Hide & Seek [WW]

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MessagePosté le: Jeu 5 Avr 2018 - 13:24
Le monde a changé.
Encore.

Si la population, les Héros et les Vilains se remettaient du terrible règne présidentiel d’Amanda Waller, qui avait gravi les échelons jusqu’à la plus haute fonction américaine suite à l’attaque de Brainiac et, avant, à l’assassinat du prédécesseur de son propre prédécesseur, le répit n’a été que de courte durée.
Les crises se sont succédées, les épreuves aussi ; la pression revenait, difficile.
Puis il y eut Arès.

Arès.
Dieu de la Guerre. Tentateur. Corrupteur. Guerrier. Ennemi définitif des Amazones.
Assassin de Bruce Wayne.
Qui a, ainsi, réussi l’impossible – faire céder la Princesse Diana de Themyscira, la soumettre pour en faire sa générale ; sa générale dans son plan d’invasion universelle.

La Guerre a été déclarée, alors ; à la Terre, avant l’Univers.
Diana a abandonné son rôle et ses valeurs… pour l’amour et la vie d’un homme, qui en a été rongé de déception et de tristesse, puis de culpabilité ; puis de fureur.
Arès a attaqué Gotham City, pour soumettre l’homme, et Coast City, pour soumettre l’organisation mondiale de défense – mais il a échoué. Et, alors, a décidé de lâcher des morts-vivants sur Gateway City, annexe des Amazones en Amérique.
Mais la résistance a été organisée… et la contre-attaque aussi.

Arès avait enclenché un plan terrible et extraordinaire.
Il a échoué.
Mais le monde ne va pas mieux pour autant.

Une semaine après la chute d’Arès, Gateway City demeure en ruines, les Amazones et Américains échangent sur qui doit reconstruire – et comment. Gotham City et Coast City tentent de se remettre, mais les traces sont douloureuses ; et beaucoup de vies ont été brisées, détruites.

Le monde a changé ; il est devenu plus sombre, quand un dieu olympien s’en est pris à lui, et est parvenu à faire douter des Héros.
Le monde a changé, et ceux qui le peuplent aussi ; ils souffrent.
Surtout l’une d’entre eux. Qui vit, cloîtrée, depuis les événements.

En Nouvelle-Angleterre, à proximité de la ville d’Innsmouth près de la mer, et proche de la rivière Miskatonic… une propriété a été installée.
Immense. Géante. Mystérieuse et secrète. Ne comprenant qu’un bâtiment, moderne et étrange pour les habitants…
… une maison, qui borde un lac artificiel créé par le maître des lieux, pour son confort.

Bruce Wayne est connu pour ne jamais limiter la dépense, et sa Propriété du Lac le prouve ; hélas, il ne s’en sert guère, et celle-ci n’est quasiment jamais habitée.
Sauf, depuis peu.
Sauf, depuis qu’il y a installé Diana Prince.

Orientée ici après leur exfiltration de l’Olympe par Zeus lui-même, bénéficiant de passages réguliers du cher Alfred Pennyworth, qui a été alloué à la jeune femme par son employeur, la jeune femme doit normalement se reconstruire et se remettre ici ; mais il est clair que, après ce qu’il s’est passé, ce qu’elle a fait, ce qu’il lui est arrivé, le chemin est difficile.

L’Amazone doit être brisée, rongée par la culpabilité ; enfermée dans sa honte et sa détresse.
Emprisonnée en elle-même.
D’où la venue d’une certaine silhouette qui s’infiltre dans la Propriété du Lac sans difficulté et finit par rejoindre la jeune femme dans la pièce principale – pour parler.

« Bonjour, Diana. »

Une voix calme et douce, pleine de mélopée mais aussi d’exotisme, se fait entendre.

« Je n’ai pu venir plus tôt… et j’ai conscience que tes derniers contacts avec ma personne n’ont guère été agréables, mais… »

Une silhouette se détache des ombres du lieu et apparaît alors aux yeux de l’Amazone
… mais celle-ci mettra sûrement quelques instants à reconnaître son visage, caché derrière des vêtements urbains aux couleurs surprenantes, avec un pantalon endommagé, une casquette usée, d’étranges traits jaunes près des yeux – difficile, en effet, de voir ici le fier Mister Miracle !

« … j’ai pensé que tu pourrais avoir besoin de mes services. Ou de mon épaule. Ou d’un voyage à l’endroit de ton choix. »

Scott Free esquisse un sourire gêné – et attend.
Il n’a plus de souvenir des terribles événements de la Guerre des Néo-Dieux et de ses suites, mais il sait que la version antérieure de lui-même a été infectée par l’Equation d’Anti-Vie et s’en est pris à la Justice League… dont Diana.
Même si elle a assisté au trépas de cette version et à la réincarnation en lui-même, le Néo-Dieu se doute qu’elle ne peut repousser aussi aisément ces mauvais souvenirs ; mais il espère, surtout, qu’elle saura en faire fi, pour accepter l’aide qu’il souhaite vraiment lui apporter !
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MessagePosté le: Jeu 5 Avr 2018 - 15:47
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La nuit avait été dure pour l’étrange paysage que Bruce avait fabriqué autour de sa maison du lac. La pluie, le vent et l’orage avaient agité les arbres, la surface de l’eau, et quand, finalement, la météo s’était calmée, les intempéries avaient laissé derrière elles un souvenir immanquable de leur règne – éphémère, certes, mais violent. Une brume épaisse s’étalait au-dessus de la surface du lac, noyant les rivages opposés dans une mer grisâtre et presque opaque sui semblait même repousser les faibles rayons de soleil qui osaient s’y poser. Debout dans la pièce principale de l’incroyable demeure secondaire de Bruce, Diana observait avec un certain intérêt les volutes de fumée répondre à des courants d’air invisibles à l’œil nu. Elle avait regardé exactement de la même façon les éclairs déchirer le ciel nocturne quelques heures plus tôt, et le vent plier les branches des arbres sans jamais les casser. Bruce avait construit cette maison comme une lubie de milliardaire. Prouesse d’architecture, elle s’intégrait à un paysage fabriqué de toute pièce et, avec ses immenses baies vitrées, n’offrait aucun endroit pour se cacher. Pourtant, c’était une forteresse qu’il lui avait laissée, comme l’étaient toutes les demeures du célèbre Bruce Wayne. Pas une seule fois, la maison n’avait tremblé malgré la violence de la tempête. Diana aurait préféré une prison branlante.

Elle fit rouler entre ses doigts la perle qu’elle ne quittait plus. C’était un si petit objet, et pourtant si lourd à porter, mais c’était la seule relique qu’elle s’autorisait. Le costume, les armes, la tiare et les symboles avaient disparu. Elle avait disparu. Mais elle n’était en aucun cas victime de terribles machinations. Ce qu’elle avait perdu, elle l’avait elle-même vendu au diable. Elle n’était pas à pleurer, mais à haïr. Non, Diana n’était pas une victime. Elle était le bourreau. Et malgré tout, elle n’arrivait pas à tout quitter. Elle aurait dû partir en exil et braver les éléments pour retrouver sa gloire d’antan, mais elle n’avait aucun droit de saisir cette seconde chance.

Debout devant la baie vitrée, les bras croisés sur sa poitrine et la perle dans son poing fermé, Diana observait la brume entre quelques longues mèches de cheveux, et il lui semblait alors qu’elle était comme le paysage qu’elle connaissait presque par cœur désormais. Elle s’était drapée de sa propre brume, de son rappel cuisant, et elle était bien déterminée à ne laisser passer aucun rayon de soleil.

Un bruit de pas la sortit du gouffre de pensées dans lequel elle était tombée, et elle crut d’abord y entendre la démarche d’Alfred. Quand elle avait demandé à Bruce un endroit o elle pourrait vivre - se cacher - elle s’était attendue à une prison. Mais Bruce lui avait offert luxe et espace. Elle avait tenté, en vain, de refuser l’aide régulière d’Alfred, mais c’était un combat qu’elle avait rapidement perdu. Sans grande surprise.

