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 May fortune favour the fuckups [Russie] - Dick

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MessagePosté le: Mer 11 Juil 2018 - 22:55
May fortune favours the fuckups


Kori jeta un regard par-dessus son épaule. Elle n’avait jamais aimé les docks et les ports – et c’était encore pire de nuit. Elle voyait quelque chose de malsain dans les ombres imposées par les piles de conteneurs, dans les grues et postes de travail abandonnés à la nuit et l’obscurité. L’air lui laissait un goût de sel sur les lèvres et elle sentait, à chaque inspiration, les résidus de gasoil laissé par une journée d’activité intense. La neige qui était tombée à gros flocons toute la journée était loin de briller avec la même douceur et pureté que dans le reste de la ville. Plus boue que glace, elle s’étalait sur le sol en gros paquets qui, sous la lumière blafarde des projecteurs, ressemblaient à d’énormes monstres qui s’extirpaient du sol. Non, décidément, Kori détestait vraiment les ports, et ces docks-là étaient bien loin de la faire changer d’avis. La raison de sa présence entre ces deux piles de conteneurs y était grandement pour quelque chose.

Elle était loin de Gotham, loin des Etats-Unis, et loin de… de tout ce qu’il fallait qu’elle garde à distance, mais si elle voulait éviter de tourner en rond, il fallait qu’elle reste occupée. Elle ne faisait peut-être plus partie des Titans, mais Kori n’avait pas l’intention de détourner le regard pour autant. Sa dernière affaire l’avait emmenée du Vietnam jusqu’ici, au nord de la Russie, alors qu’elle remontait tant bien que mal les pistes parfois brouillonnes que les trafiquants laissaient derrière eux. Elle n’était pas intéressée par les soldats, par le bas de la chaîne alimentaire. Pas tout de suite, tout du moins. Ce qu’elle voulait avant tout, c’était la tête pensante. C’était la personne capable de regarder tous ces enfants délaissés dans les rues, tous ces gosses oubliés par le destin, et se dire en voilà une source de revenue efficace. Et après seulement, elle se chargerait de ceux qui lui avaient donné raison. Et aucun dock, aucun port, aussi malsain et hanté soit-il, ne l’empêcherait de faire son travail. Que X’hal en soit témoin.

Koriand’r posa une main sur la façade du conteneur et risqua un nouveau coup d’œil sur le côté. Ses informations étaient justes : elle pouvait voir l’énorme bateau marchant amarrer et se préparer à la démarcation. Elle voyait aussi les hommes sur le pont s’agiter, le tout dans un silence presque sacré, et elle devina les oreillettes et les armes à leurs bras. Des mercenaires. A une époque, ça lui aurait suffi comme preuve. Elle aurait foncé et leur aurait réglé leur compte sans y penser à deux fois, mais elle avait appris à mieux faire depuis cette époque-là. Elle n’avait, certes, plus d’équipe à ses côtés, mais Kori n’avait pas oublié. Elle n’oublierait jamais.

Alors elle attendit, patiemment, que la plateforme soit dépliée. Elle attendit de voir les enfants, de s’assurer qu’elle ne s’était pas trompée. Les mains crispées sur le métal froid du conteneur, elle attendit. Les dents serrées et détestant chaque seconde qui passait, Koriand’r attendit… Sauf que rien ne se passa.

Les sourcils froncés, elle pencha un peu plus la tête. Elle avait loupé quelque chose ? La plateforme était baissée et elle ne voyait plus personne sur le pont. Le port était silencieux. Le nez plissé, elle sortit la tête de sa cachette. Pas si silencieux que ça, en fait. Elle entendait, vaguement, les bruits sourds familiers d’une bagarre à l’intérieur du navire. Contre cet appel-là, elle ne pouvait rien faire.

Alors elle bondit hors de sa cachette et se jeta en avant, laissant ainsi derrière elle la neige fondue par sa chaleur corporelle, les ombres et les fantômes du dock. Presque littéralement tout feu tout flamme, elle s’envola vers le pont du bateau, les poings serrés. Une ombre passa sur le pont, souple et agile, presque invisible, et un mercenaire bascula par-dessus bord en poussant un cri de douleur. En toute rétrospective, elle aurait dû comprendre à ce moment. C’était évident, pourtant. Mais peut-être qu’elle refusait d’y croire. Peut-être que tous ces mois à fuir et à s’efforcer d’oublier commençait à porter leurs fruits. Peut-être qu’elle avait trop peur d’être déçue…

Sauf que, de toute évidence, elle n’avait pas fui assez loin.

Koriand’r écarquilla les yeux alors qu’elle se posait sur le pont, juste devant une porte grande ouverte – avec, en guise de paillasson, un autre mercenaire assommé. Contre les lumières vives à l’intérieur du bateau, aucune ombre ne pouvait rester invisible, et de toute façon, Kori l’aurait reconnu avec moins que ça. Le bleu, le noir, les mèches de cheveux en bataille et les bâtons aux bouts crépitants lui sautèrent aux yeux. Le poing toujours levé, mais figée sur place, elle eut un hoquet de stupeur.

« Dick ?! »

Elle se reprit juste à temps pour envoyer un de ses fameux jets d’énergie sur un mercenaire un peu trop téméraire qui avait espéré attaquer Dick par derrière.





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MessagePosté le: Jeu 12 Juil 2018 - 9:14
De Gotham City à New York. De New York à Rio de Janeiro. De Rio à Lisbonne. De Lisbonne à Bordeaux. De Bordeaux à Dublin. De Dublin à Amsterdam. D’Amsterdam à Oslo. D’Oslo à Mourmansk… ah, la Russie. Plus grand pays du monde, où les plus pauvres sont tellement pauvres que la richesse, pour eux, représente un simple salaire. Où les plus riches sont tellement riches qu’ils achètent des pauvres. Où la pègre mondialement connue ne se cache même pas d’en être une. C’est normal en Russie. Et pourtant…

Pourtant, même après avoir remonté à la source ce trafic de gosses, Dick Grayson ne pouvait pas repenser à l’endroit où il était sans soupirer. De tous les lieux paumés de ce pays au climat aussi constant que Flash faisant du sur-place, il avait fallu que ce soit le pire. Mais genre vraiment le pire du pire du pire. Nan, pas la Sibérie. Nan, pas le bout du monde. Mais Mourmansk. La ville la plus proche du cercle arctique de Russie, mais aussi l’une des villes les moins attrayantes du monde. Pourquoi ? Oh, peut-être parce qu’ici, il faisait toujours froid. Toujours glacial et enneigé. Et parce qu’il y avait un cimetière de sous-marins nucléaires juste à côté ! Sans déconner ?!

Sa frustration d’avoir à se geler les miches jusqu’à la coquette et pittoresque Mourmansk se ressentit donc facilement lorsqu’après avoir neutralisé plus ou moins l’ensemble des mercenaires du navire, il se retrouva nez à nez avec Koriand’r :

« Salut Kori. Vu que tu es là, tu m’aides ? »

Pas de « salut, tu m’as manqué » et encore moins d’étreinte – amicale ou non – pour des retrouvailles. Ils n’avaient pas le temps. Comme toujours avec la vie palpitante de Nightwing le Super-héros indépendant (ça faisait très slogan de pub ça), il y avait un problème quelque part. Et la vue de la belle extraterrestre – aka l’autre femme qu’il aimait – n’arrangeait rien. Il fallait donc la jouer comme Bruce : se fermer aux émotions, et agir. La conversation viendrait plus tard.

Dick se précipita donc vers la première entrée qu’il put trouver menant aux tréfonds du navire cargo.

« Quatorze enfants ont été amenés ici depuis Gotham, suivant un trajet plus ou moins chaotique ; je ne suis pas persuadé que toutes les escales étaient prévues à l’origine, mais ils ont ramassé au moins un enfant à chaque fois. J’ignore qui est le maître d’œuvre derrière tout ça, mais ils en veulent après de simples gosses. Et pas des métas. »

Des gosses qui pourraient être les miens. Les nôtres, si tout ne s’était pas terminé comme ça s’est terminé. Ah, Kori… pourquoi fallait-il que tu sois là aujourd’hui ? La réponse, il le savait, était la suivante : tôt ou tard, il aurait été obligé de la voir. Depuis ses tentatives de renouer avec Barbara, il savait qu’un jour il devrait en parler avec cette beauté à la peau orange. Ne serait-ce que parce qu’elle lui manquait vraiment, tout comme Barbara lui manquait à l’instant, et qu’il ne voulait pas entretenir de faux-espoirs. Quelques mois auparavant, il avait choisi Bargirl.

Mais l’arrivée de Starfire bousculait tout ce en quoi il croyait. Comment lui dire purement et simplement qu’il l’aimait mais n’était pas capable de le lui montrer ? Ou plutôt qu’il n’avait pas le droit ? Comment lui expliquer qu’un jour peut-être… alors que ce jour ne pouvait, pour le moment, pas venir ? Comment lui dire qu’elle lui avait manqué, mais qu’il n’avait pas voulu la voir ?

Une vieille blessure qui se rouvrait, et qui n’avait pas la moindre de se refermer, désormais. Alors, il fallait faire comme Bruce : taire les émotions et agir, se concentrer pour ne pas y repenser. Mais je ne suis pas mon père. J’aurais cette conversation avec toi, Kori. Mais après.

« Il doit sûrement rester des mercenaires. Mais pas beaucoup. J’en ai neutralisé la plupart, grâce à mes super-talents d’humain basique. Les enfants sont sûrement planqués quelque part… mais j’ignore où. Je n’ai pris le navire qu’à Oslo. Très belle ville, par ailleurs. Beaucoup mieux qu’ici ! »

L’humour avait toujours été un mécanisme de défense. Aujourd’hui, il servait à tromper sa nervosité. Et ça marchait. Il se sentait mieux en évacuant ses sentiments et ses pensées. Pourtant, à chaque fois qu’il regardait le visage de Kori, qu’il voyait son corps et ses cheveux, tout revenait à la charge et lui criait de s’arrêter et de parler à cœur ouvert.

Il serait bon de pouvoir être une machine de temps en temps.


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MessagePosté le: Jeu 12 Juil 2018 - 23:43
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Koriand’r aurait presque pu croire à une mauvaise blague. Des mois, elle avait passé des mois à fuir les souvenirs et à ne pas se laisser hanter par les possibilités, par ce qu’elle avait espéré avoir, et voilà qu’elle se retrouvait sur ce bateau, concentrée comme toujours sur son affaire et… ? Et elle était de retour à la case départ. Comme si de rien n’était. Et Dick… Dick lui parlait comme si de rien n’était. Comme si elle n’avait pas passé des nuits, des jours, des semaines à penser à lui, à rêver de lui, à … mmmh. Il lui parlait comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis quelques heures, maximum. Comme s’il n’avait même pas remarqué qu’elle était partie, et ça… ça… c’était hors de question !

Les poings serrés, elle lui envoya un regard noir alors qu’il déblatérait son petit rapport.

« Bonjour à toi aussi, Richard, » lança-t-elle. Elle jeta un regard à la porte que Dick s’apprêtait à ouvrir et leva une de ses mains. Cette dernière s’illumina immédiatement, et éclaira la cabine du capitaine dans laquelle ils étaient. « Tu permets ? »

Sans attendre sa permission – parce qu’elle n’en avait pas besoin – elle entra à son tour dans la cabine et lui passa devant, sans même lui accorder un regard. Il n’avait pas tout à fait tort, même si elle se refusait à le dire à voix haute. Elle était venue pour les enfants, et elle s’assurerait que ces derniers iraient bien avant de faire quoi que ce soit d’autre. Aussi déterminée qu’elle était, cependant, elle ne pouvait s’empêcher de se demander si ce n’était pas là une des mauvaises habitudes de Dick : l’imprévu. Elle était arrivée sur Terre, il y avait des années de cela pour se protéger et fuir les monstres qui la poursuivaient, et lui… il lui était tombé dessus sans prévenir. Elle fuyait aussi depuis quelques mois, et voilà qu’elle était de nouveau stoppée, et ce par le même regard, la même voix et le même foutu sourire.

Malédiction.

Kori brandit ses deux mains devant elle et fit, littéralement, exploser la porte devant elle.

