Une nouvelle aube [WW]

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MessagePosté le: Jeu 31 Mai 2018 - 9:43
La Chute de la Maison des Hiboux

L’attaque de Wonder Woman et du Batman a réussi.
La Maison des Hiboux est tombée.

La base, l’un des repaires principaux de la Cour des Hiboux a été anéanti, sous l’action conjuguée des deux Héros. Malgré les Ergots, malgré les Hiboux humains, malgré Lincoln March, malgré le piège des cercueils, malgré Raptor… et, même, malgré l’Hyper-Adapter ; tout est tombé.

Ils ont vaincu ; ils ont réussi.
Mais ce fut dur.

Evidemment troublé, touché, blessé, autant par les coups que par le combat contre Lincoln March, dont il connaît le mensonge mais qui provoque toujours le doute chez lui, puis par l’affrontement contre l’Hyper-Adapter, Bruce a été, véritablement, sauvé par Diana ; et si la révélation que la Cour est implantée dans d’autres villes est terrible, et demande des actions directes… aucune n’a été enclenchée après leur sauvetage difficile.

Ils se sont sauvés, l’un l’autre ; même si elle, surtout, l’a sauvé, lui. Mais son ego l’a accepté, et ils se sont retrouvés dans le Batplane… puis se sont trouvés.
Après des années d’alliance, de combats communs, de respect mutuel, d’amitié, d’admiration, de respect, de positions contraires mais d’appui constant, de sauvetages communs… ils se sont trouvés, là, dans le Batplane, après tant d’événements difficiles – après Arès, après la Maison des Hiboux.

Ils se sont trouvés.
Et n’ont cessé qu’au bout de la nuit, dans le confort et la discrétion de la chambre de Bruce… au Manoir Wayne.



L’aube se lève, sur la propriété Wayne ; qui demeure calme et silencieuse, alors que les ténèbres se rétractent et que le jour prend ses droits.
Alfred Pennyworth, loyal et éternel domestique, est déjà debout et prépare le petit-déjeuner – pour deux. S’il ne dispose d’aucune caméra ou d’aucun dispositif de surveillance, il est un homme qui sait, toujours, ce qu’il se passe chez lui, et pour ses proches.
Il sait, donc. Et il ne peut s’empêcher de sourire – car il a su avant eux, et craignait qu’eux ne comprennent jamais ; heureusement, sa peur a été évacuée… et il est agréable, pour une fois, que le pire n’advienne pas.

Le vieil homme prépare le repas, donc, et veille à se rappeler les habitudes alimentaires de Diana, dont la présence lui a toujours plu ; la dignité royale et la fougue guerrière de cette dernière lui rappelle les grandes heures de sa chère patrie, et un Britannique ne saurait faire moins qu’admirer une femme comme elle. Il est, juste, heureux que son cher Bruce ait enfin ouvert les yeux… et son âme.

Ce dernier, d’ailleurs, est également réveillé ; mais pas encore debout.
Après les terribles événements de la nuit, il s’est laissé aller avec elle… et ne regrette rien, bien au contraire ; ce fut beau, ce fut pur, ce fut exceptionnel. Littéralement, exceptionnel.
Mais… et maintenant ?
Quoi faire ? Quoi envisager ? Quoi enclencher ? Quoi penser ? Quoi enchaîner ?

Bruce l’ignore – et il déteste cela.
Mais bien moins que d’être visité chez lui, sans son autorisation…


« Nul besoin de te prévenir des risques que tu encours en venant ici ; tu as fait le choix de les prendre, tu vas les assumer. »

Sa voix est froide, terrible, inhumaine ; brutale.
Sans prévenir, Bruce s’échappe du lit et des draps, pour foncer en caleçon vers une forme qui se cache dans les ombres – mais qui, étonnamment, parvient à l’éviter, avec une grâce féline et… familière.
Roulant aisément sur le sol, Wayne serre les poings et se prépare à réplique – quand une voix s’élève dans la chambre.


« Hey, doucement ! Me fais pas le coup de l’attaque frontale, je sais la parer quand même ! »

Bruce fronce les sourcils, et se redresse ; prêt au combat – mais laisse l’autre s’avancer, sortir des ombres.

« Bon sang, je vais tuer Booster Gold… je voulais venir vous voir quand vous commencez ensemble, je ne voulais pas voir ma conception… »

« Pardon ? »

Tout son esprit lui hurle de se battre, de se défendre, d’expulser cette voix féminine – mais son cœur, son âme, son instinct le poussent au contraire ; il est perdu, et déteste cela.

« Je suis Althea. Je viens du Futur pour vous prévenir. »

« Al… thea ? »

La forme se détache finalement des ombres, pour se révéler à leurs yeux…
… et faire apparaître une jeune fille à l’air sombre, lourdement protégée et armée – comme une soldate, une guerrière ; mais avec des couleurs qui rappellent bien des souvenirs au Chevalier Noir.

« Althea. Martha. Wayne. Princesse de Themyscira. »

Elle soupire, puis hausse les yeux au ciel – avant de quitter Bruce, pour concentrer son regard sur Diana.

« M’man, t’as toujours été plus rapide que lui à comprendre… tu peux lui dire qu’on se détente, pour qu’on puisse discuter ? Je n’ai pas envie de me battre avec vous – pas dans ces tenues. »

Bruce ne dit rien, ensuite – mais lui aussi fige son regard sur Diana.
Althea. Martha. Wayne. Princesse de Themyscira.
Vêtue en soldate. Recouverte des couleurs d’un Robin.
Mon dieu, pense-t-il. Mon dieu…

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MessagePosté le: Dim 3 Juin 2018 - 18:54
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Des doutes, Diana en avait à la pelle ces derniers temps. Devait-elle vraiment se montrer au public ? Ses actions étaient-elles les bienvenues ? Pouvait-elle prétendre inspirer l’espoir, quand elle avait provoqué peur, destruction et même mort ? A qui devait-elle adresser ses prières, maintenant que les Dieux l’avaient rejetée ? Que restait d’elle ? Qui était-elle… ? Mais elle n’était pas que chaos depuis la défaite d’Arès, et déjà, elle avait trouvé les réponses à certaines de ses questions. Mais la plus importante de toutes, elle l’avait trouvée la nuit dernière, là où jamais elle n’aurait pensé la chercher – là où elle n’aurait jamais pensé qu’elle pourrait la chercher. Qu’elle ait quitté Themyscira, sa mère, ses sœurs, son monde, qu’elle fasse face aux courroux bien mérité du public, aux regards jugeurs, tout ça n’impliquait pas qu’elle était seule. Plus maintenant.

Elle n’était plus seule. Et sur ça, elle n’avait absolument aucun doute. Sa certitude était profonde, puissance – presque divine. Elle n’était plus seule. Elle ne l’avait jamais vraiment été.

Et lui non plus. Lui non plus ne le serait plus, pas tant qu’elle était là, debout et prête à se battre. Tout n’était pas que champ de bataille, et c’est ce qu’elle lui dit à plusieurs reprises cette nuit-là, de diverses façons. Eux n’avaient pas à l’être. Personne ne les avait maudits et ils n’étaient pas en enfer. Il n’était pas en enfer. Il en vaudrait toujours la peine. Elle le lui montrerait. Elle lui montrait. Aucune bénédiction d’aucun Dieu n’aurait pu lui donner l’impression si forte que le monde, enfin, tournait de nouveau comme il devait le faire. L’Olympe n’aurait jamais pu lui donner cette réponse, et pourtant, elle ne ressentait que foi et certitude.

En lui.

Les premiers rayons de soleil, encore effacés et lointains, coloraient la parcelle de ciel que Diana pouvait voir à travers les volets entrouverts. Elle se perdit dans les nuances de roses, d’orangés et de violets alors qu’un sentiment de plénitude profond s’emparait d’elle. Elle n’était pas sûre de ce que ça impliquait, mais elle ne s’en inquiétait pas trop. Les bruits de la nature qui s’éveillait, les oiseaux qui sifflaient et le silence du manoir la plongeait dans un calme profond et paisible. Elle entendait la respiration posée et régulière de Bruce à quelques centimètres derrière elle, et cela la fit sourire doucement. Il ne dormait pas – évidemment qu’il ne dormait pas. Si elle, elle avait des questions, lui avait probablement des ouragans d’interrogations.

Bien déterminée à l’entraîner dans le même calme que celui dans lequel elle baignait, elle commença à se retourner vers lui. C’est à ce moment précis que tout bascula. Elle entendit une nouvelle respiration, capta une présence inconnue, et le calme presque sacré de la chambre de Bruce se fissura avant d’éclater en morceaux. Les muscles de Bruce se tendirent près d’elle, et quand il prit la parole, elle se décida elle-même sur son attaque, si bien que, tandis que lui bondissait en avant, image même du contrôle de soi et de la volonté, Diana, elle, roula sur le côté.

Sa main se referma sur le pied de la lampe de chevet posée sur la table de nuit et, tandis qu’elle basculait du lit, emportée par son élan, elle pivota pour la jeter droit vers l’intruse. Elle atterrit souplement, mains et pieds sur la moquette, et releva la tête juste à temps pour voir la jeune femme – car elle paraissait en effet ne pas avoir tout à fait la vingtaine – éviter l’attaque pourtant puissante de Bruce avec une facilité déconcertante. La facilité d’une personne ayant contré ce genre d’attaque de nombreuses fois.

Diana se releva en un bond, prête à passer elle aussi à l’attaque, avant de se figer quand la jeune femme prit la parole, d’une voix nonchalante et presque lassée – une voix qui, en bref, jurait cruellement avec la situation. Le regard que la jeune femme posa sur Bruce finit de la stopper net dans son élan – tout comme la façon dont elle avait échappé à l’attaque de ce dernier, ou la tenue qu’elle portait, il y avait une sorte de … familiarité dans ses yeux d’un bleu profond. Elle ne semblait pas sur la défensive, ni même sur l’offensive. Elle était juste… présente, et presque ennuyée.

Lorsqu’elle annonça son prénom, une alarme se mit à sonner dans un coin de son esprit. Diana fronça les sourcils, incapable de taire ses instincts qui s’agitaient, sans qu’elle ne se sente pour autant en danger.

« Althéa, » souffla-t-elle. « C’est un prénom divin. »

Althéa Martha Wayne. Beaucoup de sacré dans si peu de mots.

La jeune femme riva ses yeux sur Diana, et le cœur de cette dernière manqua un battement quand elle croisa la nuance de bleu si précise de ses iris. Tout, jusqu’à la forme légèrement tombante de ses yeux, évoquait un tout autre regard. Celui de Bruce.

