Chap. II: i'm sorry about the blood in your mouth, i wish it was mine

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MessagePosté le: Sam 30 Déc 2017 - 1:56
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Coast City.

Diana leva la tête vers le ciel nocturne, vers les étoiles qu’elle devinait à peine dans la pollution éclairée qui s’élevait en halo au-dessus de la ville. Quelque part, tout là-haut, à des années lumières de sa ville natale et de la planète bleue, Hal Jordan s’évertuait à défendre l’Univers ou faire tourner en bourrique les Gardiens d’Oa. Il ne savait rien de ce qu’il se tramait chez lui, rien des dangers qui guettaient sa ville, et encore moins que la source n’était autre que Wonder Woman – Wonder Woman qui l’avait autrefois épaulé dans la défense de cette ville si importante pour lui. C’était plus facile comme ça, au moins, plus facile de mener sa mission à bien si Hal ne traînait pas dans le coin, avec ses grandes piques et son amitié si facile à rassurer et si … rassurante.

Diana se secoua mentalement et détourna le regard. Coast City était une ville militaire, une ville dont l’importance avait été décuplée après la nomination du Green Lantern John Stewart à la tête de l’A.R.GU.S. De nombreuses décisions étaient prises dans les bâtiments aux épais murs bétonnés qui occupaient l’ouest de la ville, des décisions majeures et aux conséquences multiples mais contrôlées par le gouvernement, par ceux qui avaient assez de pouvoir pour fourrer leur nez où ils le voulaient. Ce soir, sans qu’ils ne s’en rendent compte, un peu de ce contrôle s’était détaché de leurs mains et avait été transféré à Arès. La présence de ce dernier, son activité désormais fleurissante dans le monde des Humains réveillaient des conflits endormis et des sentiments refoulés. Coast City, comme toutes les villes abritant un quelconque pouvoir de feu, était une des cibles d’Arès, une boîte de pétri abritant une culture de chaos et de désir de vengeance. Frappés de plein fouet par ce besoin de rébellion et de chaos, les gens s’entrechoquaient et les paroles échangées se faisaient provoquantes, aiguisées. Les vérités changeaient pendant ces moments-là, balance et équilibre disparaissaient, et la vérité se faisait toxique, vengeresse, mais, ainsi nourrie par le feu de la colère, elle était puissante, presque indestructible.

C’est pourquoi, quand le lasso de la vérité s’était noué autour du torse d’un commanditaire de la base militaire de Coast City, ce dernier avait oublié toute notion de justice, tous les idéaux qu’il avait juré de défendre bien des années auparavant, quand il entré dans l’armée. Il avait envoyé des mails, passé des coups de fils, et laissé une empreinte brûlante derrière dans la base, sans que Diana n’ait besoin de faire quoi que ce soit, à part tenir le lasso et exiger du général la vérité pure et dure. Elle avait assisté à l’écroulement de cette dernière, elle l’avait vu s’effriter puis emporter avec elle les années que Diana lui avait consacré, les batailles qu’elle avait menées en son nom et la force qu’elle avait pu tirer de sa foi en la vérité.

Elle l’avait pensée plus puissante que tout. Autrefois, elle y avait vu la possibilité de rédemption pour le monde des Hommes et son arme la plus efficace, son refuge le plus protégé. Elle avait perdu tout ça en l’espace d’une seule nuit.

Diana se détourna de la vue qui s’étendait à ses pieds. Coast City se réveillerait sur une chaine de commandement brisée, des armes volées, des menaces de mort et un conflit potentiel toujours plus proche. L’étau d’Arès se faisait plus insistant. Sa main se refermait – la main, dont Diana avait joué le rôle ce soir-là.

Le visage fermé, elle enfonça sur sa tête le casque à deux cornes qui avait remplacé la tiare qu’elle avait laissée à Gotham. Elle avait laissé bien des choses, à Gotham, mais la plus importante de toute n’avait pas été oubliée sur un toit désert de la ville, et c’était tout ce qui comptait. C’était à cette pensée qu’elle s’accrochait maintenant que la vérité lui avait fait faillite. Si Gotham était devenue la tombe de Wonder Woman, elle n’était pas un cimetière et l’Amazone qu’elle avait été était le seul nom gravé sur le monument aux morts qui surplombait la ville.

Diana se figea dans l’obscurité qui recouvrait la façade est de la ville, celle dont le relief offrait nombreuses opportunités de randonnées aux citadins amoureux du sport du dimanche. Ainsi perchée sur un des dénivelés qui offraient une vue plongeante sur Coast City, elle crut d’abord à un rêve, à un tour joué par la nuit et ses dernières pensées, mais les crissements de graviers dans son dos brisèrent toutes ses illusions.

Inutile de se demander comment il avait fait pour la trouver. En fait, elle ne lui poserait aucune question. Elle ne pouvait pas. Il n’aurait pas dû être là. Il n’aurait pas dû. (Le cœur de Diana s’emballa.) Bon sang, mais que faisait-il ici ?! (Il était là. Il était là.)

