi soudainement que la crise était venue. L'anneau s'était transformé en une sorte de mitaine dorée d'où émergent mes doigts à la peau craquelée et je me relevais encore tout rompu de cette épreuve innatendue.

Je lance alors un regard de braise vers l'autre, plein de ce courroux qui m'emplissait avant et qui déborde maintenant comme un lac de feu dont le barrage vient de céder.

Ne crois pas me briser aussi facilement ! Tu vas me le payer ! Je lui crache ...
Et sans que j'en sois vraiment conscient et l'instigateur, ma main droite se porte à mon visage et arrache les bandages qui le couvrent tandis que ma main gauche se dresse à son tour vers lui, éjectant un rayon violet dans sa direction qui me surprend du fait de pouvoir en être capable autant que de le voir fuser vers celui qui se tient devant moi et qui l'évite de justesse.

L'instant d'après, je suis en contemplation hagarde de cette main parée d'or pur qui fume encore de ce qui vient d'en sortir, tremblante.

Que ... Que ... Mes yeux se lèvent à nouveau vers l'autre qui me toise derrière son masque, imperturbable et énigmatique.

Une seconde passe, on ne sait s'il s'agit d'un ange ou d'un démon, et je fais volte face, me ramasse et bondis dans les airs, bien plus loin et bien plus haut qu'aucun homme ne puisse le faire, retombant par-delà les collines au milieu des bois, survolant des villes et des villages, crevant les cieux encore en colère à l'aller et au retour en me frayant un chemin au milieu des éclairs, jusqu'à ce qu'un petit coin de caillasses aux étranges formations ne m'accueille finalement exténué sur une autre plage.

En quelques secondes, j'étais passé de Torr Head à la Chaussée des Géants, noms prédestinés, si en était besoin, à l'arrivée d'un être surhumain voire inhumain sur cette île ... J'avançais jusqu'au bord d'une des plateformes et je me penchais sur la mer qui en battait doucement le flanc, la tempête qui faisait rage de l'autre côté n'étendant pas ses effets jusque là.

La chose que je distinguais sur le miroir des flots, cette face hideuse et presque chauve, tailladée et ravagée par les croûtes des plaies et des brûlures qu'elle avait subie, c'était moi ... Une horreur où je ne voyais aucun souvenir tangible qui me fit faire un pas en arrière ....

Mon isolement fut pourtant de courte durée. Déjà je ressentais l'arrivée de celui qui se nommait Scott dans mon dos et l'instant d'après j'entendais ses pas marteler doucement les rocher derrière moi.

Toi qui dis me connaître ... Dis moi qui je suis, ce que je suis ... Et laisse moi seul ...



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MessagePosté le: Jeu 17 Aoû 2017 - 11:32
Mister Miracle demeure, encore et toujours, sur la réserve.
Il a lancé une analyse via sa Boîte-Mère, notamment sur l’étrange anneau qui entoure l’annulaire d’Orion, mais les résultats ne lui sont pas encore parvenus. Son observation, néanmoins, lui donne déjà de nombreuses indications sur l’état de l’autre – et cela ne lui plaît guère.

« Hem. »

Orion souffre.
Même si leurs relations ont toujours été difficiles, même s’il y a des mondes d’écart entre eux et leurs visions du monde… ils demeurent de la même famille, de la même lignée. Ils furent camarades d’infortune durant la Guerre des Néo-Dieux, et luttèrent côte à côte.
Le voir ainsi est douloureux – et inquiétant, définitivement.

Sentant que la crise qui grandit chez son interlocuteur est loin de s’arrêter, Scott Free ne dit rien.
Il ne réagit pas quand Orion grogne et exige des réponses. Il ne réagit pas quand Orion se touche le crâne, comme s’il voulait abattre ses mains terribles dessus, pour y sortir les éléments manquants de sa mémoire. Il ne réagit pas quand les doigts de son « cousin » battent un tempo d’enfer, marque de démence et d’abandon total.
Il ne réagit pas, non ; mais il enregistre.

