[WoA] Mon meilleur ennemi [Ra's - Bat]

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MessagePosté le: Mar 27 Fév 2018 - 10:29
L'Himalaya est l'un des rares recoins du monde que la main de l'homme peine encore à atteindre - l'un des ultimes bastions de la nature face à la gangrène purulente de la civilisation.
Si ses étendues neigeuses sont inhospitalières à la race humaine, ce n'est pas pour autant qu'il est dépourvu de vie, singes, serpents et autres léopards des neiges habitants ses sommets - et représentant autant d'obstacles supplémentaires pour les malheureux qui auraient la folle idée d'entreprendre l'ascension.

L'Annapurna n'en est peut-être pas le mont le plus élevé, mais il en est assurément le plus mortel ; plus de soixante personnes y ont déjà trouvé la mort - et si une expédition est bien parvenue à en triompher il y a plus de cinquante ans de cela, plus aucun pied ne l'a foulé depuis lors. Ou presque.
La difficulté - l'impossibilité, même - que constitue son ascension pour le commun des mortels, ainsi que sa faune très territoriale, en font une retraite idéale pour qui n'a pas peur d'y connaître la mort.

Une personne qui aurait la sottise d'aller en explorer les crevasses - et y parviendrait sans se rompre le cou - pourrait, avec ce qu'il faut de chance, de patience et de lumière, discerner dans la falaise abrupte un léger renfoncement.
Et si une curiosité aussi absurde que malsaine poussait cette même personne à s'en approcher de plus près - là encore au mépris de toute considération pour sa propre vie -, il est possible qu'elle découvre un tunnel étroit s'enfonçant dans les profondeurs du pic népalais.
Enfin, si cet individu insensé pénétrait dans les ténèbres de ladite galerie, il se pourrait, après une longue marche, qu'il aboutisse à quelque chose qui n'est pas censé être là ; en l'occurrence, une paire de torches encadrant une porte blindée, de ces modèles qu'on dit capable d'encaisser une apocalypse nucléaire.

Sans aucun doute, seul un dément se risquerait à cogner à cette porte après être arrivé jusque là - à vouloir vraiment voir ce qui se trouve de l'autre côté.
En toute logique, plus l'on fait d'efforts pour cacher quelque chose, plus il y a de chances pour qu'elle soit dangereuse, d'une manière ou d'une autre ; et, d'après les précautions prises ici, il ne serait pas étonnant qu'elle mette en péril le monde entier.
En ce jour précis, cet improbable pèlerin dérangé n'aurait toutefois pas besoin de toquer - car il trouverait la porte ouverte ; entrouverte, tout, du moins, suffisamment pour indiquer que les indestructibles serrures n'en étaient pas verrouillées, comme dans l'attente d'un visiteur.
Et si, en dépit de son poids titanesque, son double battant demeure pratiquement silencieux, c'en plus qu'il n'en faut pour attirer l'oeil de l'homme qui, confortablement assis dans un fauteuil, résident d'une ébauche de salon, s'adonne sous sa protection aux joies de la lecture.
Le regard de Ra's Al Ghul.

Ah, détective. Je vous attendais.

La Tête de Démon referme et pose sur ses genoux le livre qu'il était en train de lire - l'une des œuvres illustres de Sir Arthur Conan Doyle dans son édition originale, qu'il ne doute pas que son adversaire a lu également.
Toutefois... Sont-ils vraiment ennemis, aujourd'hui encore ? La frontière est parfois floue, et ce malgré la force avec laquelle l'estimable guerrier à la chauve-souris essaie de se convaincre qu'il ne sera jamais à son image. Le sourire aux lèvres, il désigne les deux récipients de porcelaine - vides - qui occupent une table basse à ses côtés.

Vous prendrez bien une tasse de thé ?


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MessagePosté le: Mar 27 Fév 2018 - 13:04
L’Himalaya.
L’un des derniers espaces encore indomptés de ce monde. L’une des dernières zones définitivement sauvages de la Terre. L’un des lieux de mystère, de puissance, mais surtout de dangers absolus.
L’Himalaya. La puissance de la Nature, pure et absolue.



Qui se déploie, notamment, quand les cieux se couvrent ; quand une tempête menace, puis explose. Quand la Nature reprend ses droits, et rappelle sa puissance dans l’une de ses cathédrales.
En ces cas, en ces périodes, nul n’ose s’avancer dans les cols, les pentes, les chemins de traverse ; nul, ni guide, ni sherpa, ni aventurier, ni explorateur ne tente l’impossible défi de gravir ces montagnes terribles, hallucinées et hallucinantes.
Nul de sain d’esprit, en tout cas.


« Hughn. »

Un grognement s’élève discrètement dans la furie de la tempête ; un grognement humain.
Un homme s’avance, en effet, parmi les éléments déchaînés. Un homme relève le défi. Un homme challenge les montagnes et la Nature. Un homme s’avance, donc.
Un homme fou, définitivement ; il le faut, pour être ici et s’approcher. Un homme fou.
Un homme follement acharné, surtout.

Malgré l’ampleur des difficultés, il continue – un pas après l’autre ; et avance. Il y arrive. Il fait fi des difficultés, des douleurs, des handicaps ; il avance. Et il approche de sa destination.
Dans un coin de la montagne, dans un flanc escarpé et inconnu, à l’abri des regards et des curiosités – une cavité. Une entrée. Un havre, non pas de paix, mais de violence, de secrets, de morts, de complots ; une zone plus calme, malgré tout. Enfin, plutôt moins exposée au vent, essentiellement.

