Les vestiges du Kahndaq [ft The Bat]

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MessagePosté le: Dim 17 Déc - 1:48
Les vestiges du Kahndaq
Ft. The Bat


Il y a de ces paysages aux allures enchanteresses ou dérangeantes qui vous marquent l'esprit. Une vision qui se fige à vos yeux et vous transforme à jamais. Le spectacle incroyable du Kahndaq en ruine était de ceux-là. Vous auriez vu ce pays auparavant… un ilot de beauté aux parfums d'Orient. De vastes étendues de sables sillonnant entre les cités arabisantes aux tentures colorées. Un havre de paix et de culture. L'héritage du champion de Shazam.

Malgré ses nombreux défauts, Adam avait le mérite d'être protecteur envers son pays. Il le chérissait et le protégeait au péril de sa vie. Durant des siècles, il en avait été le gardien et tout ça avait été ruiné par la faute d'un vieux fou lui ayant pris ses pouvoirs. Il avait bien tenté de fixer les choses quand il fut réincarné, mais les nouveaux-héros de ce monde n'avaient plus les valeurs d'antan. Ils se pensaient supérieurs alors qu'ils n'étaient que des insectes. Ils ne respectaient plus la tradition et le sacrifice.
Vous auriez vu cette ville auparavant… Magnifique. Et aujourd'hui ? Plus rien. Un vaste cimetière fumant aux allures apocalyptiques. Une pluie de cendre retombant lourdement dans un bal ininterrompu depuis un mois déjà. Des ruines à perte de vue mêlant le sang au mortier et à l'adobe. La souffrance partout. La misère. Un calme mortuaire.

Flottant au-dessus de la ville détruite, Black Adam restait immobile et silencieux. Il était suffisamment haut dans le ciel pour n'être vu d'aucun des survivants de la catastrophe. Suffisamment haut pour ne plus entendre les pleurs et la détresse. Il ruminait sa colère et sa souffrance. À la vitesse du vent, il rejoignit les ruines du palais dont la tenue n'était plus digne des millénaires qu'elle avait supporté.

Dans la salle du trône, tout semblait brisé ou presque. Le souffle de l'explosion avait ravagé les ouvrages du monde antique. Sévère et aigre plus qu'à son habitude, Adam s'installa dans son siège et observa la salle déserte en cherchant quelque chose du regard. Un journal traînait aux pieds du trône, déposé là par un des serviteurs du souverain probablement. Le roi le prit et le feuilleta.


À la lecture du document, Adam exprima sa rage en écrasant d'une main la coupure de presse et la projeta d'une force incroyable à l'autre bout de la pièce. Il lâcha un râle viril de colère intense.

Comment osent-ils s'en prendre à moi ? Ces chiens impies !

Prit d'un autre excès de colère fugace, le souverain survola le sol d'un puissant bond, agrippant au passage un porte-cierge encore debout et le lançant avec fracas dans un coin de la pièce. Il atterrit une dizaine de mètre plus loin calmement sur ses pieds.

Ils me défient … moi ? Et m'accusent de ce massacre quand leurs bourreaux ont réalisé cet office ?

Il se mit alors à faire les cent pas dans le hall, rejoignant un balcon décrépis, à la rambarde tombée, qui donnait sur la place royale. Droit et fier, il se dressa dehors pour regarder sa cité. Pas un hiver n'avait été aussi froid depuis longtemps. La lumière du soleil peinait à se frayer un chemin au travers de la poussière.

Ils ne méritent pas ma clémence. Ils ne méritent pas ma pitié. Ils apprendront de leur insupportable erreur.

Black Adam rentra alors à nouveau dans la salle du trône, se préparant à méditer sur sa vengeance, l'expression immuable de la colère du demi-dieu.

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MessagePosté le: Dim 17 Déc - 16:32
Le Kahndaq fut, longtemps, un pays oublié de tous.
Perdu dans une zone du monde que trop peu connaissent, rongé par la violence, la souffrance et des combats constants, le petit espace de terre a souvent été attaqué, annexé, conquis, repris, oublié ou utilisé comme monnaie d'échange ; son Histoire est terrible, difficile, faite d'échecs, de douleurs et d'espoirs déçus.
Comme bien trop d'autres zones similaires dans le monde, hélas.

Le Kahndaq, cependant, est différent.
À cause d'un homme.
D'un homme qui changea le destin du Kahndaq - et qui entend le refaire, après avoir dû s'arrêter trop longtemps à son goût.

Teth-Adam fut, initialement, le souverain de ce pays, il y a des dizaines, des centaines d'années, des milliers même ; mais cela ne dura pas. Il fut perdu, enfermé, rongé par lui-même et stoppé dans une quête de destruction - mais il en est sorti, néanmoins.
Teth-Adam a été relâché sur la Terre... et Black Adam, son identité magique obtenue du fait du Sorcier Shazam, domine, désormais.
Et cela se passe mal.

Plus de quatre mois plus tôt, le Kahndaq a vu ses dominateurs, ses colons être violemment repoussés au-delà des frontières par Black Adam lui-même ; qui a, depuis, décidé de fermer entièrement son pays à quiconque, autant aux sorties qu'aux entrées.
Du fait de nombreuses rumeurs insistantes et dangereuses, certains ont commencé à craindre le pire pour le Kahndaq... et la Task Force X, l'équipe de supers-espions et de supers-commandos du gouvernement américain, fut envoyée pour enquêter ; ce fut un échec.
Les membres de ce qu'on appelle le Suicide Squad ont été pris, et ont failli être exécutés... avant que leur nouveau meneur, Captain Atom, ne vienne à leur secours ; ce fut un échec, aussi, et bien pire encore - car le Héros nucléaire a été percé, et a littéralement provoqué une catastrophe atomique dans le pays.

Les morts sont trop nombreux pour être comptés, la situation est terrible.
Et Black Adam conserve ses frontières fermées.

Les craintes mondiales s'en trouvent augmentées, intensifiées ; des réunions sont organisées pour tenter de trouver une solution, mais les difficultés diplomatiques sont trop grandes... cela va prendre du temps.
Or, le temps est compté - et certains, donc, ont décidé de déjà passer à l'action.

Ainsi, alors que Black Adam retourne dans la Salle du Trône, ivre d'une vengeance qu'il entend abattre sur quiconque osera s'en prendre à lui... ce qui reste des forces de sécurité du Kahndaq se mettent en branle, en action ; quelque chose a été détecté. Quelque chose a été relevé.
Quelque chose vient d'entrer dans l'espace aérien du Kahndaq...

... quelque chose qui préfère rester en retrait, sans trop s'avancer dans le pays - mais qui, au fond, demeure en violation des règles internationales.

Les agents de sécurité et officiels se lancent, se précipitent donc vers la zone où l'étrange appareil va et vient pour tenter de comprendre la raison de sa présence, autant pour stopper ce phénomène que pour servir leur monarque si colérique.
Cependant, si ce dernier est rapidement informé de l'événement, il n'ira certainement pas rejoindre ses hommes dans la zone convenue - car quelque chose vient le bloquer dans la Salle du Trône.


"Bonsoir."

Une voix lourde et puissante se fait entendre, et résonne dans la pièce vide et endommagée.

"Il ne sera fait aucun mal aux forces de sécurité locales - mais je considère que nous devions être seuls."

Des bottes claquent sur le ciment, alors qu'une silhouette s'avance entre les ombres.

"Je n'ai aucune volonté agressive, ici..."

Un homme s'arrête, dès que sa forme devient visible...
... et que Black Adam peut reconnaître le Batman, dans un costume amélioré et densifié, avec d'étranges lunettes sur le masque.

"... je ne viens que pour parler. Du Passé, du Présent et d'un Futur complexe."

Il dit vrai - il ne vient que parler.
Pour l'instant.

Bruce a énormément de soucis, en ce moment, autant ceux concernant le destin de son fils, désormais héritier de Ra's al Ghul, la conduite de la Justice League, la disparition de Superman, la conduite de Conner, la menace d'Arès... et sa propre faiblesse, qui lui a explosé en plein visage quand Diana a dû se sacrifier pour lui ; il a plein de soucis, oui.
Et s'il ne tient pas à en rajouter - il ne peut passer à côté de la menace incarnée par Teth-Adam ; il doit faire quelque chose, agir, s'impliquer et chercher une solution.
Quoi, il l'ignore encore... mais il doit savoir. Il doit venir. Il doit parler. Il doit découvrir s'il va lui falloir s'occuper d'un autre dieu fou...
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MessagePosté le: Dim 17 Déc - 18:32
Les vestiges du Kahndaq
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Alors qu'il pénétrait à nouveau dans son palais, des cendres grisâtres éparpillées sur ses larges épaules, Adam ruminait dans son esprit toute la colère et la souffrance qui le dominait. Il imaginait déjà les sévices qu'il abattrait sur les hommes, les Américains en particulier. Il marchait d'un pas calme et fluide, trop concentré dans ses projets pour aller vite. Il regagna la salle du trône et alors qu'il se dirigeait vers celui-ci, les sirènes se déclenchèrent. Toute la ville sonnait gravement au rythme des « deux-tons », dont le réglage incertain entre eux faisait des sortes de canons sonores. Adam s'éveilla alors, en sursaut, happé par la réalité et la nécessaire réactivité qu'on lui connaît. Il était prêt à en découdre. Rapidement, un messager accouru dans l'antichambre pour le prévenir :

Seigneur … un appareil volant non-identifié arpente le secteur aérien 4, non loin des frontières ouest du pays. Nous avons déjà envoyé une équipe en reconnaissance…

Avant même qu'il ait eu le temps d'achever son propos, Adam avait levé le bras vers lui, la main légèrement ouverte et les doigts écartés, impérial et silencieux. De son geste, il avait tu le messager. Automatiquement, le militaire s‘immobilisa, la tête penchée vers le sol, marque d'un profond respect pour son souverain. Il effectua quelques pas en arrière, afin de ne point tourner le dos à son roi, puis une fois éloigné de quelques mètres, il se retourna et quitta la grande salle sombre à bon train.

