Chapt. I : we laugh and it pits the world against us

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MessagePosté le: Jeu 7 Déc 2017 - 2:03
Chapter 1we laugh and it pits the world against us


Le héros de Gotham se tenait droit, les pieds au bord du vide, la cape battante dans le vent qui semblait ne jamais quitter les hauteurs de la ville qui l’avait vu naître. Son regard, caché par les fausses iris blanches de son masque, ne laissait rien paraître de son ressenti, jamais – malheureusement, Diana n’avait plus besoin des variations dans les yeux de Bruce pour le comprendre, et ce, depuis bien longtemps. Elle pouvait clairement voir, par exemple, qu’il souffrait, aussi droit puisse-t-il se tenir. Elle voyait sa difficulté à respirer à cause de ses multiples côtes cassées, elle voyait la douleur provoquée par le moindre mouvement, le moindre frottement de son costume, et elle voyait, bien que ses yeux ne soient pas équipés de super vision comme ceux de Clark, les plaies, les brûlures, les blessures cachées par la peau du justicier de Gotham. Et elle ne parlait pas seulement du costume de Batman de Bruce. Il avait le chic pour se draper dans sa noblesse, pour s’oublier dans son désir de justice. Seulement, certaines choses n’étaient pas faites pour être mises de côté. L’état dans lequel il se trouvait actuellement en faisait partie.

La Diana d’autrefois, celle dont l’amitié avec Bruce était encore naissante, et celle qui avait Clark à ses côtés à tout instant, aurait protesté. Elle aurait utilisé la force – et elle aurait sûrement gagné – et elle aurait forcé son ami à rester à l’abri, chez lui. Alfred l’aurait chaleureusement remercié au lieu de lui donner les coordonnées de la position de son maître et la nuit serait passé sans remous. Mais elle avait appris sa leçon, et la Diana qu’elle était actuellement savait mieux que personne que rien n personne ne pourrait empêcher Bruce de se jeter corps et âme dans sa mission. Alors plutôt que de prendre le risque qu’il ne se blesse encore plus que ce qu’il n’était déjà, elle l’avait rejoint sur les toits de Gotham. Et il l’avait laissée faire, sans rien dire.

« C’est une nuit calme, » dit-elle finalement.

Ce furent là ses premiers mots de la nuit. Perchés tout en haut de la tour de Wayne Industries, Gotham semblait plus petite à ses pieds, moins menaçantes. Elle avait elle-même ses propres problèmes, non seulement à Gateway City mais dans le reste du monde également, mais Gotham lui donnait toujours l’impression d’être hors du temps. Elle savait que beaucoup y voyait ombre et pêché, mais elle, elle y voyait une force qui jamais ne mourrait, une combativité qui tenait bon, et surtout, elle y voyait les habitants plus qu’autre chose. Il n’y avait pas que ruelles mal éclairées et bâtiments délabrés dans la métropole, il y avait aussi des centaines de milliers d’habitants, leurs espoirs, leurs rêves, leur bonté. Elle comprenait pourquoi Bruce continuait de se battre pour eux. Elle louait son courage et sa droiture – tout du moins, elle le faisait normalement. Ce soir-là, elle avait juste envie de le prendre et de le ramener au manoir pour un repos qu’il n’aurait pas volé.

C’était Alfred qui l’avait appelée. Elle avait compris dès qu’elle avait répondu, à la voix du majordome qu’il s’était passé quelque chose. Il lui avait donné les détails de la rencontre de Bruce avec Harvey Dent et des blessures qui en avaient résulté. Il n’avait rien dit de plus, mais Diana avait entendu – comme elle entendait à chaque fois – le silencieux venez le ramener à la raison s’il vous plait, mademoiselle Prince. Alors elle était venue. Elle avait accourue.

Bruce n’était pas dupe, elle le voyait bien. Mais il ne lui fit pas l’insulte de lui ordonner de retourner d’où elle était venue, et elle, elle ne lui fit pas l’insulte de lui demander de rentrer chez lui. Ils se connaissaient tous les deux trop bien pour ça.

« Il ne t’a pas raté. »

Ce n’était pas une question, c’était une constatation. Bruce lui jeta un regard et elle y accrocha le sien, insistante et intense.

« Avec ce qui est arrivé à Kal-El – ce qui pourrait être en train de lui arriver, il faut que tu sois prudent, » dit-elle. « Il faut que nous soyons tous les deux au top de notre forme. »

Elle lui jeta un regard taquin, qui jurait affreusement avec la noirceur de la nuit, mais dont elle ne pouvait empêcher la spontanéité. Tout se fondait, quand elle était avec Bruce : qui elle était, qui elle devait être, et qui elle se montrait être finalement une fois les barrières tombées. Quant à lui, il était à la fois le justicier, le Batman, le détective, le millionnaire et son ami. Toutes les facettes étaient confondues, mélangées et c’était parfois dur de faire le tri. Dans des moments comme celui-ci, quand le reste de la League n’était pas là et que le monde tout entier semblait lointain, distant, il était tellement plus aisé de se laisser aller, d’accepter cette dynamique entre eux. Diana jouait toujours le jeu avec grand plaisir.

Ils finirent par s’assoir tous les deux sur le rebord du toit, le vide hypnotisant et magnétique sous leurs pieds. Le communicateur dans l’oreille de Bruce resta silencieux – probablement un coup d’Alfred qui redirigeait les problèmes minimes vers d’autres membres de l’équipe qui veillait sur Gotham – et le projecteur à l’autre bout de la ville sombre et oublié. Diana partagea les dernières mises à jour dans la politique de Gateway City avec Bruce – qui eut la gentillesse de faire comme s’il ignorait tout ce qu’elle lui disait – et en échange, il lui raconta les dernières affaires qui l’occupaient à Gotham – et elle eut la gentillesse de ne pas lui demander ce qu’il s’était passé avec Harvey Dent.

« Rien ne se passera cette nuit, » finit-elle par dire, alors que l’heure avançait inexorablement vers l’aube. « Rentrons donc. Tu dois avoir des pansements à changer et un peu plus de repos ne te ferait pas de mal. Te tuer à la tâche ne sauvera personne. » Son regard se fit encore plus perçant, cachant sous la bonne dose de jugement et de désapprobation une inquiétude sincère et profonde. « Il serait peut-être temps que tu t’en rendes compte. »



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MessagePosté le: Jeu 7 Déc 2017 - 10:47
La nuit est fraîche et venteuse.
Mais calme.

Alors que l’obscurité règne, que nul ne circule dans les rues si peu de temps après minuit, hormis quelques policiers ou criminels ou âmes errantes et perdues, la Tour Wayne, immense point central de Gotham City qui surplombe, même après tant de constructions récentes, la majorité de la ville, accueille un visiteur… régulier.

Debout, redressé, fier, il bande les muscles et tente de juguler sa respiration…

… pour incarner et être, définitivement, le Batman – ou, plutôt, l’image du Batman qu’il a créée depuis des années.
Celle d’un justicier, d’une ombre, d’un mythe, d’une légende urbaine qui rôde, qui impressionne, qui marque ; qui en impose, tout simplement.
Cependant, il doit bien avouer qu’il lui est bien difficile d’être aujourd’hui ce Batman légendaire, vu son état…


« En effet. »

Bruce a repéré Diana avant qu’elle ne parle – on ne piège pas un homme qui a passé presque deux décennies à vivre et manipuler les ombres – mais il ne se tourne qu’au moment où elle signale sa présence ; par respect.
Lentement, il quitte sa veille nocturne pour regarder la jeune femme… et cache, difficilement, une grimace ; le mouvement fait mal. En vérité, tous les mouvements font mal, même s’il n’en dira rien ; par ego.


« J’ignorais qu’Alfred disposait d’une ligne directe à Gateway City. Cela ne fait que confirmer que l’occupant le plus dangereux de la Cave n’est pas celui que vous croyez. »

Il a écouté et noté les mots de Diana, bien sûr.
En fait, il s’attendait à eux – mais il les a écoutés, malgré tout ; par respect, encore. S’il réplique désormais, quelques instants après le discours de l’Amazone, s’il utilise volontairement un ton calme, s’il tente même une micro-plaisanterie, il a bien conscience que cela ne suffira pas.
Il n’échappera pas aussi facilement aux remontées de Wonder Woman, à son inquiétude, à ses critiques légitimes. Clark lui a toujours dit qu’il n’était qu’une tête de mule – mais tous deux se sont toujours accordés pour admettre que Diana était pire encore.

Sans un mot, il accepte la proposition de son alliée, de son amie de s’asseoir… et il grimace, encore, en réalisant ce geste soudain douloureux.
Sa respiration s’accélère, siffle même pendant quelques trop longues secondes ; l’effort est réel, et plein de souffrances. Gêné par la situation, honteux, il détourne le regard et soupire discrètement.

A nouveau, son regard glisse sur la ville – mais se perd, définitivement, dans les mots de Diana.
Diana… la Princesse. L’Amazone. L’Héroïne. Le symbole de Justice, de Vérité, de Paix. Mais aussi la guerrière, prête à se battre réellement pour ses convictions – et ses proches.
Si beaucoup ont pris l’habitude d’appeler la Trinité la réunion de Diana, Clark et lui, Bruce a toujours su que la majorité se trompait ; Diana ne fait pas réellement partie de cette Trinité.
Plutôt, Clark et lui ne sont pas réellement comme Diana.

Au fond, Clark et lui sont plutôt… binaires, basiques. L’un incarne l’Espoir pur, absolu, définitif, le meilleur chez les Hommes ; l’autre incarne la Détermination, la quête d’une victoire impossible, mais une lutte absolue et définitive pour y arriver. L’un est le Jour, l’autre la Nuit ; et cela leur convient très bien.
Diana, elle… est différente ; plus complexe. Elle est à la fois le Jour et la Nuit. La Paix et la Guerre. Le pacifisme et la violence.
Elle croit en un idéal – pour lequel elle est prête à se battre. Elle n’est pas binaire, elle est un tout, un Alpha et un Omega ; elle impressionne. Elle intrigue. Elle sublime. Elle… elle est…

Elle est ce qu’il voudrait être. Elle est ce qu’il voudrait vivre.
Elle est… un exemple, définitif. Un modèle.
Récemment, Bruce évoquait avec Rose Wilson le fait que les Héros sont des modèles pour l’Humanité, des exemples inatteignables mais qui inspirent ; c’est vrai. Mais Diana, elle, est le modèle des Héros, définitivement.

Elle est superbe, tant physiquement que psychologiquement. Elle est, absolument, le meilleur de l’Humanité – de la Terre.
Elle est son amie. Et, malgré ses soucis, malgré les troubles à Gateway City… elle prend le temps de venir. Pour l’aider. Pour le ramener à la raison. Pour le protéger.
Pour lui, en fait.


« Hum. »

Bruce grogne.
Il veut refuser – il veut dire non. Il ne veut pas rentrer. Il ne veut pas se soigner. Il ne veut pas enlever l’armure. Il ne veut pas laisser tomber la coque protectrice qu’il s’est construite, qui lui permet de tenir. Il ne veut pas parler. Il ne veut pas faire face aux conséquences de ses actes, à Harvey… Selina… Jason.
Il ne veut pas – il veut fuir, encore. Il veut se cacher. Il veut se faire passer pour le mythe Batman, et ne plus faire face à la douleur.

Il veut refuser de rentrer, oui.
Mais c’est Diana.
La meilleure. Le modèle. Qui est venue, pour lui. Pour. Lui.


« Je… »

Bruce soupire – puis tourne son regard et ses pupilles blanchâtres vers elle.
Un soupir, un de plus.


« D’accord. Rentrons. »

Il appuie discrètement sur un bouton de son costume – et un vrombissement terrible se fait entendre, alors qu’un véhicule approche plus bas…
… et la Batmobile s’arrête, finalement, juste devant l’entrée de l’entreprise.

« Je t’emmène… ou tu préfères ton avion invisible ? »

Bruce se relève, et esquisse un petit sourire pour cacher la grimace.
Il a mal – pas uniquement physiquement. Il a mal. Et il est, enfin, en train de l’accepter… grâce à elle.
Grâce à son modèle. Grâce à son amie. Grâce à celle qui incarne le meilleur, et le plus beau de l’Humanité.
Grâce à Diana – sa Diana.

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MessagePosté le: Ven 8 Déc 2017 - 1:58
Chapter 1we laugh and it pits the world against us


Diana et Bruce échangèrent un regard, et elle comprit immédiatement qu’il savait précisément ce qu’elle était en train de faire. Il put probablement lire dans son regard à elle qu’elle s’en moquait pertinemment. Elle n’oubliait jamais, elle, mais Bruce… Bruce avait tendance à délaisser sa condition humaine bien trop souvent au goût de Diana. Elle voulait croire à une envie de bien faire, à un désir incontrôlable de faire face et de lutter en faveur de la justice, mais ce n’était là que la version noble, celle qui était servie au reste du monde et à la League. Elle faisait partie du cercle intime de la confession, et même s’ils n’en avaient jamais parlé directement, il savait qu’elle savait, et elle, elle savait qu’il était conscient de ce qu’il faisait. Parfois, il lui donnait l’impression de courir après la mort en espérant pouvoir enfin la rattraper. D’autres fois, il semblait préférer la laisser venir à lui, et il l’accueillait comme une vieille amie. Non, Diana n’était pas dupe. Et lui non plus. Le reste du monde l’avait peut-être oublié, mais à cet instant précis, sur le toit de la tour Wayne, se trouvaient deux personnes qui en avaient parfaitement conscience : Bruce était humain.