« Maman ? » releva-t-elle, d’une voix qui lui parut lointaine et étrangement plante. Elle jeta un regard à Bruce. « Tu… »

Sa voix se tut, car elle ne trouvait rien à dire. Elle ne pouvait même pas démentir ce qui se passait devant elle, malgré le surréalisme de toute la scène. Elle ne pouvait pas renier la ressemblance profonde entre Althéa et Bruce, ni les rappels des tenues d’Amazone sur celle de la jeune femme. Ses cheveux, la courbe de son nez, même sa façon de se tenir… Si elle était si familière, c’est parce qu’elle ressemblait à Bruce. Et Bruce, et à elle-même.

« Althéa Martha Wayne, » répéta-t-elle, comme pour tester elle-même cette combinaison de syllabes si peu probables. Et pourtant, elle ne pouvait nier que ça sonnait exceptionnellement bien…

« Ton prénom est un hommage à Athéna, » dit-elle doucement avant de se détourner et de s’emparer du lasso de vérité posé sur un des fauteuils de la chambre. Elle tourna de nouveau son regard sur la jeune femme. « Il signifie celle qui a des pouvoirs de guérison, et à qui on attribue bien des miracles… »

Elle s’arrêta juste devant la jeune femme et leva le lasso entre elles. L’aura dorée de ce dernier faisait courir de nouvelles ombres sur le visage d’Althéa, révélant à Diana de hautes pommettes et une courbe des lèvres fière et presque têtue.

« C’est aussi le nom de ma fleur préférée, » souffla-t-elle avant de baisser les yeux vers son lasso pour tenter de cacher son trouble. « Attrape le lasso, » reprit-elle d’une voix plus posée, plus forte, mais également très calme. « Et dis-nous qui tu es et ce que tu fais ici. »








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MessagePosté le: Lun 4 Juin 2018 - 13:45
Un silence terrible s’est imposé dans la chambre de Bruce, après que l’instinct de ses occupants ne les lance dans un accueil sportif de l’inconnue.
Si le maître des lieux s’est dressé et a tenté de plaquer l’ennemi, l’Amazone est restée légèrement en retrait – mais a, malgré tout, envoyé une lampe vers l’adversaire, avec une précision terrible ; le projectile, néanmoins, n’a pas touché son but, car il a été repoussé avec calme et grande maîtrise.

Alors que Diana se redresse, quasi-nue également, et fait face à la jeune fille qui vient de glisser quelques mots, qui changent tout dans l’approche qu’a Bruce vers elle, ce dernier demeure muet… et choqué.
Les poings serrés, le cœur battant fort, il fixe l’inconnue, qui se présente comme… non ; non, c’est impossible.

Cela ne se peut ; cela ne se doit.
Il refuse cette possibilité.
Même si, au fond, il connaît déjà la vérité.


« Hrm. »

Il grogne, alors qu’il se crispe… et que Diana parle.
Elle confirme, évidemment, ce qu’il savait déjà. Les liens entre le Panthéon grec et le prénom Althéa ; le goût de l’Amazone pour ces fleurs ; et, évidemment, les non-dits, dont le nom de famille, et bien sûr ce deuxième prénom.
Martha ; celui de sa mère. Celui qui change tout.


« Att… »

Il lève sa main, pour défendre Diana – mais il s’arrête. Non pas du fait du regard noir de la jeune fille, qui semble peu goûter ce type de geste, mais parce qu’il connaît l’inutilité d’un tel acte ; l’Amazone n’a pas besoin de lui. Et l’autre encore moins.

« Le Lasso de Vérité a été forgé par Héphaïstos à partir de la Ceinture d’Or de Gaïa, jadis portée par Antiope… ta tante et marraine. Le Lasso est l’arme la plus puissante de Themyscira, mais incarne aussi la volonté des Amazones de s’ouvrir aux autres – d’user ce qui est invincible, indestructible et extraordinaire autant pour stopper l’ennemi, que pour révéler la Vérité. »

La voix de la jeune fille est lourde, passionnée ; son regard demeure figé sur le Lasso, dont la seule présence semble l’impacter grandement.

« Etre en sa présence est un honneur. »

Lentement, elle bouge – et si Bruce demeure sur ses gardes, il ne voit nulle agressivité en elle ; encore moins quand elle s’agenouille, littéralement, devant le Lasso.

« Le toucher dépasse ma frêle vocation… mais je ne saurais désobéir à ma Reine. »

Doucement, elle relève des yeux brillants – et touche le Lasso ; qui, immédiatement, voit son aura s’intensifier, comme s’il réagissait à sa présence.

« Je suis Althea Martha Wayne. Princesse de Themyscira. Héritière du Conglomérat Wayne. Wonder Woman, après avoir été Wonder Girl et Robin. Fille de Diana, fille d’Hippolyta. Fille de Bruce, fils de Martha et Thomas. »

Elle tient le Lasso, et Diana peut sentir sa fougue mais aussi sa sincérité ; elle ne ment pas, et elle ne manipule pas le Lasso.
Elle ne ment pas. Même Bruce peut le sentir, au plus profond de son âme.
Elle ne ment pas.


« Je viens de vingt années dans le Futur, afin de prévenir un désastre qui coûtera bien trop de vies, et mènera ce monde à un abîme que nous devons éviter. Je viens de vingt années dans le Futur afin d’empêcher l’abominable, et j’entends ici solliciter l’aide des plus grands de ce temps… à commencer par la plus grande.
Vous, ma Reine. »


Althea baisse la tête, encore ; en signe évident de respect, mais aussi de quasi-dévotion.

« Les Justice Titans n’ont pu stopper la menace qui a pris racine en votre temps, et je me dois de vous av… »

BOOM

La jeune femme ne peut finir, cependant ; car un grand choc, similaire à une chute ou une micro-explosion d’énergie, se fait entendre.
Depuis le couloir, à proximité.

Sans attendre, craignant le pire, et surtout pour Alfred, et surtout parce qu’il n’apprécie guère cette Althea et son discours, Bruce bondit vers l’extérieur… et s’arrête, quand il découvre une étrange énergie orangée, à quelques mètres.


« Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ? »

Ses muscles se tendent, son corps se crispe ; la nuit fut fantastique, mais le réveil est fort désagréable – et il a besoin de libérer cette fureur.
Au moins sur quelqu’un.


« Je… je… je… »

« Laissez-la ! Elle va se reprendre ! Elle… le voyage l’a juste… troublée… »

Le regard sombre de Bruce se fixe sur deux silhouettes, deux personnes dans le couloir, collées l’une à l’autre…
… deux jumeaux, d’une quinzaine d’années, dont l’un semble en proie à une aura orangée troublante.

« Mais qu’est-ce que… bon sang ! Vous ne pouviez pas attendre ? Vous ne pouviez pas m’attendre ?! »

Althea a lâché le Lasso, et est sortie – pour afficher, soudain, une irritation claire sur son visage fermé.

« Elena se reprend, Wonder Robin… elle a juste besoin de s’adapter à… »

« Vous deviez m’attendre dehors ! Pas me suivre ! Et n’utilise plus jamais ce nom ! Bordel, Carter, de quoi on a l’air ?! »

La jeune femme, qui semble aisément changer de langage selon son interlocuteur, se retourne vers Bruce – mais se fixe, rapidement, sur Diana, sans s’intéresser au premier.
Elle met un genou à terre, et baisse la tête en soumission.


« Mes excuses, ma Reine. Les jumeaux Cruz-Palmer ne cessent de causer des difficultés, mais disposent d’un intérêt réel en pleine bataille… »

Elle se tait, alors, et attend… la décision de son autorité suprême.
Derrière elle, Bruce soupire, et laisse son regard glisser des jumeaux à elle, puis vers Diana ; un autre soupir suit, alors.
Des jumeaux Cruz-Palmer. Althea Wayne. Les Justice Titans. Le Futur.
Bon sang, pense-t-il ; il préférait encore l’Hyper-Adapter…

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MessagePosté le: Ven 8 Juin 2018 - 0:15
Une nouvelle aube


Le lasso en main, Diana sentait la présence de l’esprit d’Althéa tout autour d’elle. Ses mots résonnaient dans sa tête, mais aussi surprenants et intenses qu’ils avaient pu être, c’était le comportement de la jeune femme, mais aussi et surtout la vivacité et la fougue de son esprit qui continuaient de hanter Diana. Elle avait vu le respect – l’admiration, presque – de celle qui, contre toutes attentes, se révélait être sa fille et celle de Bruce, mais aussi la force si pure et le courage de son esprit. Elle ne pouvait renier la ressemblance, ni échapper à tout ce qu’elle voyait chez elle et qui était familier – il lui semblait trouver un peu d’Antiope, même, dans la posture de respect qu’elle adoptait.

Althéa Martha Wayne.

Dans un futur plus ou moins proche, elle tomberait enceinte. De Bruce.

C’était peut-être loin des choses qu’elle aurait pu envisager à cet instant précis, des choses qu’elle aurait pu imaginer la veille au soir, mais après cette nuit, après… après toutes ces preuves… La réalisation de ce qu’ils venaient d’apprendre se déroula à ses pieds tout naturellement. Il n’y avait rien de surnaturel, rien d’exceptionnel à penser qu’elle pourrait avoir un enfant avec Bruce. Avec tout ce qu’elle ressentait, la profondeur et la force de ses sentiments… Non, vraiment, entre ça et ce que leur avait dit l’Hyper-Adapter, le plus dur à croire n’était pas la possibilité d’un futur avec Bruce. Vraiment pas.

Un choc violent à quelques mètres la sortit de ses pensées avec un sursaut. Les murs de la chambre en tremblèrent, et Bruce réagit au quart de tour en se ruant à l’extérieur. Elle retrouvait là son besoin de reprendre le contrôle, de se sentir de nouveau utile et en pleine possession de ses moyens, mais si lui se sentait menacé, elle avait un tout autre de pressentiment. Elle attrapa rapidement un drap qui traînait à moitié au sol et l’enroula autour de son corps avant de sortir à son tour.

Et de se retrouver, presque sans surprise - presque - face à deux autres jeunes inconnus. Ils semblaient plus jeunes qu’Althéa ceci dit, mais tout comme cette dernière, n’avaient pas l’air d’ennemis. Les mots qu’ils échangèrent lui confirmèrent d’ailleurs qu’ils se connaissaient. Tout ça commençait à être un peu trop pour son pauvre esprit.

« Bruce, » souffla-t-elle, afin de calmer ce dernier.

Elle se rapprocha de lui et posa une main sur sa nuque pour le rassurer. Le geste, aussi bref que sincère, poussa Diana à tourner la tête vers Althéa, instinctivement. Non, vraiment, ce n’était pas le plus dur à croire…

« Calme-toi, » rajouta-t-elle avant de tourner la tête vers les deux nouveaux arrivants.

