[WoA] La Vague de la Guerre [Diana]

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MessagePosté le: Jeu 28 Déc 2017 - 10:26
Pour beaucoup, le Royaume d'Atlantis correspond à Poseidonis, la capitale ; voir également Tritonis, la ville quasiment jumelle.
Ils ont tort.

L'immense empire sous-marin est composé d'un domaine extrêmement vaste, extrêmement étendu, qui couvre la majorité du globe terrestre ; mais il est, surtout, composé de plusieurs cités, qui forment le coeur, les bases et les relais du Royaume.
Outre Poseidonis et Tritonis, il y a également la ville perdue d'Hy-Brasil, la mystique Thierna Na Oge, mais également Bazilia... une ville côtière, placée sur terre, à la Surface.



Jadis conquise par le Roi Honsu pour préparer la conquête de la Surface par les Atlantes, Bazilia n'a jamais pu être cette base arrière tant espérée - car les plans d'invasion ont été stoppés directement. La cité demeure néanmoins sous contrôle Atlante, située dans l'une des nombreuses îles du Sud de l'Europe.
Volontairement oubliée de tous, supprimée des cartes officielles, Bazilia n'est peuplée que par un contingent d'une cinquantaine de soldats atlantes, qui font vivre les fonctions premières de la ville et interviennent comme tour de contrôle, tour de surveillance de la Surface ; rien d'autre.

Bazilia est donc une ville vide, uniquement militaire, et considérée comme une destination de souffrance, de punition pour les Atlantes obligés d'y aller et de s'y ennuyer.
Rien ne se passe jamais à Bazilia. Rien n'arrive jamais à Bazilia. Rien ne vient à Bazilia.
Sauf aujourd'hui.

Aujourd'hui, l'excitation est à son comble. Aujourd'hui, les soldats vont et viennent. Aujourd'hui, les rues de la ville sont pleines d'animation. Aujourd'hui, quelque chose se passe, arrive.
Un sommet.
Un sommet a lieu à Bazilia. Ou, plutôt, une rencontre - une rencontre sollicitée par un pli officiel, transmis par les meilleures voies diplomatiques, et qui a été placée ici après discussion du Roi avec ses conseillers, notamment sa Reine, Vulko, Tula et Garth.

Evidemment, une partie de la Garde Royale est ici - mais le monarque a refusé la présence de la Flotte, des Armées ou même de Murk, le capitaine de la Garde ; il est venu avec le minimum d'hommes, et a préféré éviter d'attirer l'attention sur Bazilia. Le sommet, la rencontre doivent être un secret... et le moment du rendez-vous approche.

Alors que l'animation règne dans Bazilia, une forme remonte des flots de l'Océan déchaîné qui entoure la petite cité...

... et le Roi Orin émerge alors de l'eau, pour venir rencontrer les deux soldats qui l'attendent.

"Est-elle arrivée ?"

"Pas encore, votre altesse."

"Prévenez-moi quand ce sera le cas."

Sans un mot de plus, le taciturne Roi Orin se détourne de ses troupes et s'enfonce dans les couloirs de la cité, qu'il connaît si bien lui qui a tenu à visiter tout son Royaume plusieurs fois pour tenter d'en saisir la spécificité, et débouche sur l'une des discrètes terrasses de Bazilia, offrant un panorama sublime sur l'Océan ; mais son esprit est bien loin de la beauté des lieux.

Son esprit rôde, s'enfuit ailleurs... dans ses souvenirs.
Dans des images positives, celles de ses luttes au sein de la Justice League, de moments partagés avec Wonder Woman, l'envoyée des dieux grecs, issue d'une culture si différente de la Surface ; cela les a rapprochés. S'il n'a jamais eu l'ampleur ou l'aura de Clark ou Bruce, Arthur a toujours eu sa place dans l'équipe, même s'il ne s'est jamais beaucoup mêlé aux autres ; sauf avec elle. Sauf avec celle avec qui il partage une partie de ses croyances, de ses rites, et surtout le sentiment d'être étranger à ce monde, à cette culture qui se considèrent si meilleurs.
Les souvenirs positifs affluent, donc, et il se prend même à esquisser un sourire - qui disparaît, vite, quand les images plus récentes arrivent. L'affrontement contre Steppenwolf, l'invasion des Parademons... la défaite. L'échec. La mutilation. L'humiliation.

