[Floride] Improbable relation [PV Jay]

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MessagePosté le: Ven 20 Juil 2018 - 21:30
La plage, le soleil couchant, les palmiers, le restaurant en terrasse et l'air moite de l'été créaient un petit air paradisiaque qui n'était pas sans déplaire à Harley. Consciente des semaines intenses et pas reposantes qui avaient précédé ce qui se passait ce weekend, la jeune femme au tempérament si aléatoire et si unique appréciait grandement de pouvoir se poser comme une personne à peu près normale. Et surtout, il y avait d'autres avantages, non négligeables : la promesse d'un bon lit avec une vue sur l'océan, une chambre toute jolie et toute mimi, et surtout, la cerise sur le gâteau : le mec.

Jason Todd avait ôté – pour une fois – son masque, et il était vêtu comme il sied à un homme décidé à impressionner sa demoiselle. Avec un grand sourire, Harley porta son verre – contenant un cocktail dont elle ne se souvenait même plus du nom – à ses lèvres et l'observa plus en détail. Il était quand même bien foutu ; un grand merci au créateur de son personnage. Et à vrai dire, malgré le fait qu'il semblait ne pas être à sa place ici, tout comme elle avec sa robe de soirée d'un rouge vermeil, elle était heureuse. Oui, heureuse. Elle ne pensait ni à son passé, ni à Gotham, ni au reste du monde. Ce soir, ce weekend, elle passait un moment tranquille sur la côté ouest de la Floride, avec le Red Hood. La seule personne avec qui elle se sentait bien.

 « J'dois admettre, je m'attendais pas à ce que tu prennes ma requête à la lettre, Jay. Pour un peu, on pourrait croire que tu as pas choisi cet endroit au hasard. »

Elle sourit encore, avant de se pencher sur la table. Si son « potentiel futur copain » ne remarquait pas son généreux décolleté, elle ne pouvait plus rien pour lui. Mais il avait sûrement déjà une très bonne idée de son physique en général. Qui était, en toute absence de modestie, divin. Comme n'importe quelle femme de cet univers super-héroïque.

 « T'as vu la tronche du barman quand on est arrivés ? J'suis sûre il a failli faire une attaque. Il doit se douter qu'une palote et un caïd ça doit dézinguer sévère si ça tourne mal. Mais comme je veux profiter de la plage et du weekend, je n'ai pas emmenée d'armes. Promis juré ! Juste mon bikini, la robe et mes affaires de femme. »

Qui aurait cru qu'un jour, Harley Quinn prendrait un verre, dans un restaurant, calmement, avec un des héritiers de Batman ? Et que ce moment serait, peut-être, précurseur d'une relation entre eux ? Qu'il serait un pas incroyablement hasardeux et improbable vers un semblant de normalité, pour quelqu'un qui ne savait même pas écrire ce mot ? En vérité, elle n'y croyait pas elle-même. Elle aimait beaucoup Jason, et se savait capable de l'aimer encore davantage. Oui, il lui restait encore cette capacité, quelque part en elle.

Mais ça pouvait ne jamais arriver. Pour un rien, tout pouvait foirer. Comme si sa vie n'était pas déjà assez foireuse. Mais peu importait. Il ne fallait pas y penser, surtout ne pas y penser. Kitty lui avait dit de profiter du weekend, d'embrasser le beau mec dès que possible, de passer la nuit au lit avec lui, de profiter de la plage, et advienne que pourra.

Mais pas de bagarre. Inutile de voir Harley Quinn et Red Hood sur toutes les télés de Floride.
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MessagePosté le: Dim 22 Juil 2018 - 20:59


Improbable relation


Jason n’avait pas du tout envisagé la chose comme ça, à la base.

Il avait passé des jours à courir après chaque indice, à remonter la piste et reconstituer le puzzle – et après ça, d’autres jours en plus à planifier et s’assurer qu’il ne se trompait pas, que la cible était claire et surtout… coupable. Il avait été à la fois plus précis que jamais, plus efficace, mais aussi plus long et agité. Depuis le coup du Joker, depuis la mort de Sasha, il avait de plus en plus de mal à se concentrer. Ca lui avait fait peur au début – de se voir sombrer dans cet état chaotique qui avait suivi son retour parmi les conscients après son petit plongeon dans le puits de Lazare – mais plus le temps passait et plus il avait du mal à s’en soucier. Il entendait des voix et dissociait de plus en plus - et alors ? Il avait aussi décidé qu’il en avait fini avec le Bat-culte, fini avec les balles en blanc et les rotules comme cibles. Tant qu’il ne pouvait pas se mettre le Joker sous la dent, il s’occuperait d’autres salauds – et bon sang, le monde n’en manquait pas.

Il avait fini par en trouver un beau, d’enfoiré. Un digne d’être le premier qu’il tuerait après cette longue période de sécheresse, d’où sa présence en Floride. Ce connard se croyait tout puissant et son compte en banque se remplissait grâce à un réseau qui prenait de plus en plus d’ampleur dans tout le pays. Il avait les ressources et l’influence, et après ce que Jason était sur le point de faire, il en aurait besoin, de ressources. Papa Wayne allait couper les vivres – quel dommage – mais au moins, le message serait passé. Peu importe à quel hauteur vous êtes sur l’échelle sociale des raclures, vous n’êtes pas à l’abri de Red Hood.

Et voilà ce qui avait été prévu. Un aller-retour, juste le temps de loger une balle entre les yeux de cet enfoiré, et retour triomphal à la maison (et à ses dossiers du Joker). Sauf que, au moment où il allait passer le pas de sa porte, incapable de dire quel jour on était, ni même s’il faisait nuit dehors ou pas, il eut la première pensée claire qu’il avait eu en plusieurs jours.

Harley Quinn.

Sur le coup, ça ne lui avait pas paru bête. Plusieurs heures, un trajet en avion et une réservation d’urgence dans un grand hôtel cinq étoiles plus tard (merci Papa Wayne pour cette dernière participation), il était là, face à Harley, et plus que pas bête, ça lui semblait même maintenant… génial.