Peut-être était-ce pour cela qu’il se laissa faire sans trop protester. Peut-être était-ce parce que la douleur, qu’il tentait tant bien que mal d’ignorer – elle n’était pas aveugle – était trop importante, même pour lui. Ou peut-être était-ce parce qu’il savait que s’il refusait, elle l’aurait ramené elle-même au manoir. Ca n’avait que peu d’importance au final. Elle avait eu ce qu’elle voulait.

« Attends, je vais t’aider, » dit-elle avec douceur avant de se lever.

Elle tendit la main vers lui et lui agrippa ensuite le bras pour l’aider à se relever d’une façon aussi indolore que possible pour lui. Elle nota le tressautement de ses lèvres et la façon dont sa respiration se bloqua et siffla, et son regard chercha immédiatement celui de Bruce, en quête d’une confirmation, d’une communication quelconque qui lui assurerait qu’il tiendrait.

« Combien de temps espères-tu continuer comme ça encore… ? » murmura-t-elle dans le secret de leur proximité physique temporaire.

« Combien de temps crois-tu qu’il durera ? » intervint alors une autre voix., bien plus grave et porteuse, derrière eux. « Il est humain. »

Les yeux de Diana s’écarquillèrent alors qu’elle dévisageait encore Bruce. Elle connaissait cette voix. Elle en connaissait les accents, la moindre intonation et l’articulation lacée d’une supériorité à peine déguisée. Elle sentit le bras de Bruce qu’elle tenait toujours en guise de support se crisper, ses muscles se tendre, et son propre corps agit au quart de tour en réponse. Son sang se transforma en lave, l’adrénaline hurla dans ses veines et ses instincts s’aiguisèrent et se firent mortels, implacables alors qu’elle pivotait.

Car, elle le savait, elle s’apprêtait à faire face à Arès, Dieu de la guerre, fléau de l’humanité. Ennemi mortel.



Il se tenait debout au milieu du toit, droit et grand – plus grand que la moyenne, signe d’une puissance déjà supérieure. Menaçant. Son armure brillait au clair de lune, chacune des entailles soulignée par la luminosité vacillante de Gotham. Son visage disparaissant dans l’obscurité jetée par son casque, mais son regard, lui, brillait comme un feu au beau milieu de la nuit. Un feu glacial dont l’appétit jamais ne pourrait être rassasié.

« Tant de conflits, » dit Arès en levant une main comme pour tester l’air autour de lui. Sa voix se fit doucereuse alors qu’il semblait se délecter de la surprise provoquée par son entrée. « Cette ville pourrait être le joyau de mon royaume. »

« Tu n’as aucun royaume ici, Arès, » rétorqua Diana.

Elle dégaina son épée presque avec lenteur, sans le lâcher du regard, le crissement du métal de sa lame contre son fourreau comme un cri strident dans la nuit. Arès riva sur elle un regard moqueur, supérieur, et si son sourire était impossible à voir, il était plus qu’évident dans le ton de sa voix.

« Oh, Diana, mon enfant, » se moqua-t-il. « Il s’agit de mon monde. » Son regard se tourna ostensiblement vers Bruce et sa voix se fit encore plus supérieure, plus… amusée. « Même ton ami me porte dans son cœur. »

Diana n’attendit pas une seconde de plus. Ses doigts volèrent jusqu’à son lasso, mais aussi rapide fût-elle, Arès l’était encore plus. Elle n’avait pas encore lancé sa boucle vers lui qu’il levait le bras et que la nuit semblait encore plus s’assombrir derrière lui. Un cliquetis sinistre résonna dans leurs oreilles puis se transforma en une demi-douzaine de lames qui ne tardèrent pas à prendre leur envol vers eux alors qu’Arès baissait presque paresseusement le bras.

Diana se plaça devant Bruce, bouclier levé. Les lames frappèrent avec tant de force contre la surface métallique de ce dernier que le bruit qui en résultat avait tout d’un roulement de tonnerre. Elle ne comprenait pas ce qu’Arès faisait ici et surtout, pourquoi il ouvrait un affrontement si direct avec elle. Par le passé, après leurs premières leçons bien apprises, ils s’étaient tournés autour, préférant éviter de se retrouver face à face. Mais elle n’avait pas besoin de comprendre pour voir que quelque chose était changé chez le Dieu de la Guerre. Sa taille était une preuve. L’aura mystique, presque magnétique qu’il dégageait en était une autre. Sa présence était telle que Diana s’en sentait presque comprimée alors qu’elle se tenait encore à plusieurs mètres de lui.

Malgré toutes ses questions, une seule chose était sûre : la menace était sérieuse. Dangereuse. Mortelle.

Ses yeux se braquèrent immédiatement sur ceux de Bruce, alors que la dernière lame cognait contre son bouclier.

« Va-t’en, » ordonna-t-elle, presque sèchement. « Tout de suite. N’essaie même pas. »

Arès ricana, à l’autre bout du toit, alors qu’il levait ses deux bras cette fois-ci et que le nombre de lames qui apparurent autour de lui fut doublé.




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MessagePosté le: Ven 8 Déc 2017 - 22:36
La situation a changé.
Quelques instants plus tôt, le Batman a dû faire face à l'arrivée de Wonder Woman, une amie chère à son coeur, venue tirer une sonnette d'alarme pour lui - il ne peut continuer ainsi, surtout quand il se remet si difficilement des terribles blessures subies face à Harvey Dent. Ce moment fut difficile, terrible, car il a forcé Bruce à faire face à lui-même... ses faiblesses, ses limites, son humanité.
Mais ce moment est terminé - car Arès, Dieu de la Guerre, vient d'apparaître, auréolé d'une puissance absolue, et qui vient déjà de tenter de le frapper, lui ; heureusement, Diana l'a protégé - pour le moment.

La situation a changé, oui.
Et même s'il a honte de l'avouer, cela ne gêne pas forcément le Chevalier Noir... qui sait, forcément, mieux gérer un ennemi qu'un dialogue sur lui-même.


"Tes capacités ne comprennent ni la télépathie, ni la lecture des âmes."

Sa voix modifiée se fait plus dure, plus sèche, plus autoritaire que jamais. Wonder Woman demeure devant lui, défensive et prête à tout - et il l'apprécie, réellement ; mais même blessé, même affaibli, il lui est impossible de ne pas réagir face à cette situation.

"Tu es le Dieu de la Guerre offensive et de la destruction."

Tel est son titre officiel, oui ; et une part de Bruce se rend compte de l'ampleur de la menace.
Un dieu - il confronte, il affronte un dieu. Un vrai.
Lui, l'Humain... lui, qui demeure au fond le gamin terrifié et horrifié par le meurtre de ses parents ; et il affronte un dieu. Il a toutes les raisons du monde d'avoir peur, de perdre pied, d'être tétanisé par les dizaines de lames convoquées par Arès ; mais non.
Bruce n'a pas peur, il ne se défausse pas - au contraire, il s'avance, dépasse même Diana, pour défier directement le dieu.


"Par principe, tu n'as pas de Royaume. Par principe, tu ne sais rien des Hommes, que tu opposes et détruis. Par principe, tu n'existes que pour la Guerre et la Destruction."

Il défie Arès.
Parce qu'il est Batman - et parce qu'il n'est pas seul.
Elle est là.


"Tu ne sais rien de moi, Arès - et tu ne sais rien de ce que mon coeur veut."

"Oh, je sais quels sont tes troubles, quelles sont tes peurs, quelles sont tes colères, quels sont tes... désirs."

Bruce grimace - autant par la douleur, que par les mots acides que le dieu prononce.
Son coeur s'accélère, sa respiration aussi ; ses poings se serrent, et ses muscles se crispent. La colère naît en lui - l'indignation, aussi. Et la violence, bientôt.


"Tu les imagines, Dieu. Tu ne peux que les imaginer.
Mon coeur est gorgé de sentiments, oui - différents, chaotiques, terribles. Mais je ne suis pas un homme de Guerre et de Destruction. Je mène une guerre contre le crime, j'entends détruire ce vice, oui - mais parce que je ne souhaite qu'une chose. Je me bats, je mène cette guerre et je me dévoue à la destruction du crime..."


Il jette un rapide coup d'oeil vers Diana, et esquisse l'ombre d'un sourire avant de refixer son attention sur leur ennemi.

"... car je crois en la Paix. Je suis un homme de Paix, Arès, tout simplement."

"Bien sûr... c'est pour cela que tu te prépares à m'attaquer, non ? Est-ce là une voie pacifiste, cher hypocrite ?"

Le dieu n'apprécie guère ; et Bruce aime, lui, déplaire à ce type d'adversaire.

"Non, Dieu."

Bruce penche légèrement sa tête sur le côté, et laisse un sourire provocateur glisser sur son visage.

"C'est une diversion."

Arès fronce les sourcils, sous son casque - et découvre, bien trop tard, la Batmobile qui fonce sur lui... après avoir monté la Tour Wayne !
Le véhicule est passé en mode silencieux, et a réussi à monter à l'horizontale grâce à un ingénieux système de gestion de la gravité. La Batmobile a donc été appelée, gérée et commandée à distance par le Batman, via quelques boutons cachés dans son costume et actionnés discrètement.
Le véhicule vient donc littéralement défoncer Arès depuis le bas.


"RAAAAAHHH !!!"

Arès est impacté, les lames disparaissent ou sont stoppées ; il n'est pas vraiment blessé, mais surtout enragé. Cela ne durera pas, mais ça gagne du temps.
Le Batman enchaîne en se tournant vers Diana


"Le Batplane est appelé et va arriver... dans deux minutes et douze secondes. Peux-tu l'occuper jusque-là ?"

Calme. Professionnel. Et déterminé.
Même blessé, même affaibli, même face à un dieu - Bruce demeure le Batman ; et le Batman ne cédera pas.
Surtout avec Diana à ses côtés.
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MessagePosté le: Sam 9 Déc 2017 - 22:03
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Oh, Bruce n’était peut-être qu’un humain, mais il était le plus entêté de tous. A son niveau, cela relevait même du don divin. A l’instant-même où il prit la parole, Diana comprit que sa mise en garde, pourtant concise et expéditive, n’avait pas suffi. Elle aurait dû s’en douter : ne s’était-il pas borné à vouloir sortir sans réelle nécessité, malgré les os brisés et les brûlures suintantes ? C’était une véritable tête de mule, oui, mais il était loin, très loin d’être idiot, et cette vérité que Diana n’aurait jamais pu renier mêlée aux années d’amitié, aux multitudes de combats passés à ses côtés et à la confiance profonde qu’elle lui vouait lui permit de comprendre rapidement ce qu’il mijotait. Il lui manquait les détails, certes, mais elle savait que si Bruce s’amusait à jeter de l’huile sur le feu de la colère d’Arès, ce n’était pas par pure provocation. Il préparait quelque chose. Elle avait le choix de le laisser faire, de le laisser mener à bien son petit projet, ou passer elle-même à l’attaque avant qu’Arès ne puisse faier payer à Bruce l’insolence de ses paroles. Arès était son fardeau, sa malédiction. Bruce n’était qu’humain.

Alors Diana fit le seul choix logique. Elle prit la décision qui s’imposait à elle. Elle fit confiance à Bruce et resta en retrait, sans pour autant lâcher le Dieu du regard – où même les épées qui dansaient toujours dans les airs autour de lui. Bouclier levé, épée en main, elle servait de ligne de défense directe pour Bruce qui menait son offensive à la manière d’un serpent : sournoisement.

Les provocations de Bruce la firent grincer des dents, et réveillèrent en elle une telle quantité d’adrénaline que ses muscles en brûlaient. Son instinct lui hurlait de passer à l’attaque avant qu’il ne soit trop tard, mais elle n’était plus la Diana qu’elle avait été autrefois. Elle savait travailler en équipe maintenant, et elle n’avait jamais eu meilleure équipe que celle qu’elle formait avec Kal et Bruce. Ils n’étaient peut-être pas au complet, mais la confiance, elle, était bien présente. Alors Diana guetta, son regard se glaça sur Arès alors qu’elle suivait l’avancée de Bruce par petits pas, tendue et prête à bondir.

Elle ne loupa donc pas ce qui passa dans le regard du Dieu de la Guerre quand Bruce s’affirma être un homme de paix. Elle ne loupa pas l’éclat presque… jouissif et l’avant-goût de cruauté qui brillèrent dans ses prunelles divines alors qu’il jetait un regard très bref vers Diana – assez bref pour être facilement manqué. Mais elle, elle ne le manqua pas, et quelque chose se glaça en elle mais avant même qu’elle ne puisse formuler clairement ce qu’elle avait perçu, Arès avait repris son air condescendant et sa petite joute vocale avec Bruce.