Une fois seul, le champion se mit à cogiter : qui osait ainsi braver les frontières définitivement fermées de ce pays déjà ruiné ? Est-ce là une attaque ? Des représailles ? Le suspense ne fut plus long lorsqu'une voix caverneuse s'éleva distinctement, résonnant dans la coupole centrale de la pièce. Adam se focalisa sur la voix dont il identifia la provenance grâce à ces dons. Il se tourna dans la direction de la voix. Cette voix puissante qui invoqua alors la nécessité de cette entrevue, seul à seul. On entendit ensuite les pas sonores d'épaisses bottes militaires à intervalles réguliers et ainsi Batman fit son entrée, savamment théâtralisé comme il savait le faire, sortant progressivement des ombres. Le fils nocturne de Gotham s'arrêta sitôt qu'il fut visible du souverain, ne s'approchant pas trop, probablement par crainte de ces actions.

Au moment même où le Batman fut visible du champion, celui-ci vola rapidement pour se placer à un mètre à peine de la cible. Un mouvement si rapide, si intense. Il s'arrêta tout proche du chevalier noir et lui tint quelques mots à voix forte et à quelques centimètres du visage.

Parler ? Tu braves les frontières closes de mon pays pour me parler ? Et tu prétends n'avoir aucune agressivité ?

Adam, dominant et colérique, se calma légèrement et s'éloigna du gothamite pour rejoindre son trône brisé sur lequel il s'installa. Il ne craignait en rien la chauve-souris, ce n'était qu'un homme. Un homme parmi des milliards. Peut-être plus retord que la moyenne, mais ce n'était qu'un homme.

Je reconnais là ton excellence pour la mise en scène... ton courage et ton sacrifice. Tu me dis que mes hommes n'ont rien à craindre ? Je ne puis affirmer la même chose pour cet appareil qui sillonne mon ciel. Ni même pour toi.

De cette façon, une conversation commençait à prendre forme entre les deux hommes et Adam semblait puiser dans ses ressources pour ne pas succomber à la violence gratuite.

Il est trop tard pour parler Batman ! Ton pays aurait dû songer à parler avant de m'envoyer ses assassins pour réduire le Kahndaq en cendres, meurtrier impunis qu'il est. Vois ce que ce pays est devenu par votre faute !

En prononçant la fin de cette phrase, Adam s'était levé de son siège et avait parlé bien plus fortement. L'émotion de la colère était distinctement perceptible. Le souverain se rassit sur son trône doucement et enchaîna :

Tu me dis vouloir parler ? Que me diras-tu des infamies de cette presse chiffon que ta ville produit ?

Il accompagna cette phrase d'un signe de tête et d'un mouvement lent de la main en direction d'un coin de la pièce où se trouvait une boule de papier chiffonnée, le journal « Gotham Globe ». Le document se trouvait à une distance relativement proche du justicier qui pouvait le rejoindre en quelques pas s'il le désirait.

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MessagePosté le: Dim 17 Déc - 20:50
Le Batman n'a pas beaucoup rencontré Black Adam... il se rappelle, maintenant, pourquoi.
Il n'est pas à l'aise.

Alors qu'il a, volontairement, décidé de s'arrêter à plusieurs mètres du métahumain magique, il découvre que ce dernier, dès qu'il le découvre, se propulse dans les airs et s'approcher, pour réduire quasiment au minimum la distance entre eux ; désagréable.
Bruce ne montre rien, cependant. Il a déjà rencontré de nombreux métahumains, et son meilleur ami peut soulever un continent entier - nulle expression, nul doute, nulle crainte ne glisse sur son visage ; mais il n'est pas à l'aise, non.

Black Adam est imprévisible, il le sait ; issu d'un Temps ancien, aux normes et coutumes et usages différents.
Mais, surtout, l'autre est... incapable de se contrôler, définitivement. Détenteur d'un Pouvoir extraordinaire, Teth-Adam veut réellement bien faire, pour son pays et si possible le monde ; mais "bien" est une notion trop variable, trop subjective, et définitivement trop divergente pour qu'ils trouvent, aisément, un terrain d'entente.

Les deux interlocuteurs devraient donc de faire de gros efforts pour s'entendre, vu leurs histoires, leurs statuts, leurs visions du monde si différents.
Hélas, Black Adam n'est absolument pas en état de réaliser ces efforts, et cela va rendre cette entrevue encore plus difficile...


"Si j'avais sollicité un entretien, tu l'aurais refusé. Réaliser ce montage était la seule possibilité de pouvoir échanger quelques mots avec toi - vois ici non pas une agression, une invasion, mais un souhait absolu de discuter avec Black Adam. Cela peut être flatteur."

Bruce demeure calme, immobile.
Les bras le long du corps, il garde ses yeux, cachés sous ses petites lunettes, fixées sur l'autre ; prêt, au cas où. Même si ses capacités ne semblent pas énorme face au métahumain...


"J'ai cependant conscience que tu ne goûtes guère la discussion, en ce moment, et que ma présence t'importune... je vais donc être direct."

Teth-Adam retourne sur son trône, et le Chevalier Noir ne peut s'empêcher de soupirer, discrètement ; c'est déjà ça.

"Tu peux détruire mon engin, tu peux me détruire... il n'empêche que je dirais, oui, ce que j'ai à te dire. Ce que moi je veux dire, et non pas des médias qui, et tu le sais bien, ne disent jamais que la vérité que leurs lecteurs veulent entendre."

Il ne regarde même pas les journaux - il connaît déjà leur contenu.
Il le condamne, le déplore ; mais sait, très bien, que cela est malheureusement inévitable, à cette étape du monde et de sa civilisation.


"Ce dont je voulais parler, ce que je veux dire, c'est que..."

Le Batman s'avance, ouvre les bras - et reparle, soudain, d'une voix d'une soudaine douceur, d'une surprenante tendresse.

"... je te présente mes sincères condoléances pour ce désastre, Teth-Adam."

Il reste figé, quelques instants, pour souligner le poids et la sincérité de ses mots.

"Je ne suis pas mon pays, je ne suis pas mon Gouvernement. Malgré mes sources, j'ignore réellement ce qu'il s'est passé - et, surtout, pourquoi Captain Atom, un Héros très attaché à l'Amérique mais qui n'a jamais été stupide, a agi ainsi.
Je le regrette, Teth-Adam. Je le déplore. Je comprends la colère, la douleur, la fureur, la rage ; je comprends, oui, et je te réitère mes condoléances sincères."


Grâce à Red Robin, présent lors de cette débâcle, Bruce connaît la chronologie des événements ; mais il sait, très bien, qu'il y a bien plus, ici, que ce que l'on croit savoir. Nathaniel Adam, Captain Atom, n'aurait jamais agi ainsi - il y a plus, oui. Il y a pire, et il doit le découvrir.

"Et... je souhaite savoir, si tu me permettrais d'enquêter - pour connaître les raisons, réelles, de ce drame. Pas pour dédouaner les responsables qui ont provoqué cela... mais pour les découvrir, et les faire juger.
Ce drame... mérite la Vérité. Les victimes méritent la Vérité. Pas seulement la vengeance - mais la Vérité, définitivement."


La Vérité... il se bat, lui, depuis toujours, pour la Justice ; Diana, elle, a toujours choyé la Vérité ; et Clark fusionne ces valeurs.
Mais Clark a disparu - et Diana vient de lui être arraché. Ne reste que lui, alors.
Lui, et un monde à l'agonie, au bord du précipice... et Black Adam pourrait être celui qui le pousse dans le vide ; il doit agir, donc. Il doit tenter, tout, pour réussir... et sauver ce qui peut l'être.
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MessagePosté le: Lun 18 Déc - 0:48
Les vestiges du Kahndaq
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Une grande pression était palpable dans cet échange verbal. Le chevalier noir ne laissait transpirer aucune émotion, même face aux assauts oraux du champion de l'ancien temps. Ce dernier se montrait particulièrement agressif, excédé et meurtris. Malgré cette impassibilité du fils de Gotham, Adam sentait qu'il dominait cette situation. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ces pouvoirs divins écraseraient ce moucheron nocturne en quelques instants. Il se sentait supérieur en tout point. Et s'il maintenait le ton relativement calme, hormis ses excès de colère successifs, il espérait secrètement que le Batman ferait un mauvais pas. Qu'il le provoquerait, pour avoir une excuse honorable de le réduire en poussière et de le disséminer aux quatre vents.

Pourtant, la chauve-souris gardait pied ; elle répondait sèchement aux injonctions du souverain sans se confondre en larve décadente. C'était là l'aperçu du courage d'un héros, à moins que ce ne soit de la folie ? Batman savait qu'il n'aurait pas pu rencontrer Black Adam s'il l'avait demandé alors il était venu. Et si la venue du justicier ne plaisait pas à Adam, il lui reconnaissait d'avoir justement déterminé ce trait comportemental. Il le laissa parler sans le couper. Évidemment il aurait refoulé tout message pour une rencontre après l'incident nucléaire. À quoi bon parler ?