« Ce que j’ai vu, surtout, c’est son regard traînant sur ce fabuleux décolleté, » rétorqua-t-il avec un sourire en coin. « Je sais pas combien de neurones tu lui as grillé, mais au moins, il sait toujours y faire, pour les cocktails. »

Il leva son verre en direction d’Harley. Il ne s’était jamais senti à sa place dans ce genre de milieu, même à l’époque où il était le gosse adoptif de Bruce Wayne et qu’il devait faire preuve de présence dans les galas et autres œuvres de charités. Lui, son truc, c’était la crasse, les rues de Gotham et la loi du Talion. Ce soir, ceci dit, ça le dérangeait moins. Tout comme le fait que l’affaire et la véritable raison de sa présence en Floride qui n’étaient plus que des ombres dans un coin de son esprit. Depuis qu’il avait récupéré Harley et qu’ils s’étaient envolés tous les deux, il n’avait pas eu un seul … épisode. Il perdait peut-être la boule, mais quand il le fallait, il était toujours capable des décisions les plus saines. Hop, hop, une tape sur l’épaule pour féliciter Jason.

« A la Floride, » dit-il avec un petit sourire, son verre toujours levé. « Aux promesses et à notre pervers de barman qui va nous faire économiser tous tes verres ce soir. » Il marqua une pause et sourit un peu plus. « Et à toi, Harley. » ajouta-t-il d’une voix différente – sérieuse.

Sa conviction le surprenait lui-même, mais les faits étaient-là. Harley était là, et grâce à elle, lui aussi.

Il porta son verre à ses lèvres, et c’est à cet instant que son regard tomba sur l’entrée et sur l’homme qui attendait qu’on le place, flanqué d’autres hommes d’affaires et de leurs gardes du corps. Il reconnut immédiatement celui qui se tenait au centre, et son cœur manqua un battement. Pendant un court instant il se demanda s’il avait prévu ce coup du hasard pour ensuite l’oublier. Il étudiait l’emploi du temps de ses cibles, toujours, alors avait-il réservé dans ce restaurant exprès… ? Tout se mélangea dans son esprit, et il perdit pieds, si facilement que c’en était presque risible.

Il posa son verre et reporta son regard sur Harley, perdu et le sang battant à tout rompre contre ses tempes. Quelqu’un se moquait de lui dans son oreille, et la voix avait des intonations rieuses et moqueuses qui lui étaient plus que familières.





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MessagePosté le: Lun 23 Juil 2018 - 22:21
Harley resta un instant silencieuse, laissant ses pensées dans sa tête et essayant d'y mettre un peu d'ordre. Elle était tout autant consciente de la proximité de Jason que du fait qu'elle ne le laissait peut-être pas indifférent. Mais comment être sûre ? N'allez pas croire que la jeune femme cherchait là l'homme de sa vie. Non, non, non. Mais elle aimait beaucoup Red Hood, et son identité civile, qu'elle dissociait. Red Hood était un partenaire de bagarre agréable, sympa, et sur qui on pouvait compter. Et surtout, qui avait les mêmes priorités qu'elle ! Jason Todd était un homme torturé, mais terriblement attachant. Et avec qui Harley se surprenait à redevenir... normale ? Ordinaire serait plus juste.

Pas forcément une femme ordinaire, non. Mais à se comporter de manière ordinaire. Ce soir, elle était là pour dîner et profiter de l'instant, en robe de soirée, sans arme et sans menace mondiale. Sans personne pour la faire chier et lui gâcher son moment. Mais dans ce cas-là, devait-elle foncer ? Les conseils de Selina lui revinrent en tête, pendant qu'elle détaillait le visage de Jason. Selina avait été – et était sûrement encore – amoureuse de Batman et de son alter ego, Cruze Pain. Sérieusement, le gars avait pas de pot ! A quelques lettres près, ça aurait été Bruce Wayne le Batman. Bref.

Des gens mal assortis arrivent à vivre ensemble toute leur vie. Pourquoi pas nous ?

Parce qu'on est pas normaux. Il ne veut pas d'une vie ordinaire, et moi non plus.


Etait-ce pour autant un mal que de vouloir plus que de la camaraderie ? Pouvait-elle apporter quelque chose à Jason, et lui à elle ? En dehors des plaisirs charnels, existait-il une place pour de vrais sentiments, et non pas des perversions macabres issues de la torture d'un dément ? Harley se rappelait vaguement avoir aimé, quand elle était encore Harleen. Mais quel effet ça aurait, si elle décidait, ou devait soudainement, aimer le gars en face d'elle ? Cette question lui foutait la trouille. Et pire que la question, l'absence de réponse.

Elle ne savait pas. Elle ne savait pas si elle était capable d'y arriver, si elle devait essayer, et si ça marcherait. Le risque faisait toujours parti de l'équation, et surtout le risque de mourir, dans leurs vies respectives. Et même, lui, si ça se trouve, ne pensait à rien d'autre que la sauter un peu et hop, on arrête là. En soi, une telle relation ne dérangeait pas Harley. Mais pas tant qu'elle aurait ces doutes en tête.

Elle vida son verre d'un trait, décidée à se lancer.

 « Hmm, Jason ? Je voulais te demander... »

Elle s'arrêta, fronçant les sourcils. Elle vit son regard, ou plutôt ses regards fréquents, et décida de se retourner pour vérifier. Elle aperçut des types bizarres, des clients, des serveurs, et eut aussitôt la puce à l'oreille. Pourquoi ça ne l'étonnait même pas ?

Elle poussa un soupir, puis parlant d'une voix basse et précipitée :

 « Je suppose que ces gars-là, ça veut dire qu'on peut dire adieu à un weekend tranquille ? Jason, j'ai pas d'armes ! Explique-moi c'quoi l'embrouille. »

Une part d'elle, minuscule, en voulait à Jason. Pour avoir gâché le weekend avec ce qui semblait être un plan foireux de castagne. Elle préféra ignorer cette espèce de voix intérieure. Ce n'était pas le moment de se laisser distraire. Les interrogations de cœur viendraient plus tard !
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MessagePosté le: Mar 24 Juil 2018 - 21:07


Improbable relation


« Mmmmh ? » acquiesça-t-il l’air absent.

Son regard était rivé sur le groupe qui venait d’entrer, sur les serveurs qui s’agitaient autour de lui, de toute évidence conscients qu’ils faisaient face à un client pas comme les autres. Il enregistrait les gestes, les directions données par les agents de sécurité, le patron qui sortit de la cuisine pour serrer la main à sa cible, et il entendit les quelques mots de français mêlés à l’anglais – pour une fois qu’un patron du crime organisé n’était pas italien, parce que merci les stéréotypes. Son regard ne se détacha de ce dernier que pour envisager la salle dans son ensemble, les entrées, les voies de secours, la taille, l’emplacement des tables et…

Son regard se posa sur Harley, et le visage de cette dernière lui bloqua tout son champ de vision. C’était comme régler un microscope après avoir essayé de discerner ces saloperies de cellule avec la mauvaise loupe. Il fronça les sourcils et se redressa sur sa chaise.