Diana releva la tête de derrière son bouclier, les sourcils froncés et sa posture méfiante. Elle n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit, parce que quelque chose passa à toute vitesse près d’elle. Elle ne reconnut la Batmobile qu’à l’instant ou cette dernière s’écrasait contre Arès, envoyant le Dieu par-delà les limites du toit de la Tour Wayne. Bruce avait réussi à leur faire gagner de précieuses secondes, et elle n’allait pas à gâcher une seule.

Elle attrapa le bras du Batman et riva son regard dans le sien en hochant la tête pour lui faire comprendre qu’elle serait de taille.

« Il prépare quelque chose, » le prévint-elle. « Ce n’est pas une attaque aléatoire. Il prépare quelque chose, je le sens. »

Elle voulut lui demander d’être prudent, elle voulut rajouter, dans un souffle, qu’il devrait rester en arrière, mais aucun mot ne vint traverser la barrière de ses lèvres. Elle savait quand il lançait une diversion, elle savait quand il avait besoin qu’elle lui fasse pleinement confiance. Il saurait ce qu’elle voulait dire, il saurait qu’elle ferait de son mieux pour le protéger mais qu’il aurait sa part à jouer également. Ils étaient tous les deux des guerriers. Ils se battaient côte à côte, et ils savaient comment communiquer.

Alors elle se détourna sans rien ajouter et courut jusqu’au bord du toit avant de se jeter dans le vide sans la moindre hésitation.

Elle atterrit directement sur Arès qui venait à peine de se relever. La violence du choc le propulsa de nouveau au sol et, bien décidée à profiter de son attaque surprise, Diana leva son épée au-dessus de sa tête. Arès referma ses doigts plus longs que nature autour de sa taille, le métal de son armure grinçant à chacun de ses gestes, et il la jeta sur le côté comme une vulgaire poupée de chiffons.

Diana glissa sur plusieurs mètres, le béton crissant sous elle, avant de ralentir sa chute en plantant son épée au sol. Elle devait tenir deux minutes. C’était faisable, tant qu’elle gardait le rythme. Avec Arès, la meilleure défense restait encore l’offensive, et dans un lieu aussi peuplé que Gotham, elle n’avait pas l’intention de lui laisser tourner la tête ne serait-ce qu’une micro seconde. Par chance, la Tour Wayne se trouvait dans le quartier des affaires, un centre particulier qui, bien que vivant pendant la journée, s’éteignait en grande partie quand venait la nuit. Ca réduisait largement le risque de dommages collatéraux.

« Ce monde est ma prison, Diana de Themyscira. J’en ai érigé les barreaux, bâti les cellules. Tu te bats pour la liberté de condamnés qui ne pourront jamais échapper à leurs sentences. »

Diana se redressa, les dents serrées. Elle attrapa le bout de son lasso d’un claquement sec du poignet et le lança immédiatement sur Arès qui tendit le bras et laissa le long cordage d’or s’enrouler autour de son avant-bras.

« La seule paix présente ici-bas est celle que l’on trouve en passant dans l’autre monde, » ricana Arès en tirant sur le lasso pour faire glisser Diana vers lui.

« C’est la paix à laquelle je te condamne, » répliqua-t-elle, la mâchoire serrée par l’effort.

Arès eut un éclat de rire. Il tira un grand coup et, malgré ses efforts, Diana se retrouva une nouvelle fois manipulée comme si elle ne pesait rien. Entraînée par la poussée vers Arès, elle le vit ouvrir la main vers elle, ses doigts près à se refermer sur sa gorge, mais elle évita sa prise au dernier moment en braquant son bouclier entre elle et la main du Dieu. La force de l’impact la fit rebondir et le recul l’envoya quelques mètres plus loin, mais elle se réceptionna correctement, cette fois-ci.

« Ma pauvre enfant, » se moqua Arès. « Tu n’es pas en position de condamner qui que ce soit. Encore moins moi. » Il écarta les bras et dirigea ses paumes vers le ciel. Son armure grinça de plus belle et des dizaines de larmes refirent leur apparition réapparurent autour de lui. « Je suis un Dieu, » reprit-il, le ton supérieur, le regard rieur. « Je suis le seul Dieu qu’ils respectent. » Son regard se fit plus intense. « La seule chose qui sera condamnée ce soir, c'est ton fragile humain. »

Diana leva les yeux vers la Tour Wayne, la glace de retour dans ses veines. Elle s'apprêtait à s'élancer, mais Arès lâcha ses épées sur elle, l'obligeant à se replier pour se défendre. Elle serra les dents. Bruce n'était pas n'importe qui. Ca irait, se rassura-t-elle. Ca irait.


Au sommet de la Tour, là où Bruce était encore, l’air pourtant frais des hauteurs de Gotham sembla se réchauffer. Le phénomène était bien trop rapide et trop concentré pour que ce soit là un simple trésor de météorologie, mais la menace, bien que grandissante, était encore impossible à identifier. L’origine de cette vague d’énergie semblait être le toit sur lui-même – plus précisément encore, les quelques mètres qui entouraient le Chevalier de Gotham. Aucun scan ne semblait en détecter la cause, et la conclusion se fit d’elle-même : il s’agissait d’une force mystique. Considérant la présence du Dieu de la Guerre, il était facile d’en conclure que ladite force mystique ne serait probablement pas amicale.

Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour que cette impression ne s’affirme. Le sol sembla fondre et onduler, mis à mal par la pression de cette force mystique non identifiée, et le toit se trouva soudain mué d’une forte force gravitationnelle : quelque chose venait de s’ouvrir, quelque chose de mauvais . L’air était ranci, l’atmosphère tendue, poussée à bout, et la chaleur se fit acide, toxique, mais ce n’était là qu’une toile de fond d’une conséquence bien plus directe encore. Car émergeant du sol comme s’ils passaient à travers une porte, les yeux roulant dans leurs orbites et les bras pendants, apparurent une dizaine d'hommes. A l’instant même où leurs pieds sortirent de ce portail inattendu, la pression qui semblait s’exercer sur l’air autour du Batman disparut. La chaleur, l’odeur et l’impression d’un sol devenu liquide, tout s’arrêta aussi brusquement que ça avait commencé.

Comme mus d’un esprit collectif, les hommes à l’apparence décharnée relevèrent d’un coup sec la tête vers le Chevalier Noir. Leurs yeux étaient vides, leurs lèvres pendantes et leur salive mousseuse. Ils arboraient tous des blessures dont aucun homme n’aurait pu se relever, et les plaies étaient suintantes, purulentes. Le maléfice était évident, mais non pas moins terrifiants : Bruce Wayne faisait face à des zombies.

Quant à savoir comment Arès avait pu créer de telles créatures, c’était une toute autre question. Une question qui devrait attendre puisque les morts-vivants chargèrent comme un seul homme, mûs par une détermination qui n’avait rien de naturel et qui faisait froid dans le dos.





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MessagePosté le: Dim 10 Déc 2017 - 10:50
Alors qu'Arès est brutalement frappé par la Batmobile, et propulsé plusieurs mètres plus bas, un conciliabule a lieu entre Diana et Bruce.
Ces derniers ont l'habitude, l'expérience des moments difficiles ; ils ont affronté des dizaines de menaces, vaincu des centaines d'ennemis, et sont revenus de crises infernales. Cependant, ces relations, ces liens si forts entre eux leur permettant autant de prévoir la réaction de l'autre et de collaborer par instinct - que de savoir, parfaitement, ce que pense l'autre.
Et Bruce n'aime pas vraiment ce que pense Diana, au fond d'elle, à cet instant précis.


"Bien sûr qu'il prépare quelque chose - il n'aurait pas attaqué ainsi, ici, sinon."

Sa voix, lourde et puissante, roule comme le tonnerre, dans ce silence tendu qui fait le lien entre deux moments d'affrontement.
Il sait, il sent ce qu'elle pense, oui ; il ne peut s'empêcher de grimacer, autant par la douleur de se bouger que par la gêne de savoir qu'une alliée, qu'une amie, qu'une proche si chère à son coeur considère qu'il n'est ni apte, ni prêt, ni même habilité à gérer cette crise.
Son ego en est touché... et s'il apprécie l'attention, cela lui rappelle profondément qu'il n'est, lui, qu'un Humain ; et elle une demi-déesse, au pire. Ils sont différents, absolument - et il n'a aucun espoir d'être un jour à sa hauteur, définitivement.


"Mais, moi aussi, je prépare quelque chose."

Cela n'empêche pas, cependant, d'essayer... d'être digne de combattre avec elle, notamment.
Vaincre un dieu devrait être un bon début, finalement.

Aucun mot n'est échangé quand Wonder Woman se jette dans le vide - il n'y en a pas besoin. Ils se connaissent assez, ont pleinement conscience et connaissance de qui est l'autre ; il n'accepterait aucun conseil ou aucune mise en garde, et elle ne le supporterait pas non plus. Leurs egos sont forts, mais nés aussi d'expériences, de victoires, de réussites ; souvent communes.
Diana et Bruce forment une équipe extraordinaire. Et alors qu'elle se propulse dans les airs, et atterrit brutalement sur leur ennemi, lui espère que cela suffira, pour ce soir... que cette relation si forte permettra de compenser sa propre faiblesse.


"Grumpf."

Le Batman grimace et grogne, en s'approchant du rebord.
Ce n'est pas entièrement dû à la douleur.
Alors que le dieu affronte l'Amazone, que des mots sont échangés en même temps que des coups venus littéralement d'ailleurs, il ne peut s'empêcher de... culpabiliser. Lourdement.

S'il était en meilleure forme, il pourrait l'aider, l'aider à l'emporter. S'il avait mieux géré la crise avec Harvey, s'il ne s'était pas abandonné à la folie et à la douleur, il serait en meilleure forme. S'il n'avait pas cédé à ses plus bas instincts, il n'y aurait pas eu de crise avec Harvey. S'il n'avait pas été si enfoncé dans sa quête et dans sa mission, Harvey n'aurait jamais pu s'en prendre à lui et à Selina.
Finalement, s'il avait été réellement le Chevalier Noir - s'il avait été un mythe, une légende, un être plus qu'Humain, rien de tout cela n'aurait eu lieu ; et il pourrait aider Diana, il pourrait l'assister, combattre à ses côtés, la couvrir. Et non pas rester ici, stupide gargouille inutile...

Un long soupir s'échappe de ses lèvres, alors que son coeur s'emballe et que sa respiration siffle.
Il n'est pas à la hauteur ; il ne le sera jamais.

La jeune femme s'acharne contre un ennemi divin, combattant autant par ses mots que par ses poings pour tenter de convaincre, de prouver qu'elle a raison ; elle est exceptionnelle. Elle n'a pas d'égal.
Le signal lui confirme l'arrivée du Batplane, et Bruce va donc pouvoir le guider - mais ce n'est pas assez ; ce n'est pas suffisant. Diana a besoin de plus... de mieux.
Autant pour combattre avec elle - que pour autre chose. Cette autre chose à laquelle il pense, parfois, dans des moments de faiblesse. Cette autre chose qu'il rejette, toujours, conscient de son impossibilité. Cette autre chose qui paraît risible, désormais, en voyant la différence entre l'Amazone immortelle, puissante, belle, merveilleuse, divine... et le faible Humain, quadragénaire blessé, incapable de se gérer lui-même et qui n'évolue pas dans le même monde.


"Monsieur, le Batplane est à vos ordres."

"Merci, Penny-One."

La voix douce et chaleureuse d'Alfred le sort de ses réflexions. Le coeur lourd, presque brisé diraient certains qui croient le connaître, il relève les yeux et découvre...
... le sublime appareil volant, qui arrive enfin, chargé et prêt à se battre.

"Puis-je espérer que vous n'allez pas vous mêler directement au combat, et piloter à distance ?"

"Je voudrais dire le contraire, Penny-One... mais mon état me l'interdit, hélas."[/fotn]

"Mademoiselle Diana a donc définitivement un impact positif sur vous, Monsieur."

"Elle impacte tout le monde, vous le savez bien. Pour moi... elle me rappelle simplement ma place. Bien, bien derrière ce combat divin."

Il soupire, et se prépare à commander à distance le Batplane - quand quelque chose change.
Quand quelque chose change, autour de lui.

Sans un mot, le Batman se tourne... et se rend compte que les hauteurs de la Tour Wayne se modifient, se transforment. L'ambiance change. L'atmosphère change.
Un goût étrange dans l'air, une sorte d'électricité ambiante qui ne serait pas de l'électricité - tout cela se passe, autour de lui. Les règles changent. La Réalité change. Et quelque chose arrive.

La Magie - il reconnaîtrait ça entre mille.
Cette sensation d'être perdu, de ne rien comprendre, de ne rien maîtriser... c'est la Magie. La Magie qui s'en prend à lui, et contre laquelle il ne peut rien.
La Magie. Il déteste cela. Presque autant que les dieux - mais on ne peut pas frapper la Magie ; c'est bien dommage.


"Ha."