Par réflexe, Orin touche sa main gauche, désormais amputée, comme tout son avant-bras. Il l'a remplacé par les ruines de la main magique offerte par la Dame du Lac, mais... cela ne tient guère. Il doit se concentrer au maximum pour créer cinq doigts de cette étrange eau magique - mais il n'y arrive pas, là.
Pour le moment, sa main n'est qu'une boule informe d'eau, qu'il glisse généralement dans un gant de son vieux costume - qu'il n'aime plus mettre, mais que les Atlantes attendent et espèrent comme symbole ; il ne l'a pas mis, aujourd'hui, préférant une allure plus souple, une combinaison divergente.

Il l'a fait pour une raison - il n'est pas Aquaman, ici, et il considère même qu'il ne l'est plus du tout. Pas encore, en tout cas.
Il n'est pas non plus Arthur Curry... il est Orin. Il est le Roi d'Atlantis.
Il est ici en représentant d'une Nation fière et puissante - et religieuse. Attachée notamment à Poséidon, le dieu-tutélaire de son peuple.

Orin soupire, et secoue la tête ; il sait. Il sait ce qu'il s'est passé à Gotham City. Il sait ce que Diana a fait... ce qu'elle a dû faire. Il comprend. Et il sait ce qu'elle veut lui dire, elle qui a sollicité cette entrevue.
Sa main valide se crispe sur la rambarde ; il sait ce qu'elle veut, oui. Il sait ce qu'il va répondre, aussi.
Et il sait, enfin, que cela va précipiter ce monde, ces mondes... dans la Guerre.
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MessagePosté le: Sam 30 Déc 2017 - 0:01
L’île était frappée par les vagues, mise à mal par les courants violents qui viennent s’y échouer et écartée de l’histoire quotidienne de la Surface par les mers, les flots, la distance et l’oubli. Diana n’y avait jamais mis les pieds, bien qu’elle en connaisse l’existence ; bien que, à plusieurs reprises, son nom ait pointé le bout de son nez dans ses nombreuses conversations avec Arthur. Il lui en avait alors parlé comme d’un endroit austère, un endroit trop silencieux et mort, vestige d’une époque effacée, oubliée et ignorée, et elle avait enchaîné avec une description de Themyscira. Elle se rappelait encore de ses mots, l’attention particulière qu’elle avait voulu porter à la couleur de l’océan autour de son île natale et à la douceur des eaux quand elle s’y aventurait. A l’époque, Arthur n’avait alors jamais vu l’île des Amazones. A l’époque, ils avaient tous les deux tout un avenir devant eux, un avenir qu’ils n’auraient jamais pu deviner.

Les semelles de Diana crissèrent sur le sol rocheux et friable de l’île. Bazilia s’étendait devant elle, différente du tableau qu’Arthur avait peint pour elle à l’époque – la ville était revenue à la vie et son activité bourdonnait devant elle. Elle resta un instant debout sur les roches, le regard posé sur les portes de la base Atlante, et le vent emmêlant les mèches de ses cheveux qui dépassaient de son casque. Arès avait fait le choix du lieu de cette rencontre, et, comme chacun de ses actes, chacun de ses mots, son choix n’était pas innocent. Bazilia était une base militaire, le rappel d’un passé belliqueux et d’intentions bien éloignées de toute notion de paix. Il avait suffi d’un mot, d’un sceau à l’image du vautour - aux ailes porteuses de destruction – de sa part, et la ville avait surgi de ses cendres. Le monde s’agitait. La Guerre s’avançait.

Le visage de Diana se ferma. Elle fit signe à la garde qu’Arès avait mis à sa disposition, et ils se mirent en route derrière elle, le pas mesuré et régulier - militaire. Les armures des soldats d’Arès cliquetaient derrière elles. C’était des créatures mi-vivantes mi-mortes, des êtres ramenés des Enfers et dont les existences avaient été vouées à la guerre et à la destruction – certaines d’entre elles laissaient paraître, entre les plaques couvertes d’entailles de leurs armures, un éclat blanchâtre sinistre et morbide qui n’était pas sans rappeler l’image d’os nettoyés par le temps. Leurs armes étaient rouillées mais efficaces, et leurs yeux brûlaient d’une faim avide qu’aucun met ne pourrait assouvir. Les soldats funestes portaient une odeur putride et menaçante qui ne laissait rien de leur nature à l’imagination – ou du sort qu’ils réserveraient à quiconque se dresserait contre eux.