« Je… c’était prévu ? » demanda-t-il. Il eut un léger signe de la tête vers le groupe. « On l’avait prévu ? Je t’avais dit ou … »

Il se tut en notant son expression, le nuage dans son regard, et cela lui fit l’effet d’une ancre dans ses entrailles. Il se redressa malgré tout et, dans un dernier effort de faux-semblant, préféra adopter une expression professionnelle et calculée. Comme s’il ne perdait pas la boule, comme s’il se rappelait de tout ce qu’il avait fait la semaine d’avant, y compris la planification de ce week-end. Parce que s’il faisait comme si, peut-être que ça n’arriverait pas – une leçon du grand maître Bruce Wayne. Ca n’avait pas de prix.

« Ce gars deale sur toute la côte est. Il a des contacts partout, et un réseau impressionnant. Sa dernière réussite, c’est Metropolis, rien que ça, et ce grâce à une nouvelle drogue synthétique qui sort de ses labos. Ultra addictive, elle est également abrasive. Vingt-cinq morts rien que la semaine dernière. » Il marqua une pause. « Je vais le buter, et après ça, je vais lui prendre son fric. On va en avoir besoin. »

Son regard qui, peu à peu, s’était de nouveau glissé vers le parrain à la française, maintenant assis dans un coin du restaurant et toujours flanqué de ses amis et gardes du corps, revint brusquement vers Harley. Il ouvrit la bouche mais la referma, ne sachant soudainement plus quoi dire. Le regard toujours plongé dans celui de cette dernière, il leva les mains et tâta aussi naturellement que possible son torse sous sa veste. Il portait bien ses holsters, mais ils étaient vides. Pas d’armes ? Il était venu sans armes ?!

Jason ferma un instant les yeux puis reposa ses mains sur la nappe si blanche de leur table. Quand il croisa de nouveau le regard d’Harley, l’ancre dans son estomac s’alourdit.

« Je suis désolé, » souffla-t-il, presque malgré lui, mais il ne pouvait renier que le fait de le dire à voix haute tout en la regardant droit dans les yeux allégeait un peu le poids sur ses entrailles. C’était quoi ? De la culpabilité ? De la honte ? De l’embarras ? De la peur… ?

« Je comprendrais si tu veux partir, et je ne te retiendrai pas. Je ne sais même pas pourquoi je ne t’ai rien dit. »

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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2018 - 11:17
Harley poussa un soupir, puis, prise d'un élan soudain, elle mit sa main sur celle de Jason. Et serra.

 « Ecoute. T'as l'air d'avoir un sacré trou dans le cerveau, mais c'est pas grave parce que moi aussi ! Ton truc a l'air d'être sérieux, puis ça a l'air de te tenir à cœur, donc on va s'arranger pour y arriver rapidement, comme ça on ruinera pas trop notre weekend. »

Elle se retourna, et examina la scène en essayant de trouver désespérément une solution. Comment faire pour aller casser du gangster si on avait pas d'armes ? L'improvisation, c'était son fort, mais elle n'avait pas trop envie de reprendre une balle. Celle prise à Gotham assez récemment ne lui avait pas laissé un bon souvenir. Et pire que tout, elle était assez lucide pour se douter qu'il y avait certainement pas mal de clients capable de travailler ou de prendre parti pour le type à la Franchouillarde qu'ils voyaient là-bas. Pour une fois que ce n'était pas un Italien...

Harley n'aimait pas les Italiens. Ils étaient grossiers, mauvais perdants, et tricheurs. Comme elle. Donc pas cool. Les Français, eux, étaient un peu moins tricheurs. Ils étaient juste vaniteux. Mais pas pire que les Anglais.

Puis soudainement elle eut une idée !

 « Je sais ce qu'on va faire. » annonça-t-elle avec un sourire.

Elle prit l'autre main de Jason, puis le força à la regarder dans les yeux. Il avait l'air tellement perdu qu'elle s'en voulait presque de lui imposer son idée, mais au moins, il péterait sans doute moins un câble.

 « J'aime bien l'idée de le buter et de prendre son fric. Mais faudra aussi faire plus que ça, sinon ça servira sans doute à rien. Par contre, pour réussir à l'éliminer sans arme, et avec ses gorilles autour, va falloir ruser. Alors voilà ce que je te propose, ou plutôt t'ordonne de faire car t'as pas l'air d'être en mesure de réfléchir : tu vas m'emmener danser. Comme deux amoureux qui se sentent pousser des ailes à la con, on va se lever, et on va danser. Avec de la chance, on captera l'attention de tout le monde, et on arrivera à se rapprocher de la cible pour le taper et taper ses copains avant qu'ils ne puissent réagir. Il est pas génial, ce plan ? Bien sur que si. Allez, en selle Jason Todd. Montre-moi que tu peux me faire danser. »

Allait-il accepter ? Son regard perdu, signe d'un problème évident, inquiétait beaucoup Harley. Elle ne savait pas ce qu'il avait vécu pour avoir ça, mais elle ne se souvenait pas l'avoir déjà vu dans cet état. Un coup il était normal, et elle voyait en lui l'homme vers qui elle hésitait d'aller, et un coup il était bizarre, comme un étranger, et il lui faisait peur. Et si, dans ses erreurs, il ne la reconnaissait plus ?

Elle n'était pas certaine que ses interrogations au sujet de ses sentiments à son égard restent inchangées. Car si elle ne se sentait plus bien, ou en sécurité, avec lui, quel intérêt à replonger dans un truc qui lui rappelerait trop le Joker ?
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MessagePosté le: Ven 3 Aoû 2018 - 19:37


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Jason baissa un instant les yeux vers la main qu’Harley avait posé sur la sienne. La voix de cette dernière était comme un son constant et familier au milieu du bordel qui régnait en maître dans sa tête, à cet instant. Et c’était ce dont il avait besoin. Il savait qui elle était, qui elle était vraiment, et, par extrapolation, il savait qui elle était pour lui, et qui lui était. Il ferma les yeux, prit une profonde inspiration, et s’accrocha à cette idée. Jason Todd, tu es Jason Todd et ton passif avec les pieds de biche est légèrement obscur. Voilà qui résumait le plus important.