Mais ce n’était pas Alfred – ce qu’elle aurait tout de suite compris, si elle avait encore eu ses dons. Elle se retourna juste au moment où son invité surprise la salua et la surprise de voir Scott Free à quelques mètres d’elle la laissa silencieuse quelques secondes. Elle dénoua les bras et dévisagea son … ami ? partenaire ?

« Comment tu… ? » commença-t-elle avant de s’arrêter.

Inutile de lui demander comment il l’avait retrouvée. Elle ne comprendrait probablement pas la réponse de toute façon. Elle esquissa donc un léger sourire.

« Tu as l’air plus jeune. » Il lui semblait que leur passé récent se tenait, comme un éléphant entre eux. « Je suis contente de voir que tu vas bien. »

Elle fit inconsciemment rouler la perle dans sa main.

« Je te remercie de ta proposition. Mais je n’ai besoin de rien. »






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MessagePosté le: Jeu 5 Avr 2018 - 16:21
Un silence de plomb s’impose entre Diana Prince et Scott Free.
Alors que le second s’est infiltré en secret dans la Propriété du Lac, il a surpris la première et s’attendait à une réaction sèche, une forme de refus ; il n’est pas déçu, même si son visage n’exprime rien.
Nulle émotion, en effet, ne glisse sur ses yeux, ses joues et ses lèvres. Même quand la jeune femme commence à s’interroger sur sa manière de venir ici. Même quand elle évoque sa jeunesse. Même quand elle confie son appréciation de le voir ainsi. Même quand elle rejette sa proposition.

Le Néo-Dieu ne bouge pas et ne dit rien.
Pendant deux minutes et douze secondes.
Pas moins. Pas plus.

« C’est faux. »

La réplique est calme – mais sèche, directe.
Ses yeux demeurent fixés sur le beau visage de l’Amazone, mais ses sens extraordinaires lui permettent de voir plus, plus loin.

« Je suis désolé de te le dire, mais notre relation m’oblige à une honnêteté qui te manque… tu mens, Diana. »

Il voit, donc.
Il voit qu’elle ne porte ni sa tiare, ni ses bracelets. Il voit qu’elle a abandonné ses tenues, ses insignes, ses valeurs. Il voit son visage brisé, signe que son âme l’est toute autant. Il voit aussi la perle, et son esprit affuté lui permet de lier cela aux rumeurs – aux rumeurs sur le trépas puis la résurrection de Bruce, aux rumeurs de leurs liens, aux rumeurs devenues évidences en voyant ce que chacun a fait à l’autre.
Il voit tout, oui. Il comprend. Et il continue.

« Je parais plus jeune, en effet, du fait de mon souhait de modifier mon apparence, afin de me déconnecter de la version de l’être que je fus – et qui t’a fait souffrir, j’en suis sincèrement désolé ; tout comme je suis désolé de te le dire, mais… tu mens.
Tu mens, en indiquant n’avoir besoin de rien. Tu mens, aussi, en te cachant ici et en ruminant tes échecs et tes défaites. Tu mens, surtout, en voulant fuir ton Passé – et ce que ton cœur désire. »


Le discours est dur, et Mister Miracle est peiné d’agir ainsi.
Mais il sait que c’est, hélas, indispensable.

« Diana. Je peux t’aider. »

Un sourire triste glisse sur son visage, alors qu’un grand choc sonique se fait entendre – signe qu’un, puis même deux Tunnels-Boum apparaissent à ses côtés.

« Deux choix, Diana. Deux destinations. »

Les deux vortex s’ouvrent, et laissent découvrir les lieux choisis – avec, d’une part, une zone de chaleur et de désespoir…
… le fameux et terrible Tartare, l’enfer grec.
Et, de l’autre, un lieu plus pur et plus tendre, mais plus martial aussi, que Diana connaît…
Themyscira, l’île de son enfance, l’île de son peuple.

« Je sais où est Arès. Je sais où est ta mère. Et je peux t’y emmener.
Choisis, donc. Choisis ta destination.
Là où se trouve ton ennemi. Là où se trouve ta mère. »


Scott Free lève la main, et s’avance d’un pas ; les vortex demeurent, attirants et puissants.

« Avance, Diana. Avance et assume.
Je ne te demande pas d’être Wonder Woman, ou une Héroïne, ou autre chose ; mais juste d’être toi. Diana. Une Amazone. »


La pique est dure, la provocation réelle ; cela le peine, mais il n’a pas le choix.
Il doit aider son amie – qu’elle le veuille ou non !
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MessagePosté le: Jeu 5 Avr 2018 - 22:10
Hide and seekMister Miracle

« Notre relation ? » releva Diana.

Sa voix lui parut étrangement distance, un peu trop amère à son goût et elle s’en punit mentalement immédiatement. Elle n’avait pas le droit d’agir de la sorte, pas le droit de faire de son exil un martyre. Elle n’était pas là parce qu’on l’avait malmenée. Elle s’était retirée parce qu’elle avait malmené le monde. Elle était Amazone. Elle garderait la tête haute et s’assurerait que sa punition serait à la hauteur, sans blâmer quiconque d’autre que sa propre stupidité.

« Notre relation, Scott, a subi les affres de ce qui s’est passé dernièrement. Je sais que tu ne t’en rappelles pas, mais je suis venue te proposer mon aide quand ton ancien toi a commencé à dérailler. J’ai, moi aussi, appelé à son bon sens en mentionnant notre amitié. » Elle marqua une pause. « Tu as refusé, presque avec condescendance. »

Incapable de se retenir, elle esquissa un léger petit sourire avant de baisser les yeux vers la perle qu’elle tenait toujours pour la glisser finalement dans une des poches du pantalon qu’elle portait. Elle n’avait pas manqué le coup d’œil de Scott. Certaines choses étaient faites pour être cachées par la brume.

« Je ne te tiens pas rigueur de ce qu’il s’est passé entre nous, Scott, » ajouta-t-elle finalement avec douceur. « Je sais ce qu'il s'est réellement passé. »

Son sourire s’évanouit, non pas pour laisser place à de la froideur, mais à de la gravité.

« Je ne pouvais pas t’aider, alors. Tu te trompes si tu penses pouvoir m’aider maintenant. Je n’ai pas besoin d’aide. »

Elle voulut se détourner, retourner à la contemplation du paysage endeuillé, mais le son reconnaissable d’un tunnel-boum la coupa dans son élan. Les sourcils froncés, elle reporta son attention sur Scott et son cœur manqua un battement en voyant le relief brisé et hanté vers lequel menait le premier tunnel. Elle connaissait le Tartare, elle connaissait le poison de son air et la chaleur insupportable qui y régnait. Hadès y vivait en maître et Arès l’y avait souvent envoyée traiter avec son oncle. Elle ne se souvenait que trop bien du désespoir qui y croupissait comme de l’eau de pluie jamais évacuée, et de la façon dont il avait résonné en elle-même.

L’autre Tunnel-boum s’était lui aussi ouvert sur un paysage des plus familiers. Mais là où le Tartare était torturé – et fait pour tortuer – le relief qu’elle pouvait apercevoir via ce portail-là était apaisant, reposé. Le soleil brillait, la houle ondulait. La végétation y était verdoyante, accueillante et elle voyait, dans le lointain, les hautes tours de marbres des temples de son île. Sa maison et son foyer. Themyscira.

Diana détourna vivement le regard et posa ses yeux sur ceux de Scott.

« Je ne pourrais faire face à Arès, même si je le voulais, » répliqua-t-elle, d’une voix froide, détachée. « Et je ne suis plus la bienvenue sur Themyscira. J’ignore ce que tu espères accomplir ici, Scott, mais je ne ferai pas ce choix : je n’en ai pas le droit. »

Elle se détourna délibérément des portails, se refusant à voler un dernier coup d’œil à Themyscira. Au lieu de ça, elle jeta un regard à travers les baies vitrées en face d’elle.

« Athéna est venue me voir après la chute d’Arès, » dit-elle finalement après un long silence. « Les Dieux sont en colère. Je… Je les ai déçu. »

Elle baissa la tête et ferma les yeux. Elle n’avait même pas parlé de cette entrevue à Bruce, même s’il avait compris rapidement quand elle était venue lui demander une porte de sortie. Elle l’avait vu dans son regard. Le mélange de déception, de pitié et de tristesse qui y avait alors brillé lui avait fait presque aussi mal que ce qu’elle ressentait elle-même.