« Non, » lança-t-elle dans le vide qui s’étalait devant elle. Elle n’osait pas se retourner. Parce que derrière elle, la vue serait bien plus dense, bien plus intense.

« Tu ne devrais pas être là. »

Le poids du casque sur sa tête se fit encore plus présent, encore plus terrible. Elle sentit les traits de son visage se tirer, son regard se fermer et ses muscles se tendre. La cape s’alourdit sur ses épaules, et l’espace d’un court instant, elle eut peur de ne pas pouvoir bouger, mais quand elle décida finalement de se retourner, son corps lui obéit presque sèchement, froidement.

Il s’imposa à elle, les contours de sa silhouette noyés dans la nuit autour d’eux. Il n’avait plus aucune limite, son être s’étalait autour d’elle et la bloquait au sol. Diana s’emmura - elle et sa nervosité, sa terreur soudaine et la chaleur de le revoir devant elle, entier, vivant, solide - et elle scella sa prison avec de la froideur, du détachement et de l’indifférence.

« Va-t’en. Tu as fait une erreur en venant ici ce soir. Une erreur stupide. »




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MessagePosté le: Sam 30 Déc 2017 - 9:57
La nuit est froide et sombre, dans Coast City.
Si la ville est connue pour son soleil, sa joie de vivre, son cadre agréable, tout le monde sait qu'elle a un côté sombre - une ombre, même. Celle-ci a été longtemps repoussée, stoppée, anéantie même par Green Lantern, son célèbre et extraordinaire défenseur ; mais même lui n'a rien pu faire quand l'ombre fut trop forte... quand l'ombre a recouvert Coast City, après des années de frustration.
D'abord grâce à Mongul et Cyborg-Superman, puis Darkseid, qui ont à chaque fois anéanti la ville ; mais, à chaque fois, elle fut reconstruite.

Coast City demeure, est revenue.
Elle vit avec son ombre, maintenant ; son Passé. Sa douleur.
Ses ténèbres.

Alors que la Générale d'Arès s'accorde un regard perdu et mélancolique sur Coast City, depuis les hauteurs de la base militaire, elle sent... elle découvre une présence.
Une présence qu'elle refuse. Une présence qu'elle ne supporte guère. Une présence qu'elle s'interdit, qu'elle n'accepte pas.
Une présence qui s'impose, définitivement.


"Non."

Une voix lourde, terrible, s'élève des ombres - et une silhouette s'en détache. Lentement.

"Tu as commis une erreur."

Des bottes renforcées claquent, à chaque pas. Lent, oui. Régulier. Terrible.
Il approche.


"Tu as manipulé, contrôlé et utilisé un Général américain, avec ton Lasso. Tu as utilisé une arme divine sur un Mortel. Et tu n'as pas vérifié qu'il suivait bien tous les protocoles de sécurité."

Un pas. Puis un autre. Puis encore un autre.
Il approche. Il est presque derrière elle.


"Il a été repéré. Il a été identifié. Les alertes ont été données. L'A.R.G.U.S. a été sur le point d'intervenir - John Stewart est prêt, ses troupes aussi. Mais ils ne viendront pas.
Pas avant mon signal."


Les pas, les sons s'arrêtent. Il est là.
Il est derrière elle.


"Tu as raison, oui... je ne devrais pas être là. Je ne devrais plus être là."

Il soupire, bruyamment - puis se décale, sur le côté. Pour se faire voir. Pour qu'elle le découvre, au coin de son oeil. Pour qu'elle voit...
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... le Batman, dans un nouveau costume. Plus fort. Plus résistant. Plus adéquat.

"Je suis mort, Diana. Arès m'a tué. C'est ainsi."

Sa voix demeure modifiée, forte ; lourde.
Mais elle le connaît - ils se connaissent. Elle sent une pointe différente, une douceur, une tendresse, une affection réelle qui se détachent de chacun de ses mots, de chaque syllabe prononcée.


"Mais tu m'as ramené."

Il s'avance, encore. D'un pas.

"Tu t'es sacrifiée. Tu as sacrifié tes valeurs, ton esprit, ton âme - ton être. Tu as tout donné, pour moi."

Une culpabilité sourde règne encore dans son coeur, suite à cet événement - culpabilité de n'avoir pas été à la hauteur, culpabilité de n'avoir pas su se défendre, culpabilité d'être tombé dans le piège d'Arès, culpabilité d'avoir poussé Diana à sacrifier autant.
Il y a quelques jours, encore, cette culpabilité le rongeait - le bloquait ; il était brisé. Vaincu. Anéanti. Ecrasé, par ce poids, ce remords, cette sensation de n'être rien, de ne pouvoir rien, d'avoir fait perdre sa Lumière au monde, et de n'avoir aucune possibilité d'agir.
La culpabilité demeure ; mais elle ne le bloque plus. Grâce à Barbara, Tim, Alfred... elle ne le bloque plus ; elle le motive. Elle l'anime.


"Laisse-moi faire de même."

