[4ML] Dans l'ombre du monde

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MessagePosté le: Lun 18 Sep - 21:39
De temps à autre, Mister Mind choisissait de quitter New York pour sillonner les villes proches et analyser le terrain de plus près, nul conquérant ne pouvait vaincre sur un terrain inconnu. Au fil des cercles précis et concentriques qu'il effectuait autour de la Grosse Pomme qu'il grignotait goulûment, ce dernier était tombé sur Métropolis. Ville moderne et par bien des aspects futuriste, phare de civilisation dans un océan d'obscurantisme, la ville des super-crétins en collants était un non-sens. Sur la côte la plus peuplée de la plus grande puissance de cette planète absurde, cette ville trônait, fièrement, comme la honte d'un échec de l'Humanité. Il était stupéfiant qu'une sous-espèce, aussi débile soit-elle, comme celle de l'être humain puisse accepter de voir une de ses plus grandes métropoles entre les mains d'extraterrestres volants. Autant faire vivre sa population sous la peur d'un holocauste nucléaire...

Mister Mind voyait cependant deux inconvénients à cette ville. Le premier était que New York n'était guère loin pour des kryptoniens qui savaient voler et dépasser la vitesse du son comme certains prenaient leur voiture, le second était qu'il semblait n'y avoir aucune arme entre les mains des gangs ou des autorités New Yorkaises pour faire face à la menace extraterrestre. C'était tout bonnement incroyable! Ces justiciers encapés pouvaient à tout moment raser le centre économique des États-Unis, mettre leurs dirigeants sous clef, massacrer la population d'un claquement de doigt et la seule arme qu'ils semblaient avoir étaient d'autres extraterrestres ou des métas-humains, autant dire un lance-flamme pour éteindre un incendie. C'était idiot, incohérent et plus que tout, cela obligeait Mister Mind à étendre son réseau d'influence pour mettre à bas ces derniers avant qu'ils ne deviennent une véritable menace pour lui. Ces évènements probables n'émouvaient guère le ver, la vie de millions de simiesques ne l'importaient peu, mais il était en train de gangréner cette ville et comptait en faire une base arrière de grande qualité, hors de question de la voir tomber. Il était par conséquent très en colère contre ces extraterrestres qui semblaient faits de miel et de petits cœurs en sucre crayeux. Mièvres, parlant "d'espoir", de "lendemains heureux", ils œuvraient pour un monde meilleur... Comme si un couteau voulait fêter Noël avec une dinde autour de tofu...

Heureusement, le génial insecte avait rapidement compris que ses raisonnements étaient partagés par d'autres terriens. Des groupes de miliciens suprémacistes, des organisations religieuses prises dans des eschatologies délirantes, un partie politique même se préparait pour les prochaines élections avec pour mot d'ordre: "les États-Unis aux humains". Les justiciers d'autres mondes, s'ils continuaient ainsi feraient ce que bien des penseurs avaient cherché à faire: unir l'humanité au delà des distinctions raciales... Mais dans ces quelques efforts locaux et plutôt pathétiques, une voix, plus forte que les autres retentissaient: celle d'Alexander Luthor, dit Lex Luthor. Milliardaire, entrepreneur, politicien, manipulateur. Il avait louvoyé dans tant d'affaires et de scandales qu'il était un miracle qu'aujourd'hui encore il soit en liberté, mais le monde était ainsi fait et cela laissait de l'espoir au ver. Même sa participation au gouvernement Waller l'avait à peine égratigné. L'opinion ne lui était pas encore totalement favorable, certes, mais Mind ne doutait pas de la volatilité des masses...

Ce simiesque était un acteur clef pour le monde de demain et un bouclier utile pour affronter ou à défaut occuper les super-héros. Dans la voiture blindée banalisée que le "Confiseur", son frère, avait faite acheter après une tentative de meurtre d'une bande adverse, William Sweet lisait les nouvelles financières. La plupart des hommes encore dotés d'un libre-arbitre du gang s'étonnaient toujours de voir cet homme, la dégaine du manager de magazine, dans une association criminelle aussi underground. Lorsqu'il ne lisait pas des ouvrages scientifiques, c'étaient des revues économiques et financières, parfois même des ouvrages de philosophie, ces derniers semblant toujours le plonger dans la plus grande perplexité. Il noircissait parfois des jours entiers des pages et des pages de calculs complexes et incompréhensibles pour eux. Il usait des craies sur un tableau noir installé pour lui dans le QG du "Confiseur" et s'occupait entretemps des comptes. Il était respecté autant pour l'inquiétude qu'infligeait son visage cendreux et ses yeux cernés que pour ses capacités cognitives.