« Calme-toi. »

Il tente d’offrir une voix douce et rassurante – mais il sent que cela ne servira à rien.
Orion est trop loin… trop touché. Trop brisé.
Il soupire, devant cette situation, mais aussi la certitude qu’il en est responsable ; directement. C’est lui qui a provoqué la Fin du Quatrième Monde, c’est lui qui a mené leur peuple à la destruction dans cette version-là ; c’est lui qui a poussé Orion à fuir, ou a qui poussé l’entité mystérieuse qui s’en serait prise à lui à intervenir.

Il en est responsable, oui.
Il doit maintenant en assumer toutes les conséquences.

Perdu dans ces pensées mélancoliques, Mister Miracle ne relève qu’au dernier moment l’étrange mutation de l’anneau mystérieux de son camarade – anneau qui se transforme désormais en une sorte de gant, qui est une source de puissance… brutale.
Sans prévenir, le bras concerné d’Orion se lève et tire – en sa direction.
Quelques secondes plus tôt, le Néo-Dieu affaibli et vulnérable s’était perdu dans un discours incohérent, considérant désormais que c’était Scott le responsable de son affection… indirectement, certes. Mais il n’est pas le mal qui le ronge ; celui-ci doit encore être identifié – et bloqué, au plus vite.

On ne peut laisser Orion dans un tel état.
Ni pour lui – ni pour le monde.

Cependant, si Mister Miracle a évité le tir grâce à son expérience et ses réflexes extraordinaires, il ne peut aller au bout de ses envies et de son projet.
Il voulait s’approcher, le toucher, le rassurer et… lui dire. Mais cela ne se fera pas.

« Non… »

Orion bondit.
Utilisant sa force de Néo-Dieu, il se précipite ailleurs, rongé encore par la fureur et l’affection incompréhensible qui se sont emparées de lui ; Scott en a bien une petite idée, mais il doute encore… et craint de se tromper. Voire, pire encore, d’avoir raison.

Orion fuit, donc. Au loin. Plus loin que n’importe quel Humain.
Devant des flots inconnus, recouvert de bandages arrachés, hanté par une douleur infinie et le manque de souvenirs, son camarade fixe son reflet – et ne se reconnaît sûrement pas.
Scott, non plus, au fond ne le reconnaît pas.
Il sait qu’Orion a déjà eu des crises terribles, qu’il a lutté contre sa nature profonde… mais il n’y a pas assisté. Il n’était pas là. Il n’était pas sur Néo-Génésis, lui ; il était sur Apokolips. Tout le monde n’a pas la même chance.

« Oui. »

Mister Miracle l’a suivi, via ses Aéro-Disques, et se pose à ses côtés ; à une distance prudente, encore.

« Je sais qui tu es – et je vais te le dire. »

Il relance, vigoureusement et mentalement, sa Boîte-Mère pour qu’elle analyse l’anneau devenu gant, et trouve son origine ; puis établisse sa dangerosité. Vite.

« Tu te nommes Orion. Tu es issu de la race des Néo-Dieux. Tu as été le Champion de la planète Néo-Génésis, tournée vers la Paix universelle. Tu es un guerrier, et un combattant ayant fait vœu de défendre les opprimés – mais surtout de briser le Mal, sous toutes ses formes et notamment celles que tu connais le mieux. »

Scott Free soupire.
Il ne veut pas mentir – mais il ne peut pas tout dire. Le choc serait terrible, et la réplique encore plus.

« Tu es Orion. Tu jugules ta fureur et ta colère via une Boîte-Mère, qui te parle, t’apaise et te protège.
Tu es Orion. Tu es un guerrier cosmique. Et si je suis disposé à te laisser seul… il me semble évident que tu as besoin d’aide, pour que mes mots te correspondent – et ne te donnent plus l’impression de découvrir en toi un étranger. »


Il s’avance encore, et s’arrête à un mètre à peine de son « cousin ».
Il ne peut aller plus loin, par prudence. Mais il veut néanmoins lui prouver son intérêt sa volonté d’aider.
Au moins… au moins aura-t-il tout tenté pour le sauver.
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MessagePosté le: Ven 18 Aoû 2017 - 11:06

Je me suis retourné et fais face à cet être étrangement vêtu qui m’a poursuivi jusqu’ici, à priori drapé de bonnes intentions envers moi.