Si la familiarité d’Althéa l’avait frappée dès l’arrivée de cette dernière, elle n’était pas sûre de retrouver quoi que ce soit de connu sur le visage des deux jumeaux. Quand avait l’impression d’avoir mis le doigt sur une quelconque similarité, son origine alors lui échappait. Mais ils connaissaient Althéa, et elle aussi les connaissait – dans l’immédiat, ça lui suffisait.

Elle ne put s’empêcher un très bref sourire à la mention de l’alias d’Althéa, suivi d’un regard en coin en direction de Bruce. Robin semblait être de mise, en effet, car, comme tous les Robins à un moment ou un autre, Althéa paraissait avoir développé une sorte de rejet très théâtrale de Bruce, un refus de le reconnaître comme mentor ou autre – mais, comme les Robins, elle était un peu trop déterminée à prouver son indépendance pour que ce soit sincère. Elle avait, après tout, choisi de garder le nom de Robin dans son alias.

« Cruz-Palmer ? » releva Diana à la mention du nom des jumeaux. Voilà d’où venait donc la ressemblance… Elle détailla du regard les jumeaux. Elle tenait toujours son lasso, mais elle avait abandonné depuis longtemps l’idée d’être face à une supercherie particulièrement poussée. « Fils et fille d’Atom et Green Lantern. » Elle reporta son regard sur Althéa. « J’imagine parfaitement, en effet, leur utilité sur le champ de bataille. »

Sa voix était distante, pensive. Elle était, de toute évidence, prête à croire tout ce qu’Althéa leur disait, parce que le lasso ne mentait pas. Aussi fou que tout cela paraisse, c’était réel, et c’était en train de se passer. Elle ne pouvait pas perdre de temps à refuser de croire, ou à lutter contre ce dont elle était témoin. Il était temps d’assimiler ces informations et de passer à la suite – ce qui était, selon Althéa, plus que vital.

Diana laissa échapper un léger soupir.

« Donnez-nous cinq minutes, » dit-elle avant de diriger son regard sur Althéa. « Ensuite, tu nous diras tout sur la raison de ta venue et sur cette menace qui pèse sur votre temps. »

Elle se tourna vers Bruce et lui adressa un léger sourire, chargé de messages cachés mais aussi d’une pointe de regret et d’une promesse silencieuse.

« Un nouveau jour se lève et la nuit est finie, » dit-elle. Elle jeta un regard aux nouveaux arrivants. « Tu devrais peut-être prévenir Alfred. »



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MessagePosté le: Ven 8 Juin 2018 - 14:28
Bruce ne dit rien – mais son regard est éloquent.
Il n'est pas surpris. Il n'est pas perdu. Il n'est pas perturbé. Il n'est pas choqué.
Il est en colère.

Si, la veille, Diana l'a littéralement sauvé en l'accompagnant pour anéantir la Maison des Hiboux... et s'ils ont mis fin à une tension lourde et terrible qui n'a cessé de grandir entre eux depuis des années... ce n'est clairement pas la matinée qu'il attendait ; mais cette colère n'est pas née de la déception, ou de la frustration.
Elle est née d'elle – de cette jeune fille, qui ne cesse lui adresser des regards suffisants, et qui s'adresse à Wonder Woman comme à une star.

Althea.
Althea. Martha. Wayne.
Sa fille, à priori.
C'est elle qui le met en colère.


 « Hrm. »

Il grogne et tressaille, quand Diana lui glisse quelques mots d'apaisement et touche sa nuque ; en temps normal, cela suffirait – mais ce temps n'a rien de classique, hélas.
Rien ne l'apaise, non.
Ni la douceur de Diana. Ni les réactions d'Althea. Ni le trouble des jumeaux, presque mignons. Ni la diplomatie et le pacifisme de Wonder Woman.
Rien ne l'apaise ; tout l'énerve.


 « Le Lasso de la Vérité est un élément magique extraordinaire et incontournable ; une arme mythique. »

Sa voix est froide, lourde, terrible ; presque déshumanisée.

 « Mais toute arme, même divine, a ses défauts... ou peut être parée ; contournée. »

Lentement, son regard quitte Diana – et se fige sur Althea, dont le visage exprime une grimace fort désagréable.

 « Personne n'est autorisé à parler ainsi des artefacts sacr... »

 « Tommy-Harold-Dick-Lucas-Morgan-Delta. »

A peine ces quelques mots surprenants sont-ils sortis de la bouche de Bruce... que l'impossible se produit.
Des chocs électriques s'échappent du couloir ; de partour.
Des murs, du sol, du plafond. Ces chocs électriques sont légers, mais accompagnés de légers anesthésiants... spécialement conçus pour stopper les surhumains ; même ceux aux capacités inconnues.

Althea Martha Wayne, mais aussi Elena et Carter Cruz-Palmer s'écroulent.
Inconscients.
Et incapables de parler, ou de faire le moindre mal à quiconque.


 « Avant que tu t'énerves... sache qu'ils n'ont rien ; ils n'ont pu être blessés. »

Sa voix est calme ; trop, même.
Bien trop, vu ce qu'il vient de faire.


 « Et souviens-toi aussi que nous avons dû, hélas, affronter des menteurs et des pièges qui dépassaient nos pouvoirs. Roy Harper a perdu sa fille et son bras parce que Prometheus a su nous tromper, et je refuse de prendre le moindre risque. »

En parlant, Bruce s'approche des corps, vérifie les pouls – et se confirme à lui-même ce qu'il espérait ; ils n'ont rien. Dieu merci.

 « Diana. »

Il soupire, et se tourne vers elle.
Mais si elle s'attendait à un visage dur, froid, fermé – au visage du Batman, sûr de lui et brutal... il n'en est rien.
La jeune femme ne peut découvrir que... Bruce. Perdu, perturbé, vulnérable, et rongé par des doutes et des peurs – qu'il accepte de partager.


 « Je veux y croire, je veux les croire... je veux croire. En elle. En ce qu'elle peut être.
Mais il y a trop en jeu – il y a toi, il y a Alfred, il y a Batman. Je dois savoir. Je dois faire attention. Je dois les étudier, pour être sûr. Pour leur faire confiance. Pour les laisser f... »


 « RAAAAH !!! »

Un hurlement terrible l'interrompt – avant que Bruce ne soit plus en capacité de parler.
Car une super-force vient de le frapper au visage, et de l'expulser de la maison en le faisant passer par un mur, qui se brise sous l'impact !

Le Batman est brutalement projeté à l'extérieur, et vient violemment s'écrouler dans la piscine ; sûrement inconscient, vu le choc.
Mais si les systèmes de sécurité se lancent définitivement, si des robots approchent, si même Alfred se précipite vers les étages... l'attention de Diana, elle, est ailleurs ; sur autre chose.
Sur l'origine du coup.
Sur elle.
Althea. Martha. Wayne.


 « NUL NE ME TOUCHE ! NUL NE ME FRAPPE ! NUL MORTEL N'A LE DROIT DE POSER LA MAIN OU LES YEUX SUR MOI !!! »

Dans une fureur absolue, sûrement née de la douleur et de l'effort nécessaire pour tenir ; c'en est impressionnant, et elle pourrait en être fière... si la jeune fille ne bondissait pas à l'extérieur, en ayant sorti une lame, et en se dirigeant vers la piscine – sûrement avec une très, très mauvaise idée en tête !
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MessagePosté le: Lun 11 Juin 2018 - 22:26
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La voix froide et détachée de Bruce interpella Diana. Il lui fallut une seconde de trop pour se détacher du choc et du poids de tout ce qu’ils découvraient, une seconde de trop pour se tourner vers Bruce et pour croiser son regard déterminé mais glacial, tel du métal. Une seconde qu’elle aurait peut-être pu utiliser pour désamorcer la situation, une seconde qu’elle vit partir en fumée dès que Bruce ouvrit la bouche sur le code qui fit réagir au quart de tour le manoir, comme une entité à part entière. Elle laissa échapper un hoquet de stupeur quand le couloir s’illumina du halo bleuté des chocs électriques qui faisaient mouche et passa, instinctivement, en position défensive. Mais avant qu’elle ne put faire quoi que ce soit, la lumière disparut, et avec elle, l’image d’Althéa et des deux jumeaux. Un instant plus tôt debout et face à eux, ils étaient maintenant au sol, inconscients.

Diana fit volte-face vers Bruce.

« Qu’as-tu fait ?! »

Il invoqua la logique et la raison, comme il le faisait toujours, et elle savait, au fond d’elle, qu’il n’avait pas tort. La prudence était toujours de mise pour eux, surtout quand on venait les chercher dans une endroit aussi privé que le Manoir Wayne. De plus, la présence d’Alfred aux alentours exigeait d’eux un professionnalisme sans faille, et pourtant… pourtant, Diana ne voyait que le corps de celle qui, contre toute attente, pouvait être sa fille paralysé par des tranquillisants qu’elle n’avait pas vu venir.

Bruce se rapprocha pour vérifier les signes vitaux de leurs jeunes visiteurs, mais Diana resta immobile, au milieu du couloir, devant la porte de la chambre du maître des lieux. Cette histoire était complètement folle. D’abord la Cour des Hiboux, puis l’Hyper-Adapter et sa révélation, ses menaces, puis… puis elle et Bruce, et maintenant ça ?

C’est son prénom, et surtout la voix qui l’appela, qui la ramena. Son regard croisa celui de Bruce qui était toujours agenouillé près d’Althéa, et les doutes et les peurs qu’elle y lut la calmèrent immédiatement. Elle laissa échapper un léger soupir, prise d’affection mais aussi de lassitude. Ils avaient traversés tellement de choses folles ensemble, et ça n’en serait qu’une de plus. Mais surtout… Surtout, ils étaient ensemble.

« Bruce, » dit-elle avec douceur. « Tu ne peux pas… »

L’attaque d’Althéa fut aussi subite que surprenante. Si les tranquillisants utilisés par Bruce avaient pu la mettre K.O en premier lieu, leur efficacité n’était plus à prouver. Pourtant, elle était là, debout, et, surtout, furieuse. Son hurlement de colère ne tremblait pas, pas plus que le coup, précis et terrible, qu’elle décocha à Bruce, envoyant ce dernier valser comme une poupée de chiffon. Les murs cédèrent, les pierres tombèrent et la poussière vola. La lumière rosée de l’aube s’introduit à travers cette nouvelle ouverture et baigna le visage d’Althéa d’un halo orangé aux accents apocalyptiques. Et dans le danger de la situation, dans la violence de ce qui venait de se passer, Diana eut une pensée distincte et puissante, avant de finalement basculer sur ses instincts de guerrière.