« Ces enfants sont traités comme de la marchandise, » dit-elle alors que la porte glissait le long des marches qu’elle venait de découvrir. « Et la marchandise, on la met dans la cale. »

Son regard s’attarda sur les fentes familières dans le masque de Dick. Bon sang. Des mois à essayer d’atténuer la vivacité du souvenir de ce dernier dans son esprit, et il lui suffisait de quelques secondes à peine pour reprendre le pas sur les émotions de Kori et pour tout chambouler de nouveau. Ce n’était pas juste, et pourtant… à le regarder pour la première fois dans les yeux après des mois et des mois, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Ca n’effaçait pas, cependant, les raisons de son départ, ni la douleur.

Elle cligna des yeux et détourna le regard pour se concentrer de nouveau sur les escaliers. Le nez levé et le menton haut – elle n’était pas Princesse pour rien, après tout – elle entama sa descente.

Si Dick n’avait pas éliminé tous les mercenaires, les autres devaient être bien cachés, parce que le chemin se fit sans embûche. Elle s’attendait à un guet-apens à tout moment, mais rien ne vint, et quand ils finirent par trouver la bonne porte, ça n’eut plus d’importance pour elle. Tout ce qu’elle voyait, c’était ces enfants, entassés dans une cellule de fortune, leurs visages sales et poussiéreux striés par les larmes, et leurs grands yeux rivés vers eux, terrifiés et paniqués. Koriand’r baissa la main alors que son cœur manquait un battement.

« Ca va, » souffla-t-elle avec douceur. « Nous sommes là pour vous aider. »

Certains semblèrent se détendre légèrement à cette annonce, mais les autres continuaient de la regarder avec crainte.

« Ca va, » répéta Kori, cette fois-ci dans sa langue natale. Le ton avait plus d’importance que les mots à cet instant – tout du moins, tant qu’elle n’avait pas fait ce qu’elle était sur le point de faire.

Elle s’agenouilla devant la cellule et tandis doucement la main vers les barreaux. Un sourire réconfortant aux lèvres, elle écarta les doigts et fit apparaître une petite boule d’énergie qu’elle fit rouler entre ses doigts, aussi délicatement que possible. Un des enfants leva immédiatement des yeux curieux vers elle. Sans hésiter, et avec cette innocence qui était propre aux êtres d’un si jeune âge, il passa le bras entre les barreaux et essaya d’attraper la boule. Kori lui attrapa la main et laissa la lumière fuser entre leurs doigts.

« Tout ira bien, » dit-elle, dans un norvégien parfait, bien qu'elle vienne à peine de l'apprendre. Le petit garçon venait d’Oslo, tout comme Dick. « Mon ami et moi allons vous aider. »







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MessagePosté le: Ven 13 Juil 2018 - 11:14
Dick observa un peu les lieux, pendant que Kori s'occupait des enfants. Il ne prêta même pas attention au fait qu'elle savait désormais parler norvégien – un exploit pour un être humain anglophone, pas pour elle – car il connaissait parfaitement cette aptitude. Il en avait eu une démonstration, bien des années auparavant. Par ailleurs, il la soupçonnait de prendre un malin plaisir à lui rappeler ce jour-là en usant de ce pouvoir maintenant.

Arrête d'être paranoïaque. Elle était heureuse de te revoir. Même si ça la blesse autant que toi.

Reconcentré, Nightwing s'éloigna de quelques pas, examinant la pièce. Les enfants étaient maltraités, mais pas violentés. Il devait y avoir une bonne raison là-dessous. Pour les vendre à des parents, peut-être ? Mais pourquoi venir se perdre ici, près du cercle arctique, dans un endroit où les radiations contaminaient même la neige ? Ça n'avait pas de sens. Ou alors, peut-être pour les faire travailler dans une usine ou dans un truc spécifique ? Mais encore une fois, le faire ici n'était pas une idée productive. Le port militaire de la ville de Mourmansk et le cimetière de sous-marins n'étaient que des lieux isolés, même pour la Russie. Une nécessité, plus qu'un réel atout.

Il retourna auprès des enfants, que Kori était en train de libérer. Il en repéra un qui avait une tête d'anglophone, pour ne pas dire de british tout court. Il s'agenouilla devant lui, et lui fit un sourire aimable.

 « T'inquiète, petit. Comme le dit mon amie, on va vous sortir de là. Et vous rejoindrez vos familles. Mais avant, tu peux me dire pourquoi ils vous ont pris, ces méchants hommes ? »

Signe négatif de la tête. Le gamin, apeuré, avait peut-être perdu l'envie de parler.

 « Okay. Tu ne sais pas, ce n'est pas grave. Tu vois mon amie, avec sa peau orange ? C'est une Héroïne, qui a des pouvoirs. Elle va vous faire sortir dehors. Et vous pourrez voir de la neige. Mais avant, il faut qu'on vous trouve des vêtements plus chauds. Tu sais où il peut y en avoir ? »

Ce fut un autre enfant qui répondit, parlant avec un fort accent français :

 « Ils ont des vêtements là-bas, monsieur. Chauds, pour la neige. Bons vêtements. Mais grands. »

Dick eut un autre sourire, avant de lever le pouce vers le gosse.

 « Très bien. On va commencer par ça. Suivez bien Kori et moi, et ne faites pas de bruit ! »

Le groupe partit dans les coursives, Nightwing se servant des indications du petit Français pour trouver la pièce correspondante. Malheureusement, il allait falloir se cogner quelques mercenaires supplémentaires, pour obtenir ce qu'ils cherchaient. Il se glissa contre un mur, et observa discrètement à l'intérieur : sept mecs mettaient d'épais vêtements, prévoyant sans doute de sortir dans le froid. Il y avait suffisamment de protections contre le froid pour tous les enfants, en comptant ce qui était éparpillé et entassé là-dedans.

Il tourna ensuite la tête vers Kori, lui faisant signe de s'approcher. En la voyant venir très près de lui, il se rappela à quel point elle était grande – un peu plus que lui – et à quel point sa proximité avait quelque chose d'enivrant.

Mais concentre-toi, putain. Et pense à Barbara.

 « Ils sont sept. On y va à deux, ou j'y vais et tu surveilles les enfants. Comme tu veux. » chuchota-t-il.


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MessagePosté le: Dim 15 Juil 2018 - 22:32
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Le garçon à qui Kori avait parlé semblait s’être détendu, et sa confiance se répandit dans la cellule à l’intérieur de laquelle ils étaient tous serrés les uns aux autres. Les enfants humains étaient les êtres les plus proches des Tamaranéens que Kori avait pu rencontrer, et les voir ainsi, aux mains de monstres sans cœur ni conscience, ne pouvait que la mettre dans tous ses états. Ils étaient capables d’une telle force de sentiments et leur confiance en leur affect était sans limite. Ce n’était peut-être pas si mal que ça que Dick soit là et qu’il se soit occupé d’une partie des mercenaires seul, car Kori n’aurait très certainement pas eu la même pitié. Elle n’en avait absolument pas l’envie, en tout cas.

Après un nouveau petit sourire en direction du jeune norvégien, elle s’écarta des barreaux et se redressa. Ses yeux se posèrent sur la serrure rouillée et elle retint avec grand peine un grognement agacé. Elle posa la main dessus, referma ses doigts sur le mécanisme antique et tira brièvement dessus. Très peu de matériaux humains pouvaient se vanter de pouvoir faire face à sa force, et cette serrure n’en faisait absolument pas partie. La porte craqua et lâcha immédiatement. Kori la rattrapa et l’appuya contre les barreaux alors que les enfants se déversaient en dehors de la cellule. Quand elle se retourna, Dick était agenouillé devant l’un d’entre eux, et cette vue lui serra le cœur pour des raisons qu’elle refusait d’admettre et qu’elle ne voulait pas affronter.

Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de le regarder. Dans son costume, ses armes encore sorties, son masque couvrant ses yeux si expressifs, il faisait pourtant face à ce petit avec douceur et confiance. Pendant si longtemps il s’était cru l’élève de Batman et rien de plus, mais Kori avait tout de suite vu, tout de suite compris, qu’il serait capable de bien plus que Batman. L’élève avait dépassé le maître rapidement, et avec aisance. Le fait que ça fasse mal à Kori de le voir ainsi ne dépasserait jamais la fierté qu’elle ressentait quand elle repensait au chemin que Dick avait parcouru.

Elle détourna malgré tout le regard. Ca n’en restait pas moins douloureux. Elle baissa les yeux vers une petite fille qui s’était naturellement rapprochée de ses jambes et lui sourit doucement avant de lui faire signe de rester silencieuse puis de retourner derrière elle et Dick. Elle échangea un regard avec ce dernier puis le suivit dans les couloirs, le plus silencieusement possible. Heureusement pour eux, les enfants comprenaient parfaitement les enjeux, et pas un bruit ne vint annoncer leur présence.

Malheureusement pour eux ? Les choses allaient se compliquer très vite.

Kori jeta un regard dans la pièce, juste après Dick, et sa colère remonta à la surface. Elle serra son poing et jeta un regard vers les enfants sales et apeurés. La petite fille tenait une peluche difforme et crasseuse contre elle, ses grands yeux remplis de larmes rivés sur Kori. Cette dernière serra les mâchoires. Elle fit signe aux enfants de rester à l’abri dans la pièce puis se tourna vers Dick, le regard brûlant.

« Tu as peut-être oublié, Richard, mais je ne suis pas du genre à rester en arrière, » lâcha-t-elle, les dents serrés.

Et, sans prévenir, elle fondit dans la pièce. Les mains tendues devant elle, elle lâcha aux pieds des deux mercenaires les plus proches un jet d’énergie pure qui les envoya valdinguer plusieurs mètres en arrière. Ne pas tuer. Voilà ce qu’elle devait garder en tête. Mais à chaque fois qu’elle se rappelait de cette cellule, de ces enfants, de leurs pleurs et leur peur évidente…

Elle se tourna vers les autres mercenaires, sa prochaine attaque en train de charger dans le creux de ses mains. Et celle-ci, pas sûre qu’elle ne soit pas létale. C’était ce qu’ils méritaient après tout.




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MessagePosté le: Lun 16 Juil 2018 - 16:21
En voyant Kori aussi énervée et aussi déterminée à s'occuper des mercenaires, Dick eut un mouvement d'hésitation. Il n'hésita pas longtemps, car en voyant comment son ex-copine-amourdesavie-numéro2 fracassait du méchant mec, il se demanda si elle n'était pas un trop d'ardeur à l'ouvrage. Après tout, peut-être qu'elle était énervée par lui, ou par les conditions de détention des enfants, ou peut-être les deux. Ne pas tuer était une des conditions pour ne jamais sombrer du mauvais côté... mais Nightwing avait trop souvent et trop longtemps côtoyer Jason Todd pour ne pas avoir développé un certain laxisme sur le sujet.

Si elle voulait les tuer, même involontairement, alors tant pis pour eux. Kidnapper des enfants était assez abject pour que le jeune homme ferme les yeux sur ça. Un enfant s'approcha de lui. C'était le petit Norvégien.

 « Kori être colère ? Toi l'aider ? »

Son accent d'enfant viking donnait un côté comique à la situation... qui elle ne l'était absolument pas. Le jeune homme risqua un coup d’œil par l'ouverture, avant de revenir vers le garçon :

 « Ouais, elle est un peu fâchée. Mais ça va aller ! Bientôt, elle va revenir, et on pourra mettre des vêtements chauds. »

De fait, quelques instants plus tard, Dick fit entrer les enfants dans la pièce, et leur ordonna de mettre des manteaux et des chaussures pour la neige. Il n'y avait rien d'adapté à leur taille, et il fallut donc les aider tant bien que mal à s'habiller correctement. La barrière de la langue ne fut pas, étonnamment, aussi incroyable que l'avait estimé le Héros. Principalement – sans doute – parce qu'il parlait avec des mots simples, que même les enfants connaissaient bien.

Il jeta un coup d’œil à Koriand'r... et il hésita encore. En un battement de cœur, il avait oublié ce qu'il voulait lui dire. La voir comme ça, après s'être livrée à une raclée en règles – ou pas ? - et après avoir passé sa colère sur des malfrats, ça lui fendait un peu le cœur. Elle revenait à peine sur Terre, le retrouvait lui, et elle avait déjà à faire face aux pires immondices de la planète.

Lui parler ne coûte rien. De toute façon...

Il s'approcha d'elle, lui prit doucement le bras et l'entraîna un peu à l'écart. Sa voix se réduisit à un chuchotement, pour qu'aucun enfant ne les entende.