Très vite, Bruce découvre ce qui arrive... et il comprend.
Arès, plus bas, hurle avec sa voix de stentor - et Bruce comprend. Tandis que dix zombies venus des tréfonds de l'Enfer apparaissent, et se positionnent en cercle autour de lui, il saisit ce qu'il se passe... ce que le dieu a prévu.
Il veut le tuer, lui. Il veut priver Diana de ses alliés. Il veut l'isoler. Il veut lui faire perdre pied.


"Penny-One, mon carnet de bal vient de se remplir. Pouvez-vous me remplacer pour le Batplane, pendant que je réponds favorablement à quelques invitations ?"

"Hem, Monsieur, je crains que vos talents de danseur ne soient pas gênés par votre état..."

Si Clark était encore là, Arès s'en serait pris à lui - cible encore plus facile face à la Magie, et ami encore plus proche de Diana ; mais Clark a disparu. Bruce non.
Arès s'en est donc pris au plan B, au remplaçant ; certain, sûrement, de pouvoir le vaincre avec juste dix zombies. Car il n'est qu'un Humain, après tout. Un faible. Un pion. Un sacrifice.


"Ne vous en faites pas..."

Bruce cherche quelque chose dans son dos, grimace, mais ressort ses poings...
... désormais recouverts de ses gants électriques, surpuissants.

"... chacun aura sa part, ce soir."

Et surtout le petit dieu qui ose s'en prendre à Diana - et croire que Bruce peut être la faiblesse de son amie.
Il le refuse.
Alors qu'il fait fi de ses douleurs et se jette sur les zombies, qu'il abat ses poings électrifiés sur les faces ennemies avec une férocité digne de ses pires moments de violence, il sent qu'il ne pourra pas tenir longtemps ; mais ça ne compte pas. Rien ne compte, hormis la sûreté de Diana, et la certitude qu'il ne tombera pas - qu'il ne faillira pas.

Plus bas, le Batplane piloté par Alfred, au loin, tire sur Arès et utilise plusieurs missiles pour s'en prendre à lui ; le majordome, ancien militaire, est suffisamment adroit pour éviter l'Amazone, et offrir plusieurs possibilités d'attaques à la belle.
Plus haut, son employeur et fils spirituel se bat - et s'il se sent faiblir, il continue et s'acharne. Bruce ne tombera pas ce soir, il le jure.

Quoi qu'il arrive... quoi qu'on lui oppose, il ne tombera pas.
Pour Diana.
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MessagePosté le: Mar 12 Déc 2017 - 22:24
Chapter 1we laugh and it pits the world against us


Le Batplane sifflait au-dessus de sa tête, son design pensé pour faire de la machine une menace complètement silencieuse, mais si la pointe de la technologie en avait fait un bijou presque futuriste, aucune technologie n’était encore capable de passer sous silence les mises à feu de missiles et autres projectiles plus ou moins destructeurs. Alors que des flammes temporaires s’élevaient autour d’Arès, ou qu’un pan de route sautait sous la violence de l’impact, Diana se rendait compte de la différence fondamentale entre Gotham et Gateway City – ou le reste du monde. Les Gothamites étaient préparés au pire – certains d’entre eux avaient vécu le pire, et un tel chaos dans la rue invoquait leurs instincts de survie, et non leur curiosité. Personne ne sortait pour voir de leurs propres yeux ce qu’il se passait. Bien sûr, Diana n’était pas non plus naïve. Elle avait assez vécu parmi les hommes pour savoir que ce calme ne durerait pas. Bientôt, les caméras seraient là, les journalistes, les plus curieux – impossibles à garder au loin. Ca rendait son duel avec Arès encore plus pressant. Il était venu pour quelque chose de précis, et elle devait savoir quoi. Histoire de le renvoyer de là où il venait rapidement.

Par chance, son soutien aérien était d’une justesse presque surnaturelle, et même ses attaques étaient rythmées avec précision. Diana pouvait ainsi donner plus de coups qu’elle n’en recevait – car elle en recevait bien. Mais, utilisant le feu, la poussière et la confusion à son avantage, elle filait entre les jambes du Dieu grandi, taillait, plantait et coupait tout ce qu’elle pouvait. L’armure d’Arès avait beau être indestructible, elle n’était pas sans faiblesse. Diana savait exactement où viser pour faire mal. Alors elle le faisait.

Jusqu’au moment où le Batplane lui offrit une fenêtre encore plus large que les autres. Un genou encore à terre du coup qu’elle venait d’encaisser, Diana n’hésita pas une seconde. Les muscles de son bras se bandèrent et elle lança son lasso avec précision. Elle crut entendre le claquement du matériau divin contre l’armure toute aussi puissante d’Arès alors que le lasso s’enroulait autour de son bras.

« Que viens-tu faire ici ?! » cria-t-elle.

Arès tourna son visage sans expression vers elle, l’ombre de son masque encore plus dense et impénétrable malgré le feu et les lampadaires autour de lui.

« Je suis ici pour apporter mort et destruction au Chevalier de Gotham. »

Sa voix résonna longuement dans l’esprit de Diana. Chaque intonation, comme un glaçon, lui hérissa les poils sur les bras et, sans même s’en rendre compte, elle leva la tête vers le haut de la Tour Wayne, son sang lui donnant l’impression de couler dans ses veines comme du papier de verre contre une surface boisée. Elle vit, distinctement contre le ciel teinté de Gotham, une silhouette rachitique basculer du toit.

« Pourquoi ? » articula-t-elle avec difficulté, tout en s’efforçant à reprendre le dessus sur le sentiment d’urgence qui s’élevait en elle.

Elle ne le vit pas, mais elle le sentit ; Arès sourit et l’air, tout autour d’elle, lui donna l’impression de se figer.

« Pour toi, » siffla-t-il, empoisonné.

Puis il s’empara du lasso avant qu’elle ne puisse réagir, ses réflexes entachés par sa révélation, et tira de toutes ses forces pour la faire voler une nouvelle fois. Cette fois-ci, Diana ne toucha jamais le sol. Elle reprit ses esprits juste à temps pour prendre, littéralement, son envol. Son objectif était simple : la Tour Wayne. Elle voyait maintenant qu’Arès avait tout fait pour la séparer de Bruce, et elle n’avait même pas essayer de voir plus loin. Sa confiance en Bruce était totale, infaillible, oui, mais ce n’était pas une nuit comme les autres. Bruce aurait dû être chez lui. Il était blessé, affaibli, et toute la confiance de Diana ne changerait pas ce fait.

Arès savait. Il savait dans quel état il trouverait Bruce.

Diana serra les poings en rasant la façade de la tour Wayne, ses yeux rivés sur le sommet. Elle n’entendit le sifflement qu’au dernier moment. Elle baissa les yeux, aperçut Arès au pied de la tour, la tête levée vers elle, et sa posture victorieuse et moqueuse. Le Batplane devait avoir tiré un autre de ses missiles, mais cette fois-ci, Arès l’avait intercepté – puis relancé. Droit sur Diana.

Le missile la percuta et explosa, libérant une énorme vague d’énergie et de chaleur qui propulsa Diana directement à travers les fenêtres de la Tour. Elle s’écrasa de l’autre côté, non pas après avoir roulé sur plusieurs mètres et détruit une bonne partie du mobilier. Elle se redressa immédiatement, seulement pour se rendre compte qu’elle avait perdu son bouclier lors de l’explosion. Pas très important, au final. Elle n’avait pas dans l’objectif de jouer du côté de la défense ce soir-là.

Elle fit volte-face avec l’intention de ressortir par le trou béant dans les grandes fenêtres panoramiques qui faisaient le tour de la façade, mais elle se figea quand son regard se posa sur un groupe d’hommes qui n’avait pas été là à son arrivée. La raison en était simple : il suffisait de voir leurs regards morts, leurs bras pendants, leurs muscles secs et sucés par la mort.

Elle leva son épée et trancha la première rangée de tête devant elle. Elle n’était vraiment pas là pour jouer la carte de la défense, sans oublier que ses ennemis étaient déjà morts et qu’elle n’avait franchement pas de temps à perdre.



Au sommet de la tour, les gants de Bruce grésillaient dans la nuit, surpassaient les grognements et les vaines tentatives de griffures ou de morsures de la part des créatures des Enfers. Il remarqua rapidement, ceci-dit, que bien que chacun de ses coups fasse mouche et qu’il parvienne à maintenir un cercle de sécurité tout autour de lui, ses ennemis ne semblaient pas pour autant reculer devant son acharnement. Les morts-vivants tombaient ; mais ils se relevaient toujours, peu importe la gravité de la blessure. Ils se relevaient et… plus ? Puisqu’il devint évident que la population au sommet de la Tour Wayne se faisait grandissante, si bien que, bientôt, la seule zone dépourvue de morts-vivants était ce petit cercle que Bruce tentait de maintenir, tant bien que mal, et qui garantissait sa sécurité.

« Si petit, si … faible, » fit une voix puissante et grave derrière lui.

Les morts-vivants arrêtèrent de bouger, toujours comme mus par un seul esprit, comme les muscles d’un seul corps. Toujours aussi grand et imposant, Arès se tenait fièrement derrière Bruce, son armure encore luisante des reflets des flammes provoquées par les missiles du Batplane.

« Tu n’es pas différent des autres, » continua Arès. « Pas différent des dictateurs, des tyrans, des tueurs en série, des généraux de guerre. » Il leva la main et, répondant à son geste, le Batplane surgit de l’ombre pour se figer dans les airs, derrière Arès, de toute évidence hors de contrôle. « Quand la guerre se montre enfin à vous, quand elle vient frapper à votre porte, vous pensez avoir le pouvoir, vous pensez pouvoir en prendre le dessus et la combattre. Avec des armes. Mes armes. »

Il ferma le poing. Comme déchiré par une main invisible, le Batplane se détruisit de lui-même. Les ailes s’arrachèrent et les morceaux ainsi vaincus de la machine chutèrent pour s’écraser au sol, plusieurs mètres plus bras.

« Quelle audace, » rajouta Arès, son ton sifflant, mais presque… joueur.

Il claqua des doigts et les gants de Bruce furent parcouru d’un courant électrique bien plus violent qui claqua dans les airs. Une fumée s’en échappa peu après, signe que l’électronique des gants n’avait pas tenu.

« Quelle stupidité, » reprit Arès, et cette fois-ci, sa voix était tranchante, acérée.

Il claqua de nouveau des doigts et c’est la ceinture du Batman qui disparut pour réapparaître dans la main d’Arès. Il la jeta par-dessus le toit sans autre forme de cérémonie.

Ses doigts se refermèrent dans le vide, et son armure grinça sinistrement. Les morts-vivants se remirent en mouvement et une nouvelle rafale d'épées apparut aux côtés du Dieu.


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MessagePosté le: Mer 13 Déc 2017 - 15:11
Dans la rue, Diana mène un combat impossible contre Arès.
Pleine d'une férocité, d'une bravoure, d'une puissance rares, la jeune femme s'acharne contre le Dieu de la Guerre. Si elle est propulsée à l'intérieur de la Tour Wayne par un missile du Batplane, dévié par son adversaire, elle entend toujours rejoindre son allié et le défendre - mais son opposant ne l'entend pas ainsi.
Arès lui envoie des guerriers zombies, à elle aussi ; et même si elle pourra sûrement s'en défaire, si elle réussira certainement à s'en débarrasser... cela ne se fera pas en un instant.

Wonder Woman va devoir perdre plusieurs minutes, contre ses ennemis.
Plusieurs minutes terribles - où se joueront, hélas, le destin du Batman et du sien.


**
*
**

Plus haut, sur le toit de la Tour Wayne, Bruce se bat, lui aussi.
Seul. Face à une armée de zombies.
Et, même s'il dispose de ses gants électriques, même s'il a toujours sa férocité et sa bravoure - il est blessé. Fatigué. Usé. Au bout du rouleau.
Mais il se bat, malgré tout.



Les zombies ont augmenté en nombre ; s'il en brise un, deux apparaissent. Pas grave, pense-t-il. Il en brisera deux fois plus, tout simplement - même s'il sait, s'il sent au fond qu'il ne fait pas le poids, aujourd'hui.
Il n'a pas la forme. Il n'a pas l'endurance. Il n'a pas le corps pour, tout simplement.
Quadragénaire, Bruce Wayne est encore extraordinaire et dispose d'un physique presque idéal... mais il vieillit ; il récupère moins vite. Il marque plus. Il a besoin de plus de sommeil. Il a besoin de plus de temps, qu'avant, pour réussir.

Il vieillit. Il faiblit.
Et il ne le supporte pas.

Oh, Bruce a toujours su que ce moment viendrait... mais il a toujours espéré qu'il pourrait le repousser, encore et encore ; mais non.
Il n'y arrive pas. Il n'y arrivera pas. Et il ne se remettra pas de ce combat, il le sait.

Le Chevalier Noir note, bien sûr, que les zombies s'arrêtent ; il en brise quand même deux autres, par réflexe. Par besoin. Par vice.
Il entend, évidemment, la voix grave et brutale d'Arès, derrière lui. Il réprime difficilement une grimace, puis laisse ses yeux glisser sur ses gants électriques... qui disparaissent, après avoir cramés de l'intérieur. Une autre grimace glisse sur ses lèvres, de douleur cette fois-ci.