Adam se sentait si fort, prêt à frapper à n'importe quel moment, fier et arrogeant. Il dominait c'était sûr ! Jusqu'à ce que … des excuses.

Soudainement tout l'esprit d'Adam s'effondra sur lui-même. De toute sa sagesse, n'avait-il pas pu percevoir l'intention louable du héros à venir s'excuser du comportement inqualifiable de ces frères ? Comment est-ce possible ? Batman se tenait là à s'excuser de l'horreur de ces actes et pour la souffrance causée. Et Adam était tenté d'y croire. Cela ne pouvait pas être une entourloupe. Il était sincère. L'était-il ? Il ne savait plus. Marmonnant d'un son quai-imperceptible, Adam était égaré.

Je … euh …

Tout se brouillait dans son cerveau et les secondes semblaient des heures. Des visages par milliers se déplaçaient devant ses yeux. Des gens morts pour la plupart. Il ne se rendait plus compte de la réalité. Mais il faudrait qu'il se décide. Il le faudrait… il faut … se reprendre ! Adam se réveilla de son trouble et lâcha sèchement au chevalier noir en tordant sa voix d'émotion :

Tes beaux sentiments ne ramèneront pas mon peuple à la vie…

C'était là toute l'aigreur d'un peuple détruit en une seule phrase. Rien qu'à son faciès, on aurait pu deviner qu'il était d'humeur meurtrière. Il n'aurait pas fait bon de le provoquer en cet instant. Mais sitôt, sa voix se changea à nouveau et revint à la normale.

Tu dis ne pas être ton gouvernement, mais ne sont-ce pas les citoyens qui élisent leurs représentants dans vos démocraties si parfaites ? Pour moi vous êtes tous pareil ! ARH…

Il lâcha cette interjection de fatigue et de dégout, comme pour couper d'avance ce sujet de la conversation. Il ne souhaitait pas s'aventurer sur ce terrain, sachant d'expérience que le débat éternel entre démocrate et royaliste ne peut avoir de fin. Il rétorquait directement à son interlocuteur :

Crois-tu vraiment que je te laisserai arpenter mon territoire après ce massacre ? Faire ta petite enquête ? Non. La justice ne peut exister que dans les mains d'un dieu. Une justice implacable, définitive. Dans mes mains Batman… Je vais trouver ces meurtriers et ils paieront. Oui ils paieront tous, eux et leurs proches. Ils mourront. Et qu'importe la vérité que tu sembles chérir…

Pendant qu’il parlait, il se leva de son trône et fit quelques pas lourds sur les dalles ouvragées du hall royal. Il se dirigea vers un mur dans la direction opposée du justicier où se trouvait une tenture sur tout un pan de la salle ; un immense ouvrage de l’antiquité dont les coutures illustrait une scène de bataille du passé.


Adam reprit sa respiration et baissa de volume sonore pour prendre une voix très calme qu'on ne lui connaissait pas.

Dans une guerre, la vérité n'existe pas. Les vainqueurs décideront de ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas.

Il était traversé d'une image. Il était pensif, comme s'il parlait d'autre chose. Il avait les yeux brillants et bien ouverts et un sourire nerveux, mais satisfait s'afficha au coin de ses lèvres. Il releva la tête vers le plafond et écarta les bras en croix.

C'est moi qui écrirai la vérité !

Teth se retourna vers le chevalier noir et lui adressa ses mots :

Je décline ta demande. Tu ne feras pas d'enquête au Kahndaq. Tu ne souilleras pas la mémoire des fidèles de mon royaume. Je serai ma propre justice.


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MessagePosté le: Lun 18 Déc - 13:48
Le plan a fonctionné – l’effet espéré a eu lieu.
Black Adam ne s’attendait pas à ce que le Batman présente ses excuses et ses condoléances, et a perdu pied pendant quelques instants ; cela ne dura pas, évidemment. Mais cela a eu lieu, et tous les deux le savent.
Et l’un d’entre eux saura s’en rappeler, et l’utiliser.

Bruce demeure silencieux et calme, les bras ouverts, durant toutes les longues secondes qui suivent sa déclaration, puis durant les réactions de Teth-Adam.
Evidemment, ce dernier se reprend rapidement – et repousse, d’abord, le discours du Chevalier Noir, avant de retrouver son propre argumentaire anti-américain, par principe. Il enchaîne avec une réflexion philosophico-politique, puis s’enfonce dans les traits de sa propre démence, de sa vision biaisée de la divinité et du contrôle.

Classique, et prévisible… Bruce n’en espérait pas moins.
Black Adam a montré une faille, et se réfugie en lui-même, sur son propre statut, sur ses propres valeurs, dans sa coquille, pour se rassurer.


« Mon enquête n’avait nullement vocation à me laisser évoluer en ton pays, seul et autonome. Je n’ai imaginé cette proposition que dans le cadre d’une activité, d’une enquête conjointe. »

Le métahumain mystique a évolué, bougé, changé de place durant ses réactions ; le Batman, lui, reprend enfin mouvement, et baisse les bras – avant de, lentement, marcher en arc-de-cercle autour du Trône.
Prudence, toujours.


« Quant au reste… il est évident que cela ne ramènera pas les morts. Il est évident que cela ne consolera pas les veuves, les orphelins, les veufs et les fratries brisées. Il est évident que cela ne permettra pas de ramener à la vie ceux qui ont disparu.
Mais cela permettra d’avancer, Teth-Adam – d’avancer, et d’avancer sur une voie de Paix. »


Il joint les mains derrière lui, avant de poser, lentement, son regard recouvert de lunettes sur son interlocuteur.

« Tu parles de Guerre… tu peux la mener, je le sais, je m’en doute. Par tes Pouvoirs, tu peux t’en prendre au monde, et je ne doute pas que le Kahndaq puisse, encore, autant se défendre qu’attaquer. Mais à quel prix, Teth-Adam ? »

Bruce s’arrête, en face du métahumain.

« Des innocents sont morts – des coupables courent toujours ; cela est inacceptable. Mais ce n’est pas de Guerre, dont les victimes et toi et le pays ont besoin, mais de Police. Ce n’est pas d’un affrontement contre d’autres Nations, ce n’est pas de précipiter ton pays et les tiens dans un combat général qui est utile, désormais.
Soyons honnêtes, réalistes : avec tes capacités, tu sauras mettre à bas tes pays opposés, et avancer tes troupes jusque dans leurs frontières… mais il y aura une contestation, une défense ; des combats. Les Héros s’opposeront. Les Vilains se feront engager.
Le Chaos, alors, arrivera. Le Chaos, suivi de la destruction, des morts par centaines… milliers… millions. Même au Kahndaq. »


Le moment est difficile et sensible, il le sait ; il ne peut se louper.
Il y a trop en jeu.


« Tu dis vrai – la Vérité est écrite par les vainqueurs ; mais, par ton expérience, tu sais qu’elle réapparaît toujours.
Tu te dis dieu… je ne saurais répliquer, il s’agit d’un domaine où je n’ai nulle compétence ; je ne suis que Mortel, Humain. Mais je sais, aussi, ce qui est, et ce qui va arriver si tu te lances dans cette Guerre. »


Bruce soupire, puis lève un bras vers une fenêtre, vers l’extérieur.

« Tes citoyens… ceux que tu aimes… ils périront. Pas tous, pas forcément tous – mais beaucoup. Et beaucoup d’autres, aussi, qui n’auront rien demandé, sauf à vivre avec leurs proches, heureux, et cela leur sera retirés.
Il existe tout type de dieu – comme il existe tout type d’Humain, et surtout de monarque. Je n’ai nulle leçon à te donner, Teth-Adam… je te rappelle juste ce que tu sais déjà.
Si tu mènes cette guerre, le Kahndaq souffrira, ses enfants souffriront, et ton règne continuera sur encore plus de cendres, encore plus d’os. Est-ce ce que tu veux ? Est-ce… l’héritage, que tu souhaites laisser ? »


Il laisse, volontairement, un silence s’installer, pour souligner le poids de ses mots.
Avant de reprendre, d’une voix douce et sincère.


« Laisse-moi t’offrir mes services, Teth-Adam. Laisse-moi trouver ceux qui ont fait ça, pour qu’ils soient punis… et pour éviter que d’autres ne souffrent, alors que rien ne le demande.
Un monarque dirige les siens, Teth-Adam… il les protège, en échange de leur respect. Un dieu aussi, me semble-t-il… »


La dernière réflexion est peut-être de trop – mais il n’a pu la retenir. Il joue une partie terrible, dangereuse ; mais il ne peut, non plus, oublier qui il est, et ce qu’il défend.
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MessagePosté le: Mar 19 Déc - 2:59
Les Vestiges du Kahndaq
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À entendre les mots du chevalier noir, Adam savait qu'il n'était pas pris à la légère. La venue en personne du fils noir de gotham ne signifiait qu'une chose : il avait peur. Peur de l'obscurité en mouvement, peur du chaos que lui et son peuple avait provoqué. Batman avait peur de ce qu'Adam pourrait abattre sur la Terre, comment ne pas lui en donner raison ? Lui qui, de nature, défiait la peur par son abnégation sans faille pour sa ville. Aujourd'hui il avait peur !

Et dans sa peur, le chevalier était démonstratif, entreprenant. Il tentait de trouver les mots les plus équilibrés et justes pour résonner le souverain, en vain. L'émotionnel ne fonctionnerait pas. Il se mit même à faire des allusions sur le statut divin d'Adam, ce qui l'irrita quelque peu, mais il n'en fit aucun cas.