 « On va les faire sortir dehors. Ce n'est peut-être pas la meilleure solution, mais si on progresse vers Mourmansk, on pourra appeler ou trouver quelqu'un capable de nous emmener en Amérique rapidement. Ce sera plus sûr là-bas... et après on les fera rentrer chez eux. Par chance, ils ont tous l'air d'avoir l'âge de connaître leurs prénoms et leurs noms. »

Il marqua une pause, avant de pencher la tête pour la regarder dans les yeux. Des yeux d'un vert étincelant, pas humains, mais qu'ils connaissaient par cœur. Tout comme la peau orange, les cheveux de feu, les...

 « Tu te sens comment ? Tu avais l'air... agîtée. »

Il ne lui avait pas lâcher le bras, et ce, sans s'en rendre compte.


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MessagePosté le: Mar 17 Juil 2018 - 21:15
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Kori regarda les deux mercenaires s’envoler avec un certain plaisir ; un plaisir qu’elle ne chercha même pas à cacher. Mais le grand sourire qu’elle arborait s’effaça très rapidement quand une balle ricocha avec un grincement métallique à quelques centimètres de sa tête, laissant une marque sur le mur plutôt que sur son crâne. Le visage maintenant déformé par la colère, elle se tourna vers les cinq derniers mercenaires, et son regard se posa sur celui qui était le plus en avant et dont le canon fumant était encore dirigé vers elle. Soudain bien moins assuré dans ses appuis, il baissa les bras et même de là où elle se tenait, Kori put le voir déglutir. Avec raison.

Elle fondit sur lui et l’attrapa par le col de sa tenue avant de lancer un nouveau jet d’énergie vers les quatre hommes restant. Deux d’entre eux furent frappés de plein fouet – bien qu’à des endroits non vitaux… au grand regret de Kori – et le reste de sa projection alla percuter le mur du fond. Contre l’énergie qu’elle dégageait, le mur en question ne put rien faire, et l’attaque de Kori laissa donc un trou béant sur le côté du bateau – heureusement, bien au-dessus du niveau de l’eau. C’est à ce moment qu’elle retrouva son sourire. Elle n’eut même pas besoin de bander les muscles pour jeter le mercenaire qu’elle tenait toujours par-dessus bord et comme dans une partie de ce jeu ridicule que les humains affectionnaient tant, elle fit également basculer le dernier mercenaire. Deux pour le prix d’un. Et que personne ne vienne discuter de terminologie avec elle. Techniquement, elle ne les avait pas tués. S’ils mourraient de froid ou se noyaient, qu’y pouvait-elle ?

Elle se frotta les mains l’une contre l’autre et reposa les pieds au sol avant de jeter un regard dédaigneux aux mercenaires inconscients qui gisaient à ses pieds. Ils ne pouvaient pas avoir choisi meilleur endroit pour faire preuve de leur perversité et leur manque de cœur et d’humanité. Cet ville – non, ce cimetière était le vestige d’une cruauté terrible dont Kori n’arrivait toujours pas à faire sens. Peut-être était-ce parce que Tamaran était une plus petite planète, mais elle en doutait. Elle n’était pas experte en la matière, mais cela faisait des années, maintenant, qu’elle traînait parmi ces étranges créatures. Et s’il leur manquait quelque chose, c’était bien la compassion.

Elle fut sortie de ses pensées par la voix de Dick qui s’élevait de la pièce voisine. Mais pas tous. Le cœur plus léger malgré elle, malgré la situation et malgré le fait qu’elle sache qu’il ne fallait pas se laisser emporter, elle délaissa sans un regard en arrière le trou dans la carlingue et les mercenaires inconscients pour rejoindre, en quelques pas, le groupe des enfants. La petite fille qui l’avait déjà regardée plus tôt était dans le fond, emmitouflée dans un manteau bien trop grand, mais l’air définitivement moins malade.

Avant qu’elle ne puisse se rapprocher ou parler au reste des enfants, Dick l’intercepta. Il entra dans son espace personnel comme si ce n’était rien, et le cœur de Kori s’accéléra ostensiblement. Sa peau, pourtant déjà chaude, s’enflamma au contact de ce dernier sur son bras, et elle se surprit à regretter la présence de ce gant entre eux. Quelques minutes. Il lui avait à peine fallut quelques minutes pour faire tomber toutes ses barrières… Mais elle était Koriand’r, Princesse de Tamaran. Elle garderait la tête haute et le visage neutre.

Elle hocha doucement la tête à sa proposition, gardant délibérément son regard sur les enfants plutôt que sur le visage de Dick, si proche puisqu’il s’était penché pour lui parler. Quelle torture..

« Je pourrais survoler les alentours pendant que tu les gardes à l’abri, et trouver de l’aide. Ca nous éviterait d’avoir à les déplacer… »

Elle fit l’erreur de tourner la tête vers lui pour le regarder, et perdit immédiatement le fil de sa pensée. Evidemment, Dick choisit ce moment exact pour laisser son côté professionnel et pénétrer un peu plus ses défenses. Elle se sentit relâcher un souffle qu’elle ne se rappelait pas avoir retenu alors que toute sa détermination fondait comme neige au soleil.

« Dick, » soupira-t-elle avec douceur. Suivant son exemple, elle délaissa elle aussi la distance qu’elle avait pu instaurer en utilisant son prénom entier plutôt que son surnom. Emportée dans son élan, elle leva sa main libre, préférant laisser son autre bras sous le contrôle des doigts de Dick, et rapprocha ses doigts de la joue de ce dernier avant de se rappeler ce qu’il s’était passé, ce qu’ils s’étaient dit et ce qu’elle avait cherché à fuir tout ce temps. Elle se retrouva électrocutée, les doigts figés dans l’air et son regard enfoncé dans celui de Dick.

« Je… »

Elle ferma un instant les yeux puis esquissa un sourire avant de baisser son bras et de poser sa main sur celle qu’il avait toujours sur son bras.

« Ca va » lui dit-elle doucement, un léger sourire aux lèvres, et avec sincérité. « Je suis contente de te voir. Ca faisait très longtemps. »


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MessagePosté le: Mar 17 Juil 2018 - 23:08
Dick répondit par un sourire tout aussi sincère à Kori, plaçant sa main libre sur celle de la jeune femme. Il serra doucement.

 « Trop longtemps. »

Peut-être n'aurait-il du jamais dire ça, car sa première impulsion fut de vouloir embrasser l'extraterrestre, pour lui prouver qu'il partageait tout ce qu'elle ressentait actuellement. Il n'en fit rien, parvenant à se contrôler suffisamment pour lâcher la main et le bras de son amie. Juste à temps, d'ailleurs, car il était convaincu qu'encore quelques secondes d'une telle proximité, et il n'aurait embrassé sans tenir compte de tout ce qu'il avait décidé et vécu jusqu'ici. Oubliés, Barbara et ce qu'il avait prévu pour elle. Oublié,e, sa résolution d'être un homme intègre et fidèle... même s'il n'était pas avec la rousse. Il ne la trahissait pas vraiment... si ?

Il préféra ne pas y penser. La mission, la mission avant tout.

Un enfant vint les voir, et il demanda ce qu'ils allaient faire maintenant. Retrouvant par la même occasion son sérieux, Dick s'éloigna de Kori et rassembla leur gros groupe de gosses.

 « Ecoutez-moi tous ! On va faire très simple ! Kori et moi, on va vous emmener dehors, dans la neige. Il va faire froid, donc faites attention à bien fermer vos vêtements. » Pour faire bonne mesure, il mima ses gestes. « On va y aller ! Faites attention, et suivez-nous ! »

Il fit signa à Kori qu'il restait à l'arrière du groupe pour surveiller, tandis qu'elle prendrait la tête. Petit à petit, ils progressèrent, avançant toujours un peu plus vers le pont du navire, puis se retrouvant à l'extérieur. Le froid et l'immensité des territoires russes se dévoila alors à eux, ainsi que les quais de la ville de Mourmansk. Environ 50 000 habitants, constamment emprisonnée sous la glace et la neige, ainsi que les radiations locales, il n'y avait rien de bien touristique près de la baie de Kola. Et pourtant...

Pourtant cet endroit survivait. Comme il le pouvait.

Des silhouettes se découpaient sur les quais, alors que les dockers s'affairaient à décharger des caisses depuis le navire. Aucun ne semblait vouloir faire attention à eux... ce qui était parfait. Dick fit signe à son amie qu'elle pouvait y aller, et il força les enfants à se baisser. Il pointa du doigt un bâtiment, de l'autre côté du port, qui ressemblait à un vieil entrepôt abandonné.

 « On va aller là-bas. Kori, je te charge d'aller nous ouvrir les portes. Moi je vais faire descendre les enfants sur les quais. On va aller tout doucement se cacher là-bas, et après on avisera, ok ? Une fois là-bas, je pense qu'on pourra bien plus facilement joindre quelqu'un pour nous aider. Allez, c'est parti ! »

A condition de ne pas tomber sur la mafia, bien sur... mais ça, ce serait difficile. Son emprise sur ce port de contrebande et d’activités illégales était impossible à détruire. Et il n'était même pas improbable qu'elle soit mêlée à cette série d'enlèvements. Mais encore une fois, il ne fallait pas y penser. Dick attendit que Koriand'r aille checker l'entrepôt, puis il fit descendre les enfants par l'escalier qui permettait d'atteindre les quais. Arrivant à leur suite, il les enjoignit à courir le plus vite possible vers leur cachette.

Il n'était pas certain qu'on ne les avait pas vus... mais au moins, une fois tous arrivés à l'intérieur, il put s'approcher de Kori et lui adresser un grand sourire.

 « Eh bien... ce fut facile. »

C'est à ce moment précis, bien sur, que les portes commencèrent à s'ouvrir dans leur dos.


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MessagePosté le: Mer 18 Juil 2018 - 20:55
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Le regard de Kori glissa sur le visage de Dick, détail après détail, et une vague de chaleur se répandit en elle. Ce n’était pas la chaleur de leurs débuts, pas la flamme de leur première fois, et de toutes les celles qui avaient suivi ; c’était celle de l’habitude, celle qui ne meurt jamais. C’était ce qu’on devait ressentir quand on pénétrait la maison de son enfance des années après l’avoir quittée et qu’on se faisait surprendre par les souvenirs. Kori n’avait plus de maison d’enfance et sa relation avec sa planète était trop problématique pour qu’elle envisage d’y retourner la paix dans le cœur. La Terre était trop différente, trop vaste et trop en colère contre les étrangers pour qu’elle s’y sente comme chez elle, mais son foyer… son foyer c’était ce visage tourné vers elle.

« Trop longtemps, » répéta-t-elle à mi-voix, un léger sourire aux lèvres, alors que Dick se détournait déjà vers les enfants.

Elle rejoignit ces derniers à son tour et fouilla dans les derniers vêtements qu’il restait. Mourmansk était une ville monochrome et sans bruit, une ville où sa peau et ses cheveux jureraient terriblement avec la toile de fond. Si elle avait déjà passé quelques heures sur son port, elle les avait passées cachée dans l’ombre des immenses piles de conteneurs, là où le regard d’aucun civil ne pouvait la trouver. Cette fois-ci, ce serait différent. Mener une bande de gosses à travers la neige était déjà bizarre en soit, et mieux valait ne pas attirer l’attention plus que nécessaire. Ces humains, vraiment…

Kori poussa un soupir à fendre l’âme alors qu’elle s’emmitouflait dans un lourd manteau de fourrure tout en prenant soin de laisser ses cheveux contre son dos. Elle attrapa une longue écharpe qu’elle enroula autour de son visage, jusqu’à son nez, puis elle remonta la capuche sur sa tête. C’était déjà un peu plus discret… malheureusement. Elle échangea ensuite un regard avec Dick et hocha doucement la tête pour lui faire signe qu’elle était prête. Ils se mirent alors en route et, à leur grande surprise, personne ne vint les arrêter, et ce malgré la ribambelle de petits qui la suivait. Kori se hâta d’aller ouvrir les portes de l’entrepôt de l’autre côté des docks. Mieux valait ne pas tenter le diable et jouer avec cette chance soudaine.

Elle brisa rapidement le cadenas qui maintenait les portes branlantes du bâtiment désaffecté et fit ensuite signe à Dick. Il la rejoignit en deux temps trois mouvements avec les enfants. Première étape, check.