"Aie."

Lentement, Bruce se tourne vers Arès. Il plonge ses pupilles blanchâtres sur lui, et se redresse par réflexe.

"Ça pique."

L'autre parle, encore ; se moque, bien sûr. Il jouit de sa victoire.
Cela ne durera pas.
Cependant, il doit bien avouer qu'Arès impressionne, par sa puissance. D'une part, il détruit le Batplane comme un jouet ; de l'autre, il s'empare de la ceinture du Chevalier Noir, qu'il jette comme un mouchoir usagé.
Impressionnant, oui - mais petit, définitivement.


"Tu veux la blesser. Tu veux la toucher."

Sa voix est lente, calme. Elle se veut puissante, imposante, mais il est trop blessé... trop usé pour vraiment impressionner.
Il le sent ; et cela l'énerve.


"Tu veux détruire ses proches, pour l'atteindre elle."

"Un Détective, toujours. Belle déduction."

"Tu es un dieu - un petit dieu, à mon avis, mais un dieu malgré tout. Et je ne suis que..."

"Un faible Mortel, sur le point de s'écrouler lui-même."

"... un Détective."

"Tu meurs ce soir, Détective."

"Peut-être."

Bruce prend une grande inspiration - et ça fait mal.
Mais il lève, malgré tout, ses poings, crispés.


"Mais pas sans me battre."

Un rire, lourd et moqueur, s'échappe alors de la gorge d'Arès - mais Bruce n'en tient pas compte.
Il fonce. Il court. Il se précipite. Il se lance, et bondit.
Il se bat. Quoi qu'il arrive, quoi qu'il lui en coûte - il se bat. Et se battra, jusqu'au bout.


**
*
**

Quelques minutes plus tard.
Diana a vaincu.
Elle s'est débarrassée des zombies, et a pu finalement retourner sur le toit de la Tour Wayne. Elle espère y venir en aide à Bruce, elle espère découvrir son allié, son ami, son proche tenir le coup, affronter l'ennemi... elle sera déçue. Et horrifiée.


"Oh, enfin ! Tu t'es faite attendre, ma chère."

Arès, mauvais et rieur, se tourne vers l'Amazone alors que son regard, à elle, demeure concentré - fixé sur un spectacle qui ne quittera jamais son esprit et ses souvenirs.

"Heureusement, il tient encore... mais cela ne durera pas. Tu tombes à pic !"

Le rire gras et mauvais d'Arès se fait entendre - mais elle ne l'écoute pas, sûrement. Son attention, son être entier est fixé devant elle, sur Bruce, ou plutôt...
... sur ce qui reste de Bruce.
Arès l'a vaincu, brisé. Lui a enlevé son costume. A ramené le Batsignal, et l'a crucifié dessus - non sans avoir gravé, tatoué son symbole sur son torse.

Bruce est brisé, oui. Vaincu. Mort, presque.
Et Arès rit, encore.
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MessagePosté le: Jeu 14 Déc 2017 - 22:51

Chapter 1we laugh and it pits the world against us


Diana jaillit des airs comme un boulet de canon, l’épée encore dégoulinante du liquide épais et verdâtre qui coulait dans les veines des morts-vivants et le regard brûlant de détermination. Elle était magma et dans ses veines à elle, c’était du feu liquide qui coulait, et sa colère embraserait enflammerait Arès. Ce combat qui les avait si rapidement dressé l’un contre l’autre, cette lutte qu’ils semblaient être condamnés à mener n’impliquaient qu’eux deux. La présence d’Arès sur l’humanité avait déjà assez pesé comme cela, et Diana jamais ne lui laisserait la possibilité de s’en prendre à Bruce en plus. Elle le tuerait de ses propres mains s’il le fallait. Tout cela n’avait que trop durer.

Et pourtant, toute sa détermination fondit comme neige au soleil quand son cerveau assimila la scène qui se déroulait à ses pieds.

Diana sentit son cœur exploser dans sa poitrine, et le flot d’adrénaline qui en résultat fut si violent qu’il blanchit les extrémités de sa vision. Sa gorge se noua, ses poumons se glacèrent et le sang qui, jusque-là, avait mis le feu à ses muscles se ralentit, gagna en densité et l’intoxiqua, changea ses membres en sculptures de plomb.

« Non… » souffla-t-elle, alors que ses yeux courraient sur la silhouette de Bruce.

Il était attaché à un Bat-signal brisé – non, il était crucifié au Bat-signal, et le sang s’écoulait de ses plaies en de fins petits filets qui rejoignaient la blessure bien plus importante et sanguinolente sur son torse. Il portait encore les bleus et les traces de brûlures qui l’avaient tant affaibli et qui avaient conclu sa récente entrevue avec Harvey Dent, et la couleur de sa peau disparaissait presque entièrement dans ce mélange malsain entre cicatrices, plaie qui n’avaient pas eu le temps de guérir et celles, toutes fraîches, qui libéraient un flot de sang. Sa tête était baissée, et la nuit engouffrait une grande partie de son visage, cachant son regard et le pli de ses lèvres. Paradoxalement, c’est cette posture qui effraya Diana, bien plus que le sang, que le symbole du Batman gravé sur son torse ou que le Dieu qui le surplombait, affamé et victorieux. C’était la ligne de ses épaules – affaissée et pendante, et le regard vers le bas. Bruce avait toujours été humain, et Diana ne l’avait jamais oublié. Mais à cet instant, il n’était pas seulement humain. Il était mortel. Elle le voyait comme un mythe depuis si longtemps que ce brusque revirement de situation la prit par surprise. La terrifia.

« Ses os se brisent si facilement, » lança Arès, moqueur. « Il est si petit, si … insignifiant. »

Il eut un vague geste du poignet, comme s’il chassait un vulgaire insecte, et les morts-vivants, qui peuplaient toujours le sommet de la tour se resserrèrent autour d’Arès et de Bruce, bloquant tout passage possible à Diana. Arès était bien prétentieux s’il pensait l’arrêter avec une si petite armée de gens déjà morts. Il était bien malin de la regarder comme si le combat était gagné. Il n’y avait que quelques mètres entre Diana et Bruce, et s’il croyait vraiment l’arrêter à temps… il se mettait le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Diana serra les dents, leva son épée et abattit le barrage en elle qui, jusque-là, avait su retenir sa colère. Des craquelures jaillirent lumière et chaleur, et de l’éboulis survinrent rage et fureur. Elle se précipita, plongea dans parmi les créatures dans la nuit sans une once d’hésitation et elle trancha, découpa, détruisit, extermina et massacra le moindre monstre à sa portée dans une dance mortelle dont elle seule connaissait les pas. A chaque instant, elle se rapprochait de Bruce, elle se rapprochait d’Arès, et chacune de ses secondes tisonnait le brasier en elle. Arès avait fait une erreur en venant lui faire face. Il s’était fourvoyé en pensant qu’il pouvait la prendre de vitesse, qu’il pourrait la dominer. Il aurait dû rester caché, il aurait dû disparaître et se contenter de regarder l’humanité de loin. Il n’aurait jamais dû s’en prendre à ses amis, à Bruce, jamais.

Et il se rapprochait. Elle détruisait les morts-vivants comme de vulgaires mannequins d’entraînement, mais elle ne le lâchait pas du regard, si bien que quand elle arriva devant lui - si rapidement que des morts-vivants touchaient à peine le sol à l’endroit d’où elle était partie - son épée était déjà levée et son coup était prêt à partir.

Mais elle n’eut d’autres choix que celui de se figer dans son élan, les muscles tendus, et le cœur battant à tout rompre contre sa poitrine. La pointe aiguisée d’une des lames d’Arès était à quelques centimètres à peine de son visage, mais, surtout, une autre dizaine de ces épées venaient d’apparaître devant Bruce. Pantelante et frustrée, incapable de laisser libre cours à la colère qui se déferlait toujours en elle, mélange mortel de peur et de fureur, Diana poussa un cri de rage, son épée toujours levée.

Arès eut un éclat de rire alors qu’il se redressait de toute sa hauteur.

« Regarde-toi… Si destructrice. Si dangereuse, » apprécia-t-il de sa voix si grave qu’elle ne semblait pas de ce monde. « Oh, Diana… Tu as tellement de potentiel. »

Diana baissa doucement son épée, son regard toujours rivé sur Bruce. Elle redressa malgré tout le menton avec dignité, les membres encore tremblants.

« Tu te répètes, » scinda-t-elle. « Je suis Diana, Princesse des Amazones. Jamais je ne te rejoindrai. L’Olympe t’a rejeté, Zeus a fait de toi un renégat. Tu n’as plus aucune place dans ce monde. »

Elle détacha son regard de Bruce à contrecoeur, juste assez pour pouvoir jeter un regard de défi à Arès, puis se retourna ensuite vers son ami. Elle n’osait bouger, non pas à cause de l’épée qui la menaçait toujours, mais de celles qui lévitaient devant Bruce. Si seulement il pouvait la regarder… Elle aurait donné n’importe quoi pour croiser son regard, pour lui assurer qu’elle le sauverait, qu’elle ferait tout pour le sortir de là, absolument tout. Lentement, d’abord imperceptiblement, mais fatalement, la colère en elle se changeait en une terreur absolue. Elle était si près de lui qu’elle pouvait sentir l’odeur ferreuse de son sang, elle voyait les gouttes de transpiration, sa poitrine se soulever irrégulièrement. Elle serra son poing libre, racla l’intérieur de sa paume avec ses ongles. Bruce, supplia-t-elle mentalement. Je t’en prie, regarde-moi… regarde-moi…

« Je suis la Guerre, » répliqua Arès d’une voix détachée que le défi de Diana n’avait pas réussi à entacher. « Je suis la destruction, le conflit. Je suis… la Mort. »

Les doigts de Diana étaient serrés si fort autour de la garde de son épée que ses jointures en blanchissaient.

« Et j’ai enfin appris la leçon, fille d’Hyppolyte. » A ces mots, Diana leva enfin les yeux vers lui. « Tu ne me rejoindras pas. » Arès marqua une pause, et le cœur de Diana s’emballa. « Pas de ton plein gré. »

Elle comprit, avant même qu’il ne se passe quoi que ce soit. Jamais elle n’avait eu aussi peur de toute sa vie. Un courant d’électricité la traversa de part et d’autre et elle agit instinctivement. Elle vit le bras d’Arès s’abaisser, l’ordre télépathique se former dans l’obscurité de son masque et elle réagit immédiatement : elle lança son épée vers ce dernier et n’attendit pas que son arme touche sa cible pour s’emparer de la garde de la dague qui la menaçait. Elle bondit sur Arès, la dague au-dessus de sa tête, et les yeux rivés sur la fente dans le casque du Dieu qu’elle voyait maintenant seulement comme une cible.

Tout se passa au ralenti. L’épée de Diana toucha le bras d’Arès et fit voler le bracelet de métal qui protégeait l’avant-bras du Dieu de la Guerre. Déstabilisé, il se replia sur lui-même, tourna sur lui-même, mais parvint à rattraper Diana dans les airs avec cette main qui venait d’être frappée. Ses doigts se refermèrent sur la nuque de l’Amazone alors que son autre bras s’emparait de la garde d’une des dagues toujours tournées vers Bruce. Il se servit de son élan pour en enfoncer la lame au milieu du symbole gravé sur la poitrine de Bruce.

Les tympans de Diana sifflèrent, et elle réalisa à peine que le bruit strident qui lui glaçait le sang dans les veines sortait de sa propre bouche ; qu’elle criait de désespoir, de colère et de douleur. Elle ne sentit même pas ses muscles se contracter alors qu’elle levait le bras tenant toujours la dague, et elle ne comprit encore moins ce qu’il se passa quand la dite dague s’évapora, retirée de cette dimension sur un nouvel ordre mental d’Arès. Son poing s’abattit sur le bras de ce dernier et il la lâcha sans autre forme de procès. Les jambes de Diana ne purent amortir son atterrissage, et elle s’écroula au sol, mais elle n’enregistra pas le choc. Son regard était rivé sur Bruce, sur la dague qui sortait de son torse, et sur ce qui lui semblait être la fin du monde.

« Non, non, non, » finit-elle par gémir en se rapprochant du Bat-signal en rampant.

Elle se releva rapidement une fois arrivée aux pieds de Bruce et leva les mains vers la garde de l’épée, mais ses doigts tremblants ne firent qu’en frôler le métal froid. Elle releva les yeux vers le visage de Bruce et finit par délicatement prendre son visage entre ses mains.

« Bruce, » souffla-t-elle, la voix tremblante, les mains tremblantes, le souffle tremblant. « Je t’en prie, non, non… »

Son regard s’enfonça dans celui de l’homme aux côtés de qui elle s’était toujours tenue, et pour qui elle nourrissait un respect immense. Elle aurait donné sa vie pour lui, elle l’aurait défendu contre le temps lui-même, contre ce qu’il avait tant l’habitude de se faire subir par culpabilité, par haine de soi. Elle aurait tout sacrifié sans hésiter, tout abandonné, tout oublié.

