Batman's Legacy [Jason Todd]

Bruce Wayne
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Situation : Batman brisé. Le Chevalier Noir est affaibli par le poids des ans, mais il a surtout été agressé par la Legion of Doom. Il en sort lourdement blessé, lacéré à de nombreuses reprises par Cheetah. Le temps de la guérison sera long... s'il l'atteint un jour.
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MessagePosté le: Mar 1 Oct 2019 - 11:26
Plusieurs jours sont passés, depuis l’événement.
Depuis le drame.

Depuis que la mission de la Justice League à Metropolis a été troublée par l’attaque de la Legion of Doom ; qui a agressé le groupe.
L’équipe s’en est remise, dans sa globalité. L’équipe, oui.
Mais pas son meneur. Pas son leader.

Pas Batman.

L’agression perpétrée par Cheetah, aux capacités améliorées par Lex Luthor, a été d’une brutalité et d’une violence exceptionnelles ; personne n’aurait pu l’encaisser et survivre.
Personne.
Pas même le Chevalier Noir, qui a essayé… mais qui n’a pas pu résister. Il est tombé. Il a chuté.

Il a failli mourir.
Mais… il a survécu ; il a passé la nuit critique, et il a survécu.

Entouré de ses proches. Accompagné de ses alliés, de sa famille.
Il a survécu.
Même si la suite est terrible, et douloureuse.

Les blessures de Bruce Wayne sont d’une ampleur extraordinaire. Même les spécialistes sollicités discrètement par Leslie Thompkins réservent leurs diagnostics.
Nul ne sait s’il pourra encore marcher.
Nul ne sait s’il pourra encore se relever, un jour. Nul ne sait s’il pourra s’en remettre.

Cela influe sur son humeur, bien sûr.
La douleur. La défaite. L’humiliation.
L’inaction.

Il prend sur lui, cependant ; il prend sur lui, et limite ses déplacements, même au cœur du Manoir.
Certains sont irrémédiables, cependant. Certains sont indispensables.
Comme celui de ce soir.
Où il évolue dans le Manoir ; seul. En refusant l’aide d’Alfred et de Selina.
Où il évolue… pour descendre. Pour quitter le cocon luxueux.
Pour descendre, oui.


Batman's Legacy [Jason Todd] Batcave1-1024x678

Dans la Batcave.
Où il avance ; où il s’avance. Seul.
Difficilement – et pour cause.


« Hrm. »

Il grogne, en grimaçant ; ça fait mal. Il a mal.
Mais il continue.
Seul.

Batman's Legacy [Jason Todd] Batoub-569a60e
En chaise roulante.
Avec une main entièrement bloquée, figée ; impossible à utiliser, pour l’instant.

Ça le crispe. Ça le trouble.
Ça l’emporte.
Mais… il prend sur lui. Mais il encaisse. Mais il avance.
Mais il s’arrête, finalement.


« Humf. »

Bruce pousse un profond soupir ; et s’arrête.
Il s’arrête devant, en fait.
Il s’arrête devant l’élément le plus terrible de la Batcave ; devant la zone la plus douloureuse. Devant l’artefact le plus terrifiant.

Batman's Legacy [Jason Todd] 3190634-1
Le costume ; le costume de Jason Todd, quand il était Robin.
Quand…


« Hrm. »

Bruce grogne, encore.
Puis décale légèrement son visage sur le côté, pour fixer les ombres.


« Tu ne m’as jamais demandé. »

Pour parler aux ombres.
Car il sait que quelqu’un s’y trouve.


« Tu ne m’as jamais demandé pourquoi je l’ai gardé ; pourquoi je l’ai mis ici. »

Sa voix est lente, fatiguée ; la position est douloureuse.
Il la maintient quand même.


« Les autres pensent que c’est pour me rappeler… pour me rappeler de l’événement ; pour me souvenir de ce qui est arrivé. »

La nuit commence à peine, dans Gotham City ; un voile noir tombe sur la ville.
Bruce est éveillé depuis des heures.
Il a eu le temps d’envoyer un message, alors ; de solliciter Alfred pour envoyer un message.
A Jason Todd.


« C’est faux. »

Il lui a demandé de venir. Il lui a demandé poliment de le rejoindre, ici et maintenant.

« Je… n’ai pas besoin de quelque chose pour me souvenir de ça ; pour me rappeler de… l’événement. »

Bruce soupire, et secoue lentement la tête ; il fixe à nouveau la vitre.

« Tu ne m’as jamais demandé pourquoi je le gardais ici. »

La phrase appelle une interrogation ; c’est une perche tendue.
A raison.

Bruce l’a appelé. Bruce l’a fait venir.
Car il a un objectif.
Car il a un plan.
Au-delà des douleurs. Au-delà de l’humiliation. Au-delà de la peine et de la défaite.
Bruce a un plan.
Et Jason Todd en fait pleinement partie…

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MessagePosté le: Mar 1 Oct 2019 - 13:57



Batman's legacy


Adossé contre un des murs aux reliefs irréguliers de la Batcave, Jason regarda Bruce évoluer avec lenteur mais détermination sans dire un mot. L’appel d’Alfred ne l’avait pas vraiment surpris. Ils avaient tous pris l’habitude d’être convoqués plus ou moins régulièrement – ce qui était vraiment étrange, en fait, c’était d’entrer dans le manoir en passant par les grandes portes aux blasons de la famille Wayne. Jason préférait nettement l’entrée secrète, il préférait les ombres qui s’étiraient ici-bas plutôt que l’ambiance feutrée là-haut. Il préférait venir seul, aussi. Ces derniers temps, il y avait eu beaucoup de réunions. Entre Selina et leur plan fou à tous de faire leurs petites affaires de leurs côtés, la nuit qu’ils avaient passé à se demander si Bruce vivrait ou pas… Ca faisait beaucoup. Même après toutes ces années et tout ce qu’il s’était passé, la Batcave gardait un effet tout particulier sur Jason. Il s’y sentait… calme. Apaisé. Le secret qui y régnait, le calme, la solitude… Tout y était familier. Ca avait été sa maison, à une époque. D’une certaine façon, ça le serait toujours.

Il regarda Bruce s’avancer vers la colonne de verre encore plus familière que tout le matériel qui reposait dans la cave et son regard se trouva attiré malgré lui par le costume qui siégeait à l’intérieur, figé dans une position qui lui donnait un aspect cérémoniel. Jason se souvenait encore de la première fois qu’il l’avait enfilé.

C’est ce souvenir qui le fit sourire même alors que Bruce prit la parole et trouva son regard du premier coup et ce malgré les ombres dans lesquelles Jason s’était réfugié. Ca aussi, c’était familier.

Il se redressa et s’extirpa des ténèbres pour faire quelques pas en avant et permettre à Bruce de reprendre une position plus confortable. Il leva de nouveau les yeux vers le costume.

« Il n’y avait que celui de de Dick sous verre à l’époque. J’avais toujours l’impression que le masque me fixait quand on rentrait de missions. C’était comme s’il me jugeait, tout le temps. J’ai toujours pensé que tu en avais fait une espèce d’autel en l’honneur de Dick Grayson. »

Il baissa les yeux vers Bruce et finit de se rapprocher de lui pour finalement s’arrêter à ses côtés. Il était assis dans son fauteuil, recouvert de bandages, plâtré, ecchymosé et brisé, mais Jason avait toujours l’impression de crouler sous le poids de sa présence – encore plus maintenant qu’ils se tenaient tous les deux devant son ancien costume. Il avait été si jeune à l’époque et certainement pas dépourvu de fierté, alors ça avait été trop facile de bâtir ses croyances sur des incompréhensions. Trop facile de penser qu’on attendait de lui qu’il devienne un autre, qu’il soit Dick Grayson.

« Mais j’ai jamais pensé que le mien était là pour foutre la pression à Tim ou pour lui faire peur. Un truc du genre, hey obéis-moi bien sinon tu finiras six pieds sous terre comme lui, là. »

Il sourit dans le vide, sans vraiment avoir envie de rire. Il croisa les bras et secoua la tête.

« Non, je crois qu’il est là pour te faire peur à toi. C’est un rappel, oui, mais pas de ma mort. De tes erreurs, plutôt. De tout ce qui m’a mené à ce jour-là face au Joker. Tes erreurs et le fait que je n’étais pas à la hauteur. »

Il désigna vaguement toutes les autres reliques en exposition dans la cave. La pièce géante, la carte, tous les symboles qui occupaient un espace autrement bien trop vide et froid, et il finit en beauté avec le costume de Dick, toujours là. Evidemment.

« Eux, ce sont tes plus grandes victoires. Et ça… » Il désigna d’un signe de tête son costume. « C’est ton plus grand échec. »

Il esquissa un sourire un brin taquin pour contrer le poids de ce qu’ils étaient en train d’aborder et baissa les yeux vers Bruce.

« C’est pour ça que je te ne t’ai jamais demandé. Avec des impolitesses, on met le feu à sa maison, disait toujours Alfred. »

Il reporta son attention sur le costume tandis que son sourire s’effaçait.

« Il est anglais alors j’imagine qu’il en connait un bout sur la politesse. »

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MessagePosté le: Mar 1 Oct 2019 - 14:37
Bruce Wayne reste silencieux.
Durant tout le discours de Jason. Durant toute sa réponse.
Durant tout ce moment, ce long moment où le deuxième Robin – où son fils adoptif parle ; son fils, oui.


« Hrm. »

Un léger grognement s’échappe de sa gorge, alors qu’il y pense ; qu’il y repense.
Son fils, oui. Le premier.
Dick n’était qu’un pupille, il ne l’a adopté légalement que plus tard. Timothy n’a été adopté que tardivement. Jason… Jason a été adopté en premier ; rapidement, et en premier.

Le regard du maître des lieux se fige, devant lui.
Sur la vitre. Sur le verre.
Sur le costume de Jason, qu’il a si longtemps porté… avant d’arrêter. Avant de disparaître.


« Alfred Pennyworth est définitivement britannique, et dispose d’une connaissance pointue en politesse et en bonnes manières. En effet. »

Sa voix est lente, fatiguée.

« Mais… tu n’as pas dû souvent le voir regarder un match de Premier League, en fait.
Tu aurais remarqué que, si Arsenal perd face à Chelsea, il oublie avec fougue toute politesse, pour rappeler que les Anglais ne sont vraiment pas les derniers pour quelques mots bien sentis. »


Un léger sourire glisse sur son visage ; il est fugace, comme sa plaisanterie.
Son regard glisse encore sur la Batcave, et il grimace.
Il n’ose pas.
Il n’ose pas le regarder ; Jason. Il n’ose pas regarder Jason.
Et ça l’énerve.


« Mais… c’est faux, en fait. Au fait. C’est faux. »

Bruce prend une grande inspiration, et ferme les paupières ; un instant.
Son corps se crispe. Ses muscles frissonnent.
Ça l’énerve. Ça le trouble. Ça le ronge.
Depuis bien trop longtemps.


