[4ML] Quest for Superman [WW]

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MessagePosté le: Jeu 9 Nov 2017 - 16:20
Quest for Supermanft. Mister Miracle

Scott et Clark jaillirent de la montagne d’araignée dans un tourbillon de couleurs qui redonna du baume au cœur de Diana. Les pieds encore dans l’eau, les cheveux dégoulinants de boue et le corps recouvert de poussière, elle se sentait dans son élément. Ils avaient un plan, même si les détails n’en avaient pas encore été clarifié, et elle était confiante. Ce n’était pas une bande d’araignée robotiques et une pâle copie d’un de ses meilleurs amis qui l’arrêterait, ni elle, ni Scott. Elle les regarda s’élever toujours plus loin de la pile que les araignées construisaient à toute vitesse dans l’espoir de contrer les Aéro-disques de Scott avant de récupérer son bouclier toujours accroché dans son dos et de le lancer de toutes ses forces sur la base de la tour infernale. Le choc fut assez violent pour déstabiliser une des araignées, et la pile tangua, ralentissant la progression de ces dernières. Ce n’était pas réellement du sauvetage, étant donné que Scott et Clark semblaient en sécurité, c’était juste... un rappel pour ces monstres, la Citadelle et cette planète tout entière qu’ils ne se laissaient pas faire.

Elle récupéra son bouclier juste au moment où quelques araignées, de toute évidence suffisamment intelligentes pour se rendre compte que chercher à atteindre Scott et Clark ne porterait jamais ses fruits, reportaient leur attention sur elles. Diana les avait déjà combattues une fois, et la deuxième fois ne fut pas plus difficile. L’eau giclait autour d’elle alors qu’elle manœuvrait entre les pattes géantes et que le nombre de ses ennemis réduisait drastiquement.

Elle entendit son prénom derrière elle et, se retournant, elle eut la surprise de se retrouver face à Clark. Face à Superman. Bien que toujours physiquement affaibli, il se tenait malgré tout plus droit, plus fièrement, et quelque chose de familier brillait dans le fond de ses yeux fatigués. Diana baissa son épée et se rapprocha de lui avec un léger sourire. Elle écouta son plan avec un plaisir qui n’était pas seulement dû à l’idée qu’ils avaient une vraie chance de se sortir de cet endroit infernal. La chaleur qui l’envahissait était tout autre, c’était celle du soulagement à l’idée de voir Clark se glisser peu à peu dans la peau de Superman et d’y reprendre ses marques.

Elle hocha la tête en guise d’approbation.

« Un excellent plan, » reprit-elle après Scott, avant de sourire doucement à Clark. « Prêt à rentrer? »

Les araignées, ils pourraient s’en débarrasser facilement, mais c’était sans compter la réapparition du Superbot. Il jaillit des eaux comme s’il y avait plongé lui-même, et son visage dépourvu de sentiment se tourna immédiatement vers eux. Sa voix métallique se fit une nouvelle fois entendre, et détermination et défi emplirent le cœur de Diana. Elle avait combattu de nombreux monstres et avait été victorieuse à chaque fois. Ce nouveau cauchemar fait de circuits imprimés et de pièces métalliques ne dérogerait pas à la règle.

Elle s’apprêtait à faire le premier pas vers lui, mais Scott la coupa dans son élan et, rien qu’en posant les yeux sur ce dernier, elle comprit qu’elle ne serait pas celle qui mettrait à terre cet ennemi-là. Elle avait bien trop de respect pour ce dernier pour essayer de l’en dissuader, et bien trop foi en lui pour mettre en doute sa capacité à se sortir de cette situation. Dans le fond, il prenait la bonne décision : Clark n’était pas en état de se battre et leur but était de le ramener sur Terre, pas de le jeter en pâture à son double maléfique. Il était inutile de discuter, ce qui reviendrait à perdre du temps, ou à vouloir prendre sa place. La décision de Scott était prise, et en tant que guerrière elle-même, Diana connaissait ce droit intime au choix de ses combats.

Alors elle recula d’un pas. Son regard croisa celui de Scott et elle hocha légèrement la tête en signe silencieux d’encouragement, avant de se tourner vers Clark, le regard brûlant de détermination.

« Allons-y, » dit-elle à son ami avant de s’emparer de sa main et de s’envoler dans une nouvelle giclée d’eau.

Clark pouvait très bien voler tout seul, mais avec les dernières émotions, et l’urgence de la situation, elle ne pouvait prendre le risque qu’il ne s’affaiblisse. Il sembla fort heureusement comprendre les raisons derrière son geste et ne pas s’en offusquer le moins du monde. Elle tourna la tête vers lui alors qu’il filait déjà dans les airs, et leurs regards se croisèrent. Elle n’arrivait pas à croire qu’ils l’avaient retrouvé, qu’il était réellement là, près de lui. Sa présence à ses côtés lui avait manqué ainsi que la façon dont il la regardait, comme s’il voyait toujours plus que ce qu’elle ne laissait paraître. Il lui avait manqué, terriblement.

Elle lui sourit, et il y répondit avec sincérité.

Diana jeta un regard vers la cabane en miettes qu’ils laissaient derrière lui, et, surtout, vers les couleurs familières du costume de Scott. Elle lui faisait confiance. Il se sortirait de cette situation aussi, et il leur reviendrait. En attendant, elle avait-elle-même son propre objectif.

« Clark, » commença-t-elle. « Nous devons entrer dans la Citadelle. J’ai essayé d’y entrer par la force tout à l’heure, mais rien à faire… »

Déjà la Citadelle se profilait à l’horizon. Clark avait eu raison : la plaine un peu plus tôt occupée par les araignées était désormais vide et s’étalait sur ce qui semblait être des kilomètres et des kilomètres. Au-dessus, toujours aussi imposante et dangereuse, planait la Citadelle.

Diana tendit le bras vers la zone qu’elle reconnaissait.

« Je suis tombée par là tout à l’heure, » indiqua-t-elle. « Mais quand j’ai examiné la zone de plus près, il n’y avait aucune trace de porte ou de trappe… »


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MessagePosté le: Jeu 9 Nov 2017 - 17:10
« Diana. »

Superman a été pris en charge par Wonder Woman, qui s’est emparé de lui pour voler.
Il n’a pas contesté – il n’a rien dit.
La jeune femme est persuadée que son ami peut encore s’élever dans les airs, il le sent… mais ce n’est plus le cas. Il dispose encore d’une force améliorée, d’une vitesse plus intense que les Humains, et d’une résistance accrue – mais c’est tout.
En soi, Superman n’a plus rien de Super ; et ça le mine. Mais il n’entend rien en montrer.

« La Citadelle est un endroit étrange, oui… et il n’est pas anormal qu’une entrée disparaisse par la suite. Je… crois qu’il s’agit d’une forme de technologie mouvante, parfois même consciente ; plusieurs fois, j’ai pensé aux Boîtes-Mères des Néo-Dieux, mais… Scott en aurait parlé, s’il avait reconnu un lien. »

Fortement accroché à l’Amazone, il tente de reprendre un peu de contenance et de force, en se concentrant sur ses connaissances de l’ennemi ; cela fonctionne.
Superman redevient lui-même… peu à peu.

« Il faut trouver une entrée, en fait. Comme j’essayais de trouver une sortie, jadis, en tentant de passer par celles que j’avais entrevues lors de certains passages – il faut compter sur la chance. Malheureusement, elle m’a un peu fui récemment… »

Un léger sourire, triste, glisse sur son visage.

« Par contre, je sais que plusieurs agents de la Citadelle disposent de sortes de capteurs, de détecteurs qui leur permettent de se diriger dans ce labyrinthe… peut-être qu’en les attirant, en les piégeant, nous pourrions en subtiliser un. Il faud… »

« J’en ai un. »

Une voix calme et posée se fait entendre à leurs côtés. En se tournant, les deux Héros peuvent en découvrir l’origine…
… leur ami Mister Miracle, vivant et entier – mais sans sa cape, avec un costume tâché, endommagé, et l’air d’avoir vécu l’enfer ; en soi, ce n’est pas faux.

« Ton équivalent robotique en possédait un. »

« Scott ! Tu… tu vas bien ? Est-ce que… »

« La créature de métal était forte, Clark. »

Le Néo-Dieu se tourne vers son camarade, et esquisse un sourire triste, que son masque sensible reproduit fidèlement ; on devine un combat terrible, absolu, surtout pour un pacifiste comme lui.

« Mais pas assez forte. »

« Je… d’accord. Du coup, tu as… »

« J’ai le détecteur, oui. Et je pense savoir par où passer. Suivez-moi ! »

Accélérant la vitesse de ses Aéro-Disques, il se projette encore plus en avant et mène directement ses camarades – à la Citadelle.
Qu’ils découvrent, pleinement, en arrivant ainsi au-dessus des nuages.

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L’image, la vision sont impressionnantes.
Mais Mister Miracle s’en remet, après cinq secondes ; il a déjà vu mieux, et pire. Et il s’est sorti de bien pire, surtout.

« Il y a une entrée, là… elle ne restera que deux minutes et douze secondes encore. Pressons ! »

Il accélère encore, et se précipite directement vers la Citadelle. Une réaction en chaîne se lance, alors, avec divers mouvements de tours, tourelles ou autres murs ; la Citadelle change, se modifie.
Comme si elle les sentait – comme si elle voulait les empêcher d’entrer.
Mais Scott Free ne l’entend pas ainsi.

Arrachant toute la vitesse possible de ses Aéro-Disques, il parvient finalement à couvrir la distance entre eux et la Citadelle… et se projette, directement, à l’intérieur.
Heureusement, cela fonctionne – Diana et Clark aussi.

« Bon sang. »

Mister Miracle décélère soudain, et difficilement, quand ils parviennent à l’intérieur.
Directement, il lève son avant-bras et vérifie les éléments à sa disposition ; une légère grimace glisse sur son visage.