Tu te crois sage Batman… mais je n'entends que la peur. Tu penses savoir ce qu'il convient de faire pour prendre soin du monde, mais ta propre ville est rongée par la folie et la cruauté. Viendrais-tu me prodiguer tes conseils ? Risible.

Adam s'était envolé très lentement vers le haut de la pièce pour dominer la situation. Il avançait, flegmatique, vers les lumières de la coupole royale aux milles cristaux. À l'image du reste du palais le lustre n'était plus que l'ombre de lui-même et les cristaux manquaient par centaines. Adam gardait toujours le justicier à sa vue, lui faisant toujours face malgré sa rotation dans les airs.

La guerre qui se prépare n'aura rien à voir avec ce pays. La vérité, la justice… Hum... quand les hommes deviennent fous, il ne peut y avoir que l'expiation !

En disant cela, Adam sentait qu'il avait laissé s'échapper une information importante. Le plus grand détective au monde saurai-t-il en tirer profit ? Il changea aussitôt de ton et rétorqua ironiquement :

Ta sollicitude à l’égard de mon peuple me touche Batman. Mais sois en sûr, je ne laisserai plus jamais personne s’en prendre à lui.

Il prit une forte respiration et s'immobilisa au-dessus de son trône. Il tapa deux fois dans ses mains libérant une onde sonore résonnante dans la pièce. Aussitôt un serviteur accouru. Ce n'était pas le même que lors de l'alerte. Celui-ci était un domestique, bien vêtu, plus frêle et plus éduqué aussi. Quand il entra, il opéra une série de gestes honorifiques pour son roi et s'inclina bien bas.

Mon roi…

Adam s'approcha de lui en vol stationnaire et lui adressa quelques mots :

Silas, apporte-moi les dossiers.

À peine eut-il prononcé sa volonté que le petit homme s'éclipsa avec toute l'élégance qu'il devait à son seigneur. Il n'eut pas longtemps pour revenir avec une chemise au ventre dodu, pleine semblait-il, scellée par une boucle métallique et une lanière de cuir. Adam remercia son fidèle à voix basse et celui-ci sortit de la pièce.

Tu dis vouloir m'aider chevalier noir ? Vouloir te mettre à mon service et rendre la justice à mon pays ? Et bien soit.

Adam s'avança vers le justicier, survolant la pièce. Une fois à quelques mètres de lui, il libéra les documents qu'il tenait dans ses mains. Dans la chute, la pochette s'ouvrit et les papiers tombèrent dans un silence impeccable tel des feuilles mortes à l'automne venu. Les photographies se déposèrent sur la dalle millénaire au pied du Batman en un petit tas légèrement disparate.


Voici les dossiers de l'escadron suicide : huit meurtriers.

Comment Adam pouvait-il en connaître autant à ce sujet ? Aux tampons visibles et à la forme des documents, on reconnaissait le travail des services secrets Kahndaqis. Ainsi le pays avait eu le temps et l'expertise nécessaire pour dénicher ces informations. Les documents comprenaient des photographies des individus, mais aussi des dossiers plus ou moins complets sur leurs données personnelles. Tous avaient leur dossier :

Grifter - Red Robin - Captain Atom - Orphan - Inertia - Atom - Deadshot - Killer Moth.

Adam avait personnellement vu de ses yeux la plupart d'entre eux ce jour-là. Ils l'avaient défié dans son propre palais. Espéraient-ils vraiment que sa mémoire lui fasse défaut ? C'était un jeu auquel on ne prendrait pas le champion. Il avait une mémoire parfaite et il se souvenait inlassablement de tout.

Je n'ai pas tes talents pour l'enquête, mais à croire ces dossiers, tu as déjà collaboré avec certaines de ces personnes.

Le Khem-Adam parlait évidemment de Robin, bien qu'il ignora qu'Orphan en son temps avait servie pour le justicier. En disant cela, Adam l'associait à l'escadron de la mort et voulait qu'il en ressente le poids.

Si c'est la justice que tu cherches, tu m'amèneras ces criminels. Tu me les amèneras morts, pour que j'expose leur tête, ici-même, dans cette salle et que le monde entier sache qu'on ne peut pas impunément s'en prendre à mon pays.

...

De cette façon, je reconsidèrerais peut-être ta loyauté à mon égard et, par la même, mon opinion sur ta ville décadente et sur son sort dans ce qui se prépare.

Après sa tirade, Adam fixa Batman au travers de ses épaisses lunettes et attendit de percevoir l'ombre d'une réaction. Le chevalier noir lui obéirait-il ou est-ce qu'il condamnerait sa ville à la désolation ?

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MessagePosté le: Mer 20 Déc - 7:31
Le Batman savait qu’il devrait jouer une partie compliquée, en se rendant directement au Kahndaq pour dialoguer et tenter de raisonner avec Black Adam. Il s’attendait à rencontrer de l’arrogance, de la suffisance, de la violence, une forme de démence, et des menaces ; avec, évidemment, beaucoup de mauvaise foi.

Alors que Teth-Adam va et vient dans la Salle du Trône, vole, se rapproche du plafond, s’empare d’un dossier ramené par un domestique aux allures d’esclave, lui montre les documents comme on lance une pitance à un chien et lui donne les ordres… Bruce comprend, alors, son erreur.
Il s’attendait au pire ; il reçoit encore plus.


« Non. »

La réplique est froide, sèche, brutale.
Absolue.

Volontairement, il laisse un silence s’imposer quelques instants après avoir prononcé cette simple, cette terrible syllabe – puis il enchaîne, le regard fixé sous ses lunettes sur son interlocuteur, mais le corps figé et immobile.
Prudence, encore.


« Je ne traquerais pas ceux qui ont été forces à mener cette mission par d’autres. Je ne te livrerais pas ceux qui ont failli périr, comme toi. Je ne tuerais pas ceux qui n’ont eu, comme seul tort, de suivre des ordres, et d’être victimes dans ce drame. »

Le fait que Cassandra et Tim soient intégrés dans cette liste funeste ne change rien ; il ne livrera personne. Quitte à se faire de Black Adam un opposant définitif, il ne livrera personne.

« Ma démarche est simple et logique : te proposer mon aide, mon expertise, mon expérience, afin de trouver les responsables, de les juger, de les sanctionner selon les Lois internationales, et ainsi offrir la Paix et le Repos aux victimes et à leurs familles.
J’ai pénétré en ton pays, je me suis livré à toi – je me suis offert à ta fureur potentielle, et j’ai ainsi renié une partie de mes règles, de mes valeurs. Pour la Paix. Pour offrir au monde et à ton peuple une chance d’avancer.
Tu refuses. »


Sa voix est calme, posée. Ce qui rend chaque mot prononcé encore plus brutal.

« Tu m’insultes. Tu me menaces. Tu menaces des innocents. Tu menaces le monde. Tu menaces ma ville. »

Bruce pousse un long soupir, très théâtral.

« Tu t’es mépris, donc, sur ma démarche. »

Lentement, doucement, prudemment, le Chevalier Noir bouge – et se détourne, légèrement, du monarque, pour n’offrir plus que son profil.

« Je t’offrais une chance de prouver au monde que tu n’es pas celui que les autres croient voir en toi. Je t’offrais une chance d’avancer et de changer, de prouver ta valeur.
Je t’offrais une chance d’être courageux… brave. »


Il se détourne, définitivement, et laisse ses bottes lourdement le porter vers les ombres, vers une sortie.
Finalement, au bout de deux pas, il s’arrête – et tourne, lentement, la tête vers Black Adam.


« Tu n’es pas brave. Les Hommes sont braves.
Et cela fait longtemps que tu n’es plus un Homme. »


Cette réplique, cette provocation semblent en totale inadéquation avec son comportement si prudent, si posé jusque-là ; illogique, définitivement.
Le Batman, donc, prépare quelque chose – mais quoi ? A voir si le monarque osera répondre à cette pique, et ainsi le découvrir…


(HJ/ Désolé pour le retard. /HJ)
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MessagePosté le: Mer 20 Déc - 22:55
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La tirade du sombre justicier ne semblait plus finir, pelotant les nerfs à vif du souverain. À chaque nouvelle phrase que prononçait le héros, Adam ressentait qu'une épaisse lame s'engouffrait dans les muqueuses fertiles de son cerveau si bien pourvu. Il sentait cette colère patente s'emparer de son être. Les phrases s'enchaînaient, parfaitement rythmées, des prouesses de langages qu'on connaissait au fils de Gotham. Ses interventions étaient dignes des plus grandes pièces et on eut presque pu entendre frapper trois coups avant qu'il ne parle. Mais Adam n'était plus en état de se satisfaire des qualités propres aux textes énoncées tant chacune des phrases tenues était plus inacceptable que la précédente.

Était-ce là le prix de la tolérance ? Oui, Adam faisait preuve d'une retenue impressionnante depuis le début de cette conversation. On avait mis son pays en ruine et on l'avait accusé d'en être responsable. Aujourd'hui, on violait son territoire et sa loi pour lui faire la morale et il se trouvait toujours assez courtois pour laisser s'exprimer son interlocuteur sans lui briser la colonne. Il gardait son sang-froid au mieux et se voyait revêtir le costume du méchant ? Et pire encore, les meurtriers prenaient place de victimes pour le chevalier noir ? Non, cela Adam ne pourrait l'accepter.