Et c’était Diana Prince qui les menait. Le menton levé, les poings serrés et sa stature enveloppée par une cape épaisse, elle faisait entrer dans la ville destruction et chaos, sans même ciller. Elle ne s’arrêta pas quand elle passa les portes, et elle ne ralentit pas non plus quand les Atlantes se tournèrent vers elle. LE chemin se libéra de lui-même, la guidant directement vers le palais – ou, plutôt, le bâtiment de commandes – et elle ne brisa pas la cadence une seule fois. Son regard glissa à peine sur le bâtiment dont elle se détourna, préférant mener son funeste cortège dans des allées lissées par le temps et le vent, et bien moins entretenues que la rue principale. Des voix s’élevèrent autour d’elle mais elle n’y prêta pas attention. L’ordre dans son esprit était clair, direct. Les indications l’étaient tout autant. Elle savait où allait, et elle savait qu’elle n’avait pas le droit à l’erreur. Un Atlante tenta de s’interposer pour lui indiquer le centre de commandes, mais Diana l’ignora avec superbe. Elle dégagea son bras de sous la cape, et les pans de cette dernière volèrent dans son dos, emportée par sa vitesse, révélant ainsi sa tenue et l’épée qu’elle tenait fermement par la garde, malgré la lame rangée dans le fourreau aux reflets cuivrés. L’Atlante recula, Diana garda son regard rivé droit devant elle.

Elle finit par déboucher sur une petite terrasse dont elle aurait encore pu admirer la beauté, il n’y avait pas si longtemps de cela. Mais elle n’était pas là pour s’extasier de l’éclat argenté de l’océan, des rayons de soleil qui venaient s’échouer contre les vagues dans une explosion de lumières, ou de l’étendue bleuté qui semblait ne pas avoir de fin. Son regard resta rivé sur la silhouette des plus familières devant elle.

Elle s’arrêta et les soldats s’arrêtèrent derrière elle, en rangs parfaits. La guerre, aussi chaotique soit-elle, est une affaire d’ordre. Le pouvoir n’accepte aucune erreur, aucun brouillon. Diana était là, à Bazilia, en tant qu’ambassadrice de ce pouvoir et de cet ordre, celui qui ne laissait de place à rien d’autre.

« Roi de l’Atlantide, » commença-t-elle, et sa voix s’éteignit.

Elle voulut demander des nouvelles, s’assurer que le dernier combat n’avait pas laissé de séquelles morales en plus de physiques, mais ses mots restèrent des pensées autour desquelles elle érigea des murs épais qui ne laissaient passer aucune lumière.

« Je viens à ta rencontre pour porter la parole d’Arès, Dieu de la Guerre et de la Destruction, Dieu Vengeur, Fils de Zeus et Meurtrier d’Halirrhotios, fils de Poséidon. »

Diana marqua une pause, la provocation répandant un goût ferreux dans sa bouche.

« Mon Maître te remercie de lui avoir accordé cette séance, » finit-elle par conclure.

Et si la provocation lui avait laissé un goût de sang dans la bouche, la mention d’Arès comme étant son maître lui donna l’impression d’avoir été poignardée. Elle garda son regard rivé sur Arthur, l’air aussi fermé que possible. Wonder Woman n’était plus, et c’était avec Wonder Woman qu’Aquaman avait noué des liens, c’était avec elle qu’il s’était battu, et c’était elle qui aurait fait n’importe quoi pour lui venir en aide.

Mais, comme Arthur pouvait le voir à la tenue qu’elle portait, mais aussi de sa posture jusqu’à la façon dont elle le regardait et s’imposait sur cette petite terrasse, Wonder Woman n’était plus.
Il avait devant lui la Générale en chef d’Arès.


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MessagePosté le: Sam 30 Déc 2017 - 9:34
Orin l'a entendue venir.
A vrai dire, comme Atlante, il dispose de sens améliorés - surdéveloppés, diront certains ; tout simplement supérieurs à la faiblesse humaine. Il l'a donc entendue venir, avant même que ses hommes, ses soldats, lui fassent quelques signes discrets, depuis des terrasses inférieures, pour le prévenir.
Inutile - il savait déjà ; mais gentil. Ils voulaient bien faire. Ils voulaient aider. Ils ont pris quelques minutes dans leur routine, dans leurs tâches, pour le prévenir.
Gentil, oui. Cela justifiera une sanction affaiblie, pour n'avoir pas respecté les ordres.


"Je n'ai accordé aucune séance au père d'Alcippe."