« Diana. »

Flottant encore au-dessus du sol, il se tourne vers l’Amazone et affiche un air sombre.
Au loin, des bruits mécaniques se font entendre – des choses approchent. Des choses lourdes. Des choses nombreuses.

« La Boîte-Mère peut nous faire partir d’ici six minutes et vingt-six secondes… »

Les choses apparaissent, alors, et le trio découvre qu’ils font face à douze…
… robots surarmés et clairement agressifs.

« … qui peuvent être un peu longues, en fait. »

Scott Free serre les poings, redescend et vient se coller dos à ses amis ; Superman fait de même et se prépare.
La bataille va commencer.
Six minutes et… quatre secondes, donc. A tenir, tout simplement.
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MessagePosté le: Jeu 9 Nov 2017 - 18:29
Quest for Supermanft. Mister Miracle

Diana se pencha légèrement sur le côté pour jeter un regard derrière Scott, afin de s’assurer que personne ne le suivait. Il était sorti victorieux de son combat – ce dont elle n’avait jamais douté – mais il semblait y avoir perdu quelques plumes. Elle laissa brièvement courir son regard sur lui pour s’assurer qu’il ne soit pas blessé, grièvement ou pas, mais malgré la cape manquante et les trous dans son costume, il était entier et relativement en bonne santé. Tant mieux. Il avait pris un gros risque pour eux, et connaissant son approche habituelle des combats, elle ne pouvait que l’en remercier. Avec le recul, elle réalisait maintenant qu’elle n’aurait pas pu rester en arrière pour se battre à ses côtés, pas avec l’état dans lequel Clark était. Elle le sentait s’affaisser de plus en plus contre elle, mais pourtant, il gardait la tête haute et un peu de la vie qu’il semblait avoir perdu était de retour dans son regard. Quoi qu’ils lui aient fait, elle était confiante. Ce ne serait pas irréversible.

« Merci de t’être battu pour nous, Scott, » souffla-t-elle juste avant que ce dernier ne s’élance vers la Citadelle, vers cette sortie que lui seul saurait retrouver.

Inutile de l’embarrasser avec des remerciements pompeux, mais elle était incapable de faire comme si de rien n’était. Elle le connaissait, il était son ami – un ami cher. Elle avait noté la tristesse dans son regard, le poids de son sourire, et elle voulait lui assurer qu’elle en était consciente mais aussi reconnaissante de ce choix qu’il avait fait pour les aider. Pour le reste des remerciements, cela viendrait quand ils seraient enfin en sécurité sur Terre. Elle avait l’impression avoir quitté Ivy Town depuis une éternité.

Elle vola donc aux côtés de Scott, Clark toujours contre elle. Il était massif et imposant, mais ce n’était rien qu’elle ne pouvait porter avec facilité. L’énorme Citadelle grossissait à vue d’œil en face d’elle, et avec elle, leur chance de retourner chez eux. Par chance, le plan de Clark avait marché comme ils l’avaient prévu : il n’y avait aucune araignée ou versions maléfiques d’un membre de la League pour les accueillir. En ce qui concernait la Citadelle, ils aviseraient quand ils seraient rentrés, mais Diana doutait que l’endroit soit aussi désert que les plaines qu’elles surplombaient.

Mais ils feraient face.

« Accroche-toi, mon ami, » murmura-t-elle à l’intention de Clark quand Scott leur indiqua la sortie et le peu de temps qui leur restait pour l’atteindre.

Elle s’engagea à la suite de Scott et copia la soudaine accélération de ce dernier. Elle voyait – bien que son cerveau ne refusât de le croire – la Citadelle se rapprocher et changer devant eux, comme un être vivant fait de métal et d’électricité. Seul un Dieu sournois et vil pouvait créer une telle horreur, et bien qu’elle ne se considérât comme une habituée des monstruosités que le cerveau d’un Dieu infâme pouvait créer, cette vision lui donnait des sueurs froides. Cette planète toute entière était une abjection.

Grâce aux indications précises de Scott, ils parvinrent à entrer au sein de la Citadelle – ce qui, pour Diana, revenait à pénétrer dans le système digestif d’un monstre de grande envergure. La vitesse qu’elle avait gagnée pour arriver à temps les propulsa, elle et Clark, le long d’un nouveau couloir de métal. Elle dérapa ainsi sur une certaine distance avant de parvenir à rétablir son équilibre. Derrière elle, Scott, qui s’était déjà stabilisé, vérifiait ses instruments.

« Désolée pour les turbulences, » dit-elle à l’attention de Clark, un petit sourire aux lèvres.

Son nom prononcé de manière bien trop sérieuse à son goût coupa court son accès de bonne humeur. Elle se tourna vers Scott au moment même où le long couloir se mettait à vibrer sous ses pieds. Fronçant les sourcils, elle se tourna vivement de l’autre côté, plissant les yeux pour tenter d’apercevoir cette nouvelle menace qui, sans nul doute, serait là d’un moment à l’autre. Elle et Clark retournèrent près de Scott alors que ce dernier leur annonçait le temps qu’il leur restait avant de pouvoir rentrer.

Six minutes et vingt six secondes… Si peu de temps.

Diana s’était préparée à de nouveaux mineurs, mais ce qui se profila au bout du couloir n’avait rien des petits mineurs qu’ils avaient rencontrés à leur arrivée. Elle dut lever les yeux pour apercevoir le visage de ces nouvelles armures sur-armées.

Si peu de temps. Et en même temps, bien trop de temps.

Ils se mirent en position instinctivement et Diana plissa le bout du nez alors que les armures, qui s’étaient approchées en colonne, se séparaient, révélant ainsi leur évidente supériorité numérique. Trois contre douze. Les chances n’étaient peut-être pas de leurs côtés, mais elle avait connu des nombres bien plus mortels, et elle avait survécu. Ils avaient survécu.

Le regard de Diana se ferma. Cette planète pouvait essayer aussi fort qu’elle le voulait : elle ne les garderait pas. Ils rentreraient, et elle allait y veiller. La mâchoire serrée, elle leva un de ses bras pour prendre de l’ampleur et l’abattit sans autre forme de procès de sorte que ses bracelets ne s’entrechoquent. Le claquement métallique fut noyé dans la vague de puissance pure qui s’échappa de ses poignets. La déflagration, bien que dirigée vers les armures qui lui faisaient face, provoqua une bourrasque de vent qui siffla dans les couloirs et dans ses cheveux. Les parois en métal tremblèrent, certaines vibrèrent, et Diana aperçut même, au loin, quelques étincelles bleutées jaillirent de circuits intégrés aux murs. Quand elle baissa les bras, les trois armures qui avaient été en face d’elle étaient au sol, et bien que la première, qui avait encaissé le plus gros du choc, soit apparemment hors d’état de nuire, les deux autres avaient l’air seulement endommagées et se relevaient déjà.

Diana brandit son épée devant elle et se prépara à passer à l’assaut.

« Combien de temps, Scott ? »


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MessagePosté le: Ven 10 Nov 2017 - 9:47
Wonder Woman, Superman et Mister Miracle sont dos à dos, en position défensive ; ils se sont placés d’instinct, par réflexe.
La force de l’habitude. L’expérience. Le rappel, dans leurs chairs, des combats passés – des victoires remportées ; du sang versé, des douleurs subies, mais aussi des vies sauvées.
Le trio sait se battre, même si chacun s’oriente naturellement vers la paix… et le trio sait se battre ensemble, tout simplement.

Et ils ne doivent le faire que pendant six minutes et vingt secondes.
Une éternité, ou presque, face aux créatures mécaniques qui s’acharnent pour les anéantir.
Ils se battent, alors.

Superman utilise le peu de pouvoirs qui lui restent pour repousser les ennemis, arracher des bouts de métal, forcer des bras, briser des membres ; il n’est plus que l’ombre du demi-dieu qu’il fut, et son Héroïsme a pâli – mais il se bat.
Il n’arrête pas. Il n’abandonne pas.
Il n’abandonne plus.

Mister Miracle, aussi, combat. Rivalisant d’abord d’ingéniosité pour éviter les coups, parer, repousser, il comprend bien vite que cela ne suffira pas ; comme face au Robot-Superman, il va devoir forcer sa nature, cesser d’être défensif – et devenir proactif.
Il soupire… puis se lance.
Il frappe. Il tape. Il brise. Il arrache. Il détruit. Il décapite. Il sépare. Il annihile.

Sans pitié.
Sans un mot. Sans un souffle de trop. Sans haine, ni rage – mais avec une efficacité absolue.
Il détruit. Il trahit ses idéaux, ses valeurs… pour ses amis, certes ; mais il se trahit. Il fait l’œuvre d’un autre – il fait l’œuvre pour laquelle Darkseid l’avait éduqué.
Et cela le trouble.

Mais Scott Free, maître de l’évasion, mais aussi grand acteur, n’en montre rien.
Il se bat. Et, comble du pire pour lui… il se bat bien.
Comme un dieu, diraient certains. Comme un Néo-Dieu, pense-t-il le cœur lourd.

« Diana. Clark. »

Mister Miracle arrache un crâne, et se tourne vers ses amis ; son visage est fermé, terrible. Sa voix aussi.

« Il est temps. »

A peine a-t-il terminé qu’un choc sonique se déclenche, et affaiblit les robots…
… prélude à l’apparition d’un Tunnel-Boum miraculeux.

« Vite ! »

S’élevant dans les airs grâce à ses Aéro-Disques, Scott Free vient se placer derrière ses camarades – pour les protéger.
Mais les robots sont encore là, et ont même été renforcés par d’autres ; ses poings et sa science du combat ne pourront les stopper, et il faut une poignée d’instants à ses proches pour fuir.
Il soupire, alors – il comprend ce qu’il doit faire, lui qui est déjà dans un état émotionnel très faible après la Fin du Quatrième Monde ; il en prend acte, et fait agrandir un élément caché dans son costume, miniaturisé, dont il s’empare. Qu’il lève. Qu’il active.
Il tire. Il détruit. Il tue.
Avec une arme à feu – comme les Parademons.