Kori se tourna vers Dick qui arborait un grand sourire, mais au moment où elle allait lui faire part de sa propre satisfaction, les portes derrière eux s’ouvrirent pour laisser entrer un groupe d’hommes armés jusqu’aux dents. Ses épaules s’affaissèrent et elle jeta un regard mi-amusé, mi-désespéré vers Dick.

« Dick, » soupira-t-elle tout en se tournant face aux hommes. « Je vois que rien n’a changé. »

Quand son regard se posa sur les hommes – et sur celui, particulièrement, qui semblait les mener – son visage perdit toute trace d’amusement et d’affection en faveur d’une expression bien plus dangereuse et menaçante. L’homme les toisa de haut en bas alors qu’elle prenait place devant les enfants, en guise de bouclier vivant.

« Une alien et la raclure de Blüdhaven… vous êtes bien loin de chez vous, » commença l’homme d’une voix profonde et rocailleuse. Il avait un accent russe, mais il n’était pas aussi prononcé qu’on aurait pu attendre. « Et en plus de ça, vous venez vous mêler de ce qui ne vous regarde pas. »

Il fit signe à ses hommes et, d’un même mouvements, ces derniers levèrent tous leurs armes pour pointer leurs canons vers eux.

« Je crains que vous ne le regrettiez, les étrangers. »


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MessagePosté le: Jeu 19 Juil 2018 - 22:44
 « Raclure de Blüdhaven ? Eh, je t'emmer... je te zut, vil faquin ! »

Pas de gros mots devant les enfants.

 « Vous pourriez au moins vous montrer de l'hospitalité, les mecs ! Qu'est-ce qu'on va dire, en revenant, si les Russes sont pas sympas ? Hein ? On va dire, en Amérique, que les Russes sont restés à la Guerre Froide ? Qu'ils sont pas capable de sortir de leurs bons vieux travers de kidnapping et tout ça ? Allons, c'pas cool ça les mecs ! »

Evidemment, il allait falloir passer à la vitesse supérieure pour espérer s'en sortir. Les mafieux – car il ne faisait aucun doute que c'en était – allaient passer à l'attaque très vite. Bien sur, ils n'avaient aucune chance contre Nightwing et Starfire ensemble... mais un détail fit légèrement tilter le jeune homme. L'accent russe pas aussi prononcé qu'il aurait du l'être, pour le meneur des malfrats devant leurs nez. Soit il était pas tout à fait russe, soit il avait passé assez de temps ailleurs pour perdre une partie de son accent.

L'un dans l'autre, aucune de ces deux possibilités ne changeait quoi que ce soit. Il fallait taper vite et fort pour que les quatre types armés ne s'emparent des enfants, ou ne blessent quelqu'un. Ce qu fit donc Dick, après un rapide coup d’œil équivoque à Kori. Les neutraliser ne fut pas, comme espéré, difficile. Mais sitôt le calme revenu, les enfants se mirent à paniquer. Une réaction légitime, vu que leur vie avait soudainement pris un tournant trop dangereux à leur goût. Se faire enlever paraissait terrible, mais concevable...

...là où voir des hommes se faire massacrer ne l'était plus. Allez savoir pourquoi.

 « Je vais passer un coup de fil, surveille-les. »

De fait, il s'éloigna de quelques pas, puis appela directement au manoir Wayne, à l'autre bout du monde. Il joignit Alfred, et il eut un rapide échange avec lui pour faire venir, aussi vite que possible, un appareil capable d'emmener tous les enfants à l'abri. Il se heurta au début à un refus, car le vieux majordome ne pensait pas viable le fait d'envoyer un avion ou un appareil du genre pour lui et Starfire... jusqu'à ce que Dick lui rappelle qu'il ne pouvait pas voler, contrairement à son amie.

Quand il revint vers elle, les enfants étaient à peu près calmés, mais dehors, le port commençait à s'agiter. Et à cette idée, le jeune homme n'avait pas vraiment de rester dans les parages pour vérifier ce qu'il allait se passer par la suite. Alors, forcément, il fit la seule chose qu'il fallait faire : donner des ordres.

 « Okay, on a un avion qui va venir. Un truc super stylé qui appartient à mon père. Vous allez voir, les enfants, c'est cool. Kori ? Il faut qu'on trouve un endroit où attendre pendant trois heures. »

Déléguer ? Ouais. Mais il savait son amie capable de le faire.

Ami ? Ex ? Potentielle femme ? Qui est-elle, pour moi, au juste ?


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MessagePosté le: Dim 22 Juil 2018 - 20:12
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Les bras de la fillette se resserrèrent autour de la cuisse de Kory, collant le long manteau en fourrure de cette dernière contre sa peau. La chaleur qu’elle dégageait en perçait déjà l’épaisseur, mais ce n’était pas la chaleur que la gamine recherchait. Ses grands yeux étaient remplis de larmes et de peur, et faisaient regretter à Koriand’r la violence de ce qu’il venait de se passer. Son poing était encore fumant du combat qu’elle et Dick avaient mené contre les gangsters qui les avaient trouvés, et seul le souci de discrétion l’avait empêché de les réduire en poussière. Si elle pouvait faire dans la discrétion, elle était rarement capable de le faire en se contenant. Dick, lui, avait été aussi mesuré et contrôlé qu’à son habitude, et la précision de ses gestes avait encore augmenté – si c’était possible. Le combat n’avait pas été juste, dès le début, mais il relevait un fait très inquiétant malgré tout : les responsables de ces actes immoraux les avaient trouvés rapidement. Leur « cachette » n’en était plus une.

Kory passa doucement ses doigts dans les boucles emmêlées de la petite fille qui sanglotait contre elle, son regard, lui, posé sur Dick. Il fallait bouger vite. Trois heures avant que la technologie et l’argent de Bruce Wayne ne vienne les sauver pouvait paraître un court laps de temps, mais avec une trentaine de gamins et ceux qui leur courraient après, trois heures, c’était largement assez pour perdre le contrôle de la situation.

Son hésitation n’avait pas lieu d’être.

« Je connais un endroit, » dit-elle finalement avec un petit soupir. « Ce n’est pas très loin. »

Elle n’avait pas le choix, et ils comprendraient – mais ils n’aimeraient pas ça malgré tout. Pas du tout. Ce n’est pas les enfants qui les dérangeraient, mais le signe sur le torse de Dick, le masque sur son visage et son… humanité. Trois heures. Elle les contiendrait. Tout irait bien. Pour les enfants.

Elle se retourna vers ces derniers et, avec Dick, ils vérifièrent les tenues, relevèrent les capuches et leurs firent se prendre la main, histoire de ne perdre personne en route. Kory elle aussi remonta sa capuche, ajusta son écharpe et resserra le manteau autour d’elle. Le regard fuyant, elle prit les devants de leur étrange cortège et les mena hors de l’entrepôt.

Par « bonheur », il s’était mis à neiger dehors, et la neige, lourde et épaisse, avait conduit les habitants à retourner chez eux. Les quelques âmes esseulées qui se risquaient à mettre le nez dehors et à braver le blizzard étaient trop occupées à tenir leur col contre leur visage pour se soucier d’une femme, d’un homme et d’une ribambelle de gosses. Cela leur permit de marcher plus rapidement et d’aller directement vers leur destination sans perdre de temps à essayer de semer qui que ce soit. Kory ouvrait la marche, et Dick la fermait. Elle pouvait presque l’entendre réfléchir et mémoriser le chemin qu’ils empruntaient. Fichus bat-gosses. Bon sang, ils allaient la détester. Mais que pouvait-elle faire d’autre ?

Elle tenait toujours la main gantée de la petite fille dans la sienne quand ils arrivèrent finalement devant une petite bicoque à moitié en ruines qui ne payait pas de mine. Déterminée à ignorer les regards curieux et insistants de Dick, elle leur fit faire le tour de la maison jusqu’à une trappe menant directement en sous-sol. Elle lâcha la petite fille, ouvrit la trappe et mena les enfants en bas des escaliers tordus, vers une autre porte de métal qui, en tout logique, devrait s’ouvrir sur la cave de la maison en ruines.

En tout logique.
Sauf que non.

Kory prit une profonde inspiration et poussa la porte. Lumière et chaleur l’inondèrent immédiatement, et avec vinrent rapidement les cris de joies, les exclamations.

« Koriand’r ! »

« Hey ! Princesse ! »

« Les gars ! La Tamaranienne est là ! »

Kory esquissa un petit sourire à l’assemblée qui se formait devant elle alors qu’elle faisait signe aux enfants de rentrer.

« Salut tout le monde, » dit-elle, d’une voix charmeuse. « J’amène mes petits amis avec moi, ça vous dérange pas j’espère ? »

Il y eut des éclats de rire, des petits cris de joies et des bruits tout sauf humains, mais il n’y avait rien de méchant – bien au contraire. Jusqu’au moment où le dernier enfant entra timidement et que Dick pénétra à son tour. Et là, le silence tomba.

Koriand’r jeta un regard penaud autour d’elle. Le bar clandestin était tel qu’elle s’en rappelait – ils étaient tous pareils. C’était une pièce immense, une pièce unique, avec un meuble de récup en guise de comptoir, et un mur d’alcools bien plus variés que ceux qu’on voit dans les bars humains. Il y avait un juke box, une table de billard et même une table pour jouer aux cartes. Mais le plus important ? C’était la clientèle. Ici, les peaux étaient vertes, elles étaient violettes, translucides, électriques ou à écailles. Il y avait des yeux par paires, par dizaine, ou montés sur des antennes. Pas d’humains dans ce bar – jamais. C’était là qu’ils venaient se réfugier quand le sentiment anti-alien qui courrait toujours dans les rues devenaient trop violents, trop dangereux. C’était là aussi qu’ils se cachaient quand les boulots qu’ils avaient acceptés parce que c’était les seuls qu’on leur offrait leur avaient attiré les flics aux fesses. C’était un bar de mercenaires, d’hors-la-loi et de rejetés comme il y en avait par dizaines dans chaque pays. Un bar d’aliens. C’était une affaire de famille.

Et, actuellement, la famille d’adoption de Koriand’r la fusillait du regard parce qu’elle avait osé, osé compromettre leur localisation en amenant un justicier masqué dans leur antre.

« J’avais pas le choix, » commença-t-elle d’une petite voix en faisant de son mieux pour faire marcher son charme légendaire. Elle esquissa une petite moue. « C’est juste l’affaire de quelques heures. Il dira rien, je vous promets. C’est pour les enfants. Il faut qu’on les ramène chez eux, en bonne santé… »

« Les enfants ne nous dérangent pas, » intervint une voix forte. La barmaid s’avança, ses trois yeux posés sur Dick avec aversion. Elle retroussa les lèvres sans même s’en rendre compte, dévoilant ainsi de longues dents pointues. « Mais Nightwing, Kory ? J’arrive pas à croire que tu bosses encore avec lui ? La prochaine fois que tu viens pleurer sur mon bar en parlant de ton amour perdu, compte pas sur moi. »

« Shht, sssssht ! » bafouilla précipitamment Kory en fusillant son amie du regard. « Comme si ça m’arrivait souvent » ajouta-t-elle en bougonnant. Elle jeta un regard autour d’elle et poussa un soupir. « Il ne dira rien, vous avez ma parole. »

Le menton levé fièrement et l’air de rien, elle se tourna vers Dick et riva sur lui un regard intense.

« Tu dois promettre. Tu n’as rien vu – et rencontré personne ici. Les humains ne sont pas les bienvenus, surtout pas les justiciers. Tu dois promettre, okay ? »



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MessagePosté le: Dim 22 Juil 2018 - 21:58
Dick eut un sourire, s'efforçant de ne pas montrer son désarroi face à ce qu'il venait d'entendre.

 « Promettre quoi ? Nous sommes dans un entrepôt des docks, ma chère. »

Son sourire malicieux s'effaça légèrement, alors qu'il repensait à la raison de leur venue.

 « Je vais aller m'occuper des gosses. Je te rejoins plus tard. »

Cette dernière avait des accents et des implications qu'il n'aimait pas... mais c'était inévitable. Avoir du temps devant eux allait les obliger à parler, à cœur ouvert ou non, à un moment donné. Mais pour le moment, elle avait des gens à retrouver, et lui devait trouver un endroit où les gamins seraient tranquilles pendant les trois bonnes heures qui les séparaient de leur liberté. Car pour le moment, ils étaient encore en danger, malgré l'apparente sécurité des lieux.