Le journal parlait d'ailleurs d'une affaire d'importance : les entreprises Wayne avaient entamé une OPA hostile envers Luthor Corp, la bien-nommée entreprise du grand manitou de Metropolis. Les superlatifs ne manquaient pas pour décrire l'opération "Coup de théâtre dans le monde financier" ; "La grande opération" ; "Le Jour J". Les cotations boursières qui gravitaient autour des deux mastodontes s'envolaient ou s'effondraient à chaque minute ; le Dow Jones tremblait ; les pharmacies faisaient exploser leurs ventes d'antidépresseurs pour tradeurs. La folie se répandait avec force. L'occasion, songeait Mister Mind confortablement niché dans un recoin du cerveau de Sweet pour faire des affaires avec l'un des deux concurrents. Wayne Entreprise se montrait conciliante avec les justiciers et la loi, ce qui en faisait de facto une ennemie à abattre et rien ne valait une épée comme Luthor Corp pour tenter une manœuvre violente à son égard. Sans compter que la chute des Waynes provoquerait un tel séisme dans Gotham City que cette ville pourrait à son tour tomber dans le giron de l'empire criminel du ver, Batman ne pourrait jamais lutter seul contre la misère et ses autres super-adversaires.

La voiture se stationna dans le parking visiteur de la tour Luthor. En sortirent trois hommes: Stéphane Baxter, Yuri Malioff et William Sweet. Stéphane était un avocat d'affaire de New York et une des nombreuses âmes damnées de Mister Mind, de même que Yuri Malioff qui, lui, était spécialisé dans le fret. Autant dire qu'à eux trois ils composaient l'essentiel d'une petite délégation commerciale comme il en venait tant. Les trois hommes, oreillettes high-techs à l'oreille marchaient de concert même s'il paraissait que Sweet effectuait toujours les premiers gestes volontaires.

Ils furent accueillis à l'entrée où ils déposèrent leur carte d'identité, leur convocation et leurs téléphones portables. On les autorisa à garder leurs oreillettes qui semblaient ne pas fonctionner. Ils reçurent des badges visiteurs et furent conduis dans une salle d'attente décorée avec goût. Là ils s'assirent et observèrent un point devant eux, patientant que le maître des lieux les accueille pour leur rendez-vous d'affaire au nom de la Compagnie Petterson.
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MessagePosté le: Mer 20 Sep - 17:24
Lex Luthor était un home très occupé.

A tous les jours a presque, des gens demandaient des entrevues et des rendez-vous, d’affaire ou autre, avec lui, et le plus souvent, se voyaient soit refusé, ou placé tellement sur la liste d’attente de ses demandes venir qu’ils n’auraient pas une plage horaire de disponible avant un an, au moins. La plupart de ces quémandeurs de faveur et/ou d’opportunistes ne voulaient que leur minute de gloire sous les projecteurs de l’un des hommes les plus puissants du monde. Alors la plupart se voyaient tout simplement refusé sans plus d’explications mais très poliment et montré la porte.

Mais pas tous.

Lex se faisait un devoir de passer a travers une pile de ces demandes toute les semaines et d’en sélectionner au moins une qui lui paraissait suffisamment intéressante ou prometteuse pour qu’il s’y attarde personnellement. C’est donc de cette manière qu’il tomba sur la demande de ces trois individus de New-York qui, malgré la nature plutôt banale de leur demande, lui avait paru… impossible à refuser. Quelque chose l’avait de toute évidence intrigué et il avait mis la demande sur le dessus de la pile, ouvrant ainsi une case de rendez-vous pour la semaine suivante.