Un craquement sinistre se fait entendre, et un flanc de la montagne s’écroule ; derrière lui.
L’homme se retourne, et fixe la tempête, les flocons, les zones brisées. Il acquiesce, doucement, remercie la chance éternelle qui n’a cessé de l’accompagner, en lui refusant constamment le repos mortel auquel il aspire parfois, puis continue. Encore.
Il approche de la cavité. Il approche de l’entrée. Il prend sur lui, inspire et continue…

… car le Batman n’est définitivement pas quelqu’un qui abandonne ; surtout dans de telles circonstances. Surtout quand tant est en jeu.

La suite apparaît plus simple, même si toujours dangereuse.
Quand il parvient enfin à la cavité, il parvient à s’extraire de l’abominable tempête, et perd quelques instants précieux à enlever la nage, et secouer ses vieux os ; jadis, il n’aurait pas eu à le faire. Jadis, son corps jeune et alerte aurait encaissé toute difficulté, sans rechigner.
Mais c’était jadis – les temps ont changé, son corps aussi.

L’âge est passé.
Il n’est plus aussi jeune. Il n’est plus aussi fort. Il n’est plus aussi vif, ou complet
Heureusement, il est devenu bien plus dangereux qu’avant.

Lentement, ses bottes claquent sur le sol de la cavité, en vérité un couloir creusé à même la pierre. Des torches le guident, et il laisse son regard glisser sur eux ; il n’y a pas de piège, ici. Il le sait pour connaître ces lieux, mais aussi pour connaître leur maître – son hôte ne s’abaisserait pas à une attaque ici. Il a d’autres valeurs, d’autres goûts pour cela.

Il ne lui faut que quelques instants pour rejoindre la porte, pour une fois ouverte… pour une fois sans garde.
Sans un mot, silencieux, le Batman pénètre à l’intérieur – et découvre une salle, une pièce imposante, mais bien moins que celui qui l’attend.


« Ra’s al Ghul. »

Un titre, plutôt qu’un nom.
La véritable identité de l’homme qui lisait, jusque-là, une édition originale d’une œuvre d’Arthur Conan Doyle, et qui prend volontairement son temps pour le fixer et s’adresser à lui, demeure inconnue.
Plusieurs fois centenaire, mauvais jusqu’à l’âme, cet homme a volontairement défié le Temps pour assurer sa puissance et son contrôle envers un monde qu’il considère comme le sien, par titre et par droit. S’il manipule et exerce son pouvoir dans l’ombre, il demeure le responsable de drames par milliers, et de morts par millions.


« Pas de thé. »

Lentement, le Chevalier Noir s’avance, et vient se placer au centre de la pièce.
Il se méfie, bien sûr.
Il connaît l’autre. Il connaît l’immortel. Il connaît le monstre. Il connaît celui qui menace, depuis toujours, ce monde que lui a juré de protéger.
Il le connaît, car il l’a si souvent affronté, si ardemment combattu qu’ils en sont devenus intimes ; proches. Dangereusement et agressivement proches.


« Tu sais pourquoi je suis ici. »

Accessoirement, le Batman a partagé la vie de la fille de l’adversaire, a enfanté un héritier, et a même été longtemps considéré comme son seul digne successeur.
Cela aussi a créé des liens.
Des liens que Bruce aimerait, dans ses rêves les plus sombres, serrer autour de la gorge de l’ennemi.


« Quelle est ta réponse ? »

Le ton est sec, froid ; direct.
Il sait qu’il n’aura pas une réponse facilement. Il sait que l’autre jouera. Il sait que la partie ne fait que commencer.
Mais.
Mais elle sera lancée selon ses règles ; et son rythme. Il n’a pas de temps à perdre, que cela soit noté et acté.

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MessagePosté le: Mer 7 Mar 2018 - 0:16
Ra's sourit - et cela aurait suffi à glacer les sangs de quiconque sait vraiment qui il est. Pas le Batman, bien sûr - et c'est bien pourquoi il est digne d'être ici, dans ce repaire loin des regards, loin du monde, où son vieux rival ourdit qui sait quelle sombre machination.

Comme vous voudrez. Ubu ?

Le colosse se dégage de l'ombre où il était tapi jusqu'alors. Si son allure le rend intimidant par nature, le Chevalier Noir s'y est suffisamment frotté pour savoir que s'il voulait s'en prendre à lui, ce serait déjà fait. Mais ni lui ni son maître ne semblent nourrir d'intentions hostiles à son égard, en tout cas pour le moment. Il est ici leur invité - comme tout et toute chose dans cette mise en scène est fait pour le rappeler, jusqu'au second fauteuil inoccupé face à celui du maître des lieux.
Ce dernier le lui indique d'un geste de la main alors qu'Ubu fait le service, étrangement habile dans ses gestes pour un homme de sa corpulence - un rappel discret mais non moins présent au fait qu'il a, lui aussi et comme chacun des siens, suivi le cursus de la Ligue des Assassins.

La chauve-souris annonce clairement ne pas être là pour échanger des aménités, mais Ra's ne compte pas le laisser imposer sa loi. Il n'est plus à Gotham ; il est ici chez lui, dans son antre, et se pliera à ses règles s'il espère des réponses - plus encore s'il espère davantage.
Se saisissant du breuvage fumant qui vient de lui être servi par son serviteur, le maître de la Ligue y trempe les lèvres, avec une satisfaction manifeste.

Vous avez tort : il est excellent. dit-il en reposant la tasse ornée de motifs orientaux sur sa soucoupe assortie.