« Je suis bannie, » souffla-t-elle en frottant machinalement un de ses poignets, là où elle aurait porté ses bracelets, quelques semaines plus tôt. « Ils ont récupéré les dons dont ils m’avaient fait cadeaux. L’Olympe me renie, car j’ai brisé la confiance de mon peuple, du monde. Tu as raison sur une chose, Scott. Je ne peux faire de choix en étant quiconque d’autre que Diana, puisque je ne suis plus rien d’autre. »

Elle releva les yeux vers ce dernier, sans fléchir, comme pour le défier de dire le contraire.

« Ce que j’ai fait… Aucun pardon n’est possible. »





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MessagePosté le: Ven 6 Avr 2018 - 10:11
Le moment est difficile.
Mister Miracle le savait en venant, il s’en rend compte en découvrant les premiers échanges avec Diana. Sa réponse, déjà, lui a confirmé que la tension est réelle – mais cela se note encore plus, quand elle réagit avec une voix bien plus sèche et acide que d’habitude.
Mais il ne réagit pas ; il comprend.
Et il acquiesce, lentement, difficilement, quand elle évoque les terribles événements dont il ne se souvient guère, mais dont il demeure responsable.

« Je n’ai aucun souvenir de ces moments, Diana. Mais la Boîte-Mère, oui, et elle s’est chargée de me raconter… de m’illustrer tout cela.
Je n’ai aucun souvenir – mais j’ai vu, j’ai assisté aux images enregistrées par la Boîte-Mère. Je sais, donc. »


Sa voix est lente, mais son cœur s’accélère.
Il sait, oui. Il sait comment il s’en est pris à Diana, Jennie, Mera et Green Arrow, comment il a failli les tuer pour récupérer le corps de Steppenwolf. Il sait, aussi, comment il a repoussé l’Amazone sur la Lune, comment il lui a rappelé leurs statuts différents.
Il sait ce qu’il a fait ; il en est écœuré.

« Et je suis fondamentalement désolé… »

Scott Free soupire, réellement touché et gêné par ces évocations si douloureuses.

« … d’avoir fait cela, mais surtout d’avoir été aussi stupide pour refuser ton aide. »

Un sourire triste glisse sur son visage.
Il veut répliquer, continuer – mais Diana découvre alors les deux Tunnels-Boum, et leurs destinations.
Il reste silencieux, et la laisse voir… comprendre. Envisager.

Mais s’il espérait qu’elle accepte, qu’elle cède, l’Amazone se détourne encore de lui, encore trop impactée par les événements pour craquer ; pour l’instant.
Elle enchaîne, néanmoins, et tente d’expliquer… de se justifier. En indiquant ne pouvoir faire face à son bourreau, et encore moins de retrouver ses sœurs.

Elle se cache, encore.
Elle se cache derrière sa honte, derrière sa culpabilité. Derrière une déesse venue la voir, elle qui pourtant a été si absente durant cette crise. Derrière une colère divine, bien hypocrite, et un bannissement.
Derrière une faute, qu’elle imagine impossible à dépasser… à cicatriser.

« Diana. »

Sa voix est calme, douce.
Elle vient après un silence légitime et respectueux.

« A nouveau, j’en suis désolé, mais… tu mens. »

Il s’avance, vers la jeune femme qui s’est détournée de lui.

« Tes dieux n’ont cessé, au cours de leurs trop longues existences, de fuir leurs responsabilités. Je ne vais pas te faire l’injure de te rappeler tout ce qu’ils ont fait, leurs abus, leurs conflits, leurs enfantillages… même si cela crispe ta foi, je ne peux que te confirmer une chose que, au fond, tu sais déjà : leur avis ne compte pas.
Ce ne sont que des enfants, dotés de pouvoirs trop grands. Leur colère n’est rien. Leur bannissement n’est rien.
D’autres choses comptent. »


Son ton demeure calme, posé, aussi rassurant que possible.

« Les choix que tu fais. Les raisons qui te poussent à les faire. Ta manière de gérer les conséquences de tes choix. Et ta manière de te relever des épreuves, en te souvenant que des gens t’aiment… et souffrent de ton absence. »

Scott Free s’avance, encore, et pose sa main sur son épaule.

« Bruce t’aime. Ta mère t’aime. Tes soeurs t’aiment. Tu ne peux les fuir ou les rejeter – tu ne peux te cacher.
Tu ne peux agir comme une enfant, comme l’un de ces dieux qui te jugent. Tu es au-dessus de cela. Non ? »


Il pique, il tape, il provoque.
Il cherche.
Une réaction. Quelle qu’elle soit.
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MessagePosté le: Lun 9 Avr 2018 - 22:34
Hide and seekMister Miracle

Diana n’était pas dupe. Elle avait, avec certains de ses collègues de la League, des rapports plus professionnels qu’amicaux, et Scott, avec ses origines, ses capacités et ce qu’il représentait, avait tout pour ne faire partie que de la première catégorie. Mais, contre toute attente, ils étaient devenus amis alors qu’ils cherchaient tous les deux à s’adapter à un monde qui n’était pas le leur – pas tout à fait. Il était Néo-Dieu, elle était Amazone, mais il était aussi Scott Free avec elle, tout comme elle se permettait de n’être que Diana Prince à ses côtés. Ils avaient vécu bien plus d’aventures qu’une vie ne devrait contenir, alors oui, elle savait ce qu’il tentait de faire. Il courait après le miracle, après une réaction de sa part – plus que ça, et toujours fidèle à lui-même, il courait après l’évasion. Sauf que ce n’était pas lui qui portait les menottes, pas cette fois. Et c’était là une des raisons pour lesquelles elle ne pourrait lui tenir pleinement rigueur de ce qu’il s’était passé avec sa… version précédente. Parce qu’il restait cet ami si cher à son cœur. Il restait Scott Free.

C’est peut-être ce qui lui permit de passer outre les défenses de Diana. Ca où les vérités qu’il ne faisait qu’exposer sans jamais attendre d’elle qu’elle ne les avoue à mi-voix – puisque jamais, et surtout pas maintenant, elle ne se permettrait de tels propos sur ses Dieux et Déesses. Mais Scott ne jugeait pas, et il n’attendait pas d’elle d’être l’Amazone sans faille qu’elle aimait faire croire qu’elle était. Non, il voulait juste qu’elle soit… Diana.

Elle leva la main et attrapa celle que Scott avait posée sur son épaule avant de la serrer brièvement puis de la repousser.

« Des gens sont morts, » dit-elle, et le poids des mots sur le dos de sa langue l’emplit d’une honte aussi brûlante que la vision des Tartares qui, toujours, la narguait. « Des Amazones sont mortes. Parce que j’ai fait un choix. »

Elle releva la tête pour affronter le regard de Scott. Il était, lui aussi, versé dans l’art de la culpabilité et des bagages bien trop lourds à porter.

« Je croyais que je pourrais gérer les conséquences de ce choix. Je croyais être assez forte pour limiter les dégâts. Je me suis trompée – lourdement. J’ai mis, dans la balance de l’univers, une vie au-dessus de milliers d’autres. Si Arès avait remporté cette guerre… »

Sa voix s’affaiblit puis mourut. Elle secoua doucement la tête, comme pour se débarrasser des restes d’un cauchemar qui ne cessait de la hanter.

« Le pire, c’est que… je le referais, » avoua-t-elle, dans un murmure. « Je referais ce choix, même en toute connaissance de cause. »

C’était parce qu’elle était avec un ami, avec Scott, qu’elle put regarder ce dernier dans les yeux même après ce qu’elle venait d’avouer, ce qu’elle n’avait encore jamais dit à voix haute. La perle usée dans la poche de son pantalon était un symbole précis pour Bruce. Il était un rappel presque trop délicat pour la violence à laquelle il faisait allusion d’un vœu qui allait bien plus loin que son individualité et ses besoins. Diana n’avait jamais envisagé le bijou sous cet angle là – dépourvue du trauma qui allait avec, c’était des yeux nouveaux qu’elle avait posé dessus après la lecture de la lettre de Bruce. Et elle y avait vu un prix, un prix à payer pour un choix fait en toute connaissance de cause, un choix qui, pour finir, semble plus instinctif que réfléchi.