« Le reste… la pièce, le dinosaure, la carte, c’est… ce sont des victoires, oui. Enfin. Ce sont des trophées. Mais ça n’a jamais été la raison de leurs présences ici. »

Bruce rouvre les yeux.
Sa respiration est difficile, mais il essaye de se maintenir ; de se contenir.


« Et je n’ai jamais installé ton costume ici pour que je me souvienne d’une erreur, ou d’une faute passée. »

Ses mains tremblent ; il rougit, sous la douleur latente et le moment.
Mais il se force.
Mais il déplace son visage, et fige son attention sur lui.
Sur Jason.


« Je… n’ai jamais eu besoin d’une vitrine et d’un costume pour me souvenir de l’événement, Jason. »

Sa voix est blanche.

« Un homme n’a pas besoin d’un symbole pour se souvenir de… de la mort de son fils.
Un… père n’en a pas besoin. »


Ses lèvres tremblent ; il veut s’arrêter. Il veut fuir. Il veut s’échapper.
Il continue.


« Et… et ce n’est pas un symbole de tes fautes, non plus.
Je… n’ai jamais considéré que tu n’étais pas à la hauteur, Jason. J’ai… longtemps considéré qu’il s’agissait d’un échec personnel, de ma part ; et ce n’est pas faux.
Mais pas comme tu le penses. »


Sa main se lève, et son index désigne le jeune homme.
En tremblant.


« Ma… ma douleur n’est jamais venue d’une éventuelle déception, d’une rage face à ta décision de partir seul, ou de combattre seul un combat que… que tu ne pouvais pas gagner.
Je… je ne m’en suis jamais voulu de t’avoir mal formé, je ne t’en ai jamais voulu de… d’être parti.
Je… m’en suis toujours voulu de n’avoir pas été assez présent.
Je m’en suis toujours voulu de… de n’avoir pas été le père en qui tu aurais eu assez confiance pour demander de l’aide. »


L’aveu est difficile ; douloureux.
Il est indispensable.
Et ce n’est pas encore terminé.


« Et… je le redis. Je n’ai pas mis ton costume en vitrine comme un symbole d’un échec, ou d’erreurs passées. »

Bruce détourne les yeux, et les fige sur la vitrine ; sur le costume.
Il ne tient plus.
Il n’arrive plus à retenir les larmes qui, fines et discrètes, veulent s’échapper de ses yeux rougis par l’émotion.


« Cette vitrine, ce costume, c’est… comme un monument. Une statue.
Comme les statues et monuments à la gloire de guerriers passés. De héros passés. »


Un silence de plomb s’installe, soudain ; le choc est rude, difficile.
Bruce reprend sa respiration. Difficilement.


« Jason. »

Ses doigts se figent sur les bras de son fauteuil.
Enfin, les doigts qui peuvent encore bouger ; les autres sont figés, bloqués par les soins et la douleur.


« J’ai… commis bien des erreurs. Je suis coupable de beaucoup d’échecs.
Mais.
Mais… je ne te l’ai jamais dit. Tu… as cru que tu étais une erreur, ou une déception.
C’est faux.
Ma… ma seule déception, c’est… c’est de n’avoir pas été à la hauteur. »


Lentement, Bruce se tourne vers lui.
Ravale son émotion, et hoche lentement la tête.


« A ta hauteur. »

Un sourire crispé glisse sur son visage.

« Tu… n’as pas échoué. Tu n’as pas été indigne. Tu… as fait comme tu pouvais le faire ; et j’en suis fier.
Tu… tu as été le plus formidable jeune apprenti que j’ai connu, Jason ; mais je n’ai pas su te le dire.
Car j’étais jeune. Car j’étais en colère. Car j’étais blessé.
J’ai échoué. Je t’ai laissé tomber. »


Un soupir difficile accompagne ses mots ; mais il continue.

« Cette vitrine… n’était pas un monument aux erreurs ou aux fautes.
C’était un monument… pour célébrer.
Pour célébrer un Héros. Pour célébrer un guerrier. Pour célébrer sa force, sa fougue, son talent ; son Héroïsme. »


Il déglutit difficilement.

« Pour te célébrer. »

Sa main se relève légèrement ; elle tremble, toujours.

« Mon fils. »

Ces mots sont durs, terribles.
Non pas pour ce qu’ils sont – parce qu’ils sont prononcés avec sincérité, et amour.
Mais parce qu’ils arrivent trop tard.
C’est bien là la faute de Bruce ; son erreur. Sa faiblesse. Son échec.
Sa seule et unique honte, concernant Jason Todd.

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MessagePosté le: Jeu 3 Oct 2019 - 15:53



Batman's legacy


Le costume de l’autre côté de la paroi de verre restait immobile, figé dans le temps, figé dans une époque que ni Jason ni Bruce ne pourraient revivre. Aucun des mots que ce dernier prononçait ne referait plisser la cape, le masque ne serait plus tiré par diverses expressions, il n’y aurait plus de pliures sur les gants, pas de frottements avec le reste de la tenue. Le costume était figé devant eux et dans leurs souvenirs, et Jason n’arrivait pas à en détourner le regarder. Pas seulement parce qu’il se sentait hypnotisé par les couleurs de l’autre côté de la vitrine, ou parce qu’il était lui aussi figé par les mots de Bruce – mais parce qu’il parvenait à voir son reflet sur le verre impeccable. Il voyait ses yeux, ses lèvres pincées, la tension dans sa mâchoire qui ne faisait que se décupler le long de la ligne de ses épaules. Il voyait ses cheveux, en bataille à cause du casque qu’il avait laissé près de sa moto, dans l’ombre, et il voyait le sang affluer à ses joues. Sa pomme d’Adam trembla, son regard vacilla et ses yeux se mirent à briller quand il tenta, tant bien que mal, de ravaler l’émotion qui lui barrait la gorge en prenant une profonde inspiration.

De l’autre côté de la vitre, le costume était figé – tout comme le garçon qui l’avait porté. Disparu bien trop jeune, lui non plus ne courrait plus, ne sauterait plus, ne jouerait plus. Pas de la même façon, en tout cas, pas avec la même passion, la même insouciance. Il avait adoré être Robin. Sincèrement, réellement et profondément. Il avait adoré être Robin. Et ce gosse-là, avec sa passion et son rire un poil trop bruyant aurait rêvé entendre ce que Bruce était en train de lui dire. Il s’endormait en se demandant si un jour, lui aussi, il serait… il serait… un héros.

« Ah, putain, » Jason finit par lâcher dans un souffle.

Il s’éclaircit la gorge, renifla et se passa la main sur le visage – en vain. Parce que si le costume était figé, lui ne l’était plus. Il s’était passé quelque chose d’incroyable, de jamais vu, et il était revenu. Il bougeait de nouveau, il parlait, riait même parfois, et sans jamais trop le montrer, ce qu’il faisait, il le faisait parfois avec passion. Il ne rentrerait plus dans le costume de Robin, mais ça ne voulait pas dire qu’il avait entièrement disparu … si ? Il avait entendu les mots de Bruce. Il les entendait.

Et, bordel, c’était aussi douloureux que c’était libérateur.

« Les choses auraient certainement été bien différentes si tu m’avais dit tout ça avant, tu sais. Avant que je parte. »

Il s’essuya rapidement une joue avant de prendre une nouvelle inspiration et de rassembler son courage à deux mains. Puis il détourna finalement son regard du costume lui aussi, et délaissa cette relique du passé – de sa colère, sa douleur, ses faiblesses – pour se tourner vers Bruce et vers ce qu’il se passait maintenant entre eux. Il leva une main aux doigts tremblants, hésitant, et la laissa figée dans les airs.

« Je ne t’en ai jamais voulu, tu sais. De ne pas être arrivé à temps. Même quand je suis revenu. J’ai toujours su que c’était dangereux et que ça pouvait finir comme ça. Je ne t’en ai jamais voulu, même à la fin. »

Il jeta un regard à sa main avant de s’humidifier les lèvres, puis il la rapprocha de Bruce doucement. Quand est-ce qu’ils s’étaient touchés la dernière fois ? Sans chercher à se faire mal, à se faire souffrir, à se rappeler à l’autre de la manière la plus terrible qu’ils soient ? Il se souvenait d’une époque peut-être pas si lointaine que ça où ils s’étaient agrippés au même saladier de pop-corn devant le même film, assis sur le même canapé – blottis l’un contre l’autre, même.

Ses souvenirs n’étaient plus tout à fait comme le costume de l’autre côté du verre. Ils n’étaient plus aussi figés.

« Parce que tu es arrivé à temps tellement de fois avant ça. Quand tu m’as trouvé, quand tu m’as… quand tu m’as adopté. Le costume, l’entraînement… Tout est arrivé à temps. » Il esquissa un léger sourire, le regard toujours baissé vers Bruce. « Tu es arrivé à temps dans ma vie, Bruce. »

Sa main finit son chemin et se posa finalement sur l’épaule de son mentor. De son père adoptif.

« Je suis désolé d’être mort, » rajouta-t-il finalement avant de reporter son regard sur le costume. Figé.

Contrairement à sa main, toujours sur l’épaule de Bruce, légère et souple, mais bel et bien accrochée à lui.


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MessagePosté le: Ven 4 Oct 2019 - 8:23
L'émotion est puissante.
Non.
En fait, elle est... étouffante.


« Hem. »

Au point que Bruce Wayne doive prendre une grande inspiration, après plus d'une minute en apnée ; il avait tout simplement oublié de respirer. Car son attention était concentrée ailleurs.
Sur lui. Sur eux.
Sur Jason ; sur leur relation.

Qui avance enfin. Qui évolue enfin.
Car ils osent, enfin.


« Ja... Jason. »

Sa voix est faible. Son ton est haché.
Ses yeux sont rouges ; mais fixés.
Sur lui. Sur Jason.
Sur cet homme, sur ce guerrier avec qui il s'est tant battu – mais auquel il tient, surtout ; et auquel il s'accroche, là.


« Jason. »

Le jeune homme tient l'épaule de son ancien mentor.
Ce dernier tient le bras du premier.
Le fils tient le père ; le père tient le fils.


« Ne... t'excuse pas d'être mort.
Ne t'excuse jamais d'être... mort. En Héros. »


L'émotion le fait trembler, encore.
Il s'en moque.


« Mais... excuse-moi.
Excuse-moi, Jason.
Excuse-moi de... ne pas t'avoir montré combien te voir en vie...
Cela me remplit de joie. Et de fierté. »


Un sourire triste glisse sur son visage ; une larme silencieuse coule le long de sa joue.
Il ne la cache pas. Il ne la rejette pas.
Il ne repousse pas l’émotion. Il ne refuse pas ses sentiments.
Pas ici. Pas maintenant.

Pas avec lui.

Les deux restent ici pendant plusieurs instants, alors ; accrochés l’un à l’autre.
Silencieux.
Emus. Touchés.
Unis.
Pour la première fois depuis des années. Pour la première fois depuis longtemps.
Trop longtemps.