Lentement, tendrement, Bruce lève sa main - et la tend vers Diana.
C'est... elle. C'est toujours elle. Même dans cette posture, même dans cette agressivité latente, même dans ce comportement terrible, même dans ce costume qui souligne ses courbes mais rappelle la violence qui anime désormais son âme ; c'est toujours elle, il le sait. Il le sent.
Il le veut.


"Laisse-moi te sauver, à mon tour."

Il s'avance encore d'un pas, et esquisse un sourire... sincère. Plein d'un espoir réel, faible il le sait, mais réel.
Il veut y croire. Il veut espérer. Il veut tenter.
Il veut la sauver.
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MessagePosté le: Mar 2 Jan 2018 - 20:13
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La main de Bruce se tendit dans la nuit, et Diana se vit très clairement la prendre. Elle sentit presque ses doigts effleurer le matériau qui recouvraient ceux de Bruce, et elle imagina, avec bien trop de précision, le poids qui se soulevait de ses épaules. Tout rentrerait alors dans l’ordre : son rôle dans le monde, le combat qu’elle menait et les innocents qu’elle jurerait de sauver seraient de nouveau assurés qu’elle lèverait toujours la voix pour eux. Le choix qu’elle avait fait sur Gotham, quelques jours plus tôt, n’avait pas été fait sur un coup de tête. Il ne s’était peut-être écoulé que quelques minutes entre le moment où elle s’était imaginée dire ou et celui où elle avait réellement dit oui, mais ces quelques minutes avaient suffi. Elle avait tout vu, tout calculé, tout su. Les conséquences de ce choix avaient toutes été prises en compte. Elle se savait puissante, oui, mais elle n’était qu’Amazone et non Déesse. Elle pouvait être arrêtée. Son chagrin, la violence qui l’aurait alors assailli, la peur… la peur, si terrible, elle n’aurait rien pu faire contre ça. Elle aurait tout perdu. Elle n’aurait plus jamais été la même. Au moins, avec ce choix, elle laissait au monde une chance. Elle laissait aux innocents une autre personne qui pourrait s’élever pour eux. Ce n’était pas elle.

Alors elle ramena sa main sur la garde de son épée et serra ses doigts autour du métal, le contact de la nouvelle lame confiée par Arès inhabituel contre sa peau.

« Tu a fait une erreur en venant ici, » répéta-t-elle en guise de refus.

Elle utilisa son autre main pour repousser celle de Bruce en donnant un coup sec contre son bras, et ses yeux lancèrent des éclairs.

« Je me fiche de l’A.R.G.U.S et John Stewart, » siffla-t-elle. « Je pourrais les détruire, lui et ses troupes, sans même essayer, mais tu es idiot si tu penses que tu es le seul à avoir des renforts. »

Elle appuya sur ce dernier mot délibérément. Elle voulait qu’il comprenne. Elle voulait qu’il regarde dans ses yeux et que, aussi sûrement qu’elle s’imaginait à ses côtés de nouveau, il imagine ce qu’il se passerait si les dits renforts venaient à pointer le bout de leurs nez. Elle voulait qu’il comprenne. Ses mains étaient liées.

« Je n’ai pas besoin de ton aide, » reprit-elle, sa voix claquant dans les airs, aiguisée comme une lame. « Et même si c’était le cas, tu crois que je viendrais te voir, toi ? Tu as raison, tu es mort. Parce que tu es mortel. Tu es mort. »

Ses intonations faisaient de cette vérité une insulte, une tentative de rabais, mais le reste de son corps en faisait une plaie encore béante, une hémorragie interne qui jamais ne se refermerait. Elle ne voulait pas qu’il voit dans ce qu’elle disait une preuve de son insuffisance, elle voulait qu’il y voie sa vérité. Si elle ne faisait même que tendre la main vers lui, il s’écroulerait. Elle n’était pas dupe, Arès n’avait pas confiance en elle, et si elle était à Coast City en mission solo, elle n’était certainement pas solo. Au moindre doute, le Dieu – son Maître – récupèrerait son dû et renverrait l’âme de Bruce sur son long chemin solitaire à travers le Styx. Oh, Diana ne voulait pas qu’il lise dans ses propos l’insulte et le manque de respect, elle voulait qu’il devine sa mise en garde, ce qui lui arriverait si jamais elle faiblissait et retournait près de lui.

Elle voulait qu’il arrête d’essayer, parce qu’elle ne voulait plus avoir à refuser. Elle ne voulait plus avoir à lui parler de la sorte. Elle ne voulait plus de la plaie béante.

« Je sers Arès, désormais, » rajouta-t-elle. « Tu ne peux rien contre moi. »

Tu ne peux rien pour moi.

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MessagePosté le: Mer 3 Jan 2018 - 14:09
Bruce garde la main levée, tendue. Son visage demeure crispé, fragilisé par les épreuves, par la tension et par le trouble qui l’anime – et qui ne concerne pas uniquement la culpabilité d’être responsable du basculement, du sacrifice de Diana. Son âme est emportée par une tempête, une douleur qu’il n’arrive pas à identifier, qu’il ne veut pas identifier, mais qui l’anime… le motive.