Althéa parlait et se comportait comme une Amazone, comme une fille de Themyscira fermée au monde des hommes, mais physiquement, elle était le portrait craché de son père. Ressemblance qu’elle ne semblait pas vouloir accepter, et, l’espace d’une courte, mais puissante seconde, Diana s’en sentit si profondément attristée qu’elle perdit presque de vue l’urgence de la situation.

Presque.

« Althéa, NON ! »

Elle bondit en avant à la suite de la jeune fille. Sa jeune fille ? Les interrogations n’avaient plus leur place dans l’instant présent, pas alors que Diana bondissait au travers des trous béants créés dans les murs du manoir. Elles étaient toutes les deux de constitutions Amazones, mais Bruce… un tel choc, une telle violence… Sa peur était instinctive, viscérale, et l’urgence qu’elle ressentait lui brûlait les veines. Althéa était rapide et enragée, mais elle était jeune et, surtout, encore sous l’influence des tranquillisants, malgré son impressionnante résistance. Contre la vitesse de Diana, elle ne put rien faire. Si bien que cette dernière se retrouva au bord de la piscine avant elle, juste à temps pour l’intercepter.

Sa main se referma sur le poignet d’Althéa et elle serra d’un coup sec pour obliger cette dernière à lâcher son arme.

« Non, » répéta Diana d’une voix sèche et brusque. « Laisse-le. »

Les possibilités, l’incroyable récit qu’Althéa avait eu pour eux, et la vérité sur son ascendance, tout ça n’était que toile de fond pour le moment. Face à ce qui pouvait arriver à Bruce si elle laissait la colère de la jeune fille prendre le dessus sur la raison ? Elle ne plierait pas. Pas avec un tel enjeu.

Elle repoussa Althéa sans pour autant la blesser ou la faire tomber. Juste assez pour l’écarter de la piscine et permettre à Diana de se détourner pour y plonger sans hésiter. Elle se hâta de rejoindre Bruce, mélangeant nage et marche sous l’eau, et glissa ses bras sous ce dernier pour l’extirper de l’eau et lui éviter ainsi la noyade. Le regard fermé, elle l’amena vers le bord opposé et l’y déposa avant de grimper à son tour et de se pencher au-dessus de lui.

« Reviens, » souffla-t-elle en écartant ses cheveux mouillés.

Elle prit appuis sur le sol encore frais des températures nocturnes et se pencha pour lui administrer le massage cardiaque dont il semblait avoir besoin. Quant aux fractures et autres blessures dont il souffrait inévitablement… chaque chose en son temps. D’abord, elle avait besoin qu’il ouvre les yeux.


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MessagePosté le: Mer 13 Juin 2018 - 11:57
Le choc a été terrible.
Alors qu’il vérifiait le statut des deux plus jeunes visiteurs, à priori du Futur, à priori enfants de Green Lantern et d’Atom, Bruce a été violemment frappé par Althea – celle qui se présente comme sa fille, qui semble plus résistante que les autres ; et le choc a été terrible, oui.

Brutalement expulsé du Manoir, projeté dans la piscine, il n’a rien pu faire pour se défendre… et a, même, failli être passé à tabac par une jeune fille littéralement furieuse, si Diana n’avait pas su réagir à temps ; elle lui a sauvé la vie – et le fait encore, en l’ayant repêché et en enclenchant un massage cardiaque, pour voir ce qu’elle peut faire pour lui.

Dans le Manoir au mur brisé, Elena et Carter Cruz-Palmer sont inconscients ; à l’extérieur, Althea respire bruyamment, et tente de reprendre le contrôle d’un corps énervé – mais, aussi, rongé par les spasmes et les douleurs. Elle a certes tenu face au choc, mais pas sans conséquence, et elle souffre… mais moins que son adversaire, si on l’avait laissé continuer.


« Tu… tu devrais le laisser. »

Sa voix siffle comme un serpent, ses mots sont comme un crachat de venin.

« Tu devrais le laisser mourir. »

Par réflexe, la jeune fille marche autour de Diana et de Bruce, inconscient.
Le visage de ce dernier est violemment marqué par le coup, et son cœur ne bat plus ; mais l’Amazone se bat, s’acharne, et tente le maximum pour le ramener.
Même si, derrière elle, une enfant, pas encore vraiment adulte, ne cesse de lancer des regards d’une noirceur absolue au corps blessé sorti de la piscine.


« Pour ce qu’il a fait… ce qu’il va faire… à nous, à la ville… à ce pauvre Tommy Elliot… tu devrais le laisser mourir. Le monde se portera bien mieux sans lui. Tu devrais me laisser f… »

« Pardonnez mon intrusion, mais je tiens à signifier mon désaccord. »

BANG

Une voix douce et polie se fait entendre avant qu’une détonation ponctue la phrase. En se tournant, les deux femmes peuvent en découvrir l’origine…
… un fusil à pompe, tenu par un Alfred Pennyworth calme en apparence, mais au visage déterminé.

« S’il est agréable de voir Monsieur Bruce recevoir, et surtout recevoir une invitée aussi agréable que Miss Diana, et si j’ai écouté vos échanges, et ainsi pu comprendre l’hypothèse de votre parenté, je suis au regret de vous informer, voire de vous rappeler, jeune fille, que nul ne saurait toucher à l’enfant qui m’a été confié au décès de ses parents. Même s’il a grandi, cela demeure mon pupille, et il est hors de question que je laisse quiconque lui faire du mal. »

Le majordome recharge, et lance un regard noir à Althea, qui a reculé sous la surprise de sa venue.

« Est-ce bien clair ? »

« Al… Alfie ? C’est… c’est toi ? »

Des larmes perlent au coin des yeux de la jeune fille. Si le Britannique s’attendait à devoir se battre, il n’a pas anticipé la suite – une explosion de larmes, et Althea qui file vers lui pour… fondre dans ses bras, littéralement.

« Ho, Alfie, tu m’as tellement manqué ! »

Surpris, stupéfait, Alfred se laisse faire – et lâche son arme, avant de suivre son instinct et de serrer ses bras autour de la jeune fille ; et il se sent bien, alors.
Par instinct, il se sent bien… il se sent tel un grand-père ; bien, définitivement.


« Je… n’ose imaginer comment un tel surnom a pu m’être attribué, jeune fille. »

« Tu… tu l’as toujours détesté… et… et je l’ai toujours utilisé… »

« La… digne fille de ses parents. Assurément. »

Surpris, ému, surpris d’être ému, Alfred maintient Althea contre lui – et ne sait quoi faire. S’il apprécie et goûte ce moment, il s’inquiète bien sûr pour Bruce… qui, heureusement, vient d’avaler une grande bouffée d’air, et reprend conscience.
Il revient. Difficilement, mais il revient.


« Ha… je… je… mais… »

Perdu, perturbé, Bruce tente de comprendre ce qu’il se passe – en vain.
Son esprit est troublé. Son corps plein de douleur. Et il est loin de pouvoir se reprendre rapidement… ou de se préparer à ce qui l’attend.


« On vous laisse cinq minutes, et c’est déjà la folie. Frack, Althea, tu ne changeras donc jamais ? »

Une traînée rouge et jaune apparaît soudain, et se fige devant les personnes présentes…
… pour révéler une jeune femme rousse à l’air las, un peu moins que la trentaine.

« Salut. Je suis Flash – Iris West, la fille de Wally. Ça fait plaisir de vous revoir. »

Un léger sourire glisse sur son visage, avant de disparaître quand son attention se fige sur Althea, qui a lâché Alfred et se tient droite et fière – très droite, même ; et vraiment très fière.

« J’ai agi comme une Amazone l’aurait fait. Je suis allée droit au but. »

« Et tu as failli anéantir l’Espace-Temps ; bravo. »

« J’avais dit qu’il fallait la surveiller. »

Deux formes apparaissent soudainement, issues d’un système de téléportation similaire aux Tunnels-Boum, mais cette fois-ci silencieux. Ces formes sont féminines…
… et si l’une semble clairement liée aux Néo-Dieux, l’autre a une allure bien différente.

« Salutations. Je suis Avia Free. Héritère de Néo-Apokolips. »

« Et je suis Mar’i Todd. Vous pouvez m’appeler Star. »

Les deux jeunes femmes sourient à Diana, Bruce et Alfred, mais fixent un air sombre vers Althea – qui se crispe en leur présence.

« Il… il nous a attaqué, et… »

« Assez. Nous n’avons pas le temps. »

Iris, sèche, se tourne vers Diana, soupire puis reprend.

« Excusez tout cela. Nous devons faire vite, nous avons peu de temps. Nous devons agir rapidement.
Où est Timothy Drake ? Le jeune, et l’adulte. Nous devons les trouver et les stopper, avant que le pire arrive… »


Encore affecté, Bruce a eu du mal à suivre – mais se remet, maintenant ; et il comprend.
Il comprend qu’il a eu raison. Il comprend que le pire arrive.
Et il comprend, surtout, que ses proches vont souffrir, hélas, dans les prochains temps…

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MessagePosté le: Mer 13 Juin 2018 - 22:18
Une nouvelle aube


Diana était extrêmement consciente d’Althéa et de la proximité de cette dernière. Elle la voyait, entre deux passages, et l’entendait, la sentait surtout quand elle passait près d’elle et Bruce. Elle tournait autour d’eux comme un prédateur tourne autour de sa proie, comme un charognard dans l’attente de son festin. Oui, Diana était consciente de sa présence et de ses changements d’appuis, de sa respiration saccadée et de sa lutte contre les anesthésiants qui étaient toujours dans son système. Sa résistance était impressionnante, tout comme l’était la maîtrise de son corps et la façon dont elle jouait sur ses atouts, sans ne rien laisser paraître de ses faiblesses. Mais malgré tout, malgré tout ce que Diana pouvait relever, tout ce qu’elle notait, consciemment ou pas, tandis qu’elle était penchée sur Bruce et qu’elle se débattait contre les conséquences de la chute de ce dernier pour tenter de le ramener – malgré tout ça, elle n’était pas sûre de comprendre.

Elle ne comprenait pas que leur fille soit là, elle ne comprenait pas que futur et présent se mêlent, elle ne comprenait qui était leur fille, mais, surtout, elle ne comprenait pas ce que cette dernière disait. Ca n’avait pas de sens. Pas plus que ça en eut quand Alfred débarqua, quand Althéa oublia sa colère et sa rage pour saluer ce dernier. Leur étreinte n’avait aucun sens, les paroles qu’ils échangèrent non plus.

Cela faisait beaucoup d’informations et peu - trop peu de corrélations entre tout ce qu’elle apprenait. Et elle apprenait à chaque minute qui passait.