« Hem. »

Cela s’achève, cependant ; cela ne peut que s’achever.
Par un bruit. Par une respiration.
Par un homme.

« Mons… Monsieur Jason. »

Par un homme qui parle. Par un homme qui a tout vu, ici. Par un homme qui a tout fait.
Tout subi. Tout observé. Tout tenté, aussi, pour que ceux qui vivent en ces lieux trouvent la paix ; trouvent la force de se parler. De s’aimer, comme ils doivent le faire.

« J’ai… j’ai pris la liberté de vous préparer… un sandwich. »

Sa voix tremble ; son ton hésite.
Et pour cause.
Alfred Pennyworth pleure, aussi. Il a vu. Il a entendu.
Il est soulagé. Il est heureux.
Mais… il est Britannique, aussi.

« Mes… mes excuses. Je dois nettoyer l’argenterie. »

Alfred Pennyworth ne libère pas ses émotions en public ; jamais. Ou aussi peu que possible.
Le vieil homme dépose ainsi un plateau, portant le sandwich préféré de Jason, et se détourne. Pour essuyer son visage, et se replier vers le Manoir.
Pour fuir, oui ; parce qu’il ne gère pas bien ça.
Mais… pour les laisser seuls, aussi. Car ils en ont besoin.


« Ha. »

Bruce relâche Jason ; mais se détend légèrement, sur son siège.
Il sait. Il sent.
Il y a encore beaucoup à régler. Il y a encore beaucoup à dire. Il y a encore beaucoup à faire.
Mais. Mais il sait. Mais il sent.
Ça va. Ça va mieux.
Et ça fait un bien qu’il n’aurait jamais imaginé.


« Je… j’ignore comment tu fais pour manger ça, tu sais. Vraiment. »

Sa voix est chaude, douce ; presque rieuse, malgré l’émotion et surtout les blessures, qui rendent encore son débit difficile et son ton rauque.
Bruce sourit. Sincèrement.
Ça aussi, ça fait du bien.

Sa seule main libre bouge, et passe légèrement sur son visage, pour essuyer la larme ; il soupire. Soulagé.
Et concentre son regard sur lui. Sur Jason.
Orphelin. Voleur. Robin. Red Hood.
Héros. Vilain. Guerrier. Tueur. Sauveur.
Qu’importe, au fond ; qu’importent ces mots, qu’importent ces titres. Un seul compte, pour lui.
Fils.

Ce fils qu’il a perdu – et qu’il veut retrouver ; qu’il pense être en train de retrouver.
Il ose y croire. Il ose l’espérer.
Et il ose espérer, surtout, que cela continue. Que cela aille mieux.
Que Jason mange son sandwich, et qu’ils puissent parler calmement… au cœur de la Batcave. Au cœur de leur foyer.

Au cœur de cet endroit bardé de technologie, et rempli d’armes, de véhicules ; de costumes.
Dont un situé, dans l’ombre, à proximité.
Dont un placé juste derrière la table où Alfred a posé le sandwich.
Dont un que Jason pourrait voir…

Batman's Legacy [Jason Todd] Batman_1879503b
… et ne pas reconnaître.
Car c’est un nouveau. Car c’est un prototype.
Ce qui peut déclencher des questions, notamment dans un esprit comme le sien…

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MessagePosté le: Sam 12 Oct 2019 - 15:11



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Il aurait donné cher, à une époque, pour entendre ces mêmes excuses et ce serait mentir que de dire que maintenant elles ne lui faisaient aucun effet. Bruce avait été son père pendant des années, son mentor, son modèle, et s’il était têtu pour ne pas craindre entrer en conflit avec lui, ça restait important pour lui de l’entendre dire ça, de l’entendre dire qu’il était heureux qu’il soit revenu à la vie. Revenu avec sa colère et sa douleur, peut-être, mais revenu malgré tout, non ? Oui, à une époque, Jason aurait tout donné pour entendre ces quelques mots parce qu’à cette époque-là, ça avait été encore si clair dans son esprit. Ces derniers instants, ces dernières pensées… l’acceptation silencieuse quand il avait réalisé que Bruce n’arriverait pas à temps, et la peur soudaine et terrible que ce dernier regretterait de l’avoir pris sous son aile. Et si, s’était-il dit alors, la gorge bloquée par le sang dans sa bouche, les os brisés et les terminaisons nerveuses en feu. Et si lui aussi me regrettait… ? Ca avait fait bien plus mal que le prochain coup de pied de biche. Bien plus mal que la certitude qu’il allait mourir dans quelques instants. Bien plus mal que tout ce qu’il avait ressenti jusque-là. Ce que Bruce venait de lui dire aurait été comme une bouée de secours au milieu d’un océan de souvenirs acharnés, et Jason s’y serait agrippé sans hésiter.

Mais il avait changé. Tout avait changé. Peut-être qu’il n’avait plus envie d’espérer entendre ce qu’il avait toujours rêvé d’entendre. Peut-être qu’il préfèrerait juste… pardonner. Pardonner en dépit de la douleur et de la colère.

L’intervention d’Alfred le surprit, mais pour quelques secondes à peine. Evidemment, ce dernier avait tout entendu, et voir l’émotion sur son visage faillit pousser Jason dans ses retranchements. Sa main était encore posée sur l’épaule de Bruce et ce dernier lui tenait toujours le bras. C’était un pas énorme qu’ils venaient de faire, mais ça ne restait qu’un pas sur toute l’ascension qu’ils devaient faire. Alors il lutta contre les larmes, contre l’émotion et céda, une fois de plus, à son désir et besoin de prouver à Bruce Wayne combien il était fort, même dans les pires moments.

« Merci, Alfred, » dit-il accompagné d’un petit sourire et d’un hochement de tête.

Sourire qui ne fit que grandir tandis qu’il regardait le majordome s’en aller. Il avait des tas de bons souvenirs avec lui – leur chasse aux premières éditions, les petits déjeuners après les patrouilles, des tas - et ses manières si polies et maîtrisées n’avaient jamais cessé de l’amuser. Lui qui avait toujours eu le sang un peu trop chaud et dont on entendait les changements d’humeur dans tout le manoir… Arf, pauvre Alfred.

« A l’entendre, on croirait que tu sors l’argenterie tous les quatre matins, » finit-il par dire, d’un ton plus léger, bien que sa voix porte encore les traces de ce qu’ils venaient de se dire. Il se détacha doucement de Bruce et s’avança vers la table et le sandwich. « Il serait peut-être temps qu’il se trouve une autre excuse. »

Il attrapa l’assiette, la leva au niveau de ses yeux pour mieux inspecter la garniture du dit sandwich puis prit ce dernier avant de reposer le plat. Il eut le temps d’en prendre une première bouchée avant que Bruce ne relance la conversation d’un ton bien moins dramatique pour lui aussi. Jason se retourna vers lui avec un petit sourire.

« Pour te dire la vérité, c’est loin d’être mon sandwich préféré aussi. Alfred m’en a fait un comme ça quand je suis revenu de ma première patrouille seul. Celle que j'ai fait sans ton autorisation. J’avais foiré tout ce que j’avais espéré faire, j’étais épuisé et blessé, alors quand il m’a présenté sa nouvelle création culinaire, j’étais trop affamé et trop démoralisé pour dire quoi que ce soit. Je l’ai mangé tellement vite que je me suis condamné moi-même à devoir en faire mon sandwich préféré. » Il esquissa un sourire et haussa une épaule. « On s’y fait à force. »

Il mordit une nouvelle fois dans son sandwich en dirigeant son attention sur ce qui les entourait plutôt que sur le maître des lieux. Sa respiration était encore tremblante de l’échange qu’ils venaient d’avoir, et il espérait se reprendre un minimum avant que Bruce ne lui confie la véritable raison de sa présence ici. Car il n’était pas venu pour se perdre dans les réminiscences d’une époque révolue, non. Si Bruce pouvait de toute évidence se laisser aller à l’émotion, il ne faisait jamais rien dans le vide et il doutait que son accident l’ait attendri de ce côté-là. Il s’attendait même plutôt à tout le contraire de cela.

Et il n’avait pas tort.
Son regard s’arrêta sur un tout nouvel arrivant dans la Batcave. Un autre costume sous verre, bien que celui-là n’était qu’à l’état de prototype et encore en cours de fabrication. Mais inutile de le voir fini pour savoir ce que c’était. Jason le voyait déjà clairement. Le signe, la cape, les ombres dans le ciel de Gotham…

Il tourna la tête vers Bruce en haussant un sourcil.

« Sérieusement ? Dans ton état ? » Il jeta un nouveau regard au costume. Il était un brin différent ceci dit. C’était une armure, bien sûr, mais elle ne semblait pas suivre les lignes habituelles des silhouettes que Bruce préférait d’habitude revêtir. « Qu’est-ce qu’il a de spécial, celui-là ? Il t’aidera à remarcher pour que tu retournes plus vite dans les rues ? »

Il plaisantait, bien sûr, et c’était évident à son ton. Mais quand Bruce ne répondit à sa blague qu’avec un silence mesuré, il se retourna vers lui, de nouveau parfaitement sérieux.

« Personne te laissera sortir d’ici, Bruce, » lui dit-il doucement. « Pas cette fois. Laisse-nous Gotham pour quelques mois. »


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MessagePosté le: Lun 14 Oct 2019 - 10:12
Un léger sourire glisse sur le visage de Bruce Wayne, alors que Jason Todd glisse quelques observations après l’intervention d’Alfred Pennyworth ; c’est une diversion, bien sûr.
Le jeune homme parle d’autre chose, part sur autre chose, pour couper court au moment d’émotion, si intense. Il ne sait pas le gérer ; il ne sait pas gérer ça.


« Ha. »

Bruce hoche la tête, et parle d’une voix lente.
Il accepte la diversion.


« En fait… Alfred a vraiment beaucoup de travail… avec l’argenterie. »

Lui non plus ne sait pas gérer l’émotion ; lui aussi a baissé les yeux, gêné.
Mais il apprécie.
Il apprécie ce qu’il vient de se passer. Ce qu’il vient de se dire.
Ce qu’ils viennent de se dire.


« Il y a… l’argenterie de mes parents. L’argenterie des grands-parents Wayne. L’argenterie des grands-parents Kane. L’argenterie des aïeuls. L’argenterie des invités. L’argenterie de la journée. L’argenterie des festivités. L’argenterie des moyennes festivités. L’argenterie des grandes festivités. »

Bruce compte, avec les doigts de sa seule main valide ; ça lui fait un peu mal.
Il continue quand même.
Ça le fait sourire. Ça l’amuse ; il espère que Jason en profite également.
Cela, alors, n’aurait pas de prix.


« Ha… et l’argenterie du Président. Bien sûr. »

Il relève un regard complètement sérieux vers Jason.
Il ne plaisante pas ; les Wayne recevaient du beau-monde, avant que le dernier héritier décide de mener une vie de quasi-reclus.