Le cœur lourd, il se fait aspirer par le Tunnel-Boum à la suite de ses amis… et laisse derrière les robots et la Citadelle.
Ainsi qu’une partie de ses illusions, aussi.

**
*
**

Quelques secondes plus tard.
Ivy Town.

Le Tunnel-Boum s’ouvre, et expulse soudain le trio de Héros à destination…
… leur lieu de départ, le bureau de Scott au sein du quartier-général des Challengers of the Unknown.

« Hey. »

Mister Miracle se tourne vers ses camarades.
Il est debout, mais en piteux état ; son costume est rapiécé, recouvert de sangs et de liquides qui ne sont pas les siens ; il a perdu sa cape, son visage est usé et se voit sous son masque sensible – et il tient une arme à feu, encore fumante.
Il n’est que l’ombre de lui-même.

« Ca va ? »

Mais il pense encore à ses proches, et s’inquiète pour eux.
Il demeure lui-même… pour le moment.
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MessagePosté le: Lun 13 Nov 2017 - 15:47

Quoi de mieux que la plus haute montagne d'une planète pour attendre un signal ? Quel endroit plus propice peut-il exister pour chercher de par le monde une trace de la cible qu'on veut atteindre ?
Ici il n'y a personne pour vous poser des questions, personne pour venir intempestivement vous déconcentrer. Juste le vent et un paysage de désolation glacé tout autour qui n’est que l’antithèse de mon âme aussi brûlante que l’Enfer dont parlent ces humains.

Là-haut, aussi immobile que ce pic sur lequel je me tiens, j’attends le signal, j’attends que mon harnais trouve sa piste et la remonte jusqu’à sa source la plus chaude.
Mon harnais englobe tout mon torse, comme un plastron d’armure. De l’or pur dont il avait l'apparence avant, le voilà voilé, son éclat initial comme entaché et veiné de ramifications grises et noires sombres, résultat de la fusion et des transformations associées.

Mon casque transformé en mare liquide la dernière fois que je l’ai vu de l’autre côté du mur laisse ma tête nue, bien reconnaissable, mais à ma demande, celle-ci est masquée par des flammes où la Force Oméga palpite comme une promesse vivante d'une mort horrible.

Je sais qu’il n’est pas ici, sur ce monde, je sais qu’il est ailleurs, hors de ma portée pour l’instant du fait des faiblesses de mon matériel, du fait de ces disfonctionnements passagers qui s’éliminent peu à peu au fur et à mesure que mon A5 s’auto-répare et re-calibre ses fonctions en incorporant les nouveaux paramètres apportés par l’analyse et l’absorption des processus et composant de mes boites-mères alors qu’elles étaient en vrac à l’intérieur de mon corps, tout comme il l'avait été lui-même.

Ajoutez à cela quelques parcelles des Sources ramenées depuis l’autre côté du Mur et l’intégralité de cette Roche Noire des Nains, sa puissance devenait telle qu’à lui seul il aurait pu s’opposer à mon pseudo père maintenant disparu.

Moi-même j’avais fait les frais de ce passage et de ces combats, je n’étais plus le même physiquement. Quant à ce qui se passait dans mon esprit, là non plus rien n’était comme avant. La connaissance, La Connaissance avait modifié à jamais mes réactions, mon approche des choses et des êtres. Aujourd’hui je savais, aujourd’hui, je n’avais plus de doute, aujourd’hui, j’étais focalisé sur l’unique volonté de venger mon peuple, mes peuples, de me venger, de punir tous ceux qui avaient participé au mal qui leur avait été fait.

Ma rage, bien qu’émoussée par le petit intermède avec Maggie, n’en est pas moins sans limites. Même si je paraissais calme en apparences, c’est un torrent de lave qui me brûle l’esprit et le cœur alors que j’attends le signal qui tintera lorsque l’objet de ma haine reparaîtra sur cette planète …

Et, après un temps qui pourrait sembler bien long à tout autre, alors que je scrutais les horizons dimensionnels par le biais de mon matériel faisant partie de moi comme des sens supplémentaires aussi naturels que la vue ou l’ouïe, le tintement titilla un secteur de mon cerveau.

Trois des êtres vivants sur lesquels se portait ma recherche venaient d’apparaître dans cette sphère spatio-temporelle, à la surface de ce monde, surgis après l’ouverture d’un passage reconnaissable entre tous par mes senseurs, comme une signature unique en son genre.

Il y eut Superman d’abord, bien qu’étrangement modifié, affaibli, mais bien toujours lui-même. Diana ensuite, presque simultanément, toujours pareille à elle-même, puissante, brillante comme une flamme dans la nuit.

D’un soubresaut mental j’allais ordonner immédiatement mon transfert vers eux, ceux-là qui étaient des alliés de ma cible, plus que des alliés, des proches, des amis peut-être, du moins ce qui s’en approchait le plus en termes relationnels, et la déchirure qu’ils venaient de franchir portait SA signature.

Mais l’alarme qui vibra en moi alors m’arracha un grognement de satisfaction sauvage qui interrompit mon signal une fraction de seconde. IL était arrivé à leur suite, juste derrière eux. IL allait enfin payer …

Le portail, peut-on appeler cela un Boom-tube comme avant ? Le portail s’ouvre sans bruit et c’est avec une grande sérénité que je le passe pour arriver dans une pièce, à quelques mètres du trio qui vient de rentrer de je ne sais où.

Ils sont en piteux état, Superman n’est que l’ombre de son ombre, Diana semble avoir souffert aussi, et mon cher cousin, qui je le sais maintenant est bien plus éloigné que nous ne le croyons fut une époque maintenant révolue, mon cher cousin porte sur lui les traces d’un combat dont il s’était sorti difficilement semble-t-il.

Est-ce que cela m’incite à une faible émotion ? NON !

Je me campe sur mes pieds à peine sorti et je croise les bras sur mon torse, comme mon illustre souverain défunt. Derrière moi, la porte dimensionnelle se ferme sans un bruit, montrant sa différence avec les traditionnels Boom-tubes des Néos-dieux.

S’il ne restait un léger miroitement aurifère, si le reste de ma combinaison n’avait été moins écarlate sous le voile de l’aura des énergies cosmiques qui suintent de moi, d’aucun aurait cru voir l’incarnation de Darkseid devant lui.

« Nous voilà enfin face à face, Assassin … L’heure est venue de payer tes crimes … »

Ma voix est ferme, le ton implacable et tranchant, pourtant, mes poings serrés me pressent de me jeter sur lui comme l’aurait fait le « Chien de Guerre » que j’étais. Les jointures craquent discrètement sous mes efforts de retenue. Personne d’autre ne devait payer avec lui, ni subir les conséquences de ses fautes, sauf si ceux là se mettaient en travers de ma route.

C’est pourquoi je laisse tomber mon regard sur celui qui fut à même de vaincre Darkseid autrefois puis glisse aussitôt pour le river dans les yeux de l’Amazone.
« Cette affaire ne vous regarde pas, ce Meurtrier doit subir la sentence, vous pouvez partir en paix … » Avec emphase, je dépliais le bras et montrais la porte de la pièce, restant ainsi le bras et l'index tendus un bref instant avant de le replier à nouveau contre ma poitrine et de serrer à nouveau le poing.

« Hâtez vous, ma patience n’est pas sans limites … » Il y eut une brève fluctuation dans le masque qui cachait mon chef, moins d’améthyste, moins de carmin, alors qu’un semblant de sourire s’esquissait, à peine visible.

« Les affaires des Amazones regardent les Amazones, n’est-ce pas Diana ? Il en est de même pour d’autres peuples … » Le sourire s’efface définitivement quand mes yeux se braquent à nouveau sur Miracle … L’Astro-Force pulse à nouveau, s’échappant hors de moi par endroits alors que ma rage monte, se libère malgré les entraves que j’essayais encore de lui opposer.

Le fils d’Apokolips contre le fils de Néo-Génésis s’affrontant une dernière fois … Un combat mené de l’intérieur qui finirait invariablement sur le monde extérieur.

« FUYEZ !!! » Mes bras se décroisent et se crispent prêts au combat, les muscles saillent sous l'effort divin qui est le mien. L’Oméga Force rayonne maintenant dans toute la pièce …« FUYEZ !!! SAUF TOI MIRACLE ! »



Foncer dans le tas et parler après si c'est encore possible, telle est ma devise !
My hostility kept me from making many friends.  --Orion (New Earth)
(Statut RP : 3/5)
(merci à John Constantine pour cet avatar)
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MessagePosté le: Mar 14 Nov 2017 - 20:41
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Diana et Clark avancèrent dans le tunnel boum en même temps, épaule contre épaule, jusqu’à ce que, finalement, le sol se dérobe sous leurs pieds, de cette façon si particulière aux téléportations via les Boîtes Mères, pour se reformer presque immédiatement. Ce n’était plus du métal, ceci dit, et les circuits électriques qui recouvraient les murs à l’intérieur de la Citadelle disparurent eux aussi de son champ de vision. Même l’air semblait plus sain, plus naturel dans ses poumons, et rien que pour le plaisir, Diana en aspira une longue bouffée, les yeux clos et le bras toujours passé autour de Clark. Scott réapparut derrière elle et le bruit familier du tunnel qui se referme lui emplit les oreilles. Pendant un bref instant, le silence seul régna dans la pièce, qui était comme ils l’avaient laissée avant de partir, et, doucement, Diana réalisa l’ampleur de ce qu’il venait de se passer.

Elle baissa les yeux vers Clark, qui était toujours appuyé contre elle et dont les yeux bleus couraient sur les murs du bureau, tout autour d’eux.

« Tu es rentré, » lui dit-elle dans un souffle.

