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 Time West [Pv Kalel]

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MessagePosté le: Sam 26 Oct 2019 - 0:36
Pas de course dans les rues de la plus rayonnante cité du monde : Metropolis. De ses trottoirs, la ville était un écrin rassurant où l'ombre des immeubles semblait vous envelopper. Plus qu'une métropole, un refuge réconfortant, un lieu de repli.

La silhouette qui court bouscule un homme qui l'invective mais déjà l'individu tourne au coin de la rue. Sa respiration est haletante. De la sueur recouvre sa tenue. Son cache-poussière abîmé est tâche de sang. Ses bottes frappent le sol, rendant le son étrange et lointain de ses éperons. Son regard cherche quelque chose, le nom de rues ? Regarde-t-elle le ciel où un avion passe ? Quête-t-elle plus précis ?

Son chapeau vol lorsqu'un bus passe près d'elle et des cheveux longs se déploient dans le vent. Son foulard glisse lentement de sa bouche marquée de cicatrices et révèle une joue frappé d'un "D" au fer rouge. Des larmes continuent d'inonder ce visage qui n'est plus que le reflet lointain de son innocence passée.

Elle trouve alors un hôtel de luxe dont la devanture de déploie avec élégance sur le large trottoir, un homme en livré l'observe avec attention. Elle s'avance d'un pas décidé. Il s'approche d'elle avec délicatesse, comme pour la rabrouer avec les formes.

- Madame cherche-t...

Mais il s'interrompt lorsqu'il voit ses blessures. Le vent soulève son cache poussière et révèle une ceinture de colt avec des munitions au dessus d'un pantalon usé par les cavalcades. Elle tire de sa chemise sale une chaîne avec au bout une clef.

- Je suis cliente, soupire-t-elle dans un râle chargé de l'air sauvage du passé.

L'homme ne dit rien et agit comme il se doit, même avec les plus excentriques clients. Le réceptionniste, surprit, propose d'appeler quelqu'un pour ses blessures, la course a rougie les joues de sa cliente et la marque infamante qui orne sa joue semble ressortir.

Conduisez-moi à ma chambre... soupire-t-elle alors qu'un nouveau sanglot étreint sa gorge, elle sent bien qu'elle leur fait pitié, et cela la répugne tout en la blessant.s'il vous plaît...

Un lobby boy vint la guider jusqu'à un ascenseur. Les autres clients, étonnés, la suivent du regard, un homme, moins gêné que les autres prend une photo de cette incongruité et remplit un "tweet" avec.

Tandis que la cage de l'ascenseur monte, elle fixe son reflet dans le miroir encadré d'or. Son regard est à la fois dur, déterminé, outragé, plein de rancœur et de tristesse. Le tintement de la cage d'ascenseur l'arrache à sa contemplation étrange. Elle tire alors de la poche de son pantalon un sachet qu'elle donne au groom. Ce dernier y découvrira des pépites d'or authentiques, vieille de plus d'un siècle.

La jeune femme déglutit lorsqu'elle approche de la porte. Elle sent le gouffre de l'inconnu, comme si elle pourrait bien découvrir sa mort de l'autre côté. Elle glisse la clef de sécurité. Le clavier du code s'illumine. D'une main tremblante, elle compose lentement les chiffres 5... 2... 0... 4... Un déclic se fait entendre. Elle appuie sur la poignée et la porte glisse vers des appartements plongés dans le noir.

Rien.

Elle allume la lumière et après une courte inspection, elle se décide à entrer. Elle tire sur ce foulard qui la gêne, elle jette son manteau dans un coin, révélant par dessus sa chemise de coton un étrange bracelet qui lui enserre presque tout l'avant-bras. Elle le regarde... Une LED éteinte trône près d'un clavier sans indication. Elle se dirige vers une table de chevet où se trouve des stylos et du papier à entête. Elle griffonne quelques éléments, compte les rangées de boutons et pli enfin le papier pour le glisser dans une poche arrière de son pantalon.

Elle prend une profonde inspiration.

Elle n'a pas le choix. Tout n'est plus qu'une question... de temps.

Elle active l'ouverture des volets fermés, inondant la pièce d'une lumière revivifiante. Les appartements n'ont rien de spéciaux, un lieu de passage, de repos, de réunion, rien de plus. Elle passe une main sur sa marque alors que les effets de sa course se font ressentir dans son corps fatigué.

Elle se dirige vers le balcon, ouvre la porte-fenêtre qui donne sur le bruit rassurant de la ville, ferme les yeux quelques instants. Sa respiration devient d'un seul coup plus difficile forte. Si cela ne marche pas...

Mieux valait ne pas y penser...

Ses mains se ferment sur la rambarde, une première jambe se soulève et passe de l'autre côté. Elle tremble, elle est terrifiée, tant par ce qu'elle fait que ce qui l'attend si tout ceci ne marche pas. Finie pour finie autant tenter une dernière manœuvre. C'était Métropolis, elle aurait de l'aide... elle l'espérait en tout cas.