Calme et incisif, Batman éprouvait la patience et la retenue de son interlocuteur. Adam se sentait bouillonner de l'intérieur et il ne contiendrait pas cette force divine très longtemps tant les propos à son égard dépassaient l'entendement. Déjà, le point du champion de Shazam se fermait, se serrant sur lui-même pour devenir une forme contondante. Jusqu'alors, Batman était resté sur des sentiers battus, s'exprimant à mots couverts sur des choses relativement convenues. Mais dans ces dernières accusations, il avait pris une posture dangereuse. Les propos devinrent si insupportables pour le roi qu'il succomba à ses pulsions et explosa dans ses propos :

Qui est une insulte ici Batman ? Tu t'invites ici en brisant toutes les conventions internationales qui font ce pays et tu espères ne point en payer le prix ? Tu me reproches de les faire respecter et de vouloir protéger cet endroit ?

Adam était devenu rouge de colère et de petites veines se gorgeaient de sang dans son cou et sur son front. Ses mains scellées étaient de véritables armes et quand il eut atteint sa pleine conscience de cette rage, il se rua d'une trajectoire directe sur le chevalier noir. Arrivant à son contact, il tenta d'agripper le Batman par l'épaule pour lui signifier physiquement qu'il avait outrepassé la raison.

L'insulte est de te croire mon égale… Fils de Gotham… de penser pouvoir me comprendre et me juger. La véritable injure est de considérer que des mercenaires, des assassins grassement payés dont les crimes ne sont plus à démontrer, sont les victimes de cette boucherie. C'est une insulte pour les vraies victimes, pour mon peuple.

Il serrait l'épaule en armure de la chauve-souris avec intensité, mais contenait tout de même grandement sa force. Il relâcha l'armure quasiment automatiquement, laissant à peine une empreinte de ses doigts dans le métal renforcé de cet équipement coûteux.

Je suis celui qui t'ai fait une offre Batman, celle de m'aider à traquer ces monstres et corriger l'injustice dont mon peuple a fait les frais. Mais toi, tu te détournes de la vérité… tu retournes dans les tréfonds mensongers et hypocrites de ton immature et méprisable vision du bien. Tu protèges le mal quand il faudrait le punir.

Teth se trouvait toujours si proche du justicier que celui-ci aurait pu goûter la saveur de la colère tant elle fut proche. Adam fixait intensément le Batman, de son visage si expressif. Il se recula alors de quelques pas, laissant retomber un peu l'effusion émotionnelle de son désappointement.

Je t'ai tendu la main et tu n'as pas su la saisir. Qu'il en soit ainsi… Je te ferais alors une promesse…

Adam laissa un impérieux silence avant de poursuivre son propos.

Une guerre se prépare dans les méandres du monde. Une guerre totale qui n'épargnera aucune de tes considérations désuètes de la vie ou de la vérité. Et quand elle frappera Batman, ta ville sombrera vers sa fin. Tes amis et toi essaierez de l'empêcher, mais vous échouerez. Le monde entier changera à notre image et tu reconsidéreras alors la bêtise que tu as eue aujourd'hui de me contrarier.

Ainsi le sort du monde était-il écrit ? Serait-ce la fin de cette société aux dogmes préétablis et chassant toutes les visions qui lui font face ? Le bien, le mal ? La vérité et le mensonge ? La vie, la mort… hier comme aujourd'hui. Plus rien. La paix.

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MessagePosté le: Jeu 21 Déc - 9:43
Le Batman est demeuré immobile, figé durant toute la réaction de Black Adam.
Il n’a pas bougé. Il n’a pas dit un mot.

Encore dos au monarque, la tête légèrement tournée, il a laissé ses yeux, cachés derrière ses étranges lunettes sombres, suivre l’avancée rapide du métahumain mystique ; il n’a pas réagi, quand ce dernier est arrivé sur lui. Il n’a rien fait, non plus, quand l’ancien héraut de Shazam a pris son épaule entre ses doigts – et a serré.

Il a eu mal, un peu ; mais il n’en a rien montré.
L’armure lui permet d’être protégé, de résister à beaucoup… mais elle ne peut pas l’impossible, et n’a rien de l’immense et terrible combinaison qu’il peut arborer dans les pires moments ; il a eu mal, donc. Mais il n’a rien montré.
Il n’a rien donné, à l’autre.

Bruce, cependant, l’a écouté.
Il l’a écouté, quand Teth-Adam s’est rengorgé d’être insulté ; quand il l’a menacé ; quand il l’a rabaissé ; quand il lui a rappelé sa mortalité ; quand il lui a promis du sang et des larmes pour lui et les siens.
Il l’a écouté. Il n’a pas réagi.
Jusqu’à maintenant.


« Je ne vais pas répliquer sur qui insulte qui, Black Adam. Je n’ai pas quatre ans… je n’ai pas besoin de me prouver que j’ai raison ou que je suis le meilleur. »

Sa voix est calme, posée ; d’une froideur terrible, d’un détachement absolu.

« Je le sais. »

Il relève, lentement, son visage vers son interlocuteur – et même si ce dernier ne voit pas ses yeux, il devine l’expression terrible et d’une détermination infinie qui anime ses prunelles.

« Je note, ce que tu me dis. Je note que tu refuses mon offre. Je note que tu ne comprends pas mon refus ; soit.
Je note aussi ta promesse – la tienne, toi qui te considères supérieur à moi. Pauvre Mortel. Pauvre Homme. »


Doucement, il se tourne – et positionne entièrement son corps face au métahumain.
Ses bras demeurent le long de son corps, immobiles ; pour l’instant.


« Je note ta promesse, oui. Les promesses sont importantes – elles fondent ceux qui les forment, elles constituent la base de leurs personnalités ; en les tenant ou non. En les formant ou non. En allant au bout pour elles… ou non. »

Il pousse une longue expiration après ces mots.

« J’ai aussi fait une promesse, Teth-Adam. Il y a plus de trente ans. Dans une ruelle. Devant des corps, encore chauds mais morts.
Une promesse. A mes parents, à ceux d’un pauvre Mortel, qui m’ont appris quelque chose que je n’ai jamais oublié. »


Le Batman prend une grande inspiration, et serre les poings par réflexe.

« Ils m’ont appris que le monde n’a du sens que si on le force à en avoir.
Ta promesse va provoquer le Chaos et la Mort dans ce monde ; ma promesse… »


Il le fixe.
Il le fixe, sans bouger ; sans changer le moindre muscle. Mais le moment est d’une intensité que même Black Adam, même lui, enfoncé dans sa suffisance, peut le sentir.


« Ma promesse t’en empêchera. »

Les mots sont dits ; la guerre est proche.
Et elle aura lieu entre eux.

Volontairement, le Chevalier Noir fixe quelques instants encore Black Adam – puis se détourne, et lui offre son dos ; provocation, évidemment. Pique brutale, bien sûr.
Et sans aucun remords, assurément.
La guerre est déclarée. L’un d’entre eux ne s’en relèvera pas… et il est prêt à cela.
Que les dieux lui pardonnent – lui est prêt à cela.


(HJ/ J'aime beaucoup ce sujet Smile et le contact physique n'a pas gêné ! Je me suis permis de glisser un autre easter-egg, par contre. Razz /HJ)
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MessagePosté le: Sam 6 Jan - 18:19
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À l'image des héros et comme s'ils en avaient le stupide monopole, le chevalier noir de Gotham s‘empêtrait à nouveau dans les méandres de son jugement naïf, portant fièrement en étendard suprême des valeurs dépassées et caduques. C'était à ça que l'on reconnaissait les héros de cette époque : des idéalistes, des rêveurs déconnectés de la raison et de la justesse. Persuadés par leur bonté de toucher du doigt la vérité ou le bien, mais incapable de faire les vrais bons choix, les justes sacrifices. Adam, lui, avait traversé les siècles et les époques ; il connaissait le prix de la justice et de la paix. Il ne présumait pas des choses, mais savait. Aussi était-il irrité quand le jouvenceau Batman se targuait de sa sagesse.

Le souverain écouta avec réserve les frasques verbales du fils de Gotham sans pour autant le couper dans son élan. Batman gardait cette posture très théâtrale, très artificielle. Et même quand par le contact physique, Adam essayait de détruire cette carapace mentale et de le faire sortir de cette mécanique froide de pantin chauve-souris, le volatile nocturne restait de marbre, inexpressif. Il y avait là l'art et la manière. On pouvait bien lui reconnaître ça. Le champion de Shazam lui-même lui reconnaissait cette qualité et il était en même temps fasciné et vexé par cette attitude.

Cette façon qu'avait Batman de répondre, ses attaques folles et inefficaces, ne pouvait révéler qu'une chose : il se sentait très probablement acculé par le poids de la faiblesse. En tous les cas, c'était comme cela qu'Adam voulait qu'il se sente. Et quand Batman prononça sa dernière joute verbale, s'opposant radicalement, avec force, au déchu Black Adam, celui-ci ne put retenir un sourire effrayant de supériorité. Batman lui présentait à nouveau son dos, comme pour prouver qu'il ne craignait rien. C'était une nouvelle insulte silencieuse qu'il proférait contre le monarque, défiant ses droits divins. Adam répliqua aussitôt :

Tu essayeras !

Et dans la fureur qu'on lui connaissait, le champion vola de front sur son adversaire et lui décocha un retour de main, qui projetterait l'homme chauve-souris contre la tapisserie précédemment observée. C'était une de ces claques éducatives, n'ayant pas pour objet de blesser ou de nuire véritablement à une personne, mais plutôt d'insuffler de la peur ou du respect. Il savait que Batman ne serait qu'à peine secouer par ce genre de correction, mais Adam lui montrerait qu'un fossé les sépare. Il lui prouverait qu'ils ne sont pas égaux et qu'en conséquence, il doit prendre soin des mots qu'il emploie et des promesses qu'il fait. Alors qu'il observait le chiroptère urbain voler et s'écraser sur le mur de pierre, qui s'effrita à l'impact, Adam lâcha un rire gras et sadique.