Jusqu’à ce que, enfin, Bruce prenne une grande inspiration. Elle entendit l’eau dans ses poumons, puis il ouvrit les yeux et évacua ce qui gênait ses voies aériennes. Elle l’aida à se redresser, juste assez pour lui faciliter la tâche sans pour autant aggraver les dommages dont il pouvait avoir souffert. Il avait pris le coup de plein fouet, sans costume, sans gadget, et Althea était, sans contexte, aussi forte qu’une Amazone. Mais il respirait. C’était déjà une victoire. Il respirait.

« Reste calme, » lui dit-elle doucement, et sans trop d’espoir qu’il suive son conseil. Ses doigts s’attardèrent sur sa joue, le temps de dégager ses cheveux mouillés.

Puis elle redressa la tête vers Alfred et la jeune femme, juste au moment où cette dernière s’écartait du premier. Le regard sombre et chargé, Diana se leva rapidement. Mais avant qu’elle ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, ceci dit, une traînée rouge s’ajouta à la conversation. Surprise, Diana eut un léger mouvement de retrait.

Iris West. Mais pas seulement.
Aussi Avia Free et Mar’i… Todd ?
Etrangement, ce n’était pas le plus incroyable de la soirée. Non, le plus dur à croire, c’était l’étrange demande d’Iris West, Flash de son époque.

Les sourcils froncés, Diana parcourut du regard cette curieuse assemblée avant de jeter un regard derrière elle, vers Bruce.

« Timothy Drake ? » reprit-elle, confuse. Son regard s’attarda sur Iris West, qui semblait mener toute cette troupe. « Timothy Drake ? C’est lui, le désastre qui mettra le monde à feu et à sang ? C’est pour lui que vous avez pris le risque de voyager dans le temps… ? Qu’est-ce que… »

Elle fronça un peu plus les sourcils et se tourna finalement vers Althéa.

« Que s’est-il passé ? Que … pourquoi ? »

Et par-là, elle ne parlait pas seulement du sort du monde, de leur présence et de leur étrange requête, mais aussi de ce qu’Althéa avait dit plus tôt, ce qu’elle avait laissé s’échapper sur elles, sur Bruce, sur… sur leur famille.

Oui, décidément. Bien trop d’informations, et elle ne savait plus quoi en faire, ni comment les arranger pour que toute cette histoire ait le moindre sens.
Elle avait besoin de la vérité.



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MessagePosté le: Jeu 14 Juin 2018 - 15:10
Bruce vit des heures difficiles.
Troublé par l’affrontement au sein de la Maison des Hiboux, hanté par la nuit passée avec Diana et ses conséquences, choqué par l’arrivée de jeunes métahumains, rongé par les perspectives que leurs discours ont déclenché, poussé au pire par sa paranoïa, puis finalement frappé, maltraité, envoyé ailleurs et sauvé par Wonder Woman… oui, il vit clairement des moments difficiles ; et cela ne semble que commencer.

Alors qu’il se remet, se redresse, au creux des bras doux de Diana, qui lui demande de rester calme, tout en le protégeant instinctivement même si elle aussi apparaît surprise et troublée par ce qu’il se passe, le Batman n’est pas en état de se battre – il parvient à peine à suivre les discussions, à penser.

Mais il demeure lui-même ; le Chevalier Noir.
Même minime, la moindre de ses pensées peut être une arme… et il entend ne pas s’en priver.

Ainsi, alors que Diana s’intéresse au discours d’Iris West, actuellement enfant, devant eux fière, adulte et responsable, Bruce se redresse et se décolle, discrètement de la douce étreinte de l’Amazone ; il a aimé ces moments, qui, il en a conscience, le hanteront longtemps – mais il a autre chose à faire.
Il doit penser ; il doit se battre avec les armes dont il dispose encore.


« Un Tim Drake adulte s’est récemment présenté dans la Batcave. »

Sa voix est rauque, difficile, traînante ; il souffre, encore.
Mais hors de question de le montrer, ou de laisser son corps affaiblir son esprit.


« Porteur de nouvelles alarmistes, d’un avenir sombre et désespéré, où un Superman rongé par Brainiac et un Darkseid vainqueur anéantiraient l’espoir, et pousseraient l’Humanité vers le pire. »

Son regard glisse, doucement, entre Iris, Avia, Mar’i mais aussi Althea, qui laisse ses muscles se détendre après que son corps ait définitivement absorbé le choc précédent.
Elle continue, néanmoins, de lui adresser des yeux sombres et terribles ; il y répond sans agressivité, mais avec suffisamment de détermination pour lui signifier que cela ne sera pas facile de le faire céder.


« J’ai craint qu’il ne m’ait pas tout dit… je pense que vous pouvez le confirmer. »

« Bordel. »

Iris secoue la tête puis se masse le crâne, lassée et énervée.
A ses côtés, la jeune Star grimace.


« Il… frack, il est déjà venu. Il faudrait retourner dans le Passé… »

« Impossible. Iris ne supportera pas un autre voyage. »

« Il le faudra bien. »

La jeune Flash se redresse, soupire, puis se tourne vers ses camarades.

« On va partir, on va partir six mois en arrière. Maintenant. »

« Iris, tu ne peux pas, tu vas te perdre dans la Force Véloce, et… »

« On n’a pas le choix, Mar’i. Il y a trop en jeu. Il f… »

« On ne repart pas. On gère. »

Althea s’avance, et pointe soudain un index rageur vers Flash.

« Hors de question qu’on mette ta vie en jeu pour ça. Hors de question de risquer de te perdre pour ça. Je n’accepterais pas ça ! Je ne te laisserais pas faire ! »

« Frack, ‘thea, tu crois que tu peux la ramener avec ce que t’as fait ?! T’as punché ton père, et t’as foutu le bordel ! »

« Mes relations familiales ne te regardent pas ! Je fais ce que je veux ! »

« Ho, ça je le sais bien ! Je le sais depuis que je t’ai retrouvé avec Jai ! »

« C’ETAIT UN ACCIDENT ! JE NE VOULAIS PAS L’EMBRASSER ! »

« C’EST PAS CE QUE J’AI VU ! TU M’AS TROMPE AVEC MON FRERE, ESPECE DE… »

BANG


« Mesdemoiselles. »

L’attention se glisse directement en arrière – vers Alfred, qui décharge la cartouche inutile de son fusil à pompe, qu’il vient de décharger.
Un léger sourire, si britannique, glisse sur son visage calme.


« Il est de ma responsabilité de vous informer que… le maître des lieux ne goûte guère vos échanges. »

« N’est-il pas. »

Profitant de l’explosion entre Iris et Althea, qu’il découvre plus liées qu’il ne le pensait, Bruce s’est décalé, décollé, et a pu ainsi se redresser sans éveiller les soupçons ; pour agir.

« Personne ne va partir. Personne ne va se mettre en danger. Et personne ne va s’en prendre à Tim Drake – vieux ou jeune. »

« Tais-toi, tu ne sais p… »

« Je sais ce que vous m’avez dit. Je sais que vous ne mentez pas. Je sais aussi qui je suis. »

Les regards se tournent vers Bruce – et tous découvrent, alors, qu’il n’est plus uniquement en caleçon, plus uniquement faible et quasiment nu.
Il est en armure, crépitant d’énergie électrique ; une armure qui est sortie discrètement d’une trappe de la piscine, et lui permet de paraître moins faible devant elles.


« Je suis Batman. »

Iris, Avia et Mar’i reculent, surprises ; Althea s’avance, grimaçante et farouche.

« Oh, mais tais-t… »

« Et je suis ton père. »

Son regard terrible se fige sur la jeune femme, qui se fixe sous la surprise et l’impact d’une telle déclaration ; Alfred, lui-même, est choqué par cette reconnaissance de paternité, aussi soudaine qu’inattendue connaissant Bruce. Diana elle-même doit être stupéfaite, mais pourrait apprécier l’effort réel qu’il réalise ici.

« Maintenant, soit vous entendez poursuivre ce projet de modifier le Temps, et vous allez me forcer à vous montrer pourquoi le Batman est craint dans l’Univers… soit les nerfs se détendent, et nous rentrons au Manoir. Je suis persuadé qu’Alfred dispose de quelques rafraîchissements pour vous. »

« Avec plaisir. »

« Parfait. Donc, qu’en dites-vous ? Allez-vous vous comporter en gamins – ou en Héroïnes responsables ? »

Le ton est calme, posé ; mais la pique est réelle.
Et le pari immense.
Bruce n’est pas à l’aise. Bruce ne veut pas faire ça – mais il n’a pas le choix. Il est trop affaibli, trop faible pour faire autre chose ; il doit faire confiance. Il doit les croire. Il doit leur tendre la main.
En espérant, bien sûr, ne pas avoir à la transformer en poing à l’avenir…

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MessagePosté le: Jeu 14 Juin 2018 - 23:03
Une nouvelle aube


Un silence de plomb s’installa.

Tout le trouble, la confusion et l’émoi que Diana pouvait ressentir, tout était enfoui derrière un masque épais de sévérité. Ils avaient besoin de leurs réponses, du fin mot de l’histoire, et pour cela, il fallait encadrer la situation. Althéa, aussi impressionnante et indépendante qu’elle voulait se montrer, se révélait être, de plus en plus… et bien, une jeune fille de son âge. Sa maturité n’était pas totale, et ses réactions étaient parfois enfantines, déplacées. Toute cette fine équipe, malgré leurs costumes, leurs pouvoirs et leurs talents, était bancale, et s’ils voulaient éviter l’implosion, il leur fallait calmer les ardeurs de tout le monde.

De brefs flashs d’elle-même face à Antiope sur le champ d’entraînement, le regard de cette dernière strict et aiguisé et ses tempes ruisselantes de sueur, la prirent d’assaut. Avait-elle entraîné Althéa ? L’avait-elel aussi bien entraînée qu’on l’avait entraînée elle ?

Les épaules droites et ce malgré le simple drap qui lui servait de robe, Diana riva un regard d’acier sur les jeunes femmes devant eux.

« Veuillez suivre Alfred jusqu’au salon. » La formule de politesse n’était que ça : une simple politesse. Elle ne demandait rien, elle exigeait, et personne ne pouvait avoir fait l’erreur de croire le contraire. Son regard se posa sur le majordome, et si elle garda la même position de force et d’autorité, son regard, lui, ne fit pas l’insulte à Alfred de le prendre de haut. Le vieil homme était loin d’être inférieur à elle. « Alfred, prenez donc Althéa avec vous pour vous aider à déplacer les jumeaux touchés. Ils doivent toujours être dans le couloir. »

Elle ne bougea pas d’un pouce le temps que tout le monde suive ses instructions, jusqu’à ce que, finalement, la dernière paire de chaussures colorées, la dernière chevelure, ne disparaisse dans l’encadrement de la double porte la plus proche, menée par un Alfred toujours armé. Ce dernier, toujours égal à lui-même, semblait avoir pris les choses bien mieux qu’eux, et n’avait pas l’air de se formaliser de tout ça.

