Gotham's Inferno ~ Feat Anton Arcane

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MessagePosté le: Mar 28 Mai 2019 - 19:42
L'obscure Gotham continue de vivre. Son cœur malade bat à plein régime, parfois accéléré par les actions des uns et des autres. Mais, il existe un spécialiste dans l'art d'accélérer le rythme cardiaque de cette sombre cité, de ce théâtre des horreurs des temps moderne. Un spécialiste qui, a l'heure actuelle, laisse ses pensées accompagner les notes grésillantes d'un lecteur de vinyle. La mélodie d'un classique du Blues résonne donc dans le bureau de l'ancien psychiatre – du moins, ce bureau de fortune. Plutôt que de rester dans son ancienne maison, dans les ruelles de Gotham, il préférait parfois le toit de lieux interdis, de zones désaffectés. C'est dans un ancien cabaret, par exemple, que le spécialiste de la peur s'est installé. La musique résonne dans la pièce, ne le dérangeant aucunement dans son observation, son admiration même, de certains dessins, griffonnés sur un papier de mauvaise qualité, par un crayon d'aussi bas de gamme.

Faire ainsi travailler un artiste avec du matériel aussi peu efficace ? Quelle honte.
Mais le résultat lui convient. Tout comme le reste. Et c'est ici qu'il peut admirer ce résultat. Certes, il pourrait très bien le faire chez lui – il apprécie toujours l'ambiance de ces étroits couloirs – mais Crane est ainsi : il n'aime pas tout mélanger. Tout comme il n'aime pas sauvegarder son travail dans un seul endroit.

Prudence. Prévention. Deux mots qui seront les clés de sa survie face à la Chauve-Souris, si elle venait à venir jusqu'à lui. Du moins, associés à d'autres. Un joueur – ou un maître de la phrase, comme le Sphinx – dirait qu'il faut toujours garder un atout, voir deux, dans sa manche. Une vérité à laquelle Scarecrow adhère.

Mais cela n'empêche pas certaines choses de continuer. Car Gotham, qu'importe la prudence, qu'importe la prévention, sait toujours – ou croit savoir – où vous êtes. Des rumeurs ont commencé à remonter – ou plutôt descendre – jusqu'à lui. Certains auraient donné quelques unes de ces anciennes cachettes et d'autres l'auraient vu traîné pas loin de cet ancien cabaret – ancien bordel, à ses heures perdues, aussi. Avant, il aurait peu apprécié. Au début de sa carrière. Mais, malgré un âge pas si vieux que cela – après tout, n'a t-il pas que 37 ans ? -, l'ancien aliéniste s'est habitué, s'est adapté. Il a changé de lieu certaines choses, il a réagi comme il fallait.
Mais quelqu'un le cherche. Et sa curiosité veut savoir qui. Alors il attend. Pour ne pas être déçu. Du moins, en espérant ne pas l'être.

Se redressant, le visage masqué, il lâche les dessins qui viennent rejoindre la table poussiéreuse. Quittant la pièce de l'ancien propriétaire des lieux, il avance dans les couloirs des souterrains de ce cabaret – lieu adoré des clients de la partie débauche du lieu – pour enfin grimper les escaliers. Il y a bien quelques gardes. Mais ils sont peu. Seuls les fanatiques, seuls ceux qui ont un intérêts bien précis, réussissent à le suivre. Définitivement, Scarecrow n'est pas un leader...

Du moins, il n'a jamais essayé de l'être.

Cette pensée accompagne son esprit alors qu'il arrive dans la salle de spectacle, s'installant à une table. Et il attend. Est-ce que cette personne viendra, aujourd'hui ?


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MessagePosté le: Mer 29 Mai 2019 - 22:59
Il viendrait.

Prologue


Deux semaines... deux semaines depuis son retour sur cette Terre*. Une semaine et demi après son altercation avec ce magicien au casque dans le pénitencier d'Iron Heights**.

Projeté dans les ténèbres d'une cave poisseuse par le sort de son ennemi, le corps encore en pleine mutation par le mélange de chair et de magie qui l'avait projeté, encore secoué par la dissolution de son corps et sa rematérialisation des kilomètres plus loin, Anton avait hurlé.

Un hurlement de haine, de colère, d'orgueil brisé. Un hurlement pour soulager son âme de son échec.

Présentement, une main tenant fermement une tête humaine coupée, l'allure droite et fière, le docteur Arcane arpentait une rue dans cette cité putride. Derrière les immenses façades de sa modernité décadente se lovait le cancer des quartiers délaissés. Gangrène insidieuse qui rongeait lentement les fondations de la civilisation, peuplée par la vermine fouisseuse qui dépeçait poubelles et ivrognes dans une quête de dignité inaccessible, ces quartiers étaient un délice pour Anton.

Les nuits encore fraîches d'un printemps dont l'agonie s'étalait en souffrances rejetaient dans des sacs de couchages et des draps troués les abandonnés de la Société gothamite. On entendait dans les recoins les plus sombres les grappes odorantes de parodies d'être humains ronfler ou gémir. Ceux qui étaient encore en deçà de cette condition expiraient dans l'indifférence au détour d'un tertre de poubelles éventrées.

Dans ce décor expirant, sous les lumières sépulcrales de lampadaires endommagés, le semi-démon progressait à son aise, juste suivi d'une pauvre silhouette qui ne le quittait plus depuis quelques jours. Il avançait avec uniquement son but en tête.

Un but qu'il conservait précieusement depuis qu'il s'était calmé dans cette même cave qui l'avait vu apparaître.

Sa colère avait été terrible. Il avait brisé tables, armoires et jeté tous les cartons qui lui passaient sous la main dans l'espoir qu'expurger son sentiment lui permettrait de se soulager tout à fait de son amère défaite. Le bruit avait rameuté quelques mauvaises âmes qui logeaient à l'étage. Deux hommes, armés qui ne virent que la silhouette ignoble d'Anton. Une silhouette rendue terrible et aveuglée par une sauvagerie inhumaine.

Deux hommes qui géraient jadis un bar clandestin et qui désormais avançaient en un unique corps, suivant le nécromancien occultiste qui l'avait fait renaître. Ayant laissé sa violence prendre les dessus, les membres avaient volé, les cris avaient fusés. Les deux hommes avaient connu une mort brutale et douloureuse. Le corps de l'un avait plané jusqu'à un mur, l'autre avait tenté une fuite dans les escaliers. Leurs coups de feu avaient manqué leur cible dans la panique. Anton avait planté la jambe du fuyard avant de le trainer et l'achever dans la sang.

Ce petit carnage avait rassasié son cœur meurtri. Réjoui son âme damnée.

C'était il y avait une semaine et quelques jours.

Découvrant où il se trouvait grâce au smartphone de l'un de deux guignols, il n'avait pu réprimer un sourire. Le sort de son ennemi l'avait conduit tout droit là où sa malveillance avait à faire. Gotham City, qu'importait l'époque, qu'importait le lieu, savait toujours amener à elle l'horreur de ce monde...

Gotham's Inferno


- Eh Sam, interpella Freddy "bon tuyau" à son interlocuteur, tu m'écoutes ?

- Oui.

- Ouais ben... C'est chaud ton enquête. T'es sûr que ça va ? T'es tout pâle.

- Tout va bien.

- Hum... mouais... Prend quand même un truc gars.


Face à Freddy "bon tuyau", informateur de la police et de la pègre se tenait Samuel Vitterbi, jeune inspecteur ambitieux qui avait espéré que la traque d'un bar clandestin lui apporterait la gloire. La sordide petite ruelle qui leur servait d'alcôve luisait de la bruine ambiante.

- Alors, cette piste ? relança l'inspecteur.

- Ouais ben, c'est chaud. Paulo méritait pas ça. Il était tranquille t'vois ?

- Un accident.

- C'est pas c'qu'on dit. Putain, un truc lui est tombé dessus.

- La piste
, ordonna Samuel.

- Ouais... ouais, mais j'veux pas finir comme l'aut' !

- Plus tôt je l'arrêterais et plus tôt tu seras tranquille.


Le regard de l'inspecteur mettait mal à l'aise son interlocuteur. Samuel était un type normalement réservé, presque timide, comme renâclant à faire appel à des indics et là... là il était droit comme un célibataire devant une photo de catwoman. Son regard aussi était différent. Un regard de prédateur. Comme si le mouton était devenu un loup. Freddy déglutit. Dans une ville comme Gotham, ce genre de changement était, comme dirait l'intéressé, "chaud".

- Ouais... reprit-il sans conviction. Heu... il bouge ces temps-ci... t'sais... p'tain, il a buté Paulo !

Paulo, simple débardeur qui avait vu la silhouette décharnée d'un épouvantail dans la ville. Une piste de Freddy. Anton l'avait suivie mais le type était un alcoolique en manque d'argent qui avait épuisé la patience de l'occultiste. Paulo avait découvert la douleur déchirante d'une main coincée dans un poulie. Le souvenir arracha un léger rictus à Anton. Quelle surprise avait été celle de ce costaud de découvrir sous la peau de feu l'inspecteur Samuel Vitterbi une force surhumaine, celle du semi-démon qui s'était glissé dans sa peau un jour où il était descendu dans le sous-sol d'un bar clandestin...