Elle se retourne pour faire face au vide... Elle veut alors crier une première fois mais la peur, la fatigue et le vent qui la fouette l'en empêche. Elle tourne la tête pour éviter une nouvelle bourrasque et voit que la LED de son bracelet est toujours éteinte. Ce n'est qu'une question de temps.

- SUPERMAAAAAAAAAN ! hurle-t-elle.

Puis ses mains lâchent et la gravité la happe. Elle sent son poids qui l'attire vers le bas. Mais elle n'observe pas sa destination, elle reste rivée sur le bracelet.
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Situation : Clark Kent revient d'un séjour dans le Multivers, et multiplie les épreuves. Metropolis a été très touchée par un combat contre Superboy-Prime. Le mystérieux Rogol Zaar a voulu tuer Clark, et la Forteresse de Solitude a été détruite. La cité de Kandor est anéantie, sa population tuée. Clark porte un nouveau costume, une combinaison kryptonienne qui contient l'essentiel des données de secours de la Forteresse.
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MessagePosté le: Dim 27 Oct 2019 - 17:34
La journée est agréable, dans Metropolis.
Pas d'alerte. Pas de crise.
Pas de mance pour la Ville du Futur – pas d'élément gênant, qui vienne troubler la quiétude de ceux et celles qui ont la chance de vivre ici.

Tout va bien ; en apparence.
Car bien des troubles hantent de nombreux habitants, tant dans leurs vies professionnelles que personnelles. L'être humain a la fâcheuse tendance de ne pas prendre conscience de ses moments de bonheur, et ne les valorise que lorsqu'ils ont disparu.
Grandeur et drame de l'Humanité.
Qui s'évertue à courir constamment au nom du progrès – sans appréhender les alertes sur les menaces futures, quand bien même elles sont portées pas les plus grands de ce monde.

Cette Terre file à la catastrophe, et personne ne fait rien.
Un constat qui hante et ronge au moins l'un de ceux qui errent dans Metropolis... parce que ce n'est pas ainsi qu'il voit sa présence ici.
Ce n'est pas ainsi, surtout, qu'il a mené son existence jusque-là.


 « Humf. »

Un léger soupir s'échappe des lèvres d'un homme grand et beau, parfaitement habillé, et perdu dans la foule ; un afro-américain charismatique et puissant, qui attire bien des regards, même s'il y a un je-ne-sais-quoi qui pousse les gens à se détacher de lui.
Une sorte de super-pouvoir, qui le fait oublier par les curieux rapidement ; il n'y a jamais songé, même s'il remet régulièrement ses lunettes à leur mauvaise place, sur son nez. Pour le rendre crédible... et humain.

Calvin Ellis se plonge au cœur de Metropolis.
Et essaye de se raisonner, surtout.

Il n'est ici qu'en remplacement du Héros local – de Superman.
Superman de cette Terre-Prime. Obligé de partir dans une quête cosmique, obligé d'être remplacé ; par lui. Superman aussi, mais sur Terre-23.
Surnommé... Président Superman, en fait, par les autres collaborateurs de la Maison des Héros. Même si la Terre-23 ignore les liens entre son Superman – et Calvin Ellis, donc.
Président Calvin Ellis ; Président des Etats-Unis d'Amérique, avec un taux de satisfaction et de réussite jamais atteint.

Kalel, comme ses parents kryptoniens l'ont appelé, sait que son monde et celui-ci sont différents ; il sait, surtout, qu'il ne doit pas comparer.
Superman-Prime fait au mieux, comme il peut. La Terre-23 n'a pas subi l'ampleur des Crises et troubles de la Terre-Prime... elle a été préservée, clairement ; il en a conscience.
Comme il a conscience que Superma-Prime, Kal-El, a été élevé dans une ferme, au Kansas. Avec de belles et bonnes valeurs, mais surtout la certitude qu'il doit... limiter son action ; s'occuper des catastrophes. Gérer les symptômes des crises.

Ce n'est pas son cas.
Kalel a été recueilli à Chicago, par des militants. Il a appris à gérer les catastrophes... mais à chercher à vaincre la maladie, plutôt que les symptômes.
A se lever pour ceux qui ne peuvent le faire ; à défendre les faibles, et surtout leurs droits.


 « Hem. »

Calvin Ellis prend une grande inspiration, et secoue la tête ; que de drames, ici.
Que d'injustices. Que de troubles sociaux.
Que de fractures... que de brisures, dans l'âme de ce pays ; de ce monde. Tant d'inégalités, tant d'agressions, tant d'horreurs, tant de dr...

 « Regardez ! »

 « Là-haut ! »

 « OH MON DIEU ! »

L'attention des badauds dans la rue monte vers les cieux – vers un immeuble, immense ; un hôtel. Un étage en particulier. Un balcon en particulier.
Une forme. Qui se tient. Qui fait face au vent.
… jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus.