Malgré son refus, le Chevalier Noir peut voir qu'il a également été servi, au cas où il changerait d'avis - après tout, il semble avoir grand besoin de se réchauffer. Ra's se cale confortablement dans son fauteuil, et joint ses doigts noueux.

En effet. Son sourire n'a pas déserté son visage, même s'il comporte désormais quelque chose de pervers - d'ophidien. Bien que je m'étonne que vous ne souhaitiez pas aborder tout d'abord la question des récents écarts de votre progéniture.

Car comme l'on peut s'y attendre, rien n'arrive au sein de la Ligue des Assassins sans qu'il en soit au courant, fut-il à un monde de distance. Inclinant légèrement la tête de côté, il porte les doigts à sa tempe grisonnante.
Si le vice a quelque peu quitté son expression pour la rendre plus sobre, il n'en demeure pas moins une lueur de triomphe dans son regard - car sans même quitter le confort de sa grotte, il remporte aujourd'hui une victoire : celle d'un Batman venu, sans oser l'avouer, lui demander son aide.

Mais puisque vous me le demandez, ma réponse est la suivante : qu'ai-je à y gagner ?

D'un tournemain, il désigne ce qui l'entoure ; l'abri douillet dans lequel tout porte à croire qu'il a passé ses dernières semaines, même si rien ne permet de l'affirmer.

Je suis, comme vous le savez certainement, retiré des affaires. Vous n'avez devant vous qu'un vieil homme rattrapant ses lectures en retard. Il caresse du bout des doigts la reliure de cuir de l'ouvrage posé sur ses genoux. N'ai-je pas le droit de prendre un peu de repos ? Il se penche subtilement en avant, vers son interlocuteur - et alors que son sourire s'étrécit, il serait facile d'y voir un reptile préparant ses crochets. Faites-moi une proposition, détective. Alors, nous parlerons. Et nous verrons si cela vaut la peine que ce vieillard sorte de sa retraite...


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MessagePosté le: Mer 7 Mar 2018 - 12:26
Une tension règne, entre les deux hommes.
Evidemment.

Il y a trop, en eux, et il y a trop eu, surtout, pour passer outre. S’ils peuvent garder les convenances, la politesse, une forme même de calme, leurs âmes et leurs cœurs sont en feu ; des sentiments terribles les unissent, mêlés de respect certes, mais aussi d’une haine, d’une concurrence, d’une jalousie définitives.
Ils se détestent et ils s’estiment ; car chacun reconnaît en l’autre son miroir déformé, et entend l’anéantir. Dès que possible.

Le regard fixé sur Ra’s al Ghul, Bruce ne bouge pas ; jamais.
Il ne réagit pas, quand l’autre esquisse un sourire propre à terrifier des assassins. Il ne réagit pas, quand l’habituel Ubu émerge des ombres où il avait, vainement, tenté de se cacher de son sens de l’observation.
Il ne réagit pas, toujours, quand Ubu répond à l’ordre de son Maître, et que ce dernier goûte le précieux thé ; il avise, aussi, la tasse qui lui a été laissée, mais il ne la prendra pas.
Et pas uniquement par défi – il sait très bien que Ra’s al Ghul a entraîné son corps à supporter des poisons, et pourrait le piéger en inoculant lui-même une dose que lui seul peut supporter ; Bruce en a conscience. Car il ferait ainsi.


« Hrm. »

Il grogne, quand l’autre évoque Damian.
Il grogne, car il n’apprécie guère le sujet ; mais il s’en veut, de suite, car cette réaction est une faiblesse – un manque de contrôle, de discipline.
Une faute. Inacceptable.


« J’avais fait le choix de ne pas aborder ce sujet… par respect. »

Sa voix est calme, posée ; en contrôle.
Mais un sourire, léger et cruel, glisse doucement sur son visage.


« Envers un meneur qui a été remplacé au sein de l’organisation qu’il a construite – par un enfant mineur. Envers un parent dont un héritier a fait plus et mieux que lui. Envers un homme qui pensait se forger des héritiers, naturels ou non, pour prendre la suite… mais qui n’a de cesse de découvrir qu’ils le fuient, pour rejeter cet héritage. »

Il se tait, pour laisser l’autre encaisser – pour sentir la colère qui naît chez son interlocuteur, après ces provocations terribles, mais calculées.
Et ce n’est qu’au bout de quelques instants, d’une poignée de secondes brutales, qu’il reprend doucement ; en ayant supprimé son sourire, cependant. Point trop n’en faut.


« Nous pourrons aborder ce sujet, alors, si cela vous sied. Mais je considère que d’autres thèmes sont plus fondamentaux – et apaisants. »

Scrutant le visage de la Tête de Démon, cherchant la faille derrière la cire et le vice, le Batman n’entend cependant pas aller trop loin, trop vite.
Toujours debout, toujours calme, il écoute l’autre continuer, désigner ses possessions, évoquer une retraite évidemment factice… il sent Ra’s al Ghul tourner autour de lui, comme un prédateur ; prêt à mordre, à frapper, à chaque faiblesse.
Bien, pense-t-il, au moins sommes-nous deux.