Alors que l'occultiste achevait de nouer un fil, un Samuel Vitterbi tremblant avait lancé un tragique "Plus un geste". Ses yeux morts avaient observé le sinistre plafond de longues minutes le temps pour l'avatar de Rot de découvrir ses papiers d'identité, lire son petit carnet de notes et comprendre l'intérêt que représentait une bonne couverture policière. Au sens propre.

Anton avait alors achever de mûrir son projet. Seul avec quelques Un-Men, il courrait le risque d'un nouvel échec, surtout si cette demi-portion magique revenait se confronter à lui. Il avait bien la roche d'Eternité qu'il n'eut pas le temps d'étudier convenablement avant l'attaque d'Iron Heights, une grave erreur, mais cet avantage n'en serait un que par la surprise. Il devait le réserver pour le moment propice. Non, il lui fallait une cohorte. Iron Heights aurait dû lui offrir une première escouade de criminels mais son échec rejetait cette idée au rang de rêve. Pour le moment. Arkham, nouvelle étape dans son ascension devait être une réussite. Pas question de regoûter si tôt à l'amertume de la défaite !

Aussi était-il face à un incertain Freddy dans la peau d'un policier décédé dans l'espoir qu'il lui donne des indications précises sur la position d'un criminel assez fou pour connaitre l'Asile d'Arkham et assez sain pour comprendre ce qu'il aurait à y gagner...

- La piste, répéta avec sècheresse la policier.

- Il a quitté sa... enfin, ce qu'on pense être l'une de ses planques et...

Le policier avança d'un pas vers son indic qui recula. Il avait déjà tué Paulo ; trois ivrognes qui tremblaient en gémissant "l'Epouvantail" dans leur nuit de cauchemar ; une femme en manque d'argent qui avait osé lui faire son temps et un mendiant qui en avait trop vu. Il n'était plus guère temps de s'attarder en apitoiements.

- ... ben ... euh...

Il regarda sa montre pour quitter le regard inquisiteur de Samuel/Anton.

- Pas vu l'heure... j'te laisserai un mess...

La main du policier fut rapide. Trop pour l'oeil non expérimenté de ce tas de chair inepte. Ce fragment de roche était décidément grisant. Freddy fut projeté contre un mur. Frappé violemment au sternum, il ne put crier sa détresse. Un main froide s'abattit sur sa bouche, une autre se plaqua contre sa cage thoracique qui se gonflait de façon erratique. Il tenta une parade maladroite mais déjà Anton appuyait, usant de son avantage physique sur ce corps frêle. Les côtes craquèrent et Freddy gémit de douleur. La main appuya sans frémir tandis que la victime et le bourreau ne se quittaient pas des yeux. Il ne s'arrêta qu'en touchant la brique du mur.

Nouvelle victime pour retrouver un simple criminel, mais sans doute la dernière de cette soirée.

Samuel ramena le corps inanimé de Freddy dans la petite cave du bar clandestin pour le "former" à lui servir de guide. Mort, il serait plus bavard. Le corps prenait trop de place, la tête et ses cheveux longs suffiraient... La créature Un-men créé à aprtir des restes des deux bandits jadis inutiles ne fut pas de trop pour débarrasser le corps ailleurs.

Un cercle, un couteau, du sang et l'opération fut promptement menée. Hélas les bras de Samuel s'étaient désagrégées sous le coup du sortilège et la physionomie terrible des membres d'Anton apparaissait au grand jour. Même la peau de la tête se mit à flotter désagréablement. C'était cependant un habit encore convenable pour le criminel.

Les yeux de Freddy s'ouvrirent tandis que la tête ôtée de son corps pendait au bras d'un Anton/Samuel en escapade.

- Crane. Jonathan Crane, ordonna l'occultiste. Conduis-moi.

"Tourne à droite" lança la tête impuissante dans la tête de son bourreau.

- Bien, l'encouragea-t-il.

Une main tenant fermement une tête humaine coupée, l'allure droite et fière, le docteur Arcane arpentait une rue dans cette cité putride.

"Le cabaret... ici."

Des âmes en surveillance à l'entrée. Il serait agréable de les rajouter au bilan de cette traque mais un piètre signe de paix envoyé à l'intéressé. Il fallait trouver autre chose.

- Une autre entrée Freddy ? demanda-t-il à la tête.

"Sortie incendie. A droite du bâtiment. Anciennes échelles."

Parfait.

Anton suivit avec exactitude son guide muet en apparence. Il prit une ancienne échelle à incendie qui grinçait, hélas. usant du pouvoir de sa pierre pour accélérer le mouvement, il laissa son Un-Men grimper derrière lui. Sans doute les deux gardes avaient entendu, mais pas le temps pour l'occultiste de se déranger pour si peu. Il défonça une fenêtre sans plus de manière et passa dans son encadrement.

L'intérieur des lieux est un concentré décadent des années 30. Murs poussiéreux, plafonds lézardés, planchers invisible sous leurs toiles d'araignées. Les moulures Art Déco ne sont plus que moisissures. Lieu adéquat. Une musique baigne les lieux. Du Blues qui offre une nostalgie grinçante à ses lieux. De la lumière aussi, dans ce qui semble être une large salle de spectacle.

L'occultiste progresse jusqu'à cette dernière où une silhouette paraît attendre. Le costume ne laisse aucun doute.

- Docteur Jonathan Crane je présume ? lance alors Anton Arcane avec son lourd accent roumain tandis qu'il arrive dans cette pièce de gloire passée, à bonne distance de son interlocuteur, toujours la tête en main. Vous pardonnerez j'espère de m'être épargné une discussion pénible et sans doute fort stérile avec vos gardes ; je ne pense pas avoir revêtu la tenue la plus idoine pour eux. Il serait regrettable qu'il leur arrive malheur.

Hélas encore en tenue de policier, malgré la peau flottante de son visage, Anton paraissait étrange dans la demi-luminosité des lieux, ce qui n'enlevait rien au mensonge qu'il aurait avec plaisir achevé les vies insignifiantes de ces sous-êtres.

- Vous n'êtes pas un praticien qu'il est aisé de trouver, continua-t-il sur le ton de la conversation. Heureusement il y a toujours une âme à vendre dans cette ville.

Il ponctua sa phrase en soulevant la tête qu'il jeta négligemment sur une table.

- Permettez que je vous rejoigne à votre table ? demanda-t-il le plus élégamment du monde.

Dans ce genre de cas, la politesse ne coûtait rien et donnait beaucoup...

________________________

* Voir SVM Shazam
** Voir Effugium a daemonibus

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MessagePosté le: Mer 5 Juin 2019 - 4:32
Il y a des images que les humains sont habitués à observer. La colère, la frustration, le bonheur, la joie, ou encore la tristesse ou l'effroi. Mais, il existe dans les ombres de ce monde, des choses inconnues – néfastes ou non, là n'est pas la question –, des scènes qu'ils n'ont que rarement l'occasion de voir. Les réactions sont souvent les mêmes : la peur, l'effroi, de voir quelque chose que leur esprit ne peut accepter, tolérer – bien que cette réalité se répète aussi pour des choses plus communes, mais là n'est pas le sujet de notre histoire. Fort heureusement pour son interlocuteur, Jonathan Crane n'est pas homme à réfuter toute chose. Lui qui cherche à arracher à l'imaginaire de ses victimes la quintessence de leur effroi... ne peut être qu'intrigué face à cette image que l'obscurité ambiante ne peut que partiellement effacer.
Le corps de cet homme semble être un déguisement. Un peu trop grand. Certains diraient qu'il imite mal la peau, la rendant trop lâche, sans forme d'origine. Certains diraient, aussi, que franchement, cette personne n'est pas attentive dans le fait de garder ses affaires en état : ce qui aurait dû être les mains du déguisement semble avoir pleinement disparu, laissant les membres – atrophiés ? Crane avait du mal à le dire – du propriétaire à l'air libre.

Enfin, la majorité, avouons le, serait paralysé par l'effroi que montre une telle image. Comment cette personne est-elle entrée dans un corps ? Ils préféreront ne pas avoir la réponse.
Ils refuseront toutes réponses, jusqu'au moment où le propriétaire de ce déguisement utilisera le même phénomène sur eux. Du moins, c'est ce que pense l'ancien aliéniste. Un aliéniste qui, lui, continue d'observer avec un intérêt proche du sordide – et un frisson d'excitation, aussi malsain, que son stoïcisme habituel cache parfaitement – ce corps, cette peau trop lâche, ces membres étranges... Qui est venu jusqu'à lui cette fois ? À cette question, il espère réellement une réponse.