« Tu as raison, » dit-elle finalement. « J’ai probablement toujours ma place à Themyscira. Si je venais à traverser ce portail, ma mère m’appellerait très certainement sa fille. On prendrait soin de moi, peut-être même prierait-on pour moi. Mais pour une raison ou une autre… » Elle prit une profonde inspiration, comme pour tenter de chasser un poids de sa poitrine. « L’idée même d’être l’objet de tant d’affections me donne envie d’hurler. »



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MessagePosté le: Mar 10 Avr 2018 - 9:28
Mister Miracle ne réagit pas, quand Diana s’empare de la main qu’il a posée sur son épaule.
Il ne bouge pas, il ne grimace pas même s’il est touché par ce rejet ; mais il le comprend.
Trop tôt, bien sûr. Mais il fallait le tenter, il le sait.

L’Amazone réagit, alors.
Elle réagit à ses paroles, à ses arguments ; elle les conteste, bien sûr. Il n’en attendait pas moins d’elle.

Elle enchaîne sur les décédés, donc ; les décédées, d’abord. Ses sœurs, disparues dans les combats, notamment contre les troupes d’Hadès et d’Arès.
Elle continue, encore. Sur les remords. Sur les remords d’avoir choisi l’un plutôt que tous. Sur le poids d’avoir priorité ses désirs, ses besoins plutôt que ceux de la communauté ; il comprend. Il comprend, surtout, que c’est bien là le pire pour elle – c’est cela qui la ronge, qui la hante.

Elle culpabilise.
D’avoir pensé à elle, pour une fois. Et d’être prête à le refaire, avoue-elle dans un murmure.

Un silence s’installe, alors. Le moment pour lui d’intervenir… de reprendre ; de contre-attaquer.
Même s’il est touché par le discours, même s’il comprend la détresse de Diana, même s’il est tiraillé en voyant le regard qu’elle lui adresse – il doit enchaîner ; et piquer, encore.

« Des gens meurent tous les jours, toutes les heures, tous les instants ; sur ce monde et d’autres, dans cette dimension ou d’autres. La question est de savoir pourquoi ils meurent, et ce que l’on peut y faire. »

Sa voix est calme, posée ; mais directe. Il argumente, et ne console pas.

« Tes sœurs sont mortes… car elles se sont battues. En Amazones. Contre l’ennemi des Amazones.
Ce n’est pas toi qui as tué tes sœurs – mais Arès et ses troupes. Certes, tu t’es soumise à Arès… mais si tu ne l’avais pas fait, l’homme que tu aimes serait mort ; et Arès aurait attaqué, quand même. Il s’en serait pris à l’Humanité, quand même. Il aurait visé Gotham, Coast City & Gateway City, quand même.
Les Black Lanterns auraient tué tes soeurs, quand même. Tu n’es pas responsable de leurs morts, Diana ; mais tu es responsable d’avoir sauvé celui qui, par son courage dément et sa détermination absolue, a pu organiser la résistance à Arès, et sa chute. »


Scott Free s’avance, et esquisse un sourire étrange – celui d’un professeur, qui confirme une leçon.

« Tu culpabilises, car tu as pensé à toi, et tu ne l’acceptes guère ; mais c’est une erreur. Tu as été égoïste, et cela est légitime… mais, surtout, cela a été utile.
Tu n’es pas responsable du drame de Gateway ; tu es responsable de sa solution. »


Les arguments sont listés, énoncés avec logique et assurance.
Il est sûr de lui ; sûr de ce qu’il dit.
Et espère que Diana, enfin, reviendra à la raison – qui lui est si chère.

La jeune femme encaisse les arguments… puis se lance sur autre chose.
Sur sa détresse. Son rejet. Son incapacité à accepter les attentions.
Ça, il comprend. Ça, il accepte.
Pour ça, il a une solution.

« Alors n’y va pas. »

La réplique est directe, presque sèche ; franche, en tout cas.

« Ne va pas à l’amour. Ne va pas au confort. Ne va pas au paradis, si tu considères ne pouvoir en être digne. »

Sa main se lève, et désigne un des Tunnels-Boum.

« Va au bout de ta pensée – et va en enfer, alors.
Assume. Rejoins le Tartare. Confronte Arès. Anéantis ce qui te mine, ce qui te ronge ; combats. En Amazone. »


Une provocation, encore.
La pire, peut-être.
La plus efficace, espère-t-il.
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MessagePosté le: Jeu 12 Avr 2018 - 1:27
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Le regard de Diana se posa sur le Tunnel-boum, suivant ainsi le geste presque nonchalant de Scott. Elle ne trouva rien à répondre, rien à rétorquer à la logique malsaine qui avait menée Scott jusqu’à cette conclusion. Prise de court, elle laissa ses yeux assimiler la vision apocalyptique que le Tartare lui offrait. Il lui faudrait attendre cent ans pour traverser la Styx, n’ayant aucune monnaie à offrir au passeur et ne jouissant d’aucune sépulture dans le monde vivant. Puis elle traverserait, elle ferait face au Cerbère. Elle remonterait jusqu’au vestibule de l’enfer sans détourner le regard, sans craindre la Douleur ou les Remords jusqu’à, finalement, faire face aux trois juges qui scruteraient chaque seconde de son existence.

Qu’y verraient-il ? Quel serait le verdict ? Fils de Zeus, poseraient-ils sur Diana le regard de divinités trahies et déçues, ou seraient-ils impartiaux et corrects ? Mais, surtout, que verraient-ils ?

Le silence s’étira dans la pièce alors que Diana faisait face aux remous qui se réveillaient en elle à l’idée d’être jugée pour chacun de ses actes par des juges dont le regard était toujours à l’abri de la réalité. Elle détourna finalement le regard du Tunnel-boum pour refaire face à Scott qu’elle dévisagea un long moment.

« Tu parles comme une guerrière manie l’épée sur un champ de bataille, » lança-t-elle finalement d’une voix étrangement amusée.

Scott était venu pour remporter ce combat, et elle sentait les serres de son piège se refermer autour d’elle. Elle le voyait bien la pousser vers cet ultimatum qu’il lui imposait, pour qu’elle finisse par croire qu’elle n’avait d’autres solutions que de prendre une décision. Elle était reconnaissante de son aide, mais les choses n’étaient pas aussi simples. Elles l’étaient rarement.

« Rien de ce que tu pourrais dire n’allégera mon fardeau, Scott. J’ai voué mon existence à la défense de ce monde, et j’ai commis une erreur impardonnable – une erreur que je ne me pardonnerai pas. » Elle marqua un instant de pause puis désigna finalement le Tunnel-boum qui menait au Tartare d’un léger signe de tête. « Mais je ne mérite pas la damnation éternelle pour autant. Je ne veux pas que toute mon existence soit résumée à cette nuit-là, au choix que j’ai fait au sommet de ce toit. J’ai fait de nombreuses choses avant. »

Elle se stoppa net dans ses propos alors qu’elle réalisait quelque chose. Elle voyait la scène se dérouler dans un coin de son esprit, elle se voyait entrer dans la salle du jugement et lever la tête vers Minos, Eaque et Rhadamanthe. Elle se voyait faire face et garder la tête haute devant l’examen complet qu’ils feraient de sa vie. Fière.

« Et je ferai nombre de choses après également, » conclut-elle dans un murmure.

Son regard se perdit sur les lames de plancher polies un bref instant. Le Tartare ne serait pas différent de tout ce qu’elle avait pu entreprendre dans sa vie. Elle y entrerait en Amazone, en guerrière, et elle paierait son dû. Elle était plus que ça. Il fallait qu’elle soit plus que ça.