« Le monde est sous la menace d’une invasion d’un Dieu grec surpuissant, Ra’s al Ghul.
Je pourrais en appeler à votre Humanité, pour solliciter votre aide – mais je sais que vous pourriez voir cette situation comme l’élément capable d’anéantir la masse que vous jugez, à tort, inutile. Je pourrais en appeler à votre sens des affaires, pour rappeler qu’Arès s’en prendrait à vous – mais je sais que vous pourriez imaginer trouver un moyen de vous arranger, d’évoluer dans l’ombre. Je pourrais en appeler à votre sens de la famille, en évoquant vos proches menacés – mais je sais qui vous êtes, et comment vous considérez autrui.
Je pourrais aussi en appeler à votre sens de la survie, à des alliances passées, au simple fait que tout ceci est Mal, et que vous pourriez en périr… mais soyons honnêtes, non ? »


Bruce hausse les épaules, et esquisse un sourire factice, à son tour.

« Vous vous en fichez.
Vous considérez que vous survivrez toujours. Vous considérez que nulle alliance ne tient au-delà de l’instant qui vous est nécessaire. Vous êtes au-delà du Mal. Vous êtes au-delà des dangers.
Vous êtes Ra’s al Ghul, et vous considérez être le supérieur de l’Humanité entière.
Une seule chose peut vous intéresser. »


Il soupire, et grimace légèrement.
Il y a beaucoup pensé – il s’est préparé, en venant ici. Il a anticipé, la demande de l’autre, et ce qu’il pourrait proposer. Il a cherché des solutions, pour l’éviter.


« Moi. »

Mais il n’en a trouvé aucune acceptable.

« En échange de votre aide… de votre aide pour sauver le monde dans lequel vous vivez… vous m’aurez. Moi.
Une journée. Vingt-quatre heures. Pas une de plus.
Vous m’aurez, pour vous. Pour me tuer. Pour me torturer. Pour m’utiliser. Vous m’aurez. Pour une journée. »


Une journée, contre le sauvetage du monde.
Bruce a conscience de proposer un marché de dupes, qu’il regrettera, face au monstre menteur.


« Qu’en dites-vous ? »

Mais, face à un Dieu fou, comment ne pas marchander avec le Diable ?
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MessagePosté le: Mer 18 Avr 2018 - 12:20
Je n'appelle pas dilapider des hommes et des ressources à des enfantillages « faire mieux », mais chacun voit midi à sa porte. répond-t-il avec un sourire goguenard, celui de l'homme qui sait plus - qui sait mieux. Si sa gestion de la Ligue est à ce point meilleure que la mienne, il est étrange que vous ayez attendu qu'il n'en soit plus à la tête pour venir me voir...

En d'autres circonstances, il aurait pu s'offusquer de cette remarque - mais pas cette fois. Rien ne semblait pouvoir altérer son humeur, et pour cause : son ultime adversaire est venu réclamer son aide. Celui-ci peut bien essayer de sauver les apparences, mais il est venu mendier ; demander la charité de son soutien dans un combat perdu d'avance - un combat contre les dieux.
Ra's Al Ghul s'est peut-être coupé du monde, mais il n'a pas pour autant cessé de s'informer : le savoir est pouvoir, et nul ne sait cela mieux que celui qui a traversé les âges. Combien des secrets les plus sordides de l'Histoire ne sont plus connus que de lui ? Ra's souffle légèrement sur son thé, le visage nimbé de vapeur.

Comment pensez-vous qu'il s'est retrouvé à cette place, détective ?

Il laisse alors cette parole en suspens, sans plus s'étendre sur le sujet, ainsi que le Batman l'a souhaité. Oh, il n'est pas sans savoir que celui-ci s'en est probablement déjà rendu compte : il a dû mener son enquête, ne serait-ce que pour savoir où le trouver.
Damian Wayne, né Al Ghul, ne se serait jamais retrouvé à la tête de la Ligue des Assassins sans le décès de son grand-père - et même sans cela, était-il vraiment le seul successeur encore en lice ?

Nul ne répand la rumeur de ma mort sans ma permission, finit-il par dire d'un air matois. Vous êtes bien placé pour le savoir.

Fidèle à sa ridicule éthique, le Chevalier Noir ne l'a jamais tué littéralement - pas de ses propres mains, pas en personne ; mais trop souvent, il a joué un rôle majeur de ses différents passages de vie à trépas. Fort heureusement, ceux-ci ne durent jamais bien longtemps ; peut-être suffiraient-ils à le hanter sans cela.
Tel Lazare, dont ses Puits tire son nom, Ra's Al Ghul meurt et est ressuscité : ainsi en va-t-il depuis qu'il en a fait la découverte il y a de cela fort longtemps. La Ligue des Assassins le sait, jusqu'à ses plus jeunes recrues - certaines caressent peut-être même l'espoir de recevoir elles aussi le don de l'immortalité.
Ça leur passerait.

Toujours est-il que convaincre ses serviteurs de sa mort - sa vraie mort ; une mort finale - demanderait des circonstances très particulières. Tant, en fait, qu'il serait presque impossible de les remplir... Si ce n'était fait volontairement.
Ainsi laisse-t-il l'héritier des Wayne en proie à cette réflexion, pour sa part parfaitement détendu : ce séjour à la montagne lui faisait le plus grand bien.

Il n'en écoute pas moins les paroles de son vis-à-vis alors que celui-ci présente la situation - et énonce un à un les arguments qu'il pourrait utiliser, et pourquoi il ne s'en servira pas. Ra's Al Ghul se contente de sourire doucement : certains pourraient penser que cette fine analyse n'est due qu'à sa maîtrise de la psychologie, sa science du comportement.
Ils se tromperaient.
Pour autant savoir comment il raisonne, comment il fonctionne, la simple expérience, la seule perspicacité ne suffisent pas.
Pour le connaître à ce point, il faut être capable de se mettre à sa place ; que Bruce en soit capable est la preuve qu'il n'est pas aussi éloigné de lui qu'il voudrait le faire croire. Il suffirait d'un rien ; de quelques pas dans la bonne direction pour l'éloigner de ce chemin de ronces qu'a été sa naïve croisade - et qu'elle demeurera tant qu'il n'aura pas fait une croix sur les principes futiles qui l'accompagnent.