Les mots, accompagnés d'un accent tout à fait humain – ce qui pourrait accentuer cette idée de cauchemar, à l'image d'un visage d'homme, altéré et angoissant, sur le corps de la vermine d'une sorcière –, résonnent dans l'ancienne salle de spectacle, présentant certains éléments de contexte. Il hausse un sourcil. « Ainsi c'est donc vous. » Il observe la tête rouler un peu sur la table, penchant la sienne en perdant un instant son regard dans le sien. Puis, il hoche la tête, poursuivant cette conversation dans le plus grand des calmes. « Gotham parle beaucoup, malgré le silence de ses rues et de ses ruelles. J'imagine qu'il faudrait un jour lui couper la langue... Bien que cela serait... » Il donne un petit coup avec son index sur la joue de la tête sans corps, une griffe s'enfonçant un instant dans la chair. « Contre productif. Mais qu'importe ! Gotham est bavarde et, j'ai le regret de vous informer que vos recherches ne sont pas passées inaperçues. Je vous en prie, installez-vous. » Quant aux gardes...

Lorsqu'ils comprendront qu'une faille a été trouvé dans la surveillance prévue, la réaction qu'ils préféreront sera d'espérer que leur employeur ait oublié ce petit contre-temps.
Ce qu'il ne fera pas. Crane n'oublie jamais.

Attendant alors que l'invité sans invitation s'installe, l'homme brise de nouveau le silence de mort, montrant d'une main la bouteille. « Puis-je vous servir un verre ? » La courtoisie, l'attention et la prudence sont des choses qui se perdent, de plus en plus. Mais bien entendu, les ronds de jambe ne sont pas non plus attendu, espérés, alors, tout en terminant de poser sa question, il reprend. « Et bien entendu, à qui ai-je l'honneur et que me vaut cette attention particulière ? »


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MessagePosté le: Jeu 6 Juin 2019 - 10:07
Le Docteur Crane était fidèle au portrait qu'on en avait tracé au docteur Arcane. Calme en toute circonstance, comme habité par un métier de psychiatre qui ne souffrait pas de pose. Était-il lointain ou au contraire en pleine étude de son interlocuteur ?

Cela était fascinant.

Anton écouta les premières paroles sortir de cet homme analytique. Une voix d'automne dans la froideur de glace d'un printemps qui s'étire trop. L'allure d'un pantin horrifique dont les mouvement sont ceux d'un enfant dans un champ en friche. La tête de Freddy l'occupe le temps d'un battement d'aile de corbeau avant qu'il ne revienne sur l'avatar de Rot dont le déguisement flottait désagréablement.

Une légère traction sur l'arrière de son crâne replaqua un peu cette peau trop lâche. C'était plus confortable ainsi. L'invitation à s'asseoir fut offerte comme une obligation. Était-ce par convenance ? Etait-ce une politesse de paille ? Le docteur Arcane s'assit cependant. Les apparences, même entre un homme costumé et un homme dans une autre peau que la sienne méritaient un minimum d'égards.

- Je dois reconnaître n'avoir pas fait grand cas de ma discrétion, surtout dans une ville où tout semble s'acheter, y comprit les langues, répondit-il sur le ton de la conversation. J'ai cependant trouvé à cette ville des ruelles hurlantes du plus bon goût ... son silence ne m'a que très peu bercé et cela me sied. Il aurait été pour mes recherches... précisément contre-productif.

" Ne sous-estimons jamais les bienfaits des mutilations pour quiconque ne sait conserver sa langue à bon escient. L'arracher étant une possibilité tout à fait convenable.


Tapotant la tête d'une de ses mains rachitiques, Arcane ne retint pas un léger rictus.

- Celui-ci aura au moins le mérite de ne plus trahir vos mouvements.

Les mains équipées du maître de la peur de cette ville montrèrent une bouteille de vin qui trônait sur la table et paraissait convenable aux vues des circonstances. On exigeait pas un vin d'Europe dans un lieu comme celui-ci.

- Très volontiers, accepta-t-il d'un léger geste de la main comme s'il était dans un restaurant étoilé, tels ceux qu'il avait fréquentés dans sa prime jeunesse.

Son interlocuteur en profita pour entrer dans le vif du sujet. Après tout, lui connaissait l'homme qu'il avait recherché avec assiduité, il était normal qu'une présentation s'impose dans l'autre sens.

- Je me présente à vous docteur Crane, Avatar de Rot, semi-démon de mon état.

Il inclina légèrement la tête. Anton se détendit ensuite sur sa chaise. Il se sentait à l'aise ici. Dans cette ambiance qui lui rappelait sa propriété du bayou de Louisiane, avec cet homme à l'aura anxiogène. Oui, sa réputation s'expliquait. On ne pouvait supporter longtemps de trop regarder cet homme qui était un décalage. Pas complet, il n'était pas excentrique et extroverti, mais il avait ce léger décalage, un peu comme de regarder un film avec une bande son non synchronisée de quelques micro-secondes. Vous voyiez les mouvements, vous deviniez les propos mais ils ne collaient pas aux lèvres. Le Docteur Crane était cela. Délicat, doucereux, ailleurs, et pourtant... il y avait de l'intensité chez lui, une concentration terrifiante. Ce léger décalage était une source de malaise et cela plaisait beaucoup à l'occultiste qui appréciait toujours une bonne première impression.

- Pour faire simple docteur Crane, vos connaissances et votre spécialité me seraient précieuses pour accéder à la folie de cette ville, lança-t-il de but en blanc.

Il laissa un temps à l'Epouvantail d'intégrer cette première information.

- Je m'explique, continua-t-il. Comme vous, je suis avant tout un scientifique. J'apprécie la technologie, la magie occulte et sait associer les deux. Mais il me faut de la matière première. Cette matière est de deux natures : de la chair et des âmes. Si trouver de la matière n'est pas complexe dans ce cloaque qu'est Gotham City, je crains de n'avoir pas assez d'âme dans l'état idoine pour mes recherches.

Nouvelle pause. Anton observe attentivement son interlocuteur, sa silhouette, son attitude. Tout ce qui pouvait lui révéler un début de piste sur la façon dont il appréhendait son discours. Il se décida à continuer.

- Plus l'âme est torturée et plus elle offre de possibilités. Or Docteur Crane, vous avez la réputation d'être un expert en la matière. Un homme habité par son talent pour la peur. Je vous propose donc rien de moins que de nous associer. Raflons assez d'âmes fragilisées pour vos recherches. Âmes qu'il me siérait de récupérer lorsque leur vie s'achèvera. Une sorte d'accord gagnant-gagnant. Nous aurions ainsi chacun assez pour nos travaux respectifs, vivants ces êtres nourriraient votre laboratoire et avant leur décès, je les recyclerai pour mes besoins. Qu'en dites-vous ?

Il y avait plus, mais il valait mieux attendre que le Scarecrow réagisse à ces premiers éléments. Nul besoin pour le moment de l'effrayer avec ses projets pour l'Asile d'Arkham...
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MessagePosté le: Mer 19 Juin 2019 - 10:36

« Rot.... ? Voilà un terme, un nom, un mot... qui semble bien prometteur. » Ce nom lui est inconnu. Pourtant, il essaye de chercher, dans l'étrange dédale de ses souvenirs, une signification à ce mot. Est-ce un concept ? Est-ce le nom d'un démon ? Ou peut-être est-ce un cercle infernal ? Après tout, l'homme se présente lui-même comme semi-démon, il n'est pas idiot de diriger sa pensée vers une recherche en lien avec sa nature. Mais Crane s'ouvre à toutes les possibilités. Car s'il est un amoureux de l'occultisme, pour le lien important qu'il peut avoir – et n'a pas nécessairement, d'ailleurs –, il n'en reste pas moins qu'un simple amateur. Un fervent lecteur, un explorateur – un argonaute, même ! - des espaces, des mondes, féeriques, démoniaques, fantastiques... Tout ceci l'a inspiré, tout ceci l'a en partie nourri. Il aime ça.
Mais il ne pourrait dire qui est, ou qu'est-ce que, ce Rot. D'ailleurs, cette chose s'écrit-elle avec un h final ? Peut-il être lié à Astaroth ? Non. Trop simple. Le monde n'est jamais aussi simple. Mais c'est ce qui rend le monde intéressant, amusant ! Tout comme cette conversation... Car force est de constater... que le dénommé Anton Arcane sait accroché le regard de son interlocuteur.

Enfin, tout n'est qu'une question de goût, comme cela a déjà pu être précisé. Tous ne possèdent pas les réactions de l'effrayant Docteur Crane.
Et tous ne s'appellent pas, justement, Jonathan Crane. Une chose que le Batman doit apprécier, dans son obscure antre.

Un léger sourire aux lèvres – bien qu'il soit difficilement visible –, l'Épouvantail récupère la bouteille d'alcool, faisant couler le liquide vermeille dans le contenant cristallin, alors que les mots de l'Avatar de cette chose inconnue – qu'il espère, à un moment, bien moins inconnue. Accéder à la folie de cette ville ? Voilà un objectif ambitieux, pour quiconque plonge dans une telle recherche. Cette ville est habitée par la folie. Mais il se garde bien, pour le moment, de faire un quelconque commentaire. Après tout son interlocuteur parle, explique... et lui, il assimile, étudie. Il écoute. Il écoute le scientifique Arcane expliquer qu'il sait associer deux essences qui ont toujours été naturellement opposée dans la vision du monde : technologie et magie occulte. Il l'écoute mettre en avant ses besoins : des ressources, de la matière première. Des corps. Et il continue d'écouter. L'homme face à lui n'est pas fou – du moins, pas dans le sens où on pourrait l'imaginer. Ce dont il parle, ces mondes aux frontières invisibles, aux possibilités immenses... Ils existent. Autant que les puissances supérieures qui viennent des étoiles. Darkseid existe...