Quand il fut averti par sa secrétaire que son rendez-vous de dix heure était arrivé, Lex était au téléphone avec un cadre haut placé de la WayneTech et demandais, de plus en plus impatiemment il faut dire, à parler à Bruce Wayne aussi tôt que possible. Immédiatement, si possible. Malheureusement, la femme à qui il parlait était – presque joyeusement, à sa grande colère et irritation – insistante sur la fait que ‘Monsieur Wayne est trop occupé en ce moment pour vous parler, Monsieur Lutor. Si vous pouviez rappeller dans quelques jours, je suis certaine qu’une opportunité se présenteras!’.

De dégoût, Luthor claqua le téléphone si fortement que le boiter craqua en le raccrochant juste comme la porte s’ouvrait et que ses invités pénétraient la grand et luxueux mais austère bureau du PDG de la LexCorps. Il prit un moment pour reprendre clame et contenance, se frottant l’arête du nez pour tenter de chasser une migraine naissante, avant de poser les yeux sur les trois New Yorkais.

De prime abord, rien de spécial avec eux. Deux hommes et une femme, banales, propres, sévère. L’image même de l’homme/femme d’affaire pressé et sérieux. Juste comme lui-même en fait, et ce simple fait, d’une certaine manière, le rassura grandement. Il fit un geste empathique de la main, tout en se levant, pour inviter ses hôtes a prendre place dans les fauteuils a l’allure confortable qui se situaient devant l’aquarium géant du côté opposé aux grandes baie vitrées.

« Je vous en prie, Messieurs et Madame. Prenez place, et nous pourrons commencer notre échange. »


Il s’était avancé vers eux pour leur serrer la main, son sourire le plus avenant et charmeur fermement en place, mais ses yeux demeuraient froids et calculateur, gris presque bleu comme l’acier. Une fois ces formalitées accomplies et qu’ils furent tous installés bien à l’aise pour ce qui pourrait être une discussion longue et intense, il reprit la parole, sur le ton tranchant et sérieux qu’il prenait toujours pour mener des affaires.

« Alors, j’aimerais que vous m’exposiez, clairement, le but de votre visite. En quoi pourrions-nous nous être d’une assistance mutuelle? Je vous écoute. »
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MessagePosté le: Ven 22 Sep - 22:13
L'antre de Lex Luthor était fonctionnelle. Couleurs neutres et sobres, ameublement moderne au profil anguleux et nets. Derrière son bureau, le seigneur et maître trônait, tournant le dos à une immense baie vitrée d'une propreté immaculée donnant sur Métropolis. On distinguait de cette hauteur les forêts piquantes des toits de buildings et les terrasses inégales des gratte-ciels voisins. On distinguait l'océan au loin et des nuages éparses, comme autant de navires vaporeux, clairsemaient le paysage. Assit à sa fauteuil, le businessman devait se croire largement au dessus des hommes, sentiment bien naturel que Mister Mind comprenait tout à fait.

La délégation vint s'asseoir à l'invitation de Lex Luthor. Les trois individus conservaient un sourire aimable et sincère. Être reçu ici relevait de l'honneur dans le monde de Métropolis. Leur interlocuteur se montra poli mais ferme. Le temps avait ici une autre dimension. Mister Mind était un être patient, calculateur. De ses cent cinquante ans d'existence il en avait tiré une leçon : prendre le temps était la seule façon d'en avoir et d'en économiser. Le temps était la clef de bien des victoires et l'on pouvait aisément prendre son temps tout en étant rapide. Frapper vite n'était pas frapper précipitamment.

Lex Luthor était un mortel prit dans l'étau de sa naissance et de sa mort. Chaque minute était un coup de poignard, chaque heure un rabot. Et dans un monde financier où la seconde représentait quelques millions de dollars, celui qui perd du temps, perd son Empire. Ici la frontière entre trop tôt et trop tard était tenue, et mesurable qu'après coup. Les humains étaient perdus dans l'immensité des causes et des conséquences, manœuvrant dans la tempête de la causalité dans l'espoir incertains de lendemains meilleurs. Cette crainte était une puissante emprise à qui saurait en jouer.

Il fallait cependant s'assurer qu'un homme comme lui, défini selon les magazines populaires comme le plus génial être humain de cette planète, convienne d'un timing commun avec le ver vénusien.

- Nous tenons à vous remercier du temps que vous nous accordez monsieur Luthor,
commença William Sweet. Nous sommes conscients de l'honneur qui nous est fait et nous irons dès à présent droit au but : Expansion.