Hélas, ce moment n'est pas encore venu.
Mais un jour, peut-être.
Un jour.
Ra's Al Ghul a tout son temps.

Enfin, il lui fait sa proposition - une offre qu'il a certainement mûrement réfléchie, qui a dû le tourmenter alors même qu'il faisait route jusqu'ici, jusqu'à l'instant même où il a franchi les portes de ce repaire.
Combien de fois a-t-il envisagé de faire demi-tour, de renoncer avant d'en arriver là - de donner sa vie, car c'est bien de cela qu'il s'agit ? Les lendemains du monde sont peut-être en jeu, mais ce n'est pas un maigre sacrifice.

Ra's Al Ghul ne cesse de sourire, et le fait même de plus belle, alors qu'il émet la seule réponse possible :

Non.

Il se lève alors, refermant et abandonnant le tome qu'il lisait il y a quelques instants dans son fauteuil, et fait quelques pas vers la petite bibliothèque qui occupe un coin de la pièce, tournant ainsi le dos à son visiteur. Batman n'est pas homme à attaquer en traître - et même si c'était le cas, Ubu veille au grain.

Au cas où cela vous serait sorti de la tête, détective, je ne suis pas né de la dernière pluie. Vous avoir à ma disposition pour une journée, seulement après que vous ayez eu tout le temps de vous y préparer, assez pour faire vous-même cette offrande ? Son rire sec claque comme un coup de fouet. Non. Cela satisferait peut-être le bouffon dément qui vous sert de compagnon de jeu, mais pas moi.

Il laisse planer le silence, alors, semblant réfléchir - mais Batman le connaît assez pour savoir qu'il n'en a pas besoin. Qu'il sait déjà très précisément quoi répondre à son offre - qu'il l'a su dès l'instant où celle-ci a quitté ses lèvres.

Vous m'avez pris quelque chose qui m'appartient, détective. reprend-t-il alors sans se retourner. Damian aurait dû marcher dans mes pas, être celui qui, l'heure venue, serait appelé à prendre ma suite, puisque vous ne sembliez pas le vouloir. Si ce n'était pour votre implication, j'aurais pu le modeler à mon image. Au lieu de cela...

Il décrit de la main un geste de rejet, empli de dédain.

Il est peut-être la chair de votre chair, mais le noble sang des Al Ghul coule également dans ses veines ; vous n'aviez pas plus de droit que moi de le gagner à votre cause, d'autant moins après qu'il ait passé les premières années de sa courte vie sous ma tutelle. En d'autres termes, vous m'avez volé un héritier. Non que cela me dérange : il n'a été qu'une déception... Me n'est donc que justice, vous en conviendrez, que je prenne l'un des vôtres. Et, à vrai dire, je pense avoir déjà ma petite idée.

Dans un geste théâtral, il se retourne enfin, pour faire face à son vieil ennemi - et ses traits sont emplis de malice.

Je veux Timothy Drake.


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MessagePosté le: Mer 18 Avr 2018 - 14:40
Une tension absolue règne, dans cette cave de l’Himalaya.
Elle est apparue dès que Bruce a pénétré dans l’antre de son ennemi – et elle n’a cessé de grandir, au fil de leurs échanges, de leurs piques, de leurs attaques.
Elle ne tardera pas à atteindre son paroxysme ; et la patience du Chevalier Noir est déjà usée, hélas.


« Hrm. »

Il grogne, quand Ra’s al Ghul évoque réplique à ses propres attaques ; et il s’en veut de suite, d’avoir offert à son adversaire un signe de son exaspération.
Il lui offre la preuve qu’il le touche – il lui offre une prise ; erreur. Imbécile erreur.


« J’ai pleinement conscience que vous avez organisé son accession au Pouvoir, dans l’espoir de pouvoir le manipuler et le recruiter, quand il aurait suffisamment goûté aux méthodes de votre Ligue. Le plan m’a toujours semblé évident, et il n’était pas mauvais – absolument pas subtil, plutôt grossier, mais pas mauvais. »

La réplique est simple… et prononcée avec un peu trop d’agressivité.
Mais il est hors de question de laisser l’autre emporter cette manche. Pas aussi facilement.


« Il aurait pu fonctionner… si vous aviez connu l’âme de Damian ; quel dommage que ça n’ait pas été le cas. »

Un léger sourire glisse sur ses lèvres, creusées par le froid et le vent ; une provocation, cruelle mais agréable à formuler.

« Vous évoquiez des enfantillages, des forces et des hommes dilapidés… j’en conviens. Cela fut bien surprenant, et bien utile.
Oh, mais… parliez-vous de Damian ? Et de son mandat à la tête de votre Ligue ? Je croyais que vous évoquiez les ressources perdues pour tenter de le soumettre, gâchées par vos soins. Mes excuses. »


Un petit signe, un hochement de tête.
Un partout ; balle au centre.
Et si Bruce apprécie d’avoir réussi à se remettre, à se replacer face à la Tête du Démon… il sait que cela n’est que foutaises, et pacotilles, face au véritable enjeu de cet entretien ; au thème réel de cette entrevue, et aux conséquences que cela peut impliquer.

Un silence pesant s’installe, donc.
Après ces piques. Après ces coups. Après sa proposition.
Un silence pesant, terrible. Etouffant.