« Alfred l’a d’ailleurs utilisé lors du premier repas ici de Loïs et Clark, ici. »

Il hoche la tête… puis tente de garder son sérieux, quand Jason avoue son peu de goût pour le sandwich pourtant légendaire d’Alfred.
Il n’y arrive pas vraiment.


« T… tu… ha. »

Il n’y arrive pas du tout, en fait.

« Haha. Hahaha. Tu… ha. Hahaha. Tu n’aimes… hahaha. HAHAHAHA ! »

Il part dans un terrible fou rire.
La Batcave entière résonne de son rire ; elle n’y est pas habituée.
Lui non plus.

Bruce Wayne ne pratique jamais le fou rire ; en tout cas, très rarement.
Il s’y abandonne, ici.
Là aussi, cela fait mal – là aussi, cela le touche et le heurte. Mais il s’en fiche.
Ça fait du bien de rire. Avec Jason.


« Haaa… haaaaaaa… »

Il se reprend, cependant ; après quelques instants terribles.
Un sourire joyeux demeure sur son visage, quand il le relève – mais l’expression positive disparaît, soudain.


« Ha. »

Car il voit.
Car il voit ce que Jason voit.


« Hrm. »

Bruce fait disparaître son sourire, et grogne ; il reste silencieux à la plaisanterie de Jason… parce que ce n’en est pas une.
Son regard se trouble, quand le jeune homme annonce son refus – leur refus de le laisser faire.
Pas cette fois, dit-il ; pas cette fois.


« C’est… »

Bruce sait pourquoi ; il sait pourquoi Jason dit cela, et pourquoi il s’interrompt.
Il a raison. Ils ont raison.
Bruce est trop vieux. Bruce est trop blessé. Bruce est dépassé.
Bruce mourra, si jamais il parvient à se remettre de ces blessures pour retourner dans la rue.

La logique et l’intelligence impliquent de ne jamais faire cela.
Mais.
Mais, pense-t-il ; mais.


« Il… faut. Un Batman. »

Sa voix est lente. Faible.
Mais déterminée. Autoritaire.


« Il… faut. Il faut un Batman.
Tu le sais. Vous le savez.
Il faut un Batman. Et… et je ne veux… »


Il baisse des yeux rongés par l’émotion.

« Être Batman… c’est un sacrifice. Une catharsis.
Une voie… vers l’enfer. Son enfer. Personnel.
Je… sais. Je sais que vous pouvez. Je sais que vous pourriez.
Mais… je ne veux pas. »


Bruce soupire, et sa main valide se crispe.

« Je ne veux pas… de ça. Pour vous.
Un… père ne peut accepter… que ses enfants souffrent, Jason. »


Il décale légèrement sa chaise, avec sa main valide, et s’approche du costume.
Il s’arrête devant, et pose une main tremblante dessus.


« Je… sais.
Je sais que… je ne tiendrais pas. Que je ne devrais pas.
Que… ça ne durera pas.
Mais.
Mais chaque minute. Mais chaque heure. Mais chaque Vilain arrêté. Mais chaque monstre stoppé. Mais chaque danger affronté.
C’est… ça de moins. Pour vous.
C’est… un risque de moins. Que vous… que vous… »


Sa voix se brise ; l’émotion est trop forte.
Bruce Wayne sait. Il l’a toujours su.
Il mourra dans ce costume. Il mourra pour ce costume.
Il s’en veut de leur faire cela ; il s’en veut de leur faire subir cela.
Mais c’est mieux.
Mais c’est toujours mieux… que de vivre, pour les voir périr. A sa place.
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MessagePosté le: Lun 14 Oct 2019 - 20:44



Batman's legacy



« L’argenterie du Président pour Loïs et Clark… Pourquoi ça ne m’étonne pas ? » grommela Jason.

Il était rassuré de voir que Bruce le suivait dans sa misérable tentative de changement de sujet. Il s’était connu plus discret et plus efficace, mais qu’on lui pardonne, avec ce qu’il venait d’entendre et de dire, ce qu’ils venaient d’échanger, il avait bien le droit à l’erreur. Sa voix lui semblait encore faible, et s’il inspirait trop profondément, ses poumons tremblaient dans sa poitrine, mis à mal par toutes les larmes qu’il avait versées et celles, encore plus nombreuses qu’il avait ravalé tant bien que mal.

Il ne s’attendit pas, ceci dit, à ce que Bruce éclate de rire. Toujours armé du pire sandwich de l’année, auquel on finissait cependant par s’habituer, Jason se retourna vers son père adoptif, un brin surpris. Puis, amusé à son tour. Il le regarda rire comme rarement il l’avait vu rire, surtout pas ici, dans la cave. Ici, il n’était jamais si… si bruyant, si démonstratif. Il l’était rarement à l’étage, mais ici, on était dans son sanctuaire. Ici, c’était sacré. C’était bien, pourtant, de le voir rire au milieu de la roche et des équipements high-tech. Ca jurait un peu avec le décor, mais ce n’était pas désagréable. Jason n’était pas stupide au point de s’acclamer seul et unique propriétaire de cette réussite, ceci-dit. Beaucoup de choses avaient changé depuis qu’il ne vivait plus au manoir, et ce Bruce qui riait et que lui observait avec un peu trop d’insistance, le sourire aux lèvres, était la somme de toutes ces choses. Selina était certainement en tête de liste. Mais ça restait chouette. Ca lui rappelait des tas de souvenirs.

Il appréciait. Beaucoup.
Il célébra ça avec une nouvelle bouchée du sandwich du moment. Ah, bon sang. Toujours aussi mauvais. Merci, Alfred, avait-il dit à l’époque, et merci, Alfred pensait-il encore à l’instant.

Il reporta son attention sur le costume en même temps que Bruce et laissa ce dernier tenter de s’expliquer. Il vit de la fatigue dans ses mots – pas celle dû aux blessures ou à l’âge, non. Celle que lui-même ressentait quand on repoussait ses propos. La même lassitude qui semblait le prendre jusqu’aux os quand il se retrouvait obligé d’argumenter, d’expliquer pourquoi, oh oui pourquoi le Joker méritait de mourir. Le combat éternel de Bruce n’était pas le même, mais les cicatrices, le poids, eux, étaient trop semblables pour que Jason ne les reconnaisse pas.

« Tu te feras juste tuer, Bruce. Si t’y retourne comme ça, trop tôt, trop vite. Et il se passera quoi, après ? Plus de Batman ? Dick de retour dans le costume ? Mfff, on sait aussi bien l’un que l’autre qu’il n’en a jamais voulu. »

Il suivit Bruce du regard tandis que ce dernier s’avançait vers le costume pour poser sa main sur la capsule de verre qui le maintenait en sécurité en attendant la fin de sa confection. Il comprenait sa lassitude parce qu’il l’avait ressenti lui aussi, et il comprenait bien d’autres choses aussi, des choses que lui aussi ressentait, sans jamais avoir voulu les avouer.

« Il n’y a pas que ça, n’est-ce pas ? C’est pas juste de la peur et un besoin qui vire à l’obsession maladive de tout contrôler. Tu parles d’enfer et de catharsis comme si c’était des malédictions, mais au fond… au fond, tu y es attaché. Tout ce que cette foutue cape traîne sur elle, tu t’y es fait. Tu sais ce dont tu es capable dans ce genre d’environnement, tu sais ce que tu vaux, et malgré le traumatisme, malgré tout, c’est instinctif. C’est ce que tu es tout au fond, ce que tu es vraiment. »

Il reporta son regard sur le costume. Il s’était vraiment dépassé cette fois-ci. Le design suivait le thème général des costumes de Batman, mais celui était plus… en finesse. Nul doute que mille pièges seraient cachés dans les lignes du costume, sous la cape qui n’était pas encore installée, dans la ceinture et partout où il pouvait y en avoir. Bruce était toujours prêt à faire face à absolument tout – sauf, peut-être, son impossibilité à voir plus loin que le prochain design du costume dans lequel il finirait par mourir, un jour ou l’autre.

Jason pouvait comprendre ça aussi. S’il n’en avait pas réellement pris conscience alors qu’il n’était que Robin, les évènements se sont chargés pour lui de faire de ce fait une certitude qu’il portait encore à ce jour : il crèverait dans une ruelle sombre, dans le noir et les ordures de Gotham, en tant que Red Hood et non pas Jason Todd. Il s’y était fait. Il l’avait déjà fait, alors ça ne lui faisait plus vraiment peur.

« Tu n’as pas encore réalisé que nos enfers ne sont pas les tiens, et qu’on y a tous déjà fait un tour. » Il baissa les yeux vers Bruce. « Bordel, j’y ai même vécu un temps dans le mien. On n’est plus préparés que ce que tu crois. Laisse-nous Gotham. Je crois que tu as mieux à faire pour le moment. » Il marqua une pause et haussa les épaules. « Tu n’es plus tout seul. »

Enfer et catharsis. Ca faisait partie de leur quotidien, à tous. A des degrés plus ou moins différent, certes, mais personne n’appréciait de se regarder dans un miroir après une longue nuit de patrouille, après la violence et la peur. Certains le supportaient mieux que d’autres. Jason connaissait l’alternative mieux que quiconque. Quand on ne peut plus se regarder, quand ça devient trop dur, on meurt. Il avait testé, et non merci. Il payait ses dettes désormais, sans rechigner. Il n’avait plus grand-chose à faire de son âme – au moins, son cœur battait.

« On les prend tous consciemment, ces risques. Comme toi. Alors peut-être qu’il est temps que tu te soucies de ce que toi, tu pourrais perdre là-bas dehors. Peut-être que tu peux arrêter de te sacrifier, peut-être que tu n'en as plus autant besoin. Peut-être que tu changes, enfin. »

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MessagePosté le: Mar 15 Oct 2019 - 13:14
La bonne humeur et la légèreté se sont envolées.
Une fois de plus.
Hélas.

Bruce Wayne est dans son fauteuil, devant la nouvelle armure ; le regard baissé.
Il entend Jason Todd, qui parle et réagit à son propre discours.
Il l’écoute, surtout.
Et c’est une nouveauté, plus encore que sémantique.

Habituellement, le Chevalier Noir entend les paroles de ses proches – leurs conseils, leurs alertes ; leurs demandes pour en faire moins, pour déléguer plus.
Mais il ne fait que les entendre.
Au fond, il ne les écoute pas. Au fond, il refuse autant d’écouter que d’accepter les arguments qu’ils présentent.

Au fond, le Batman sait qu’il peut tenir – et qu’il va tenir.
Qu’importe les épreuves.

Mais.
Mais les choses ont changé. Mais les choses évoluent.
Mais c’est Bruce Wayne, qui est là.
Bruce Wayne.
Blessé. Handicapé. Mutilé, peut-être ; brisé.
Bruce Wayne, donc.

Et pas le Batman.


« Hrm. »

Un grognement lourd s’échappe de sa gorge.

« Je… ne peux pas. »

Il soupire, en prononçant ces mots terribles.