Il rouvrit les yeux et redressa la tête vers Harley alors que son rythme cardiaque retrouvait une certaine régularité. Il était toujours plus hard rock que musique classique, mais ce n’était pas ce qu’il y avait de plus grave. C’était pas vraiment son truc, de toute façon, Beethoven.

Il posa sa deuxième mais sur celle d’Harley et enveloppa cette dernière entre ses doigts.

« Je crois me rappeler qu’il a un bateau aussi, » dit-il. Il esquissa un sourire en coin. « Un énorme bateau. Ca doit pas être très dur de trouver un staff pour une croisière improvisée quand on a les moyens. »

Il jeta un regard vers leur cible, maintenant assise à sa table, et toujours entourée de ses gorilles et autres membres de sa cour. On pouvait presque imaginer la couronne en or sur sa tête et le lourd manteau de couronnement, ainsi que les coiffes de bouffons et autres bouseux de bas étage sur ses accompagnateurs. Ah, ces Français….

« Mais d’abord, ton plan, » reprit Jason en reportant son attention sur Harley. Il écarta une de ses mains pour n’en avoir qu’une désormais liée à celle d’Harley, puis se leva et invita ainsi cette dernière à le suivre. Ils quittèrent ainsi leur table pour rejoindre la piste de danse qui occupait le centre du restaurant chic qu’il avait réservé. Seuls quelques couples s’y tenaient à cet instant, tous enlacés et basculant au rythme ralenti du slow joué par le pianiste perché sur sa scène en retrait. Qu’il soit objectif ou pas, Jason ne pouvait s’empêcher de penser qu’Harley était bien plus belle que les autres femmes qui dansaient sur la piste. (Mais on était en 2018, et en 2018, on ne met pas les femmes en compétition entres elles, et loin de Jason cette idée : il savait seulement que si c’était lui, le faux Louis XIV, il ne regarderait que l’une d’entre elles.)

Il s’arrêta au centre de la piste, et pivota vers Harley pour refermer ses doigts autour de sa main et glisser son bras autour de sa taille avant d’entamer son propre balancement. C’était Alfred qui lui avait appris à danser pour les nombreux galas de charités qui vénéraient le nom de Wayne. Et Alfred était de loin le meilleur danseur au manoir – et ce peu importe ce qu’en disait Dick.

« On va se rapprocher doucement de son côté de la salle, » chuchota-t-il en baissant les yeux vers Harley.

Il n’y avait pas si longtemps que ça, il aurait haussé plus d’un sourcil à cette proximité si importante avec l’ancienne coéquipière du Joker. L’ancien jouet, plutôt, ouais. Mais il avait bossé avec elle, il avait vu les traces que le clown avait laissé derrière lui, ces mêmes traces qu’il retrouvait chez lui bien trop souvent à son goût. Aussi étrange que cela aurait pu paraître pour le Jason qu’il avait été il y avait quelques mois de cela, ces derniers temps, il se sentait bien plus proche d’elle que des autres Bat-rejetons. Ca faisait longtemps qu’il n’avait plus sa place au sein du Bat-culte.

Il ferma les yeux et inclina légèrement sa tête vers celle d’Harley.

« Merci, » souffla-t-il.


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MessagePosté le: Dim 5 Aoû 2018 - 10:41
 « Hmm. »

Pour toute réponse, Harley laissa sa tête se nicher sur l'épaule de Jason, et elle ferma un instant les yeux. Dans son esprit, toutes sortes de pensées entraient en collision, se mêlant et se rejetant les unes et les autres. Elle se rappelait vaguement des cours de danse pris quand elle n'était qu'une petite fille, ainsi que ses talents acrobatiques et sa souplesse qu'elle avait réussi à travailler et à maintenir durant toutes ces années. La danse qu'elle exécutait avec ce gars n'était pas difficile, mais elle était agréable. Et ça, elle ne pensait pas le penser ni le vivre un jour. Elle dansait. Elle était vraiment en train de faire un slow avec Jason Todd.

Un an auparavant, elle aurait été horrifiée à cette idée. Elle aurait préféré le frapper car il l'aurait mise en danger pour satisfaire le Joker. Mais depuis, elle avait changé, énormément, et elle avait rejeté ce bouffon psychopathe et faisait désormais son chemin toute seule. De temps en temps, sa route croisait celle de d'autres gens. Dont celle de son partenaire de danse. Une route tortueuse et semée d'embûches, mais qu'elle aimait. Car elle y était libre, et c'était tout ce qui importait.

Mais que dire, que faire ? L'instant magique était là, maintenant. Dans quelques secondes, quelques instants, tout s'effondrerait. Le duo de choc repartirait dans ce qu'il faisait de mieux : tout casser, tout taper, et surtout, éliminer les gens trop méchants à leurs goûts. Harley redressa la tête, et eut juste un sourire en levant le regard vers Jason.

Putain il est beau gosse quand même.

 « Tu sais quoi, Jay ? Je pense qu'on peut légitimement penser, toi et moi, qu'on a des vies complètement tordues, complètement foutues. Rien de bon ne sortira de nous, et on ne peut plus espérer – ni vouloir – redevenir des gens normaux. Nous sommes des fous. Alors autant être fous à deux. »

Elle se dressa sur la pointe des pieds, puis l'embrassa et ferma les yeux. Principale différence avec le Joker : il y avait de l'émotion positive dans ce geste, et surtout, une certaine tendresse. Et aucune intention malsaine. Principale caractéristique du baiser : Harley se sentait redevenir une ado qui découvre ce qu'est l'amour. Même si, techniquement, Harleen était morte et Harley une personne qui n'avait jamais connu un vrai amour.

En détachant ses lèvres, elle eut un grand sourire et un clin d’œil pour son compagnon. Et en vérité, elle se sentait soudainement soulagée. Il n'était pas très important, au final, qu'elle soit amoureuse ou non. Elle se sentait bien avec lui, c'était le principal. Et si c'était réciproque, alors tant mieux. C'était le but recherché.

Elle redevint alors démentiellement sérieuse :

 « Allez, c'est parti. Action ! »

Elle se détacha complètement de Jason, s'approcha du serveur qui était en train de servir la table du Français, puis le saisit par la nuque.