Mais elle n’avait pas réussi, et il ne restait, dans son regard, que l’ombre de l’homme qu’il était, qu’il avait été… qu’il ne serait plus jamais.

Les mains toujours sur ses joues, Diana essuya délicatement le filet de sang qui s’écoulait du coin de la bouche de Bruce, ses yeux toujours plongés dans ceux de ce dernier, si sombres, d’habitude si expressifs et maintenant si… distants.

« Je suis là, » murmura-t-elle, puis sa voix se brisa.

Elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa sur son front un long baiser qu’elle voulut aussi assuré qu’elle était tremblante. Elle s’écarta et plongea de nouveau son regard dans le sien, ses doigts parcourant avec douceur et légèreté le visage de Bruce. Elle effleura ses tempes, suivit l’angle prononcé de ses pommettes, retourna vers la commissure de ses lèvres et finit par poser sa main sur sa joue tandis que son autre main lui caressait distraitement les cheveux.

Quand il disparut, ce fut presque trop aisé de disparaître avec lui, de le laisser arracher un bout d’elle-même, presque trop facile de s’écrouler, et tellement difficile de continuer à respirer, de ne pas le suivre jusqu’au bout.

Au bout du monde. Elle l’aurait suivi jusqu’au bout du monde.
Elle ferma les yeux à son tour.



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MessagePosté le: Ven 15 Déc 2017 - 11:12
Il ne bouge pas. Il ne bouge plus.

Ses souvenirs sont flous, déjà.
Il ne se rappelle plus, réellement, de la chronologie des événements – des actes. Des coups. Des frappes. Des attaques.
Il a repoussé les zombies… il a affronté Arès. Il a couru, sauté, bondi ; évité les lames. Certaines, au moins. Il a grimacé. Il a souffert. Il a continué.
Et il a frappé, aussi.

Oh, il savait en se lançant qu’il ne réussirait pas – qu’il ne ferait pas tomber le dieu ; il n’est qu’un homme. Un Mortel. Un faible.
Mais il a tenté, quand même ; il y est allé, comme toujours.
Il est ainsi. Il a toujours été ainsi, à tenter les défis impossibles, à se lancer dans des challenges improbables, à s’offrir en sacrifice aux monstres et criminels qui menacent l’équilibre, l’ordre, les autres. Il sera toujours ainsi, aussi, il le sait ; même s’il sait, surtout, que cela ne durera plus longtemps.

Il se meurt.
A vrai dire, c’est déjà trop tard.

Il a trop vu, trop croisé la Faucheuse dans son existence, pleine de drames, de pertes et de douleurs, pour se faire illusion ; il est trop tard.
Ses paupières sont fermées, bouffies par les coups, boursoufflées par le sang qui a coulé, exténuées par les douleurs ; il est trop tard. La Vie le quitte, littéralement même, par les dizaines de plaies qui laissent s’évacuer le précieux liquide pourpre qui assure son existence.
Il est trop tard.

Son ouïe ne fonctionne plus, déjà ; cela le gêne.
Il ne sent plus rien, et cela ne lui déplaît pas – la douleur l’a quitté ; enfin. Il prend une seconde pour apprécier ce moment, en fait, même s’il en a honte. Il n’a plus mal.
Pour la première fois depuis plus de trente ans… il n’a plus mal. Ni physiquement, car son cerveau a tout simplement vrillé sous les signaux de souffrance et est dépassé, ayant enfin décidé de cesser de les accepter, de les traiter et de les lui faire subir ; mais ni mentalement, non plus.

Il n’a plus mal. Il n’a plus ce vide, cette souffrance, cette douleur, ce néant absolu qui lui torture l’âme, qui lui piétine le cœur, qui lui a anéanti tout espoir.
Il n’a plus mal. Il ne les pleure plus. Ils ne lui manquent plus.
Car il arrive.

Oh, il ne les voit pas – il se meurt, mais il n’est ni fou, ni croyant ; il y a bien un Royaume après la Vie, mais ses actes ne le destinent pas à le rejoindre. Il a tenté de bien agir, certes ; il a sauvé des vies, il a aidé autrui.
Mais il a fait souffrir. Il a fait mal. Il a perdu, des proches et des innocents.
Il est indigne, de ce Royaume ; mais il se meurt, malgré tout. Et même s’il ne les rejoindra pas… même s’il ne sentira plus la douce étreinte de sa mère, le chaud contact de ses lèvres sur sa joue… même s’il ne serrera plus la main de son père, même s’il ne bombera plus le torse à ses compliments…

Il arrive.
Il se meurt, réellement.
Et c’est bien.

La Paix l’attend ; la Paix l’attend, même s’il n’en est pas digne. Même s’il n’a pas accompli ce qu’il voulait. Même s’il a échoué.
Il a échoué, oui.
A Gotham. Dans le monde. Dans la Vie. Dans ses relations avec ses proches.

Il a échoué à sauver la ville. Il a échoué à stopper les Monstres. Il a échoué à protéger ses proches, à réellement protéger Dick, Barbara, Jason, Tim, Stephanie, Cassandra, Helena, Damian, Kate et les autres. Il a échoué à offrir au monde cette protection, cette paix, ce modèle qu’il a tant voulu incarner.

Il a échoué. Face à Arès.
Il a échoué. A sauver Diana.

Un frisson le parcourt, alors.
Pas seulement parce qu’il sent… il ressent enfin, encore, pour la dernière fois. Il ressent ses doigts, si doux, si tendres. Il ressent ce baiser, si chaud, si pur. Il ressent cette tristesse, qu’elle exprime par gestes. Il ressent cette culpabilité, qu’elle subit de ne pas l’avoir sauvé.
Il ressent, lui, cette… honte.

Il se meurt. Il est trop tard. Il arrive. Il a échoué.
Et il a honte.

Honte d’avoir perdu. Honte de n’avoir pas été à la hauteur. Honte d’être tombé. Honte d’être une marque, indélébile, absolue, terrible sur l’âme de Diana – qui, il le sait, ne se le pardonnera jamais, alors qu’elle n’est responsable de rien ; c’est lui.
Il a échoué.
Et elle en pâtit… elle va en souffrir. Diana. Elle.
Diana.
Sa Diana.
Qui va souffrir, périr, se ronger par sa faute. Par son erreur. Par son échec.

Non.
Il le refuse.

Il se meurt, oui. Il est trop tard, oui. Il arrive, oui. Il a échoué, oui.
Et il a honte, oh oui.
Mais cela ne finira pas ainsi. Cela ne finira pas comme ça. Cela ne finira pas dans cette douleur, dans cette culpabilité.

Arès l’a… frappé, blessé, torturé, crucifié. Humilié.
C’est le pire – c’est ce que Diana ne supportera pas ; cette humiliation, ce martyr indigne et inacceptable.
Elle ne le supportera pas, elle se rongera pour cela ; il le refuse. Il le refuse.
Il refuse d’offrir cela à Arès.

Alors il pousse.
Il pousse sur ses bras. Il pousse sur ses jambes. Il pousse ses forces, en allant au bout de lui-même… car il se meurt. Car il est trop tard. Car il arrive. Car il a échoué. Car il a honte.
Car il n’offrira pas ce théâtre de la douleur à Arès.

Il pousse.
Il s’arrache les sangs, les chairs, la paume. Il s’arrache à ses liens, à ses clous.
Il s’arrache du Batsignal.
Il s’écroule, bien sûr ; il se meurt, finalement. Mais il se reprend, par miracle. Il se reprend.

Il a un genou à terre. Il ne voit rien. Il n’entend rien. Il ne sent rien.
Il se meurt.
Mais il se bat – toujours.

Et il hurle. Il hurle à la Mort. Il hurle au Dieu. Il hurle au Destin.
Vous m’avez eu, oui, dit ce cri primaire, primal, absolu.
Vous m’avez eu. Je suis tombé. Mais je ne vous offrirais pas mon honneur – et celui de Diana.

Il hurle, comme Léonidas aux Thermopyles.
Il hurle en défi. Il hurle en rage. Il hurle en fou. Il hurle en mourant.

Et même Arès… même le Dieu de la Guerre et du Conflit… même son bourreau, son ennemi, son Monstre… recule.
Par surprise. Par crainte. Par respect.

Il hurle, à s’en arracher les poumons.
Il hurle à la Mort.
Et il s’écroule… car c’est terminé.

Il a honte. Il a échoué. Il arrive. Il est trop tard.
Il est mort.

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MessagePosté le: Sam 16 Déc 2017 - 0:40
Chapter 1we laugh and it pits the world against us


Diana le sentit bouger sous ses doigts, elle sentit le peu de vie qu’il lui restait s’affoler et parcourir ses muscles. Elle releva la tête, le cœur battant à tout rompre contre sa cage thoracique et les poumons noyés par le chagrin qui l’avait prise d’assaut. Les yeux de Bruce lui étaient une nouvelle fois refusés ; déjà voilés, ils étaient résolument baissés, distants et détachés, comme si Bruce laissait déjà derrière lui tout ce qui l’avait rattaché au monde réel, pendant de si longues années. Elle y compris. Désespérée à l’idée de voir cette dernière étincelle de vie s’envoler trop vite, avant qu’elle ne soit prête (elle ne serait jamais prête), elle l’aida fébrilement à se libérer des liens, répondant à ses mouvements avec des gestes tout aussi secs, ses doigts aidant ceux de Bruce à détacher ce qui le maintenait contre le Bat-signal, sans pour autant le faire pour lui. Leur longue relation avait toujours été rythmée de la sorte : elle n’avait jamais décidé pour lui, et il ne l’avait jamais mis en retrait. Ils fonctionnaient ensemble. C’était tout ou rien. (Ce serait désormais toujours rien.) Même mourant, elle voulait qu’il soit entier. Il n’en méritait pas moins.

Quand les liens furent détachés, Diana fit un pas en arrière. Elle tressailli quand Bruce bascula en avant, quand son genou cogna le béton si fort qu’elle en ressentit les vibrations, mais elle ne fit rien. Elle se contenta de se s’agenouiller devant lui et de poser une main douce sur son épaule, afin de le soutenir. Son cri lui déchira le cœur – non, son cri la déchira. Elle serra les dents et retint un gémissement de douleur, de peur et de chagrin, mais à chaque note qui s’échappait de la gorge de Bruce, à chaque nouveau hurlement qu’il pourrait, quelque chose d’autre montait en elle. Quelque chose de puissant, de longtemps refoulé, mais de destructeur, d’affamé. Le souffle court, elle garda les yeux rivés sur le visage de Bruce, refusant jusqu’à cligner des paupières, déterminée à ne pas perdre une seule seconde du temps qu’il lui restait. Elle savait que souffrance, culpabilité et regrets l’attendaient, elle savait que cette vision – son visage ensanglanté, tordu par ses cris, par la mort, déjà si présente – la hanterait jusqu’à la fin de sa vie, mais c’était sa punition. C’était ce qu’elle méritait (ce qu’elle voulait). Et elle n’aurait jamais pu se pardonner de l’avoir laissé partir sans s’être tenue à ses côtés comme elle l’avait toujours fait (comme elle avait tant voulu le faire jusqu’à la fin des temps).

Alors quand son cri s’estompa, quand les notes se déchirèrent, que sa voix se brisa et que ses lèvres se fermèrent à jamais (elle n’entendrait plus sa voix), la chose en elle prit de l’ampleur, redoubla en intensité, brisa la barrière de son propre chagrin. Elle ne pouvait pas le laisser disparaître sans continuer son expression de défi, de colère (elle ne pouvait pas concevoir un monde sans lui), alors elle serra les dents, et elle poussa un cri de fureur à son tour. Un bras passé sous la tête de Bruce pour le soutenir (elle l’aurait soutenu dans la vie, elle le soutenait maintenant dans la mort), elle tendit le bras et ferma le poing sur la garde de l’épée toujours plantée dans son torse. Le bruit que la lame fit quand elle la tira hors de la plaie mortelle, le sang qui gicla, le manque de réaction de Bruce lui arrachèrent un nouveau gémissement de fureur, de défi (de douleur), et elle se tourna vers Arès, les yeux brûlants.

Elle constata avec joie qu’il avait déjà fait un pas en arrière. Sa joie se tourna en extase (en douleur) quand elle le vit tressaillir une nouvelle fois, maintenant qu’elle lui faisait face. Jamais elle n’avait été si en colère, jamais elle n’avait autant voulu détruire, et pour la première fois de sa vie, elle laisserait libre cours à sa fureur et à sa puissance (pas assez forte, pas assez forte, elle n’avait pas été assez forte). Elle déposa doucement (tendrement) la tête de Bruce au sol et se leva, les doigts tremblants sur la garde de l’épée, sa main léchée par les flammes du feu qui ravageait tout en elle (elle avait tout perdu).

Et elle fit un premier pas. (Il lui donnait l’impression d’être le dernier.)