Au moment même où il commence ses révélations, une bizarre sensation m’environne et un gratouillis agaçant naît dans ma main enserrée par ce gant qui semble être doué d’une vie propre.
Si j’avais encore eu ne serrait ce qu’un soupçon de sourcil, il l’aurait vu se lever haut, et de plus en plus devant le scepticisme qui me gagnait au fur et à mesure de ses « révélations ». Mais ce ne fut pas ses paroles qui m’abasourdirent le plus.

Après quelques instants, les gratouillis disparurent et la sensation s’estompa jusqu'à ce que finalement une petite voix métallique vint me parler doucement dans la tête, ce qui me fit par réflexe regarder ma main recouverte de cette seconde peau dorée.
« Défenses mécaniques et psioniques en service, tentative d’intrusion et d’introspection du modèle A4.9 en cour de recomposition après destruction presque totale suite à un événement cosmique et temporel sans précédent. Période actuellement effacée des mémoires restaurées. Processus médical enclenché en parallèle pour assistance aux reconstructions biologiques du symbiote. »

Je pensais avoir rêvé en entendant mon gant me parler dans la tête sans que l’autre ne remarque rien. Pour donner le change, je reportais mon attention sur ce dernier, essayant d’intégrer ce qu’il me révélait et ses révélations avaient une tournure fantasmagorique à la hauteur de son costume et de mes capacités nouvellement utilisées …
« Orion ? » Dis je en écho avec une moue. Mis à part une constellation, ça ne me disait rien, pas l’ombre d’un neurone à qui cela fasse vibrer le synapse …

Je commençais à me demander si je ne devenais pas fou ou sujet à des hallucinations, à moins que ce ne soit lui qui soit complètement malade … Néo-quoi déjà ? Dieux ? Champion de la planète Néo-Génétrice, guerrier et preux combattant pour la Paix universelle ?! Même si concept me plaisait, c’était fou de penser être doté d'une telle charge et voué pour cela dans l'état où j'étais.
L’autre fait une pause, chercherait-il ses mots ou d’autres fables à me servir ?

Le mot « Boîte-Mère » provoqua en moi quelque chose sur lequel je revenais pendant ce bref intermède, surtout que cette petite voix qui était intervenue tout à l’heure reprenait du service :
« La remarque de Mister Miracle est pertinente. Avant de pouvoir retourner vers les humanoïdes de cette planète, il faudra attendre la restructuration de votre « Boîte-Mère » afin quelle masque votre apparence originelle, les fragments se trouvant dans votre corps sont trop petits pour envisager des réparations efficaces avant un tour lunaire local. La présence d'esquilles de différents composants inconnus et de Radion pur sont détectées un peu partout, au niveau de la hanche pour ce dernier. Ceci explique les limitations actuelle de vos aptitudes. Les derniers fragments de la structure me composant sont maintenant intégrés. Il y a besoin urgent de matières et d’énergies pour régénérer l'intégralité du système "A" rapidement … Une mise à niveau est nécessaire ... »

Je me rends compte que pendant ces échanges intérieurs, mes yeux restent dans le vague et quand je retrouve une perception optimale de l’instant présent, je découvre celui qui se nomme Scott qui s’est rapproché et attend mes réactions. Même avec son masque, je sens ses incertitudes, son malaise, bien incompréhensible pour moi qui était le premier concerné par tout cela. La situation, loin de la trouver aussi dramatique que cela, m’amenait un sourire aux lèvres, qui s’élargit de plus en plus à mesure que je prends la dimension de ses révélations jusqu’à éclater en un rire tonitruant qui surprend bien plus mon vis-à-vis que si je lui étais rentré dedans à coups de poings encore une fois.

Son masque trahit ses émotions profondes assez subtilement et j’arrive à les lire comme si effectivement nous étions de vieux complices. Entre deux hoquets, je parviens à aligner quelques mots jusqu’à ce que je me calme finalement.