" La Compagnie Petterson est une structure en pleine extension, nous avons commencé par une modeste manufacture d'arme qui nous a offert une base solide et des finances en quantité. En quatre mois nous avons englobé des manufactures de produits alimentaires, avons investi dans l'immobilier New Yorkais et disposons d'une franchise de bars et de Night-club. Nous devons cette expansion à une formidable conjoncture certes, mais aussi à une gestion soigneuse et des investissements très réfléchis.

" Si le Marché New Yorkais offre une excellente base de départ, la concurrence y est rude, il convient donc de nous exporter ailleurs et de nouer des contrats avec d'importantes entreprises tout en nous assurant des partenariats de premier ordre. En outre, nous disposons de contacts dans certaines structures de recherches et avons pour but de nous lancer prochainement, après une étude de marché minutieuse, dans le design de produits électroniques à haute valeur ajoutée.


Sweet prit une petite pause, laissant de côté le fait que ses "contacts de recherche" étaient plus habitués à couper de la drogue qu'à monter des composants électroniques, mais il saurait les reprogrammer pour ses besoins.

- Les structures proposant des laboratoires de grande qualité ne sont guère nombreuses : Wayne Entreprise, Lex Corp, Intel, IBM. D'où notre présence ici. Vous l'aurez compris, nous aimerions contracter avec Lex Corp. deux contrats. Un premier pour profiter des capacités de frets de votre entreprise et assurer l'expansion de notre activité primaire ; un second pour assurer un partenariat entre nos cellules de recherche et Star Labs.

"Nous sommes conscients qu'en comparaison de vos autres partenaires notre modeste entreprise peut paraître ridicule et que nos demandes peuvent paraître présomptueuses ou irréalistes, et pour cause, nous ne vous avons pas encore proposé une offre qui justifierait de tels avantages.


William Sweet, souriant, tendit une main vers Yuri qui ouvrit son attaché-case. Il en extirpa un journal qu'il déposa soigneusement dans la main de son supérieur. Ce dernier le déplia soigneusement et le replia pour mettre en évidence le gros titre "Wayne contre Luthor, l'OPA du siècle" qu'il déposa sur le bureau de son interlocuteur.

- Une OPA agressive n'est jamais une bonne chose, surtout entre deux géants comme Wayne Entreprise et Lex Corp. et si les autorités de régulation des activités boursières ont laissé faire votre concurrent c'est que le géant qui pourrait naître de cette fusion leur paraît acceptable, que cette fusion se fasse dans le sens présent ou... dans le sens inverse.


Mind resta silencieux quelques instants pour laisser soin à Alexander Luthor de faire le cheminement logique de sa proposition. Il se décida ensuite à achever sa proposition le plus sérieusement du monde.

- En échange, nous sommes prêts à vous aider à faire main basse sur Wayne Entreprise...


Le ver vénusien n'était pas friand des activités de la vie humaine, mais il aimait les jeux de pouvoirs et d'influence. L'économie et l'argent l'indifféraient dans leur aspect commercial, ils le fascinaient cependant pour leur aspect conflictuel. L'homme avait bâti un système entier, basé sur du papier et maintenant des chiffres virtuels, il avait conçu des règles et au lieu d'assurer la libre-circulation de nourriture, de vêtements ou de produits d'importance, il ne faisait que multiplier des chiffres et des billets et dirigeait la vie de millions d'individus. C'était une machinerie déshumanisée, plus encore que son usine de New York, un système qui les observait, les jaugeait, les pesait et les recrachait lorsqu'ils n'avaient plus rien à lui offrir. Un mécanisme fait de rouages dorés entachés de sang et de viscères. C'était un jeu fait pour le vénusien, l'occasion de pénétrer ce système et de lui donner de pleines fournées de malheureux, l'heure pour lui de tirer le levier des affaires et de l'argent, de l'égoïsme et de l'avidité pour plonger enfin le monde dans le chaos...
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MessagePosté le: Mer 27 Sep - 19:39
Lex écoute attentivement les trois entrepreneurs New-Yorkais. AU départ, leur proposition lui parait des plus simple et banale. Une association d’affaire qui aiderait une jeune compagnie florissante à s’élever dans le monde des affaires et se faire un nom.