Arès se redressa de toute sa hauteur, comme si sa taille exceptionnelle pouvait le protéger, comme s’il ne venait pas de lui arracher ce qu’elle avait de plus cher, comme s’il pouvait faire face à sa colère, comme s’il n’avait pas peur. Il aurait dû être en train de pleurer, de supplier, de se jeter à ses pieds et de trembler de peur, et l’idée même que ce n’était pas le cas insultait profondément Diana. Elle leva l’épée et le Dieu leva sa main. (Elle voulait lever la sienne avec son cœur sanguinolent entre les doigts.)

« Tu vas me tuer, Diana ? » demanda-t-il, et son ton chantant grinça contre les tympans de Diana. Elle allait le tuer, le détruire, l’effacer, l’exterminer. Le massacrer. « Mais qui, qui le ramènera si je ne suis plus ? »

Elle se figea net dans son avancée. Le regard rivé sur le Dieu de la Guerre, elle n’osa pas regarder par-dessus son épaule (elle était physiquement incapable de supporter cette vision une fois de plus) et elle détesta la morsure acide de l’espoir soudain que les mots d’Arès provoquèrent en elle. Elle tenta d’en apaiser l’effervescence, de garder le contrôle sur cette soudaine luminosité, mais ses tentatives s’avouèrent très rapidement vaines. (Il y avait trop de vide en elle et cette petite idée à elle-même en remplissait tous les recoins.)

« Que dis-tu ? » cracha-t-elle entre ses dents serrées.

Arès la toisa de haut. Il gagnait, elle le sentait – et elle détestait ça. Mais s’il y avait réellement la moindre chance… la moindre possibilité…

« Je peux te le ramener, Diana. Son âme n’a pas encore fait le voyage qui est imposé aux morts. Il est encore si près du voile. A portée de main. »

Elle poussa un cri de fureur, un cri de haine (d’espoir) et lança son épée directement vers le casque d’Arès, qui l’esquiva sans le moindre mal. Il n’esquiva pas – peut-être qu’il n’essaya même pas – la boucle du lasso qui suivit, et il la laissa se refermer autour de sa taille avec un calme qui ne faisait qu’aggraver la colère de Diana.

« Tu n’as pas le pouvoir de ramener les morts à la vie ! » hurla-t-elle en direction de son vieil ennemi.

Elle entendit son sourire dans sa voix.

« Moi, non. Mais Hadès, lui, est le gardien des Enfers. Son pouvoir règne en maître sur les âmes qui traverseront le Styx. Qui m’a offert cette armée à ton avis ? » ajouta-t-il en désignant les morts-vivants, toujours répandus sur le toit.

Diana jeta un bref regard sur le côté et, comme s’ils répondaient à ce qu’affirmait Arès, les morts-vivants tournèrent tous leurs têtes vers Diana, d’un même geste. Quelque chose de dense et de tendu habitait l’air qu’elle respirait, quelque chose de… divin. Son regard se tourna de nouveau vers Arès. Les preuves étaient là, et le Lasso ne faisait que confirmer. Il disait la vérité.

« Il ramènera l’humain à la vie. »

L’espoir en Diana éclata si fort qu’elle eut l’impression de sentir ses os se fendre. Les mains toujours serrées sur le Lasso, elle dévisagea un bref instant Arès alors que le plan de ce dernier se mettait peu à peu en place dans son esprit. Elle leva doucement la tête, redressa le menton et fit face à ce qui l’attendait avec toute la fierté et la détermination qu’une Amazone pouvait rassembler. (Il allait revenir.)

« Quel est ton prix ? »

Le visage dissimulé d’Arès ne laissa rien paraître, mais Diana devina sans mal son sourire carnassier, la bestialité de sa victoire, et l’extase malsaine qui l’emplissait. Elle ne fléchit pas, ne tressaillit pas et ne lâcha pas sa prise sur le Lasso. (Il allait revenir.)

« Toi, » répondit Arès. « Deviens mon général, bats-toi à mes côtés. Rejoins-moi et aide-moi à précipiter la chute de ce monde qui, déjà, est en sursis. Deviens Diana, Gant Armé de la Guerre. Oublie Themyscira, oublie la foi mal placée de ton peuple en des Dieux dépassés et oubliés. Rejoins-moi. »

Les doigts de Diana se resserrèrent un peu plus autour du Lasso, mais elle garda le silence. Son sang battait contre ses tempes, son cœur gonflait dans sa poitrine.
(Il allait revenir.)

« Mais, si j’ai le moindre de doute quant à ton allégeance, il disparaît de nouveau. Et cette fois-ci, rien ne le ramènera. »

Arès marqua une pause puis leva une main pour enrouler ses longs doigts autour du matériau luisant du Lasso qui l’emprisonnait encore.

« J’en fais le serment, » ajouta-t-il, son sourire toujours si évident dans le son de sa voix.

Diana s’humidifia légèrement les lèvres. Elle pouvait réfléchir, elle pouvait peser le pour et le contre, mais elle savait au fond d’elle que si elle enroulait le Lasso autour de son propre bras, elle n’hésiterait pas une seconde avant de s’offrir à Arès. La honte et la culpabilité qui la prirent d’assaut la laissèrent pantelante. Elle dévisagea le Dieu en face d’elle et se remémora tous les contes que sa mère lui avait autrefois raconté dans la chaleur de sa chambre d’enfant ; elle se rappela la haine ancestrale, la menace éternelle que représentait Arès, la fierté des Amazones d’être le rempart contre un tel danger. Elle pouvait presque goûter l’air chaud de Themyscira sur le bout de sa langue, et il lui sembla voir, du coin de ses yeux, les colonnes blanches et les collines verdoyantes. Elle avait juré servir d’Ambassadrice et défendre la paix dans le monde des Hommes, elle avait juré utiliser ses pouvoirs pour la bonne cause. La vérité, l’équilibre, la justice.

Elle était Diana de Themyscira, Princesse des Amazones et fille d’Hyppolite.
Elle n’était plus.
Il allait revenir.

Diana détendit les muscles de ses bras et lâcha le lasso qui tomba mollement au sol, en signe de reddition. Sa nuque de courba d’elle-même et un profond soupir lui échappa alors qu’elle s’offrait au Dieu de la Guerre. Elle sentit plus qu’elle ne vit ce dernier se redresser.

« Bien, » dit-il, et le contentement de sa voix la fit grincer des dents. « Un marché est un marché. »

Diana releva la tête vers Arès et ce dernier lui désigna le toit derrière elle. Elle se retourna et s’aperçut tout d’abord que les morts-vivants avaient tous disparu. Arès était arrivé à sa fin, et dans l’immédiat, il n’y avait rien dans la ville qui ne pourrait tenir face à Diana. Il n’avait plus besoin de créatures sans vie. Elle se sentit se craqueler de l’intérieur, comme si une partie d’elle tentait désespérément de fuir cette sentence qu’elle s’était infligée, mais elle resta inévitablement entière, mais déséquilibrée à jamais.

Puis son regard se posa sur le corps de Bruce et elle remarqua tout de suite le soulèvement de sa poitrine et la disparation de la plaie sur son torse. La chauve-souris qu’Arès y avait gravé s’estompait peu à peu jusqu’à ce qu’il ne reste de sa présence que les filets de sang séché.

Elle fit un premier pas vers lui, mais elle se figea en entendant l’armure d’Arès grincer dans son dos, signe que ce dernier se mettait aussi en mouvement.

« Je veux juste m’assurer qu’il se réveille vraiment, » lança-t-elle en se retournant pour lancer un regard noir au Dieu.

« Tu as été si prompte à vendre le reste du monde pour un unique homme, » dit Arès, presque songeur, dans son dos. Le regard de Diana resta obstinément rivé sur Bruce. « Si prompte à offrir le sacrifice de milliards de personnes en échange d’une unique vie. » Il s’arrêta un instant avant de reprendre. « Il n’est même pas dépourvu des défauts des gens de son espèce. Tu dois être bien sûre de toi. »

Diana baissa finalement les yeux vers le Lasso qui traînait à ses pieds. Elle le récupéra et l’enroula doucement tout en reportant de nouveau son attention sur Bruce, qui s’éveillait petit à petit.

« Il faut un regard aguerri pour voir la vérité, » souffla-t-elle.

Arès ne répondit rien, mais son silence ne dura pas. Quand il reprit la parole, son ton songeur avait laissé place à l’habituelle moquerie, aux intonations cinglantes et coupantes.

« Ne veux-tu pas lui dire au revoir ? »

Diana garda la tête haute. Il se jouait d’elle, elle le savait. Il avait tous les pouvoirs sur elle, désormais. Un Dieu face à une fourmi, avec dans ses mains le pouvoir de décision ultime. La vie ou la mort. Mais elle ne lui offrirait pas le plaisir de la voir souffrir de cette domination que son être tout entier rejetait. Elle venait de renoncer à son droit d’être appelée Amazone, mais cela ne changeait pas ce qu’elle avait toujours été au fond d’elle. Il y avait certaines choses qu’il ne pourrait jamais dominer. Et sa dignité était au sommet de la liste.

Elle attacha donc son Lasso à sa taille sans dire mot, puis se dirigea doucement vers Bruce. Elle s’agenouilla près de ce dernier et lui prit doucement la main avant de se pencher au-dessus de lui. Il semblait perdu dans un mauvais rêve. Le chemin était long, quand on revenait de l’autre côté du voile, mais elle voulait être là à son retour. A défaut d’être là le reste du temps.

« Bruce, » souffla-t-elle.

Le reste de ce qu’elle voulut dire resta dans le fond de sa gorge.
Il était revenu.



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MessagePosté le: Dim 17 Déc 2017 - 18:14
Il est mort.
Il a essayé - il s'est battu. Mais il a perdu, échoué... et il est mort.
Et c'est bien.

La Paix s'offre enfin à lui - une Paix si longtemps espérée, si longtemps refusée, si souvent fuie, et continuellement déplorée. Une Paix absolue, une Paix définitive, une Paix issue de la certitude de la chute et de l'échec... mais une Paix réelle, malgré tout.
Une Paix - la sienne, qui clôt ses douleurs, ses souffrances, ses craintes, ses folies, ses démences.

Une Paix qui lui permet, enfin, de souffler.
Et c'est bien.
Mais cela ne dure pas.

La première inspiration est terrible... brutale. La douleur qui l'accompagne est absolue.
Ses lèvres et ses sinus offrent une souffrance terrible, comme s'ils s'ouvraient pour la première fois. Sa gorge brûle, comme si des flammes infinies s'y déversaient. Ses bronches craquent, comme si elles s'activaient enfin. Ses poumons tremblent sous sa peau, comme s'ils découvraient comment fonctionner.

Il a mal, oui. Indéniablement, irrémédiablement, monstrueusement mal.
Comme un nouveau-né - comme un enfant, qui vient au monde et hurle ; lui aussi hurle, d'ailleurs. Du moins, il essaye, car bien peu de son s'échappe de sa bouche rongée par la souffrance et la stupeur.
Il a mal. Il ne comprend pas. Il est perdu.

Où est-il ? Qui est-il ? Que se passe-t-il ?
Il est perdu ; il ne comprend plus. Ses yeux se révulsent, d'abord, avant de reprendre le contrôle, et ses paupières battent comme des possédées ; il ne comprend plus.
Où est-il ? Qui est-il ? Que se p...


"D..."

Elle.
Elle, il la reconnaît. Elle, il sait qui elle est. Elle, il sait qu'il... tient à elle. Non. Plus. Plus encore. Plus fort. Bien plus fort, encore.


"Diana ?"

Il ne sait pas ce que veut dire ce mot - pas encore ; mais il sent que c'est celui qu'il faut dire. Comme il sent qu'il doit se relever, se redresser... essayer, au moins.
Il n'y arrive pas vraiment, mais réussi à se rasseoir - et à poser son attention, tremblante et troublée, sur elle. Si belle. Si merveilleuse. Si... triste ?


"Diana, je... je... je... je... je..."

La syllabe se répète, en boucle, comme s'il était affecté par un virus, qui le fait répéter à l'infini ; ce n'est pas entièrement faux.

"... je... je... je... je... je... je... n... je... NON !"

Il halète, sa respiration rendue difficile par le bug ; mais il s'arrête. Il arrive à s'arrêter.

"Diana, qu'est-ce que..."

Il s'est repris - parle mieux. Mais s'est arrêté malgré tout.
Car il l'a vu.
Lui.


"Non."

Ça lui revient - tout, lui revient.
Lui, l'autre, elle... mais pas uniquement. Le début, oui. L'enfance, les jeux, la chute dans le jardin, les ailes, l'aide de son père, le cinéma, le film, le Héros, la sortie, l'odeur, la pluie, l'homme, la terreur, la cohue, les balles, les perles, le chaud puis le froid, la douleur, le cri... le hurlement ; le serment. Puis l'entraînement, les années, la lutte, la préparation... le lancement ; la création. Puis les combats, les victoires, les échecs, les pertes, les alliés, les proches, les amis, les héritiers... la famille ; l'indispensable.
Puis... tout. Tout lui revient. Le bon, le moins bon, le terrible - et les proches, surtout. La Famille. La Justice League.
Et elle.
Elle, qui vient de...


"Oh, Diana..."