« N’importe quoi !!! Un dieu ! Encore mieux que ce que j’avais imaginé initialement ! (rire) A la rigueur Vulcain ou Héphaïstos vu la tronche que j’ai et que je sois sorti vivant des flammes de l’Enfer ! (rire) Mais je ne suis pas boiteux par contre ! (rire) … Tous ces noms, tout ce que tu viens de me raconter, ça ne m’évoque rien du tout, mis à part peut-être le fait d’être plutôt quelqu’un de bien au fond, mais rien n’est moins sur vu ce que j’ai pu faire avant d’arriver ici … ! »

Je laisse un instant le silence se glisser entre nous et je redeviens plus sérieux. Je lève ma main dorée tournée vers moi et la regarde dubitatif.

« Tout ce que je sais, c’est que ce que je vois, ce que j’entends, je le comprends, je sais parler plusieurs langues et peut être toutes au fond, je suis fort, très fort, ce qui m’a fait me demander si je n’étais pas un de ces héros légendaires revenu d’on ne sait où, comme Hercule.»

La surface polie de ma paume me renvoie mon reflet mieux qu'un miroir, déformé un peu comme l'image bordée d'un éclat rouge que me retournait ma petite cuillère alors qu'étant gosse, je mangeais mon brouet matinal dans les cuisines du ... Un déchirement traversa mon esprit et l'image fugace s'évanouit sans que je puisse la retrouver. Ne restait juste que cette impression diffuse d'avoir perdu à nouveau quelque chose, d'avoir touché du doigt un pan de ma vie important et du manque alors qu'il venait de s'échapper. S'ajoutait cette bordure rougeâtre tout autour de mon champ de vision qui ne s'effaçait pas alors que je me frottais l'oeil. Cela m'énerva à nouveau, mais je me calmais vite. Je haussais les épaules et revins à Scott.



« Je comprends pourquoi tu portes ce masque si nous sommes du même peuple, Scott Miracle, parce qu'on peut pas dire qu'on a des gueules de portes bonheurs pour les gens d'ici, à moins que je ne sois le Quasimodo du groupe ...» Mon rictus ne me donne même plus de douleur, juste une gêne à la commissure des lèvres. Mais je m'assombris immédiatement.

« Pourtant, je sens qu'il s'est passé quelque chose de terrible même si je n'en garde aucun souvenir, et je sens aussi que ça doit être de ma faute, que j'ai échoué, à moins d'avoir réussi un mauvais coup, sinon pourquoi aurais je été ... Enfin vu ma situation aujourd'hui ... Et puis il y a ces images, ces sales rêves ...»

Me revenait en mémoire ce qui m'avait tiré du sommeil alors que j'étais dans les cales.

« Deux peuples puissants dans des cités volantes qui s'affrontent, une guerre totale où des armées entières sont exterminées par des missiles ou des rayons de la mort en même temps que des jungles soient vitrifiées ou des lacs évaporés, ce genre de choses sur ce monde, ça te parle ?.»

Je lui posais la question histoire d'essayer de lever un voile sur mes visions ... Mais là, à cet instant, j'avais besoin de me retrouver seul, de me reposer, de faire le point.

Orion ... Bof ... Pas très classe comme prénom, à moins que ce ne soit mon nom de famille, les Orions comme les Marvels ou les El ou les Kents comme Superman, mais ! Comment je sais ça moi !?!

« Orion ? C'est mon prénom ou mon patronyme en fait ?»




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MessagePosté le: Lun 21 Aoû 2017 - 16:31
Mister Miracle s’attendait à beaucoup de réactions de la part d’Orion : colère, explosion, violence, incompréhension, brutalité ou même incrédulité… mais le rire, non. Cette expression-là, il ne s’y attendait pas, et ne sait initialement pas comment y réagir.

« Hum. »

Il a vu, bien sûr, son interlocuteur fixer son gant – et la Boîte-Mère l’informe, grâce à sa conscience presque universelle, de la réalité de cet artefact. Il sait, il entend même les éléments évoqués dans l’esprit du Néo-Dieu brisé, et le puzzle se construit lentement au fil de l’arrivée de pièces fracturées.
Il se construit, oui… mais il est encore loin d’être clair, et les formes ne sont pas encore reconnaissables.