Il conserve ses doigts tendus, donc, et attend.
Son cœur est serré, par la tension, la peur, la pression, l’attente.

Et, enfin… la réponse.
La réponse attendue. La réponse crainte. La réponse brutale. La réponse qui blesse.

Diana repousse sa main, rejetant violemment ses doigts contre lui ; la douleur physique est légère, la souffrance psychologique est terrible. Bruce prend néanmoins sur lui, et demeure de marbre, figé, immobile, stoïque et silencieux durant les réponses de la jeune femme.
Il l’écoute. Il analyse chaque mot, chaque parole, chaque argument.
Il prépare sa réplique.


« En effet. »

Qui ne tarde pas à venir – sitôt Diana a-t-elle terminé qu’il enchaîne, qu’il répond.

« Je suis Mortel. Je suis mort. Je suis… vieux, aussi.
Et tu es… une Amazone. Une guerrière. Jeune, immortelle, puissante. Et générale d’Arès. »


Les mots font mal, car ils sont vrais. S’il a pu se remotiver, se reprendre, se retrouver grâce à ses proches, il ne peut fuir ces paroles – ces faits.
Il est Mortel. Il est mort. Il est vieux.
Et elle… elle est Diana. Wonder Woman. Un océan, un continent, un monde, un Univers les séparent – mais cela ne change rien.


« Je ne peux rien contre toi. »

Lentement, prudemment, le Chevalier Noir s’avance, fait un pas – et se penche un peu en avant, pour souligner ses prochains mots.

« Mais je peux quelque chose pour toi. »

Sa voix se fait plus forte, plus déterminée.

« Je sais ce que tu es, maintenant – je sais ce que tu as fait. Je sais pourquoi tu l’as fait.
Jamais… jamais je ne pourrais te remercier, Diana. Jamais je ne pourrais te dire combien cela compte, combien cela me touche, combien cela m’importe. Jamais je ne saurais faire autant pour toi, que toi tu as fait pour moi – mais laisse-moi essayer. »


Sa voix, si puissante, se brise dans ce dernier mot. L’émotion perle, bondit à chaque souffle, à chaque mouvement de son visage.

« Laisse-moi te ramener. Laisse-moi t’aider. Laisse-moi… te sauver. »

Bruce relève sa main, celle qu’elle a refusé, celle qu’elle a rejeté ; et il la tend, à nouveau, vers elle.

« Je sais que tu peux anéantir l’A.R.G.U.S., je sais que tes pulsions nouvelles te le demandent, je sais quels monstres t’accompagnent… je sais, Diana. Je sais tout. »

Il est Batman ; il n’a même pas besoin d’expliquer comment, sa connaissance de l’ampleur des drames qui affectent Diana, celle qui compte tant pour lui, est évidence.

« Viens. Rejoins-moi. Abandonne Arès… et laisse-moi, laisse-nous t’aider. Je ne suis pas seul, tu ignores qui tient à m’aider et à te ramener – laisse-nous t’aider.
Quoi qu’Arès fasse, quoi qu’il tente, quoi qu’il décide, quoi qu’il ose… nous gérerons. Nous l’avons toujours fait. Et tu sais comment. »


Bruce s’avance encore d’un pas, et esquisse un sourire timide, faible, mais plein d’un espoir réel.

« Ensemble. »

Prudemment, il lève son autre main – et attend.
Il veut la sauver. Il veut la ramener. Il veut tout faire pour elle, comme elle l’a fait pour lui ; quelque soit le prix.

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MessagePosté le: Mer 3 Jan 2018 - 21:51
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Pourquoi n’abandonnait-il pas ? Oh, elle avait vu dans son éternelle détermination les meilleures qualités d’un leader, d’un guerrier, d’un défenseur de l’humanité par le passé. Elle avait vu dans sa façon de se relever, de faire face et de garder les dents serrées tant de choses à admirer. Kal-El n’était pas de ce monde, et, bien qu’ayant grandi comme tout autre terrien, il n’avait jamais été de ce monde, mais Bruce… Bruce était ce qu’il y avait de meilleur chez l’homme. Elle avait été favorisée par les Dieux, aidées par ces derniers, puisque les deux premiers hommes à qui elle s’était réellement attachée dans ce nouveau monde corrompu et injuste avaient été les deux meilleurs. Steve Trevor et Bruce Wayne.

Mais, bon sang, pourquoi n’abandonnait-il pas ? Ne voyait-il pas que ce n’était pas une bataille qu’il pouvait gagner, cette fois-ci. Il n’avait pas les armes nécessaires, il n’était même pas au courant des enjeux. Elle ne voulait pas de ses remerciements, elle ne voulait pas de ses mains tendues. Elle ne voulait pas de lui près d’elle. Elle voulait qu’il prenne sa détermination, son courage et ses qualités de guerriers, et qu’il s’en serve pour défendre le reste du monde. Pas elle. Elle ne le méritait plus. Pas après ce qu’elle avait fait. Et surtout, il risquait sa vie. Sans même s’en rendre compte, il risquait sa vie. Elle avait l’impression de voir une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, et elle ne le supportait pas.