Tu es risible Batman. Tu viens ici avec tous tes principes et tu penses pouvoir me juger. Mais vois l'écart de nos forces ! Ta promesse ne vaut rien si tu n'es pas capable de la tenir.

Adam se tenait dans les airs, en vol stationnaire tournant autour du héros, lui prouvant simplement l'étendue de sa puissance et la défaite indéfectible qu'il allait connaître s'il s'entêtait à résister. Mais Adam, revigorer par cette écrasante et fugace rouste, se trouva magnanime. Il désirait tendre la main à Batman et lui proposer de le suivre.

Toutefois, tu n'as pas entièrement tort… Le monde n'a de sens que si on le force à en avoir. Je vais changer le monde, je vais lui faire épouser des nouvelles lois et à la fin, la paix règnera. Il n'y aura plus ni souffrance, ni colère. C'est là un paradis sur Terre que je créerais. J'en ai les moyens à présent. Mais avant cela, je dois détruire les fondations abjectes de ce monde injuste que tu protèges.

Adam laissa un silence avant de reprendre.

Tu ne peux pas t'opposer à moi Chevalier noir. Mais tes services peuvent m'être utiles. Acceptes de traquer les lâches assassins du Kahndaq et je jure d'épargner Gotham.

Il s'arrêta de bouger, restant toujours dans les airs face au justicier.

Le choix t'appartient gothamite ! Le sort de ta ville est entre tes mains.


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MessagePosté le: Sam 6 Jan - 21:12
La joute verbale est terrible.
Black Adam et le Batman sont, tous deux, des hommes forts, puissants, sûrs d'eux et égocentriques ; surtout, ils ont tous deux l'habitude des discours, des ordres, et des discussions... dans lesquelles ils ont l'avantage, quoi qu'il arrive. Ils le savent, ils en profitent, ils en ont abusé déjà, mais surtout... ils aiment ça.
Teth-Adam et Bruce Wayne sont des hommes à qui on ne dit pas non ; pourtant, l'un et l'autre sont en train de le faire - et de le subir.

Désagréable, donc. Et un sacré défi, pour voir comment chacun va réagir.
Le Chevalier Noir tente de faire bonne figure en réalisant quelques pirouettes - mais le monarque du Kahndaq ne le supporte guère, et vient littéralement le gifler, en usant de sa force pour le propulser contre un mur, puis au sol.


"Hughn."

Il grogne, et met quelques instants à se remettre, à bouger ; quelques secondes qui font figure d'humiliation pour lui, et de succès pour Black Adam.

"Non."

Sa réplique est claire, franche - et déterminée.
Alors qu'il se redresse, récupère son énergie et tente de se relever, il lève son visage et plante son regard, derrière ses lunettes, sur Black Adam. Ce dernier ne cesse de tourner autour de lui, et lui tient encore ce discours plein d'autorité et de suffisance... insupportable.
Il est temps que cela cesse.


"Non à ta proposition - et non à ta description."

Bruce relève une jambe, et ne garde qu'un genou à terre. Ses mains gantées se serrent sous la pression, sous la tension, et sa voix se fait encore plus dure, plus terrible.

"Ce n'est pas le sort de ma ville qui est entre mes mains... c'est celui du monde."

D'un geste, il se redresse, et bombe même le torse alors que Teth-Adam n'est qu'à quelques centimètres ; cela ne lui fait pas peur.
Discrètement, il pose une main sur sa ceinture, et y cherche quelque chose en continuant de fixer l'autre.


"Je ne saurais accepter les insultes et menaces d'un métahumain qui se considère divin ou royal, alors qu'il n'est qu'un Héros déchu et raté - oui, j'ai conscience de ce que je dis, et je ne le regrette pas. Tu peux me frapper, tu peux me maltraiter, tu peux m'anéantir... mais cela ne fera que confirmer ce que beaucoup pensent, ce que beaucoup savent, et ce qui est.
Tu es faible, Teth-Adam.
Tu es un petit métahumain. Tu es un petit roi. Tu n'as rien d'un dieu, et tes actes dévalorisent les dieux que tu devrais servir. Shazam a eu raison de te réduire en cendres, et le monde se porterait mieux sans toi."


Conscient que le caractère explosif de Black Adam n'attendait que cela pour le briser, le Chevalier Noir enchaîne et envoie directement au visage du monarque l'objet cherché dans sa ceinture.
Ce dernier rebondit et tombe entre eux, afin que Teth-Adam voit ce que c'est... un os. Un cubitus, pour être précis. Ancien, très vieux, mais bien conservé.


"C'est à Ahk-Ton."

Le nom ne peut que provoquer la haine, la fureur, la violence absolue de Black Adam - le nom du tueur de la femme et du fils du monarque, ainsi que de son peuple, des centaines d'années plus tôt.

"Je sais où se trouve le peu d'os, de restes que tu as laissé."

Bruce croise les bras, et apparaît soudain bien plus fort, bien plus impressionnant qu'avant.

"Ainsi que ceux de Shiruta et de ton fils."

Il se penche en avant, et esquisse une grimace de pure détermination.

"J'ai noté tes insultes, tes menaces, tes projets - mais tu ne feras rien de tout ça. Tu ne mèneras aucune guerre. Tu ne tueras personne. Tu ne détruiras rien.
Ou je détruirais leurs restes."


Bruce n'aime pas cela - il n'aime pas devoir faire cela.
Mais il n'a pas le choix.


"Et il est évident que si je ne rentre pas entier de cette entrevue, ma menace sera exécutée par mes alliés. Je le promets.
Je forme peu de promesse, Black Adam - mais je les respecte et les applique toujours.
Ne me défie pas. Ne me défie plus."


Le monde est au bord du chaos et du précipice ; il faut le protéger, et arrêter toutes les menaces. Qu'importe le prix...
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MessagePosté le: Mar 16 Jan - 6:03
Les Vestiges du Kahndaq
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Le Chevalier noir avait accusé le choc et s'était effondré sur le sol, imposant quelques instants de pause dans la joute verbale. Il s‘était relevé, endoloris semblait-il, et avait rétorqué avec assurance et inconscience au souverain. Il ne plierait donc jamais ?

Oui, Batman s'employait nouvellement à détruire l'argumentaire du champion du Kahndaq. Sans consistance particulière, sans raisons invoquées. Il était dans un simple dénie, un refus de réaliser qu'il était dans l'erreur. Le fils de Gotham n'acceptait pas d'entendre les mots du souverain, il n'entendait pas ses propres contradictions. Il n'était pas lucide, si peu lucide qu'il s'en prenait ouvertement au khem-Adam. Il voulait simplement l'humilier, le blesser. Il ne supportait pas la supériorité de son hôte. Aussi, il lui cachait à la figure qu'il était un petit roi, qu'il n'était pas un dieu, que Shazam aurait dû le tuer et que le monde se serait mieux porté ? Et c'était Adam qui devait endosser le rôle du dérangé mégalomane ? Batman n'avait plus rien à perdre semble-t-il. Il se lançait à corps perdu dans l'une des plus dangereuses pièces théâtrale de sa vie.

Soudainement, il tira aux pieds du monarque un objet enveloppé de bandes anciennes et poussiéreuses. C'était un os. Un os humain. Un de ceux de Ahk-Ton, une antique menace du Moyen-Orient, réduit au néant de la main même du Black Adam. C'était un meurtrier, un destructeur. Il avait tué des milliers de personnes et, dans le lot, la femme et le fils du protecteur de pharaons étaient décédés. Batman était étonnement bien informé sur les actions d'Adam 4000 ans auparavant. Comment cela se pouvait-il ? Il n'en était rien. Il mentait forcement !

Tu mens Batman !

Le souverain semblait des plus énervés désormais et s’il avait réussi à contenir sa colère tout au long de cet entretien, il ne se retiendrait plus très longtemps.

Tu mens… cela ne se peut…

Batman était certainement en pleine affabulation. Il cherchait un moyen de décontenancer le leader Kahndaqi et c'était somme tout assez réussi puisque celui-ci perdait ses moyens. Tout se chamboulait dans son esprit, ses souvenirs de sa femme et de son fils, vivants ensemble, dans une époque prospère et heureuse.

Teth s'était alors emparé de l'os dans ses mains et doucement, parcourait les surfaces poreuses de l'objet de ses doigts.

Et puis, il y avait ses souvenirs noirs, les massacres, la guerre civile, et puis cette exécution sans nom. L'acharnement sans merci d'Adam sur sa proie, le corps sans vie et sans plus d'âme de l'envahisseur et meurtrier. Cela n'était pas ses os. Non. D'autres pensées se bousculaient dans sa tête, et la promesse d'Arès en faisait partie. Cette promesse qu'il lui avait faite de lui rendre sa famille, s'il l'aidait dans cette guerre. Oui, ils les reverraient. Il se l'était promis. Mais si Batman détruisait les ossements, Arès pourrait-il les ramener tout de même ? Batman les possédait-il vraiment ? Impossible. Non. Les os n'avaient pas été embaumés, ils reposaient dans le sable du désert et s'étaient transformés en poussière, depuis bien longtemps. Non, Batman ne disait pas la vérité. Il mentait et il le faisait à sa perte. Il mentait en se servant de la famille du monarque. Il n'aurait jamais dû.