Les mains gantées posées sur la balustrade, le Roi d'Atlantis laisse son regard fixer l'horizon, les flots, les cieux, au loin ; il ne la regarde pas.
Il ne se retourne pas vers elle, même s'il entrevoit au coin de son champ de vision l'allure guerrière de la jeune femme et la troupe décharnée et immonde qui l'accompagne. Il ne lui offre nul salut, nul bienvenu. Il ne la regarde pas.
En soi, il ne la respecte pas - il l'insulte. Il le sait. Il le fait exprès.


"Et je n'ai accordé aucune séance à ton Maître - car tu n'en as pas. Tu ne dois pas en avoir."

Il soupire, lourdement, de manière théâtrale ; il l'a appris de Bruce, ce petit tour. Et il l'apprécie beaucoup.

"Tu ne devrais pas en avoir."

Volontairement, le monarque secoue la tête, bouge légèrement ses cheveux longs dont il ne sait pas vraiment quoi faire - puis se tourne, lentement. Enfin.

"Diana, par Poséidon..."

Il fait un pas vers elle, et tourne enfin son profil pour faire face à la jeune femme ; la voir directement, et non plus seulement du coin de l'oeil, est encore pire. Sa barbe fournie cache légèrement la grimace qu'il ne peut retenir - mais elle ne sera pas dupe. Elle le connaît. Elle sait.
Elle sait ce qu'il pense. Et il n'entend rien cacher. Il ne lui rendra pas la partie facile, quelle qu'elle soit.


"... que s'est-il passé ?"

Aquaman laisse son regard glisser sur elle, et une émotion brute, une tristesse réelle, apparaît dans ses yeux. Même s'il a décidé de quitter la Surface, de couper les liens avec ses anciens amis et alliés... il n'y arrive pas ; il n'y arrive pas vraiment.
Diana... a toujours été à part ; différente. Par leurs valeurs et croyances communes, par leurs histoires, par leurs rapports complexes aux Hommes, ils sont... proches. Vraiment, proches.
La voir ainsi lui fait mal - beaucoup. Il voudrait l'aider. Il voudrait la prendre dans ses bras. Il voudrait la consoler, et la sauver.

Mais il n'en fait rien.
Il est Roi. Il est meneur de millions d'âmes, dont le Futur dépend de cette séance ; il a des responsabilités. Qui dépassent ses sentiments. Comme toujours.


"Enfin... abandonne immédiatement la rhétorique mythologique. Halirrhotios a violé Alcippe, et Arès a eu toute raison de le tuer ; Poséidon ne l'a accusé que par ego et par image, et il a laissé Hermès défendre et remporter le procès. Laissons là ce Passé qui ne nous concerne guère... et parlons de ce qui nous intéresse. De ce que nous vivons."

Orin croise les bras, et cache inconsciemment sa main gantée formée par une eau magique qu'il ne contrôle guère, avec laquelle il ne parvient pas à former réellement des doigts ; il en a honte, et ne veut pas la montrer. Sa posture défensive en dit, déjà, beaucoup.

"Que veut celui que tu prends pour ton Maître ? Qu'espère-t-il d'Atlantis ?"

Toute trace de douceur, de tendresse, de tristesse a disparu dans ses yeux.
Il n'y a plus que la force, la détermination, le pouvoir.
Le Roi.


"J'ai permis cette séance. J'ai accepté la venue de soldats en armes dans mon Royaume. J'ai autorisé la Générale d'Arès de me parler - mais mon temps est précieux ; je dirige un Royaume, je ne passe guère mon temps à mener des guerres.
Parle, Diana. Parle, et voyons ce que le grand Arès veut."


Il est froid. Il est dur. Il est violent. Il est sans concession.
Il le sait.
Une partie de lui veut l'aider, la soigner, la sauver - mais une autre, plus grande encore, lui rappelle la vie des Atlantes, et son devoir ; mais il ne peut oublier Diana. Il veut, il va concilier les deux... sauver tout le monde. Mais ce sera difficile, cela demandera de la grâce et du talent - et il n'en a plus beaucoup, depuis son échec.