Mais ce qui n’est pas visible à la lumière du jour fleurit parfois dans l’ombre.
Et, en parlant d’ombre…

Diana laissa échapper un souffle qu’elle ne se souvenait pas avoir retenu, avant de se tourner vers Bruce. Après des années à se tenir à ses côtés, à l’accompagner et à se faire accompagner par lui, elle ne voyait presque plus l’armure. Non pas qu’elle ait fini par fusionner l’homme et le costume, mais plutôt parce qu’elle arrivait maintenant à voir au-delà des barrières et des murs comme s’ils n’étaient pas là. Elle ne lui fit pas l’insulte de lui demander si ça allait – il affirmerait qu’il allait bien et elle repèrerait le mensonge immédiatement – mais elle s’offrit le privilège de lui offrir soutien et compréhension par le plus simple des gestes. Elle se rapprocha de lui et posa sa main sur le bras recouvert de protections de Bruce.

Il avait pris un sacré coup, et Hera seule savait comment il pouvait encore tenir debout. Mais elle n’était plus vraiment étonnée. C’était son pouvoir, sa force, ça. Il tenait debout.

« Je suis ton père… ? » finit-elle par dire. Un léger sourire lui effleura les lèvres tandis qu’elle glissait sa main vers celle de Bruce. « Et moi, sa mère… »

Son regard se riva dans celui de Bruce. Elle voulait dire que c’était fou, que toute cette histoire ne rimait à rien, mais la vérité… la vérité, c’était qu’elle voulait l’envisager, qu’elle pouvait l’imaginer sans aucun problème.

Ses doigts glissèrent entre ceux de Bruce et elle replia ensuite son bras sur le drap pour le maintenir contre elle.

« Je vais aller m’habiller, et après on va tirer tout ça au clair. »

Elle voulait lui dire d’aller se faire examiner, de demander à Alfred qui lui prodigue les soins de bases dont il avait indubitablement besoin. Mais ça aussi, elle ne le dit pas. Au lieu de ça, son regard resta accroché à celui de Bruce, jusqu’à ce que finalement, elle laisse échapper la vérité. La seule vérité qui comptait.

« Bruce, je… je ne regrette pas. Je ne regretterai jamais. »



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MessagePosté le: Ven 15 Juin 2018 - 13:22
La tension était terrible ; mais elle a disparu.

Grâce au sang-froid d’Alfred, grâce à la posture de Bruce, et grâce à l’autorité douce de Diana, les jeunes Héroïnes sont parvenues à se reprendre – et à accepter les ordres.
Sans un mot, elles acquiescent, malgré les retenues ou difficultés qu’elles peuvent éprouver, puis quittent le jardin, la piscine, et rejoignent l’intérieur. Précédées par le majordome idéal, calme et sympathique, qui se permet même d’engager la conversation avec Mar’i Todd, le petit groupe rentre dans le Manoir – la jeune Star menant Flash et Avia vers l’aile des invités, tandis que Pennyworth va chercher les jumeaux avec Althea.

Laissant seuls, donc, Diana et Bruce.
Qui, alors qu’ils sont enfin partis, se permet de souffler… et de libérer, réellement, le poids qui pèse sur lui depuis quelques minutes.


« Hughn. »

Qui est immense.
Son soupir devait être un discret souffle – il est finalement un râle long et douloureux.


« Bor… del. »

Il grogne… et ne parvient plus à se tenir ; il s’écroule.
Mettant un genou à terre, il secoue la tête – puis appuie sur un bouton sur son masque, qui se rétracte ; révélant alors pleinement son visage, ensanglanté et tuméfié.
Lentement, il le tourne vers Diana… et esquisse un petit sourire, fort douloureux à priori.


« Je… ne peux plus cacher ma… passion pour Darth Vader. »

Il est, alors, pris d’une sérieuse quinte de toux, et d’une crise de tremblement ; dont il lui faut quelques instants pour se reprendre.
Il fait disparaître le sang qui coule de ses lèvres par un geste de la main, avant de prendre une grande inspiration, pour reprendre la parole ; Diana passe ses doigts sur sa bouche, et il en tremble – mais pas de douleur, cette fois-ci.


« Je… »

Il la fixe, comme elle le fixe ; l’instant dure quelques secondes, fugaces.
Mais intenses.
Tous deux pensent à la même chose. Tous deux pensent la même chose. Tous deux envisagent Althéa, son existence, son influence, sa conséquence sur leurs vies ; tous deux ont en mémoire les dernières heures, mais aussi les années passées. La rencontre. Les combats. Les débats. Les tensions. Les rapprochements. Les trahisons.
Les passions.
Surtout, les passions.


« Je… me méfie d’elle. Je me méfie d’eux. Je m’inquiète, pour nous, pour nous, pour eux. Je… ne peux aller contre ça ; je suis comme ça.
Je m’inquiète et je me méfie – mais il n’y a pas de regret. »


Son sourire reprend, timide mais sincère.

« Même quand… elle a prouvé qu’elle a ton crochet du droit. Pas de regret.
Ni pour hier. Ni pour elle. Ni pour… nous. »


Tremblant, il lève sa main, et glisse doucement ses doigts sur le doux visage de Diana.

« Quoi… qu’il arrive. A elle. A nous. Quoi qu’il arrive. Je ne regrette et je ne regretterais… jamais. »

Il se redresse, alors, puis se penche en avant – et nul, pas même Althéa qui tente de voir depuis le Manoir ce qu’ils font et de les entendre, ne peut écouter ou réellement discerner ce que le duo se dit… et ce qu’ils font, penchés l’un vers l’autre, pendant quelques instants.
Cet instant n’appartient qu’à eux ; comme bien d’autres.
Passés, et à venir.


**
*
**

Plus tard.
Bien plus tard.

Le groupe a été réuni ; les bouches se sont déliées. Les gens ont parlé.
Longtemps.
Plusieurs heures après, les voyageurs temporels sont exténués et sont allés se coucher ; même Althéa, qui voulait continuer à veiller, et qui a subi les foudres polies d’un Alfred Pennyworth habitué au sale caractère des Wayne.

Affaiblis, les jumeaux Cruz-Palmer n’ont guère apprécié le choc électrique, mais sont surtout parus perdus et troublés ; très liés l’un à l’autre, mignons et gentils, ils sont couvés par les autres Héroïnes, et notamment Flash, qui joue le rôle de meneuse autoritaire mais juste.
Celle-ci a veillé à ne pas croiser Althéa, preuve que quelque chose de lourd s’est déroulé entre eux. Avia a disparu d’elle-même, pour aller se positionner dans le parc du Manoir, préférant évidemment s’évader que de rester sur place ; et Mar’i s’est révélée joyeuse et fine connaisseuse du bâtiment, aidant Alfred à guider Althéa contre son gré dans une chambre d’ami.

Les voyageurs sont donc allés se coucher… après avoir parlé.
Avoir évoqué le pire, qui approche.
Brainiac. Superman contrôlé. BatTim.
Darkseid.

Alors qu’ils ont disparu, et qu’il a récupéré quelques médicaments pour se remettre, Bruce pousse un profond soupir, dans le grand salon.
Le bras replié et collé sur la vitre, le front figé sur son avant-bras, il laisse son regard glisser sur l’horizon de sa propriété – et fronce les sourcils, soucieux.

Tellement à faire, pense-t-il. Si peu de temps.
Et, surtout, si peu d’espoir…


(HJ/ N'hésite pas si tu veux glisser quelques dialogues des PNJs avant le saut temporel. Wink /HJ)
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MessagePosté le: Mer 27 Juin 2018 - 22:30
Une nouvelle aube


Le domaine ancestral des Wayne était assez éloigné de la ville pour ne pas avoir à souffrir du bruit de cette dernière, de son activité nocturne et des reflets néons de ses enseignes lumineuses, mais pas assez éloigné pour échapper à l’étrange halo doré projeté dans le ciel nocturne par des dizaines, des centaines, d’ampoules. Les étoiles les plus vives et les plus persistantes perçaient ici et là cette impression de jour timide qui rôdait là où l’aurore n’avait pas encore affirmé sa domination. La limite était presque traçable dans le ciel. Au-dessus du manoir et étendu derrière ce dernier, le jour avec ses zébrures de rose et d’orangé dans le ciel – mais devant, derrière la piscine et le jardin, derrière les collines, Gotham, encore plongée dans le noir, encore brillante de cette pollution lumineuse.

Et entre les deux, Diana et Bruce, si proches l’un de l’autre que dans la semi-obscurité que leurs deux silhouettes étaient inséparables.

« Ca fait bizarre, hein ? »

Althéa détourna son regard de la baie vitrée dans un sursaut. Peu de gens arrivaient à la surprendre de la sorte, mais peu de gens étaient aussi surprenants que Mar’i. Elle n’était pas sûre, ceci dit, d’apprécier le regard pétillant de cette dernière et le sourire pendu à ses lèvres alors qu’elle regardait elle aussi à travers les fenêtres.

« J’espère que je pourrais voir mes parents, moi aussi. Ce serait chouette. En tout cas, cette époque est vachement mieux que la nôtre ! »

Althéa ne prit pas la peine de répondre, et Mar’i, de toute façon, n’attendait pas de réponses. Après un nouveau sourire un peu trop lourd de sous-entendus, elle tourna les talons et s’éclipsa avec cette étrange démarche presque dansante qu’était la sienne. Althéa reporta son regard sur la baie vitrée et sur la forme à quelques mètres de cette dernière. Elle parvenait à distinguer le bras de sa mère, passé dans le dos de son père, mais c’était à peu près tout. De là où elle se tenait, ils ressemblaient à un monstre informe et grotesque.

Vachement mieux ? Certainement pas. Ou… peut-être. Un peu. A peine. Mais ce n’était, de toute façon, pas son temps, pas son époque à elle.

Elle regarda ses parents entrer dans le manoir par une autre entrée, en proie à un cocktail d’émotions qu’elle était loin de vouloir assumer ou gérer.
Vachement mieux… tu parles.






Le soleil était haut dans le ciel et bien que Diana n’ait pas vu passer le temps – à raison – il entamait déjà sa longue descente. Les heures semblaient s’écouler différemment à l’intérieur du manoir, et leurs étranges voyageurs temporels n’avaient fait que renforcer cette impression. Les murs de l’immense bâtisse étaient épais, hermétiques, et l’air semblait encore chargé des mots qui avaient été échangés toute la journée, des informations qui avaient circulé, et du poids qui s’était ajouté à celui, déjà imposant, qui avait élu domicile sur les épaules du maître des lieux. La menace était claire, et le danger prioritaire, mais pour le moment, ils étaient à l’abri du temps qui passait à l’extérieur, et Diana comptait bien en profiter. Elle avait déjà quelque chose en tête.