« Je ne peux pas. »

Les répéter ne fait qu’amplifier la douleur ; il ne s’arrête pas, cependant.
Il ne peut pas. Il ne veut pas.
Il ne veut plus.


« Tu… as raison. Je m’y suis attaché. Je m’y suis projeté.
Je m’y suis associé. »


Sa main tremblante monte vers le symbole ; vers cette chauve-souris stylisée.
Il n’arrive pas à l’atteindre, assis ainsi.
Ça fait mal. Moins que le reste de son discours, qu’il continue cependant.


« Beaucoup… beaucoup disent que j’ai changé à jamais, la… la nuit où mes parents sont morts. »

Silence ; soupir.
Même trente ans après, l’évoquer est difficile.
Mais indispensable.


« Et c’est vrai. J’ai changé.
Je… une part de moi a disparu. Une part de moi s’est évaporée – et n’est jamais revenue.
Bruce Wayne… je suis Bruce Wayne. Mais je ne serais jamais le Bruce Wayne qui aurait dû exister ; je ne parle pas ici de celui qui aurait existé sans leur… disparition.
Je suis Bruce Wayne. Mais je suis Bruce Wayne… le Batman. »


Il grimace, et relève lentement les yeux vers Jason.

« Tu as raison. Je suis attaché à ça.
Je… j’en suis dépendant.
C’est une drogue. C’est ma raison de vivre. Ce serment… ce vœu. Cette promesse impossible.
C’est ça. C’est ça qui me fait tenir. C’est ça qui me fait… vivre.
Alors… alors si on me l’enlève, si… je dois arrêter. Je… ne serais plus rien, alors. »


Bruce détourne des yeux, émus ; honteux.

« Et… je ne veux pas.
Je ne veux pas que vous… fassiez ça. A ma place.
Non pas que je ne vous fasse pas confiance.
Mais… je sais ce que vous affronteriez. Je sais que vous connaissez vos enfers – mais je connais Gotham. Je connais cet enfer.
Et… et je ne peux… »


Il soupire.

« Dick ne remettra plus le masque ; je l’interdis. Il a son existence, il a son nom, il a sa légende. Je refuse.
Comme… je refuse que Tim subisse cela. Pas… pas après BatTim. Pas alors que je sais qu’il… que sa voie est celle d’un créateur, d’un innovateur.
Et… »


Il grimace. Ses mains tremblent.

« Damian prendrait cela trop à cœur. Damian serait… trop.
Il mérite une vie normale.
Comme… toi. »


Bruce refixe son regard sur Jason.

« Je ne peux vous demander cela.
Pas après ce que vous avez vécu ; pas après ce que vous avez subi.
Batman… vous a détruits.
J’ai fait au mieux, mais… ce symbole, cette quête ; ce serment. Mon serment.
Ça vous a détruit.
Je… ne supporterais pas. Que ça vous tue. »


Ses mains tremblent. Ses yeux rougissent encore.

« Une fois de plus. »

Un souffle ; un murmure.
Avant qu’il détourne le regard.
Avant qu’il manipule son fauteuil… pour s’avancer au cœur de la Batcave. Pour s’enfoncer entre les machines.
Entre les ombres.


« Je… je travaille sur une machine. Une machine mêlant plusieurs… technologies. Du clonage. Autant de corps que d’esprit.
Je… les résultats sont bons. Il y a des avancées. Je… je pourrais réussir.
Je pourrais faire que… il y ait toujours un Batman.
Sans que vous ayez à l’être.
Je peux réussir. Je peux réussir. Il me faut juste un peu temps. Il faut juste que je tienne un peu… »


Il délire ; littéralement.
Rongé par la douleur. Ecrasé par la défaite. Hanté par ses faiblesses et ses pertes.
Bruce Wayne se perd.
Par amour.
Par incapacité totale d’imaginer ses proches en tête ; par fidélité envers eux.
Il est prêt à tout.

A mourir. A se sacrifier.
A réaliser l’impossible.
Tout, oui.
Du moment qu’ils survivent. Du moment qu’ils n’ont rien.
Enfin.

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Timothy Drake / Batman
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MessagePosté le: Mar 29 Oct 2019 - 13:28

« Batman's Legacy »
ft. Bruce Wayne / Jason Todd
_____Bruce était réveillé. Il savait qu’on ne pouvait pas abbatre son père adoptif aussi facilement. Une petite voix dans sa tête en était toujours convaincue. Un beau jour, il se redressera et pourra se battre à leurs côtés, comme avant. Ce n’était qu’une question de jour, un peu de repos. La famille allait probablement s’organiser pour s’occuper de Gotham City en son absence. Tout redeviendra comme avant, non ?
C’est ce qu’il espérait au fond de lui. Le changement, dans cette famille, était rarement positif. Mais Bruce vieillit, Tim devait se faire une raison. Plus rien ne sera comme avant. C’était probablement pour ça qu’il n’avait pas réussi à parler en tête à tête avec son père adoptif. Leur rare interaction depuis son réveil se résumait à quelques hochements de tête de la part de l’adolescent. Un sourire mécanique, une réponse positive avant qu’il ne quitte le manoir pour ses occupations.

Promener le chien, dormir chez un ami, fuir un peu le manoir de peur d’affronter la réalité. Alfred l’avait remarqué. Le chien n’était probablement qu’une excuse pour fuir la demeure. Le jeune homme avait probablement assez de soucis à régler, de vieux démons à chasser. Il avait besoin de temps en solitaire, seul face à lui-même. Il n’avait plus d’école mais il avait des projets. Ces projets sont tombés à l’eau, il a dû rentrer à Gotham. A son retour dans sa ville natale, Bruce était gravement blessé. Il n’a jamais réellement su pourquoi il était rentré mais un simple coup d’œil sur l’actualité aurait fini par lui mettre la puce à l’oreille. Il ne pourrait pas l’entendre de la bouche de Tim, ce dernier se contentait de répondre qu’il lui expliquerait plus tard en filant vers la sortie la plus proche.

Aujourd’hui, il devait sortir le chien. Il est parti depuis trois heures sans donner de nouvelle. Il n’a finalement promené l’animal que pendant une trentaine de minutes. Le reste du temps, il l’avait laissé se rouler sur le gazon des jardins du manoir. Lui, était assis sur les marches du grand escalier, ses doigts s’agitait nerveusement sur l’anneau qu’il portait sur lui, symbole de son union avec Stephanie, sa fiancée et la femme de sa vie. Il ne l’avait pas dit non plus à Bruce. Il semblerait que le père adoptif est raté beaucoup de chose.
Alfred l’a remarqué depuis plus d’une heure. La maison n’a pas de secret pour lui. Il observa le jeune garçon de dos. Il avait probablement besoin d’un petit coup de pouce pour faire le premier pas vers son père adoptif.

« Maître Bruce souhaitera s’entretenir avec vous, Maître Timothy. » rétorqua Alfred dans le dos du jeune homme, il s’était placé au-dessus de lui, en haut des marches. « Si votre canidé est source de problème pour vous, n’hésitez pas à me le confier. »

« Je… oui. J’arrive tout de suite. » rétorqua le jeune homme.

Alfred n’allait pas bouger, pas tant que Tim ne réagissait pas. Machinalement, l’adolescent se redressa, jeta un rapide coup d’œil en direction de son chiot qui était en train d’aboyer sur l’un des chats de Selina pour essayer de le chasser. Il ne fera pas le poids, mais il essayait de grogner plus fort. Tim remonta doucement les marches de l’escalier. Alfred tendit sa main et baissa son regard en direction de la laisse que tenait le jeune homme. Floki ne sera plus une excuse pour fuir. Tim accepte de confier son animal et finit par entrer dans le manoir. Mission accompli pour le majordome de la maison. Il laissa échapper un léger sourire au coin.

Tim savait parfaitement où est ce qu’il se trouvait, mais il prenait son temps pour descendre jusqu’à la Batcave. Il soupira, est ce qu’il savait qu’Alfred avait menti ? Peut-être. Ce qu’il ignorait, c’est que Jason était présent également. Il ralentit le pas pour écouter un moment leur conversation. Au moment où Tim était arrivé sur les lieux, Bruce faisait référence à son attachement à Batman, à sa dépendance. Il ne voulait pas confier ce rôle à sa famille pour diverses raisons.
Il fait également mention de BatTim, ces poings se serrèrent mécaniquement. Il essayait de se sortir cette version futuriste de sa tête. Il essayait de l’oublier, de faire comme si elle n’existait pas. Mais elle était là, elle hantait ses cauchemars et lui rappelait qu’il pouvait finir comme cet homme. Tout ce qu’il lui manquait, c’était une mauvaise journée.

« Non, Bruce, tu ne peux pas. » rétorqua l’adolescent pour finalement descendre les escaliers qui le séparaient de lui et de Jason. « Tu ne tiendras pas. Tout le monde le sait et TU le sais. » Il détourna le regard. « On a bien failli te perdre, cette fois. Si tu continues de tirer sur la corde, ce n’est pas ma version futuriste qu’on enterrera cette fois. » il baissa les yeux, croisa les bras et baissa la tête. « C’est toi… » un ange passa, ses paroles lui glaçait le sang. « Personne ne veut que ça arrive. Cette fois, tu dois lâcher prise. »

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MessagePosté le: Lun 4 Nov 2019 - 16:28



Batman's legacy



Jason comprenait, peut-être plus que Bruce ne pouvait l’envisager. Il comprenait ce que ça voulait dire d’être Batman avant d’être Bruce Wayne. Il était Red Hood avant d’être Jason aussi. Pendant plusieurs mois, après son … retour, il avait été Red Hood parce que Jason n’existait plus aux yeux de la loi, et même maintenant, même depuis qu’il avait fait son grand retour dans la société et que la date de sa mort avait été barrée de son certificat de naissance. Il avait été Red Hood trop longtemps pour envisager être autre chose – alors il comprenait. Il comprenait aussi le côté malsain d’une telle logique, la toxicité qui se cachait dans un tel raisonnement et l’autodestruction qui n’attendait qu’un seul petit déclic pour s’enclencher. Il comprenait un peu trop, d’ailleurs, pour pouvoir en dire quoi que ce soit ou pour chercher à le contredire. Ce n’était pas à lui de prendre Bruce par les épaules et de le secouer, qu’il en meurt d’envie ou pas. Il n’aurait pas les mots, et pas les bons réflexes, parce qu’il savait qu’à sa place, il serait là, lui aussi, sur son fauteuil roulant à se laisser hanter par des tas de fantômes et à espérer pouvoir les retrouver à l’extérieur le plus vite possible.

De l’autodestruction et juste un petit clic pour la tenir à distance.