Le genre de demandes qu’il reçoit donc à tous les jours. Rien de spécial… du moins jusqu’à ce qu’ils en arrivent à la dernière partie de leur proposition, pendant laquelle le Magnat de Metropolis repose lentement les mains vers les accoudoirs de son fauteuil et se penche en avant, de plus en plus intriguée et, ôserait-il le dire, fasciné par cette proposition d’affaire qui n’a rien de banal.

« Et comment comptez-vous accomplir un tel exploit? » Demande-t-il enfin, après un moment de silence pensant alors qu’il les scrutait d’un regard calculateur, presque prédateur, jaugeant et cherchant à découvrir leur motif. « Wayne Entreprises est loin d’être une cible facile. Bruce Wayne ne se laissera pas acheter si aisément. Dieu sait que j’ai essayé. »

Cette demande n’est pas banale, et cette proposition est loin d’être innocente. Lex Luthor a navigué le monde des affaires depuis assez longtemps pour savoir que tout a un prix, et que rien d’est jamais offert sans attendre une compensation en retour. Les yeux de Lex tombent sur le journal posé sur la table entre le petit groupe et lui, et ses mains, formant une pyramide devant son visage, ne laisse voir que son regard froid, tranchant, perçant comme une lame.

« Bruce Wayne a adopté depuis peu cette approche agressive que je ne lui connaissais pas auparavant. Un coup des plus inattendu et… audacieux. J’en suis presque… impressionné, si ce n’était des conséquences de son petit jeu sur mes affaires, bien sûr. Cependnat, bien que très généreuse, votre proposition me laisse perplexe. QU’attendez-vous, exactement, en retour de cette association? Ce que vous m’avez énuméré sont les bénéfices techniques et monétaire que votre compagnie souhaiterait en tirer. Ce que je veux savoir est plus simple. »

Il se penche en avant et ajoute, sur le ton calme de la conversation mais avec une note menaçante sous-jacente claire comme le cristal.

« Que voulez-vous de moi? »
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MessagePosté le: Ven 29 Sep - 9:55
Au dehors, un avion s'élevait de l'aéroport de Métropolis dans un vacarme silencieux et gagnait les cieux qu'il sillonnerait prochainement. La vie continuait au dehors dans l'absence de bruit indifférente du bureau insonorisé. Ici régnait un calme de maître du monde, loin du chaos d'existences qui brouillait les semblables de son interlocuteur. Dans son usine, Mind était entouré par le vrombissement des machines ; lorsqu'il faisait le tour des night-club il se noyait dans une musique atroce ; dans les entrepôts il était fracassé des cahots de transporteurs de palettes. Enfin ici son esprit pouvait se nourrir de la paix relative de l'accalmie.

Il pouvait observer les gestes et les mouvements de Lex Luthor, analyser calmement ses propos et réfléchir avec patience. De son côté, William Sweet restait immobile comme ses deux accompagnateurs. Leurs gestes étaient réduits au strict minimum et leurs sourires devenaient figés. Le ver ne s'embarrassait pas de mouvement parasite, le plus direct et le plus épuré valait mieux, cela lui offrait toute latitude pour la réflexion pure. Gouverner à ces échalas requérait une concentration bien trop importante pour qu'il s'y attache trop.

Alexander Luthor éprouvait des doutes, signe d'intelligence. Il était différent des autres simiesques, il semblait prêt à dévorer son prochain. Mind croyait en la solidarité nécessaire des communautés et des représentants d'une même espèce malgré qu'il ait lui-même fomenté des troubles pour faire bouger les choses. Cet être était taillé dans un matériau proche de celui du ver, et ce dernier était satisfait de trouver un homme prêt à trahir ses semblables. Maintenant qu'il avait son intérêt, il ne restait qu'à le convaincre. William Sweet s'anima alors.

- Wayne n'est qu'un homme monsieur Luthor et il ne dirige pas seul son entreprise. Actionnaire majoritaire, il a un poids considérable, mais il n'est pas invincible. Une OPA exigera toute votre attention et votre talent, typiquement le genre de chose que l'on ne peut offrir éternellement sans en faire pâtir ses affaires.

" Plusieurs choix s'offrent à vous...