Il faudra être fort, et patient ; et taper dur, pour la troubler et la pousser à bout.
Il est prêt à cela.
Diana... est une amie. Une proche. Qu'il doit sauver.
Quoi qu'il en coûte.
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MessagePosté le: Mar 2 Jan 2018 - 20:16
Diana n’était pas sans ignorer les doutes d’Arthur, les échecs qui l’avaient poussé à se réfugier dans les profondeurs des océans, mais alors qu’il se tenait devant elle, si droit et si fier, malgré son visage marqué, malgré la main qu’il tentait tant bien que mal de camoufler, il avait plus que jamais l’air d’un roi. Elle aurait voulu pouvoir lui dire, elle aurait voulu pouvoir lui apporter soutien et amitié, mais il y avait désormais entre eux une ligne qu’elle n’avait pas le droit de franchir. Pour le moment. Arès tenait toujours l’âme de Bruce, et au moindre faux pas, il mettrait sa menace à exécution. Après ça, elle serait bien trop facile à briser. Non. Ce qu’il lui fallait c’était du temps. C’était ruiner l’accord entre Arès et Hadès. C’était agir en parfaite Générale. C’était ne pas dire à Arthur qu’elle était heureuse de le revoir à la surface, de le revoir sur pieds. De le revoir tout court.

C’était gardé son visage fermé, dépourvu de sentiments, et garder le menton haut, les poings serrés. Elle était soldat d’Arès. Elle était main armée de la Guerre. Elle était de l’autre côté de la ligne. Arthur avait bien compris – Arthur, déjà, lui faisait face comme un ennemi. Il était définitivement un meilleur roi qu’il ne le pensait. Elle saisissait les insultes, le manque de respect, la provocation, brute et à peine camouflée.

« Arès est mon maître, » dit-elle simplement.

Elle ne répondit pas aux questions d’Arthur. Elle ne le pouvait pas. Elle ne le laissa pas avoir non plus la douleur qu’elle ressentait à l’idée de lui faire face de la sorte, en tant qu’étrangère et de son incapacité à lui répondre franchement. Elle aurait voulu pouvoir lui confier qu’elle avait peur, qu’elle essayait, oui, mais qu’Arès avait, pour la première fois, un réel pouvoir sur elle, et que ce pouvoir aussi la terrifiait. Elle aurait voulu pouvoir tirer son épée de son fourreau – cette épée qui n’était même plus celle que les Dieux, ses Dieux lui avaient offerte – et décapiter ces monstruosités qui patientaient dans son dos. Mais les règles du jeu avaient changé et Arthur ne devait plus voir en elle aucune trace de l’amie. Si sa priorité était Bruce, chaque membre de la League, chaque allié, chaque ami devait être convaincu. Elle n’était plus Wonder Woman. Arthur ne devait pas essayer.

Elle était prête à être très convaincante.

« Mon Maître tient à remercier les Atlantes. L’animosité de ton peuple envers le monde des Hommes n’a jamais failli, et a été une source de pouvoir constante pour mon Maître. Il m’envoie en gage de gratitude, afin de vous tendre la main et vous offrir ce que vous avez toujours voulu : vengeance sur ceux qui, toujours, vous rejetteront et vous blesseront. »

Diana resta plantée sur ses deux pieds, la tête levée et les épaules tendues. Elle connaissait son discours sur le bout des doigts, et elle avait l’intention d’en dire chaque mot, peu importait la répulsion qu’ils lui causaient. Les créatures à ses côtés n’étaient peut-être plus vivantes ou capables de la moindre décision réfléchie, Diana n’était pas dupe. Les oreilles d’Hadès traînaient, et sa rencontre avec Arthur serait relatée avec détails à Arès. Ce n’était pas à elle de se battre pour cette victoire : c’était à Arthur.

« Arès a senti chacune des pertes que vous avez subies, et il déplore l’assujettissement d’un des derniers royaumes des Patrons grecques. Il souhaite vous donner une chance de vous élever à votre juste place et de récupérer le respect qui devrait être le vôtre en le rejoignant dans son combat contre le monde des Hommes. Il promet ainsi au Roi de l’Atlantide la sûreté de son royaume en échange. » Diana prit une profonde inspiration. « Mon Maître souhaite te faire comprendre qu’il n’est pas seulement le Dieu de la Guerre, mais aussi celui de la vérité – de la seule vérité qui compte. Et cette vérité est la suivante : tant qu’Atlantis sera présente dans le monde des Hommes, jamais ces derniers ne vous laisseront en paix. Belliqueux et profondément malsains, ils n’auront de cesse de chercher à vous détruire et vous réduire en esclavage. »

Diana plongea son regard dans celui d’Arthur. Elle était consciente des oreilles qui traînaient autour d’eux, des curieux, de la portée de sa voix. Le danger était partout.