Elle l’aida à se redresser avec un grand sourire, les doigts serrés autour de ses bras, avant de se retourner vers Scott. Elle nota le piètre état de son uniforme et la fatigue qui n’avait rien d’un symptôme physique gravée sur son visage. Elle n’avait pas oublié le secret qu’il semblait porter et la façon dont il avait déjoué et évité certaines de ses questions lorsqu’elle était arrivée dans le bâtiment, ce qui lui semblait maintenant être une éternité plus tôt, mais elle n’avait pas besoin de repartir à la charge maintenant. Ils étaient rentrés, et dans l’immédiat, ils étaient en sécurité. Le reste viendrait en temps et en heure.

« Ca va, » lui répondit-elle avec un petit hochement de tête.

Elle se détourna de Clark pour se mettre face à Scott. L’eau et la boue dans ses cheveux dégoulinaient toujours le long de son dos, et ses bottes avaient déjà laissée plusieurs empreintes sur le sol du bureau, mais elle ne pouvait contenir l’euphorie qui la gagnait, petit à petit. Elle posa ses mains sur les épaules de Scott et le serra dans ses bras.

« Merci. Merci pour tout. »

C’est à ce moment précis, alors qu’elle serrait toujours Scott contre elle, que ses yeux tombèrent sur une quatrième personne. Hors, ils n’étaient arrivés qu’à trois et la porte du bureau de Scott ne s’était pas ouverte une seule fois. Alors qu’elle s’écartait avec surprise, elle aperçut du coin de l’œil un éclat bleuté qui disparut presque aussitôt. Un tunnel boum. Ou quelque chose qui y ressemblait.

Les yeux de Diana passèrent des flammes à l’origine tout sauf naturelle qui cachait le visage de l’intrus au costume dont les couleurs étaient plus que familières.

« Orion ? » demanda-t-elle, un sourcil haussé et l’air complètement perdu. « Qu’est-ce que… »

Elle voulut se tourner vers Scott, mais Orion se tourna vers elle, et elle ne put empêcher ses instincts de prendre le dessus. Il n’était pas venu par amitié. La tension était claire et sa colère était si évidente qu’elle en était presque visible. Elle fronça les sourcils.

« Meurtrier ? » répéta-t-elle, sceptique. Son regard suivit celui d’Orion pour aller se poser sur Scott.

Elle dévisagea ce dernier un bref instant, et la façon dont il regardait Orion la déstabilisa. Pas parce qu’il était perdu et confus, comme elle, mais parce qu’il semblait presque … résolu. Quelque chose s’enclencha au fond d’elle et elle la sentit, comme elle la sentait toujours. La vérité.

Elle se retourna vers Orion juste au moment où la haine qui nourrissait son feu se dissipait, juste assez pour qu’elle puisse enfin entrevoir l’homme qu’elle considérait malgré tout – ses frasques, son histoire, tout - comme un ami. Elle se détendit instinctivement et sa position défensive s’effaça rapidement alors qu’elle se redressait.

« Anthony, » reprit-elle. « Il va falloir que tu m’expliques ce qu’il se passe. »

Mais il était trop tard. Il avait perdu prise, et elle le vit avant même qu’il n’ouvre la bouche – elle le sentit avant qu’il ne fasse le moindre geste. L’air sembla se contracter autour d’eux, et l’atmosphère se fit si tendue qu’il fallait presque lutter pour respirer. Son cœur pompa adrénaline et nervosité à travers tout son corps, et elle leva instinctivement la main vers son lasso de vérité pour s’arrêter finalement avant de le toucher. Ce n’était pas vraiment le moment de passer à l’attaquer, pas alors qu’elle faisait face à la colère d’Orion. Il n’attendait qu’un signe de sa part pour la prendre en chasse, et elle préférait qu’il la voie comme une alliée le plus longtemps possible. Il était plu facile de discuter si elle n’était pas occupée à combattre.

Elle jeta un bref regard vers Clark pour lui faire comprendre de rester à l’écart. Il n’était pas en état de lutter, de toute façon. Ils ne l’avaient pas ramené pour qu’il se blesse maintenant, sur Terre.

« Oh, oh, oh ! » enchaîna-t-elle rapidement quand Orion leur cria sa mise en garde. Elle leva la main vers lui et se plaça entre lui et Scott. « On se calme ! C’est Scott, Anthony. Toi et moi, on sait parfaitement qu’il n’aime pas se battre – et encore moins tuer. Par Héra, de quels crimes viens-tu l’accuser et quelles sont tes preuves ? »

Elle gardait ses yeux rivés dans ceux d’Orion, ignorant avec superbe Scott qu’elle sentait derrière elle. Au moindre faux pas, Orion se jetterait sur sa proie, et le combat de titans qui suivrait provoquerait plus de dégâts et de dommages collatéraux qu’elle ne pourrait empêcher.

« Anthony, parle-moi » reprit-elle, d’une voix plus douce, plus posée. « Que s’est-il passé ? Que t’est-il arrivé ? »



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MessagePosté le: Mer 15 Nov 2017 - 9:23
« Il est mort. »

La réplique est froide et brutale.
Elle est prononcée sans émotion, sans sentiment – sans humanité, par un Mister Miracle demeuré muet depuis l’arrivée d’Orion ; jusqu’à maintenant.

« Ou, plutôt, il aurait dû mourir… mais il n’est pas mort. Et il s’en remet difficilement. »

Quelques instants plus tôt, Diana et lui sont revenus de la terrible Citadelle, où ils avaient secouru un Clark affaibli mais vivant. Les épreuves ont été abominables, mais ils ont survécu – et s’attendaient à pouvoir profiter de cette victoire, à leur arrivée au sein du nouveau quartier-général des Challengers of the Unknown, désormais dirigés par le Néo-Dieu.
Ils se trompaient… car un spectre, issu du Passé de ce dernier, est soudain apparu, porteur d’accusations qui frappent au cœur et à l’âme.

« Tu devrais l’écouter, Diana. Il ne semble pas en état de discuter. »

Sa voix est calme – lente.
Presque blasée.
En vérité, Scott Free est usé, exténué. Il s’est énormément donné pour ramener Superman, et cela a laissé des traces ; mais, surtout, il gère extrêmement mal les conséquences de ses actes envers les Néo-Dieux, et n’a trouvé du repos depuis que lorsqu’il tombait, littéralement, d’épuisement.

Mais, plus que tout, il n’est ni énervé, ni nerveux… parce qu’il s’attendait à ce moment.
Depuis qu’il avait croisé Orion sur Terre, depuis qu’il l’avait découvert survivant mais traumatisé par la Fin du Quatrième Monde, il savait très bien que cet instant viendrait.
L’instant des accusations. L’instant des comptes. L’instant du procès.

« Laisse-les partir… laisse partir les civils, les employés. Laisse partir Diana et Clark. »

Mister Miracle était resté, jusque-là, à sa place.
Il avait apprécié l’étreinte de Diana lors de leur retour, et avait senti son cœur se serrer en découvrant Orion – d’abord, en découvrant qu’il dispose désormais d’une technologie inconnue qui lui permet de se téléporter sans bruit, ensuite en découvrant son allure. Plus de casque, plus de visage… mais un halo d’énergie dorée, qui entoure son crâne et lui donne un air sinistre ; avec, en plus, une voix fluctuante, qui en dit long sur son état d’esprit.
Il n’avait pas bougé, donc, quand Orion l’a menacé – ni quand Diana l’a défendu ; mais c’est terminé.
Il s’avance, maintenant, contourne Diana et s’approche de son cousin ; au passage, discrètement, il appuie sur un bouton d’une console de commandes – et transmet un ordre. Un ordre d’évacuation générale.

« Et après nous pourr… »

« Scott. »

La voix de Superman coupe le Néo-Dieu dans son élan.
Surpris, il se tourne – et ouvre des yeux ronds, atterrés, en découvrant son camarade. Ou son état, plutôt.

« Clark, mais… »

« Je suis désolé, Scott… tellement, tellement désolé. »

Décalé, en retrait, Superman n’attirait pas l’attention – mais le fait, maintenant.
Car il brille. Car il irradie. Car il semble désormais auréolé d’une puissance…
… désormais prête à exploser !

« Je… je ne savais pas. J’ignorais qu’ils m’avaient piégé. J’ignorais qu’ils pouvaient faire cela… je suis désolé, Scott. Tellement, tellement désolé. »

« Clark, NON ! »

Scott Free s’avance et tente de faire quelque chose…
Mais il est trop tard.
Superman s’embrase. Superman irradie. Superman

BOOM

… explose.
Et emporte, avec lui, tout le quartier-général des Challengers of the Unknown.

**
*
**

Quelques minutes plus tard.
Le sublime bâtiment des Challs, construit dans Ivy Town par Scott Free, n’est plus qu’un gigantesque et immonde cratère fumant.
Beaucoup ont pu évacuer suite à l’ordre donné par le Néo-Dieu – mais encore plus ont péri, suite à l’explosion générée mystérieusement par Superman ; ce dernier a cessé d’être d’exister, qui qu’il soit… quoi qu’il ait été.

Les victimes se comptent par dizaines. Les buildings à proximité sont impactés.
Le désastre est total.
Mais, en soi, la catastrophe ne fait que commencer.

Car, lentement, des décombres émerge… une forme. Puis une autre. Puis une dernière.
Wonder Woman, Orion et Mister Miracle ont survécu, bien sûr.
Mais tout a changé.

« Ha… ha… ha… »

Scott Free s’extirpe des gravats ; il est usé, affaibli – mais, surtout, sent une abominable pression dans son coeur, dans son ventre quand il pose ses yeux autour de lui.
Détruit. Tout est détruit.
Son bureau. Son bâtiment. Son initiative. Ses employés. Son rêve.
Tout est détruit.

Les mains sur les genoux, haletant, il ne découvre que quelques rares éléments survivants, comme l’épée de Kanto ou la masse de Barda
… mais rien d’autre. Tout est détruit. Tout est anéanti.
Et la colère le submerge.

« Il… il fallait que tu viennes. »

Sa voix, rauque, croasse alors qu’il crache une glaire sanguinolente – et qu’il pose un regard terrible sur Orion.