Il laissa Bruce lister ses arguments, bâtir son raisonnement, comme si Jason avait protesté à un moment. Il s’était préparé à tout ce qu’il pourrait lui dire, visiblement, et il était bien déterminé à aller au bout de sa logique pour prouver à qui voudrait l’entendre qu’il faisait le choix le plus logique. Comme si c’était plausible, comme si ce n’était pas juste parce que sa logique à lui était plus bruyante, plus imposante. Jason le laissa enchaîner les contres et parer tout ce qu’il pourrait dire sans chercher à le couper, cherchant à remonter lui-même la piste de la réflexion de Bruce. S’il pouvait y comprendre quelque chose, peut-être pourrait-il comprendre sa propre logique. S’il pouvait comprendre pourquoi Bruce Wayne était Batman avant d’être milliardaire, alors il comprendrait alors peut-être pourquoi lui-même était Red Hood avant d’être un fils prodigue.

Mais ses réflexions furent stoppées nettes par une petite pause. Une pause légère et presque insignifiante mais terrible quant à son placement dans la phrase de Bruce. Pleine de sens.
Damian mérite une vie normal. Comme… toi.

Il reporta son regard vers Bruce juste au moment où ce dernier se tournait lui aussi vers lui.
Je ne peux pas vous demander ça disait-il, mais cette pause affirmait qu’il y avait pensé, pourtant. Pensé à le leur demander. Non, pas à eux. A lui. Jason réalisa alors qu’il s’était peut-être trompé, que peut-être Bruce était conscient des similitudes entre eux. Il connaissait la logique de ce dernier – implacable et parfois froide – et il réalisa qu’il avait probablement tout pris en considération. Qu’il s’était sûrement surpris à un moment ou un autre à penser que la meilleure solution serait de… de…

Autodestruction. Clic.

Jason suivit des yeux Bruce tandis que ce dernier s’enfonçait dans les ombres pour lui parler de son projet actuel – projet dont Jason écouta les spécificités que d’une oreille distraite, en toute honnêteté. Son regard naviguait entre la silhouette du fauteuil roulant et de son propriétaire et le costume dans sa capsule de verre. Il ne savait pas s’il devait être en colère ou déçu, s’il devait être blessé et se sentir délaissé par ce qu’il venait de comprendre. L’idée d’un clone était ridicule et Bruce se fourrait le doigt dans l’œil s’il pensait vraiment que ça marcherait – mais Jason prit un certain plaisir enfantin à le voir en parler avec tant de frénésie, comme s’il cherchait à se persuader lui-même du bienfondé de son choix.

Parce qu’il avait pensé à une autre solution. Plus évidente, plus facile. Et maintenant, il était là, à parler de clonage, comme si c’était durable, faisable, envisageable parce que l’autre option, la plus évidente, il refusait de l’accepter. Oui, la petite pause avait été là, terrible, certes, mais le reste de la phrase aussi. Le tu mérites une vie normale avait été là, lui aussi.

Ca non plus, ce n’était pas durable, faisable ou même envisageable, mais bon sang, Bruce s’y accrochait comme un forcené. Même s’il savait… il savait la vérité, tout comme Jason.

Ce dernier se détourna du costume en cours de fabrication pour se tourner vers Bruce, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Il ouvrit la bouche pour prendre la parole mais fut coupé par Tim qu’il n’avait même pas entendu descendre dans la cave.

En temps normal, Jason se serait détourné. Il se serait enfoncé dans les ombres et aurait pris la poudre d’escampettes, parce que si parler à Bruce était toujours difficile, ça l’était encore plus quand ils étaient en présence des autres. Pourtant, ils se connaissaient tous, mais face à eux ; Jason se sentait moins… Moins. Mais pas cette fois. Cette fois, il ne se détourna pas. Pas tout de suite, du moins. Il avait un programme d’autodestruction à compléter d’abord.

« Laisse-moi le faire, » finit-il par lâcher.

Il s’éclaircit la gorge, releva la tête vers Tim puis vers Bruce qu’il ne lâcha finalement pas des yeux.

« C’est une idée merdique, ton histoire de clone. Tu le sais. »

C’était dans la petite pause. Il ne faisait ça que parce qu’il refusait d’accepter ce qui serait le plus logique. Il était désolé, oui, que Jason soit mort. Ca l’avait touché peut-être bien plus que ce dernier ne l’avait jamais soupçonné. La preuve était sa frénésie de scientifique fou actuelle. Mais ça ne changeait rien aux faits. Son truc c’était la logique froide et implacable. Il fallait qu’il y fasse honneur.

« Tu y as pensé, » reprit-il. « Tu y as réfléchi, et tu l’as envisagé. Je… » Il hésita un bref instant. Comment dire ? Comment dire combien ils étaient semblables tous les deux ? Comment l’avouer ? « Merde, m’oblige pas à le dire. Tu le sais, c’est tout. »

Il désigna le costume.

« T’as pas créé ce costume pour un clone. Tu dois reprendre des forces si tu veux un jour espérer redevenir Batman, et Gotham ne te laissera jamais le temps de le faire, sauf si, pour un temps, tu te sépares de Batman. »

Il fut pris d’une terrible vague de doute.
Comment pouvait-il être si sûr de lui, au final ? Il restait le fils qui était mort. Celui qui avait décidé de faire face au Joker tout seul. Celui qui avait volé en direction du danger en solitaire après avoir exigé de Bruce qu’ils fassent une pause. Il était celui qui avait baigné dans les eaux de Lazare, dans leurs folies discordantes, celui qui avait versé le sang, exigé une vengeance et qui, en son sein n’était toujours pas sûr de croire en l’idée de rédemption et de seconde chance.
Alors comment pouvait-il être aussi sûr ?

Il jeta un regard vers Tim. Il aurait été un meilleur choix. Tout le monde aurait été un meilleur choix.
Et pourtant.

« Tu y as pensé, » répéta-t-il en reportant son attention sur Bruce. « Tu y as pensé, n’est-ce pas… ? »

Clic.

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Bruce Wayne
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MessagePosté le: Lun 4 Nov 2019 - 16:56
Bruce leur tourne le dos ; à eux deux.
A Tim. A Jason.

A Tim.
Son fils ; son fils adoptif. Celui qui l'a été le plus longtemps. Celui qui n'a jamais voulu l'être – mais qui a dû l'être.
Obligé de devenir Robin car il avait identifié la double identité de Batman, et surtout compris que le Chevalier Noir avait besoin d'un assistant. Obligé de prendre le relais car Dick Grayson refusait.
Obligé de devenir un Wayne... parce que ses activités avaient mené ses parents à la mort ; obligé de vivre avec ça. Et la perspective de devenir un monstre, si les bons choix ne sont pas faits.
Un destin terrible. Un poids abominable, pour un être d'exception, suffisamment bon pour rejoindre la Batcave sans l'alerter.

A Jason, aussi.
Son fils ; son fils adoptif. Le premier.
Le plus dur.
Le plus violent. Le plus agressif. Le plus incontrôlable. Le plus terrible.
Constamment certain de n'être pas assez bon ; constamment persuadé de n'être pas à la hauteur. Constamment rongé par le doute, la peur ; la honte. La haine. La violence.
Une tornade. Une furie. Un guerrier.
Qui est mort ; qui est tombé. Qui ne se l'est jamais pardonné. Qui n'a jamais entendu, non plus, ses proches le rassurer. Sûrement parce qu'ils ne parlaient pas assez forts, aussi.

Bruce leur tourne le dos, oui ; les yeux fermés.
Pour bloquer les larmes.
Pour ne pas craquer. Pour ne pas céder. Pour ne pas s'effondrer.
Devant eux. A cause d'eux.
A cause de leurs morts ; de la justesse de leurs mots.

Mais...
Il n'a pas le choix ; il ne peut pas.
Rester silencieux. Se taire.
Il ne peut pas. Il ne peut plus. Il ne doit plus.

Bruce l'a fait des années – des siècles, même, pourrait-on dir ; où cela l'a-t-il mené ?
Ici. Maintenant.
Dans cette chaise. Dans cette cave. Dans cette obscurité.
Dans cette douleur.
Et cette haine de lui-même, si forte qu'elle en devient palpable.

Alors...


 « Oui. »

... il cède.
Il parle ; il leur parle.


 « Oui. »

Avec une voix plus forte qu'il ne le pensait ; plus assurée qu'il ne le craignait.

 « Dick est... moi dans mes bons jours ; en forme, rieur, amusant, sympathique. Inspiré. Inspirant. »

Il soupire.
Chaque mot est une douleur ; chaque souffle est une souffrance.
Indispensables.
Pour eux. Pour lui, aussi.


 « Damian est... moi, aussi ; dans mes moments égocentriques. Quand je veux tout contrôler, tout gérer, tout réussir ; en le disant. En l'annonçant. Pour prouver ma supériorité, et surtout à moi-même. »

Parce qu'ils le méritent. Parce qu'ils ont fait assez pour cela.
Parce que ce sont ses fils – ses fils adoptifs.
Ses héritiers.


 « Vous...
Tim, tu es moi ici. Tu es moi quand je construis, quand je créé ; quand je dirige. Quand je rêve. Quand je pense le futur... meilleur. »


Bruce sourit, légèrement.
En direction du jeune homme ; qui n'a que trop souffert.
Qui ne devrait pas être là. Qui devrait construire – ailleurs. Non pas dans l'obscurité, mais dans la lumière.


 « Jason, tu es... moi. »

Il soupire.
Et, d'une main tremblante, désigne une direction ; une voie.
Un endroit.


 « Moi... lui. »

Il désigne la vitre ; l'armure, en dessous.
Batman.


 « Je le sais. Je l'ai toujours su.
Tu es... moi, en Batman. La colère. La fureur. La rage. La guerre.
Contre le crime. Contre les criminels.
Tu es... le guerrier. Le soldat. D'une guerre sans fin ; d'une guerre sans victoire. »


Bruce fige un regard terrible sur Jason ; il sait.
Il sait ce qu'il veut faire.
Il sait que Jason veut fuir... mais ne le fait pas ; ne le fera pas. Il n'y arrivera pas.
Comme lui... n'arrive pas à fuir, là. A arrêter.


 « Tu... oui. Oui, j'y ai pensé.
Que tu me remplaces. Que tu prennes ma place. Que tu sois... Batman.
Mais... »


Il détourne les yeux.
Emu.


 « Non. »

Sa voix se brise.

 « Comme... je ne veux pas que Tim le soit.
Je sais. Je sais que vous voulez bien faire.
Mais... je sais.
Je sais ce que vous feriez ; jusqu'où vous iriez. »


Il prend une grande inspiration ; il tremble.

 « Vous... irez trop loin ; trop vite, trop fort.
Vous... vous perdrez.
Vous... je... je vous verrais... »


Tomber ; périr.
Mourir.


 « Je... ne peux pas. »

Bruce ferme les yeux ; il frissonne, encore.

 « Je ne peux pas... voir ça.
Je... ne veux pas.
Que l'un d'entre vous... fasse ça. Je ne veux pas. Je... ne peux pas savoir... que mon fils... fait ça. Subit ça.
Seul. »


Il serre les poings ; il ne le supporterait pas.
Il ne l'acceptera pas.