 « Vous permettez ? Mon ami aimerait parler aux clients à cette table ! »

Et elle lui aplatit la tête sur la nappe, dans un fracas de verre et d'ustensiles.
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MessagePosté le: Ven 24 Aoû 2018 - 18:19


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Son bras se resserra autour de la taille d’Harley alors que cette dernière prenait les devants. Comme si Harley savait faire autre chose, de toute façon. La liberté lui allait vraiment bien. Elle était changée, quoi qu’en disent ceux qui ne la connaissaient pas. Oh, Jason n’avait pas la prétention de penser qu’il connaissait tous les petits recoins et les secrets de la jeune femme, mais il pouvait au moins affirmer sans honte qu’il voyait plus chez elle qu’un clown et un ancien petit soldat – bien assez en tout cas pour la savoir sur un tout autre chemin maintenant qu’elle avait quitté les bras maigrichon du clown de Gotham. Elle avait raison sur un point ceci dit, et il ne pourrait jamais rien y faire : ils étaient tous les deux des causes perdues. Elle restait Harley Quinn, libérée du Joker ou pas. Et lui était Jason Todd. Mais quitte à être complètement siphonnés, autant l’être ensemble, hein ?

Jason arrêta de danser, son bras toujours autour de la taille de cette dernière. Il leva son autre main pour la poser sur sa joue alors qu’il esquissait un léger sourire dans leur baiser. C’était quoi l’expression déjà ? Quitte à aller en enfer, autant profiter du voyage.

« Après toi, » dit-il, sourire encore plus large, alors qu’Harley s’écartait pour relever les yeux vers lui.

Ils n’avaient pas de plan. Jason n’était même pas sûr de se rappeler de toutes les infos qu’il avait pourtant si soigneusement récupérées. Et pourtant, quand elle s’écarta et prit le chemin de la table du français, il la suivit sans hésiter. Gotham était loin, et Bruce aussi. Alors pourquoi pas ? Pourquoi pas essayer de jouer selon les règles d’Harley pour une fois, puisque de toute façon, il n’était même pas capable de jouer selon les siennes dans l’immédiat ? Et s’ils y laissaient leur peaux… Tant pis, il n’avait rien de prévu la semaine prochaine de toute façon.

Elle s’empara du serveur par la nuque et lui éclata littéralement la tête contre la table. Le plateau étincelant qu’il tenait dans les mains s’envola dans le fracas de vaisselle brisée, et Jason s’en empara au vol. Il décrivit un arc de cercle avec son bras pour aller directement enfoncer le dit plateau dans la tête de l’un des premiers babouins de défense du grand méchant loup. Il frappa si fort qu’il ressentit les vibrations du métal jusque dans son poignet – mais c’était pour la bonne cause puisque le garde du corps s’écroula sans avoir la moindre chance. Ca en faisait déjà un et toute victoire était bonne à prendre, parce qu’il en restait quand même quelques-uns. Sauf que maintenant, l’effet de surprise était en grande partie oublié.

« Il est temps de battre en retraite maintenant ! » s’exclama-t-il avec un grand sourire tout en attrapant Harley par la taille.

Il la tira en arrière tout en attrapant la table la plus proche (déjà désertée par le couple qui y avait été assis et qui avait pris peur… compréhensible). Il la renversa sur la côté tout en glissant derrière avec Harley. Il releva la tête vers cette dernière juste au moment où on commençait à les canarder. La table était épaisse, mais les balles étaient redoutables : certaines traversèrent le bois entre eux, mais, fort heureusement, aucune ne les toucha.

Il leva le plateau cabossé par le choc de sa rencontre avec le visage du premier garde du corps et le jeta par-dessus son épaule.

« On passe au niveau supérieur, » dit-il avec un petit sourire en attrapant les couverts au sol devant eux.

Il les présenta devant lui, en éventail, pour laisser à Harley le choix de ses prochaines armes.

« Meurtre à la petite cuillère, » commenta-t-il.


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MessagePosté le: Lun 27 Aoû 2018 - 15:41
 « T'as raison ! A l'attaque ! »

Prenant deux couteaux, laissant les fourchettes et les cuillères à son nouveau petit copain, elle sauta par-dessus la table, profitant d'un instant de stupeur chez ses ennemis. Payés pour protéger leur patron, au nom de la paye que celui-ci leur donnait, ils ne s'attendaient pas à ce que quelqu'un passe leur barrage de balles pour se ruer sur eux. Surtout pas une femme aux cheveux colorés, à la robe de soirée légère et armée de deux couteaux de table. Les ustensiles valaient certainement plus cher que sa robe.

Contre toute attente, l'attaque réussit. L'un des couteaux se ficha dans la main armée du premier gorille, et l'autre vint lui faire un trou dans la joue. Les deux hurlèrent de douleur, avant que des coups bien sentis ne les envoient au tapis pour de bon. Leur patron, toujours assis à sa table, la regarda d'un air stupéfait avant de lâcher, en français :

 « Putain... »

Ce à quoi Harley répondit :

 « Toi la putain. »

Avant de lui donner un coup de poing... que le mangeur de baguette esquiva, avant de se relever, saisir sa chaise pour essayer de frapper la jeune femme avec, puis se mit à courir pour fuir. Elle hésita, du coup : devait-elle rester et aider Jason avec les autres gorilles et malfrats qui allaient arriver, ou fallait-il qu'elle le poursuive pour s'assurer que le patron ne soit pas introuvable ?

Au pire, elle pouvait dire à Jason d'y aller, et elle s'occuperait des messieurs. Mais à voir leur nombre et la façon dont son ami se battait, elle se dit que finalement, c'était peut-être mieux si elle s'occupait elle-même de poursuivre le bonapartiste. Un serveur tenta de s'interposer alors, interrompant ses réflexions, avec un fusil à pompe dans les mains. Il se mit à vociférer dans tous les sens :

 « Barrez-vous de ce foutu restau, bande de trouducs ! »

Avant même de pouvoir utiliser son arme, il fut mis à terre par une rafale qui transforma son torse en gruyère rouge. Harley en profita pour se déplacer, et se rapprocher de Jason, lequel devait se maintenir à couvert pour éviter certains tirs. Mais elle ne parvint qu'à rester à quelques mètres, alors elle lui lança une assiette pour attirer son attention.