Jusqu'à ce qu'elle lâche. Jusqu'à ce qu'elle tombe.
Jusqu'à ce qu'elle hurle.

La foule bruisse, aussi ; la foule crie. La foule panique.
Mais.
Mais quelqu'un l'a quittée. Quelqu'un en est sorti.
Quelqu'un a filé vers une ruelle sombre, discrète...

Time West [Pv Kalel] Latest?cb=20150309174949
... pour agir.
En ouvrant sa chemise ; et en passant en super-vitesse.

Un choc sonique intervient. Une traînée rouge et bleue s'échappe d'une des veines de Metropolis. Une puissance venue d'ailleurs s'élève depuis le sol... et monte.
Vers elle.
La forme ; la femme, plutôt. Vêtue d'une tenue étrange, qu'il analyse et enregistre immédiatement. Sa super-vision la détaille entière ; sa vision plus profonde la scanne, et cherche la moindre information pour mieux comprendre qui elle est. Ce qu'il se passe.

Il va gérer ; il va gérer, oui.
Mais... après.


 « Hey. »

Après l'avoir prise dans ses bras.
Après avoir modulé sa vitesse et sa force pour que l'impact ne la blesse pas. Après l'avoir bloqué contre lui, et esquissé un sourire sincère.


 « Bonjour. »

Sa voix est douce, tendre ; elle ne tremble pas.
Même quand il voit son visage.
Avec les blessures ; avec les marques. Avec ce D rouge, qui le crispe déjà.


 « Vous m'avez appelé. »

Kalel remonte sur le toit, et la dépose doucement dessus.

 « J'espère... ne pas décevoir. »

Il sourit encore ; flottant au-dessus du sol, à moins d'un mètre d'elle.
Prêt à agir. Prêt à réagir.
Prêt à comprendre, aussi ; ce qu'il se passe. Ce qu'elle a.
Ce qu'elle prépare, aussi...
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MessagePosté le: Mar 29 Oct 2019 - 8:55
Se faire sauver était une sensation étrange, surtout pendant une chute de plusieurs étages. Subir la gravité et soudain se retrouver dans de puissants bras, mais avec douceur, comme si vous étiez la chose la plus précieuse du monde ; entendre au lieu du sifflement du vent une voix au diapason rendait la chose surréaliste. La jeune femme, quelques larmes de peur irrépressible aux yeux, observa les traits de son sauveur. Pas ceux attendus. Elle se figea et ne répondit rien à son sauveur.

Lorsqu'il la dépose, elle titube un peu en arrière, la chute, le vol, ses raisons... et... et la couleur de son... de ce.. Superman ? Elle porta une main à son ventre, tout se bouscule. Ses projets, sa... elle veut rire mais seul un toussotement vient animer son corps, elle sent remonter en elle l'ironie de la situation, la joie finalement qu'elle ressent, cette tempête d'émotions qui la submerge. Elle se tourne, par vaine pudeur et tombe à genoux. Chaque expectoration est douloureuse, ses côtes la font souffrir. Elle vomit. Le ventre vide, hélas, elle vomit de la bile et... du sang...

Elle passe une main dans ses cheveux plein d'une poussière séculaire et respire fort. Ses bras et ses jambes tremblent et de nouvelles larmes, cette fois-ci de soulagement prennent le pas.

Je... elle déglutit, le goût est atroce, ferreux. ... bonjour d'abord.

C'était stupide de se perdre en salutations, mais sur le moment, cela paraissait si important pour elle, pour donner du sens et du corps à cette rencontre qui n'était pas celle attendue mais qui ferait l'affaire. Instinctivement, elle regarde son bracelet. LED éteinte. Elle ferme le yeux et appuie sur un premier bouton en se relevant.

- Je suis loin d'être déçue.

Et elle le gratifia d'un sourire pâle mais sincère. Oui, elle était finalement ravie de ce changement, de cette douce ironie, du goût qu'allait avoir sa revanche. Un avion passa dans le ciel, lui rappelant où et quand elle se trouvait. Foutue machine qui n'était connectée qu'à deux lieux dans le temps. Elle songeait aux répercussions que son acte allait avoir, aux conséquences et balaya tout lorsqu'un visage lui revint et que Kalel lui rappelait, ressemblance troublante.

- Je suis désolée, ne trouva-t-elle qu'à dire.

Et sa main appuya sur un nouveau bouton. Le bracelet s'illumina et les alentours des deux êtres avec.

Le flux du temps apparut brièvement autour d'eux. La jeune femme, par réflexe de voyageuse "express" se jeta contre le torse réconfortant du super-héros et ferma les yeux en murmura de façon presqu'inaudible.

- Faites qu'il ne nous voie pas.... faites qu'il ne nous voit pas....

Le couloir coloré du flux temporel et sa multitude de portes disparut. Son sauveur et elle atterrirent alors dans une botte de paille, au sein d'un étable qui sentait l'animal domestiqué à plein nez. Une poule voleta de surprise, un cheval hennit et un bovin profita du spectacle qui rompait sa monotonie.