Elle savait ce qu’elle avait fait, et elle en connaissait les raisons. Elle ne regrettait pas.

« Tu ne sais pas, » le contredit-elle, les dents serrées.

Elle jeta un regard autour d’elle, les muscles tendues, sa posture crispée et sur ses gardes. Quand elle reporta ses yeux sur Bruce, ils s’adoucirent légèrement, mais elle ne se détendit pas pour autant.

« Tu ne sais pas, » répéta-t-elle. « Si tu savais, tu ne serais pas là. Tu n’as aucune idée de ce que tu risques en me parlant de la sorte. »

Elle marqua une pause, le cœur bondissant contre sa poitrine. Au moindre faux-pas, elle craignait de voir Bruce s’écrouler à ses pieds. Elle avait déjà vécu cette situation une fois, et son esprit en portait encore les séquelles. Invincible, elle ? Foutaises. Cet homme, en face d’elle, cet hommes aux bras tendus tenait l’arme la plus dangereuse contre elle. Et elle le savait. Elle était terrifiée.

« Je me fiche de l’identité de celui ou celle qui tient à t’aider. Tu te trompes. Je ne suis plus un champ de bataille. Je suis une victoire, et pas la tienne. C’est trop tard, c’est fini. »

Elle jeta un de nouveau un regard nerveux autour d’elle avant de reporter son attention sur le Batman.

« Ecoute-moi bien, » finit-elle par souffler. Sa voix avait perdu toute trace d’agressivité, de fureur. Il n’y avait désormais que supplique et peur. « Si tu sais réellement pourquoi je me suis sacrifiée, pourquoi j’ai fait ce choix, alors tu dois me croire. Fais-moi confiance. Détourne-toi. Je ne devrais pas être ta priorité actuellement. »

Diana se mordit les lèvres pour empêcher la vérité de s’échapper. Elle ne pouvait rien dire des attaques prévues, des rencontres politiques et des alliances créées dans l’ombre. Mais il fallait qu’il comprenne, il fallait qu’il réalise que dans l’immédiat, elle était une cause perdue. Il fallait qu’il s’occupe de la défense du monde, qu’il prépare les héros pour Arès. Elle ne pouvait pas le ralentir. Et s’il avait réellement compris les raisons qui l’avaient poussée à s’offrir en sacrifice à Arès, à délaisser tout ce qu’elle avait pu être, alors il devait comprendre qu’elle n’abandonnerait jamais. Elle n’était pas la mission la plus urgente à cet instant, voilà tout.

« Laisse-moi partir, » reprit-elle. « S’il te plaît. »

Elle redressa la tête et son visage se ferma de nouveau, ses yeux se firent froids et distants. Elle glissa son épée hors de son fourreau et en baissa la pointe, l’éclat de la lame donnée par Arès malgré tout menaçant.

« Ne m’oblige pas à te forcer. »


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MessagePosté le: Jeu 4 Jan 2018 - 10:49
Bruce s’est ouvert à elle.
Bien plus qu’avec aucun, aucune autre. Bien plus loin qu’avec aucun, aucune autre. Bien plus profondément, bien plus tendrement, bien plus passionnément qu’avec quiconque.
Il s’est ouvert – il s’est offert, même. Pour la ramener. Pour la convaincre. Pour la sauver.

Et elle refuse.

Alors que Diana réplique, alors qu’elle rejette sa proposition, sa sollicitation, sa supplication, lui garde les mains tendues, le visage rongé par l’espérance ; il reste ainsi, longtemps.
Mais il finit par baisser les mains – par adopter à nouveau une expression figée et sombre.

Bruce le fait quand, après quelques mots habituels et prévisibles de refus, sur un ton arrogant et suffisant, Diana… lui dit quelque chose. Lui dit réellement quelque chose.
A ce moment, ce n’est plus la Générale d’Arès qui parle, ce n’est plus l’Amazone vaincue et corrompue – c’est bien elle. Wonder Woman. L’Héroïne. Diana. Sa Diana.
Elle lui parle, donc. Elle lui souffle quelques mots, quelques conseils, quelques paroles… quelques révélations. Et, quand elle termine, quand elle reprend ce ton agressif pour retrouver ce masque qu’elle se force, il le sait maintenant, à mettre – lui baisse les mains, donc.

Et il demeure silencieux pendant plusieurs instants, le regard fixé, derrière ses étranges lunettes, sur elle. Silencieux, donc. Et figé.
Mais cela ne dure pas.


« Je sais, Diana. »

Sa voix est lente, traînante. Elle n’est plus demandeuse, elle ne supplie plus ; elle est calme, posée. Déterminée, surtout.