« Je ne mérite ni l’un ni l’autre, » dit-elle à Scott, et son regard s’emplit d’une certaine douceur quand elle reposa les yeux sur ce dernier. « J’ai commis une erreur, mais j’ai aussi accompli beaucoup au cours de mon existence en tant que Wonder Woman. Je ne peux tout renier. Tout comme je ne peux prétendre ne pas être la cause des tombes qui ont été creusées après la défaite d’Arès. Je ne peux pas avoir la prétention de me tenir aux côtés de celles qui ont donné leur vie pour tenter de réparer ce que j’avais brisé. »

Elle haussa doucement une épaule, en signe d’impuissance, alors qu’elle lançait un regard désarmé à Scott. Quand elle reprit la parole, sa voix avait perdu toute nuance cérémonieuse pour devenir plus douce, mais aussi plus fragile.

« Je suis… entre-deux. Je dois… continuer… ou recommencer. Je ne suis pas très sûre… » Elle baissa les yeux. « Je ne sais pas quoi faire… »



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MessagePosté le: Jeu 12 Avr 2018 - 11:33
Un silence pesant s’installe au sein de la propriété de Bruce Wayne, entre Diana Prince et Scott Free.
Un silence né des arguments échangés, de la discussion provoquée – et des difficultés, claires, de la jeune femme à contredire son interlocuteur, qui a suffisamment préparé leur entrevue pour savoir quoi lui dire, quoi avancer pour la convaincre ; et il réussit.

Il ne dit rien, cependant.
Alors que les yeux de l’Amazone se figent sur le Tunnel-Boum menant au Tartare, alors qu’il sent sa détresse… il ne dit rien.
Il la laisse ; faire, réfléchir, sentir.
Puis parler, finalement, en se détournant – et en avouant l’efficacité de son discours.

« Bruce a tendance à dire qu’il fait au mieux, avec les cartes qu’on lui donne. Je préfère considérer que je fais au mieux, avec les armes que j’ai choisies d’utiliser. »

La parole, donc. Les discours. Les bons mots. La fuite.
Tout, plutôt que le combat. Physique, au moins, et il sait qu’elle peut le comprendre, via le petit sourire qu’il esquisse, en réaction au ton presque amusé qu’elle a elle-même employé.

Il laisse parler, ensuite.
Il la laisse évoquer les erreurs commises, les erreurs qu’elle ne se pardonnera jamais, actant que le problème se situe clairement là, et pas ailleurs ; puis elle évoque sa crainte du jugement, puis sa volonté, farouche, d’y faire face.
L’Amazone revient en elle, il le sent – mais n’en dit rien ; il laisse faire, encore. Il laisse parler.

Elle se retourne vers lui, après avoir fixé toute la pièce, et une certaine douceur s’échappe de son regard. Elle continue, assumant ses fautes, assumant ses réussites, et expliquant… expliquant pourquoi.
Pourquoi elle ne peut se tenir avec ses sœurs. Pourquoi elle ne peut se défausser de sa culpabilité. Pourquoi elle hésite.
Pourquoi elle est perdue, finalement.

« Diana. »

Le Néo-Dieu s’avance, alors qu’elle baisse les yeux.
Et pose, doucement, tendrement, une main rassurante sur son épaule ; en espérant qu’elle soit acceptée, cette fois-ci.

« Il est évident, que tu hésites. Il est évident, que tu ignores quoi faire. Il est évident, que tu es perdue.
Et ça n’est en rien une faute – il s’agit d’une réaction naturelle ; humaine. Ce que tu es. »


Il sourit, tendrement, et tente d’accrocher son regard pour la forcer à le fixer.

« Tu ne peux affronter cela seule… mais, surtout, tu ne dois pas le faire seule. Tu n’y arriveras pas. Et tu n’as pas à le faire, surtout. »

Sa voix demeure douce, calme.

« Diana. Tu n’es pas seule. »[/font">

Les deux Tunnels-Boum s’évaporent, derrière lui, dans un choc sonique.

« Et tu mérites le pardon et l’aide… de tes proches. Qui ne te jugent pas. Et qui t’aiment, et t’aimeront. »

« Toujours. »

Une voix s’élève derrière Diana – et celle-ci se rend compte que si deux Tunnels-Boum se sont fermés, un troisième s’est ouvert au même moment.
Une forme en est sortie. Une forme qui approche. Une forme qui est juste derrière elle, et pose sa main sur ses reins avec une douceur infinie…
… car maternelle. Hippolyta vient d’apparaître, et touche sa fille, en lui adressant un regard d’un amour définitif.

« Diana… »

Scott Free lâche son amie et recule, de quelques pas.
Cet instant n’est plus le sien ; il est le leur. Définitivement.
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MessagePosté le: Lun 16 Avr 2018 - 17:41
Hide and seekMister Miracle

La mention de Bruce fit sourire doucement Diana. Le regard légèrement baissé, non pas par culpabilité cette fois-ci – bien qu’elle en ressente toujours la morsure vive – mais plus par confusion et trouble. Elle avait compris qu’elle ne pouvait rester cachée au reste du monde et ruminer sur ses erreurs monumentales, et pourtant, c’était là la seule chose à laquelle elle se croyait autorisée. C’était comme être prise au piège entre les mains de deux ennemis puissants. Elle ne pouvait échapper à l’un sans se ruer dans les griffes de l’autre. Elle qui s’était toujours tenue droite sur tous les champs de bataille qu’elle avait pu croiser, fière de défendre ses idéaux et ce en quoi elle croyait, elle se retrouvait maintenant pantin de ficelles maudites, et elle n’avait aucune idée quant à la façon de les trancher. Elle détestait cette sensation, cette perte de contrôle. Ce n’était pas elle. Elle n’avait jamais voulu que ce soit elle.

Elle releva la tête vers Scott quand il posa sa main sur son épaule, et elle lut dans son regard une légère appréhension de se voir repoussé. Ce qu’elle ne fit pas. Il était venu la chercher, il était resté malgré ses demandes de le voir partir. Elle avait fait la même chose pour lui plusieurs mois plutôt. Par amitié. Elle était honorée.

« Humaine ? » releva-t-elle. Elle esquissa ensuite un léger sourire. « C’est un adjectif qui est loin de me déplaire. »

Elle avait pu être témoin, à Gateway City, du rejet de certaines de ses sœurs envers les Hommes, mais elle n’avait jamais partagé cette colère, même lors de ses premières semaines en dehors de Themyscira. Malgré l’horreur, les injustices et la discrimination, elle avait rapidement trouvé plus. Tellement plus. Etre humaine, faire partie de ce monde autant que de celui de Themyscira n’avait jamais été un problème, loin de là.

Elle accueillit les paroles de réconfort de Scott, acceptant certaines et en rejetant d’autres. Il avait raison, elle était bel et bien perdue, mais il avait tort quand il disait qu’elle n’était pas seule. Elle avait tout fait pour ça, après tout. Le monde ne lui ferait plus jamais confiance, et ses sœurs verraient toujours en elle une traîtresse. Plus intimement encore, elle avait trahi la Justice League, chacun de ses amis. Et il y avait, évidemment… Bruce. Mais Diana était prête à insérer une nuance dans ce que Scott disait et ce qu’elle pensait. Elle était seule – mais peut-être ne l’était-elle pas autant qu’elle le pensait. Il était là après tout, non ?

Les Tunnel-Booms se fermèrent, et Diana ferma un instant les yeux.

« Merci, Scott. »

Elle avait saisi le message. Mais elle n’était pas prête à prendre sa décision et à se jeter dans les griffes d’un monstre ou d’un autre.

Mais, et elle aurait dû le voir venir, Scott n’allait certainement pas abandonner aussi facilement.

Diana reconnut la troisième voix dès les premières intonations. C’était, après tout, la voix qui l’avait bercée pendant son enfance sur Themyscira. Elle avait grandi en en suivant les accents et les paroles. Même alors qu’elle quittait les rives de l’île bien-aimée, elle avait gardé en son cœur chacun des mots que cette voix avait pu lui dire. Son cœur se serra et une vague de douleur et de culpabilité, de honte et de tristesse, s’écrasa sur elle. Elle fit volte-face, les yeux écarquillés, les lèvres entrouvertes, et perdit tout contrôle d’elle-même quand ses yeux rencontrèrent le visage tant aimé de sa mère.

Elle laissa échapper un souffle tremblant.