« Il fallait que tu viennes… que tu viennes faire ton cirque, jouer ton intéressant. »

Il se redresse, et serre les poings sans s’en rendre compte.
Sa voix se fait brutale, pressante ; agressive.

« Ca te manquait, hein ? Qu’on ne parle pas de toi ? Qu’on ne s’occupe pas de toi ? Le pauvre petit Orion, fils de Darkseid, rongé par une prophétie… pauvre petite chose fragile, vivant le cauchemar de grandir au Paradis, avec pour seule obligation de se contenir… ça te manquait, qu’on te plaigne, hein ? »

Au loin, les secours sonnent, approchent – mais Mister Miracle ne s’en préoccupe guère.
Toute son attention, tout son esprit se concentrent sur Orion… et des décennies de fureur contrôlée commencent à se libérer.

« Il fallait que tu viennes… MAINTENANT ! Il fallait que tu viennes… TOUT DE SUITE, HEIN !
Tu ne peux pas me laisser analyser Superman, non ! Tu ne pouvais pas me laisser cinq minutes, JUSTE CINQ MINUTES, pour vérifier que tout allait bien… non ! Non, tu ne pouvais pas ! TU NE POUVAIS PAS, CAR TU N’EN POUVAIS PLUS D’ATTENDRE ! »


Son hurlement est terrible, primaire.
Et il s’en rend compte.

« Ha… ça suffit. »

Scott baisse soudain les yeux, puis les épaules. Et pousse un profond soupir, en laissant son regard glisser sur les ruines.

« Dégage, Orion. Dégage.
Retourne jouer, retourne… faire ce que tu veux. On réglera… tout ça, oui. Mais pas aujourd’hui. Pas aujourd’hui… »


Mister Miracle, las, se détourne de Wonder Woman et de son cousin.
La Tempête est passée – mais mieux vaut ne pas la provoquer. Si quiconque tient à sa vie, mieux vaut ne pas la provoquer…
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MessagePosté le: Mer 15 Nov 2017 - 15:05

La tension était palpable au travers de la brume violette qui emplissait l’air alors que l’Astro-Force émanait de moi dans toutes les directions. Déjà elle avait dépassé les murs de cette pièce et formait comme une cloche scintillante visible de l’extérieur, étendard on ne peut plus explicite d’une explosion de violence à venir.

Mais il y eut l’entracte de ce Kryptonien réduit à l’état de larve geignante qui subitement s’embrase et implose brutalement, réduisant en poussière et en ruines tout autour de son épicentre.

Il y eut un bref moment de flottement où la poussière masque tout, du moins pour des yeux normaux. Les blocs et les ondes d’énergies se ruèrent sur moi mais déviaient au dernier moment par la simple action protectrice de mon Harnais. Quand le pseudo-silence revient, quand le nuage se dissipe un peu, d’un geste importuné du pied, je repousse les gravas amoncelés à mes pieds.

Immédiatement, la sentence est claire, Superman n’est plus. L’homme d’acier, le presque dieu est mort ou du moins il n’en reste plus une trace, guère plus que quelques lambeaux d’un costume qui représentait en son temps la justice, la liberté, une famille.

Je me baisse pour ramasser un morceau de ce "S" qui trônait sur son torse et le considère un instant. Puis, je le rejette dans la poussière, comme une relique abjecte d'un passé révolu et honteux.

Cela me laisse de glace, comme les accusations de celui qui fut aussi autrefois le symbole d’une forme de liberté pour un peuple, un espoir, un sauveur, un modèle … Je le regarde sans aucune émotion, pas plus que pour cet étranger tombé par je ne sais quel traîtrise, me demandant presque si dans sa ferveur à m’accuser de tous les tors, Miracle ne serait pas lui-même pour quelque chose en cela.

C’est à peine si je m’attarde sur Diana, elle-même choquée et frappée dans ses chairs comme celui qui se nommait Miracle. Au milieu de ce désastre j’éclate d’un rire tonitruant à la limite de la folie qui m’habite alors que celui qui se disait mon cousin, celui en qui j’avais confiance plus qu’en tout autre de mon peuple, me tourne le dos après une dernière flèche acerbe.

Mes yeux sont fixés sur sa nuque et ma rage n’a pas été ébranlée par ce qui vient de se passer.

« La fameuse Prophétie qui fut inventée de toute pièce, commanditée et ourdie pendant des siècles pour quelle aboutisse ! Je ne suis plus cet Orion là, autant que tu n’es plus LE Miracle depuis un bon moment toi-même ! Tu es un traître à la solde de monstruosités à peine vivantes, tu es un parricide, un génocidaire ! Tu étais le bras armé de Sources autant qu’elles ont été tes jouets afin d’arriver à tes fins !»

Mon regard glisse vers Diana un instant, puis vers l’endroit où se tenait quelques instants plus tôt Superman avant de revenir fixer le dos de celui que je suis venu retrouver ici.

« Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas un autre jour ? Dans une autre vie, comme ce que t’ont promis tes complices pour les tiens en jouant sur ta faiblesse et ton ambition ? TU as décidé seul de leur sort, n’aurais je pas ce droit ? Te crois tu tellement au-dessus de tout pour juger et autoriser ? N’as-tu jamais envisagé qu’il y avait un autre moyen ? Une autre alternative ?»

Quelque chose attire mon attention au milieu de ce désastre, quelque chose de familier qui appartenait à une autre vie, un autre monde. Je pointe le doigt vers elle et le ton n’est plus aussi neutre que précédemment.

« Tu gardes les dépouilles de tes victimes comme des trophées, comme cette masse qui fut l’arme de Barda, celle que tu prétendais aimer plus que ta vie et que tu as effacé d’un simple revers de main ! Où est donc le sceptre de ton père ? Où se trouve l'épée de ma femme?» Je me tourne vers Diana pour la prendre à témoin sans me soucier de ses états d’âme, sans me soucier du chagrin qui l’habite sans doute, sans me soucier de savoir si elle aussi me rend responsable de ce qui vient de se passer.

J’ai perdu toute compassion en arrivant ici, en retrouvant l’objet de ma haine.

« Anthony n'est plus, comme Orion, il ne reste qu'un esprit demandant justice pour les siens. Comment peut-on faire confiance et croire quelqu’un qui a sacrifié ce qu’il a de plus cher à l’autel de la vanité ? Vois comme il m’accuse de tous les maux, vois comme il laisse enfin entrevoir sa vraie nature ! Peut-on le penser innocent des malheurs qui l’entourent ou sont-ils advenus pour justifier ses actes ? Vous a-t-il sauvés de je ne sais quelle menace dans un autre but que de s’assurer lui-même de la disparition d’obstacles à ses desseins ?»

Avec une rapidité dont même peu de Néo-Dieux étaient capables, je change de place et lui fait face, moins de dix mètres devant lui, le doigt accusateur levé vers lui, de mes yeux s’échappant des éclairs qui annonçaient chez mon suzerain les prémices de rayons annihilateurs :

« C’est moi qui suis là pour t’accuser, Mister Menteur ! C’est moi qui suis là pour t’infliger le jugement de tes crimes, Scott le Meurtrier ! Moi, qui suis un mensonge personnifié depuis ma naissance car Darkseid n’a jamais été mon père, pas plus que ne le fut le tien, pas plus que cette farce de prophétie qu’on nous a fait jouer, pas plus que cet espoir de cinquième monde sans que la fin totale du quatrième ne soit consommée ! » J’abaisse mon bras en fermant le poing qui s’embrasse immédiatement.

« Quelle vie admirable on m’a fait vivre en me donnant du « Chien » ! MAIS MOI ! J’AI CHOISI DE ME BATTRE JUSQU’AU BOUT, DE JOUER MA VIE DERRIERE LE MUR PLUTÔT QUE DE LAISSER FAIRE CE QUI Y RÉSIDE ENCORE, PLUTÔT QUE DE LIVRER LES MIENS A L’ENNEMI ! Et j’y retournerai pour la sauvegarde de ceux qui reviendront peut-être un jour ! Nous sommes les derniers et il ne doit en rester AUCUN ! »

Mes muscles se contractent, l’opercule de mon harnais s’ouvre en grand découvrant un miroitement d’améthyste presque liquide.

Mais tout au fond de moi, une petite voix a entendu la détresse de celui que j’appelais autrefois « Mon Cousin » avec plaisir. Et des tréfonds, elle se fait l’avocate de cet être qui se trouve face à moi, argumentant qu’il n’y avait aucune gloire ni aucun honneur à fouler au pied un ennemi blessé.

« Pourquoi différer l’inévitable, Scott, pourquoi ? Tu dois payer, je dois abréger tes souffrances, et ensuite, tenter d’assurer leur avenir… Je peux effectivement partir et revenir, mais à quoi bon ?»

Pendant un bref instant, les flammes qui entourent ma tête faiblissent et deviennent quasi translucides, laissant percevoir le désastre de mon visage qui tarde à se régénérer des blessures de l’Enfer où je suis passé. Mais cela ne dure qu’un bref instant et je me redresse et me gonfle de puissance alors que la transparence disparaît.

« NOUS DEVONS MOURIR ! MOI, LE CHIEN ! LE BOUFFON DE SERVICE, J’Y SUIS PRÊT ! L’ES-TU ? »


Foncer dans le tas et parler après si c'est encore possible, telle est ma devise !
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MessagePosté le: Jeu 16 Nov 2017 - 17:06
Quest for Supermanft. Mister Miracle

Elle se rappelait encore de leur première rencontre.