Alors pourquoi pas un semi-démon qui a besoin de corps et d'âmes meurtris, frappés, par une terreur sans nom, par une angoisse viscérale... ? Pourquoi pas un scientifique, semblant aussi passionné que lui, ne pourrait pas avoir besoin de corps, d'âmes, chassés par une peur rampante, ombre indicible que seul Scarecrow sait si bien comprendre, imaginer... « Le hasard semble bien faire les choses. » Un petit rire vient accompagner ces quelques mots, alors qu'il vient joindre ses mains, ses doigts s'entremêlant... « La peur... altère le corps, mais l'âme. L'angoisse, rampante, viscérale, chasse tout être. La terreur, violente, primitive, n'a que faire des distinctions entre les gens. Telle la mort. Certains ont d'ailleurs peur de la mort... à juste titre. Qui sait ce qui se cache... dans le monde des morts. Qui sait quelle sombre entité... va récupérer notre âme avant même qu'elle n'arrive au dernier sanctuaire. » La peur est universelle, essence neutre, essentielle à toute existence. Quel monde fade, insipide, est un monde sans peur. Pire que cela.
Sans peur, la vie n'a aucun sens.

« Je travaille, actuellement, sur de nouvelles méthodes pour utiliser au mieux mes toxines... Sur ce principe, j'ai personnellement besoin aussi de cette ressource essentielle au bon fonctionnement de mes, ou plutôt de nos, expériences. Cet accord pourrait donc s'avérer extrêmement intéressant pour moi, en effet. Mais vous devez bien comprendre que je me dois de bien étudier la question. » Lentement, il pose une main sur la table, avant de pointer du doigt le crâne de ce cher Freddy. « Souhaitez-vous trouver la matière première dans les rues de Gotham... ? Où avez-vous un endroit particulier en tête. » La folie de cette ville. Ils y pensent tous à un moment donné. « Gotham est connue pour ses sombres Justiciers. Gotham est connue pour ses étranges mais non moins dangereux antagonistes. Et certains d'entre eux représentent son essence... » Il lève légèrement sa main, semblant peser une première chose. « Cette ville est une molécule. Certains de ces atomes sont la corruption. La Mairie. Le pouvoir politique. La mafia. Les vieilles et traditionnelles familles. » Puis, il approche sa main, semblant souffler dessus. « Et d'autres sont la folie de ces lieux, que vous semblez rechercher. Certains vilains. Le désespoir... la peur... Et enfin... » Il ferme ses doigts, son regard sombre fixé vers Anton. « Arkham. »

Il le fixe. Sa voix est plus sifflante, mais elle ne semble pas contrariée, loin de là. Il le fixe. Et il attend, alors que ses doigts s'ouvrent légèrement. A t-il compris ? Difficile à dire. Tout est difficile à interpréter avec le Docteur Crane, à part une chose : il se qualifie ouvertement comme un agent chimique lié aux atomes de folie de cette ville.
Il serait presque possible de voir son masque s'étirer, comme si un sourire étrange, malsain, venait non pas se poser sur ses lèvres... mais bien bien sur ce masque, accentuant cette idée que seul le masque révèle le véritable démon qui réside dans le cœur de cet homme.


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MessagePosté le: Ven 21 Juin 2019 - 22:27
L'Epouvantail d'automne de l'effeuillée Gotham City était comme une boîte à musique. Ses paroles sortaient de son masque de jute pour se répandre dans l'humus ambiant, faisant frémir le monde de ses harmoniques de froide contemplation d'un été qui se concluait. Entre l'Avatar de la Nécrose sur cette terre et le croque-mitaine, le printemps s'achevait dans la ville du Chevalier Noir.

Surprenant comme la musicalité cristalline des mots pouvait être semblable aux vibrations de lamelles de métal. Elles prenaient lentement possession des lieux, s'étalaient à leur aise, s'amusaient à faire frissonner la poussière et les vieilles nappes rongées par les mites.

- Certains l'appellent aussi... la Nécrose , ajouta-t-il à l'adresse du docteur Crane. Une force de la Nature. Composante essentielle qui permet au Cycle de s'accomplir.

Telle une neige, les dépôts cendreux de particules auraient dû étouffer les voix des deux mannequins tenus en vie par leur unique folie ; au lieu de cela, ils les gorgeaient de saleté et de crasse, ajoutant en puissance à leur nature malsaine. Le vin coula. Le liquide joua avec les rebords du verre et refléta un court instant la silhouette des deux interlocuteurs, déformée et rougies, comme l'image future d'un association terrifiante.

Crane était un bon auditeur. Il eut le bon goût de rester silencieux tandis que le semi-démon expliquait. Et il ne parla qu'à l'encre d'automne. Comme si sa voix portait elle-même l'équinoxe dans le cœur des hommes, ce moment si particulier ou la nuit et le jour se partagent une ultime fois à part égale le temps des Hommes avant d'entamer le triomphe des ténèbres. L'époque rêvée tant pour l'un que l'autre. Anton aimait l'automne et son œuvre de putréfaction. Le fruits mûrs tombent et nourrissent le sol de leur décomposition ; les plantes, si belles et chatoyantes, cuites par le Soleil d'été achèvent de se consumer aux feux de l'arrière-saison. Les feuillent forment un tapis de mort pour qui comprend leurs crissements...

L'Epouvantail était cela. On sentait le souffle hivernale derrière ses propos. Son rire est celui d'un cercueil, ses mouvements ceux d'un vent septentrional. Mais lorsqu'il parlait de la "Peur", l'individu s'animait. Entre ses dents et dans sa bouche, cette peur lancinante était un champ de citrouilles grosses et grasses dont le suc poisseux était pour lui une bénédiction. La peur n'était pas un simple cas d'école pour ce chercheur, c'était l'Ecole. L'essence de l'Être. Ce qui permettait de comprendre la Nature Humaine.

Dans une société émotionnellement instable, qui a conservé malgré la rapidité foudroyante de son évolution des réflexes cérébraux primitifs, la peur, la colère, la tristesse ou la joie étaient des stimulus neurologiques câblés sur des besoin du pléistocène, mais qui, couplés aux méthodes et moyens modernes devenaient dévastateurs. La peur normalement chargée de la survie était devenu pour cet Homme la clef vers la destruction de son prochain. Le docteur Arcane ne pouvait qu'approuver cet approche. Oui, terrifié les individus étaient malléables, soumis à des réflexes décalés par rapport au monde et à la raison la plus élémentaire. Le cerceau limbique comme porte d'entrée dans l'être humain. Si simple que personne n'y avait pensé avec autant d'intensité que Jonathan Crane. Individu aussi fascinant que le flamboiement d'une canopée en septembre.

Il parla cependant de la peur de la Mort. Anton Arcane se plissa légèrement sous son masque de peau flasque. Il n'aimait pas qu'on lui rappelle l'approche inéluctable de la faucheuse. Surprenant que cet être ait pu prendre cet exemple. "Le Hasard", se répéta Anton "semble bien faire les choses". Mais le hasard n'était pas en compte ? Et si le Maître des Peurs de cette ville avait développé un sens subtile capable de déceler, même inconsciemment, les angoisses les plus élémentaires chez son interlocuteur ? Depuis tant d'années à explorer les capacités psychiques et occultes de l'homme, le docteur pouvait bien s'imaginer très logiquement une telle génération spontanée.

Arcane avait une petite idée de ce qui attendait l'individu après la mort. Le Néant. Par l'enfer. Lui avait été récupéré par accident suite à une erreur dimensionnelle, l'enfer n'étant que cela, un monde avec ses règles parallèle au nôtre. Non, la mort est le vide. L'absence même. L'oubli...

Heureusement Scarecrow reprit son dialogue avant que le semi-démon ne s'engouffre plus loin dans ses réflexions.

Comme la terre qui soulage ses craquèlements estivaux à grand renfort de pluie orageuse, le discours de Crane changea. Ses besoins exprimés, le "pourquoi" clairement déclaré, il s'attaqua au "comment". Comme tout bon scientifique, le docteur Crane suivait un schéma logique et cohérent derrière les images et les raccourcis de ses observations. L'on peut souvent se plaindre de voir l'éclair dans le ciel, mais sa présence tout comme sa direction peuvent être prévus, si tant est que l'on mesure et observe avec soin.

- Le miel toujours attire l'ours dit un proverbe roumain. Arkham est un phare pour la folie et un contre-poids pour cette ville. L'indispensable liant chimique qui permet à certains atomes d'assurer leur cohésion dans la grande molécule si vous permettez de reprendre votre image.

Anton posa une main sur la tête de Freddy. Soudainement, la tête se met à trembloter, la chair s'écorne comme un portrait jeté au feu. Les yeux se liquéfient et découvrent deux orbites vide. Par la grâce de Rot, la peau devient cendre, les lèvres se rabougrissent, les gencives se vident et les os se fossilisent. Freddy n'est désormais plus.