Le champion serra de ses deux mains l'os qu'il tenait et celui-ci explosa en une multitude de fragments, un million de miettes de couleur blanc-cassé s'éparpillaient sur le sol de dalle du hall royal. Les yeux de Black Adam étaient toujours rivés vers ses mains désormais vides, mais progressivement, ils se levèrent vers le justicier. Adam avait un regard d'une profonde noirceur, d'une haine dévorante et totale pour le Gothamite. Une grosse veine gorgée sur le coin de la tempe qui menaçait d'exploser. Un regard qui appelait le sang.

RAAAHHHHH !

Il hurla sur Batman et s'envola vers lui pour le saisir avec plus de force que jusqu'alors. Il agrippa la tête de l'homme chauve-souris afin de la broyer. Il avait décidé d'en finir avec cette conversation. D'en finir avec ces mensonges.

Tu crois servir le bien, alors que tu ne réponds qu'au mensonge ! Tu te dis un justicier, entre moi et le monde, mais tu menaces de salir la sépulture de ma famille ? Tu veux la justice, mais ne punis pas les assassins ? Tu es un hypocrite Batman. Un menteur obnubilé par ta propre croisade et tes conceptions erronées.

Adam serait plus fort encore le masque du chevalier noir dans l'espoir de le briser. De détruire cet émissaire démoniaque. Il rapprocha ses lèvres de l'oreille du Batman, pour lui susurrer ses dernières paroles avant de le tuer.

Tu n'es pas un héros. Tu es un pion, un esclave de ce monde perdu. Un menteur comme les autres, enchainé à ses propres idées fixes. Mais comme je l'ai dit, le monde est en marche. Arès lui-même est à nos portes et ensemble nous allons faire peser la balance vers la vérité.

Il confiait alors le plan secret de son alliance avec Arès au gothamite pensant qu'il allait mourir d'ici peu.

Ta ville sera détruite, comme je te l'ai promis. J'y veillerai… personnellement.


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HRP// : Désolé pour le temps de réponse. J’ai été pas mal occupé ces derniers temps. Je n’ai pas eu une minute à moi.
J’espère que tu avais une super arme sur toi ou un plan plus solide que de sortir des vieux os, parce que je crois que Adam veut écrabouiller ton crâne et rependre ta cervelle sur le vinyle dans son salon !
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MessagePosté le: Mar 16 Jan - 7:28
Le Batman s’est laissé piéger.
Il est venu pour échanger, discuter, négocier avec Black Adam ; il est venu en espérant un accord, une paix fragile, mais qui lui apparaît indispensable pour le destin de ce monde. Il est venu en territoire ennemi, conscient de se glisser en plein danger, et a beaucoup encaissé face à Black Adam, pour illustrer sa bonne foi et surtout tenter de trouver un accord.
En vain.

Teth-Adam a refusé tout accord, toute discussion – il s’est enfermé dans sa violence, son déni, et tente de retourner l’opprobre sur le Chevalier Noir ; il l’a insulté, menacé, provoqué.
Et Bruce a cédé.
Il s’est laissé happer par ces attaques, ces coups tant psychologiques que physiques… il a cédé. Il a failli.

Il a laissé ses bas instincts prendre le dessus, et menacer lui-même Black Adam, puis a sorti un atout de sa manche, révélant ainsi une carte importante de son jeu ; imbécile.
Il l’a regretté dès qu’il a vu l’expression sur le visage de son interlocuteur, devenu ennemi. Il a compris qu’il avait commis une erreur quand l’autre l’a accusé de mentir, s’est décomposé, s’est laissé ronger par les souvenirs ; cela est devenu évident quand Teth-Adam a anéanti l’os, et encore plus quand il s’est précipité sur lui.

Le Batman s’est laissé piéger par les émotions.
Et il est en train d’amèrement le regretter.


« Hughn. »

Même dans ses meilleurs jours, même dans sa meilleure période, Bruce n’aurait jamais pu être assez rapide pour stopper Black Adam – et il est loin de ces belles époques ; alors il grogne.
Il grogne, alors que l’autre s’est jeté sur lui, l’a collé au mur, et tente d’écraser son crâne. Il grogne alors que l’adversaire lui murmure quelques mots terribles. Il grogne alors que l’ennemi, dans sa fougue, dans sa folie, dans son émotion, révèle ce que Bruce craignait le plus… une alliance.

Teth-Adam ne l’a pas dit, mais cela est clair ; il est allié à Arès.
Bon sang, pense-t-il alors que Black Adam veut briser son masque. Black Adam & Arès. La situation n’était pas assez catastrophique…


« Je… hughn… je… grah… »

La douleur est terrible, brutale ; absolue.
Mais elle n’a pas vocation à durer.


« Et… je… veillerai… à tenir… ma… »

Le Batman est venu dans ce qui semble être un nouveau costume – mais pas uniquement.
Il s’agit de la BMA – BatMagicArmor.
S’il n’a rien d’un Magicien, il a eu quelques rencontres avec certains maîtres en la matière, et pas uniquement Zatanna ; il a même fait partie temporairement du Shadowpact. La Magie est un domaine nouveau et mystérieux pour lui… et il est Bruce Wayne.
Aucun mystère ne lui résiste.


« … promesse. »

Et, soudain, Black Adam et le Chevalier Noir sont séparés.
Par un gigantesque et terrible éclair… échappé du costume même de l’Humain.

Repoussé en arrière, Teth-Adam doit reculer – et découvrir, bien vite, que l’éclair surprenant s’est transformé, s’est mué…

… en sphère de pure électricité – non, en sphère de pur éclair !

« Je… te présente… »

Sa voix est faible, mal assurée ; il a mal, mais il n’en montrera rien, alors qu’il se redresse difficilement et recule par instinct.

« … l’Eclair de Zeus. Cadeau d’un certain Captain de ta connaissance. »

Bruce fait encore un pas en arrière, alors que la sphère semble grandir.

« Cela va éclater – très vite. Tu ne peux rien y faire, tes pouvoirs sont vulnérables aux capacités des divinités attachées aux autres Marvel… et tu dois alors choisir. »

Blessé, affaibli, le Chevalier Noir recule encore, mais garde sa dignité et son charisme.

« Me tuer. Ou sauver ton Palais, symbole et siege de ton Pouvoir déjà affaibli. »

Le coup de poker est gros et dangereux – mais il n’a pas le choix.
Il doit s’échapper. Il doit fuir. Pour préparer une future réplique… et surtout la défense de sa ville. Voir même du monde, maintenant.


(HJ/ Pas de souci pour le temps de réponse, et bravo pour le message ! Et ne t'en fais pas... je suis Batman. J'ai toujours un plan. /HJ)
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MessagePosté le: Dim 21 Jan - 21:41
Les vestiges du Kahndaq
Ft. The Bat


Adam savait éperdument que le chevalier noir était de ces héros retords et qui ne lâchaient rien. Un héros qui concède à son adversaire la moindre faille, le moindre soulagement ne serait pas l'un des leaders de la Ligue des Justiciers. Pourtant, le champion de Shazam n'aurait jamais cru que le Batman fut capable d'une perfidie si grande. Par la secrète collaboration de l'usurpateur Billy Batson, le fils de Gotham avait pris possession d'un artefact rare et très puissant : l'éclair de Zeus. Aussi, quand il l'employa pour faire plier le souverain du Kahndaq, Batman mettait en danger tout le pays. Comment pouvait-il prétendre être venu pour trouver une solution à tout ce schisme et faire justice à tout ce peuple meurtris alors que par son action, il risquait de détruire nouvellement une grande partie de la ville en pleine résilience ?

- Pauvre fou ! La puissance que tu as lâchée va détruire tout ce palais et les gens qui s'y trouvent !

Black Adam hurlait ainsi sur le sombre justicier. Il était à la fois profondément en colère et dans un état de panique notable. Pendant ce temps, la sphère énergétique prenait forme ; composée d'arcs électriques d'un bleu intense, virant au blanc dans les concentrations les plus importantes, elle commençait à grandir légèrement. Batman s'éloigna de cette boule d'énergie pure proclamant alors à Adam qu'il devrait choisir entre sauver son palais ou abattre sa sentence sur lui.

Le monarque s'envola avec vélocité pour agripper le Batman par son armure, plantant ses doigts dans l'acier de son buste. Il voulait véritablement le détruire. Mais dans son dos, l'éclair commençait à prendre des proportions dangereuses et il exploserait dans peu de temps, balayant toutes choses de cet édifice millénaire et de ses occupants. Les paroles de Dracula revinrent à la mémoire d'Adam. Il se devait de faire quelque chose. Il ne connaitrait pas une deuxième catastrophe. Il fallait sauver son peuple. La vengeance suivrait plus tard. Batman pouvait s'enfuir et se cacher aujourd'hui, il finirait par mourir. Aujourd'hui, demain dans un an ou dans dix. Il n'était qu'un mortel. Et il finirait en poussière. S'il ne l'exprimait pas entièrement, des émotions très fortes parcouraient l'esprit et le cœur du roi déchu. Des larmes auraient pu couler sur ses joues, de sa terrible et incontrôlable colère, s'il n'était pas un être de sable.

- Disparaît !