« Je sais ce que tu as fait – pourquoi tu l’as fait. A qui tu as dû t’inféoder. Ce qu’il compte faire – de toi et de ce monde. Je sais, Diana… et ce que j’ignore, je l’envisage, je l’imagine. Je le crains. »

Wonder Woman ne sait rien, réellement, de ce qu’il a fait, de ce qu’il a lancé depuis qu’Arès l’a tué et qu’elle s’est sacrifiée pour lui. Le Dieu de la Guerre prépare une stratégie et a des plans pour dominer le monde ; il a sa tactique et la lance.
Mais Bruce, lui, agit aussi – et ses mouvements sont beaucoup plus simples à lire que ceux d’Arès.


« Et si je ne le laisserais pas agir… si je l’arrêterais… si je m’opposerais à lui… »

Le Batman déclare la guerre au Dieu de la Guerre.

« … je ne te laisserais pas partir. »

Un sourire triste, désespéré, glisse un instant, un instant à peine sur ses lèvres, avant de s’effacer dans les ombres.

« Tu peux me forcer à disparaître, tu peux me repousser, tu peux continuer à t’enfermer dans ce discours qu’il t’impose – tu peux me frapper, me battre, me blesser. Tu peux faire tout cela, tu en as le pouvoir.
Tu peux tout cela, Diana. »


Il soupire, secoue la tête – puis lève ses mains gantées pour les poser sur son masque, qu’il enlève lentement. Et révèle son visage, son vrai visage, rongé par la fatigue, la douleur de la voir ainsi, mais surtout une détermination absolue à l’emporter.

« Mais tu ne peux pas me forcer à te laisser partir. »

Bruce lâche le masque, qui tombe lourdement au sol… et il fait le pas qui le sépare de Diana, et pose doucement, tendrement, passionnément sa main sur l’épaule de la jeune femme.

« Tu as donné ta vie, ta liberté, tes valeurs, ton combat, ton âme… pour moi. Je sais ce que je risque. Je sais ce qu’Il risque et voudra me faire ; je sais.
Mais… je ne peux pas, Diana. Je ne peux pas te laisser. Pas après ce que tu as fait. Pas après… »


Sa voix se brise, ses lèvres s’entrouvrent ; il hésite. Il réfléchit. Il cherche.

« Je ne te laisserais pas partir, et tu ne pourras pas me forcer.
Quoi qu’il arrive – quoi qu’il en coûte – je me battrais. Pour toi. »


Un sourire, plein d’espoir, s’esquisse sur son visage.

« Et rien ne m’empêchera de te ramener. »

Il y croit – vraiment. Et il le fera.
Il se battra, contre Arès, contre ses plans, mais surtout pour elle ; pour la ramener. Pour la sauver.
Pour elle.

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MessagePosté le: Jeu 25 Jan 2018 - 22:04
I'm sorry about the blood in your mouthI wish it was mine

A chaque mot que disait Bruce, l’air se teintait d’amertume et de colère – d’impuissance, Oh, Diana savait qu’il se tenait prêt pour la moindre des alternatives, que son esprit avait déjà prévu mille et un scénarii et qu’il avait travaillé sur un plan, pour chacun d’entre eux. Mais, s’il se doutait que les fers métaphoriques qu’elle portait autour de ses poignets ne cessaient de resserrer et qu’Arès avait l’arme parfaite à utiliser contre elle, il ne savait pas exactement les termes de cette association vile et sournoise qui l’obligeait à courber l’échine devant son pire ennemi. Mais elle, elle savait. Elle savait pertinemment qu’Arès observait, qu’il écoutait et surveillait. Et elle savait que chaque seconde qu’elle passait aux côtés de Bruce ne pouvait être que parce que le Dieu de la Guerre l’avait d’abord autorisé. Il faisait de cette conversation un jeu. Tel était le réel pouvoir d’Arès, Dieu de la vengeance, de la guerre et du chaos : sa présence était tel du poison, une maladie infectieuse, jusque dans tout ce qu’il y avait de plus beau.

La main que posa Bruce sur l’épaule de Diana était douce et délicate. Pourtant, elle brûla la peau de cette dernière tant la colère lui emplissait le cœur. Elle avait déjà donné tout ce qu’elle avait de plus cher au Dieu de la Guerre, il n’avait pas le droit de jouer avec ce qu’il se passait, avec sa conversation avec Bruce.

Sauf que, le problème était bel et bien là : elle le lui avait donné, le droit.

Diana ferma les yeux un bref instant, le visage légèrement penché, l’obscurité de la nuit recouvrant une partie de ses traits.