« Mon Maître, Arès le Grand, est prêt à vous sauver de cette vérité. »


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MessagePosté le: Mar 2 Jan 2018 - 20:52
Les bras toujours croisés, Orin fixe Diana.
Il ne bouge pas. Il ne parle pas. Il ne réagit pas. Il ne lui donne rien - absolument rien.
Et il attend. Longtemps.

Il a conscience que ce silence, cette tension qui s'installe a vocation à mettre l'Amazone mal à l'aise, à créer le trouble, à favoriser la gêne, à provoquer une souffrance psychologique ; il le sait. Il en joue.
Jamais son regard ne quitte le visage de Diana, jadis doux et tendre, désormais rongé par la violence, la brutalité, la trahison, la douleur. Jamais il ne s'attarde ailleurs. Jamais il ne s'intéresse aux créatures à ses côtés. Jamais il ne dévie, non.

Orin ne fixe qu'elle.
Et créé, pour elle, cette tension, cette pression sur le point d'exploser...


"Non."

... et qui explose, en fait, avec ce seul mot qu'il prononce.
Avec une voix terrible, avec une intonation de fin du monde, avec la puissance et l'assurance d'un Roi.


"Je refuse."

Cette autre phrase, les quatre syllabes qui suivent sont lâchées sur le même ton, avec la même violence psychologique ; ce sont des gifles, en fait. Des gifles verbales.
Il en a conscience - il le fait à dessein. Et, même, avec un peu de plaisir vicieux.


"Je refuse... autant la proposition, que l'appréciation qu'a le grand Arès de lui-même et de mon Royaume."

Lentement, théâtralement, le monarque déplie ses bras, et se décale légèrement sur le côté. Sa crinière blonde s'élève doucement sous le mouvement, mais son regard demeure fixé sur elle ; jamais il ne dévie, non.

"Le Royaume d'Atlantis a une histoire compliquée avec la Surface, c'est indéniable... faite de violences, d'incompréhensions, de luttes, d'abus, de destructions, et d'oppositions ; je ne peux le contester.
Mais, d'une part, je refuse ce que le Dieu de la Guerre propose - car cela vient en opposition totale avec ce que je souhaite, ce que je défends, ce que je veux créer entre les deux mondes de mon existence - mais je considère, aussi, qu'il s'agit d'une insulte."


Ses paupières se plissent, et son regard se fait plus terrible... plus violent, plus agressif ; plus menaçant, définitivement.

"Et, surtout... reste sérieuse, Diana. Je sais que tu es obligée de répéter ce qu'Arès te dit, mais reste sérieuse. Arès, Dieu de la Vérité ? Arès, protecteur ? Arès, sauveur ?"

Un faux sourire glisse sur son visage barbu - un sourire cruel, brutal, provocant.

"Tu m'as insulté... et ton discours n'est qu'une plaisanterie. Reste sérieuse, Diana. Nous parlons de sujets importants, voyons."

La provocation continue, encore - et il ajoute le geste à la parole, en se détournant définitivement d'elle. En quelques pas, il s'approche de la balustrade, et pose ses avants-bras dessus, n'offrant que son dos et son mépris à l'Amazone.

"C'est non, Diana. Non à la proposition, qui entend violer et mettre à bas tout ce en quoi je crois. Non à l'insulte. Non à la plaisanterie."

Orin soupire, et secoue la tête, lassé.

"Oh, Diana... jusqu'où es-tu tombé..."

Provocation, encore. Cruauté, toujours.
A dessin, évidemment.
Il veut la chercher - il veut frapper au coeur, en pleine âme ; il veut qu'elle réagisse. Il veut qu'elle sorte d'elle-même, de ce rôle, de ce carcan. Il veut la libérer, oui.
Quoi qu'il en coûte.
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MessagePosté le: Mer 3 Jan 2018 - 21:48
Les armures des créatures d’Hadès cliquetèrent dans le dos de Diana. Elle entendit les plaques rouillées par le temps et la mort s’entrechoquer et grincer, et les soldats d’outre-tombe s’agacer, leurs bouches fermées sur les grognements qu’ils réprimaient à peine. Les yeux d’Arthur étaient plongés dans les siens, si bleu et si intense, brûlant de provocation. Elle voyait ce qu’il essayait de faire, la réaction qu’il voulait tirer d’elle, et elle était coincée entre l’envie de lui faire savoir, par n’importe quel moyen, qu’elle était d’accord, qu’elle était en colère et terrassée, et l’envie – non, l’obligation de garder tout ça sous secret. Elle ne jouait pas seulement pour son honneur, pour tous ces idéaux qu’elle avait défendu au long de sa vie. Si Arès voulait faire de la vérité son arme la plus vile, elle ne pouvait rien faire. Elle ne pouvait que s’écarter et laisser le Dieu mener sa bataille comme il le souhaitait.