Puis Yuri prit le relais sans briser la fluidité du discours.

- Faire appel à un "Chevalier Blanc" pour qu'il propose une offre et vous rachète, mais le problème finirait par être le même : vous perdrez votre autonomie.

Puis Stéphane prit le relais.

- Deuxième solution : Empoisonner votre affaire en rachetant des titres qui plomberont les comptes de Lex Corp. pour ainsi mettre en difficulté votre concurrent et ensuite racheter son affaire au besoin. Mais cela revient à endommager votre prochain investissement.

- Troisième solution : Vendre les actifs les plus intéressants de Lex Corps pour que votre adversaire n'obtienne à grand prix qu'une coquille vide. Ce qui revient à détruire votre œuvre.

- Quatrième solution : Faire une contre-OPA et proposer vous-même le rachat de Wayne Entreprise.


- Enfin... il existe d'autres solutions bien plus perverses, déclara William Sweet avec son abominable sourire affable. Des solutions qui dépassent ces recettes classiques de réplique à une OPA. L'assassinat de Wayne serait... trop criant et bien trop dangereux pour vous.

" Mais... Lorsque le général adverse est trop protégé, il ne reste plus qu'une seule option : frapper ses conseillers. Monsieur Fox. Le directeur de la Wayne Entreprise est une cible de choix. Si ce dernier émet le moindre doute sur l'opération, s'il se positionne contre et plus que tout s'il en vient à considérer devant la presse que monsieur Wayne agit inconsidérément et qu'il met en péril la viabilité de l'entreprise, alors, la machine s'inverse. Son OPA devient illégitime, sa stratégie se délite, les investisseurs tourneront casaque et peut-être même son entreprise perdra en valeur boursière, un moment idéal pour attaquer et rafler la mise. Vous pourriez ainsi faire main basse dans un premier temps sur une partie des actifs de votre concurrent. Il restera actionnaire majoritaire, mais vous serez en bonne position pour entamer une prise de contrôle totale.


- La question toutefois demeure, fit Stéphane.

- Comment faire? termina Yuri.

Le hommes parlèrent ensuite en une parfaite harmonie, comme un seul et même être pensant, ce qui était le cas.

- Nous avons les moyens d'accomplir notre dessein. Lucius Fox est une proie facile à atteindre, facile à corrompre, facile à dominer. Et lorsque cette première étape sera accomplie... viendra le tour de Wayne. Une proie à la fois. Une proie pour vous prouvez nos talents et une seconde pour nous assurer que vous remplirez vos obligations...

Le ver vénusien n'était pas peu fier de son petit tour de passe-passe. Il était comme un dompteur qui montrait l'intelligence de ses animaux conditionnés. Mais s'il en voulait plus de ce personnage influent, il allait devoir se montrer sous son vrai visage, Luthor ne croirait jamais trois individus qui se contentaient de parler à l'unisson. William ôta donc son oreillette et grimaça alors que le ver se désincarcérait de son cocon cérébral. Il remonta doucement le canal auditif de Sweet et atterrit dans la main que son esclave avait tendu à proximité.

Le ver à lunettes de cinq centimètre se déplia alors, révélant ses deux yeux jaunes brillants de malveillance. Il se doutait que son arrivée allait intriguer, choquer, dégoûter Lex Luthor, voir peut-être même le faire paniquer un peu, mais il vivait dans une ville où Superman volait, il allait devoir se faire à l'idée qu'un nouvel extraterrestre entrait dans la danse.

Son vocalisateur traduisit alors.

- Enchanté monsieur Luthor, je suis Mister Mind, se présenta-t-il. Je suis le cerveau derrière le pseudonyme de Sweet. N'est-ce pas William ?

- Oui maître.

- N'est-ce pas messieurs ?

- Oui, Maître !
répondirent-ils en cœur.

- Haw Hee Hee Haw. Pardonnez ces facéties, mais j'aime donner un côté spectaculaire à mes démonstrations. Revenons plutôt à nos affaires voulez-vous? Et à votre dernière question plus particulièrement. Que pensez-vous que nous puissions vous vouloir ?


Mais avant d'aller plus en avant, Mind devait savoir comment réagirait ce simiesque à l'arrivée d'un ver parlant...
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