« Tu as gardé la tiare, n’est-ce pas ? » murmura-t-elle, aussi bas que possible, dans un effort désespéré de préserver cette mention de la personne qu’elle était réellement à l’abri de l’emprise d’Arès. Sa voix lui donna l’impression de résonner dans la nuit autour d’eux. Partout où elle regardait, elle croyait voir la silhouette armée de son nouveau maître. « Rends-moi service, garde-la précieusement. Elle est précieuse pour mes soeurs. »

Elle dévisagea Bruce, le masque de ce dernier au sol, et redressa finalement le visage avec un soupir. Elle voulut ajouter quelque chose, mais jamais les mots ne se formèrent, puisqu’au moment où ils atteignirent sa gorge, cette dernière se noua sous l’assaut très reconnaissable d’une vague de magie, certes discrète, mais malgré tout parfaitement claire. Arès s’était lassé de son jeu, la victoire était sienne, et nul ne l’ennuyait plus qu’un champ de bataille oublié. Il était temps de passer à autre chose, de gagner autre chose. Le temps de Diana s’était épuisé. Elle devait se détourner où il mettrait sa menace à exécution, et son sacrifice perdrait alors tout son sens.

Diana enroula ses doigts autour du poignet de Bruce, la matière si spéciale de ses gants tiède sous son contact. Le regard plongé dans celui de Bruce, elle lui fit retirer sa main de son épaule.

« Rentre chez toi. Prépare-toi pour la Grande Guerre, » le somma-t-elle. « Ce combat est fini. »

Sans le quitter des yeux, elle fit un pas en arrière. Puis un autre. Avec le troisième vint le dégainement de son épée – de l’épée qu’Arès lui avait donnée – et la menace silencieuse. Il pouvait essayer, certes. Mais il échouerait.

Alors elle se détourna, finalement, et rajouta nombre de pas à ces trois premiers. Il était temps de partir. Bon sang, elle espérait que Bruce ne cherche pas réellement à l’arrêter… Elle n’aurait pas le choix, pas avec la menace silencieuse qui pesait sur sa tête. Il était venu jusque là pour elle, il essayait tout pour elle… Il l’avait supplié.

Tel était, en effet, le réel pouvoir d’Arès, Dieu de la vengeance, de la guerre et du chaos : sa présence était du poison et Diana s’était faite mordre par le serpent.


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Chap. II: i'm sorry about the blood in your mouth, i wish it was mine 386562Rien
MessagePosté le: Ven 26 Jan 2018 - 9:44
Bruce veut, doit récupérer Diana ; et, pour ce faire, il se livre entièrement. Il s’offre, littéralement, à elle, en abandonnant ses valeurs, ses principes, sa morale, son ego et tous les éléments qui auraient pu le faire reculer.
Il s’offre. Il quémande. Il supplie. Il s’abaisse, au plus bas possible.

Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour réussir.
Mais ce n’est pas assez.

Avant même qu’elle ne parle, avant même qu’elle n’évoque la tiare, il a compris.
Le léger fléchissement de son corps. La micro crispation de ses muscles. L’étrange modification d’un tic de son visage – il comprend. Avant même qu’elle ne change de sujet, qu’elle s’occupe d’un élément extérieur, mais fondamental pour son identité, il sait ce qu’il se passe.
Il a échoué.

Elle ne reviendra pas. Elle ne lui reviendra pas.
Pas maintenant.
Alors que l’Amazone retire, lentement mais avec une force réelle, sa main gantée de son épaule, lui maîtrise sa respiration et son corps ; discipline. Contrôle. Concentration.
Détermination.


« Je la conserve. »

Bruce la laisse faire, et recule d’un pas. Il prend une grande inspiration, et se redresse par réflexe, par fierté.

« Et je te la rendrais. »

Les mots sont prononcés en un souffle, en murmure.
Mais il se décale, encore ; et lève, légèrement, sa main pour l’inviter à… partir.
Elle a raison, pense-t-il. Cette bataille est finie. Mais ce n’est qu’une bataille.


« A bientôt, Diana. »

Il la fixe… il fixe l’arme, il fixe l’attitude, il fixe la posture ; puis recule, encore. Et admet, donc, sa défaite.
Ou presque.


« Au fait… j’ai une question. »

L’Amazone est sur le point de partir, de quitter les lieux ; d’échapper à cette ambiance, à cette atmosphère, à cette chape horrible qui s’est abattue sur elle depuis qu’il est arrivé. Elle est sur le point de pouvoir fuir… quand il prononce ces mots.
Avec une voix soudain… mielleuse ; et provocante.


« Pour celui qui nous écoute, nous voit et te force à agir. »

Son regard, démasqué, demeure fixé sur elle.
Mais c’est à lui qu’il s’adresse.
C’est pour lui que son ton devient soudain lourd, devient soudain brutal, devient soudain terrible.


« Dis-moi. »

Ses muscles se gonflent, ses doigts se crispent. Son attitude s’extrémise.

« Dis-moi, Arès. Est-ce que tu… est-ce que les dieux saignent ? »

Et, comme si la Nature s’était alliée au Chevalier Noir, un coup de tonnerre suit ces mots terribles.

« Car tu vas. »

Bruce recule d’un pas – mais ce mouvement a tout, ici, de la conquête, et rien d’une hypothétique défaite.

« Saigner. »

Et, après un regard animé d’une flamme farouche et immortelle, il se détourne.
De Diana, un peu. D’Arès, surtout.
Et s’enfonce dans les ombres, en récupérant le masque.

Cette bataille est terminée, oui.
Mais son vainqueur est loin d’être assuré.