Il a compris ; tout lui est revenu, et surtout son esprit, qui a additionné les éléments, les mythes, les pouvoirs et l'étrange présence de zombies, qu'un Dieu de la Guerre ne peut contrôler. Tout comme il ne peut ramener personne à la vie - et Bruce est mort, il le sait ; la Paix qui lui a été arrachée et qui lui manque est trop claire pour espérer le contraire.
Il a compris, et en a confirmation avec l'immense sourire d'Arès qui jouit de la scène ; il a compris, hélas.


"... qu'as-tu fait ?"

Ses yeux se figent sur ceux de Diana - et il a déjà sa réponse.
Elle s'est sacrifiée ; elle s'est sacrifiée, pour lui. Pour le ramener, elle s'est offerte à Arès, qui voulait un moyen de la faire céder et s'en est pris au plus faible de ses alliés... Bruce pensait n'être là que pour la faire souffrir, mais non ; il fut là pour la faire tomber.
Bruce, faible, lui offre un regard plein de tristesse et de désespoir, alors que son coeur se vide en comprenant, en croyant comprendre ; il l'a fait tomber. Il l'a fait se trahir. Il l'a fait tout sacrifier... pour lui, faible et stupide Humain.

Il ne se le pardonnera jamais. Il ne se pardonnera jamais de n'avoir pas été à la hauteur. Il ne se pardonnera jamais d'avoir enlevé sa Lumière au monde. Il ne se pardonnera jamais d'avoir fait perdre sa Diana.
Et, là, sur ce toit endommagé, dans le sang séché et les ruines de sa plus terrible défaite... il le sait, oui ; il ne se le pardonnera jamais.
Et ne s'en remettra pas non plus.
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MessagePosté le: Dim 17 Déc 2017 - 23:11
Chapter 1we laugh and it pits the world against us


Diana était terriblement consciente de la présence d’Arès non loin d’eux ; elle sentait son regard sur elle et sa présence s’alourdissait, se refermait autour d’elle comme un étau de fer. C’était ce qu’il était, au fond, ce dans quoi elle s’était jetée. Elle avait elle-même installé le mécanisme autour d’elle, et maintenant que la porte de la prison se refermait, elle n’avait plus aucune échappatoire. Mais elle ne pouvait pas regretter, pas entièrement, pas alors que Bruce était là, dans ses bras, à s’éveiller peu à peu. La honte et le poids de ce qu’elle avait fait lui brûlaient toujours les poumons, mais elle voyait ceux de Bruce se ranimer dans le soulèvement de son torse, et elle l’entendait respirer, aspirer et inspirer avec frénésie, comme le ferait un homme sauvé de justesse de la noyade. Elle ne pouvait pas pleurer, pas quand il lui semblait que le monde reprenait son cours normal, que la Terre retombait sur son axe habituel et que le soleil se lèverait bien le lendemain.

Pantelante, elle glissa un bras sous ses épaules pour le redresser un peu et l’aider à reprendre le dessus sur ce qui lui arrivait. Quand il croassa de douleur, elle le resserra un peu contre elle et chassa rapidement les larmes qui lui emplissaient les yeux.

« Je suis là, » souffla-t-elle. « Je suis là, Bruce. »

Elle essuya ses joues avec le revers de sa main puis reprit celle de Bruce entre ses doigts. Elle ne voulait pas pleurer. Elle n’avait plus le droit de pleurer, pas après ce qu’elle avait fait et ce que son choix provoquerait. Mais sa gorge restait nouée malgré sa détermination, et pour la première fois de sa longue existence, elle n’avait plus de combat à mener. Plus de combat qui était le sien. Ce qu’elle tenait entre ses mains fébriles et tremblantes, c’était sa dernière victoire. Elle était tombée au combat, mais lui se relèverait, c’était tout ce qui comptait.

Il ouvrit les yeux et ses iris trouvèrent rapidement celles de Diana. Elle lut de la confusion dans son regard, de la douleur aussi. Mais, plus présent que le reste, elle y vit ce léger éclat qu’il avait toujours quand il la regardait, quand il lui parlait. Elle ne put s’empêcher un petit sourire quand il parvint à prononcer son prénom. Elle hocha la tête.

« Oui, » dit-elle simplement. « C’est moi. »

Il buta sur ses prochains mots, les idées se bousculant dans son regard, mais ses lèvres incapables de donner vie à la moindre phrase cohérente. Diana releva la tête vers Arès, dans une position de défi tout en se penchant légèrement au-dessus de Bruce, protectrice. Elle détestait qu’il soit témoin de tout cela, elle détestait qu’il en soit la cause. Il la toisait de haut, son visage oublié dans les ombres de son casque, son armure luisante du peu de luminosité projetée par le ciel nocturne de Gotham, et il se réjouissait du spectacle. Elle sentit son regard se poser sur elle, ses yeux chercher dans les siens, et elle ne se défila pas. Elle s’imagina, très clairement, s’emparer de son épée et se lever, profiter de sa vitesse pour prendre le Dieu par surprise. Elle voyait très nettement la pointe de son épée se glisser entre les plaques divines qui formaient cette armure indestructible. Elle l’entendait gémir aussi clairement qu’elle entendait Bruce respirer par saccade à côté d’elle et elle le voyait mourir aussi sûrement qu’elle le voyait la regarder.

Ses doigts se crispèrent dans le vide par réflexe, comme pour chercher la garde de son épée. La présence d’Arès se fit plus imposante, presque brûlante autour d’elle. Elle ne pouvait rien faire. Tout d’abord parce que son épée était tombée de la tour et ensuite parce qu’au moindre geste, elle perdrait. Elle perdrait tellement. Bien trop. Bien plus que ce qu’elle pouvait supporter.

Alors elle baissa les yeux, elle détourna le regard. Elle abandonna et rendit les armes. Ses yeux se posèrent sur Bruce, qui semblait avoir reprit ses esprits. Il ne s’était pas passé plus d’une dizaine de secondes depuis qu’il s’était redressé, mais son regard était vif et intelligent – il était lui - et surtout, son regard était posé sur Arès.

Diana encaissa la question. Elle s’était attendue à la douleur, à la honte, et elle y était préparée. Ce qu’elle n’avait pas prévu, par contre, c’était le sentiment d’urgence, violent et subit, qui s’empara d’elle. Maintenant que Bruce était réveillé et remit, il lui fallait partir avant qu’Arès ne décide de reprendre son cadeau. Ils étaient ennemis désormais. Elle s’était battue à ses côtés tant de fois, elle avait défendu sa vie, ses idéaux, tout comme il l’avait fait avec elle. Mais, plus que ça, encore, elle avait été là entre les batailles. Pour les plaies, les blessures, les regrets, les chagrins, et, plus que tout, les silences, les conversations sans mots et les secrets jamais murmurés.

« Ca va aller, » dit-elle doucement, plus par réflexe que par conviction. « Tu es sauvé, tu ne risques plus rien. »

Arès ne dit rien, mais elle sentit la pression, elle sentit la menace sous-jacente. Diana baissa les yeux vers la main de Bruce qu’elle tenait toujours avant de chercher son regard de nouveau.

« Bruce, je … » Elle hésita un instant avant de lever la main de Bruce pour la serrer contre son cœur. « Je...» Elle le dévisagea un bref instant, incapable de trouver les mots afin de lui dire, simplement, qu'elle n'avait pas eu le choix. Elle n'aurait jamais pu vivre dans un monde où il n'était pas là. Et elle était désolée, oh, si désolée du poids qu'elle lui mettait sur les épaules, désolée de sa trahison, de lui en rajouter tellement à porter, mais elle n'aurait pas pu. Elle n'aurait pa pu ne plus l'avoir. Mais elle ne trouvait aucune parole, aucun mot qui saurait transmettre la profondeur de ce qu'elle ressentait. Elle ferma les yeux un bref instant. « … ça ira, » finit-elle par souffler. Ils n'avaient jamais été grands utilisateurs de mots, pas entre eux.

« Diana, » gronda la voix d’Arès.

Diana jeta un regard par-dessus son épaule, et lâcha la main de Bruce, comme si on contact était soudainement devenu brûlant pour elle, insupportable. Mais c’était le contraire. Ce serait toujours le contraire, maintenant. Ce serait elle qui brûlerait, qui détruirait.

« Tu me connais, » souffla-t-elle, son regard toujours rivé dans celui de Bruce. « Tu connais mes points faibles, tu connais ma façon de me battre. Tu sais qui je suis, mieux que quiconque sur cette planète. »

« Diana, » répéta Arès, et Diana s’écarta finalement en détournant la tête.

Avant de se relever, elle reprit la parole une dernière fois, sans regarder Bruce cette fois-ci.

« N’abandonne pas, » murmura-t-elle. « Arrête-moi. Arrête-moi. »

Puis elle se leva. S’écarta. Et chaque pas qu’elle prit afin de s’éloigner de Bruce et de se rapprocher d’Arès la plongeait dans un froid un peu plus glacial. Elle ne mettait pas juste de la distance entre eux, elle mettait tout un monde, tout un idéal. Elle continuait à croire, cependant – elle continuerait toujours de croire en lui – qu’il se tiendrait du bon côté de la ligne. Elle avait pleinement confiance en lui. S’il existait quelqu’un capable de la mettre hors de nuire, c’était bien lui. Arès avait fait une grossière erreur en le sous-estimant. Elle ne ferait pas la même.

Bon sang, elle aurait tellement aimé être là pour le lui prouver, pour lui montrer tout ce qu’il avait à offrir et tout le bien dont il était capable. Mais toute l’ironie du sort était bel et bien là : elle ne pouvait plus le guider.

Arès tendit la main. Diana détacha la tiare, qui depuis tant d’années ornait son front, et la laissa tomber à ses pieds. Le métal cliqueta contre le béton, cristallin et léger, et avec lui s’écrasa au sol ce qu’elle avait été, ce qu’elle avait représenté et tout ce qu’elle avait férocement défendu.

Wonder Woman n’était plus.
Mais elle ne se retourna pas. Elle avait fait son choix.

Elle s’empara de la main d’Arès, et ils disparurent.

L’air au sommet de la Tour se fit plus respirable, plus léger. La façade aux nombreuses vitres de verre reflétait les couleurs de la ville et les néons publicitaires qui ornaient chaque bâtiment du centre d’affaires de Gotham. A quelques mètres de Bruce, toujours au sol, la tiare de Diana semblait presque liquide, mue par l’arc-en-ciel de couleurs qui y dansait. Tanguant encore sous la force de l’impact, souvenir de la soudaine emprise que la gravité avait eu sur elle quand sa propriétaire l’avait lâchée, elle bascula finalement sur l’envers, la pointe crissant contre la surface irrégulière du sol.

L’unique étoile rouge qui ornait le centre de la tiare sembla se tourner vers Bruce, comme un œil sans paupières. Et les lumières dansaient, dansaient.


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MessagePosté le: Lun 18 Déc 2017 - 8:40
Il n’a rien dit. Il n’a pas bougé.
Il ne le pouvait.

Assis, sur le sol froid et humide du toit de la Tour Wayne, recouvert de sang séché, des croutes brisées par la guérison, la résurrection divine, il l’a fixée… tout du long.
Le visage fermé, les yeux bas, les épaules faibles ; il l’a fixée, oui, et il est persuadé qu’elle prendra cela… comme un jugement, comme une critique, comme une trahison. Il n’en est rien, ou pas vraiment.

Il juge, oui. Il critique, oui. Il se considère trahi, oui.
Par lui-même.
Car il a échoué.

Il n’a pas pu la protéger. Il n’a pas pu la sauver. Il n’a pas pu être à la hauteur. Il n’a pas pu se battre, réussir, l’emporter, ou même résister ; il a échoué.
Et elle a dû se sacrifier.

Oh, il a entendu, oui – il a entendu les mots, il a vu les signes, il a compris. Il n’est pas bête, même s’il refuse de se considérer désormais comme doté d’un esprit génial… si tel avait été le cas, il aurait anticipé tout cela ; empêché, tout cela.
Mais non. Mais. Non.
Il s’est fait avoir. Il s’est fait piéger. Il s’est fait tomber, détruire… et elle en a payé le prix.

Elle a disparu, maintenant.
Elle s’est relevée, détournée ; a laissé quelques mots, dans une complainte terrible, lui demandant de l’arrêter… lui. Comme s’il en était capable. Comme s’il était capable de la stopper, de les stopper.

Ce sont des dieux – ils l’ont toujours été, et elle l’est, malheureusement, encore plus ; par sa faute.
Lui.
L’Humain. Le Mortel. Le faible.

Elle a laissé tomber sa tiare, elle a disparu ; elle s’en est allée, dans tous les sens du terme.
Elle a abandonné… non. Elle a dû abandonner le monde. Par sa faute.

Bruce demeure assis, seul, sur ce toit humide et sale, recouvert de croutes et de sang séché.
Il vit. Mais il ne le mérite pas.

Elle… Diana est partie.
A cause de lui. A cause de son échec.
Il frissonne, alors, et grimace ; il a froid. Il se rend compte, alors, que le monde… que l’Univers, même, est soudain bien plus sombre – depuis que la Lumière en est partie, depuis qu’il est responsable de son départ, tout devient soudain bien plus terrible.
Et désespéré.

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