- Voici Rot, la Nécrose. L'ultime contre-point de la Vie et pourtant composante indispensable à sa préservation. Au fil des époques cette puissance n'a eu qu'un rôle de régulation. Mais j'en suis désormais l'Avatar, il me revient de porter son message et ce dernier n'est pas celui des siècles passés. L'équilibre et la stagnation sont une forme de décès. Tragique et lent. J'entends à présent rendre à chacun la raison de son existence : la mort. Rot n'est plus le spectateur de la comédie Verte et Rouge. Il en est l'acteur. Il est est la force.

" Gotham est un équilibre instable, un équilibre entre folie et raison. Une molécule qui parvient à se modifier en permanence si je saisis bien votre métaphore. Mais cela est d'un confort... d'un ennui. Arkham comme ceinture électronique périphérique pour soulager la molécule de ses électrons les plus libres afin d'assurer la stabilité de sa structure. Et si tout ceci n'était qu'une illusion ?

" Vous avez vu juste Docteur. Arkham est une cible de choix pour qui veut pleinement comprendre les racines d'un mal profond. Mais si l'asile disparaît, docteur. Imaginez la fin. La molécule instable. Une ville entière en proie à la peur. Imaginez des rues où naissent à chaque instant espoir et désespoir. L'union de quelques uns face aux âmes individualistes de la masse. Tant qu'Arkham est, Gotham sera. Tant qu'il y aura la silhouette quoi qu'effrayante de cette institution, il y aura de quoi juguler les pires travers de la société gothamite. "


La chose était dite. Les corbeaux pouvaient maintenant se repaître du cadavre du mensonge. Anton souleva son verre de vin et sembla observer son interlocuteur au travers du breuvage purpurin dont la robe tirait parfois vers le violet.

- Voici une piste Docteur Crane. La fin de l'Asile tel que ce monde l'a connu. La fin d'une illusion de sécurité et la chute de cette ultime barrière. Nous ferions de cette passoire inquiétante et certes anxiogène une véritable source de terreur.

Comment ? Cela restait à voir si le bon docteur et son masque maintenant étiré dans la grimace de sa satisfaction pathologique était capable d'accepter un tel projet. Et dans une ville comme Gotham, on ne pouvait jamais être sûr de rien.
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MessagePosté le: Lun 8 Juil 2019 - 18:43
Nécrose. Voilà un mot qui ne laisse aucun sous-entendu sur sa nature, sur son origine. Le phénomène qui agit sur la tête de Freddy – séparée du reste du corps de ce dernier – arrache un intérêt grandissant au psychiatre. Son observation est, comme précédemment lors de la première explication du scientifique aux arts occulte, silencieuse, attentive, intégrant aussi ses nouvelles paroles. Les images qu'il utilise, la contextualisation de ses objectifs, de ses idéaux, sont des plus parlantes pour Scarecrow... Alors il ne peut faire qu'écouter, silencieusement... Bien que son esprit, lui, est en plein explosion. S'il avait des sens développés – et plus précisément son toucher –, il arriverait sûrement à ressentir chacune de ses cellules cérébrales s'activer. Les hormones circulant dans leurs conduits, se perdant à travers le sang, accélérant un temps son cœur. Excitation. Passion sordide pour cet univers dont les règles, les limites, semblent bien plus éloignées que celles de la science – bien que ces mêmes limites peuvent être parfois éloignées, pour qui a le matériel, les ressources, suffisantes. Ce qu'il peut avoir, parfois. Ce qu'il peut lui manquer, aussi. Surtout dans cette ville. Car les paroles ne sont pas les seules choses qu'il faut savoir payer. Non, à Gotham City, tout est payant. De la Vie... jusqu'à la Mort. Même le silence, finalement, est payant.
Pas le silence des témoins. Mais votre silence, celui qui vous permet d'écouter. De comprendre. D'assimiler. Et L'Épouvantail a toujours été le meilleur pour extraire ce paiement à ses clients, qu'il devait écouter. Pour son attention, il ne demandait qu'une chose : un morceau d'eux-mêmes. Une ouverture dans leur monde intérieur. Ce n'est qu'ainsi que les choses fonctionnent avec Jonathan.

Quelque chose que, inconsciemment ou consciemment, l'Avatar de Rot – quelle joie de l'appeler ainsi, de comprendre le sens, la portée de ce titre – avait réussi à assimiler assez rapidement. Pour avoir l'attention de Jonathan Crane... il fallait donner.
Donner quelque chose qui l'intéresserait. Quelque chose qui le passionnerait. Peut-être, quelque chose qui le détournerait des questions essentielles ? Il est difficile de juger si cette dernière possibilité est réalisable ou non. Certains pourraient tenter. Peut-être seront-ils assez habile pour réussir à distancer l'esprit de Crane. À se cacher derrière ses limites.

« Quel... amusante ironie... » Il observe ces cendres, ce fossile de l'existence. Il passe ses doigts contre la matière, non pas pour vérifier, car dans son geste, il est facile de ressentir sa confiance en cette vérité : Freddy n'est plus. Non. Ce qu'il veut, c'est attraper certaines de ces cendres. « Je n'ai jamais vu la Mort si vivante... » Il se redresse, gardant les cendres au creux de sa main, alors qu'il avance doucement, sans pour autant s'éloigner de la table. Non, il reste dans le périmètre de celle-ci. « N'y voyez pas une insulte, au contraire... Peut-être devriez vous y voir une première réussite dans votre objectif. Le fait de donner à la Mort sa propre essence, son propre mouvement... sans qu'il ne soit dépendant de la Vie... N'est-ce pas finalement, rompre avec l'ancien message dont vous parliez... ? » L'équilibre des forces. C'est un concept aussi vieux que les premiers mythes. Mais cela pousse à considérer que chaque force ne possède aucun rôle d'action : elles ne sont que des réactions entre elles. Bien que la mort semble, dans ce décor que plante le semi-démon, une roue bien plus éloignée du reste des autres forces. Cet équilibre... tant de divinités, de monstres, mais aussi d'humains ont tenté de le briser. Par plaisir. Par nature primitive. Ou alors, par besoin de créer son propre équilibre, à l'image de certains dictateurs.

Dans quelle catégorie se place l'Avatar ? Est-ce une idée personnelle, ou est-ce une envie de l'Essence, de Rot, qui souhaite s'arracher à sa propre condition de simple régulateur ?
Oh... établir le profil psychologique d'une essence primaire. Voilà quelque chose que l'homme ne s'était pas imaginé faire. Un exercice qui fera travailler sa pensée.

« Tout dépend, bien entendu, de la façon dont j'ai compris vos objectifs. Et pour clarifier toute ambiguïté, j'aimerai une réponse à une nouvelle question. » Il marche, faisant un peu le tour de la table, il observe un instant sa main, l'ouvrant et la fermant. « Disparaître. Arkham doit disparaître. Mais de quelle notion de disparition parlez-vous ? Une disparition complète de l'entité Arkham... ? Ou une disparition de son essence de conflit entre la raison et la folie. »
Ses mots s'accompagnent de quelques mouvements de sa main gauche, semblant se perdre un instant dans sa réflexion. « Voyez-vous, j'ai toujours vu Arkham comme un une potentielle... matrice. Une matrice de folie pure. Une matrice où la peur, le désespoir, la rage, la colère et autres excès émotionnels, psychiatriques et psychiques, viendraient se côtoyer, se mélanger. Une matrice qui offrirait à Gotham City non pas un visage propre, espéré, à la folie. Cette folie que l'on serre dans les cellules capitonnées d'Arkham. Non. Le vrai visage de la folie. Celle qui prendrait vie dans les couloirs de ce bâtiment... qui serait ensuite libérée... tel un oisillon s'envolant du nid. » Élever la folie ? Cela serait une bien folle idée. Mais pas si idiote que ça. L'erreur de Gotham City est de croire que les fous tels que Joker, Scarecrow, ou d'autres, ne peuvent être plusieurs. À un moment donné, ils ne peuvent pas être aussi nombreux...

Mais la folie est simplement un aspect de la nature humaine... Elle peut être dans chaque cœur, dans chaque émotion.

« La curiosité m'envahis donc... de quel genre de disparition parlons nous ? »


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MessagePosté le: Jeu 11 Juil 2019 - 8:41
Le mausolée musical reprenait lentement vie dans son trépas. Le plancher poussiéreux écoutait, attentif, le docteur Crane battre sa mesure d'automne. La vieille scène usée contemplait le vide, troublée par la présence de deux êtres qui parlaient d'horreur de la plus naturelle des façons, comme si la vie et le monde qui les entourait n'était qu'un spectacle désolant de mort et de folie.

Attentif, le docteur crane était semblable au pupitre patient qui guettait le néant, veillant la moindre partition qui viendrait animer son ténébreux ennui. Les vieux rideaux qui n'avaient point frémis depuis des années tressaillirent de terreur lorsque le spectacle de la décomposition fit bouger l'Epouvantail. Ses doigts allèrent dans les cendres et les paroles qui accompagnèrent son geste illuminèrent Anton de fierté.