Devant eux, une femme, robe de laine et tablier, chaussures de toiles usées, coiffe en lin couleur crème, deux sceaux de bois cerclés de fer remplis d'eau aux mains, tétanisée. Elle cherchait comment réagir, lâcha ses deux sceaux, renversant l'eau qu'elle avait puisée plus tôt et leva un bras droit tremblant en l'air, cherchant ses mots.

- GL...gl...gloire au Vo...voyageur ! essaya-t-elle de dire avec le plus de conviction possible.

Puis elle distingua les formes, recula en voyant Superman, sa tenue et surtout sa peau puis tourna la tête vers la jeune femme et sa marque. La fermière voulut fuir, crier, faire quelque chose, mais ne parvint, sous le coup de cet ascenseur émotionnel, qu'à s'évanouir.

- Bienvenue dans l'Oklahoma, année 1882, déclara la jeune femme sans oser regarder en face l'homme qu'elle venait de voler à son époque et de projeter au coeur d'un machination qu'elle même n'embrassait pas toute entière.

Elle pouvait naturellement faire machine arrière, elle pouvait renvoyer cet homme là où il l'avait sauvé et n'en plus parler, mais ce serait tirer un trait sur la Justice qu'elle réclamait. Elle tourna alors un visage blême vers lui.

- J'ai besoin de vous... j'ai... cette époque est malade Superman, déclara-t-elle, sinistre.

Elle cherchait quoi expliquer. Par où commencer ? Tout ceci était brouillé, même pour elle, elle désirait lui dire combien un homme abominable régnait ici et qu'il avait laissé d'affreux lieutenant derrière lui, elle voulait lui hurler que cet homme était un salaud, une ordure infâme, elle le voulait, mais en même temps, rien que le fait d'avoir entendu le nom du "Voyageur", elle repensait à ses bienfaits, à ce qu'il lui avait offert à l'opportunité qu'il lui avait donné. C'était un homme fort et bon dans le fond, un individu qui allait rendre sa grandeur à 'lHumanité et... sa main touchait sa joue marquée, elle recommença à pleurer.

Elle désirait lui en vouloir, elle rêvait de le haïr, mais ça ne venait pas. Elle frappa un violent coup de poing contre une paroi de bois proche, faisant sursauter le cheval déjà farouche et jura, pour la douleur interne comme externe qu'elle ressentait.

- Je n'ai trouvé personne d'autre que vous Superman, fit-elle avec la rage au coeur.Je vous en supplie... aidez-moi...

Soudainement, un éclat de voix intervint du dehors, une voix à l'accent puissant et qui se rapprochait.

- Ben alors ma p'tite !? T'en mets du temps pour ces bestiaux ! Et arrêtes avec ce ch'val on en a b'soin pour le laboure ! Tu me réponds oui ? Abigaïl !
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MessagePosté le: Mar 29 Oct 2019 - 12:06
La surprise ; bien sûr.
La surprise est la première émotion de la jeune femme. Il s’y attendait.
Kalel provoque régulièrement ça, ici.

Même s’il a conscience que la Terre-Prime essaye de régler le problème de xénophobie entre ses peuples… la coexistence pacifique est encore lointaine, hélas.
Les vieux réflexes ont la vie dure ; les vieilles haines aussi.
Il fait avec – comme chez lui. Comme il l’a déjà tant fait, sur la Terre-23. Même s’il doit avouer que son monde paraît moins dur, sur ce point et tant d’autres, que la Terre-Prime…


« Bonjour. »

Il hoche la tête, et sourit ; calme.
Rassurant.
Mais pas inactif – car il a conscience du trouble qui anime la jeune femme, et qui dépasse la seule surprise d’un Superman noir. Elle a quelque chose.
Ce qui est confirmé par son vomi, de bile et de sang.

Superman semble disparaître, un instant ; sa silhouette devient… moins nette. Plus floue.
Et pour cause.
Il utilise sa super-vitesse pour filer, et récupérer rapidement une serviette. Qu’il tend à la jeune femme, avec un sourire constant.


« Tenez. »

Il acquiesce encore, pour la rassurer ; mais il se crispe, intérieurement.
Il y a quelque chose, en lui.
Son instinct l’alerte – il sent que quelque chose se déroule, avec elle ; à cause d’elle.

L’Homme d’Acier la laisse faire.
Il fait le pari de la laisser faire pour quelques instants ; elle se reprend, d’abord. Puis s’excuse.
Et se lance.
En activant son bracelet… et en provoquant un phénomène extraordinaire.


« Ho. »

Calvin Ellis lève le regard ; plisse les yeux.
Il voit.
Le Flux Temporel ; il le voit. Il le reconnaît.
Le leader de sa Justice League et de la Justice League Incarnate, au cœur de la Maison des Héros, a déjà vu beaucoup de phénomènes similaires ; il a déjà plongé dans son propre Flux Temporel.