« Les Néo-Dieux étaient… sont un peuple étrange et disparate, Orion. Ton… allure actuelle reflète une partie de tes difficultés passées, mais a été empirée par les récents drames que tu as subis. Tu utilises généralement ta Boîte-Mère pour créer un visage qui te rend plus passe-partout – mais sache que tu es accepté parmi nous pour ce que tu es, pas pour ce que tu représentes. »

Toujours à une distance faible de son interlocuteur, il plonge son regard azur sur le visage ravagé de son camarade – et réfléchit. Les paroles de son « cousin » ne cessent de résonner dans son esprit, notamment les parallèles avec les Panthéons de divinités terrestres disparues, mais surtout les souvenirs de la terrible Bataille d’Oa, durant laquelle lui-même a précipité la Fin de leur Quatrième Monde
Même s’il se maîtrise totalement, Scott Free ne peut réprimer une grimace, en sentant ces bouffées d’images douloureuses revenir en lui. Il reprend néanmoins rapidement le contrôle, et décider de s’emparer à nouveau du rythme de la conversation.

« Pour ma part, je ressemble à ceci. »

Il enlève lentement, et avec des gestes prudents, son masque, révélant son visage, calme et immobile. Il laisse son interlocuteur encaisser la découverte, et l’éventuel afflux de souvenirs, avant de reprendre lentement la parole.

« Quant au reste… oui, tu es bien Orion, il s’agit là du nom qui a été donné à ta naissance. Tu en as usé d’autres, comme Anthony J. Masters ou O’Ryan, pour ceux que je connais… je conçois que ton nom puisse te surprendre, il semble que tes récentes épreuves aient déséquilibré ta conscience et ton esprit, et que tu sois désormais calibré sur un ressenti Humain ; cela devrait cesser… quand ta Boîte-Mère sera à nouveau complète. »

Mister Miracle esquisse un sourire qui se veut rassurant, et pointe des yeux le gant doré de son camarade.

« Ma propre Boîte-Mère, qui est une machine consciente liée à nos âmes et à nos esprits, a scanné ton corps – et a capté, sans le vouloir, la communication de ton gant avec ton propre cerveau. Je te présente mes excuses, je ne souhaitais guère m’immiscer dans ton intimité.
Le diagnostic, cependant, est vrai : tu es blessé, ton corps est impacté par des résidus nocifs, et une mise à jour et une réparation sont indispensables. Je peux… aider, également. »


Il s’approche encore – encore d’un pas, tout en continuant à parler d’une voix calme et douce.

« Je ne peux tout te dire, car j’ai conscience que tu es encore fébrile et dans un état difficile. Néanmoins, oui… oui, les images que tu me décris me sont familières, car nous avons vécu… nous avons affronté une Guerre abominable. Les Néo-Dieux… se sont déchirés, et le combat fut terrifiant.
Tu participas à ces affrontements, pour tenter d’y mettre fin ; le résultat final fut… loin d’être positif, même si certains peuvent considérer que le pire a été écarté. A titre personnel, je… »


Scott Free soupire et secoue légèrement la tête.

« Bref. L’affrontement a eu lieu et fut terrible.
Je peux t’aider, néanmoins, à t’en remettre. Te mener dans des lieux où ta Boîte-Mère pourra être réparée, où tu pourras… te reconstruire. Corps et esprit. »


Il lève sa main gantée, et esquisse un sourire sincère envers son cousin.

« Acceptes-tu, Orion ? Acceptes-tu que je t’aide à redevenir toi-mêmes ? »

Le Néo-Dieu attend, plein d’espoir… mais prudent malgré tout.
Il ignore la réaction du vrai Orion face à ce que lui a fait ; si jamais les souvenirs venaient à revenir directement, si jamais tout redevenait clair pour lui… il craint que la fureur proverbiale de son camarade ne revienne. Alors, seulement alors, d’autres mesures pourront peut-être être envisagées…
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New Titans
MessagePosté le: Mar 22 Aoû 2017 - 16:25


Encore des révélations, que, si je n’avais pas ce truc enserrant ma main qui me parlait dans ma tête, je prendrais comme les élucubrations d’un esprit dérangé.