 « J'vais rattraper l'autre type, là ! Fais le ménage avec ta cuillère ! »

Elle sortit de sa cachette, faisant attention à ne pas marcher sur les plis de sa robe pour ne pas trébucher... ce qui arriva au bout de trois mètres. Elle s'étala de tout son long, mais eut ainsi la chance de pouvoir esquiver une balle destinée à ses fesses. Elle fit un doigt d'honneur aux malfrats dans son dos, puis se remit à courir en zigzaguant pour rattraper le Français. Lequel détalait comme seul un lâche pouvait le faire.

 « Reviens ! Mon copain veut juste te parler ! »
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MessagePosté le: Mer 12 Sep 2018 - 21:28

Improbable relation


Jason regarda Harley se relever tant bien que mal en repoussant sa robe derrière elle et partir en courant à la suite du bouffeur de grenouille, bouche bée. Elle était passée à deux mètres. Deux mètres d’un fusil à pompe et elle ne l’avait même pas pris ? Il baissa les yeux vers la cuillère en argent qu’il tenait toujours. Pour sûr, c’était plus marrant, les couverts, mais quand même… Quelqu’un tira sur la table derrière laquelle il avait pris refuge, et Jason se replia un peu plus sur lui-même avec de sourire dans le vide. Pourquoi pas le faire à la façon d’Harley, juste une fois ? Il jeta la cuillère en l’air avant de la récupérer par la partie arrondie, puis il passa la tête au-dessus de la table, visa et la lança de toute ses forces. Le cri de douleur qui s’ensuivit lui confirma que la cuillère s’était plantée là où l’avait voulu, c’est-à-dire dans la jambe de monsieur le tireur d’élite.

Maintenant, il était temps de retourner en terrain connu.

Jason roula hors de sa cachette, attrapa le fusil à pompe et se retourna en envoyant un violent coup de crosse à la figure de celui qui était sur le point de l’attraper par derrière. Il s’écroula après une giclée de sang presque artistique, libérant ainsi le champ de vision de Jason, qui tira sur le pilier à côté d’un des autres gardes du corps du français actuellement en fuite, et toute la détermination de ce dernier sembla s’envoler comme neige au soleil face aux dégâts laissés par le fusil à pompe. Il lâcha son arme de surprise, regarda Jason avec de grands yeux avant de tourner les talons et de prendre la fuite.

Sérieux, il avait fait où son recrutement l’autre ?!

Les autres, par contre, ceux qui continuaient de tirer, n’eurent pas le droit au même traitement. Jason était peut-être d’humeur conciliante, il n’était pas non plus suicidaire – ça, c’était pour les bons jours – du coup ils y passèrent tous. Ils se réveilleraient tous à l’hôpital dans plus ou moins longtemps avec des regrets et des rhumatismes pour toute leur vie. Ca leur ferait une sacré histoire à raconter.

Jason se releva finalement, quelques minutes plus tard, au milieu de la poussière et autres liquides corporels moins esthétiques. Le fusil à pompe lui avait principalement servi de massue et était donc chargé, mais Jason le jeta malgré tout sur le côté avant de récupérer un bon vieux flingue de poing dans la main d’un gorille aux genoux pétés. Ca, c’était plus son style.

« Merci, » dit-il en souriant au type. « Je te le rendrai pas. Bonnes chances pour les frais médicaux. »

Il tourna finalement les talons et partit en courant à la suite d’Harley.

« Harley ?! Tu l’as ? »



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MessagePosté le: Mar 18 Sep 2018 - 12:45
Le souffle court, Harley s’arrêta de courir ; mais c’était également une manière pour elle d’éviter de trébucher encore une fois sur sa robe. Par frustration de tomber tous les trois mètres, la jeune femme avait fini par déchirer volontairement le bas, afin de la rendre moins longue. Evidemment, il lui en coûtait d’abîmer autant une telle beauté, mais c’était une question de survie. Le Français avait déjà pris une bonne avance quand Jason finit par la rattraper.

Elle mit les poings sur les hanches, soupirant une dernière fois avant de se tourner vers son nouveau copain. Elle ne put s’empêcher de se sentir franchement nulle en voyant qu’il comprenait que le voyou leur échappait.

« Désolée… j’arrive pas à le rattraper. Mais il ira sans doute pas bien loin, il n’y a pas grand-chose là-bas. »

Elle se remit à marcher, pour ne pas montrer son désarroi ni sa propre déception. Elle aurait voulu dire à Jason qu’elle ferait mieux la prochaine fois… mais c’était retourner à une sinistre époque de sa vie. Et elle voulait absolument y échapper ! Alors elle n’allait pas laisser tomber. Elle retrouverait, avec ou sans Red Hood, ce bouffeur de grenouilles. Cette baguette de pain. Ce fromage puant. Cet adepte du drapeau blanc et de la défaite militaire. Ce gars issu d’un autre continent, presque aussi arriéré que celui où ils étaient actuellement.

La Louisiane, c’était pas toujours la région la plus accueillante du monde, cela dit. La preuve en était des marécages dignes des Marégores de Fable 2, qui s’étendaient à perte de vue au bout de quelques centaines de pas à la poursuite du Franco-français. Harley mit sa main en visière, comme si cela allait l’aider à voir dans l’obscurité. Son cerveau tournait à plein régime pour forcer ses yeux à repérer un type fuyant deux autres types ; mais elle ne voyait rien. Elle se sentait inutile, et n’aimait pas l’idée de décevoir Jason.

Elle se mordit les lèvres ; pour un simple baiser, toutes ses conceptions avaient changé. Elle se sentait bien en compagnie de Red Hood, et elle le considérait comme étant son copain, maintenant. Mais ses rêves fous d’avoir une relation stable à défaut de saine s’envolaient déjà en fumée.

Quand soudainement, il y eut un bruit dans son dos. Elle se retourna, et aperçut une forme sombre qui s’approchait. Elle crut voir Jason, ce qui la soulagea.

« Eh, reste pas dans l’ombre comme ça ! Tu me fais peur. »

Sauf que ce n’était pas Jason. Comme elle le comprit rapidement ; un formidable coup de poing la frappa à la tempe, signe qu’un deuxième individu s’était rapproché d’elle. Et le premier s’avança, dévoilant le Français. Lequel souriait de toutes ses fausses dents blanches comme la neige.

« Mais qu’avons-nous là ? Une mademoiselle en détresse ? »
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MessagePosté le: Sam 22 Sep 2018 - 19:35


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« T’inquiète pas, » répliqua Jason en baissant son arme. Il jeta un regard autour de lui. « Comme tu le dis, il a pas pu aller bien loin. »

Il baissa les yeux vers Harley et lui sourit avant de lui indiquer la droite d’un signe de tête tandis que lui, déjà, se tournait vers la gauche.