Elle entra dans le grand salon, après s’en être absentée quelques instants, et s’avança, sans un mot, vers Bruce. Ce dernier se tenait à contre-jour, contre une des grandes fenêtres, tellement immobile qu’il aurait pu aisément passer pour une des statues décorant l’immense domaine. Mais Diana n’était pas dupe : si la mer était plate à la surface, courants et tourmentes régnaient en profondeur. Bruce n’était jamais calme. Il y avait toujours quelque chose de chaotique en lui, quelque chose qui jamais ne se reposait – mais il était face à un destin bien trop lourd et dangereux pour qu’elle ne le laisse se perdre dans ces tendances autodestructrices qu’étaient les siennes.

Elle posa la boîte de premiers soins, récupérée auprès d’Alfred, sur la table basse qui trônait entre les canapés, mais continua son chemin jusqu’à Bruce. Sans un mot, elle glissa sa main dans son dos, attendit qu’il ne tourne la tête vers elle après s’être difficilement extirpé de ce qui le rongeait, et, toujours sans rien dire, elle lui attrapa le bras avec douceur et l’obligea à la suivre jusqu’au canapé. Là, elle appuya doucement sur ses épaules pour le faire s’asseoir de biais et prit place face à lui.

Après avoir échangé un nouveau regard avec lui, elle attrapa la boîte et se glissa sur le canapé, de sorte à être encore plus proche de lui. Son regard quitta celui de Bruce pour aller s’intéresser aux bleus et aux coupures sur son visage. Il avait accepté les soins d’Alfred, mais c’était des soins basiques, des soins généraux – l’urgence et l’étrangeté de la situation avaient, automatiquement, pris le dessus sur son bien-être – mais Diana aussi savait être têtue. Un guerrier ne peut être efficace sur le terrain qu’en plein possession de ses moyens.

Mais, bien sûr, ça allait plus loin que ses soucis d’optimisation pour les combats à venir.
Tellement plus loin.

Armée d’un coton imbibé d’alcool, elle repoussa quelques mèches de cheveux et nettoya avec douceur les premières plaies. Toujours en silence, Diana s’occupa des égratignures, des coupures et autres concussions, les unes après les autres. Ce n’est que alors qu’elle était en train de bander une méchante coupure sur l’avant-bras de Bruce avec sa propre cuisse en guise de table de soins, qu’elle ouvrit finalement la bouche.

« Nous avons déjà combattu bien des choses ensembles, » dit-elle doucement en vérifiant son bandage. Elle posa sa paume sur la gaze, là où elle savait que la plaie chauffait, puis releva la tête vers Bruce, les doigts de ce dernier entre les siens. « Nous ferons face à cette nouvelle menace, quoi qu’il advienne. »

Elle marqua une pause, et ne résista pas à la tentation de sourire doucement alors que les paroles échangées et les informations données par les nouveaux invités lui revenaient à l’esprit. Son esprit tactique enregistrait tout, affinait leurs connaissances, mais une autre partie d’elle, une partie d’elle qui s’était fait à la révélation de l’existence d’Althéa avec une aisance surprenante, s’amusait de ses images.

« Elle te ressemble bien plus qu’elle ne semble le réaliser, » dit-elle finalement, toujours avec un petit sourire.

Elle posa le bras de Bruce sur le canapé et récupéra son coton de désinfectant pour s’occuper des larges égratignures sur la hanche de Bruce.


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MessagePosté le: Jeu 28 Juin 2018 - 10:13
Bruce est silencieux, devant sa vitre, devant sa domaine, dans son immense salon, désormais bien vide après avoir abrité tant de vie, de jeunesse… et de révélations.

Blessé, encore, et troublé, surtout, il laisse ses pensées dériver – vers le pire. Vers les menaces qui s’accumulent. Vers les troubles qui se préparent. Vers les décisions difficiles à prendre. Vers les douleurs, drames et horreurs qu’il ne pourra pas empêcher.
Vers son destin ; vers elle, bien sûr.
Althéa.
Sa fille ; leur fille. Qui le hait, très clairement. Qu’il a poussé à la haïr, il le sait… il s’en doute. Il se connaît trop bien pour en douter.


« Humf. »

Il pousse un profond soupir, et secoue la tête, perdu dans ses pensées ; au point qu’il ne relève la présence de Diana qu’au moment où elle arrive sur lui, incapable qu’il fut de demeurer vigilant et de la sentir au préalable.
Gênant, pour l’extrême exigence qu’il s’impose ; mais agréable, de découvrir le plaisir qui naît dans son cœur dès qu’il la reconnaît.

Sans un mot, elle se fige à ses côtés et, par quelques gestes doux, quelques gestes tendres, quelques gestes justes, elle le guide dans la pièce et le force à s’assoir ; il obéit.
Lui, la forte tête – lui, l’obtus, accepte l’autorité et l’ordre tacite de Diana. Alfred en serait ravi.

Sans un mot, il se place donc dans le fauteuil… et se laisse faire.
Il s’abandonne aux bons soins de l’Amazone – extraordinaire et farouche guerrière, mais qui peut se révéler d’une douceur rare et fort appréciable.


« Hm. »

Sans s’en rendre compte, Bruce se détend, se décrispe. Ses muscles se relâchent, son corps s’apaise… et la douleur arrive, alors.
Il serre les dents, discrètement, et prend sur lui ; sa fierté, toujours. Si insupportable, mais si nécessaire, pour survivre aux menaces qu’il ne cesse d’affronter.
Il prend sur lui, donc, et n’entend rien montrer – même s’il sait que cela ne sert à rien ; pas devant. Pas devant celle qui sert mais aussi maîtrise la vérité, toujours.


« Cette menace a justifié, aux yeux de Héros du Futur, de risquer une catastrophe cosmique en voyageant dans le Temps. Elle n’est pas à traiter à la légère. »

Sa voix est éreintée, brisée par les épreuves subies dans la journée ; par la fatigue, aussi, et le poids constant des responsabilités.
Son regard est fixé dans les yeux de l’Amazone – comme depuis le début, comme depuis son arrivée, comme depuis qu’elle a commencé à s’occuper de lui. Il la fixe, avec douceur, et esquisse même un petit sourire, quand il sent la douceur d’une main sur sa plaie, et quand ses doigts s’emparent, par réflexe, de ceux de Diana.
Clairement, il n’est pas habitué à cela ; clairement, ça n’a rien de désagréable.


« Mais… il est probable que nous réussissions, oui. »

L’optimisme n’est pas une valeur habituelle, pour lui ; mais pour elle, si.
Alors, sans s’en rendre compte… il fait l’effort. Il se force. Pour elle.

Cependant, son visage, son allure entière s’assombrissent quand Diana continue.
Elle dépose son bras blessé sur le canapé, elle continue de s’occuper de lui – mais elle le découvre plus figé, plus crispé, plus dur qu’avant ; il met quelques instants à répondre, en tentant de bien choisir ses mots.


« Elle le sait, au fond. C’est ce qui nourrit autant sa rage. »

Bruce soupire, puis secoue légèrement la tête ; de dépit. De douleur.

« Elle… me hait. Elle me hait définitivement. »

Par réflexe, il bouge la tête, cesse de la regarder, et fige ses yeux ailleurs ; là où il ne peut pas la voir. Là où il n’a pas à la confronter.

« Elle… a dû subir bien des trahisons, de ma part, pour en arriver là. »

Son ton devient plus triste, plus lourd ; plus désespéré.
Celui d’un homme, qui se découvre père, et apprend surtout qu’il provoquera des sentiments aussi terribles envers lui dans le Futur ; sans savoir pourquoi.
Sans savoir s’il pourrait changer.


« Elle… elle devrait se rendre sur Themyscira, avec toi. Et les autres. Cela leur permettra de se reposer, et d’être à l’abri. Ils seront alors protégés. »

Du monde et des menaces, bien sûr.
Mais de lui, aussi.

Un profond soupir s’échappe de ses lèvres, alors que Diana finit de s’occuper de lui. Il en profite alors pour se redresser, se décaler, et s’échapper légèrement.
Lentement, il commence à marcher autour des meubles – et à fuir, surtout. A la fuir, elle et ses paroles qu’il devine déjà.


« Vous devriez partir… rapidement. »

A nouveau, Bruce se fige devant la vitre ; à nouveau, il s’enfonce dans la noirceur.
A nouveau, il se rappelle que sa fille le hait, et que le monde craint le pire.
Et, à nouveau, il se dit qu’il n’est définitivement pas apte à gérer tout cela…

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MessagePosté le: Ven 29 Juin 2018 - 21:37
Une nouvelle aube


Diana regarda Bruce se soustraire à son contact, sans grande surprise. Si ça avait été aussi facile que ça, il aurait été délivré de cette boucle sans fin il y avait de ça bien longtemps. Le combat était constant, mais ce n’était pas un problème. Elle était faite pour ces instants où l’on sort l’arme de son fourreau, et en tant que protectrice de la vérité, elle aurait eu bien du mal à se soustraire à cette lutte, de toute façon. Non, le problème résidait dans le fait que Bruce aussi était habitué aux appels aux armes et aux cris de guerre, et qu’il n’était lui-même que sur le champ de bataille, mais que ce combat accaparait tellement de ses forces. Parce que c’était un combat qu’il ne pouvait gagner – c’était un combat contre un dragon mythique aux dents tranchantes et au gosier brûlant, qu’il se forçait à mener à mains nues. Jamais il n’abandonnait, et pourtant, constamment, il se condamnait. Un tel paradoxe ne laisse pas grand nombre d’issue, et Bruce s’était déjà détourné de la grande majorité d’entre elles.

Mais, sans aller jusqu’aux grands principes et jusqu’aux idéaux qu’elle défendait et qu’il tenait si cher à son cœur… elle l’aimait. Et il souffrait. Elle ne pouvait l’accepter.

Doucement, elle reposa la boîte de soins sur la table basse et la referma avec tant de délicatesse qu’elle ne fit pas un bruit.

« Tu es tellement borné, » soupira-t-elle, le regard rivé sur cette boîte de soins.

Elle posa le coton sur la table puis pivota sur le canapé pour se tourner vers Bruce. Retour à la case départ. Il se tenait devant la fenêtre d’où elle l’avait détaché quelques instants plus tôt, n’affichant pour elle que son large dos et ne laissant rien paraître des troubles que, pourtant, il avait légèrement dévoilé par ses paroles.