Une Mort vivante. Oui, tel était l'Avatar, le porteur de mort, l'accompagnateur de la Vie jusqu'à sa limite, et pourtant si palpitant, si énergique, si excitant, si... vivant. Le Docteur Arcane n'existait que dans ce but ultime : devenir l'éternité, glisser sur l'existence, répandant une pourriture nécrosée dans son passage. Être la vie qui triomphait face aux autres organismes qui périraient tous. Jamais il ne serait une Mort toute à fait morte. Jamais.

Ces lieux étaient agonisants et il s'y sentait à son aise. Tous deux auraient dû se sentir écrasés par le poids monstrueux du déclin, les papiers jaunis et écornés par l'humidité ; les boiseries vermoulues ; les poutres corrodées ; les tables ébréchées ; les chaises trouées ; les fauteuils rongés par la vermine ; les chiures de rongeurs qui empestaient ; l'urine de chat qui imprégnait les alcôves ; les moisissures odorantes qui rampaient ; les égouts qui remontaient fréquemment des espaces d'eau ; les larves d'insectes qui se repaissaient des vieux vêtements de scène voire du cadavre de quelque animal crevé. Mais la vie y bruissait toujours en fond, les grattements dans les murs, les craquements du bois patiemment dévoré et l'écho terrible et implacable de leur discussion.

La voix de l'épouvantail ne rebondissait pas, elle s'imprégnait dans les lieux, elle chassait l'espoir, balayait la rédemption. Elle s'étendait comme une ombre, accompagnant les discours affreux d'Anton. Ensemble, les deux harmoniques traquaient l'ombre elle-même, épaississant l'obscurité sans relâche.

- Je vous rassure Docteur, je n'y vois aucune insulte. Bien au contraire.

Crane était un esprit vif, une mécanique de précision qui saisissait rapidement, un avantage certain dans les projets d'Arcane. Aussi l'occultiste n'eut qu'une seule et implacable réponse à donner aux reformulations du docteur sur l'"ancien message" à modifier.

- Précisément.

Si assis l'Epouvantail donnait l'impression d'un simple médecin en pleine consultation, lorsqu'il s'animait, se levait, marchait, usait de ses mains, il révélait en lui tout entier une prédation secrète. Crane était un traqueur. Vigilant, patient, soigneux. Chasseur de peur, mais aussi source de cette dernière. Il n'était guère étonnant que les petites frappes de Gotham soient effrayées à l'idée d'aller chercher ou pire, trahir, une telle créature. L'on ne voyait pas réellement le docteur bouger. Il avançait, glissait presque sans déplacer plus d'air que nécessaire, son être comme reflet de sa diction : impeccable, chirurgicale et précise.

Tel un corbeau qui guettait les alentours de son nid, Crane arpentait le sol grinçant des lieux en parlant avec la fermeté d'un battement d'aile. Arcane fit tournoyer légèrement le vin dans son verre et en but une gorgée en écoutant les sifflements venteux de l'Epouvantail. L'Avatar de la Nécrose n'avait plus réellement goût à la nourriture ni à la boisson. Devenu Un-men, puis Avatar et enfin semi-démon, ses capacités gustatives s'étaient réduites. Son appétit d'abord n'était plus qu'un message de faim atroce et sanguinaire que seule la chair pouvait assouvir tout à fait. Ses papilles n'étaient plus que des organes atrophiées que les séjours en Enfer avaient calciné. Ce vin n'était au mieux que de l'eau sulfureuse pour lui dont il sentait à peine la fraîcheur. Il le savourait cependant car le vin était le fruit d'une pourrissante vinification. Tannique, amer, sucré, qu'importait.

Les saveurs étaient autres. L'âpreté délicieuse ne passait plus par sa bouche mais au travers de son organisme décharné. Tout en lui profitait de cette liqueur de mort. Sa texture était de la soie pour son œsophage parcheminé ; la poisse de la pourriture parfumait son estomac habitué au sang et aux mets infernaux ; l'arrière goût en bouche n'était qu'une exhalaison morbide qui le ravissait. Il n'avait plus le goût du vin, mais il avait toujours le goût de la mort. Cela ajoutait à la poésie macabre des propos de son interlocuteur.

Crane désirait s'enquérir d'autres informations. Logique, une fois la boîte de Pandore qu'était la curiosité ouverte, il devenait difficile de la refermer. C'était le jeu auquel Anton avait tacitement accepté de jouer pour le bien de ses futurs projets en recherchant cet être de peur. L'Epouvantail respectait en retour les règles de l'exercice et il dévoilait autant qu'il réclamait. Pour la première fois depuis des années, le semi-démon sentait qu'il avait là une âme avec qui composer sur un pied plus équilibré qu'avec d'autres. La Vie réservait toujours des surprises, surtout lorsqu'elle composait pour la Mort.

- Arkham est un symbole docteur Crane, un archétype dans l'esprit de l'Amérique. Un verrou à la folie qui doit sauter, commença-t-il. Réduire Arkham en poussière serait lui offrir une autre vie, une réincarnation qui ne sied guère aux projets dont nous discutons. L'Asile doit disparaître dans sa fonction régulatrice.

Le psychiatre était tout entier à sa vision de la folie et des intérêts qu'il pouvait logiquement en tirer. Un accord gagnant-gagnant semblait se profiler. Si Jonathan Crane pouvait transformer avec l'aide du semi-démon l'Asile en usine de folie pure, alors le démon aurait une source inestimable d'âmes et de cadavres pour ses propres expériences et projets. L'occasion était trop belle pour la laisser s'échapper.

- Vous la concevez comme une matrice d'aliénation et cette vision me plaît, Arkham doit devenir un creuset de tourments et d'expérimentations. Quelle chute ! Nous sommes là en plein dans la déstabilisation de la molécule dont vous parliez, changer la matière, ses charges, la voir trembler sous les forces contraire. Agiter la vie en lui offrant une fenêtre vers la folie et voir les âmes aller et venir sans fin entre espoir et désespoir...

" Marées de cauchemars...


Rien que l'image donnait envie à Anton de hurler de plaisir. Mais il ne fallait pas exulter trop tôt. Entre rêver à l'avenir et le forger, il y avait encore un monde.

- Folie et Mort peuvent s'accorder le temps d'une danse, docteur, mais nous ne devons pas nous contenter d'une simple valse, le temps d'un rêve et d'une déception. Nous devons devenir chefs d'orchestres si nous voulons mener à bien un tel projet. Si tant est que le cœur vous en dise.

La question avait le mérite d'être posée, restait à savoir si l'automne voudrait faire place à l'hiver sur la cité du Chevalier Noir.

- Ne serait-il finalement pas temps que la direction de l'Asile change ? demanda-t-il en surplus. Il me semble que les résultats des anciennes méthodes de cette institution méritent que l'on y introduise un peu de... nouveauté.

Un sourire affreux anima le faciès d'Arcane. Il restait encore le problème du Chevalier Noir, mais les réponses de Crane intéressaient bien plus le coeur noir de l'Avatar de la Nécrose...
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MessagePosté le: Dim 28 Juil 2019 - 14:24
Si tant est que le cœur vous en dise...

C'est quasiment par ces mots que l'Avatar de Rot termine une présentation précise de ses projets – ou plutôt, de celui qu'il met actuellement en avant. Le lien plus que probable entre leurs propres objectifs et ce projet a aussi été révélé : la vision d'une matrice de Folie semble satisfaire plus que tout l'esprit fécond de cet être de Mort. Mais, par ces mots, surtout, Anton Arcane vient de toucher l'esprit et l'âme – qu'importe ce que cela peut ou veut dire – du Maître de la Peur. Ces mots, ces simples mots, sont loins d'être simple à prononcer... et ils sont mêmes complètement rejeté par la société. Un monstre inhumain peut-il avoir un cœur ? Non. Sûrement pas. Car cela rendrait ces horreurs bien plus violentes à observer. Pourtant, ces quelques paroles prouvent quelque chose d'essentiel : pour exister, la folie a besoin d'un cœur. Elle a besoin d'un cœur, tout comme le désespoir, la rage. Un cœur dans le sens métaphorique bien entendu. Un cœur animé par les synapses, par les hormones et par les nerfs du cerveau humain. Mais un cœur quand même. Le centre des désirs. Et d'émotions, plus subtiles, plus dangereuses.

Oh, certes, parfois, cette folie prend la forme d'un gouffre sans fond, d'une incapacité à ressentir toutes émotions. Mais, le cœur, là encore, est là. Il est juste vide. Un intense vide qu'ils comblent par imitation, par copie. Mais le cœur, est toujours là.
Ils trouvent juste d'autres raisons. Un besoin naturel à combler ce vide... ou simplement un faux plaisir à jouer à des jeux dangereux. Mais le cœur, lui, est toujours là. Essentiel.

Sans peur, la vie n'a pas de sens.
Mais, sans cœur, la peur peut-elle seulement exister ?