Nightwing se faisait l'effet d'un étranger, ici, pendant qu'il s'efforçait de parler avec des locaux pour loger les enfants dans des chambres. Certaines personnes, moins hostiles à son égard, intervinrent en sa faveur et l'aidèrent à rassurer les enfants, à les débarrasser de leurs vêtements trop chauds pour le lieu, et à se reposer et manger en attendant. Certains étaient contents, d'autres apeurés, mais tous dire merci à Dick et à Kori, qui les rejoignit entre temps. Pour le jeune homme, faire tout ça lui rappelait Gotham et Blüdhaven. Les deux villes avaient en commun une criminalité macabre, malgré le fait que la seconde était bien plus tranquille que l'autre. Il avait aimé s'y installer, mais Gotham resterait à jamais son foyer.

Son appartement y contribuait beaucoup, car il en avait repéré un, spacieux, pas très cher, qu'il pourrait se procurer aisément dès qu'il serait blindé de thunes. Il pourrait y faire ce qu'il voulait, y inviter qui il voudrait, quand il le voudrait. Sans dépendre de Bruce. Il ne remercierait jamais assez son père pour ce qu'il lui avait donné tout au long de sa vie, mais ils avaient déjà eu l'occasion d'avoir une conversation à ce sujet.

Il se perdit un instant dans ses pensées, alors qu'il voyait Kori partir vers le bar. Quelques mois plus tôt, lors de cette discussion avec Bruce, il avait su identifier les sentiments de son cœur. Et l'une des deux moitiés de ces sentiments était juste là. Il laissa son regard courir sur elle, avant de soupirer. Il pensait avoir réussi à choisir. A tirer un trait sur tout ses hésitations.

J'ai toujours reproché à Père qu'il n'assumait pas ses sentiments. Et moi... je ne vaux pas mieux, en fait.

Il s'approcha de l'alien, puis se plaça à côté d'elle au bar. Les bras se touchaient presque, alors il s'efforça de ne pas trop bouger et de sourire avec le moins de crispation possible. Mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Que pouvait-il lui dire ? L'amie de Kori lui apporta une boisson, puis s'éloigna, comme consciente qu'il allait y avoir du « serious talking ». Dick tourna le regard vers son amie, croisant ses yeux verts.

Puis, comme on enclenchait un mécanisme, il se mit à parler :

 « Ton amour perdu, hein ? Si ça peut te rassurer, tu n'es pas la seule à avoir le cœur en miettes, en ce moment. »

Il réussit à lui faire un sourire doux, ce fameux sourire qu'il n'arborait que lors de ce genre de moments. Un sourire complice, affectueux, intime presque. Débordant de compassion, de gentillesse et d'amour.

Il leva son verre, pour trinquer.

 « A notre relation passée. A nos retrouvailles. Et à nos cœurs dévastés par l'indécision. »


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MessagePosté le: Lun 23 Juil 2018 - 21:41
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Koriand’r rejoignit les préparatifs alors que chacun des aliens présents dans le bar aidait la barmaid à arranger quelque chose pour les petits. Elle rassembla les manteaux, les tenues et capes qui ne servaient à rien à l’intérieur et en fit des lits dans l’espace de stockage alors que les enfants étaient nourris et réchauffés. Certains de ses amis en profitèrent pour la saluer plus intimement. Elle eut des claques sur le dos, des petits coups de coudes ou membre qui y ressemblait de près ou de loin, des clins d’œil et des hochements de tête – des comportements bien humains, en soit, mais qui pourrait leur en vouloir ? En dehors de ces bars, ils étaient forcés à suivre les règles de société d’un monde qui n’était pas fait pour les accepter. Ils ne pouvaient pas tous être Superman. Mais ici, dans ces bras, dans tous ces endroits spéciaux à eux, ils pouvaient être qui ils voulaient – et la plupart du temps ? Ils ne voulaient qu’être eux-mêmes. Ici, ils étaient en sécurité. Et ça se ressentait grandement. L’urgence de l’extérieur et la peur de se savoir suivi et d’être responsable des enfants s’évanouissaient peu à peu, pour laisser place à un sentiment de paix. Et avec ce sentiment, l’inévitable.

Kory croisa le regard de Dick plusieurs fois alors qu’ils s’occupaient des enfants. Quelques instants plus tôt, elle aurait appréhendé ce qui était sur le point de leur tomber dessus, elle aurait tout fait pour éviter la conversation qui se profilait à l’horizon, mais à l’abri dans le bar, baignée dans la familiarité de l’endroit, elle n’avait plus peur. Plus que ça, même, elle en comprenait la nécessité. Ce serait plus douloureux qu’autre chose, mais c’était inévitable, et il était temps qu’elle arrête de fuir.

C’est donc le cœur lourd mais un léger sourire aux lèvres qu’elle prit place devant le bar. Elle évita le regard de son amie alors que cette dernière posa deux bouteilles devant elle et Dick – pas seulement parce qu’elle voulait éviter le jugement de son amie, mais aussi parce qu’elle était trop occupée à diriger toute son attention vers le jeune homme assis près d’elle. En parlant d’alien au comportement humain, elle se sentait presque… rougir, alors que ses yeux se baissaient vers leurs bras qui ne cessaient de se toucher l’un l’autre, au moindre de leurs mouvements. Ca faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas été si proche de lui… et bon sang, ce que ça lui avait manqué. Tout, de la chaleur qu’il dégageait jusqu’à son odeur, les reflets dans ses cheveux et les irrégularités sur sa peau, tout lui avait manqué. Elle savait ce qui était sur le point de se passer, mais elle était reconnaissante de pouvoir être là, près de lui.

Elle releva les yeux vers lui quand il prit la parole, et elle sourit en réponse, touchée en plein cœur par son expression. Elle leva elle-aussi son verre et le rapprocha de celui de Dick pour trinquer. Le sourire toujours aux lèvres, elle lui adressa un petit clin d’œil à la fois joueur et innocent puis porta son verre à ses lèvres pour prendre une longue gorgée. Le breuvage amer la fit légèrement grimacer – l’alcool terrien manquait tellement de finesse – et elle reposa son verre sur le comptoir, soudainement pensive.

« Oh Dick » soupira-t-elle avec un petit sourire. Elle releva les yeux vers lui et le dévisagea un instant. « La vérité, c’est qu’il n’y a que toi ici qui est indécis. » Son sourire s’effaça doucement, mais l’affection et la douceur dans son regard, elles, étaient toujours là. « Je n’ai jamais été aussi sûre de moi. Tout comme je sais que ton cœur n’est pas aussi brisé que tu le crois. Tu refais ta vie, tu avances. »

Son sourire revint malgré elle, et elle désigna, d’un léger geste de la main le signe sur le torse de Dick.

« Regarde-toi… Nightwing. Les gens n’ont pas fini de parler de toi. Tu peux être fier. Sache que moi, je le suis. »




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MessagePosté le: Mar 24 Juil 2018 - 16:23
Le regard perdu dans son verre, Dick ne put que hocher distraitement la tête. Il ne trouvait pas grand chose à répondre à ce que venait de dire son amie, hormis un « tu as raison ». Que dire de plus ? Elle n'avait pas la même façon de penser que lui, et elle n'avait pas à choisir entre deux personnes. Lui, il avait fait un choix... puis se rendait compte qu'il ne savait plus si c'était le bon. Combien de fois avait-il pensé que, ne voyant plus Kori, c'était forcément ce qu'il y avait de mieux pour lui ? C'était toujours vrai, quelque part. S'il n'avait pas revu l'extraterrestre aujourd'hui, il s'en serait sûrement porté mieux.

Mais il n'aurait pas pris plaisir à la revoir et à lui parler de nouveau. Mais cette conversation étant nécessaire, il ne pouvait pas simplement partir et lui dire qu'il était désolé de ne pouvoir satisfaire sa demande. Mais comment lui dire ? Elle comprenait sans doute bien plus que ce qu'elle disait, et il était prêt à parier qu'elle n'oubliait pas un seul instant que l'autre était Barbara.

 « Tu as raison. » dit-il simplement.

Il but une gorgée, puis une autre.

 « Ce n'est pas une question de cœur brisé, toutefois. C'est... plus compliqué, que ça. Vois-tu, il y a quelques mois, je suis revenu à Gotham. Parce que mes amis me manquaient, parce que ma famille me manquait. Parce que Barbara me manquait. Tu me manquais aussi, mais tu n'étais pas là. »

Il espérait que la façon dont il allait tourner les choses ne serait pas trop... larmoyante. Ou pénible. Ou même qu'elle ne serait pas compréhensible.

 « Au début, personne n'était au courant. Je voulais m'adapter tranquillement, puis revenir petit à petit dans la vie des gens. Le fait est que j'ai croisé plusieurs fois Barbara durant cette période. Et comme tu peux t'en douter, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à ce qu'il s'était passé entre elle et moi. Et à ce qu'il pouvait de nouveau se passer. Combien de fois me suis-je posé la question, en mode : est-ce que je fais le bon choix ? C'est une discussion avec Père, qui m'a permis d'ouvrir pleinement les yeux ; je vous aime toutes les deux, autant l'une que l'autre. Et je ne peux pas, sans mentir, dire que j'en préfère une à l'autre. Tu es toi, elle est elle. »

Il se sentit légèrement trembler, à l'approche de la suite. Il ignorait comment Kori réagirait. Il ignorait ce qu'il ressentait lui-même à l'idée de le dire. Il ne savait plus ce qu'il voulait, et cela l'effrayait presque autant que le jour où il avait embrassé une fille pour la première fois.

 « Seulement voilà... je m'étais dit, à l'issue de cette conversation, que je la choisissais elle. Sur le moment, j'étais certain de faire le choix qui me convenait le mieux. Mais maintenant... je ne sais plus. J'hésite depuis quelques semaines. Je ne sais plus si je dois vraiment continuer dans cette direction. Et te revoir... ça augmente tout ça. Je ne sais pas ce que je veux réellement. Je ne sais pas quel choix est le bon. Et cela occupe tellement mon esprit que cette boisson ne parviendrait même pas à me saouler. »

Et il vida son verre d'un trait, même si ce n'était pas la meilleure idée du siècle.


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MessagePosté le: Mar 24 Juil 2018 - 22:31
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Koriand’r - qui avait levé sa main tenant son verre vers ses lèvres, histoire de se donner une contenance et d’avoir quelque chose à faire alors qu’elle faisait face à la vérité brute qui sortait de la bouche de Dick – écarta finalement son verre de sa bouche avant même de boire. Elle le reposa sur le comptoir et ressentit le bruit sourd du verre contre le bois jusque dans ses entrailles. Le regard rivé sur le liquide qui y miroitait, elle regarda la lumière couler à la surface et étinceler avec les mouvements de sa boisson. Le sang battait à tout rompre contre ses tempes alors qu’elle assimilait, petit à petit, ce que Dick lui avait dit et, surtout, ce que ça impliquait.

Elle déglutit difficilement. Des mois. Elle avait passé des mois à parcourir le monde, à rester le plus loin possible des humains, des souvenirs, de tout. Elle était partie parce que c’était trop dur de faire face à tout ça, trop dur d’être sous le feu des médias et de les entendre tous la pointer du doigt, elle et sa peau orange, elle et ses différences avec le reste des Titans. Et il était en train de lui dire que si… Si elle avait enduré, si elle était restée…

« Dick, » dit-elle d’une petite voix cassée, la tête toujours baissée. Elle se racla la gorge et releva la tête vers ce dernier. « Tu veux dire qu’il ne s’agit que d’une histoire de circonstances ? »

Sa voix se cassa de nouveau sur son dernier mot, mais ce n’était pas dû à l’émotion ou à des larmes hypothétiques qui lui montaient aux yeux. Non. C’était la colère qui lui faisait vibrer les cordes vocales. La main crispée sur le comptoir et l’autre toujours refermée sur son verre, elle regardait Dick avec amertume.

« Tu veux dire que si j’avais été là, si on s’était vus à l’époque, tu m’aurais choisie moi ? » Elle eut un mouvement de la main, comme si elle chassait machinalement un insecte particulièrement insistant, et projeta ainsi le verre sur le côté. Il éclata contre le mur qui terminait le comptoir du bar, et l’alcool à l’intérieur laissa une tâche dégoulinante sur la peinture de qualité déjà douteuse.