Ra’s al Ghul joue avec lui, il le sait ; il le savait. Il prend sur lui.
Malgré la fatigue, malgré l’usure, malgré les craintes… il prend sur lui. Il utilise ses connaissances, son expérience, ses compétences pour calmer les battements de son cœur, pour apaiser les ardeurs de son âme, pour détendre ses muscles, si crispés.
Il se calme. Il s’apaise.
Il essaye, au moins ; car il est évident que l’autre est plus que doué pour le pousser hors de ses limites.

Et cela est encore pire quand l’ennemi parle.


« Hrm. »

Un grognement, un autre ; qu’il ne se reproche pas.
Car l’alternative aurait été d’écraser, directement, son poing sur le visage du quasi-immortel – une pensée qu’il rejette, avant de soupeser avec intérêt quand l’autre termine ; finalement, avec ce qu’il demande, le principe apparaît bien plus pertinent.

Ra’s al Ghul a parlé, donc ; il a refusé l’offre. Il l’a même tournée en dérision, dans un de ces discours pontifiants et insupportables dont il a l’habitude.
Dos à lui, joignant la provocation physique au camouflet verbal, l’autre continue encore et encore… et même l’expérience de Bruce ne parvient pas à décrisper ses muscles ; pas là. Pas après ce refus.
Pas après cette demande.


« Non. »

Le mot fuse moins d’une minute avant l’ultime parole de Ra’s ; il n’attend pas. Il ne joue pas.
Il n’a ni le temps, ni le cœur pour cela.


« Damian n’est ni une chose, ni une propriété ; personne ne l’est. Un homme tel que vous, qui a connu l’esclavage et les empires, qui a vu l’évolution de l’Humanité et ce que la haine de l’autre a entraîné, devrait le savoir… devrait en être persuadé.
Nul n’appartient à personne ; sauf pour les déments, les fous, et les sots. »


Bruce ne bouge pas, il n’a formé aucun mouvement ; mais tout, en lui, sent désormais l’agressivité et l’envie de violence.
Qu’il retient. Pour l’instant.


« Je vous ai, longtemps, tenu en estime. J’ai, longtemps, même défendu votre cas par rapport à mes autres adversaires. J’ai, souvent, cru pouvoir trouver un terrain d’entendre.
Je me trompais.
Vous êtes dément, fou et sot ; et stupide. Stupide de croire que je laisserais la chair de ma chair courir le risque par votre faute. Stupide de croire que je hiérarchise mes héritiers. Stupide de croire que je vous laisserais approcher de l’un d’entre eux. Stupide de songer, un seul instant, que je laisserais vos mains crochues les toucher. »


Un long et profond soupir s’échappe de ses lèvres.

« Je suis venu, ici, chercher un allié – en pensant trouver un adversaire digne et noble, capable de grandeur.
Je ne trouve qu’un vieillard stupide et acharné, un fantôme d’un temps passé qui ne sait rien de l’avenir, et finira écraser dans une note de bas de page. »


D’un geste vif, Bruce bouge, et appuie un doigt ganté sur un élément de son avant-bras ; un bouton. Préparé à l’avance, en cas de désastre… hélas.

« Vous m’insultez, Ra’s al Ghul. Je ne suis guère en position de m’attirer des ennemis, mais je ne saurais souffrir cela.
L’I.R.S. vient d’obtenir des informations sur les sociétés privées qui assurent vos revenus aux Etats-Unis d’Amérique. En outre, vos cellules de Paris et de Berlin viennent d’être identifiées par Interpol. Enfin, Vladimir Poutine vient de recevoir un courriel l’informant des manipulations de la Ligue sur le trépas de son meilleur ami d’enfance. »


Bruce plonge un regard terrible sur l’autre.
Il voudrait écraser son nez et faire disparaître son sourire ; bientôt.
Pas encore, mais bientôt.


« J’étais venu avec une approche constructive ; vous vous acharnez dans les positions stériles et stupides.
Soit. Vous avez versé le premier sang, vous avez débuté cette guerre ; je la finirais. »


Et, sans un mot de plus, Bruce se détourne – et disparaît dans les ombres, dans la roche, dans la montagne.
Le cœur lourd, l’âme en peine, l’esprit occupé.
Le plan a écoué ; pire encore, il s’est même rajouté un ennemi… mais ne regrette rien. Il réussira. Quel qu’en soit le prix.

D’abord Arès. Puis Ra’s al Ghul.
Un démon après l’autre.

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MessagePosté le: Jeu 19 Avr 2018 - 13:00

« Mon meilleur ennemi »
ft. The Bat / Ra’s Al Ghul

« Et moi ? Ai-je le droit de donner mon avis sur la question ? »

_____L’adolescent était apparu dans la pièce. Il avait suivi la chauve-souris, se tenant à bonne distance de ce dernier pour qu’il ne se doute de rien. Le garçon était plutôt doué, connaissant son père adoptif par cœur, mais connaissant aussi les intentions de Ra’s qui ne ferait surement rien de gratuit pour venir en aide à la chauve-souris. Il connaissait également les obsessions de Ra’s, son désir toujours présent d’avoir un héritier qu’il façonnerait à son image.
Le jeune homme était vêtu de son uniforme de Red Robin mais également d’un long manteau dont la capuche camouflait une partie de son visage, histoire de le protéger du froid des montagnes. L’adolescent se rapprocha doucement de la pièce pour se rapprocher des deux protagonistes. Doucement, il retira sa capuche pour laisser son visage à découvert en ne comptant pas le masque qui tenait sur son visage.