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MessagePosté le: Mar 30 Jan 2018 - 16:42
I'm sorry about the blood in your mouthI wish it was mine

La voix de Bruce la rappela à l’ordre et la détourna, inévitablement, de l’obscurité dans laquelle elle était sur le point de s’enfoncer. Répondant plus à ses instincts qu’à la curiosité d’Arès dont elle sentait le poids malsain sur ses épaules, elle s’arrêta et se retourna, ses yeux se posant sur Bruce sans la moindre hésitation. Elle avait senti qu’il avait compris, d’une façon ou d’une autre, ce qu’elle s’était fixé comme objectifs. Elle n’avait pas abandonné. Elle se battait juste sur d’autres fronts, des fronts qui ne mettraient pas la vie de Bruce en danger et il avait saisit cette nuance. Il avait accepté de la laisser partir, mais la façon dont il la regardait actuellement, le visage démasqué mais les yeux brillant d’un feu dont lui seul avait le secret n’avait rien d’une tentative pour la retenir.

Diana se tourna complètement vers lui et alors que la voix de Bruce s’aiguise et se fait aussi tranchante que l’épée toujours dans sa main, la présence d’Arès à ses côtés s’alourdit, s’horripile du défi à peine caché dans la voix de Bruce.

Mais la question de ce dernier… La question de ce dernier donne l’opportunité à Diana d’entrevoir la colère du Dieu de la Guerre de voir un simple mortel, dont la vie est toujours dans le creux de sa main divine, oser se dresser de la sorte contre lui. Incapable d’y résister, ses yeux toujours posés sur Bruce, elle se fendit d’un large sourire extatique. Ils étaient dans deux équipes différentes, lui dans la défense de l’humanité et elle œuvrant pour sa destruction, mais au fond, ils se battaient toujours ensemble. Ils restaient un duo excellent. Elle ne pouvait qu’applaudir cet ultime coup qu’il venait de décocher à leur ennemi commun, accepter la défaite de son camp avec respect. Et c’est ce qu’elle fit, toujours en souriant, les yeux pétillants et le cœur revigoré par cette rencontre.

« Mon Maître salut ta créativité, mais il te confirme que l’Amazone de Bana-Mighdall ne sera jamais à la hauteur, que, tout comme pour le reste de son peuple, il ne reste plus de grandeur chez elle. »

Ses propos étaient menaçants, mais la tentative désespérée d’Arès pour reprendre le dessus sur la conversation était futile et dangereuse – pour lui-même. S’il cherchait à indiquer sa claire supériorité, il la perdit cependant à l’instant même où les mots quittèrent les lèvres de Diana. C’était une chose de pouvoir observer son ennemi dans l’ombre, mais c’en était une autre d’en fournir les preuves à ce dernier et de lui donner la chance de contrer cet avantage stratégique. Arès était comme ce qu’il prônait : la Guerre, contrairement à ce qu’il aimait faire croire, ne répondait à aucune règle, juste au besoin viscéral d’écraser et de prendre le dessus. Bruce l’avait poussé à bout, et Arès avait été incapable de faire autre chose que de riposter, au risque de perdre sa reine dans la partie. Tant pis.

Alors, certes, les propos de Diana étaient menaçants, mais le regard qu’elle posait sur Bruce était pétillant et fier. Elle approuvait la décision de Bruce d’aller chercher Artémis. C’était exactement ce qu’elle avait essayé de lui dire, ce soir maudit, sur le toit. Il fallait qu’il se concentre sur ce qui pouvait la mettre hors d’état de nuire plutôt que sur ce qui pouvait la ramener. Elle n’était pas surprise de le voir ainsi droit et préparé devant l’adversité, et elle aurait aimé à se tenir à ses côtés. Mais puisque ça lui était impossible, elle pouvait au moins se réjouir de ses choix, admirer son courage et être fière de sa combativité. Quel duo, en effet. Guerrier et guerrière.

Poussée par la fureur d’Arès, Diana se détourna finalement une fois pour toute, son épée toujours en main. Elle ne jeta pas un seul regard par-dessus son épaule, mais elle était parfaitement consciente de la présence de Bruce qui s’éloignait d’elle. Son cœur était cependant un peu plus léger, malgré l’étau invisible des serres d’Arès qui se refermaient autour d’elle, sa colère mordante et brûlante. Elle paierait le prix de tout ce qu’elle avait fait et dit, de ses sourires et de son approbation, elle le savait. Mais rien de ce qu’Arès ne pourrait lui faire ne lui ferait plus mal que ce qu’il avait déjà fait. Elle endurerait les coups, la torture et tout ce qu’il pourrait lui faire, parce qu’elle avait enduré la perte de son identité, de sa fierté.

Et il ne pourrait jamais rien faire contre la force qu’elle tirait de la certitude que Bruce se battait de nouveau à ses côtés. Jamais.

Elle prit donc son envol pour retourner près de l’Usurpateur sans craindre ce qui l’attendait. Elle n’était plus seule.



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