« Est-ce vraiment si facile que ça à oublier pour toi ? Tout ce qu’on a vécu, les choses qu’on s’est dite, les passions qu’on a pu ressentir ?? Il a suffi que tu ne me vois pas pour les oublier ?! »

Un craquement atteignit ses oreilles et ce n’est qu’en baissant les yeux qu’elle se rendit compte qu’à trop se tenir au comptoir, elle avait commencé à fissurer le bois de ce dernier. Surprise, elle écarta vivement sa main et remua ses doigts, comme pour les dénouer après les avoir gardé crispés trop longtemps. La vague de colère qui s’était emparée d’elle retomba aussitôt et elle s’affaissa un peu sur elle-même en ramenant son bras contre elle. Elle évita le regard de Dick, poussa un long soupir et se frotta doucement les yeux le temps de reprendre ses esprits.

« Excuse-moi, » dit-elle finalement, à demi-mots. « Ce n’est pas juste de ma part. Je suis contente pour toi. Barbara… Barbara est quelqu’un de bien. »

Elle écarta la main de son visage et repoussa une mèche rebelle qui était retombée sur son visage pendant sa… mmmh, crise. Elle ne pouvait pas nier que ça faisait mal d’imaginer Dick avec une autre femme. Plus que de la douleur en fait, c’était… constant. Ca lui coupait le souffle et lui retournait les entrailles. Elle était Tamaranienne, et les Tamaraniens aimaient jusqu’à la fin de leurs jours. Mais ça ne serait une excuse ni pour Dick, ni pour personne d’autres. Loin étaient les jours où Kori se laissait ainsi dominer par l’existence d’un homme. Loin, et sacrés. Plus jamais.

Elle releva la tête vers Dick et la tristesse et la douleur passèrent en second plan, juste assez pour que sa détermination sans faille pointe le bout de son nez.

« Mais il y a une chose que tu n’as pas le droit de faire, Dick. Tu n’as pas le droit de me dire que tu as fait ton choix, puis de sous-entendre que je pourrais encore avoir une chance. C’est à toi de faire ce bout de chemin, pas à moi ou Barbara, et tu n’as pas le droit d’attendre que nous te poussions, que nous le fassions pour toi. Tu as besoin d’être sûr. »

Elle désigna le verre vide qu’il tenait toujours.

« Ca aussi, ça ne pourra pas mener le combat pour toi. »

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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2018 - 10:43
Un sourire flotta sur le visage du jeune homme, alors qu'il posait son verre. Chose surprenante, il ne tremblait plus. Il savait que Kori était tendue, même si elle avait réussi à se contrôler. C'était une des choses qu'il aimait chez elle ; sa capacité à parfois laisser parler ses émotions, et parfois à se fermer d'un coup. C'était drôle, à l'époque, de la titiller avec ça.

Mais là, il ne jouait pas. Rien n'était drôle. Il posa une main sur l'épaule de la jeune femme, et serra doucement.

 « Ce que j'essaye de te dire, Kori, c'est que j'aimerais toujours, moi aussi. Et revoir est une bonne chose, qui aurait pu être faite plus tôt mais qui, concours de circonstances, ne se fait que maintenant. Ainsi vont les choses. C'est la vie, comme disent les Français. Mais tu as raison : je n'ai pas le droit de te promettre une chose qui n'arrivera peut-être pas, et ce n'est qu'à moi de faire mon choix. Mais sache que si un jour, tu as besoin de moi, tu peux me trouver à cette adresse. »

Il lui donna l'adresse de son appart', et non pas le manoir Wayne. Il la lâcha, presque à regret, et crut déceler un éclat de déception dans les yeux verts de Koriand'r. Des yeux qui lui valaient, entre autres choses, des jugements de la part des Terriens. Mais pas de lui. Jamais.

 « Cette conversation n'est pas terminée... mais nous n'avons pas le temps de la mener jusqu'au bout. L'essentiel a été dit, toutefois. Nous sommes de nouveau sur des routes parallèles, qui se croisent parfois. Peut-être qu'un jour elles feront de nouveau qu'une, peut-être jamais. Je ne sais pas, et au final, je préfère ne pas y penser. Tu viens de me le faire réaliser, mais... on s'en fout ? Laissons les choses suivre leur cours. Restons en contact, car je vivrais mal de te perdre de nouveau pendant des mois ou des années. Et pour le moment... »

Il eut un autre sourire malicieux, un de ceux qui annonçaient les mauvaises surprises.

 « Allons voir les gosses. Ils doivent aller mieux, maintenant, et l'avion ne va pas tarder à arriver. »

Ils partirent du bar, et Dick en profita pour parler à son amie comme si leur conversation d'avant n'avait été qu'une banale reprise de contact. Il se rendait compte que c'était mieux pour lui, comme pour elle, de remettre à plus tard la conversation. Ils n'avaient pas besoin de plus pour le moment, car ils avaient une mission à remplir. Et surtout, il était inutile de jouer davantage avec leurs sentiments respectifs. Alors il lui parla de tout et de rien, de ce qu'il lui était arrivé récemment – notamment les passages avec le Pingouin – des projets pour son appart', des idées qu'il avait pour son costume, de son idée d'adopter un animal, et enfin du truc le plus important : qu'il se mettait enfin à manger convenablement, petit à petit.

Mais tout ça, c'était avant qu'ils n'arrivent devant les enfants, qui se précipitèrent vers eux,des sourires et des exclamations de joie fusant à toute allure dans leurs oreilles.

Pitié, faites que je n'ai jamais d'enfant. J'arriverais pas à supporter ces cris à longueur de journée.


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MessagePosté le: Lun 30 Juil 2018 - 22:30
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Koriand’r baissa les yeux vers la serviette qu’elle tenait et sur laquelle était maintenant écrite l’adresse du nouveau logement. Bien des choses avaient changé depuis qu’ils avaient partagé un bout de leurs vies, et cette adresse qui lui était inconnue en était la plus grande preuve. Elle releva les yeux vers Dick, les détourna puis plia la serviette pour la glisser dans son costume, afin de ne pas risquer de la perdre. Cette conversation – si on pouvait appeler ça une conversation – lui laissait un goût amer dans la bouche. Loin d’être satisfaisante, elle ne faisait que relever certaines questions, encore et toujours. Peut-être aurait-elle mieux fait de rester cachée, et de fuir dès qu’elle l’avait vu. Elle ne pouvait pas nier que son plaisir de l’avoir en face de lui était profond et sincère, et que pour le moment, ça lui suffisait, mais que se passerait-il quand lui retournerait à son appartement, à ses projets de décorations et à sa vie, et qu’elle n’aurait que des bars perdus ici et là à travers le monde ?

Que se passerait-il quand elle réaliserait que le voir et être physiquement près de lui ne voulait pas dire qu’elle l’avait de nouveau… ?

Kory posa ses deux mains sur le comptoir, ses palmes claquant contre le bois, et prit une profonde inspiration en se levant à son tour. Il avait raison. La mission. Les enfants. Voilà qui était important. Le reste viendrait plus tard. Chaque chose en son temps.

Elle accueillit les cris de joies, les grands sourires et les éclats de rire avec plaisir et prit même le temps de s’agenouiller pour enlacer les petits et petites qui le voulaient et qui en avaient besoin. La fatigue et la peur qui avaient été si lourdes sur leurs visages quand ils les avaient trouvés s’étaient estompées, et ce n’était pas seulement dû à la petite sieste ou la nourriture qu’ils avaient ingurgité. Ils étaient sur le point de rentrer chez eux, et peu importait la langue qu’il parlait… il le sentait. Kory les laissa se disperser dans le bar et faire la connaissance de tous les aliens qui s’y trouvaient, avec cette curiosité dépourvue de jugement qui était si rare à la race humaine, et pourtant tellement propre à leurs enfants.

Pendant ce temps-là, encore une fois, son regard glissa tout naturellement vers Dick, sans même qu’elle n’en ait conscience. Sa conscience et raison n’étaient pas des plus efficaces quand il s’agissait de lui, en même temps. Ca la fit sourire, mais elle garda la nature de ses pensées pour elle.

« Nous devrions sortir, » dit-elle en sa direction. « Pour nous assurer que la voix est libre et repérer l’endroit le moins éloigné et dangereux où ton avion pourrait atterrir. On ne peut pas sortir ces enfants tant que nous ne sommes pas sûrs qu’ils ne risquent rien. »

Elle échangea un regard avec la barmaid, les yeux d’or de cette dernière rivés avec gravité sur elle.

« Et cet endroit doit rester secret. C’est de la plus haute importance. »

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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2018 - 21:12
Dick se frotta le bas du visage, songeur. Il réfléchissait au genre d'endroit qui conviendrait parfaitement pour l'avion qu'Alfred avait envoyé. Vu qu'il allait certainement utiliser du Bat-matos, il y avait de fortes chances pour qu'un petit espace carré, genre un toit plat, fasse l'affaire. Mais l'idéal, ce serait quand même de trouver un truc pas trop accessible par les mafieux qui pourraient tenter de les retrouver. Il y avait de fortes chances qu'ils doivent se battre pour atteindre les lieux, et encore se battre pour protéger la zone des malfrats. Toute cette histoire prenait des airs de film hollywoodien ou de jeu vidéo de guerre.

Ce qui n'était pas une bonne chose. Pourquoi tout ne pouvait pas être simple ?

Un coup d’œil vers Kori lui rappela pourquoi sa vie n'était jamais simple. Et pourtant, il aspirait grandement à rester tranquille dans son coin, un jour. Mais pouvait-il seulement espérer qu'il y parviendrait ? Surtout qu'à l'origine, il s'était mis à rêver d'une vie paisible après son « choix »... un choix aujourd'hui remis fortement en question par les événements récents. Ais tout cela ne réglait pas trop son souci. Il se tourna alors vers la barman, qui devait forcément connaître le coin :

 « Il y a des immeubles à Mourmansk. Ils sont assez hauts pour qu'on pose un appareil dessus, on est d'accord ? Mais est-ce qu'il y a des bâtiments plus éloignés, où ce serait plus pratique ? Où une zone, à l'extérieur de la ville ? »

Ce fut un client qui lui répondit. Un type pour le moins étrange : il avait deux défenses à la place des joues, et des griffes à la place des mains. Il avait une drôle de cicatrice sur le front, ce qui donnait l'impression qu'il aurait du avoir trois yeux au lieu de deux.

 « C'est la Russie et la neige, Nightbing. A part les immeubles, tu trouveras rien. C'est pas ton Amérigue. »

Et il s'éloigna aussitôt.

Dick, qui s'était retenu de rire devant cet accent au couteau, se tourna de nouveau vers son amie, avec cette fois une meilleure idée de ce qu'ils pouvaient – ou allaient – faire. Il lui en fit part, sans omettre le fait qu'il y avait sans doute des risques :

 « Ce sera pas très simple, mais je pense que c'est faisable. Si on va assez vite pour emmener les enfants jusqu'à l'immeuble le plus proche, on arrivera à les faire entrer sans que personne ne nous voit. Et ainsi, on les fait gagner le toit, doucement mais sûrement. Et s'il y a des enfoirés, on leur casse la gueule, façon Dick et Kori. Partante ? »


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MessagePosté le: Mar 7 Aoû 2018 - 20:35
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L’éclat malicieux dans le regard de Dick n’échappa pas à Kory alors que l’ancien acrobate remerciait l’alien qui s’était joint à la conversation, juste pour lui apporter la réponse désirée. C’était ça le problème, aussi. Dick était tellement… Il était tellement… ugh. Frustrant. A un tel point qu’elle ne pouvait pas lui échapper, ni même avoir le moindre espoir de rédemption avec lui aussi proche d’elle. Là était la plus grande raison derrière son départ. Elle était restée un moment, elle avait essayé de juste prendre ses distances, de faire sa vie de son côté. Comme si. Comme si ça pouvait marcher. Comme si Dick n’était pas le genre de personne à forcer l’existence des autres à faire de la place pour sa présence à lui. Ca ne faisait même pas une journée qu’ils s’étaient retrouvés, et Koriand’r se sentait déjà aspirée par la complicité qui régnait toujours entre eux, et par le naturel rieur et malicieux de Dick.

En temps normal, elle aurait lutté. Mais ça faisait trop longtemps. Les regards en coins, et les conversations sans mots lui manquaient. Alors elle fonça droit dans le panneau.

« Arrête, » souffla-t-elle avec un sourire amusé tandis que l’alien se détournait et que le sourcil de Dick se haussait. « Tu ne pourrais même pas dire bonjour dans sa langue, » rajouta-t-elle, le regard pétillant de malice.