« On se sépare. Le premier qui le trouve a gagné, » ajouta-t-il d’un ton malicieux.

Elle faisait quand même un sacré spectacle, au milieu de ce décor de vaudou et d’invasion de moustiques apocalyptique. Elancée et virevoltant sur elle-même avec sa main en vision et son visage crispé par la grimace de concentration la plus grotesque qu’il ait jamais eu l’occasion de voir, Harley était comme une tâche qui se détachait contre le verdâtre et l’obscurité gagnante qui les entourait. Rouge, noir, blond pour ses cheveux, blanchâtre pour sa peau… Et pourtant, Jason n’éprouvait aucun malaise, absolument rien, à cette vision tirée par les cheveux. Ca s’accordait bien avec le reste de sa vie, de toute façon… Sa biographie tout entière sortait de récits improbables – sa page Wikipédia, s’il en avait eu une, se lirait comme un livre de bonnes blagues. Mais Harley n’avait rien d’amusant, rien de terrifiant non plus. Elle lui semblait juste… Elle lui donnait juste l’impression d’être la pièce manquante d’un puzzle, de compléter le paysage hanté des marais de la Louisiane.

Et lui, ça lui plaisait. Beaucoup, même.

Il résista à l’envie de lui faire coucou de la main – il ne jouait pas à l’adolescent en pleine découverte de ses hormones après tout, mais à l’assassin sans vergogne – donc il se détourna finalement pour reporter son attention sur les fourrés puants qui s’étalaient par centaine devant lui. Pas très désireux de changer les stéréotypes, ce français, s’il voulait aller se cacher avec les grenouilles… mais bon, chacun trouve midi à sa porte, n’est-ce pas ? Résolu, Jason s’avançait à peine sur fond de chaussures qui s’enfonçaient dans la terre meule quand un autre bruit, bien plus sourd l’interpella. Il fit volte-face, juste à temps pour voir Harley vaciller sous un coup de poing, prise en sandwich entre deux français, dont leurs cibles, un peu trop fiers d’eux. Des français, quoi.

Et ça, ça lui plaisait beaucoup moins.

« Hey ! » s’écria-t-il en faisant demi-tour à toute vitesse.

Il leva son arme, prit le deuxième français en joug – et ainsi garder le meilleur pour la fin – et appuya sur la détente. Le déclic presque penaud qui répondit à son geste lui apprit que le chargeur était vide et qu’il était vraiment couillon de ne pas avoir vérifié. A défaut d’arme évoluée, il lui fallait piocher dans celles qui traînaient dans leur histoire depuis la préhistoire.

« Harley ! » cria-t-il en lançant le flingue vers cette dernière. C’était elle la spécialiste en maniement de massue après tout, et il était sûr que cette version pourtant plus petite de son marteau lui ferait malgré tout plaisir.

Lui, en attendant, fonça tête baissée sur le deuxième français pour lui faire une démonstration de tacle cent pour cent football américain, le genre qui démet l’épaule et envoie directement à l’hôpital. Mais c’était pas lui l’amateur. C’était pas lui le français. Ses épaules, à Jason, elles allaient très bien. Le Napoléonien par contre ? Un peu moins.

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MessagePosté le: Sam 29 Sep 2018 - 10:54
Cinq, quatre, trois, deux, un...

FUUUSIOOOOOON !

Entre la crosse du flingue et le crâne du Français. Pour le plus grand plaisir de Harley, qui retrouvait un moyen de se battre aussi déséquilibré qu'utile. Car, n'en déplaise à ces gros bras du crime de la baguette, une fois armée avec un objet contondant, il n'y avait pas mieux que Harley Quinn pour fracasser les gens. Elle en faisait ainsi la démonstration, une fois de plus (jamais de trop), se débarrassant d'un homme fortement ennuyant et encombrant !

Pour faire bonne mesure, elle poursuivit la baston avec un coup de poing bien placé et bien ponctué :

 « Mange mon pain dans ta face ! »

Harley entendit alors une fanfare, façon Final Fantasy, qui lui indiquait qu'elle avait remporté le succès « Blague de baguette », qui consistait à faire une blague sur le pain à un Français. Parfait ! Au moins un bon truc dans cette soirée presque entièrement ratée. Elle se retourna alors, et put voir que Jason s'était occupé de l'autre. Elle pencha néanmoins la tête de côté, essayant de cadrer avec ses doigts sa vision.

Hmm, intriguant.

 « J'suis pas experte, mais je crois pas qu'une épaule ça doit avoir cette forme cheloue. Tant pis pour lui, il l'avait bien cherché. »

Elle eut un grand sourire, avant de mettre les mains sur les hanches.

 « Bon, et maintenant, on fait quoi ? Moi je propose de nous trouver un bon Burger King, ou un McDo, car j'en ai marre d'avoir la dalle quand je me bats. Et on emmène le Français avec nous ! On vole une voiture, on l'enferme dans le coffre, on va grailler, puis on revient s'occuper de lui. Ça me paraît être un bon plan ! »

Elle se gratta machinalement au ventre, là où le Joker lui avait tiré dessus. Non pas qu'elle ressente une quelconque douleur ou un truc comme ça à cet endroit, mais elle se sentait parfois horriblement gênée quand elle se regardait dans un miroir. Sa délicate peau d'albâtre était marquée par ce simulacre, ultime marque posée par le Joker sur elle. Même le fouet, même les coups avaient disparu. Mais la trace de cette balle...

Elle ne partirait jamais. Mais c'était aussi un témoignage, celui d'une épreuve qu'elle avait passé, où elle avait triomphé, avec Jason à ses côtés. Elle savait qu'il avait lui aussi son lot de cicatrices et de bagages.

C'est ce qui le rendait presque irrésistible. Ça et sa belle gueule. Et son cul... ahlalala.

A tomber.
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MessagePosté le: Dim 14 Oct 2018 - 19:23


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Jason rejoignit Harley en quelques pas, enjamba sans la moindre réaction le français complètement éclaté au sol. Voilà ce que ça fait, de venir d’un pays qui se croit meilleur en tout : la réalité fait forcément bien mal. Que le pays de Voltaire retourne jouer au foot, ça les occupera.

« Ca va ? » demanda-t-il à Harley.