Donc, en l’écoutant, j’apprends que mon aspect d’aujourd’hui est à peine moins bien que celui que j’avais d’habitude et que cette fameuse Boîte-Mère, comme venait de me le susurrer mon« A4.machin chose » était une sorte de camouflage électronique pour pallier aux réactions xénophobes ou cacophobes voire Tératophobe. Quand je lui parlais de Quasimodo à l’instant, j’étais pile poil dans le sujet.

Il m’affirme que dans son, pardon, notre peuple, j’étais accepté comme j’étais, mais mon gant m’envoya un signal que j’interprétais comme étant l’avertissement d’un propos mensonger ou du moins une demi-vérité. Donc même chez les miens, je n’étais pas accepté tel que j’étais ? Je laisse échapper un « Hum », imitant sans le vouloir les propres manières de celui qui me fixait maintenant, lui rendant regards pour regards sans ciller. Si l’un de nous devait détourner les yeux, ce ne serait pas moi !

De plus, son masque opaque et impénétrable laisse pourtant transparaître ses émotions les plus infimes et notre face à face m’en permet une observation détaillée … J’attends qu’il poursuive et il me surprend en ôtant ce qui couvre sa tête au terme de cet entracte silencieux et spéculatif.

Sans en être maître, mes paupières s’écarquillent puis se plissent, laissant mes émotions prendre le dessus sur mes réactions instinctives. Je suis étonné dans un premier temps, qu’il est humain et à priori bien fait de sa personne du moins au niveau de cette partie découverte de son anatomie, mais je prends alors toute la mesure de la différence qui nous sépare, me demandant finalement si nous sommes de la même race, de la même espèce. Lui peut circuler au milieu des humains sans problème, incognito et similaire. Moi ? Serais je une exception que ce compatriote accepte comme il est ou un rejeton d’une lignée corrompue inspirant la pitié ou la peur même ?

« Je vois que les cartes ont été distribuées inégalement même chez ces Néo-Dieux … », je grommelle entre mes dents serrées dans un sourire figé totalement diplomatique.
Mais ma petite réflexion mesquine se perd alors qu’il poursuit sur sa lancée. Lorsqu’il prononce Anthony J. Masters ou O’Ryan quelque chose se débloque en moi mais reflue vers les tréfonds comme un poisson glisse entre les doigts lorsqu’on veut l’attraper à la main au fil de l’eau. Le rattraper me fit rater la suite, du moins n’y prêter qu’une oreille distraite et je ne saisis que sa proposition d’aide et ne perçois finalement que le pas en avant qu’il effectue, auquel je réponds en faisant le recul d’autant en fronçant les sourcils.

Je ne comprends pas pourquoi, mais cette proximité soudaine, cette intrusion même gentille et amicale dans mon cercle de sécurité me mettent mal à l’aise et font monter en moi une vague de haine que j’ai du mal à réfrainer.
Mais le plus terrible est cette sensation étrange que nous ne parlons pas de la même chose, de la même guerre, de la même extinction. Des images de mes affreux rêves viennent en amont de mon cortex et pour la première fois, le « A4 » les analyses.
« Fin du deuxième âge» me dit la petite voix dans la tête, mais je n’y comprends rien, pas plus que mes réactions envers ce compatriote si prévenant.

« Je ne me souviens de rien de tout cela, je te l’ai déjà dit, juste un profond sentiment d’avoir été vaincu, d’avoir été trahi, et de m’être cogné dans un mur au sens propre comme au figuré … »
La facilité, une chose que je n’accepte pas et même évite comme la peste. Ceux qui me connaissent depuis longtemps, enfin connaissaient l’Orion d’avant, même si lui-même les a oublié, savent que je ne suis pas fait de ce bois là … La proposition de Scott, cette main tendue et cette aide providentielle, étaient alléchantes … Mais je me défiais maintenant de lui sans en savoir la raison.