« Mère… »

Diana s’empara de la main d’Hippolyta et tomba à genoux devant cette dernière, sa main serrée entre les siennes.

« Mère, je suis tellement désolée… Je vous demande pardon. »

Tout ce qu’elle avait retenu jusque là, en estimant qu’elle n’avait pas le droit de se morfondre sur ses propres erreurs, s’échappa finalement et ses yeux se remplirent de larmes. Elle les ferma de toutes ses forces.

Elle avait prise la pleine mesure de ses actions et de leurs conséquences déjà avant qu’Arès ne tombe, mais il y avait une certaine réalité à les voir ainsi reflétées dans les yeux de sa mère. Jamais elle ne s’était sentie aussi peu digne de son amour. Alors pourquoi, pourquoi ne parvenait-elle pas à croire que, si elle pouvait recommencer, elle ferait un choix complètement différent ?

Elle releva la tête vers Hippolyta et jeta un regard vers Scott.

« Je… comment ? Pourquoi ? » Elle baissa la tête. « Tu dois être tellement déçue de moi… »



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MessagePosté le: Mar 17 Avr 2018 - 10:04
Mister Miracle a enregistré, silencieusement, tous les éléments que Diana laisse échapper, au fil de leur discussion.
Attentif, concentré, il ne dit rien mais note. Le léger sourire provoqué par l’évocation de Bruce. La réflexion qui suit son discours. La tête qui se relève, et le regard qui se trouble quand elle comprend l’appréhension du Néo-Dieu au contact physique, après des premières tentatives difficiles. Le plaisir, réel, qu’elle ressent de voir que quelqu’un s’acharne autant à l’aider, à la sauver.
Et ses réponses, bien sûr. Dont le ton et l’articulation disent bien plus que les mots prononcés.

Il ne dit rien, non ; mais il enregistre.
Et il découvre, soulagé, que le plan fonctionne. Elle se laisse faire. Elle se laisse approcher. Elle se laisse parler, et donc lui laisse la possibilité d’avancer ses arguments, d’étaler son discours ; de la convaincre.
Mais il n’y arrivera pas ainsi, il le sait. Pas seul.
Heureusement, il ne l’est pas.

Sans un mot, Scott Free lâche Diana et recule ; par respect et dignité, toujours.
Par amitié, surtout.
Ce moment n’est pas le sien – il est le leur. Définitivement.

L’Amazone est surprise, évidemment ; choquée.
Elle ne s’y attendait pas, et craignait cet instant qui lui est imposé… mais c’est le mieux. Pour elle, pour elles, c’est le mieux.

Diana se tourne, alors ; prise par l’émotion. Souffle. Soupire. Tremble. Encaisse le choc.
Puis parle.
Lentement. Doucement. Difficilement.
Puis s’écroule, s’emparant de la main de sa mère, telle une ancre à laquelle elle n’ose se rattacher.
Elle pleure, ensuite. Se laisse aller. Pleure, enfin. Mais parvient à se relever, légèrement, pour la regarder – pour le regarder ; et interroger.
Pourquoi.
Pourquoi il l’a appelée. Et pourquoi elle est venue.

« La… présence d’Hippolyta m’est apparue indispensable. Les conséquences des événements t’ont plongé dans un état terr… »

« Néo-Dieu. »

La voix de la Reine est douce, mais le ton est ferme ; et ne souffre d’aucune contestation, alors qu’elle plonge un regard determine sur son visage peint.

« Ces réponses sont miennes. »

Il hoche la tête, compréhensif ; et recule, encore un peu.
Alors que la Reine s’accroupit, et pose lentement ses mains sur le doux visage de son enfant.

« Diana. Mon Héroïne. Ma Princesse. Ma fille. Mon enfant. »

Un sourire d’une tendresse infinie glisse sur son visage.

« Nulle déception ne règne en moi, enfant. Nul pardon n’est nécessaire, envers moi, envers Themyscira, envers tes sœurs… et encore moins envers les dieux. »

Son ton est lent, doux ; définitivement maternel.

« Le Néo-Dieu l’a exprimé, plus sèchement que moi… mais le cœur d’une mère est moins sec que son peuple, évidemment ; cependant, les faits demeurent.
Tu n’es en rien responsable des événements.
Tu as été la proie d’une attaque vicieuse d’Arès – dieu des stratèges et des guerriers. Tu as combattu, tu as lutté, et tu as vu… quelqu’un, quelqu’un de proche, quelqu’un de trop proche, périr ; devant toi. Avec un choix qui t’a été donné, et que tu as saisi ; certes, pour le ramener, mais aussi parce que tu savais qu’il ne cesserait jamais de lutter pour se rattraper, pour te libérer.
Et il a réussi – donc tu as réussi. »


Un sourire sincère glisse sur ses lèvres.

« Il n’y avait guère d’alternative, Diana. Si tu avais refusé, Arès aurait attaqué – et rien n’aurait pu le stopper ; ta tactique a donc été la bonne, même si elle a été essentiellement dictée par ton cœur.
Ton cœur. Celui qui t’a dicté ta conduite. Celui qui t’a fait sauver Steve Trevor. Celui qui t’a fait quitter ton foyer, pour aider une Humanité si décevante, mais si… capable de grandeurs.
Ton cœur, Diana. Tu l’as suivi. Et si cela m’a peiné… si cela m’a fait craindre pour toi… jamais je n’ai pu t’en vouloir. Jamais je n’ai pu être déçue, que mon enfant écoute ses inclinaisons – qui la mènent à aider autrui, tout simplement. »


Lentement, ses mains lâchent les contours du visage de Diana, et ses doigts viennent essuyer ses larmes.

« Nulle déception, Diana. Nul pardon. Sauf celui que tu dois accorder à toi-même… et à personne d’autre.
Ne pense guère aux dieux. Ne pense guère à ceux qui t’ont manipulé, perdu, corrompu, abandonné, puis te jugent désormais ; ne pense guère à eux. Ne les renie pas, mais ne les sers plus.
Je comprends ta détresse et ta peine ; tu t’es déçue, même s’il n’y a guère de raison pour cela. Tu t’es déçue. Alors… soigne-toi ; reconstruis-toi.
Non pas pour les dieux. Non pas pour moi ou tes sœurs, dont l’amour et le respect te sont acquis ; pour les Humains. Pour ce monde, si terrible, si violent, mais si capable de grandeur et de puissance. »


Doucement, Hippolyta se relève, se redresse – et tend sa main, vers la Princesse, dans un geste théâtral, mais à la symbolique forte.

« Nulle déception. Nul pardon. Mais un défi, Diana.
Tu es mon enfant. Tu es ma fille. Tu es mon Héroïne. Tu es ma Princesse. Mais, pour le monde, tu es Wonder Woman – et tu dois en être digne.
Tu dois les mener. Tu dois les inspirer. Tu dois les protéger, encore plus en l’absence du Kryptonien.
Le chemin sera terrible, mon enfant. Il sera plein de doutes, d’échecs, de déceptions, de douleurs, de trahisons ; terrible, définitivement. Mais c’est le chemin. Celui que tu as choisi, jadis. Celui à qui tu as offert ta vie. Celui que tu as entendu défendre, contre moi et nos traditions.
Le chemin, Diana. Celui de Wonder Woman. Il t’attend. Il est le plus grand défi de ton existence. »


Son visage se ferme – non pas agressivement, mais par sérieux, par impact. Le ton se fait alors plus militaire.

« Amazone. »

Le mot, le titre claquent comme un fouet… comme une provocation.