Il n’avait pas été à côté d’elle quand elle s’était pris ce violent coup dans la tempe, mais même à plusieurs mètres il avait entendu la violence du choc. Sans même y penser, il lui attrapa doucement le menton et lui fit tourner la tête sur le côté, afin de mieux inspecter le côté de son visage.

« Ouch, » grimaça-t-il.

Pas de doute, elle s’était pris un sacré coup. Il se serait inquiété pour l’état de sa boîte crânienne si elle n’était pas… Harley Quinn. Il l’avait pourtant vu saigner à multiples reprises – la dernière fois ayant été en l’honneur de leurs retrouvailles avec le Joker… et ça avait été terrifiant – mais il se surprenait parfois à oublier qu’elle était comme lui. Humaine. Elle le faisait si facilement oublier, tout du moins pour lui. Elle ne versait pourtant pas dans la bonté d’âme, et ne volait pas non plus dans ciel, à la façon des Super, mais elle avait quelque chose de … d’indestructible chez elle. Il l’avait découvert à force de passer du temps avec elle, de travailler à ses côtés, et c’était quelque chose qu’il admirait chez elle – qu’il enviait même. Il lui semblait qu’Harley, toujours, se relèverait.

Et sinon, c’était certainement pas un poing dans la figure qui la mettrait au tapis. Malgré tout, le coup avait été assez violent pour qu’il s’en inquiète.

« Va falloir qu’on s’occupe de ça, » dit-il en effleurant les bords de la plaie. « Mais d’abord… »

Son regard se détacha du visage d’Harley pour se tourner vers le français qui gémissait toujours au sol – vraiment des pleurnichards ces révolutionnaires.

« D’abord, tu as raison, on a un petit truc à finir. »

Il récupéra le flingue qu’il lui avait lancé quelques secondes plus tôt, et retourna vers celui à qui il avait démis l’épaule et qui avait perdu conscience depuis. Il se pencha au-dessus de lui et se mit à fouiller ses poches jusqu’à ce que… bingo.

« Mais j’ai peut-être un peu plus expéditif qu’un coffre de voiture, » reprit-il en se redressant, le chargeur de munitions en main. Il le glissa dans le flingue d’un geste rapide et habitué puis se tourna vers leur grand ennemi du jour. « Surtout si tu as faim. »

Il se rapprocha du français qui, sentant venir le coup, était passé des sanglots aux gémissements suppliants.

« S’il vous plaît, s’il vous plaît, » chouinait-il en glissant sur le sol pour essayer de s’éloigner de Jason. « Je peux vous payer ! Vous donner tout ce que vous voulez ! Dites-moi et j’exaucerai vos souhaits ! »

Jason le stoppa net dans sa fuite en posant un pied sur son torse. Il retira la sécurité de l’arme et pointa le canon sur le front de sa cible.

« Ca, c’est pour tous les gosses qui sont morts ou qui sont dans la merde à cause de toi, » souffla-t-il.

Et, avant que la moindre pensée formatée par Bruce, par sa mort, par le Joker, Talia, sa folie - n’importe quoi d’autre, il pressa la détente. Le coup partit et le français arrêta de pleurnicher.

Jason s’entendit expirer comme à travers un nuage de fumée, le bras toujours tendu et le doigt toujours sur la détente. Il lui sembla entendre dans le lointain la voix de Bruce l’appeler. Puis, plus rien. Rien que sa respiration, et les battements de son cœur.

Plus rien.


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MessagePosté le: Mar 16 Oct 2018 - 10:57
Harley se pencha sur le cadavre du Français, se tapotant le menton d’un doigt. Le buste ne bougeait plus, le reste du corps non plus, et il ne restait plus qu’une bouillie infâme là où autrefois se trouvait la tête. Evidemment, avec un peu d’effort, on pouvait encore distinguer les contours, l’emplacement de la bouche, des yeux, des oreilles, mais… c’était vague, quoi. Sanguinolent, difforme, dégueulasse même ! Finalement, la jeune femme se redressa, avant de couler un regard un peu étonné vers son copain.

« Il a perdu la tête, je crois. »

Puis, dans un élan plus impulsif qu’impulsif, Harley prit Jason dans ses bras ; ou plutôt, elle disparut dans la carrure de rugbyman du monsieur, elle qui était plutôt menue à forte poitrine. Elle le serra fort, avant de le relâcher et de faire naître un sourire large et enfantin sur son visage :

« On peut aller manger, maintenant ? Sauf si tu veux qu’on reste là pour dire des paroles gentilles sur son cadavre. Perso j’ai rien à dire. »

Ils partirent, sans vraiment se retourner. Pourtant, il semblait – de manière permanente et sournoise – que quelqu’un les observait. Qu’il y avait une ou plusieurs personnes dans le coin, qui cherchaient à savoir qui ils étaient, ce qu’ils allaient faire etc. Pour un peu, on aurait pu penser qu’il s’agissait d’un espion ou d’un héros. Mais dans quel monde vivrait-on, s’il y avait des héros assez idiots pour tenter d’arrêter Harley Quinn et Jason Todd ?!

Bon, Batman mis à part.

Superman aussi.

Et tous les autres. Bon, ok, ça faisait beaucoup.

Mais aucun ne viendrait se perdre ainsi dans les marais et la jungle de Floride, si ? Pas juste pour eux, en tout cas… si ?

« On ne bouge plus ! Mains en l’air, les guignols ! »

« Rho, quoi encore ? C’est quoi cet absence de répit dans le scénario ?! »

« La ferme ! On reprends. Et… action ! »

Une pause, un silence, un interlude, puis…

« On ne bouge plus ! Mains en l’air, les guignols ! »

« Attends, Fred. Ce sont pas… eh, vous êtes qui, vous ? Qu’est-ce que vous foutez sur ma scène ? Sécurité ! SECURITE ! »

Harley et Jason, sans le vouloir, se retrouvaient sur la scène d’un film. Des caméras, des agents, des acteurs, et une version grotesque d’un malfrat – presque caricaturale – se tenaient là… mais par-dessus tout, il y avait le réalisateur !

Et pas n’importe lequel !

Le grand, l’illustre, le célèbre, l’unique… Bin Batffleck ! Celui qui a joué, pendant de très nombreuses années, le célèbre personnage Botman à la télé !

« Haaan, Jay ! Me faut son autographe, à celui-là ! »

« SECURITE ! MAIS PUTAIN, SECURITE !! »
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[Floride] Improbable relation [PV Jay]

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