Et alors Adam s'éloigna du héros pour se retourner vers la sphère lumineuse. Il s'approcha prudemment, mais avec détermination et la prit entre ses mains. La balle faisait déjà une taille suffisamment conséquente pour qu'il ait besoin d'écarter entièrement ses bras pour la contenir. Alors qu'il la prit contre lui, sa peau se mit à chauffer si fort que même lui, qui supportait d'ordinaire des douleurs invraisemblables, s'en ressentait. Il souffrait, mais il se retenait de le montrer. Il souleva l'éclair et le dressa au-dessus de lui. La douleur devint si insupportable qu'il ne put s'empêcher de lâcher un râle viril.

- RAHHHHHH !

Il se projeta à pleine vitesse dans les airs avec cette arme de destruction massive, tout en perçant un tunnel dans le dôme de son palais. Avec le choc, le plafonnier aux milles cristaux vibra et s'effondra sur la dalle en des dizaines de milliers d'éclats. Le monarque s'élevait ainsi dans les cieux pour éloigner ce danger de son peuple. Il s'éleva bien au-dessus des nuages et peu avant d'entrer dans l'espace, l'artefact explosa, bouleversant l'équilibre du ciel.


Au sol, des centaines de milliers de Kahndaqi priaient. Ils observaient avec peur et gravité les nuages et éclairs dans ce ciel vibrant et sonore. Les cieux étaient comme la houle de l'océan en tempête. Tous ignoraient ce qui s'était passé ce soir.

Du tumulte qui faisait rage au-dessus de leur tête, ils virent chuter une ombre dans le vide. S‘extirpant des nuages troubles, le corps inconscient de leur souverain tombait vers sa mort. Il n'était plus Black Adam, seulement un homme. Un homme évanoui. Alors que le monarque s'apprêtait à rejoindre avec fracas le sol désertique de son pays, une silhouette prit de l'élan et s'élança avec force et vitesse à sa rencontre pour saisir le corps inerte du vilain dans sa chute. Il l'attrapa et le ramena au sol d'un seul bond, amortissant intégralement la violence de la chute. Cette créature humanoïde faisait trois mètres de haut au moins à en jauger. L'immondice portait une tête de vache avec un anneau colossal entre ces deux naseaux. Le minotaure, serviteur dévoué d'Hadès et l'un des gardiens du Tartare. Il posa le souverain sur les marches de son palais alors que celui-ci reprenait conscience. Teth ne fut pas surpris de voir la créature ici, pas plus que d'observer le chaos dans le ciel. Il scruta l'horizon céleste un instant, la gorge nouée par la colère.

- SHAZAM !

Adam cria la célèbre formule qui le transformait en demi-dieu et il s'envola sans attendre vers la salle du trône qu'il avait précédemment quitté. Il passa par le balcon plutôt que par le trou immense qui se trouvait au plafond à présent. S'il trouvait Batman ici, il le détruirait pour de bon. Dans le cas contraire, il abattrait sa vengeance sur Gotham et sur tous les petits protégés de l'homme chauve-souris.

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MessagePosté le: Lun 22 Jan - 13:06
Il court.
Le Batman a profité de la crise qu’il a lui-même provoquée pour… fuir.

Alors qu’il bondit en dehors de la salle du trône du Palais Royal du Kahndaq, alors que Black Adam tente de gérer la bombe qu’il a littéralement lâché sur un pays déjà sinistré, alors qu’il saute en dehors du bâtiment pour se recevoir plus bas, à quelques mètres, en grognant et en souffrant des plaies causées par le demi-dieu… il ne peut s’empêcher de sentir son cœur lourd, et coupable.

Il n’aime pas cela. Il n’aime pas ce qu’il vient de faire. Il n’aime pas ce qu’il vient de faire subir.
Mais il n’avait pas le choix.
Son interlocuteur, devenu ennemi, est une puissance… divine, littéralement. Il ne le lui dira pas en face, il ne l’avouera pas, mais Teth-Adam est une puissance divine, à traiter comme tel. Et s’il a déjà échoué face à Arès, s’il a eu d’énormes difficultés à se remettre, Bruce a surtout pris conscience de ses faiblesses – de ses limites.
Et de ce qu’il doit faire pour les compenser.

Alors que Black Adam s’élève dans les airs, gère le terrible éclair, son adversaire disparaisse dans les ombres, les ruines, la jungle. Et se fait récupérer par un de ses appareils, qui le ramènent vers son Batplane, dans les ombres… et la honte.

Il n’aime pas cela, non.
Mais il n’avait pas le choix.
Black Adam va le haïr. Black Adam va vouloir se venger. Black Adam va forcer Arès à agir, et va forcer le Dieu de la Guerre à mener une bataille sur Gotham City – et c’est le plan.

Un plan dangereux. Un plan terrible. Un plan fou, même.
Mais c’est son plan… et il sait qu’il peut fonctionner.

Arès lui a pris Diana, et a déclaré la guerre au monde ; il l’a même tué, avant de le ramener pour se jouer de lui et posséder Diana. Soit.
La guerre est déclarée, donc. Tous les coups sont permis. Tous les trucs sont possibles.

Bruce n’a pas débuté cette guerre, et il sait que ni le Kahndaq, ni les civils de Gotham ne méritent ce qui va arriver ; mais cela arrivera, quoi qu’il arrive. Il doit donc l’accepter, et accepter de prendre les décisions difficiles qui s’imposent.
Il n’a pas débuté cette guerre, il n’a pas pris Diana, il n’a pas recruté Black Adam ; il n’a rien lancé, on la lui a lancé en pleine tête, en le tuant. Soit.

Cette guerre a débuté, a été lancée par l’ennemi.
Mais lui la finira.
Quoi qu’il en coûte. Quoi qu’il doive faire. Quoi qu’il doive sacrifier.
Bruce finira cette guerre.
Et ses ennemis regretteront, à ses pieds, d’avoir osé le défier… et le ramener.


(HJ/ Merci pour cet excellent sujet ! Un vrai grand et bon moment de RP. Smile /HJ)
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MessagePosté le: Lun 22 Jan - 18:39
Les Vestiges du Kahndaq
Ft. The Bat


Dans une mesure impeccable du mouvement et de la grâce, le souverain était passé d'une grande vélocité à une lenteur extrême avec majesté. Étant entré par la largesse du balcon de parade qui donnait sur la Grand-Place, il s‘était engouffré dans le hall royal où, il y a peu, il échangeait coups et mots avec le célèbre fils de Gotham. Le silence et le calme régnaient alors dans la salle du trône où toute chose était en ruine. Au centre de la pièce immense et faisant face à l'assise esquintée du monarque, le somptueux lustre chut n'était plus qu'une épave de joyaux translucides éparpillés sur les dalles froides du palais.

Le seigneur de ces lieux se posa sur le sol et chercha de son regard partout dans les recoins du hall la présence indésirable du volatile suceur de sang : Batman. Fou de rage, Adam volait de part en part dans la salle du trône, d'ombre en lumière. Fut-il planqué dans une sombre cachette ? Mais de Batman, il n'y avait plus ni de présence, ni de traces. Le fuyard était déjà loin semblait-il, terrorisé par la puissance latente du dieu qu'il avait confronté. Le protecteur du Kahndaq était complètement obsédé, perversement obnubilé par le chevalier noir et son décès prochain. Il se mit à retourner les objets et les meubles de son palais pour calmer sa frénésie. Hurlant sa fureur, Adam ne s'était pas rendu compte que le minotaure était entré dans la salle royale par la grande porte et attendait silencieusement dans la rythmique singulière de son essoufflement de bovidé. Quand il le vit, le monarque se reprit et revint les pieds sur terre. Il ne faisait pas bon de se montrer ainsi vulnérable. Ce n'était pas digne de lui.

- Que nos frontières soient scellées désormais. ET QU'ELLES LE RESTENT !

Profondément énervé qu'il était, il avait hurlé cette deuxième partie de sa phrase à l'encontre du minotaure et des autres gardes qui se trouvaient derrière. La créature mythologique ne bougea pas tout de suite, ce genre d'ordre ne lui était pas adressé directement. Il était un lieutenant d'Hadès et son destin ans cette guerre était tout autre.

- Et soyez sûrs que le justicier Batman n'est plus dans mon pays !

Les serviteurs s'agitèrent alors dans tous les sens. Ils redoubleraient d'efforts et de sécurité pour s'assurer de fermer le Kahndaq a toute intrusion inopportune. Le bestiaux colossal lui restait immobile dans l'attente d'une consigne. Il racla le sol d'un coup de sabot, lâchant une respiration forte et bruyante.

Adam qui demeurait seul avec la créature se mit à faire les cent pas dans la grande pièce et ses yeux tombèrent sur le vieux journal mensonger qui restait froissé dans un coin.

- Dis à tes maîtres que Gotham sera la première bataille. Je veux la voir détruite. Cette cité sera annihilée jusqu'à la dernière pierre, jusqu'à la dernière goutte d'espoir asséchée.

C'était là le départ du monstre qui venait de prendre ses responsabilités et qui disparaissait dans les limbes infernaux pour prévenir ses précepteurs. Et Adam hurla dans les couloirs désert un dernier ordre pour son personnel.

- Et qu'on fasse préparer le palais. Que tout soit prêt quand ils seront là !

Après avoir promulgué ses ordres, le khem-Adam s'envola dans les cieux de son pays, désireux de passer ses nerfs sur quelque chose. Et quoi de mieux pour se défouler que détruire les médiums artificiels de la communication mensongère humaine.

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HRP//: END of RP - Suite pour Black Adam dans Désinformation terrestre ft. Jessica Cruz / GL

Merci également à toi Batou pour ces échanges vibrants et émouvants. Je crois que la prochaine rencontre entre nos personnages sera des plus intenses !
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