« Debout. Une tâche t’attend. Un défi se présente.
Et ni ma Princesse, ni mon Héroïne, ni ma fille ni mon enfant ne sauraient s’y refuser ; et encore moins Wonder Woman – celle qui a fait autant pleurer mon cœur de chagrin, qu’elle ne l’a gonflé de fierté au vu de ses exploits.
Amazone, donc. Un défi se présente. Quelle est ta réaction ? »


Le ton est martial ; plus rien de maternel ne semble exister en elle.
Et, pourtant, Hippolyta n’a jamais été plus mère qu’à cet instant – cet instant où elle fait fi de sa douleur, où elle rejette son instinct d’aider, soigner, consoler et emporter avec elle son enfant qui souffre… pour, plutôt, la défier ; la provoquer.
Et faire renaître, de cette femme brisée et vaincue, le symbole d’espoir et de justice qu’elle demeure, au fond d’elle-même.
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MessagePosté le: Mar 17 Avr 2018 - 22:45
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Diana se laissa aller contre le contact, si rassurant de sa mère. Elle avait apporté avec elle la prestance qu’elle avait toujours eu sur Themyscira, mais aussi l’odeur de l’île, de la peau chauffée par le soleil, de l’herbe, de l’air salin et, emportée par les sensations, Diana ne put s’empêcher de fermer les yeux. Elle sentit les larmes couler sur ses joues, mais elle ne s’en soucia guère. Ce serait mentir que de dire qu’elle n’avait jamais réalisé combien Themyscira lui manquait. L’île lui avait manqué à l’instant même où elle s’était effacé derrière elle, où Diana avait choisi de se tenir aux côtés de Steve, et elle n’avait pas cessé de lui manquer depuis lors. Mais jamais elle n’avait douté de ses convictions, de la justesse de ce qu’elle voulait faire, même alors qu’elle cachait son identité à sa mère pour concourir contre les plus braves de ses sœurs afin d’avoir l’honneur d’être choisie. Elle avait tant voulu faire ce pas qui la séparait du Tunenel-boum qui la ramènerait chez elle quelques instants plus tôt, mais si son amour pour Themyscira n’avait jamais failli, sa conviction, elle aussi, était toujours aussi forte. Elle ne pouvait fuir. Sa mission dans ce monde n’était pas finie – loin de là.

Voilà ce qu’était devenue Themyscira pour elle – ainsi que son plus fier symbole, sa propre mère. Un rappel qu’elle ne pouvait tourner les talons et retourner en arrière, qu’elle était venue pour une raison. Qu’elle avait payé ce prix pour accomplir un seul et unique but. But qui n’avait pas encore été atteint et qu’elle avait très sérieusement mis en danger.

Elle rouvrit les yeux alors que les doigts de sa mère venait sécher les larmes sur ses joues. Diana croisa son regard et la culpabilité sur ses épaules se fit plus lourde, mais aussi plus vieille. Son départ avait été à double sens, et elle n’en avait payé qu’une partie. L’autre moitié, c’était sa mère qui l’avait payée.

« Je suis désolée, » souffla-t-elle.

Elle baissa les yeux et leva la main pour attraper le bras de sa mère. Toujours à genoux devant elle, elle enroula ses doigts autour de son poignet et le serra avec douceur mais fermeté. Elle acceptait les mots de cette dernière et l’en remerciait – elle acceptait son amour et le retournait. Plus que tout, elle était reconnaissante, mais elle n’était également pas sans ignorer que cet amour qu’elle ressentait avait un coût. Et à cet instant précis, alors que sa mère évoquait les Dieux et que cet étrange mélange de colère et d’amertume emplissait la bouche de Diana et pesait sur le dos de sa bouche, elle se rendait plus compte que jamais que cet amour faisait d’elle une cible.

Mais il la rendait également apte. Capable. Elle s’en était assurée. Elle avait tout donné dans ce but.

Hippolyta écarta sa main sans que Diana ne lutte. Toujours à genoux au sol, elle posa ses propres mains sur ses cuisses, dans une fausse position de prières. Mais ce n’était pas une Déesse qu’elle regardait dans les yeux, et aucune prière ne traversa la barrière de ses lèvres. Les mots de sa mère venaient s’échouer dans ses oreilles, soulignant et renforçant la solitude, le sacrifice et la douleur de sa mission et, dans le calme de la maison du lac, Diana leur faisait enfin face. Elle avait oublié. L’espace d’un instant, elle avait cru qu’elle pourrait… qu’elle pourrait tout avoir. Elle avait quitté Themyscira pleine d’espoir, il y avait deçà des années et elle ne pouvait pas se laisser détourner.

Et, finalement, le mot ultime traversa les lèvres de sa mère – non. De sa Reine. Le regard de Diana se ferma et son visage se lissa, se raffermit. Les mains sur ses cuisses se crispèrent et elle serra les poings.

« Ma Reine, » répondit-elle, sur le même ton militaire et sec.

Diana se releva à la demande de cette dernière, et son regard, pas une fois, ne cilla.

Elle avait été humiliée par Arès, son esprit avait été malmené alors qu’il tentait de la briser. Elle avait appelé aux armes des hordes de monstres sans âmes contrôlés par Hadès. Elle avait levé l’épée contre ses amis, contre ceux aux côtés de qui elle avait pour habitude de combattre. Elle avait offert la victoire à d’autres, s’était effacée et légué le titre de Championne des Amazones. Quand les Dieux et Déesses de l’Olympe avaient balayé ses sacrifices et ses choix d’un revers de main, elle avait courbé l’échine. La sentence était tombée, et elle en avait respecté le moindre détail sans discuter. Elle avait rendu les armes forgées en Olympe, et délaisser la Terre sacrée par son peuple. Elle avait tout donné, tout abandonné et tout perdu.

Sauf une chose.

« Mon nom est Diana, fille d’Hippolyta. Je suis championne de Themyscira, et messagère des Amazones. »

Elle était sans armes, sans Dieux à ses côtés. Sans île et sans attache.
Mais elle n’était pas démunie.
Elle ne l’avait jamais été.

Elle sortit la tiare de sa poche. Ses doigts frôlèrent la perle qui s’y trouvait également, mais elle la délaissa. Elle existait bien au-delà du symbolisme de ce cadeau. Ses doigts se serrèrent sur la tiare.

« Et je me bats au nom de tout ce qui est bon dans ce monde. »

Elle positionna le bijou sur son front et fit face au regard de sa mère, à la présence de Scott et au calme de la maison du lac. Elle fit face au paysage, au monde qui existait au-delà de cet horizon. Elle fit face.

« Je suis Wonder Woman. »



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MessagePosté le: Mer 18 Avr 2018 - 11:50
Hippolyta ne dit rien.
Après son discours, après son terrible et puissant discours, qui a déchiré son cœur de mère mais qu’elle sait indispensable, elle ne dit rien ; elle attend.

Debout, figée dans une posture royale et militaire, elle laisse son regard fixé sur la jeune femme devant elle – et elle agit comme si Diana n’était pas sa fille ; comme si aucun amour, aucun attachement, aucune passion indomptable n’était partagée, n’était exprimée constamment par son âme et son être.
Dieux, pense-t-elle, que c’est dur.
Mais indispensable, elle le sait.

Et alors que les mots sont encaissés par sa fille, alors qu’un silence pesant s’est installé, alors même que la Reine respire moins bien en attendant la réaction de celle qu’elle vient de gifler, symboliquement parlant…
L’attente s’achève ; quand Diana parle.
Et fait sa fierté.

Par des mots simples, clairs et précis, la jeune femme exprime ce que Hippolyta savait déjà – mais qu’elle espérait voir revenir chez sa fille.
La force. La puissance. La détermination. La combativité. La fierté.
L’Amazone.

Diana parle, donc.
Elle se relève. Elle énonce des faits, des mots puissants qui cimentent sa personnalité, et forment la base de ce renouveau auquel sa mère assiste ; avec fierté, encore.
Diana récupère sa tiare, donc. Elle la remet. Elle annonce et exige son titre.

« Oui. »

Et, en cet instant, nul ne saurait – ne songerait même à le contester.
Diana est Wonder Woman.
Maintenant, et à jamais.

« Tu l’es. »

Hippolyta est émue ; et, comme toute mère, elle veut embrasser sa fille. Elle veut la sentir contre elle. Elle veut l’étreindre. Elle veut lui confirmer son amour, et l’aider, et la consoler, et tout faire pour l’empêcher de souffrir.
Elle veut agir comme une mère ; mais elle n’est pas que cela.
Elle est Reine. Et, surtout, Amazone.

« Alors agis comme tel. »

La réplique est sèche – comme sa stature.
Mais pas ses yeux.