Il n’est donc pas estomaqué par l’événement – mais reste surpris.
Il ne pensait pas qu’elle ferait cela ; mais il est prêt.

Elle se projette sur lui, et Kalel fait encore le choix de ne pas la rejeter ; pour voir.
Il enregistre ses paroles, il identifie l’avancée du Flux Temporel… et se laisse faire. Le phénomène ne dure pas.
Ils arrivent ; ils y arrivent.


« Ha. »

A destination ; dans une grange.
Dans une grange… du Passé. La jeune femme n’a guère besoin de le dire pour que Superman le comprenne – le Flux Temporel lui avait donné des pistes, l’attitude de la femme qu’ils croisent avant son évanouissement le confirme. Ainsi que l’allure de ladite grange.


« Je vois. »

Kalel se redresse légèrement, plisse les yeux ; sa super-vision s’active.
Il scanne.
Il scanne la zone – il scanne l’environnement, et tente d’obtenir le maximum d’informations. Même si, une nouvelle fois, il hoche la tête après le discours de la jeune femme.


« Il aurait été de bon ton de demander, avant de m’emmener. »

Il tourne légèrement sur lui-même, alors qu’une voix masculine se fait entendre à proximité.
Le ton de Calvin est lent, un peu sec.


« Manipuler le Flux Temporel est dangereux. Les troubles de votre organisme doivent venir de là ; il est probable que votre corps ne supporte pas les voyages. Les multiplier causera votre perte. »

A l’extérieur, l’homme approche.

« Intervenir dans le Passé est extrêmement dangereux. La période concernée est en outre… troublée. »

Une ombre glisse dans ses yeux ; troublée, oui.
Kalel ne connaît pas entièrement l’Histoire de la Terre-Prime… mais si elle est similaire à celle de la sienne, cette période n’est pas agréable, non.
Encore moins pour quelqu’un comme lui.


« Cependant. »

Il se tourne vers la jeune femme, alors que la porte commence à s’entrouvrir.

« Je ne refuse jamais un appel à l’aide.
Même quand il est… mal formulé. »


Elle l’a fait exprès ; elle s’est mise en danger… exprès.
Superman n’aime pas ça.
Mais ce n’est pas une raison pour la laisser – ou ne pas enquêter sur ce phénomène, qui pousse une campagnarde à vanter un Voyageur qui n’a pas lieu d’être, ici.


« Allons. »

Il agit, alors.
Il passe en super-vitesse, se projette ; devant une trainée rouge et bleue… et s’empare de la jeune femme.
Il s’évapore avant que l’homme pénètre dans la grange, et s’échappe dans les hauteurs. Passe dans une ouverture de la grange… et se retrouvent dans les cieux.

Kalel la tient contre lui ; s’élève au-dessus des nuages.
Assez haut pour ne pas être vu.
Assez bas pour ne pas gêner sa respiration.


« Bon. »

Il tourne un visage déterminé vers elle.

« Il faut m’en dire plus ; et vite. »

Qui est-elle. Qui est ce Voyageur. Que se passe-t-il.
Que doit-il faire.
Voilà les questions auxquelles elle doit répondre… et vite, oui !

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MessagePosté le: Jeu 31 Oct 2019 - 23:33
La jeune femme avait accueilli la serviette de ce justicier pour le don désintéressé qu'elle représentait. Ils ne se connaissaient pas - heureusement pour elle en un sens - et ce simple objet l'avait touché, au point tel qu'elle ne l'avait pas encore lâché, la conservant durant leur voyage et leurs premiers échanges dans un poing fermé. Superman était compréhensif, mais ferme, comme un père qui s'adresse à sa fille qui a commis une erreur mais qu'il ne lui reproche pas, il indique, simplement, ce qui aurait été juste et bon pour eux.

Le Flux Temporel, cette horreur qui ne devrait pas exister pour les physiciens et qui remettait en cause leurs théories sur les causes, les conséquences et leurs variables temporelles, la rongeait. Le justicier lui parla des effets de ses voyages. Elle eut la gorge serrée. Oui, sans doute toute cette aventure causait sa perte et accélérait son agonie, impossible pour elle cependant de reculer. Pas maintenant, plus maintenant. Elle hocha la tête et porta instinctivement la main à son ventre, dans ce réflexe que de nombreuses femmes avant elles avaient eu et que beaucoup auront après elle.

- Période troublée ? C'est... un euphémisme... répondit-elle, n'osant toutefois pas trop jouer les fanfaronnes après la leçon de l'homme qu'elle avait enlevé. C'est la raison pour laquelle le Voyageur l'a choisie.

Elle attendait le moment où il lui réclamerait un voyage retour, où elle n'oserait lui refuser car ce qu'elle faisait, elle l'avait apprise d'un monstre, elle s'en rendait compte à présent. Face à ce justicier aux pouvoirs incommensurables et pourtant si serein, d'une colère non feinte mais douce, de celle que l'on attend d'un être extrêmement empathique. Elle agissait comme ceux qu'elle voulait affronter. Et pourtant... Kalel est prêt à la suivre dans cette étrange époque, dans cette chevauchée déraisonnable. Elle n'ose le remercier, elle lit en son regard un reproche latent.