 « Alors... non.
J'y ai... pensé, oui. J'y ai pensé. A toi. A vous. A l'un ou l'autre.
Et... non.
Plutôt... moi. Que vous. Toujours. »


Bruce rouvre des yeux émus, et les fige sur eux ; sur ses fils.
Qu'il aime – plus que tout.
Et qu'il refuse de voir périr ; pas s'il peut l'empêcher.


 « Plutôt... moi. Par... par n'importe quel moyen.
Plutôt moi que... l'un d'entre vous. »
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Timothy Drake / Batman
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MessagePosté le: Lun 4 Nov 2019 - 22:16

« Batman's Legacy »
ft. Bruce Wayne / Jason Todd
_____L’adolescent était un peu arrivé tel un cheveux dans la soupe. Il savait qu’Alfred avait menti, Bruce ne souhaitait pas le voir, en tout cas, pas maintenant. Il aurait très bien pu faire demi-tour au moment même où il l’avait compris. Mais le sujet lui tenait à cœur et il devait épauler son frère. Ils devaient s’allier pour convaincre leur mentor. Quand on connaît la chauve-souris, on sait très bien qu’on n’est jamais trop nombreux pour le retenir.
Le jeune homme avait installé quelques secondes de silences après avoir fait comprendre à son père adoptif qu’il n’avait aucune envie de l’enterrer. Il voulait répliquer de nouveau pour essayer de proposer une autre solution, continuer de le convaincre que de jouer les justiciers après être sorti d’un lourd coma n’était pas une si bonne idée. Même si Gotham avait besoin d’un Batman, il y avait toujours une autre solution, surtout lorsqu’on a fondé une famille aussi grande.

Jason le coupa en plein élan. Il souhaitait intervenir. L’adolescent croisa les bras et hocha timidement la tête avant de laisser l’aîné s’exprimer. Il avait bien fait de le laisser parler. A l’entendre, il avait une idée derrière la tête, tout comme Bruce qui avait déjà songé à une solution. Timothy avait déjà imaginé cette solution. Il avait déjà joué les Batman pendant une courte période en compagnie de Batwoman. C’était un fardeau trop lourd pour lui à l’époque. Puis BatTim est arrivé et ce sentiment s’est renforcé. Maintenant, il craignait de reproduire les mêmes erreurs. Il essayait de mettre ce sentiment de côté, de le ranger dans un coin de sa tête, faire comme s’il n’avait jamais eu cette crainte. Il essayait de cacher ce sentiment à sa famille, mais ils le connaissaient.

Et Bruce se refusait de leur laisser ce lourd fardeau. Il craignait à son tour de les perdre un par un. Il avait déjà perdu Jason il y a plusieurs années. La plupart des Robin ont connu une fin tragique au moins une fois dans leur vie, sauf Tim. L’adolescent avait déjà frôlé la mort plus d’une fois mais il n’avait jamais franchi le tunnel blanc. Il était l’un des rares, dans cette famille, à ne pas avoir à porter un t-shirt membre du club des Robin décédés.

« On est une famille, non ? On est là pour s’entre-aider Bruce. Cette ville a besoin de justicier, ça ne fait aucun doute. Mais, tu ne peux plus agir comme avant. Tu ne peux plus être Batman, pas dans cet état en tout cas. On ne te demande pas de prendre ta retraite, on te demande de lever le pied. » Il secoua légèrement la tête. « Tu me connais, tu sais que je suis prêt à tout te venir en aide, quitte à reprendre le masque si nécessaire. »

Il leva un œil en direction de Jason. Il savait qu’il avait cette hypothèse derrière la tête, mais il ne savait pas s’il était réellement prêt à suivre. Jason, c’est Jason, il a toujours préféré rester un peu à l’écart de la famille. D’un côté, l’adolescent pouvait le comprendre. Sa manière d’agir diffère de celle du reste du groupe mais Tim passait outre le code moral de son frère complètement différent du sien.

« Tu vas te tuer, tu es fatigué. Je ne veux pas en arriver à des extrémités pour te maintenir captif dans ton propre manoir pour être sûr que tu ne fasses pas la moindre connerie. Je te le répète, on n’est pas là pour te pousser vers la sortie, on est là pour te maintenir en vie encore quelques années. On tient à toi et on sait que c’est réciproque. Si, pour une fois dans cette famille, on arrivait à se mettre d’accord, on pourrait travailler ensemble sur un même projet sans qu’aucun d’entre nous n’est à risquer sa vie… Gotham a besoin de Batman. »

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MessagePosté le: Mar 19 Nov 2019 - 21:28



Batman's legacy



C’était douloureux entendre, mais qui pouvait sincèrement dire à Bruce qu’il avait tort ? Dick avait toujours été meilleur. Damian était si jeune, et malgré tout ce qu’on lui avait fait subir, il était si… inexpérimenté. Si restreint, si perdu. Tim était fait pour le futur, Bruce avait raison. Il était fait pour trouver des solutions jamais envisagées à des problèmes jusque-là impossibles à résoudre. Le travail dans l’ombre, dans l’anonymat… il méritait mieux. Et, encore une fois, Bruce avait raison sur Jason lui-même, et c’était… c’était juste ça, oui. Douloureux. Mais peut-être qu’il était temps d’envisager que Bruce le connaisse aussi bien que lui connaissait son ancien mentor, son… son père adoptif. Ils avaient feint ne pas se comprendre et ne pas réussir à communiquer pendant si longtemps qu’ils en avaient oublié les années passées aux côtés l’un de l’autre.

Et Bruce avait raison, Jason le savait. Il était, par essence, le costume inachevé dans son dos. Il était l’obscurité, l’ombre et les coups de poings qui résonnent dans les ruelles abandonnées. Il était les heures passées en silence à observer et à attendre, et il était la traque, la vengeance et la punition. Quand il était revenu à la vie et qu’il avait repris les activités, ça n’avait pas été en tant que Jason Todd. Jason Todd avait été enterré, oublié, et il ne s’était même pas retourné, il n’avait même pas remarqué l’absence de son identité civile avant… et bien, des mois. Trop longtemps. Trop longtemps pour ne pas être devenu Red Hood à part entière entre temps. Tout comme il ne restait plus grand-chose de Bruce Wayne en face d’eux.

Semblables, oui.
La nuit, la vengeance, les coups de poing et la colère. Les décisions à double-tranchants, et dont les conséquences, surtout, étaient payées par d’autres.
Semblables.

Il écouta Tim en silence, son regard rivé sur Bruce, et il s’émerveilla, encore une fois, de la justesse de ses analyses. Tim était là, à défendre bec et ongles ses idéaux et refuser ouvertement que Bruce reprenne trop tôt le costume sans pour autant dépasser la limite. Il s’offrait en sacrifice sans hésiter, mais il était la seule cible de ce sacrifice, alors que Jason, lui… Il avait remonté la piste, il avait décelé les faiblesses dans les propos de Bruce, et elles étaient déjà pleinement exploitées dans son esprit. Et il allait le faire. Il allait parler de sacrifice, oui, mais il allait offrir le sien et celui d’un autre sans même attendre l’accord du concerné, rien.

Semblables, en effet.
Peut-être un peu trop.

« Plutôt toi que l’un d’entre nous, c’est ça ? » releva-t-il.

Il n’osait même pas regarder Tim. Ce dernier serait bien sûr de la partie. Bien sûr, il n’hésiterait pas. Il sauterait à pieds joints dans le piège sans même réfléchir, sans ne serait-ce que penser à protester. Ce serait la responsabilité de Jason. Ca, et tout ce qu’il se passerait par la suite. Le pire, c’est que Tim ne s’en rendrait peut-être même pas compte, mais Jason saurait. Et Bruce aussi. Il avait fait les mêmes choix des centaines de fois alors qu’il les élevait.

« Tu penses qu’on se planterait, seul. Mais, ensemble ? Ma colère et le mental de Tim. Le soldat le futur. »

Il finit par prendre son courage à deux mains et tourna la tête vers Tim. Il fut surpris de se rendre compte que c’était plus facile qu’il ne l’aurait cru. De faire comme si il n’avait pas pris la décision pour ce dernier de se changer également en bombe à retardement. Il avait toujours pensé que d’eux tous, Tim était le plus apte à se sortir de ces foutus cercles vicieux.

« On n’arrête pas de te dire que tu n’as pas à être seul, et ça s’applique à Batman aussi, au final. On pourrait le faire tous les deux. On serait plus forts, ensemble. »

Il haussa légèrement une épaule.

« On serait la force l'un de l'autre. Mais aussi les limites. Les limites de l'autre. »

Comme si lui n’était déjà pas un mur de briques pour Tim. Comme s’il n’était pas conscient du déséquilibre terrible qu’il venait d’instaurer, comme s’il n’allait pas passer chaque instant à regretter ce dernier.
Et au fond, loin de tout ça, il se demandait si ça avait été pareil pour Bruce. Si chacune de ces décisions lui avaient autant pesé. Il se demandait à quel degré de similitude ils se trouvaient, tous les deux, mais ça ne changeait pas grand-chose, au final. Il craignait d’avoir commis le pire déjà, et le tout sous un visage parfaitement neutre.

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MessagePosté le: Mer 20 Nov 2019 - 9:53
Il ne dit rien.
Aucun mot ne s’échappe de ses lèvres ; aucun son ne glisse hors de sa gorge.
Il reste silencieux. Il reste figé.
Il les fixe.

Eux ; Jason et Tim. Tim et Jason.
Ses fils.
Ses fils adoptifs ; ses héritiers.
Ceux qui ont, légalement, le nom de Wayne – parce qu’il l’a voulu. Parce qu’il l’a décidé, et souhaité.

Damian est son fils, son fils naturel ; mais il ne l’a pas voulu, en soi.
Il a connu son existence tardivement, quand Talia al Ghul la lui a révélée. Elle lui a imposé l’existence de ce fils – qu’il aime de tout son cœur. Mais qu’il n’a pas souhaité, en soi.
C’est différent pour eux.

Tim est le génie qui a su découvrir ce que quasiment personne n’a compris.
Il a sauvé Bruce de la douleur de la perte de Jason, et a été son aide indispensable ; le bâton sur lequel il s’est reposé si longtemps. Ce jeune homme qui a épousé cette vocation par accident, mais qui l’a assumée jusqu’au bout – quitte à tant perdre ; à tout perdre.

Jason est le gamin des rues qui a voulu voler les enjoliveurs de la Batmobile.
Le chien fou qui lui a permis de se cadrer – de sortir de la douleur et de la vexation nées du départ de Dick. Ce reflet plus jeune, qu’il a souhaité aider… vraiment.
Pour le rendre meilleur. Pour le sauver.


« Hrm. »

Un grognement s’échappe de la gorge de Bruce ; ses paupières se plissent.
Autant par besoin d’hydrater ses yeux… que pour cacher l’excès de larmes, qui naît naturellement ; et qu’il refuse de montrer.


« Je… »

Sa voix se brise ; parler demeure difficile.
Il se force quand même.
Il le doit. Il le leur doit.