« Pourquoi es tu si pressé que je retrouve la mémoire ? Pourquoi vouloir remettre aussi vite que possible en fonction Mes Boîte-Mère ? Je sais maintenant que l’une d’elles peut me rendre acceptable aux yeux des habitants d’ici et d’ailleurs, mais j’ai la sensation que d’autres dont des morceaux sont encore dans mes chairs ne sont là que pour brider mes forces, comme des chaînes à un chien … Mon « A4 », mon gant m’affirme que je peux me régénérer moi-même avec le temps et tu dis toi-même que le traumatisme que j’ai subi est exceptionnel, à la mesure de ce qui l’a provoqué. Alors pourquoi me presser ainsi ? Qu’y gagneras tu ? »

Et je ne parlais pas des autres morceaux qui criblaient mon corps … Le Radion d’abord, les morceaux du mur de la Source ensuite, et des traces infimes, des reliquats microscopiques de ce qui se trouvait au-delà du Mur, ce à quoi j’avais été confronté avant d’être éjecté par trois fois sur cette rive et dont je ne gardais aucun souvenir accessible à cette heure.

« Si réellement tu es de mes amis d’avant, laisses moi me remettre à mon rythme … J’ai besoin de temps pour soigner ce corps et peut être retrouver un peu de ce que ma mémoire a laissé échapper.», je lui dis en me forçant au calme le plus total. Ma main se lève lentement et vient s’appliquer doucement sur son épaule que je presse à peine en signe d’affection comme le ferait à un ancien à un jeune, réprimant un tremblement qui n’est pas de faiblesse à ce contact.

« Ne t’inquiètes pas, tout ira bien, tout se fera en temps voulu … », j’ajoute en le lâchant plus prestement que ne devrait et en le fixant l’air confiant, bien plus que je ne le suis au plus profond de moi-même.

Je mets alors mes mains derrière mon dos et je lui tourne ostensiblement le dos pour m’abîmer dans la contemplation de la mer.
« Mon « A4 » sait comment te contacter si besoin, et je ne manquerai pas de le faire lorsque je me sentirai prêt, lorsque je serai rétabli … Laisses moi maintenant, veux tu, j’ai besoin de solitude et de paix plus que de tout autre chose. Hâter un processus n’est pas toujours salutaire à son bon déroulement … J’ai besoin de temps …»

Une image, un flash venait de fuser alors que je le touchais, une impression fugitive et désagréable comme tout à l’heure, qui me criait « TRAHISON » dans les oreilles alors que j’étais sourd. Une amertume bizarre et un entrefilet de regrets … Si j’avais failli, peut être en était il la cause ?

« J’aime bien ce nom, Anthony J. Masters, je crois que je vais l’adopter à nouveau d’ailleurs, mais que veux dire ce « J » ? » La question était plus pour moi-même qu’autre chose …

Les mains croisées derrière mon dos, je restais les yeux rivés sur l’horizon, attendant qu’il parle ou s’en aille enfin, j’avais à réfléchir et à décider, seul.


« »



Foncer dans le tas et parler après si c'est encore possible, telle est ma devise !
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MessagePosté le: Jeu 24 Aoû 2017 - 15:38
Mister Miracle demeure devant son camarade, la main tendue.
Calme, immobile et rassurant – du moins, c’est ce qu’il veut incarner, offrir à son interlocuteur.
Intérieurement, il est plus tendu et plus crispé.

Il reste silencieux, néanmoins, durant plusieurs secondes… et observe, encore. Il n’apprécie guère ce qu’il découvre, même s’il n’en dit rien.
Scott Free remarque, bien évidemment, la gêne et la crispation d’Orion quand il s’approche une nouvelle fois ; et il sent, pleinement, sa colère prête à exploser par principe, par réflexe. Il apprécie de voir que son interlocuteur se contrôle, mais il sait très bien que cela peut ne pas durer – et que son camarade est définitivement une bombe à retardement. Sans certitude de pouvoir bloquer l’explosion à temps.
En outre, il relève également la mention d’un mur, qu’il identifie clairement comme le Mur de la Source… est-ce à dire que son cousin fut précipité une nouvelle fois à l’intérieur de la Source ? Ayant découvert que celle-ci n’est pas unique mais multiple, et même viciée par un fonctionnement devenu malsain, Mister Miracle n’apprécie guère la perspective que l’autre Néo-Dieu encore vivant y ait fait un nouveau tour… mais il ne dit rien. Toujours.
Il prend sur lui.