Elle fut soulevée du sol, un sentiment qu'elle n'avait pas l'habitude de sentir autant de fois en si peu de... temps. Elle profita malgré elle de l'air frais qui remplaçait l'air empuanti de la grange et put admirer la petite ferme dans son décor d'herbes éparses, proche d'une rivière et donc proche de petits bois giboyeux qui offraient sans aucun doute matière aux repas des fermiers. C'était un décors de labeur que les hommes et les femmes travaillaient pour survivre. Au loin on pouvait voir les Sandstone Hills caractéristiques et les secrets terrer là-bas.

Puis elle traversa l'humidité surprenante des nuages et fut en altitude, endroit que choisit Superman pour discuter. Elle ne chercha pas à résister à l'allure du justicier. Pourtant les mots peinèrent à lui venir tant ils étaient chargés pour elle.

- C'est... J'ai... Je viens du XXème siècle, commença-t-elle. J'ai été amenée ici pour travailler avec d'autres individus, tous d'époques différentes... pour le Voyageur... pour...

Le nom ne venait pas, c'était interdit, les ennemis du Voyageur ne devaient pas connaître son nom. Mais... mais... elle désirait outrepasser cet ordre incompréhensible. Le Voyageur l'avait abandonné, il l'avait laissé tomber ! Il... Ce fut une courte lutte, mais intense, où la raison combattait des sentiments puissants.

- Per Degaton, déclara-t-elle finalement, mais elle se sentit mal, très mal, comme une méchante fille qui venait de franchir une ligne normalement interdite.Il nous a amené ici, dans le Ranch, la Propriété, ou la Maison comme on l'appelait parmi les "Enfants".

Son débit était plus rapide, comme si elle se devait de tout dévoiler d'un coup de peur d'être entendue et de n'avoir pas le temps d'achever son récit, aussi par l'inertie de ses premières audaces, d'outrepasser les ordres et le conditionnement qu'on lui avait fait subir, comme si ses paroles étaient sur une pente fatale et la dévalaient.

- Il... nous... nous avons travaillé, on s'occupait des chevaux et des vaches que l'on traitait et vendait au Kansas pour les emporter vers les villes et... c'était au début. Puis on a reçu des chariots du Mississipi...

Le Mississipi. Elle n'osait regarder en face le justicier, de cette région on ne recevait ici que la marchandise la plus humiliante de l'Histoire de l'Humanité. Des hommes traités en bête, échangés et troqués comme des bibelots bons marchés.

- On en a reçu d'abord quelques uns pour qu'ils nous aident au Ranch, parmi eux, il y avait... Henry...

Elle se perdait à présent, comme emportée par son propre récit, regardant devant elle, oubliant presque le justicier.

- Rapidement le colonel a pris les commandes. Le Voyageur l'a placé parmi nous pour suppléer le Docteur Wirchaft dans sa mission, proche des Sandstone Hills. Après quelques mois à travailler les bestiaux, ils les ont envoyés dans les montagnes, avec d'autres charrettés. Je ne voulais pas être séparée de lui alors j'ai caché Henry...

Elle ravala une boule qui rendait sa diction difficile.

- J'en avais assez, je voulais partir, les travaux me fatiguaient ! Avec Henry nous avons essayé de nous enfuir mais... mais ils nous ont retrouvé.

Sa main caressa sa joue et son infamante balafre.

- Le colonel Spetz n'a pas aimé. Pas du tout. Il m'a punie pour l'exemple. J'ai alors organisé ma fuite en volant un appareil de transfert endommagé que l'on utilise pour contacter les plus proches lieutenants du Voyageur.

La jeune femme montra son bras et l'appareil qui l'enserrait. Elle paraissait soulagée, mais son histoire était incomplète. Elle n'osait pas tout raconter, à elle d'abord et à Superman ensuite. Des zones d'ombres persistaient dans ce tableau étrange et décousu.

- J'ai besoin de retrouver Henry, je n'ose imaginer ce qu'ils pourraient ou lui ont déjà fait... J'ai besoin de savoir... je...

Son visage se tourna et tomba sur la tenue du justicier. Elle secoua la tête, l'égoïsme de sa demande ne jouerait sans doute pas en sa faveur. Alors qu'elle parlait d'une exploitation qui utilisait des esclaves, s'inquiéter pour un seul relevait du caprice.

- Il vous faudra des vêtements plus discrets, fit-elle comme essayer de changer de conversation. Même les autres "Enfants" se sont mis au style vestimentaire de l'époque pour circuler dans les villes proches.

Ses dents mordirent sa lèvre inférieure, raconter son histoire avait fait surgir de terribles images, abominables même. Superman devait les ignorer... le plus longtemps possible l'espérait-elle.
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MessagePosté le: Lun 4 Nov 2019 - 16:29
Kalel écoute ; en silence.
Sans qu'un seul mot ne s'échappe de ses lèvres. Sans qu'aucune réaction verbale ou physique ne soit livrée à la jeune femme.