La situation éloignée et le climat de la ville ne leur laissaient pas grand choix, de toute évidence. Même s’il y avait eu une zone plus banlieusarde au paysage triste qu’était Mourmansk, amener les enfants jusque-là n’aurait pas été chose aisé, pas dans ce climat. Koriand’r n’en dit rien, mais elle n’en pensa pas moins : elle préférait largement tenter sa chance le plus près possible, là où elle était sûre qu’en cas de fuite, aucun des enfants ne mourrait de froid, avalé par le blizzard qui faisait rage dehors. Elle croisa les bras sur son ventre, réfléchit un instant et hocha finalement la tête.

« Façon Dick et Kory, » acquiesça-t-elle. « En l’honneur du bon vieux temps. »

« Si vous voulez vous la jouer duo fatal, vous risquez d’avoir besoin de ça, » intervint la voix maintenant familier de la barmaid.

Kory se retourna pour voir son amie lui présenter deux oreillettes dans sa paume blafarde. Elle croisa le regard de cette dernière et fit mine de ne pas voir la mise en garde à peine dissimulée et la désapprobation carrément appuyée. Visage d’ange et innocence personnifiée, elle les attrapa et remercia l’alien d’un sourire brillant de pureté. Elle avait la « chance » de faire partie de ces aliens qui n’avaient pas besoin de s’armer pour faire face au monde. Les armes, c’était elle. (Mais d’un côté, ça la rendait encore plus menaçante aux yeux du reste du monde, ce qui n’était absolument pas un plus.) Mais certains de ses amis ici n’avaient rien qui pouvait les aider à naviguer sur Terre, alors chacun de leurs refuges renfermaient de quoi les aider dans leurs … projets. Les oreillettes qu’on leur offrait faisaient probablement partie des objets les plus inoffensifs de ces armureries.

« Je vais sortir d’abord, » dit-elle en s’avançant vers Dick. Elle se pencha pour glisser l’oreillette dans son oreille et s’assura ensuite l’avoir bien mise. « Histoire de vérifier si la voie est libre. Rassemble les petits. Je te préviens quand vous pouvez sortir. »

Elle laissa retomber son bras mais ne recula pas. Pas tout de suite. Elle avait le droit de profiter après tout. Rien qu’un peu. Où était le mal ?

« Ca te va ? » demanda-t-elle doucement, le regard baissé vers Dick. Elle-même n’était plus tout à fait sûre de ce qu’elle demandait, en fait.


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MessagePosté le: Mar 7 Aoû 2018 - 21:58
Dick eut un doux sourire, s'efforçant de chasser ses pensées contradictoires de son esprit. Il voyait Kori si proche de lui qu'il n'avait qu'une envie : la serrer contre lui et profiter d'un moment seul, au calme, avec elle. Voir de plusieurs. Mais il savait que ce n'était pas le moment, ni le lieu, et donc il dut remettre ce désir à plus tard. Il ne pouvait toutefois pas la laisser comme ça, c'était plus fort que lui.

Son bras retomba, alors il lui saisit la main au vol et la serra doucement :

 « Sois prudente, c'est tout. Je tiens à ce que tu restes en un seul morceau. »

Il lâcha sa main, et se recula d'un pas avant d'aller trop loin.

 « Allez, fonce, Kori. Je reste ici pour le moment avec les enfants. On te rejoint dès que possible. »

Il la laissa partir, à contrecœur. Il avait toujours ce vieux réflexe, de l'époque des Titans, de se mettre en avant et en danger pour les autres. En tant que chef, que meneur, il s'exposait pour que les autres n'aient pas à le faire. Mais cette époque était révolue : il n'était plus le petit copain de l'intrigante Starfire, il ne commandait plus une équipe de super-héros. Et elle comme lui avaient changé, en bien il l'espérait. Elle était largement capable de se débrouiller toute seule, il n'avait pas à s'inquiéter pour elle.

 « Toi inquiet pour Kori ? »

Il baissa les yeux, puis éclat de rire. Un enfant lui répondit par un sourire espiègle. Il se pencha et lui passa une main dans les cheveux.

 « Oui, un peu. C'est mon amie, et je tiens énormément à elle. Je viens à peine de la retrouver, et je ne voudrais pas qu'elle disparaisse de ma vie. »

 « Elle beaucoup t'aimer aussi. Elle te regarder bizarrement. Toi, tu lui a fait du mal ? »

Une intéressante question... surtout venant d'un enfant.

 « Pas vraiment. Disons plutôt que je lui ai pas fait assez de bien. Alors que j'aurais pu... ou pourrais. »

Peut-être même que je devrais, en fait. Encore et toujours cette éternelle question. Mais il devait la laisser de côté pour le moment, car en plus de ça il avait du boulot. En effet, la voix de Kori parvint dans son oreille, et il était temps d'y aller. Il regroupa donc tous les enfants, vérifia qu'ils étaient tous correctement habillés et préparés, puis leur fit signe de lever le pouce.

Parfait, ils étaient tous prêts. Il tapota son oreille :

 « Attention, beauté galactique, on arrive ! Prépare la piste d'atterrissage ! »

Quoi ? Comme au bon vieux temps, alors il lui donnait le même surnom qu'à l'époque. Et promis, cette fois il ne ferait pas de bêtise en plein milieu de la mission.


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MessagePosté le: Lun 3 Sep 2018 - 13:00
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Koriand’r ajusta le col levé de son manteau. Rembourré, doublé de laine et imperméable, le vêtement pesait lourdement sur ses épaules, si différent de ce qu’elle avait pour habitude de porter, et pas dans le bon sens. Elle avait enroulé ses cheveux autour de sa taille afin de les garder à l’abri des yeux traînants, même si elle doutait grandement que quiconque soit encore dans les rues. Le temps déjà extrême auquel ils avaient fait face plusieurs heures plus tôt avait empiré. Le blizzard était maintenant une tempête de neige, et même Kori, avec sa vision bien plus développée que l’humain de base avait dû mal à discerner ce qu’il se passait à quatre mètre devant elle. Ca pouvait leur être favorable, car si c’était un handicap pour eux, ça l’était aussi pour ceux qui auraient pu se mettre en tête de les retrouver. Et Kori elle-même restait malgré tout un avantage.

Après avoir fait le tour du bâtiment et s’être éloignée de quelques mètres pour vérifier les alentours, elle jugea le timing aussi propice qu’il pouvait l’être. Elle revint sur ses pas en suivant la neige fondue qu’elle avait laissée derrière elle, et leva instinctivement une main vers l’oreillette dans son oreille avant de prendre la parole.

« La voie est libre, » souffla-t-elle, en jetant toujours de longs regards circulaires autour d’elle. La neige qui tombait formait comme des murs d’une blancheur immaculée autour d’elle. Elle sourit malgré elle au surnom que Dick lui donna en réponse et reprit. « Attention, le temps s’est vraiment dégradé par ici. »

Elle se rapprocha de la porte, concentra une partie de ses pouvoirs dans ses paumes qui se mirent à luire d’une lueur verdâtre, puis elle se baissa et les enfonça dans la neige. La chaleur se diffusa rapidement et sans aucune chance de faire face, la neige devant la porte fondit en un clin d’œil. Marcher jusqu’au bâtiment allait être risqué et avec la tempête de neige, ça leur prendrait du temps, mais Koriand’r avait au moins de quoi faire face au froid mordant. Le tout serait de trouver le juste milieu entre ce qu’elle pouvait faire pour éviter aux enfants d’avoir trop froid et le temps qu’elle perdrait ainsi et qui les forcerait à rester encore plus exposé à la tempête.

Elle se releva juste au moment où la porte s’ouvrait sur Dick, derrière lequel les enfants étaient agglutinés. Ils venaient probablement de vivre l’expérience la plus traumatisante de leurs vies, mais ils le suivaient sans la moindre hésitation ou la moindre peur. C’était du Dick Grayson tout craché, de débarquer dans la vie d’inconnus et de s’emparer de leur confiance sans leur laisser la moindre chance de le repousser.

« Il faut que vous restiez près de moi, » lui dit-elle en haussant le ton pour se faire entendre malgré la météo capricieuse. Elle faillit tendre la main vers lui mais elle s’arrêta juste à temps. « Qu’ils se prennent tous la main. Ils ne verront pas à trois pas devant eux, avec toute cette neige qui tombe. »

Elle réenclencha la vague de chaleur dans ses mains en puisant dans une infime partie de sa puissance. C’était étrange de voir ses mains baignée par la lumière de son pouvoir sans être éblouie, sans sentir la destruction d’une supernova en attente sur le bout de ses doigts – ça faisait bien longtemps qu’elle ne prenait plus de demi-mesures. Mais les humains étaient fragiles, et les petits humains encore plus.

Elle releva les yeux vers Dick et lui adressa un sourire joueur.

« Quant à toi… ce serait peut-être mieux que tu évites de prendre la mienne. »





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MessagePosté le: Mer 5 Sep 2018 - 12:27
Dick lui retourna son sourire.

« C’est mieux, oui. Sinon je risquerais d’oublier pourquoi on est là. »

Chaque enfant se révéla être un véritable héros. Courageusement, se rassurant les uns les autres, malgré les différences de langage et les couleurs de peaux, ils firent face, avançant à la suite de Koriand’r, suivis de près par Nightwing. Ce dernier veilla surtout à ce qu’aucun ne trébuche, et à ce qu’aucun ne se perde dans le blizzard qui menaçait d’engloutir Mourmansk. S’il n’avait pas su qu’ils risquaient de tomber sur des malfrats kidnappeurs d’enfants, il aurait pensé qu’il s’agissait d’une attaque surnaturelle, provenant d’un Super-Vilain local. Mais non, c’était juste le nord de la Russie.

Un des enfants tomba ; une petite fille.

« Allez, viens par-là ma grande. On va te porter, accroche-toi bien ! »

Il était toujours en parfaite condition physique, et n’eut donc pas de mal à soulever l’enfant pour la garder dans ses bras. Ils avancèrent encore, courageusement, suivant la lumière et la chaleur qui émanait de Kori. A plusieurs reprises, Dick laissa son regard parcourir un peu trop le corps de son amie, et il dut donc se reconcentrer à grands coups de blizzard. Malgré sa combinaison, il sentait le froid mordant s’infiltrer absolument partout. Oui, partout partout.

Mais il fut soulagé d’entendre alors la voix familière d’Alfred dans son oreille :

« Maître Richard, l’aéronef arrivera sous peu. Êtes-vous en position ? »

« Pas tout à fait. J’espère que vous avez pensé à leur préparer à manger, et à boire. Car moi, j’aurais bien besoin de nourriture. »

« Monsieur, les réserves de chocolat chaud et de gâteaux sont remplies. Je connais mon travail. Oh, et il y a bien sur un sandwich aux concombres pour vous. Mais, si je puis me permettre une remarque, monsieur… votre amie et vous, vous n’avez pas l’intention de rester dans cette sinistre ville, bien sur. Vous allez monter à bord avec les enfants. »

Dick hésita. Le ton était clair ; Alfred n’était pas dupe, et il savait que le duo resterait ici pour terminer le travail… et profiter d’un vrai moment à deux pour faire le point. Définitivement.

« A ce sujet. Ça ne vous dérange pas si Kori et moi on… prends du temps pour nous à côté ? Non pas que je sache quoi lui dire de plus. Mais on en a besoin. »

La réponse d’Alfred fut prononcée avec un amusement non-dissimulé :

« Dîtes-lui simplement ce que vous avez sur le cœur. Comme toujours. »

La communication se coupa, alors que le groupe atteignait enfin le bâtiment cible. Pendant un petit moment, on n’entendit plus rien, hormis les souffles des enfants fatigués, le soulagement d’avoir échappé au blizzard, et le bourdonnement des lumières tremblotantes qui éclairaient les escaliers. Ville qui semblait restait à l’époque des années 60, avec son énergie polluée et son archaïque disposition, Mourmansk n’offrait qu’un maigre refuge et certainement pas de réconfort. Mais quelque part, Dick en trouvait quand même. Les enfants, Kori, le fait d’avoir une utilité en dehors de Gotham… ça faisait du bien. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas fait un truc comme ça.