« Je sais que Batman n’appréciera pas cela. Mais si on doit parler de moi, je veux avoir mon mot à dire. Je suis assez grand pour cela, non ? »

Dans ses paroles, Tim était légèrement provocateur, peut-être encore un peu en colère envers son mentor, celui qui avait baissé les bras lorsqu’Arès. Il n’avait pas apprécié les quelques paroles qui avaient été dites et ne les oubliera pas de sitôt, même s’il préférait passer à autre chose. Cette fois-ci, Bruce était parti, laissant le champ libre à son acolyte pour faire ce qui était la meilleure des décisions à prendre. Il n’allait pas aimer ce que Red Robin préparait, mais ce n’était pas le but premier de sa venue. Il se rapprocha de Ra’s ignora les quelques disciples de ce dernier qui ignoraient encore s’ils devaient laisser passer le garçon au risque qu’il s’en prenne à leur maître. Cependant, l’adolescent était plutôt calme, pas le moindre signe de violence et vu où le garçon se trouvait, il valait mieux pour lui de faire profil bas.

« Je sais ce qu’il a dit, je suis peut-être d’accord avec lui sur beaucoup de point. Mais je sais cependant faire des sacrifices lorsque la situation l’exige. Arès est un vrai démon pour Batman et pour tout être vivant. Si on ne l’empêche pas de mettre un terme à ses plans, le pire est à venir. Je suis prêt à faire ce sacrifice. Nous avons besoin d’unir nos forces, même si c’est parfois difficile de faire équipe avec vous, Ra’s. »

L’adolescent finit par croiser le regard en direction de Ra’s. Derrière ce masque se cachait une légère part de dégoût et de colère. Bien sûr qu’il n’avait aucune envie de travailler pour cet homme qui n’en était surement plus un aux yeux de la nature.

« Imaginons que j’accepte cette charmante proposition. » lança-t-il d’un ton sarcastique. « Qu’est ce qui me prouve que vous tiendrez vraiment parole ? Il est difficile à croire que vous ne chercherez pas à tirer profit de cette histoire. »





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MessagePosté le: Sam 1 Sep 2018 - 8:30
Allons, détective, rétorque Ra's Al Ghul avec amusement, sa tasse toujours à la main, presque d'un air paternaliste - il avait donné le jour au Chevalier Noir a plus d'un égard, après tout, avait partagé avec lui ses ténèbres pour mieux le définir. Vous devriez savoir que grossier n'est pas mon genre.

Nos ennemis font de nous ce que l'on est, il a pu le constater mille et une fois au long des siècles ; lui-même ne serait peut-être pas Ra's Al Ghul si ce n'est pour ce qu'on lui avait fait subir - si on ne lui avait arraché ce qu'il aimait.
Le Batman croit avoir tout compris à ses projets... Mais lire son esprit n'est pas si simple, que ce soit du fait de son génie mis au service du mal ou parce qu'il a été remodelé tant de fois par les Puits de Lazare - déformé , diraient certains ; pour sa part, il était plutôt d'avis qu'ils l'ont aidé à y voir clair et le font aujourd'hui encore.
Personne n'y ayant été exposé aussi longtemps et aussi souvent que lui - il y veille farouchement -, il est toutefois impossible de savoir ce qu'il en est vraiment... L'on pourrait dire que c'est un secret qu'il emmènera dans sa tombe, eut-il été aussi condamné que tous les pauvres hères qui errent à la surface de ce monde pourrissant.

Mais je ne suis pas suffisamment théâtral pour entrer dans les détails, ajoute-t-il sans se départir de son rictus moqueur, et ce n'est pas pour ça que vous êtes là. Je vous laisse le soin d'y réfléchir... Quand votre emploi du temps si chargé vous le permettra.

Ra's Al Ghul s'est peut-être coupé du monde, mais cela ne veut pas dire qu'il ignore tout de ce qu'il s'y passe ; le Chevalier Noir n'est pas assez naïf pour le croire. Mieux encore : il compte sur le fait que ce ne soit pas le cas, sur la certitude que son ennemi mortel sache déjà ce qu'il y a à savoir sur la situation - qu'il lui permette d'en dire le moins possible dans cette démarche qui lui coûte déjà si cher. Ce n'est pas la première fois que le Batman passe près de s'avilir pour le bien commun au sens où il l'entend, mais jamais il n'a tant frôlé le pacte avec le Diable.

Si je peux me permettre un conseil, cependant... L'assassin se décide reposer tasse et soucoupe sur le modeste meuble le plus proche, et se fend d'un nouveau rictus moqueur. ...Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas.

Le Batman évoque l'âme, en effet - mais qu'en sait-il réellement ? Pour la plupart des gens, et même pour l'esprit brillant du gardien de Gotham, ce n'est rien de plus qu'un concept abstrait ; une métaphore. Pour Ra's Al Ghul, en revanche...
À le voir si fringant - si effrayant -, il serait facile d'oublier son âge réel, et les sombres savoirs qui l'accompagnent ; mais c'est une erreur à ne surtout pas commettre, et son interlocuteur doit le savoir mieux que quiconque.
Mieux vaut donc ne pas lui parler de l'âme de Damian, non - à moins de vouloir l'inciter à y jeter un oeil.

Mais le Batman n'a que faire de telles subtilités à cet instant. Car s'il s'efforce de rester de glace, au moins en apparence, son indignation et sa révolte ne font aucun doute ; Ra's Al Ghul y comptait.