« La vérité est bien plus complexe que cela, Bruce, » reprit-elle. Elle marqua une pause, et ajouta d’un ton un peu plus strict, presque désapprobateur. « Et tu devrais le savoir. »

Elle se détacha à son tour du canapé et se leva. Elle en fit le tour et s’avança d’un pas déterminé vers la fenêtre et vers Bruce. Il pouvait se soustraire à elle autant qu’il le voulait, elle était forte. Elle pouvait courir bien plus longtemps que lui.

Mais elle ne le prendrait jamais en chasse pour autant.

Diana se positionna près de lui, devant la fenêtre. Elle laissa son regard courir sur le paysage dehors, illuminé par le soleil haut de ce milieu d’après-midi, avant que, finalement, elle ne tourne la tête vers Bruce. Doucement, elle vint poser sa main sur la nuque de ce dernier, ses doigts frôlant ses cheveux à plusieurs reprises alors qu’elle se perdait dans des caresses légères mais tellement réconfortantes.

« Tu ne sais pas ce qu’il s’est passé exactement. Le fait qu’elle soit la seule personne à pouvoir témoigner de ce qui a pu se passer entre vous ne fait pas de ses paroles la vérité pure. » Sa main s’immobilisa alors qu’elle poussait un nouveau soupir. « Bruce… ne vois pas fatalité et inévitabilité là où il n’y en a pas. Rien n’est figé dans la pierre. Rien ne s’est même encore passé. Althéa n’est pas encore venue au monde. »

Le regard de Diana glissa sur les traits de son visage – sur son nez, ses pommettes et ses yeux. Elle s’attarda le long de sa mâchoire, sur la courbe de ses lèvres avant de finalement remonter vers ces yeux si profonds. Elle écarta sa main de la nuque de Bruce et lui esquissa un petit sourire.

« Quant à ta requête pour Themyscira et à la suggestion que nous prenions la fuite… je vais te rendre service et faire comme si je n’avais rien entendu. »


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MessagePosté le: Sam 30 Juin 2018 - 21:34
Bruce ne réagit pas – mais une partie de lui-même sourit, néanmoins, quand il se rend compte que Diana refuse ses mots, refuse ses ordres, et le rejoint... d'abord en évoquant son caractère, si borné ; c'est vrai, pense-t-il. Il ne peut le nier.
Mais il ne peut le confirmer, non plus.


 « Hrm. »

Il grogne, légèrement, et écoute ce qu'elle dit ; lentement, attentivement. Avidement.
Même si, au fond, il sait que cela ne permettra pas de lever tous les doutes, toutes les ombres qui rôdent dans son âme.


 « La vérité... la vérité est complexe, oui. Mais il y a des éléments, des marqueurs qui, eux, sont simples. Et définitifs. »

Il soupire. Et continue de fixer l'horizon, devant lui, alors que sa voix, lente et fatiguée, s'élève dans le silence pesant de cette pièce.

 « Elle me hait, au mieux ; elle me méprise, au pire. Cela ne s'est pas fait sans raison... cela ne s'est pas fait sans déchirure.
Un enfant ne peut haïr autant, ne peut mépriser autant un parent – que si celui-ci l'a déçu, l'a blessé, à un niveau insupportable. Tu ne peux nier cela... comme tu ne peux nier le fait qu'une enfant, élevée par toi, ne saurait nourrir de tels sentiments si... si elle n'avait pas été marquée au fer rouge. »


Lentement, Bruce baisse la tête, ferme légèrement les paupières ; l'émotion est lourde, et difficile à retenir. Même pour quelqu'un qui a tant l'habitude de prendre sur lui.

 « Mais... elle n'est pas encore née, non. »

Il appréciait, quand elle lui touchait la nuque et les cheveux. Des gestes tendres, fort agréables – mais qu'il arrête, quand il se retourne enfin vers elle.

 « Et... je tenterais tout, pour que cela change, après qu'elle... »

Il hésite ; il n'ose pas, vu l'ampleur des mots, des concepts derrière.
Et il esquisse, doucement, un petit sourire.


 « Bref. »

Son regard glisse du visage, sublime et extraordinaire, de Diana... à son ventre ; et le souffle lui manque, soudain, quand il envisage, clairement, la portée ce qu'ils ont appris – ce qui pourrait advenir.
Une fille ; la sienne. La peur.
Un bébé.
Peut-être... à ses débuts. En pleine gestation. En pleine... arrivée.


 « Il faudra... en parler. »

Un soupir, léger ; pour une discussion, longue, à venir.
Hélas, pas maintenant.


 « Hem. Monsieur Bruce. Votre altesse. »

Le raclement de gorge d'Alfred Pennyworth le précède, ainsi que ses mots calmes et doux. Il esquisse un sourire gêné, alors qu'il se penche légèrement en avant.

 « Soyez assurés que je ne viendrais pas en ces lieux, et interrompre l'un des trop rares moments d'humanité sentimentale de Monsieur Bruce... si je ne devais pas rappeler à ce dernier un engagement important. »

 « Hum. La réunion. »

 « Tout à fait. »

Le majordome esquisse une grimace, lance un regard sincère d'excuses... et recule, tandis que Bruce soupire, en se tournant vers Diana elle-même.

 « Les Entreprises Wayne organisent un sommet important, et je ne peux l'éviter. Je pensais pouvoir passer plus de temps avec toi, mais... »

Son regard se fixe dans une autre direction – vers l'aile où les Justice Titans se reposent ; un nouveau soupir s'échappe de ses narines.

 « J'irais... et je reviendrais. Mais je maintiens que je ne devrais pas vous retrouver ici – aucun d'entre vous. »

Un sourire timide, mais sincère, et donc maladroit, accompagne ces quelques mots.

 « Ils ne tarderont pas à se faire repérer, dans ce Temps, Diana. Je doute qu'aucun d'entre eux ne mette longtemps à vouloir rencontrer leurs parents... cette autre époque ; ce n'est pas possible. Comme ce n'est pas possible qu'il leur arrive quelque chose, alors qu'ils ont bravé des dangers pour nous avertir.
Ils doivent partir, ils doivent être protégés ; je ne vois pas meilleure destination que Themyscira pour cela. »


Il se penche légèrement en avant, et se surprend à tenir les mains de l'Amazone ; avec douceur mais attachement.

 « Et... je profiterais du fait que je suis autorisé à visiter l'Île du Paradis pour venir. Tant que tu l'accepteras. »

Bruce se penche, encore ; puis se tait.
Et les minutes qui suivent – les gestes, les murmures, les preuves – n'appartiennent qu'à eux.

La suite est rapide, et classique. Bruce s'échappe, enfile un costume, et disparaît du Manoir Wayne... non sans un dernier regard, bien sûr, vers le salon ; vers elle, mais pas uniquement.
Vers l'aile spéciale, aussi. Vers ces deux yeux, qui le fixent avec une fureur qu'il n'ose pas affronter, mais qu'il comprend aisément ; Althéa.
Un nouveau soupir s'échappe de lui, plein de détresse et de crainte... mais il prend sur lui. Il affrontera cette menace, et la vaincra – ou mourra, pour cela.
Comme toujours.
Comme il le fera, dans le Futur, et provoquera, ainsi, la haine d'une enfant qui aura perdu son père bien trop tôt...


(HJ/ Je me permets de stopper ici, pour reprendre à mon retour. Wink Merci encore pour ces extraordinaires moments. /HJ)
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MessagePosté le: Ven 6 Juil 2018 - 17:45
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Diana ne loupa pas le léger regard que Bruce eut en direction de son ventre, et, elle répondit presque malgré elle. Si elle garda les yeux rivés sur le visage de son partenaire de toujours – et à jamais – elle glissa le bout de ses doigts sur son abdomen. Il faudrait qu’ils en parlent, oui. Ils s’étaient laissés aller à des mois, des années de non-dits, d’émotions refoulées dans un moment de… elle eut presque un sourire à cette pensée – il dirait un moment de faiblesse. Elle ? Elle parlerait, sans hésiter, de vérité. Ce qu’il s’était passé cette nuit, et ce malgré le final quelque peu … chaotique, ne pouvait être négatif. Ce qu’elle avait ressenti avait été à des kilomètres de tout doute, de mal et de tout autre nuage. Ca valait toutes les conséquences que ça pouvait leur attirer – une fin du monde hypothétique, et même… La main de Diana s’arrêta sur son ventre. Même… surtout, ça.

Elle acquiesça d’un léger signe de tête, son petit sourire toujours aux lèvres, et écarta finalement sa main de son ventre. Avant même qu’elle ne puisse ajouter la moindre chose, Alfred se glissa dans la pièce en s’excusant profusément. Il n’avait pas besoin de dire quoi que ce soit. Elle savait. Bruce était occupé. Quand il n’était pas pris par ses démons, il était pris par le devoir. Elle savait, et elle acceptait.

Elle s’attendit donc à ce qu’il s’écarte, à ce qu’il se recule et se glisse de nouveau dans le rôle de l’homme d’affaires – un monde où elle n’avait pas encore à sa place – mais à sa grande surprise, Bruce lui attrapa la main et renforça ainsi leur proximité.

« Va, » dit-elle avec un petit sourire. « Je crois que nous avons tous les deux beaucoup à faire. » Elle jeta, à son tour, un regard dans la direction générale des Justice Titans. Sa fille, et ses amis – les enfants de beaucoup d’entre eux. Réels et bien vivants. Quand elle tourna de nouveau son attention sur Bruce, il n’y avait aucun ordre dans son regard, mais quelque chose de bien plus nuancé. Quelque chose qu’elle se plairait à découvrir un peu plus – et c’était une promesse.

« A leur réveil, je les amènerai sur Themyscira. Mes sœurs les garderont en sécurité. »

Althéa avait-elle déjà vu Themyscira ? Et sa … grand-mère ? Etait-elle pleinement consciente de son héritage et ses origines ? Diana esquissa un sourire avant d’écarter une de ses mains de celles de Bruce, pour venir la poser sur sa joue.

« Mais je ne resterai pas. Nous allons devoir faire face à cette menace de front. Il nous faut un plan de bataille, et des informations. Nous devons rester unis. »

Elle prononça ces derniers mots avec un sourire presque malicieux, presque taquin. Unis. Ils avaient toujours été très bons dans leur partenariat sur le terrain, en tant que membre de la Justice League, mais leur symbiose allait maintenant bien au-delà des regards échangés pendant les combats. Elle garda son sourire tandis qu’il se penchait vers elle et que son propre corps répondait.

Pour le moment, cela pouvait rester leur secret. Tant que lui, ne l’oubliait pas, elle s’en moquait. C’était leur vérité. Et où qu’il aille, où qu’il soit et quoi qu’il se passe, rien ne pouvait en entacher la pureté.

Elle y veillerait.
Tout comme elle veillerait à sa longévité - et à celle du reste du monde.


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