Il se pose alors face au Semi-Démon, toujours debout. Une main posée contre la chaise, une autre dans le dos, il ne peut s'empêcher de faire bouger les doigts de cette dernière, les tiges métalliques, renforcées, se cognant les unes aux autres. Cette froide symphonie vient accompagner son regard, qui observe le sourire de l'Avatar. Le sourire de visage complètement déformé. Ce visage qui n'est pas le sien. « Je suis heureux de voir... que cette image, que cette idée, même, s'intègre parfaitement avec votre projet. » Il bouge légèrement sa main sur le dossier de la chaise. Pendant un instant, ses yeux se ferment.
Et pendant cet instant, il imagine chaque couloir comme les embranchements d'un système complexe, dans lequel la Folie prend vie. Les couleurs de cette ridicule toile que le système régulateur s'écoulant contre les murs, libérant alors les gémissements, les plaintes, de toutes les folies qui se sont agglutinées dans ces lieux. Le mouvement rampant d'une horreur sans nom dans ces viscosités.

La folie traque toujours.
Bientôt, elle pourra traquer en liberté.
Car ils ont tenté de l'enfermer.
Elle s'extirpera de cette prison, grattant les murs.

Ouvrant les yeux, il repose de nouveau son regard sur l'homme face à lui. L'Avatar – qui finalement, ne semble pas être nommé – et son sourire. Ce visage déformé, ce visage qui n'est pas le sien. D'une certaine façon, il aimerait voir réellement ce visage. Il peut l'imaginer, mais l'imagination, là, serait sûrement bien loin de la réalité. Il en est certain.

« La fonction régulatrice d'Arkham n'a jamais été d'une grande réussite... » Il se détache du dossier de son siège alors qu'il recule ce dernier. S'installant confortablement, il observe ce scientifique de l'occulte, cette Voix de l'Outre-Tombe, avant de reprendre. « Cela est le cas de nombreux instituts fondés à la même époque que cet endroit. Dans la pensée imaginaire, ils semblent plus apte à être des vecteurs de peurs, des décors de films d'horreur. Mais... la question que je me suis toujours posé est... » Il passe sa main contre la table, la ferme, comme pour attraper quelque chose d'invisible, quelque chose d'assez important pour concentrer son esprit. « Pourquoi Arkham ? Je l'ai entendu lorsque je travaillais dans cet établissement. Elle est là bas... Pure. Consciente. Mais brider par cette fonction déficiente. Pourquoi la folie a t-elle décidée d'accepter de patienter dans ces murs … plus que de raison ? » Un rire froid traverse ses lèvres. Pour lui, cette question prouve que Arkham est digne d'être cette matrice qu'il recherche tant... et ce lieu si sordide qu'espère le Semi-Démon. Laissant alors un silence s'installer, il observe l'homme au visage qui n'est pas le sien. Laissant l'espace reprendre totalement ses droits sur eux, il plonge son regard dans la vision sinistre de son interlocuteur. Et il imagine, alors, à nouveau... La couleur morte de ces yeux, qui vient se mélanger aux couleurs du Fol. Quel voyage surprenant ce serait...

Mais pour sceller définitivement cette discussion et son accord – qui semble bien acquis au démon –, il a besoin de savoir une chose essentielle. Son nom ? Non, cela n'est pas essentiel...

« Pour cette transformation, Mr, ou Docteur, peut-être ? Qu'importe... Pour cette transformation, je ne doute pas de nos capacités à dominer cette Arkham qui attend, depuis déjà fort longtemps, une telle métamorphose... Mais, nous devons prendre en compte un élément particulier... » Il griffe alors légèrement la table, souillant cette dernière de sa toxine...

« L'essaim de chauve-souris... Il surveille. Quels sont vos plans pour celui-ci ? » Et surtout pour la plus importante de toutes. Il entend. Au loin. Cette voix sombre. Ce bruit silencieux du mouvement dans les ombres...
Il entend l'esprit du Batman le juger. Mais il n'est pas là. Ou plutôt. Il n'est là que sous une seule forme : dans son esprit.


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MessagePosté le: Ven 2 Aoû 2019 - 8:49
L'horreur était une chose très naturelle chez Anton. Elle faisait partie intégrante de lui. Dans sa quête effrénée d'immortalité dont il ne faisait que s'approcher sans parvenir à l'atteindre tout à fait - en tout cas pas sans tribut à verser continuellement - il avait commis des crimes innombrables et renversé les barrières morales des différentes sociétés qu'il avait croisées. Tout ceci sans jamais s'inquiéter ni s'interroger sur une chose aussi dérisoire qu'un "karma" ou une "conscience" inquisitrice.

Le Docteur Arcane répandait ainsi naturellement une aura de mort et d'affliction autour de lui. Pas besoin de se forcer, il était ainsi, l'idée de dévorer un enfant ou de disséquer une famille ne venait pas comme une bouffée délirante mais plutôt comme si c'était un acte aussi banal que d'ouvrir une boîte de conserve. Raisonnable, il l'était, autant qu'un semi-démon pouvait l'être après avoir découvert que l'âme et le corps sont choses dérisoires. Et pourtant, l'homme avait un coeur qui pouvait ressentir peur, angoisse, inquiétude, mais aussi joie, exaltation, plaisir. Il n'était pas une coquille vide de toute forme d'émotion, bien au contraire.

Le reste du monde, lui était aliéné. Le Docteur Crane, face à lui, lui ressemblait en ceci qu'il n'était, à ses yeux, pas fou. Cruel et despotique dans sa mission médicale et psychiatrique sans doute, sans aucune limite, heureusement. Pour ce cher Anton la folie était précisément cela : la construction maladroite de barrières là où, finalement, l'Humanité ne devait en avoir aucune.

Oui, à une époque les sociétés primitives devaient s'organiser un minimum pour survivre et se réguler, mais c'était jadis, il y avait de cela une éternité. Aujourd'hui c'était l'abondance, la surpopulation, la concentration de poches de richesses, c'était un monde déséquilibré, un monde plein de contradiction et seule la révélation de son malheur lui permettrait de se soigner, sans aucun doute avec les bons soins de Jonathan Crane.

L'Avatar de la Nécrose, de son point de vue, voyait la mort d'une bonne partie de la population comme une chose normale, une saignée des temps ancien dans ce qui était un mourroir qui se donnait des airs de maternité. N'était-ce finalement pas faire preuve de coeur ? Anton aimait. Il aimait d'un amour sincère. Lui d'abord certes, mais aussi la destruction et le mal qui sortait de lui comme autant de poèmes morbides de la tête d'un poète dépressif. Le merveilleux ne se nichait-il pas là ? L'Art, finalement, de ne jamais s'interroger et d'avancer ? Ses victimes étaient indénombrables, même pour lui, mais elles n'avaient pas d'importance. Il les avait aimé, le temps d'un opération, d'un meurtre, comme les extensions de son amour narcissique, reflets de sa propre vie. Le bonheur aussi simple qu'un coup de scalpel. Le bonheur, cet unique devoir de l'être et qu'il s'échinait chaque jour à entretenir.

Mais il s'égarait tandis que l'Epouvantail achevait le procès en inutilité de l'Asile d'Arkham. Oui, il était des projets humains qui étaient d'une vacuité sans pareille. Gotham générait trop de malheurs pour qu'une simple muraille de pierre puisse décemment les retenir et Jonathan Crane en était parfaitement conscient... à sa manière.

Écouter le psychiatre revenait à écouter couler la morte saison, sentir en soi les vents glacés d'un hiver qui s'approche inévitablement, regretter le Soleil et sa chaleur réconfortante. L'observer bouger impliquait de saisir ce que ses yeux voyaient et que les vôtres ne percevaient pas, sentir comme il ressentait son environnement, voir, après quelques secondes d'avance ce qu'il voyait. Ses mains bougeaient dans l'air poussiéreux comme si tout un assortiment d'objets divers étaient devant lui. COmme s'il pouvait matérialiser ses paroles.

Une nouvelle gorgée de vin accompagna l'écoute attentive. Crane se montrait prêt à se projeter dans une conquête d'Arkham. Restait à éclaircir quelques points. Un sur lui...

- Il est vrai que ma condition me fait souvent oublier de me présenter avec mon patronyme, petit réflexe défensif lorsque l'on évolue dans un univers où les noms revêtent une puissance particulière, déclara-t-il.Je suis bel et bien docteur. Chirurgien pour être plus précis. Docteur Anton Arcane. Vous aurez sans doute l'occasion de découvrir que mes talents ne sont plus guère dans les opérations bénignes et le sauvetage de vie, mais je suis sûr qu'ils sauront se révéler utiles pour vous offrir assistance et aide dans vos projets.

... un autre sur Batman et sa horde d'enfants... Point problématique. Monstrueusement problématique tant les combats menés contre lui furent nombreux et tous infructueux pour les "forces du mal". Mais il restait un homme, un être humain, une créature de sang, d'os et surtout... de chair. Un chair vouée à la putréfaction.

- Les nuisibles peuvent être éliminés, commença-t-il. Il faut cependant le faire à notre rythme et à notre avantage. Nous devons rester maîtres du calendrier si je puis me permettre cette analogie. On prétend le patriarche excellent détective et ses ouailles dans sa droite lignée. La concurrence est sévère, je le reconnais et la prudence reste un atout. De même, l'aura qui entoure ces "criminels admis" est en déclin, il ne faut pas la raviver par une trop vive altercation, j'en ai d'ailleurs récemment discuté à une autre créature des ténèbres.