Et il y avait trop longtemps qu’il n’avait été aussi proche de la belle alien. Mais cette pensée fut vite balayée, alors qu’ils atteignaient enfin le toit, quand le bruit assourdissant du Bat-avion en train de se poser leur parvint. Le blizzard fut momentanément chassé, alors qu’une rampe d’accès s’abaissait. Et Alfred, en chair en os, vêtu chaudement, qui eut un sourire contrit en voyant le groupe d’enfants.

« Allez, on y va ! Tout le monde dans l’avion d’oncle Alfred ! Le dernier arrivé sera obligé de manger un sandwich aux concombres ! »

Très vite, les enfants furent à bord, soulagés, attachés, et surtout curieux. Le vieux monsieur qui était avec eux les intimidait suffisamment pour qu’ils ne se demandent pas trop pourquoi Kori et Rishar (c’était le mieux que les enfants arrivaient à prononcer) ne venaient pas. Le majordome, quand tout le monde fut à bord, leur adressa un signe de la main.

« Pas de bêtise, monsieur. Votre boulot n’est pas terminé. » dit-il en aparté dans le communicateur de Dick.

L’avion décolla finalement, laissant les deux jeunes gens seuls. Instinctivement, ils s’étaient placés côte à côte, comme à une époque à la fois lointaine et proche. Luttant de toutes ses forces pour ne pas la toucher, Nightwing finit par prononcer les mots qu’ils devaient dire :

« Et maintenant ? »

J’emmerde la raison.

Il se tourna, et enlaça Kori, la serrant fort contre lui dans une étreinte qui exprimait tout ce qu’il ressentait. Ce qu’ils ressentaient tous les deux.


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MessagePosté le: Mar 11 Sep 2018 - 16:45
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Et maintenant ?

La chaleur du corps de Dick l’enveloppait encore, et aucun blizzard, aucune tempête de neige n’aurait pu l’effacer. Kori s’était attendue à le voir partir avec le reste des enfants, avec Alfred, en direction ce monde qui était le sien et au sein duquel elle n’avait jamais vraiment appartenu, mais il était resté.

Et maintenant ?

Le regard de Koriand’r se perdit sur le visage de Dick. Masque ou pas, elle avait passé tant de temps à le regarder, à l’admirer même parfois, qu’elle était capable de voir ce que son identité de superhéros lui cachait. Elle détourna finalement le regard, esquissa un sourire alors que la chaleur résiduelle qu’il avait laissé sur elle s’estompait peu à peu.

« Tu viens avec moi, » dit-elle avec douceur. « Avant de mourir de froid. »

Sans perdre un instant, elle se débarrassa du lourd manteau qui, sur ses épaules, ne servait franchement pas à grand-chose si ce n’est qu’à lui permettre de se fondre un peu plus dans le paysage local. Il serait bien plus utile que les épaules de Dick, qui lui avait juste à enlever son masque pour se faire oublier, alors le choix était vite fait. Elle le lui glissa sur le dos avec un petit sourire avant de baisser les yeux vers lui, d’hésiter un instant puis de lui prendre la main.

« Ne me lâche pas, » rajouta-t-elle, après une nouvelle hésitation, avant de l’entraîner à sa suite.

Elle était contente de le revoir – ça, il n’y avait aucun doute dessus – mais si leur proximité physique était de nouveau d’actualité, ça ne changeait en rien ce qu’il s’était passé entre eux. Chaque hésitation, chaque moment de pause, chaque silence était d’ailleurs un rappel cruel de leur séparation. A une époque, pas si lointaine que ça, se tenir près de Dick avait été la chose la plus naturelle qui soit pour elle, et maintenant, quoi ? Elle ne savait plus comment lui parler, ni même comment le regarder ou si elle avait le droit de le toucher. Ajoutées à ça venaient les règles si compliquées des humains – qu’est-ce qui était acceptable quand on faisait face à un ex-amant sur Terre ? Probablement pas grand-chose. Koriand’r n’avait jamais rencontré de peuple si propice au blocage émotionnel.

Mais le problème était toujours là. Elle était toujours là, entre les us et coutumes terriens et son apparente capacité à se rappeler de la façon dont son amitié avec Dick s’était déroulée avant que cela n’évolue en plus profond, en plus fort. Alors oui, elle était contente de le revoir, mais tout ça entraînait quand même un sacré bagage d’émotions contradictoires qu’elle ne savait absolument pas comment démêler.

Mais quelque chose lui disait qu’elle n’était pas la seule à hésiter et se débattre dans tout ce joli bordel. (Et maintenant ?) Et d’un côté… ça la rassurait beaucoup.

Après presque une heure de marche à lutter contre le vent et à grelotter – pour Dick – Kori finit par le mener dans un vieil immeuble datant d’une époque si vieille qu’elle avait probablement été oubliée par les livres d’histoire. Ici, c’était toujours une actualité. Ses doigts toujours fermement serrés autour de ceux de Dick, elle l’entraîna dans les escaliers grinçant et bancals du hall de l’immeuble, puis le long d’un couloir mal éclairé du premier étage, jusqu’à une porte, aussi sinistre que le reste du décor. Après un regard vers Dick, elle sortit une chaîne de sous ses vêtements, au bout du quel une vieille clé était accrochée.

« On a tous la clé, » lui dit-elle, comme pour s’expliquer.

Elle inséra la clé dans la serrure, tourna et ouvrit la porte avant de se retourner et de reprendre la main de Dick pour l’attirer à l’intérieur. Elle ne la lâcha plus, cette fois-ci, et s’empara au contraire de la deuxième pour ainsi les serrer toutes les deux entre les siennes. La couleur orangée de sa peau ressortait terriblement sur le noir du costume de Dick.

« Comment tu te sens ? » demanda-t-elle. « Tu n’as pas trop froid ? »



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MessagePosté le: Mar 11 Sep 2018 - 17:56
Dick eut un grand sourire, ainsi qu'un soupir de soulagement, quand Kori lui fit enfin l'honneur de lui présenter son chez-elle. Bon, il était à peu près certain, vu le piètre état des lieux, qu'elle ne vivait pas là en permanence : la vieille cheminée était inutilisable ou presque, la cuisine peu pratique, le canapé défoncé par des générations de clochards assis dessus, les deux fauteuils pas en meilleur état. Dans l'autre pièce, il y avait un lit usé jusqu'à la moelle, une penderie qui sentait la naphtaline, et un petit coin pour les toilettes et le nettoyage corporel. Pas de douche, ni de baignoire.

En somme, c'était un endroit que personne n'aurait voulu, sauf peut-être un Héros frigorifié comme lui. Il rejeta le manteau, qui lui était moins utile maintenant, et se laissa faire quand l'alien lui serra doucement, mais fermement, les deux mains. Son sourire s'élargit, mais se teinta aussi de tristesse. Il aurait aimé pousser l'avantage plus loin... mais ils ne pouvaient pas.

Il se refusait à le faire ici, aussi loin de chez lui. Il voulait rentrer, mais avant ça, il avait l'intention de convaincre son amie qu'elle avait, elle aussi, sa place à Gotham. Il se souvenait d'un temps, qui lui paraissait si lointain, d'une époque, où il aurait immédiatement essayé d'aller plus loin. Il aurait fait passer la mission après, ou à tout le moins, sur un pied d'égalité. Mais maintenant ?

Maintenant ? La grande question dans le cœur de Dick. Il lâcha une des mains de Kori, gardant l'autre précieusement dans la sienne.

 « Je me sens bien, maintenant qu'on est plus dans le blizzard. Mais... »

Son sourire s'effaça. Ils avaient une conversation à finir, maintenant qu'ils étaient seuls. Maintenant qu'ils pouvaient prendre le temps qu'ils voulaient pour se parler, pour expliquer ce qu'ils ressentaient, ce qu'ils désiraient. Maintenant, ils allaient vivre le moment tant redouté, et cette fois sans perspective d'y mettre une pause. Maintenant, Richard allait devoir prouver à Koriand'r que rien n'était certain, mais que tout était encore possible.

Il se tourna alors complètement vers elle, et il l'attira à lui. Il la prit de nouveau dans ses bras, et plongea son regard dans le sien. Il se rendit compte, ironiquement, qu'une telle proximité rendait plus facile ce qu'il allait dire.

 « Reviens à Gotham avec moi. Ne reste pas derrière, perdue entre ce que tu voudrais et ce que tu veux fuir. Ce que tu voulais fuir. Notre histoire, jadis, s'est terminée d'une manière que l'on regrette tous les deux. Te revoir aujourd'hui fut douloureux... jusqu'à ce que je réalise que c'était une chance qui nous était offerte. Reviens avec moi. Nous avons tout le temps qu'il nous faut pour reprendre une vie comme nous le souhaitons. J'ai un appartement à moi, et bientôt du boulot : tu es libre de venir me voir quand tu veux. Libre de faire ce que tu veux. Mais je sais que tu as envie de revenir à Gotham. »

Son visage se rapprocha, et un sourire espiègle revint sur ses lèvres.

 « Tu m'as dit de pas te lâcher. Alors reviens avec moi, que je ne te perde pas de vue. »

Et il l'embrassa.


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MessagePosté le: Mer 12 Sep 2018 - 22:08


May fortune favour the fuckups


Koriand’r partagea le baiser, le bouquet de sensations, l’explosion et l’impression que tout, dans le monde, était revenu à sa place originelle. Elle partagea l’envie, le sentiment profond d’être là où il fallait qu’elle soit et le désespoir de ne jamais avoir à se séparer de lui de nouveau. Jusqu’à ce que la réalité pointe le bout de son nez, encore à peine visible à l’horizon, mais juste assez imposante pour que Kory se rappelle, et que tout lui revienne. Elle s’écarta presque dans un sursaut et déjà, le manque s’empara d’elle. Elle leva la main et frôla ses lèvres du bout des doigts, le cœur battant encore à tout rompre dans sa poitrine, avant de baisser les yeux vers Dick et de le dévisager un bref instant.

« Richard, » souffla-t-elle avec un soupir.

Elle ferma les yeux, se rapprocha pour surpasser la distance entre eux qu’elle avait elle-même instauré, et vint poser son front, doucement, contre celui de Dick. Elle posa sa main sur sa nuque, et glissa ses autres doigts le long de sa joue.

« Tu m’as tellement manqué, » avoua-t-elle ensuite à demi-mots.

Elle prit une profonde inspiration, puis écarta ses mains avant de rouvrir les yeux et de refaire quelques pas en arrière. Les sourcils froncés, elle replongea son regard dans celui de l’homme qui comptait plus que n’importe qui sur cette planète si étrange et paradoxale. Elle sourit doucement, mais son sourire ne fit pas long feu. Sans se laisser démonter, elle respira un grand coup, puis se lança dans un autre sourire, plus sincère, plus léger, et plus … doux.

« Tu… Tu n’as vraiment pas changé, » dit-elle, une pointe d’amusement dans la voix. « C’est moi l’alien qui serait, soi-disant, un danger pour l’humanité et qui pourrait changer de camp à tout moment, mais c’est toujours toi qui me surprend et non le contraire. »

Elle tendit la main et retira doucement son masque à Dick, non sans attarder ses doigts sur ses pommettes et faire un détour par ses cheveux, pour repousser les quelques mèches rebelles qui retombaient sur son front.

« Tu sais que je ne peux pas te dire non. Tu sais ce que ça me coûterait d’essayer de te repousser et de refuser ta proposition. »

Son bras retomba mollement contre son flanc mais son regard, lui, ne quitta pas ces deux yeux bleus qui avaient hanté chacun de ses rêves. Et de ses cauchemars aussi, d’ailleurs.

« Mais j’ai besoin que tu fasses un effort et que tu comprennes ce que ça me coûterait de te suivre si c’est pour… pour rien. Et quand tu penseras avoir trouvé la réponse, dis-toi que c’est probablement dix fois pire que ça. » Elle glissa une de ses propres mèches de cheveux derrière son oreille, dans un geste presque timide et définitivement humain, résultat des années qu’elle avait passées à essayer de se fondre dans la masse, comme si être une femme de presque deux mètres de haut à la peau orange et aux cheveux défiant toutes les lois de la gravité lui avait laissé une chance.

« Maintenant, demande-toi si je devrais toujours te suivre. Si ça vaut toujours le coup, et si c’est le cas… » Envolée la timidité. Elle était Koriand’r Princesse de Tamara, maintenant. Elle était guerrière et survivante de nombreux maux et traumas. Koriand’r ne se défilait pas. Alors elle faisait face.

« Si c’est le cas, demande moi encore. »


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May fortune favour the fuckups [Russie] - Dick

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