« Néo-Dieu. »

« Oui. »

Mister Miracle a eu suffisamment de respect et de dignité pour se placer de côté, et suffisamment de talent pour faire oublier sa présence ; mais c’est terminé.
Et alors que Hippolyta se tourne vers lui, ses yeux quittent sa fille… mais cette dernière voit ; et a vu.
La fierté, l’amour infinis de sa mère pour elle. Qui ne saurait être plus admirative de son enfant qu’à cet instant.

« Ce monde souffre constamment. Ce monde a besoin de symbole et d’aide. Ce monde a besoin de Wonder Woman. »

« En effet. »

« Où ? »

Les mots sont simples, directs ; ce sont des ordres.
D’une Reine. Qui entend être obéie.

« Ici. »

Un Tunnel-Boum apparaît, sur son seul ordre mental.

« Défaillance de moteurs sur un trajet long-courrier. Six-cent douze passagers, vingt-six membres d’équipage ; un appareil expérimental, mal testé. Probabilités de crash à cent pour cent. Probabilités de crash sur zone citadine à cent pour cent. »

Scott Free parle avec une voix froide et détachée ; à raison. Il veut provoquer une réaction, il veut finaliser le travail sublime d’Hippolyta en ravivant l’esprit de Wonder Woman, en lui montrant l’issue du Tunnel-Boum
… un drame que son cœur ne saurait supporter.

« La Boîte-Mère envisage trois mille cent vingt-six victimes… au minimum. Le crash va avoir lieu dans une zone proche d’une usine, qui explosera ; les victimes seront par milliers, sans compter les pertes matérielles. »

Le Néo-Dieu relève les yeux, et plante un regard déterminé dans celui de Diana.

« Je ne saurais les sauver tous. Pas seul. »

« En effet. Ce n’est guère une tâche pour un artiste de l’évasion, Néo-Dieu. »

Hippolyta se tourne, et plante elle-même son regard dans celui de Diana ; mais le sien n’est pas déterminé. Il est farouche, terrible.
Plein de défi, encore.

« Amazone. Pour qui est cette tâche ? »

Sa voix est brute, autoritaire ; son cœur de mère en saigne, encore.
Mais son esprit de Reine et d’Amazone attend… une preuve ; la, la preuve que sa fille va mieux.
Que seule Wonder Woman, la vraie, saura lui donner.
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MessagePosté le: Hier à 23:09
Hide and seekMister Miracle

Diana garda ses yeux rivés sur ceux de sa mère tandis que cette dernière la jugeait du regard. Elle la vit s’attarder sur la tiare, sur son visage mais aussi sur ses poings serrés et sur sa posture. C’était comme avoir six ans de nouveau, comme se tenir sur le terrain d’entraînement pour la première fois, comme participer à son premier tournoi. C’était également comme se préparer pour ce tournoi se particulier qui avait changé toute l’existence de Diana et l’avait introduit au reste du monde. Elle avait combattu le visage caché de toutes, et le regard de sa mère sur elle alors n’avait été guère différent de celui qu’elle posait sur n’importe quelle Amazone qui prenait part. Mais Diana s’était préparée avec ce regard si intense et sévère qu’Hippolyta lui avait toujours réservé. Ce regard qui ne la quittait jamais mais qui l’avait menée si loin.

Et elle garda ses yeux sur sa mère, même alors que cette dernière se tourna vers Scott, rappelant ainsi à Diana la présence de ce dernier. Elle ne manqua pas l’amour inconditionnel de sa mère, mais aussi la compréhension et l’obligation… la douleur, également. Et Diana comprit enfin ce qu’elle avait refusé de voir pendant si longtemps. Elle comprit que sa mère et elle se tenaient à jamais chacun d’un côté de la ligne. Hippolyta l’avait laissée partir sans la retenir, et Diana était partie sans un regard en arrière malgré l’importance de Themyscira. Elle vit également que jamais sa mère ne tiendrait tête aux Dieux de l’Olympe, jamais elle n’oserait arrêter de parler en leurs noms, mais qu’elle donnait cette chance à sa famille, qu’elle lui offrait le droit de se détourner d’eux, mais d’elle aussi. De leurs croyances, de leur culture. Même maintenant, alors qu’elle aurait pu la ramener chez elles, Hippolyta se tenait droite et créait de toute part une porte qui emmènerait sa fille loin de Themyscira – et à jamais – sans même résister. La culpabilité qui s’empara de Diana face à cette réalisation n’avait rien de celle, écrasante, que ses agissements avec Arès provoquaient. Elle était ancienne, fatiguée et distance, comme la douleur d’une cicatrice vieille de dizaines d’années se réveillant pour les jours de pluie. Mais elle était réelle. Et fondée.

Diana cligna finalement des yeux quand Scott invoqua un nouveau Tunnel-Boum, mais celui-ci ne menait ni à Themyscira, ni aux Tartares. Elle jeta un bref regard au Néo-Dieu avant de considérer la destination du passage créé par Scott. Elle écouta, le visage d’apparence neutre et lisse, l’énoncé de ce dernier, et son cœur se tirailla à la suite de ce sentiment d’urgence qui la prit d’assaut. Elle aurait aimé pouvoir faire autrement. Pouvoir se détourner, retourner chez elle et oublier. Mais ce n’était pas qui elle était. Se cacher dans cette maison, succomber à la honte et à la culpabilité et oublier le reste du monde, la souffrance et l’injustice, ce n’était pas elle.

Quand Hippolyta se retourna vers elle, pleine de défi et de détermination, Diana lui répondit par un regard bien moins militaire. Un regard empli de douceur et de compréhension – de regrets, également, mais également de détermination.

« Pour moi, » dit-elle doucement. « C’est une tâche pour moi. Pour Wonder Woman. C’est là ma mission. »

Elle ne s’avança pas vers le Tunnel-Boum, pas tout de suite. D’abord, elle fit un pas vers sa mère, son regard plongé dans celui de cette dernière. Elle dépassa les limites que le comportement militaire de sa mère imposait et pénétra dans l’espace vitale de cette dernière. Bien au-delà de son statue de Reine, là où la mère se trouvait. Où sa mère se trouverait toujours.

Diana la dévisagea un instant – ses yeux bleus, la courbe de ses sourcils, la droiture de son nez – avant de fermer les yeux. Elle leva la main et la posa sur la nuque de sa mère avant de presser son front contre celui d’Hippolyta. Le métal de la tiare de cette dernière, à peine réchauffé par le contact constant avec la peau du front d’Hippolyta, cliqueta contre la tiare de Diana.

« Merci, » souffla-t-elle.

Elle prit une profonde inspiration et se redressa et fit de nouveau face à sa mère.

« Je porterai les couleurs de Themyscira. Je brandirai le lasso d’Hestia au nom de la vérité. Mon épée et mon bouclier se battront pour la justice et l’égalité à l’image des leçons qui m’ont été inculquées par ma mère – et non pas par des Dieux. Je suis Amazone, et Amazone, je resterai face au monde. »

Elle prit la main de sa mère et la serra doucement dans la sienne. Sa voix perdit de son ton cérémonieux pour des intonations plus douces et plus profondes.

« Et, à jamais je resterai ta fille, mère, que Themyscira soit mon foyer ou non. »

Elle esquissa un léger sourire à l’intention de sa mère puis lâcha sa main, consciente de la douleur de son geste, mais aussi de la troublante nécessité avec laquelle elle le faisait. Peut-être avait-elle tracé elle-même la ligne qui la séparait à jamais du reste de ses sœurs et de sa mère, mais elle ne pouvait nier le sens du devoir qui ne cessait de l’appeler.

Diana se détourna et attrapa rapidement l’épée qui traînait sur le canapé. Ses doigts se refermèrent autour de la garde avec habitude, et le contact réveilla quelque chose de profond et d’instinctif au fond d’elle. Son regard se posa sur le Tunnel-Boum et elle s’avança vers ce dernier. Elle attrapa au passage, et après quelques pas, le bouclier qui reposait contre la table d’appoint près du canapé. Le bruit métallique qui résonna dans ses oreilles en une note longue et sourde, parfaite, accéléra légèrement son rythme cardiaque.

Elle s’arrêta juste avant de franchir le Tunnel et tourna finalement la tête vers Scott.

« Un partenaire ne serait pas de refus. »



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