" Docteur Crane, nous sommes tous deux conscients de cette menace, aussi faut-il nous adapter à ne pas l'attirer trop promptement sur nous. Gotham offre mille et une turpitudes pour ces ailes de cuir, turpitudes dont les prochaines élections nous donneront l'occasion d'avancer des pièces, quelle qu'en soit l'issue.

" Je ne vous propose pas d'attaquer l'Asile d'Arkham, mais de l'infecter. De nous y insinuer, de nous y installer confortablement comme un cancer en son sein. Il ne s'agit pas d'une invasion tonitruante mais d'un pervertissement, lent, insidieux, discret et qui ne se révèlera que le moment voulu où un affrontement avec les "justiciers" de cette ville maudite soit décemment en notre faveur."


A ce moment précis, le docteur Arcane décide d'ajouter quelques geste à ses paroles et s'adosse au dossier sa chaise qui craquelle. Sa main se porte à la gorge de son déguisement. Du geste nonchalant de celui qui enlève une simple cagoule, il force sur la chair qui s'étire et s'arrache comme du caoutchouc. Pas de sang, juste le bruit mat et désagréable de la matière qui rompt. Il fait glisser cette peau de substitution contre son visage, la caresse est délicieuse, révélant ainsi lentement son propre visage de mort et de décrépitude. Comme après un long endolorissement, il fait bouger sa mâchoire et prend une profonde inspiration.

- Un visage est un visage, lance-t-il énigmatique.Tout puissant et impérieux que soit l'homme qui dirige cet asile, il reste un homme de chair et de sang. De vie... mais aussi... de mort... ainsi que son successeur... et le successeur de son successeur...

Il rit à son tour de la cruauté de son projet et des délices qu'il pouvait impliquer en cas de réussite.

- L'essaim de chauve-souris traque au son, alors soyons silence dans les ténèbres, soyons là tout en y étant absent. Et œuvrons Docteur Crane, loin de leurs ailes et de leur violence à la reconstruction d'Arkham. Offrons-nous un temps d'avance et ensuite allons chasser sur les terres de ces affreux volatiles...

Le semi-démon porte son regard vers le plafond où les lumières fatiguées peinent à s'imposer dans les ténèbres. Gotham, au dehors, s'appesantit dans la torpeur de sa chaude nuit. Les sirènes hurlent au loin. Les lumières des quartiers luxueux et leur débauche de plaisir décadent dévorent le ciel, plongeant les faubourgs de ténèbres poisseuses. Ici le mal règne en maître tant l'injustice y est criante.

Et niché au coeur de cette étrange pénombre, le mal s'organise...
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MessagePosté le: Dim 15 Sep 2019 - 22:27
« La puissance des noms... » Il semble un instant se perdre dans cette réalité autant concrète qu'ésotérique. Car oui, les noms possèdent une puissance unique. Sur les autres, le plus souvent. Un murmure, un souffle, permettant de ramener un souvenir. Il peut être triste, effrayant, joyeux, magnifique... il reste un souvenir, une porte vers l'une des faiblesses de la nature humaine. Mais il le sait. Il le sent. Dans les vérités révélées par le Docteur Arcane : la puissance dont-il parle n'est pas à sa portée. Pas encore du moins. Car le Maître de la Peur restera à jamais le Maître de la Peur. Et pour cela, lui-même doit s'adapter. Non. Évoluer. Des abysses plus profondes. Des ténèbres plus massives. Sa peur, - sa folie, peut-être ? - doit être dans chaque angles de la réalité spatiale de cet univers, qu'ils soient perceptibles... ou non.
Mais le temps n'est sûrement pas celui de l'apprentissage. Pourtant, par ses quelques mots, par ses présentations, Anton Arcane guide l'Épouvantail dans une réalité qu'il n'a que frôlé. Par l'imagination. Par la recherche d'inspiration. Mais jamais, non, jamais, il n'est allé plus loin dans ces abysses, dans ce savoir interdit.

« C'est un plaisir... » Le plaisir. Tout le monde en ressent son expression d'une manière ou d'une autre. « De pouvoir échanger avec vous. Je dois bien l'avouer... je suis presque ravi que mes subordonnés ne se soient pas aperçus de votre présence... »[/b][/color] On peut facilement imaginer un sourire. Ce sourire fin, aimable, accompagné du regard du diable. Ses griffes glissent un instant contre le bois, marquant ce dernier. « Bien entendu, presque, pour des raisons que vous pouvez, j'imagine, comprendre. Avoir les yeux en face des trous... n'est-ce pas ce à quoi je paye ces gorilles ? »

Frustration ? Non, ceci n'était qu'une petite pique, lancée contre eux, mais sans réelle émotion. Car c'est ainsi que va le monde à Gotham : il y aura toujours des gargouilles aveugles.

« Je ne doute pas, en tout cas, de vos capacités. La maîtrise de la chair, de sa structure, de sa complexité, est un art pour le moins... aussi précis que magnifique. D'ailleurs, permettez-moi de vous dire que je ne suis guère surpris de votre spécialité. » Se penchant légèrement, ses coudes se posent contre la table, ses doigts s'entremêlant devant sa bouche. Et ses yeux... oui... ses yeux qui continuent de fixer ce vide funeste qu'est le regard du Docteur Arcane. « Après tout, cette maîtrise, bien que liée à la Mort, de la mécanique physique d'un corps humain, à travers l'ésotérisme... l'occultisme... peut facilement... » Il ferme un instant ses yeux... malgré le masque, Anton Arcane pourrait facilement imaginer une certaine douceur se poser sur le sourire de l'homme. « Être l'évolution naturelle de la chirurgie. »

Oui. Comprendre le corps humain, son fonctionnement... Pour mieux l'opérer, pour mieux le transformer, ou le briser. Intervenir dessus, sur chaque organes, précisément, avec une minutie que seuls les horlogers peuvent imaginer – ou alors avec une horreur des plus réelle, celle d'un corps éventré, d'un corps devant subir le pire... Oui... tout ceci ne peut voir son pendant supérieur, ésotérique, que sur un contrôle du flux de la Vie et de la Mort à travers la chair, à travers le sang, les viscères...
De nouvelles pulsations. Une horreur sans nom que plus de la moitié de la population ne pourrait imaginer qu'en cauchemar.

Agir sur la mécanique du corps par l'occulte. Une évolution logique pour un chirurgien.
Comment peut évoluer un psychiatre spécialiste de la peur, s'il venait à pouvoir toucher à cette essence étrange ?

Le temps de l'hypothèse n'est pas encore venu. Car des choses concrètes peuvent se produire... des choses que ce cher Anton Arcane commence à développer. L'écoutant avec une attention particulière, il ne peut réfuter l'analyse du Chirurgien des morts, observant en même temps cette révélation. Ce visage... il lui arrache un frisson, aussi plaisant qu'effrayant...
Magnifique créature. Magnifique humain, devenu démon...

Un léger rire traverse alors ses lèvres. « En effet... Un visage n'est qu'un visage... » Lentement, alors, il semble reproduire le même geste. Celui de retirer ce masque à gaz, si caractéristique... Qui n'arrache sûrement plus de frissons à cette famille. Ainsi, il pose l'objet sur la table, avant de sourire lentement... « Le silence sera en effet notre meilleur allié. Mais à la différence de vous... L'Épouvantail est traqué par la Chauve-Souris. » Il ne peut empêcher un nouveau petit rire, instable, à cette phrase. Il caresse d'une pointe de son gant armé le masque. « Jonathan Crane est traqué. Sa cellule vide l'attend... Et un traitement, pour lui retirer l'Épouvantail. C'est du moins ce qu'ils veulent croire. Un visage n'est qu'un visage, Docteur Arcane, vous avez raison... »

Il attrape alors le masque de l'Épouvantail. « Mais le masque, parfois, est le véritable visage. Et nous avons besoin de la lumière qu'offre ce vrai visage. Pour la réussite de ce plan, il va falloir que notre organisation soit aussi minutieuse que celle d'une opération... Vous serez le chirurgien, bien entendu... » Son sourire s'étire alors...

« Je serai l'anesthésiste... Si vous me permettez cette analogie. Ils me verront. Ils ne vous verront pas, ou vous oublieront, alors qu'ils fermeront leurs yeux. » Un léger soupire traverse les lèvres. « Jack... Cobblepot... ils seront très utiles pour détourner l'attention. Mais Jonathan Crane, l'Épouvantail, le fera aussi... Après tout, la peur a de cela de bon... qu'elle occupe l'esprit. »[/b][/color] Il s'enfonce correctement dans son fauteuil, alors qu'il observe lui aussi cette dominante d'ombre...

« Il est préférable qu'ils pensent qu'ils mènent la danse... Tandis que le démon, lui, occupera les lieux. Ma proposition vous convient-elle ? »


Gotham's Inferno ~ Feat Anton Arcane Scarec15
Kit graphique fait par Conner, merci à lui.
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