Comme lorsque sa Boîte-Mère relaye la communication faisant état d’un mystérieux deuxième âge. Comme lorsqu’Orion évoque une trahison, qui résonne directement dans son esprit et blesse son âme. Comme lorsque son camarade apparaît soudain soupçonneux sur sa démarche positive d’appui et de soutien. Comme lorsqu’il le touche, finalement, et que tous deux frissonnent sous ce contact… dérangeant.
Et, surtout, Scott Free se force à demeurer silencieux et calme, malgré le tumulte qui explose dans son cœur, quand Orion se détourne et croise les bras dans son dos – son allure, sa masse, sa silhouette en rappelant alors d’autres. Une autre, terrible et abominable, qui a hanté son enfance et ses cauchemars.
Darkseid.

A cet instant précis, Orion rappelle son propre géniteur… celui qui a fait office de terrifiant et cruel père adoptif pour Mister Miracle.
Ce dernier en est alors atterré voir même terrifié – mais il prend sur lui. Il se contrôle, ne fait rien paraître, et fait le choix de croire encore en son cousin… d’espérer, encore, qu’il ne tourne pas de ce Côté Obscur.
Pour le moment.

« Tu ne me l’as jamais dit. »

Il pousse un léger soupir, pour reprendre définitivement le contrôle de ses émotions, et esquisse un petit haussement d’épaules.

« Nous sommes… étions proches, mais quelques jeux et secrets demeuraient entre nous. Je suppose qu’il te faudra le découvrir en plongeant dans ton propre Passé, sur ce monde. »

Lentement, calmement, il s’avance, et tourne pour se rapprocher du champ de vision d’Orion. Il esquisse un nouveau sourire serein, mais faux, pour reprendre lentement la parole.

« Je vais te laisser, bien sûr… et je vais également te répondre, évidemment. Je ne suis là que pour aider, et pour faire au mieux. J’ai, néanmoins, une demande à te formuler. »

Il plonge son regard azur sur le visage ravagé de son interlocuteur, et croise lentement les bras ; autant par réflexe défensif, suspect malgré lui, que pour appuyer ses paroles.

« Contacte-moi. Tiens-moi informé de tes avancées. Sollicite-moi dès que tu en as besoin. Par… pitié.
Je te le demande, je t’en supplie même… car nous sommes les deux derniers Néo-Dieux, Orion. »


La révélation est difficile, et prononcée avec une voix qui se brise ; il ne s’y attendait pas, mais poursuit malgré son trouble.

« Tous les autres… sont morts. Ils ont disparu.
Nous sommes les derniers – de notre ère.
Voilà pourquoi je veux t’aider. Voilà pourquoi je veux te soigner. Voilà pourquoi je m’acharne, alors que je sens clairement que tu te méfies de moi et que ton naturel quémande la solitude et le repos. Voilà pourquoi je me précipite, alors que je sens que tu as besoin de temps. »


Il soupire, et détourne légèrement des yeux brumeux.

« Nous sommes les derniers Néo-Dieux.
Je ne peux te laisser seul… je ne peux rester seul, en sachant que tu es là, et que tu pourrais… redevenir celui que tu fus. »


Le silence retombe, tendu.
Avant que, quelques secondes après, Scott Free ne redresse son visage, désormais souriant et sans trace de ses troubles.

« Mais j’ai compris. Je te laisse en paix. Je te laisse te reprendre et former tes propres recherches.
Cependant… ne m’oublie pas, Orion. Car je ne t’oublierais pas. »


Ce qui, prononcé avec douceur, sonne malgré tout autant comme une promesse – que comme une menace.
Un double-discours se tient clairement ici, et Mister Miracle n’est ni dupe, ni innocent ici. Il ne regrette rien de ses actes, et ne s’en excusera pas ; il entend néanmoins tenter de se rattraper au mieux, sans cependant foncer tête baissée dans le danger.
Et là, maintenant, Orion incarne ce danger.

« Au revoir, donc.
Et à bientôt. »


Les Aéro-Disques réapparaissent sous ses bottes, et il s’élève au-dessus du sol pour quitter, rapidement, cette zone et son visiteur du moment.
Il disparaît – sans un regard en arrière. Mais non sans, aussi, solliciter sa Boîte-Mère pour qu’elle suive et veille sur Orion.
Pour le bien de son camarade… mais aussi celui de ce monde.
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