Elle se rappelait ce qu’elle avait ressenti en le voyant fendre les airs vers elle, elle se rappelait de la sensation de vide qu’elle avait toujours en elle, ce trou au tracé qui n’était pas sans rappeler l’horizon de Themyscira – elle se rappelait du désespoir, du manque, du doute. Mais plus que tout, elle se rappelait avoir posé les yeux sur le bleu de son costume et avoir pensé aux eaux paisibles entourant son île. Dans son sourire, elle avait senti la chaleur des rues de sa ville natale, et dans sa voix, elle avait entendu le bruit lointain des épées et bâtons s’entrechoquant dans le camp d’entraînement. Il n’était pas de son monde – il n’était même pas de ce monde – mais il portait ses différences à la vue de tous, de la façon la plus innocente et honnête possible, et à cet instant précis, alors qu’elle le regardait s’approcher, la nuit dense et obscure autour d’elle, il ressemblait à tout ce dont elle avait alors besoin. Elle, qui était si différente et qui avait quitté le seul endroit au monde qui l’accepterait toujours comme elle était réellement – elle trouva espoir en lui, et il ne fallut que quelques secondes de sa présence pour qu’elle se sente apaisée. Il était la main tendue du monde, il était sa porte d’entrée, la preuve qu’elle aussi, elle trouverait sa place parmi les Hommes. Il irradiait. Il irradiait de tout ce qui était chaleureux et bon en ce monde.

Il irradiait.

Les doigts de Diana se tendirent dans le vide, cherchant désespérément à vaincre le vide entre elle et lui. Elle vit ses cils frôler ses pommettes alors qu’il clignait des yeux, elle vit le bleu de ses iris se faire avaler par la lumière qui s’échappait de lui et gagnait en intensité. Le coin de ses lèvres se crispa, tressauta, et les traits de son visage se tendirent, se tordirent. Malgré elle, Diana traça du regard le cheminement de la douleur et de la peur et elle sentit son propre corps répondre avec horreur, terreur. Elle le vit se replier, croiser les bras sur son ventre comme s’il cherchait à se retenir lui-même, ses doigts devenus griffes et serres alors qu’il tentait d’emprisonner la puissance qu’il renfermait et qui prenait le dessus. Le temps, qui jusque là s’était écoulé au compte-goutte, ralentit encore plus pour finalement s’arrêter. Le reste du monde s’évapora, rétrécit jusqu’à tenir tout entier dans l’espace restreint de la pièce dans laquelle ils se trouvaient, et son poids tout entier étouffa Diana. Son propre cœur semblait s’être mis sur pause et il lui semblait que les lois de la physique s’étaient toutes unies contre elle, que la densité de l’air avait augmenté et que jamais ses doigts n’atteindraient leur cible à temps.

Il releva les yeux vers elle. Les contours de son corps avaient disparu dans l’intensité de l’énergie qu’il dégageait. Elle le vit tendre la main vers elle, et ses propres doigts se crispèrent, traversés par un spasme nerveux. Son cœur se remit à battre au moment précis où ils se refermèrent.

Sur le vide.

Quand la pièce explosa, le monde éclata en morceaux avec. La force de la déflagration rugit dans les oreilles de Diana, mais ni les débris, ni la poussière qui s’écrasaient sur son corps et lui fouettaient la peau ne pouvait la faire bouger. La main toujours tendue sur le vide, elle fixait cet espace vide devant elle, là où, à peines quelques secondes plus tôt, s’était tenu un petit bout de Themyscira, une porte grande ouverte vers un nouveau monde, une nouvelle source d’espoir, d’amour, et une paire d’yeux d’un bleu paradisiaque. Quelque chose au fond d’elle craquela puis se brisa et une nouvelle fois, les lois de la physique la mirent à mal. Gravité, la force et la poussée, même la force centrifuge, tout pesait sur elle, appuyait sur ses épaules, lui mordaient les chevilles. Elle plia puis se brisa, incapable de faire face. Elle tomba genoux à terre et enfouit son visage dans ses mains dans un réflexe des plus enfantins : le monde n’avait pas vraiment changé tant qu’elle ne le regardait pas droit dans les yeux. Si elle n’y faisait pas face, il restait une chance infime que ce ne soit qu’un cauchemar.

Par Héra, faites que ce ne soit qu’un cauchemar… supplia-t-elle.

Mais elle le sentait déjà, le changement. Le monde était décalé maintenant, comme si la Terre avait changé son axe de rotation. L’horreur vint à elle sans qu’elle n’ait besoin de relever la tête : elle lui agressa les sens, les uns après les autres. Elle entendit les hurlements, les pleurs ; elle sentait les débris soulevés par l’explosion, la pierre, la peur. Elle pouvait même goûter, sur le bout de la langue, la poussière et l’odeur de brûlé qui stagnait dans les airs autour d’elle. Sa peau ne la laissait pas en paix non plus : chaque terminaison nerveuse relevait la morsure d’un froid qu’elle seule devait ressentir, le froid des mâchoires de ce nouveau monde qui se refermaient sur elle, lui tranchaient les chairs et jamais ne la laisserait partir.

Elle crispa ses doigts sur son visage et laissa échapper un gémissement douloureux alors que ses yeux se remplissaient de larmes. Ce n’était pas possible… Pas possible…

Et à travers ce rideau de douleur, de terreur, elle perçut… un rire. Des éclats de voix. De la colère, des insultes à peines déguisées. De la haine, du rejet, du dégoût – tant de choses qui, à cet instant, lui parurent fondamentalement interdites, et de la fissure qui s’était ouverte au fond d’elle jaillit un magma brûlant et fumant. Son cœur accéléra dans sa poitrine, ses poumons se contractèrent, encore et encore, de plus en plus vite, et l’oxygène qu’elle inspirait ainsi par à-coups fit encore plus rougeoyer la lave en fusion qui s’écoulait au fond d’elle.

« Taisez-vous, » dit-elle d’abord à voix basse, les dents serrées. Elle écarta les mains de son visage et releva la tête, ses joues poussiéreuses striées de larmes et son regard brûlant de rage. « Taisez-vous. »

Elle se releva, les poings serrés, les muscles tremblant tant la colère qui coulait dans ses veines était brûlante et prête à se déverser.

« N’avez-vous aucun respect ?! » cria-t-elle, debout entre Scott et Anthony. « Regardez autour de vous ! Des gens sont morts ! Des gens meurent ! Alors TAISEZ-VOUS ! »

Elle hurla ses derniers mots, si fort que sa voix s’érailla. Elle avait l’impression de doubler de volume, d’étendre sa conscience en dehors de son corps tant sa colère était trop importante pour se limiter à des frontières physiques. Elle était puissance et rage, magma en fusion et pouvoir de destruction. Elle poussa un nouveau cri de rage et attrapa son lasso qu’elle fit claquer au sol à ses pieds.

« Pas une seule vie de plus ne sera perdue ici, » déclara-t-elle avec froideur, son regard brûlant pourtant de pure colère liquide. « J’en fais le serment devant les Dieux. »

Ses doigts se crispèrent encore plus autour du lasso.

« Va t’en, Orion. Si tu ne comptes pas aider ces pauvres gens, disparais. »


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MessagePosté le: Jeu 16 Nov 2017 - 21:40
Accompagnement musical:
 

Un silence profond accompagne les derniers mots de Wonder Woman.
Quelques instants plus tôt, Orion s'est lancé dans une logorrhée verbale, un discours puissant et enflammé, plein de haine et de folie, mais aussi d'informations importantes, pertinentes sur son état, sur l'avancée de son esprit et sa démence ; habituellement, Mister Miracle aurait capté, enregistré et étudié chaque élément, pour pouvoir comprendre et aider son "cousin".
Mais ce moment n'a rien d'habituel - et Scott Free est loin, très loin d'être lui-même.

"Diana."

Sa voix n'est qu'un croassement, un murmure rauque.
Toujours de dos, n'offrant que sa nuque et des épaules baissées à ses deux anciens camarades, il tourne à peine le visage vers elle.

"Il a raison, tu sais."

Le Néo-Dieu soupire, puis se tourne légèrement, se plaçant désormais de profil. Son regard, triste et abattu, se fixe sur la jeune femme, qui tient fermement l'extrémité de son lasso après l'avoir frappé au sol ; beaucoup auraient déjà fui, devant les cris et accusations de Wonder Woman, et sa posture agressive. Mais ni lui, ni l'autre ne sont de cette trempe-là.

"Il n'est plus Anthony... il n'est plus Orion."

Ses yeux glissent lentement vers son accusateur - et son regard se transforme, adoptant soudain une fureur, une rage difficilement contrôlée.

"Celui que nous avons connu avait des remords, des doutes, de la compassion - des sentiments. Lui n'a rien de tout cela. Lui n'a rien de ce qui en a fait un de nos proches."

Sa voix fluctue, sur plusieurs cordes ; elle exprime, clairement, l'énormité et la puissance de la colère qui hante son âme.

"Je n'ai aucune envie de débattre avec toi, pauvre dément... ton discours n'a aucun sens, et encore moins maintenant - encore moins AU MILIEU D'UN TAS DE RUINES ET DE CADAVRES ENCORE CHAUDS ! PAR LES ANCIENS DIEUX, ORION, DES GENS SONT MORTS ! DES GENS VIENNENT DE MOURIR ! ET TU VEUX RÉGLER ÇA MAINTENANT ?!
À cet instant précis, alors que la ville est sous le choc, que Superman vient de périr ou qu'on vient d'être piégés... tu veux régler ça ? Tu ne penses donc qu'à toi, misérable pleurnicheur ?!"


Chaque mot, et surtout ceux plus hauts que les autres, ne sont prononcés qu'avec mépris - dégoût.
Ses poings se sont serrés, son coeur s'est accéléré, son corps s'est crispé. Il est sur le point de craquer, d'exploser... mais se contient. Encore. Pour l'instant.
Il soupire, secoue la tête - et baisse les yeux, dépité.

"Espèce d'imbécile... de pleurnicheur. Boubouh, la Prophétie ; boubouh, mon père ; boubouh, mon visage ; boubouh, ma colère. Boubouh. Boubouh... pauvre petite chose, obligée de vivre au Paradis, de servir Izaya. Boubouh. Tu as fini ?
Crois-tu vraiment que je n'ai pas cherché d'alternative ? J'ai passé plus de cent ans - DEUX FOIS - à raisonner et à chercher des solutions. J'ai utilisé TROIS MACHINES TEMPORELLES pour tenter d'autres solutions ; sans succès. SANS, JAMAIS, AUCUN SUCCÈS !"