« Je ne suis… pas en état… de m’opposer à vous.
Physiquement, au moins. »


L’ombre d’un sourire glisse sur son visage ; il essaye.
Il essaye de plaisanter.
Une nouvelle preuve qu’il tente d’avancer – de s’ouvrir.
Même si ça n’a rien de facile.


« Je… »

Il soupire ; lourdement.
Il ne veut pas faire ça. Il ne veut pas être là, avec eux.
Il veut fuir. Il veut s’échapper.
Il veut mettre son costume, grogner ; leur aboyer dessus, et filer dans la nuit. Pour tabasser quelques criminels, et se sentir mieux.
… mais c’est terminé, ça. Il ne peut pas. Il ne peut plus.
Au moins pour l’instant.
Et… Tim a raison ; Gotham City a besoin de Batman.


« Je… ne sais que dire. »

Il prend une grande inspiration ; sa main valide tremble. Son corps frissonne.
Il est ému. Il est touché.
Pas parce qu’il doit accepter de ne plus être Batman, temporairement ou non – l’idée chemine en lui depuis plusieurs temps, déjà ; il l’encaisse, il l’intègre.


« Hormis que… »

Il est ému pour autre chose ; il est ému par eux.
A cause d’eux.
De ce qu’ils font. De ce qu’ils disent. De ce qu’ils envisagent. De ce qu’ils préparent.
De ce qu’ils décident ; ensemble.


« Je… ha. Mes excuses. Je… vous savez que tout ça n’a rien de… naturel. Pour moi. »

Un sourire triste glisse sur son visage brisé.

« M’exprimer. Ce… ce n’est pas facile.
Je… ressens beaucoup. Mais je sais mal… l’exprimer. Hélas. »


Il soupire ; il continue, cependant.
Il enchaîne.
Pour eux. Pour lui, aussi. Mais surtout pour eux.
Ils le méritent. Il le leur doit.


« Je… je ne sais que dire, non. Hormis que… »

Sa main valide se serre, pour lui donner de la force.

« … nul père ne saurait être plus fier que moi de ses fils, à cet instant. »

Sa voix se brise dans ses derniers mots ; c’est trop.
C’est trop pour lui.
C’est trop pour un homme qui a toujours eu une exigence infinie envers lui-même… mais qui a échoué ; qui a cédé. Qui est tombé.
… et qui doit vivre avec. En acceptant de laisser d’autres faire – en acceptant que d’autres suivent sa trace ; car il le faut. Car des innocents en ont besoin. Car Gotham City en a besoin.

Bruce Wayne a formé jadis un serment ; un serment qui le hante, le ronge. A fait de lui ce qu’il est devenu.
Il est peut-être temps de changer de méthode.
Il est peut-être temps de ne plus se concentrer uniquement sur une lutte physique et personnelle – mais d’ouvrir les champs des possibles ; d’avancer. De dévier. De changer.
De faire de la lutte personnelle d’un homme… un combat global ; une guerre totale.

Le Batman s’évapore.
Les Batmen arrivent ; enfin.


« Je… »

Bruce détourne des yeux rouges ; enfin.
Il ne tient plus.


« Je… vous aiderais. Je vous conseillerais. Je… j’essayerais d’être bon, dans ce rôle ; Alfred me guidera. Ha. »

Un léger gloussement accompagne ses mots.

« Je… vous avez à parler. Vous avez à vous organiser.
Vous avez à… vous préparer. »


Il soupire, et tourne légèrement sa chaise.

« Ce lieu… est vôtre.
Utilisez-le. Installez-vous. Organisez-vous. Vous… »


Il prend une autre inspiration, et se tourne un temps vers eux ; vers ses fils.
Vers… les Batmen.


« Faites au mieux.
Je… je sais. Vous y arriverez. Faites au mieux. »


Bruce se détourne, alors. La chaise s’avance, et l’avance.
Vers la sortie.
Vers l’ascenseur. Vers le Manoir Wayne.
Vers… sa nouvelle vie.
Toujours en lien avec le Batman ; toujours en respect du serment. Mais différemment.

Avec eux. Avec ses fils.
Avec ses héritiers.
Avec… les Batmen. Les nouveaux. Ceux qui suivent. Ceux qui reprennent.
Ceux qui, il le sait, vont briller – et le rendre fier.
Comme il l’est déjà. Comme il le sera… toujours.

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Timothy Drake / Batman
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MessagePosté le: Jeu 28 Nov 2019 - 20:53

« Batman's Legacy »
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_____Il n’y avait rien de plus difficile que de convaincre le Chevalier Noir de son erreur. Bruce était quelqu’un d’assez entêté. Quand il avait une idée derrière la tête, rien ne pouvait l’en empêcher, pas même sa famille. Cette idée de continuer à jouer les Batman, c’était du suicide pur et simple. Il fallait se mettre à plusieurs pour essayer de lui faire comprendre. Depuis que le milliardaire était devenu Batman, il s’était forgé une sorte de légende. Personne n’avait réussi à le vaincre ou presque. Lorsqu’il tombait, il se relevait plus fort. Ce n’était pas qu’un homme qui dépensait son argent pour des gadgets. Malheureusement, cette légende était fragile et vieillissante.

Contre toute attente, Bruce finit par céder, par comprendre que tout cela se résumait à une mort programmé. Même si Tim avait tout fait pour stopper son père adoptif, il ne pensait pas que ce dernier finirait par céder. L’ancien étudiant avait pensé à minimiser les actions de Bruce, le mettre à l’écart de son costume au maximum pour éviter qu’il ne se fasse tuer. Mais contre toute attente, ils avaient réussi. Secrètement, il se retenait de sauter de joie, la danse de la victoire était intérieure. Tim se rapprocha de son frère et de son père alors que ce dernier était en train de leur jeter des fleurs. Même si Bruce était parfois avare de compliments, il le savait, il savait qu’il était fier de lui, même de Jason qui pouvait paraître, parfois, comme le vilain petit canard de la famille.

« J’ai passé de nombreuses nuits blanches dans cet Batcave, je devrais trouver rapidement mes repères. » se moqua l’adolescent en se rapprochant du Batordinateur.

Il ne peut pas cacher que cette idée de remplacer Batman l’effraie un peu. Red Robin avait peur, peur de devenir cette personne qui l’avait hantée pendant plusieurs mois. Il y avait un risque, un risque pour qu’il devienne aussi sombre que lui. Il ne fallait pas que l’adolescent oublie ce risque mais il devait aussi penser qu’il pouvait devenir être beaucoup plus. Avec son prédécesseur à ses côtés, Tim semblait beaucoup plus en confiance, serein et heureux d’avoir pu sauver la vie de son père adoptif.
Ce dernier se détourna pour quitter cet endroit qui l’avait obsédé pendant tant d’année. Une victoire pour les Batmen. L’adolescent redressa la tête pour observer son frère. Est-ce qu’il avait vraiment penser à finir comme ça ? Est-ce qu’il avait fait ça parce qu’il n’avait pas l’impression d’avoir le choix pour protéger son mentor. Tim n’allait probablement pas lui poser la question maintenant. Il posa sa main sur l’épaule de son frère avant de laisser échapper un sourire.

« Franchement, je t’imaginais bien avec des oreilles de chauve-souris. » Il mima les oreilles de Batman avec ses deux index en laissant échapper un léger rire. Il taquinait son frère, c’était la seule chose qu’il pouvait faire pour fuir BatTim de sa tête. Il secoua la tête avant de se tourner vers une des armures de Batman « Bon, on s’y met ? »

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Jason Todd / Red Hood
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Super-Vilains
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DC : Diana Prince ; Jessica Cruz ; Koriand'r ; Poison Ivy
Situation : Joue le rôle de Batman pendant la guérison de Bruce aux côtés de Tim Drake. Actuellement infiltré dans le GCPD sous le nom de William Cooper.
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MessagePosté le: Ven 6 Déc 2019 - 17:22



Batman's legacy



Jason ne rajouta rien après l’abdication de Bruce. Tout avait été dit. Il s’était offert en pâture et le prédateur avait mordu. Ils avaient gagné la partie. Il avait connu des victoires bien plus douces à savourer ceci dit, mais c’était ce qu’il avait voulu, non ? Non, c’était ce qui faisait sens. Bruce ne pouvait pas continuer à courir en rond comme il l’avait fait si longtemps, et Jason se devait bien d’être honnête. Aussi amusante et prompt à l’occuper était leur petite guerre personnelle, c’était dur d’oublier le gamin des rues qui s’était glissé dans la chambre de son père adoptif le premier soir, tant la grandeur et la luxure du manoir l’avait terrifié. Il y avait un temps pour avoir envie de frapper Bruce, et un autre, apparemment, pour se laisser guider par son … affection pour lui.

Affection.

Jason suivit Bruce des yeux tandis que ce dernier quittait la batcave. Oh, il était conscient du coût pour ce dernier. Partir comme ça sans se retourner, en laissant un accès total et surtout le poids de sa mission divine sur leurs épaules à eux ? Les prochains jours seraient décisifs. Il ne fallait pas qu’il change d’avis, et eux… Eux, ils devraient lui prouver qu’ils en étaient capables.

L’intervention de Tim à ses côtés l’interpella et Jason se retourna vers lui avec un petit sourire fabriqué de toutes pièces pour cacher tout le bordel qu’il trimbalait dans sa tête.

« C’est à toi qu’elles vont faire du bien, les oreilles de chauve-souris. Ca va te grandir un peu, minus. »

Il accompagna ses mots d’un passage de sa main dans les cheveux de Tim pour les lui ébouriffer. Ce dernier avait l’air sincèrement excité par ce qui les attendait, et cela ne fit que prouver un peu plus à Jason que Tim était réellement trop bon pour vivre cette vie. Il serait les limites de Jason pour garder l’image de Batman telle qu’elle devait être, et lui, en retour, il l’empêcherait d’aller trop loin. Il empêcherait ce passage sous le costume de chauve-souris de le changer, parce que ça n’était pas trop tard pour lui. Jason aurait réellement voulu pouvoir l’épargner et s’occuper de ça tout seul, mais il savait que Tim lui serait d’une aide précieuse. Il était plutôt abonné aux ratés, après tout. S’il pouvait éviter de mourir cette fois, ou de partir en folie meurtrière, ça ne serait pas plus mal …

« On s’y met, » finit-il par dire en hochant la tête. « On a pas mal à faire, alors au boulot. »

Bruce était-il vraiment parti où était-il tapi dans un coin du manoir, devant des écrans jusque-là encore secrets, ses yeux rivés sur eux, sur lui surtout ? Sa présence était écrasante tout autour d’eux, mais après la conversation qu’ils venaient d’avoir, après tout ce qu’ils s’étaient dit et ce qu’ils avaient compris l’un de l’autre, elle était aussi… rassurante. D’une certaine façon.

« Au boulot, » répéta Jason en levant les yeux vers les armures.

Il était temps d’être Batman.
Et de ne pas être un nouvel échec cuisant.


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