Il l'écoue.
Il analyse ses mots. Il étudie ses réactions. Il lance ses super-sens sur elle... pour savoir.
Si elle ment. Si elle dit la vérité.
S'il peut lui faire confiance.
Car même s'il n'apprécie guère ses méthodes – l'Homme d'Acier sent qu'elle a besoin d'aide ; il sent qu'elle peut avoir bon fond. Sa réaction à l'évocation d'une période troublée suffit à lui confirmer qu'elle peut être du bon côté, car d'autres n'auraient pas tiqué ou eu la même posture qu'elle.

Il doit cependant en être sûr ; alors il l'écoute.
En silence.
En utilisant ses super-pouvoirs sur elle.
Sans rien dire.

Jusqu'à ce qu'elle termine.
Jusqu'à ce qu'elle achève son récit... et évoque le besoin de vêtements civils ; locaux.
Il hoche lentement la tête.


 « En effet. »

Sa voix est lourde, intense ; sans agressivité.
Sans trace, non plus, du moindre élément qui permettrait de connaître sa pensée – d'appréhender ce qu'il va décider.
Il agit, en fait, plutôt que de s'exprimer.

A nouveau, la jeune femme se sent portée – transportée.
A nouveau, Superman utilise sa super-vitesse pour se projeter très rapidement. Ils passent rapidement au-dessus de la ferme, puis filent à l'intérieur.
Ils ne sont qu'une forme floue, rouge et bleue ; une tornade, à peine visible à l'oeil nul.
Là un instant, disparus celui d'après.

Ils passent vite, ils s'arrêtent vite ; plus loin.
Dans une zone sûre.
Décalée du reste. Déconnectée. A l'abri.


 « Je le répète : il est meilleur de demander, plutôt que d'imposer. »

Calvin Ellis reprend, après avoir déposé la jeune femme ; qui a besoin de quelques secondes, pour se remettre.

 « Je comprends cependant votre urgence. »

Il est là ; il est derrière elle.

 « Je l'ai dit lors de mon arrivée sur la Terre-Prime : je viens de la Terre-23, et j'ai conscience de... différences, avec mon monde.
Per Degaton n'existe pas, chez moi. Mais j'ai suffisamment lu les fichiers de votre Superman pour me faire une opinion sur lui. »


Et elle n'est pas bonne.
Per Degaton est passionné – hanté par les voyages temporels ; un véritable tyran.
Qui ne supporte ni l'échec, ni la trahison.


 « Je comprends bien évidemment vos craintes envers Henry. Et je m'associe à votre douleur, tant physique pour votre blessure... que par le manque que vous éprouvez. »

Kalel est sincère.
Il n'a jamais pris le temps de se créer une vie sentimentale – il a toujours préféré se sacrifier, se lever pour les autres ; c'est un choix.
Il comprend cependant l'attachement... l'amour. Le plus beau des sentiments.
Elle le vit. Elle en souffre. Elle en a été marqué.
Et c'est inacceptable.


 « Je vous aiderais. »

Il tourne sur lui-même – et tout change, alors ; il change.

 « Nous retrouverons Henry. »

Sa voix, d'abord.
Moins lourde. Moins intense. Moins puissante.


 « Nous stopperons Per Degaton et libérerons cette époque. »

Ainsi que ceux qui en souffrent ; dont il a compris l'évocation.
Ce qui le crispe. Ce qui le fait respirer plus fort.
Même s'il se contrôle ; même s'il se maîtrise. Encore.


 « Et... tout ira bien. »

Il se tourne vers elle, et sourit ; il est prêt.
Il est changé.

Time West [Pv Kalel] OW3w1vW
Et prêt à changer cette époque ; et le monde.
Une fois de plus !
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MessagePosté le: Mar 5 Nov 2019 - 8:53
[HRP]Je me permets de corriger la date de notre aventure, j'ai écrit "1882" alors que l'exclavage a été aboli en 1865 ! Nous sommes en 1852. Toutes mes excuses pour cette erreur temporelle ![/HRP]

- Et je... je suis désolée, finit-elle par dire sincèrement après avoir récupéré contenance suite à son voyage éclair dans les bras du justicier. Cela vous secouait, que vous l'attendiez ou non.

Puis il lui parle, avec sincérité, tantôt de Degaton, ce qui lui soulève le coeur, tantôt de Henry, ce qui l'étreint de douleur. D'un seul coup, un vent étrange soulève les pans de sa tenue. Le justicier tourbillonne.

La voix du justicier est plus calme, posée, presque "inférieure" ? Elle se retourne alors qu'il lui lance des paroles rassurantes et elle découvre un véritable fermier de l'époque. Elle aurait dû s'attendre à un changement, mais elle avait imaginée devoir piller un magasin, lui donner une allure plus "respectable". Elle eut honte un court instant de ces pensées qui n'étaient pas les siennes, plus les siennes, mais l'écho d'un autre. Il n'y avait rien de dégradant à cette condition de travailleur, quelque chose cependant luttait en elle.