C'était une autre époque, détective. fait-il en fermant les yeux, croisant les bras dans son dos - qu'il tourne, encore, au chevalier noir. J'ai appris depuis qu'il est parfois nécessaire de prendre les décisions à la place de certaines personnes pour leur permettre de prendre leur destin en main... Ainsi que l'importance de prévoir ce que nous laisserons derrière nous, évidemment. Sans changer sa posture, il lorgna dans sa direction par-dessus son épaule. Vous finirez par comprendre.

À vrai dire, il est prêt à parier que le Batman comprend déjà ; que ce qu'il adviendra de sa croisade lorsqu'il ne sera plus là pour la mener fait partie de ce qui le tient éveillé la nuit - ou quelle que soit la période qu'il consacre à ses trop brefs moments de repos. Il ne le penserait pas capable de reprendre son propre flambeau si ce n'était pas le cas.
Ra's s'abstient cependant de retourner le couteau dans cette plaie - pour cette fois, du moins ; là n'est pas le sujet.

Alors, il lui fait face à nouveau - et ne bronche pas.

Je ne vous savais pas aussi mesquin, dit-il, sans gravité aucune dans la voix - cela semble plus contribuer à le dérider qu'autre chose. Je pense n'avoir pas besoin de vous dire qu'il faudra plus que cela si vous espérez m'atteindre.

Si le Batman pouvait si simplement faire tomber la Ligue des Assassins et son maître avec elle, ce serait fait depuis longtemps. Quelle qu'en soit l'ampleur, ce qu'il vient de mettre en oeuvre n'est rien de plus qu'un contre-temps, et il le sait parfaitement : il n'est pas le seul à avoir des relations en haut lieu, et ils peuvent être deux à jouer à ce jeu. L'humeur du Démon ne semble pas être à la riposte, cependant - et il peut s'en estimer heureux.

Vous me demandez de me battre contre un dieu, détective. Est-ce si aberrant de ma part de réclamer un paiement à la hauteur de la tâche ? Il hausse subtilement les épaules - si le Batman n'est pas prêt à satisfaire ses honoraires, c'est un conflit dont il ne regrettera pas pouvoir se tenir à l'écart. Mais loin de moi l'idée de vous forcer la main. Je suis navré que nous n'ayons pu trouver un terrain d'entente. Son bras se tend pour indiquer la sortie de la grotte. Si vous voulez bien...

Il n'a toutefois pas le temps de conclure cette invitation qu'une autre voix se joint aux leurs - celle du premier concerné, en l'occurrence, qui n'a à l'évidence que peu à envier à son mentor en terme de discrétion.

Bien sûr, mon garçon. Parle, nous t'écoutons. lui répond-t-il d'un air matois tout en intimant d'un geste à Ubu de laisser son sabre au fourreau.

Et il ne sera pas déçu de lui en avoir donné la permission, l'adolescent se montrant plus réceptif à ses demandes que son précepteur - fut-ce uniquement parce que le monde était sur le point de finir dans les flammes et le sang.

Heureux de voir qu'au moins l'un d'entre vous sache se montrer raisonnable, dit-il en laissant son sourire s'agrandir. Il baissa les yeux vers Tim Drake : Nous n'avons que rarement eu l'occasion de converser... Mais en tant qu'élève de l'école de la chauve-souris, j'ose croire que cela ne t'empêche pas connaître. Aussi, je doute avoir besoin de te dire que je n'ai qu'une parole. Me trompe-je ?

Sans attendre de réponse de sa part, il émet un claquement de doigts - et Ubu entreprend aussitôt de rassembler les quelques effets qu'ils emporteront avec eux dans leur voyage, ces lieux ne seyant guère à l'accueil d'un nouveau protégé.
Celui-ci a certes avancé quelques réserves, et il serait difficile de lui en vouloir, mais n'en a pas moins accepté son offre ; il serait sot de la part de l'éternel de ne pas sauter sur l'occasion avant que son vieil ennemi s'en mêle.
Il aurait bien du mal à le faire, de toute façon : d'après les calculs du maître des assassins, cela faisait quelques secondes désormais que sa vue avait dû commencer à se troubler.

Vous auriez vraiment dû goûter à ce thé, détective, reprend Ra's Al Ghul, observant le contenu de sa propre tasse avant d'en boire une dernière gorgée. Comme je vous le disais, c'est un régal... Et cela vous aurait permis d'absorber l'antidote nécessaire à en contrer les vapeurs. Reposant paisiblement le récipient, il lui adresse alors un sourire plein de malice - et, du dos de la main, envoie rouler sur le sol la tasse encore pleine que le Chevalier Noir avait dédaignée il y a quelques instants. Je vous rassure, ce n'est rien de plus qu'un sédatif : je tenais à m'assurer que vous ne me suiviez pas. Après tout, il serait dommage que vous vous mettiez entre mon nouvel apprenti et moi.

Son regard dévie vers Ubu - et à le voir charger sur son épaule leur paquetage, il sait que celui-ci n'attend pour quitter les lieux plus qu'un mot de sa part. Il vérifie que le fermoir de sa cape est bien en place et se dirige alors vers la sortie, incitant d'un geste Red Robin à le suivre dans sa marche vers des ombres restées trop longtemps sans maître.

Viens, mon garçon. Nous avons beaucoup de choses à nous dire. lui glisse-t-il alors qu'il quitte les lieux - et les pales d'un hélicoptère se font entendre dans le lointain alors que le Batman s'abîme dans un sommeil sans rêve - avec peut-être pour seule consolation que sa visite n'ait pas été inutile. Il a gagné un puissant allié... Oui, mais à quel prix ?


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