Il s'est redressé, soudain pris d'une fougue pleine de rage - mais cela retombe, encore.

"En résumé, Orion, ou qui que tu sois... ferme-la.
Ferme. La."


Mister Miracle glisse ses mains gantées sur son masque sensible, puis rejette sa tête en arrière.

"Des gens sont morts, des gens meurent... bordel, Orion, si tu ne comprends même plus pourquoi je te demande de partir pour me laisser aider ces gens plutôt que de nous affronter..."

Soudain, il se redresse en avant - et vite, très vite, bien plus vite qu'on ne peut l'imaginer, via une vitesse proche de celle de Superman, il s'empare... de la Lame de Kanto.
Qu'il lève, directement en direction d'Orion.
De profil, le bras levé, la Lame visant directement son "cousin", le Néo-Dieu adopte une posture stricte, sévère... terrible.

"... alors il est évident que tu n'as plus rien d'humain, dans le sens noble du terme. Alors, il est évident que tu dois mourir."

Sa respiration est jugulée. Son coeur est contrôlé.
La colère est là ; la rage domine. Mais il s'en sert - il l'utilise. Il en fait une arme, au service de sa détermination, qui l'a poussé à anéantir son propre peuple.
Ce qui a tout de la pire nouvelle qui soit.

"Ferme-la, Orion... et pars.
Pars.
Avant de me forcer à te faire, enfin, comprendre les vraies raisons qui m'ont poussé, toutes ces années, à me forcer à être pacifiste... à contredire ma nature, mes instincts. Et mes envies."


Le discours est froid - brutal. Terrible.
Les mots qu'il prononce le sont encore plus... car ils remettent énormément en question ; ils changent tout, en fait, sur l'appréciation que quelqu'un peut avoir de Mister Miracle, considéré et présenté comme un artiste de cirque, un maître de l'évasion, un aventurier au service du Bien... et un non-violent convaincu.
S'il dit vrai... s'il s'est forcé, toutes ces années... et s'il continue à ne pas contester les terribles accusations d'Orion, les assumant indirectement... alors tout peut changer. Et, surtout...
Tout peut arriver.
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MessagePosté le: Ven 17 Nov 2017 - 10:18

Mes oreilles ont entendu ce que ces deux ont dit, et même si elles étaient sourdes et obturées par cette rage, mon harnais s’en est fait le relais et m’en délivre l’analyse. Par ce truchement, celui qui est à l’intérieur, faible lueur d’ « humanité », d’émotion, de compassion, celui dont la place fut inversée par la prise de pouvoir du démon destructeur et vengeur qui n’a soif que du sang de celui qui pointe maintenant une arme sur lui, celui-là analyse la situation et écoute les conclusions mécaniques de la machine qui est intimement liée à son existence, au point que si une seule parcelle de l’un subsiste, l’autre peut revenir d’entre les morts.

Ce n’est pas les menaces qui provoquent le basculement, ce n’est ni cette épée bien connue qui fut au service du seigneur d’Apokolips jusqu’à la fin, ni les injonctions de l’Amazone qui perturbent la balance des forces agissant dans son âme, et ce malgré ce que lui jette encore Scott à la figure.

C’est cette compassion, cette étincelle qu’ont placé ceux qui le prirent en charge sur New-Genesis années après années, siècles après siècles, millénaires après millénaires et plus encore ces derniers temps où il vécut au milieu des humains de la Terre qui firent contrepoids.

L’Astro-Force retourne dans sa matrice comme un brouillard balayé par une brise légère, les flammes infernales qui entouraient ma tête et une partie de mon buste s’amenuisent, et mes yeux contemplent alors les lieux d’une tout autre façon, s’écartent de la pointe de la lame pour fixer Diana dans les affres d’un chagrin transformé en une colère contre nous, contre moi. je contemple les décombres, perçoit la douleur et le désespoir des rescapés.

« Je ne suis pas coupable de ça …» C’est un murmure qui s’échappe d’entre mes lèvres. Derrière la guerrière, il y a l’endroit où se tenait encore Superman il y a quelques instants, celui que j’avais contemplé quelques instants auparavant sous un tout autre jour et qui finit à inverser les champs.

Le harnais me communique sans cesse une multitude d’informations qu’il analyse et trie, et l’une d’elle, anodine et fugace, résultat d’automatismes préprogrammés et associés à une subtile question à peine ébauchée me donne une réponse que j’énonce par simple habitude :

Il y a des morts, mais il y a des survivants même si ils ne sont plus là sous nos yeux …» Instinctivement, je lève la tête vers le ciel, vers un cadrant imperceptible de ce monde, traversant par le biais de mon A5 distances et dimensions. A la question à peine consciente, même pas énoncée, à peine effleurée par mon esprit, il a répondu presque immédiatement, m’indiquant comme une boussole la direction. Il est capable de retrouver tout être dont il a l'essence en mémoire et de me transporter jusqu'à lui, comme je l'ai fait pour les rejoindre eux.

Mais après un bref instant, le passage d’un ange comme ils disent, je retourne à la réalité présente et mes yeux croisent à nouveau ceux de mon adversaire plein de cet indéfinissable ombre animée par mes pensées anarchiques. Enfin l’illumination vient d’une structure s’élevant du chaos et la flamme en éclaire les pupilles sous un tout autre ton.

« Vous avez raison, ils ont besoin d’aide … »

Lentement, je ferme les yeux, lentement je lève les bras où l’Astro-Force brille à nouveau plus pure et plus forte que sous l’emprise de la colère. Cette force qui jusqu’ici était un signe de puissance et de mort, apanage d’un souverain assoiffé de pouvoir et sans aucune considération pour la vie elle-même, je l’utilise maintenant pour réaliser mes desseins.

Tout autour de nous, aussi loin qu’on porte le regard, aussi loin que l’explosion ait pu faire ses ravages, le sol se soulève, des blocs emplissent les airs, les ruines s’écartent, livrant passage à des corps, aux victimes, aux survivants, humains ou non humains, que je dépose en périphérie avec douceur et précautions, réparant les dommages physiques en chemin.

Finalement, très rapidement, une fois le secteur nettoyé, ce qui s’était élevé se redépose et tout redevient calme, juste une fine poussière qui reste en suspension. J’ouvre alors les yeux d’où le carmin à totalement disparu pour laisser place à l’azur et je fixe mon vis-à-vis, plein de la compassion qui m’habite encore.

« Tu vois, Scott, Prince de New-Genesis, il y a bien des façons d’utiliser ce qui terrorisa l’univers si longtemps, on pouvait réunir en un seul ce qui avait été séparé, serait-ce deux mondes …» Mes yeux quittent les siens et je jette un regard circulaire autour de moi.

Je n’ai plus ma place sur ce monde, c’est un fait, je n’ai plus de monde où aller, s’en est un autre. Il me reste une mission que je n’ai pas accomplie la dernière fois et qu’il me faut terminer, quoi qu’il advienne …

Scott doit payer, mais maintenant, je comprends qu’il est des châtiments pires qu’une mort aussi horrible soit-elle. Le Survivant doit porter le poids de ses fautes, éternellement.

Un bref mouvement du chef vers Diana suivi d’un hochement où on comprend l’expression de mes regrets, encore un bref coup d’œil en direction du ciel, là où j’avais regardé tantôt,
« Une Amazone n'abandonne pas ...» je murmure tout en reculant d’un pas alors qu'à ma droite s’ouvre silencieusement une brèche miroitante.

« Tu as raison cette fois, Scott, je n’avais pas de raison d’être ici, je pars, j’ai à faire derrière un Mur … Quelqu’un doit finir ce que j’ai commencé et personne n’est plus apte à le faire que moi … Prends soin d’eux et de ceux qui vont revenir …» Je dis sans même le regarder.

Un pas, un plongeon, derrière moi se ferme déjà la fissure, devant s’en ouvre une autre juste face à cette terrible muraille qui interdit qu’on ne passe dans le domaine le plus puissant des dimensions inférieures.
Je sais que je l’ai déjà franchi une fois, et que je réitérerai mon exploit dussé-je y laisser finalement la vie. Quelqu’un doit payer la dette contractée. La rage remonte, le monstre reprend ses droits, mes yeux en font foi, la Force est avec moi, devient moi, et je pose mes mains contre la matière noire et dure et je commence à pousser alors qu’un sourire mauvais naît sur mes lèvres…

« C’EST ENCORE MOI !!! … » Et je ris follement en enfonçant les portes.



Foncer dans le tas et parler après si c'est encore possible, telle est ma devise !
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MessagePosté le: Sam 18 Nov 2017 - 1:02
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Quest for Supermanft. Mister Miracle



Diana leva la tête vers le ciel alors que les éléments se remettaient en place autour d’elle. Les particules de poussières qui, quelques instants plus tôt, avaient été du ciment, de la pierre, du bois, du verre, autre chose, glissèrent sur sa peau, mues par une force qui n’était pas naturelle. Les cris et la panique qui avaient pris le dessus sur ce qu’il restait du quartier général des Challengers diminuèrent juste assez pour qu’elle puisse entendre quelques petits cris de surprise, certains, d’émerveillement. Certains prénoms furent criés, d’autres se noyèrent dans des sanglots que rien ne semblait pouvoir arrêter, les débris continuaient de se déplacer avec lenteur et dans un silence parfait et Diana regardait désormais Scott et Orion à tour de rôle, les doigts toujours serrés sur le lasso de vérité.