Alors elle soutint le regard d’Arthur, et se servit des provocations de ce dernier, de la justesse de chacun de mots qu’il employa et qui la frappèrent en plein cœur, pour épaissir le mur autour d’elle.

« Tu refuses, » dit-elle.

Ce n’était pas une question. Juste une affirmation. Les soldats dans son dos s’agitaient. Ils avaient reçu pour ordre de l’accompagner jusque dans la ville, jusqu’au roi de l’Atlantis, mais les provocations si évidentes d’Arthur ne semblaient pas les laisser de marbre. Diana était surveillée, et Arthur l’était aussi. Si elle appréciait grandement sa justesse d’esprit et l’honneur qu’il avait à se tenir écarter d’une telle offre, elle aurait voulu qu’il passe en silence certaines de ses insultes à peine déguisées. Ses mains étaient liées et son rôle écrit jusqu’au moindre mot. Elle ne pouvait pas tirer son épée maintenant – c’était bien trop tôt. La victoire ne serait pas à la clé.

« Je suis sérieuse, » répliqua-t-elle, finalement. « Tout comme l’est la proposition de mon Maître. Elle est également unique. Si tu persistes dans ton refus, ton égo provoquera la ruine de ton peuple. Arès est sur le point de prendre ce monde, et son règne, déjà, a commencé. »

Elle releva le menton et son regard se ferma un peu plus, sa coquille maintenant changée en montagne sous laquelle elle était cachée, loin de tout regard. Chaque mot qu’elle disait la déchirait, mais elle ne pouvait faire autrement, et tout dépendait de son jeu d’actrice. Alors elle s’enterrait un peu plus, à chaque parole.

« J’en suis la preuve vivante. Autrefois championne des Dieux de l’Olympe, je sers Arès, désormais. Et que tu le veuilles ou non, il en sera de même pour toi. Tu ferais mieux d’accepter si tu veux en tirer le moindre avantage, car le Dieu de la Guerre n’est pas connu pour sa pitié. »

Elle savait que sa rencontre avec Arthur était son premier test. Si elle ramenait l’aide d’Atlantis, les doutes d’Arès en seraient largement amoindris, et si elle échouait, elle ferait face à une sanction sans précédent. Elle ne pouvait laisser Arès annexer le royaume d’Arthur, mais elle ne pouvait pas le laisser croire qu’elle n’avait pas essayer. Sa marge de manœuvre était infime, presque impossible, mais elle était bel et bien là. Arthur, lui-même, lui en avait montré le chemin. Elle allait jouer son jeu, elle allait faire semblant de marcher et de tenter de le faire plier. Elle allait le provoquer.

« Je ne suis pas tombée, » reprit-elle, d’une voix forte. « En réalité, je me suis élevée au-dessus des chaînes qui me retenaient autrefois. Tu es fou, Arthur Curry, si tu penses que tu peux échapper aux foudres d’Arès. Tu tomberas, mais pas avant d’avoir vu tout ceux qui te sont chers mourir sous sa hache. C’est ta folie qui te perdra. »

Elle fit un pas vers Arthur. Il lui tournait toujours le dos, mais ça valait mieux. Elle ne voulait pas voir l’expression sur son visage.

« Crois-tu réellement que chaque Atlante sera d’accord avec toi ? Mon discours et la proposition d’Arès ont été entendu et ils se répandront, comme un feu qui ne peut être éteint. Tu n’es plus un assez bon roi pour maintenir l’ordre dans ton royaume. Tu n’es qu’une épave, diminué par tes peurs et tes échecs. »

Elle marqua une pause, la main serrée si fort sur la garde de son épée que ses jointures en étaient blanchies.

« Dis-moi, Aquaman, combien d’Atlantes nous rejoindront, selon toi ? Combien d’entre eux ne pourront jamais pardonner la Surface pour ce qu’ils leur ont fait subir – et à juste cause ? Le jour de la grande bataille, quand tu mèneras ton pays affaibli vers le combat, combien d’Atlantes verras-tu s’élever contre toi ? »

Les soldats derrière elle faisaient maintenant tellement de bruit, à s’agiter et s’exciter, que le cliquetis sonnait désormais dans ses oreilles comme une musique sinistre, un comte à rebours mortel, un rythme venu tout droit de l’enfer et composé pour les champs de bataille ensanglanté.