Elle pouvait maintenant reconstruire, en partie, ce qu’il s’était passé entre eux, ce qui avait mené à ce terrible duel, mais alors même que la vérité se présentait à elle, n’attendait plus que quelques questions pour être dévoilée entièrement, Diana n’arrivait pas à se résoudre à remonter la piste. Elle regardait la poussière se détacher doucement de l’épée que Scott brandissait et les yeux d’Anthony récupérer leur bleu familier. Il n’était plus Orion, et encore moins Anthony, avait dit Scott, et elle voulait y voir là un défi, une vérité à démonter et un mensonge à prouver, mais elle se sentait lasse, si lasse. La réalisation qu’elle n’aurait pas à se battre l’avait vidée de ses forces et la colère qui lui avait enflammée les entrailles avait été réduite à l’état de cendres dans le creux de son estomac. Elle s’humidifia les lèvres, goûta la poussière et le sel de ses larmes, et enroula son lasso d’un claquement sec de son poignet.

Son regard croisa ensuite celui d’Anthony – Anthony, qui peut-être n’était plus Anthony – et elle garda la tête haute alors que sa voix, qui n’était peut-être plus sa voix, si douce et si profonde, s’adressait directement à elle. Elle planta ses yeux dans les siens et entrevit le fil de la vérité une nouvelle fois. Elle avait juste à s’y agripper et à tirer pour sortir Anthony de là, pour remettre les choses sur leur bon chemin.

« Tu n’es pas du genre à abandonner non plus, tu sais, » répliqua-t-elle au lieu de ça. C’était à lui de se sortir de cette prison de flammes qui lui brûlait l’âme.

Elle regarda le tissu de la réalité de son monde se fissurer et Anthony s’y engouffrer, et il lui sembla alors qu’elle n’était qu’une simple présence, une simple femme perdue dans un océan de personnes et que le contrôle qu’elle avait sur ce qu’il se passait, s’était passé et se passerait n’était que restreint et risible. Orion disparaissait et leur dimension se refermait derrière lui, et elle se sentait petite, minuscule, tellement peu méritante du titre de championne de son peuple et de ses Dieux. Le cœur lourd, elle ferma les yeux un instant et murmura quelques mots dans sa langue natale, espérant qu’ils atteignent les oreilles pour qui ils étaient destinés. Qu’Hermès vole toujours plus vite, toujours plus loin, jusqu’à ce que les paroles de Diana fassent de nouveau sens.

Elle ne rouvrit les yeux que pour se tourner vers Scott, dont les doigts étaient toujours crispés sur la garde de l’épée qui venait d’un autre monde. Son regard brûlait toujours, et il lui semblait différent, presque… décalé. Comme si quelqu’un avait cherché à en faire une copie parfaite mais pour laquelle la synchronisation n’avait pas été totale. Il fallait croire que bien des choses avaient changé en quelques minutes à peine, et Diana la voyait, cette réaction en chaîne, chez Scott. Encore une fois, la vérité était là, à portée de main, mais elle choisit de l’ignorer. Le monde avait déjà bien trop changé comme cela. Certaines choses n’étaient pas faites pour être dévoilées.

Elle se rapprocha de lui et posa doucement sa main sur celle de Scott. Ses doigts trouvèrent instinctivement les espaces entre ceux de son ami et, avec toujours autant de douceur, elle lui dénoua les doigts et lui fit lâcher son arme. Voilà déjà qui réduisait la distance entre ces deux Scott et qui rapprochait le monde de son axe de rotation originel.

Diana dévisagea Scott un instant. Elle pouvait aisément lire la complexité de ce qu’il ressentait à travers son masque si fidèle, et chaque blessure qu’il avait ramenées de leur escapade loin de la Terre lui emplissait les yeux de rouge. Cédant à une pulsion soudaine, elle leva la main et appuya sa paume contre la nuque de Scott, ses longs doigts reposant sur le côté de son cou, avant de fermer les yeux et de venir presser, doucement, son front contre celui de son ami.

Elle comprenait. Elle savait. Elle acceptait, aussi, et elle partageait son tumulte intérieur. Elle avait mal, elle avait peur. Elle le remerciait et elle lui demandait pardon. Elle aurait souhaité que les choses soient différentes, que leur contrôle eut été parfait sur ce qu’il s’était passé. Elle ne lui en voulait pas. Elle accueillait ce qu’il avait osé montrer. Elle soutenait et cherchait à être épaulée également. Mais surtout, elle était fatiguée, et les mots lui manquaient pour exprimer tout ça. Voilà ce qu’elle disait silencieusement grâce à cette nouvelle proximité entre eux. L’espoir est mort, disait-elle, les lèvres pourtant scellées, et ses doigts se crispèrent légèrement avant qu’elle ne lâche prise et ne s’écarte enfin.

« Ces gens ont besoin de nous, » dit-elle en se redressant, un léger sourire aux lèvres et les yeux rivés dans ceux de Scott. « Allons les aider. » ajouta-t-elle avant de se détourner.

C'était la seule chose qui leur restait à faire. La seule chose qu'ils pouvaient faire. La seule chose qui continuait à avoir un sens.



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MessagePosté le: Dim 19 Nov 2017 - 16:39
L'instant est terrible - la situation est prête à exploser.
Encore. Mais dans une proportion plus terrible, plus abominable que la destruction du quartier-général des Challengers of the Unknown par un Superman explosif.

Deux Néo-Dieux sont prêts à s'affronter.
Ivy Town peut craindre le pire.
Mais, heureusement... cela n'aura pas lieu. La ville est sauvée. Bien des vies aussi.

Cependant, Scott Free vient de vivre des heures terribles, avec une déception absolue et une douleur monstrueuse ; cela poursuit aussi des semaines, des mois abominables, remplis de peur, de doute et de culpabilité après avoir... tué les Néo-Dieux ; tué les siens.
Tué son peuple, tout simplement.

Tenant toujours, à bout de bras, la Lame de Kanto, Mister Miracle ne parvient pas à détacher son regard d'Orion - de son "cousin", pour qui il noue des sentiments si complexes, si paradoxaux maintenant.
A vrai dire, il est tellement plongé dans le tumulte de ses émotions qu'il ne voit même pas, qu'il ne comprend même pas ce que son camarade fait... jusqu'à ce qu'il disparaisse, ce qu'il s'évapore dans cet étrange dispositif de téléportation inconnu.

Orion part.
Et Scott Free rouvre les yeux - après que son coeur se soit apaisé ; et il voit, enfin.

"Par la Source."

Il soupire... puis manque d'air, quand son regard se pose véritablement autour de lui. Sur les destructions. Sur les vies brisées. Sur l'anéantissement de son quartier-général... et sur les existences, anéanties.
Incapable de respirer, il se sent perdre pied - au moment où Diana approche.

Par des gestes simples, doux, tendres, rassurants, elle s'empare de sa main, libère la Lame de Kanto de ses doigts... puis pose son crâne contre le sien.
Malgré les accusations d'Orion. Malgré sa reconnaissance tacite. Malgré l'ampleur de l'horreur dont il est coupable.
Elle l'aide - elle le rassure. Elle le libère, en l'apaisant et en lui permettant de reprendre sa respiration.

Diana est extraordinaire, définitivement.
Mais alors qu'elle se décale, qu'elle se lance dans l'aide aux blessés et aux secouristes... Scott reprend conscience, réellement, de ce qu'il se passe ; de ce qu'il a vécu. De ce qu'il a entendu.
De ce qu'Orion a dit.

"Oh... bon sang."

Orion... veut aller au-delà du Mur de la Source. Orion... envisage de réunir ce qui fut jadis séparé en deux.

"Oh non."

Orion veut fusionner Néo-Génésis et Apokolips - et il veut forcer, pour cela, l'entrée dans la Source afin d'y parvenir.
Orion... est sur le point de faire une folie. Une folie abominable. Une folie propre à menacer l'Univers tout entier...

"Diana, je..."

Les mots ne viennent pas - aucun n'est assez bon, assez juste.
Il n'a pas le temps. Et il n'a plus les forces.
Mais... il doit y aller. Il doit y aller, même s'il est exténué, sans plan et sans atout face à un Orion invincible.

Un craquement brutal dans la Réalité se fait entendre, un vortex s'ouvre...
... et un Tunnel-Boum apparaît derrière lui.

Terrifié, terrorisé, Scott Free s'empare de la Lame de Kanto à la hâte - et jette un dernier regard à Diana.
Il ne sait que dire - il ne sait comment se défendre ; surtout, il ne sait comment dire... pardon. Et au-revoir.
Mais ses yeux, et son masque si sensible, reproduisent fidèlement ces troubles, ces inquiétudes - cette terreur. Ainsi que cette certitude qu'il s'agit, peut-être, du dernier moment qu'ils partagent ensemble.

Mister Miracle recule, alors ; et disparaît dans le Tunnel-Boum, qui s'efface après.
Laissant seuls les secours, les blessés, les morts... les ruines, de cette vie qu'il s'était reconstruite.
Laissant seule, surtout, Diana - son amie. Sa véritable amie.
Et son espoir de rédemption.

**
*
**

Le Tunnel-Boum s'évapore. Les secours arrivent.
Mais Wonder Woman est occupée ailleurs - car une voix s'élève, soudain, des décombres pour l'interpeller.

"Bzzziana."

Quelques instants à peine lui suffisent pour ôter diverses ruines, divers gravats... et déboucher sur l'origine de cet appel.

"Brrzzzai peu de brzztemps."

Une tête. Une tête endommagée. Une tête de robot, brisée par bien des aspects.
Une tête - celle du Superman qu'elle a sauvé, et qui a explosé devant elle.

"Brrzzils me brzzcontrôlent. Ils brzzme manipulbrzzzent. Brrzzils vont me récubrzzérer. Mais..."

Les yeux du robot s'allument d'une ardeur soudain toute humaine.

"Je suis brzzzvivant. Je brrzzzsuis aux commanbrrdes, mais brrzzzils vont me brrrenvoyer au cachot. Brrzzaide-moi, Diana ! Aide-mbrrrzoi ! Brrzzempêche-le ! Brrarrête Han"

La communication se coupe, quand le robot s'éteint immédiatement.
Superman est vivant, donc - et prisonnier, encore, après avoir été obligé d'être aux commandes à distance de ce robot. Mais il est vivant.
Et il peut encore être sauvé... ce qui implique que la Quête pour Superman ne fait que commencer !
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