Elle aurait voulu être la seule victime du combat qu’elle menait actuellement, être la seule à saigner intérieurement, mais elle avait peur que ses mots n’aient tranché leur lot de chairs eux aussi.

« Epargne-toi l’humiliation d’être le pire Souverain des océans. Rejoins Arès. »
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MessagePosté le: Jeu 4 Jan 2018 - 9:36
Orin n’a pas bougé.
Durant tout le discours de Diana, durant toutes ses réponses, il est resté au même endroit – les avant-bras sur la balustrade, les yeux perdus sur l’horizon océanique, la main mutilée légèrement cachée par l’autre, par honte.
Il n’a pas bougé, il n’a pas réagi. Mais il a tout écouté, et tout compris.

Il a senti, bien sûr, les troubles, le malaise, le mal-être de Diana ; il la connaît assez pour cela. Il sait maintenant qu’il y a encore Wonder Woman en elle, que cette dernière veut sortir mais est retenue par la farouche volonté de l’Amazone. Et si elle la cache, si elle l’enferme régulièrement, et s’immerge pleinement dans le rôle que lui a donné Arès, il peut lire entre les signes… et comprend, vraiment, qu’il y a encore de l’espoir pour elle.
Mais le chemin du retour, de la rédemption, du sauvetage sera long ; et il n’est pas sûr de pouvoir l’accompagner sur cette voie.


« Tu es sérieuse, tu dis. »

Sa voix est dure, terrible.
Elle n’a plus rien de doux, elle n’a plus rien de sympathique, elle n’a même plus rien de diplomatique.


« Tu. Es. Sérieuse. »

Il détache chaque mot, chaque syllabe à dessein, pour en souligner la signification. Le ton se durcit encore, se fait brutal et menaçant.
Autoritaire, surtout. Royal.


« Tu exiges une entrevue. Tu amènes des soldats dans mon Royaume. Tu me fais une proposition en violation totale avec mes valeurs, ma politique, mes projets. Tu m’insultes. Et tu sous-entends des projets d’insurrection, tu envisages une sécession dans mon peuple, tu évoques une rébellion que tu veux favoriser… et tu me menaces, et tu me rabaisses.
Sans jamais noter ma décision, sans jamais l’enregistrer, sans jamais l’accepter. Et tu dis être sérieuse. »


Les yeux encore rivés sur l’Océan, il soupire, secoue la tête – puis se retourne, et plonge un regard terrible, absolu sur elle.
L’instant d’après, un bruit étrange se fait entendre depuis l’eau, plus bas… et Orin lève soudain sa main libre, valide.
Des flots s’échappe soudain un objet, qui vole, file directement vers lui ; il s’en empare, et l’oriente directement vers les troupes d’Arès. Apparaît alors une vague d’eau, produite par magie, qui se constitue en mur autour des créatures, les bloquant dans une prison aquatique.


« Oh, j’ai été très sérieux également, Générale d’Arès. Peut-être aurais-tu dû l’être autant que tu te vantes de l’être. »

Il lève l’objet tiré des flots, le plante dans le sol et l’active encore…
… pour que Diana puisse sentir l’extraordinaire pouvoir du Trident de Poséidon, qu’il possède et qu’il vient déjà d’utiliser.

« Quitte ce lieu. Quitte mon Royaume. Retourne chez ton Maître – et rapporte-lui chacune de mes paroles.
Atlantis a enregistré son offre, et Atlantis la refuse. Atlantis anéantira quiconque tentera de la séparer, de l’affronter, de l’envahir, de la soumettre – personne n’a jamais réussi cela, et nul, ni dieu ni homme, n’y parviendra jamais. »


Sa voix est terrible, mais il ne l’élève pas ; son ton est violent, mais posé.
L’effet n’en est que plus violent.


« Je ne suis pas Arthur Curry. Je ne suis pas Aquaman.
Je suis Atlantis. »


Il s’avance, alors. Un pas suffit.
La menace est claire, la démonstration de force aussi ; il n’a même pas besoin de rajouter un mot, la suite est logique.
La guerre couve ; et il ne tient qu’à Diana d’en subir les premières foudres si elle maintient sa présence ici…

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