Tout ira bien. Elle voulait le croire.

- Je vous remercie et... encore une fois... je me sens bête.

Tout semblait s'effondrer sous elle, partie avec des certitudes, puis pétrie de honte puérile, elle était maintenant sur le chemin qui lui permettrait de réaliser sa vengeance. C'était étrange ; comme si elle avait décidé de sauter dans un puits sans fond. Il n'était cependant pas temps de croire que tout était gagné. Elle regarda son bras. La LED était éteinte, toujours. Rien que de voir cet appareil, elle se sentait de nouveau le courage de se relever et d'aller combattre ses anciens "amis".

- Le Ranch est protégé par une sorte de dôme, expliqua-t-elle, Il faut un équipement pour y avoir accès, je n'en avais pas encore un personnel mais je connais quelqu'un qui en possède un : le shérif Roy Jones de la ville de Silent Sands. C'est un agent du Voya... de Degaton, se reprit-elle, cherchant à abandonner toute forme résiduelle de respect que ce nom pouvait signifier autrefois. C'est la ville la plus proche des lieux et aussi celle où il serait moins surprenant de voir... un... homme de couleur. Et...

Des bruits de chevaux, trois au total, menés par un homme monté sur le premier d'entre eux. Un homme paisible, qui voyage en regardant de part et d'autre de son chemin, un homme loin de l'Arizona et qui avait baroudé dans le Grand Ouest Américain avant qu'on ne lui confit deux chevaux et une mission. Il avisa rapidement les deux étrangers qui se trouvaient devant lui.

- Hey Guys ! lança-t-il en levant une main amicale.

Il sortit un papier qu'il déplia à bonne distance puis descendit de son cheval tandis que la jeune femme portait instinctivement la main vers l'arrière de son manteau pour saisir son colt.

- On peut dire que vous avez pas été simples à trouver dans toute cette région rouge, plaisanta-t-il en secouant son chapeau.Heureusement que vous avez choisi un endroit avec quelques trucs un peu distinctifs hein ?

Il avait le sourire de celui qui portait le panache comme bouclier en toute circonstance. Il reposa son chapeau puis se ravisa en se souvenant qu'il y avait parmi les deux étrangers une femme au visage marquée. Reprenant son couvre-chef, il la salua poliment.

M'dame, puis se tournant vers le laborieux ouvrier, il fit moins de cérémonie, mon gars.

Rayonnant, il semblait attendre quelque chose d'eux avant de se frapper le front.

- Bon sang, mais quelle mule, j'me suis même pas présenté à vous ! Johnny Thunder, pour vous servir ! Et justement, je viens pour vous.

Le Cow-boy se tourna vers les trois chevaux, de belles bêtes faites pour l'endurance, bien entretenue, avec un chapeau attaché à leurs selles.

- ça nous vient tout droit du Colorado, c'est pas de la carne ça ! vanta-t-il. Faut dire qu'"on" m'a donné une belle somme pour vous les avoir, foi de Thunder, il a pas lésiné sur la dépense, pour sûr.

Puis, comme si Johnny se souvenait d'un autre élément, il ressortit le papier qu'il avait plié et le tendit vers l'homme de couleur avec une lettre scellée.

- Pour toi mon gars, "on" m'a confié ça avec.

Le papier plié était un dessin très précis de Kalel en tenue d'esclave et de la jeune femme qui l'accompagnait dans sa tenue actuelle. Sous chaque portrait était écrit "Superman" et "Ludmilla".

La lettre était scellée mais une signature ornait le devant de l'enveloppe de fortune : "Rip Hunter". La lettre déclarait :

Lettre:
 

Un allié inopiné, le genre que les voyages temporels offrent. Face à eux, Johnny Thunder remontait en scelle.

- Je ne sais pas ce qui vous attend, mais je dois retourner rapidement au Colorado, j'ai une jeune fiancée qui se languit de mon absence.

Il les gratifia d'un clin d'oeil et attendit un peu.

- Permettez ? fit la visiblement nommée "Ludmilla" à l'adresse de Johnny.

Elle tira Kalel un peu plus loin.

- Vous croyez qu'on puisse lui faire confiance ? demanda-t-elle. Il ne ressemblait pas à un résident du Ranch, mais... quelque chose cloche.

Elle lança un regard suspicieux à l'égard de ce cow-boy qui admirait présentement le paysage en buvant de grande rasade d'eau de sa gourde.

[HRP]L'action n'est pas encore au rendez-vous, mais j'espère te laisser ici assez de matière à répondre ![/HRP]
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MessagePosté le: Mar 5 Nov 2019 - 12:25
Kalel hoche lentement la tête.

« Remerciez-moi quand tout sera terminé. »

Un sourire sincère et positif glisse sur ses lèvres ébènes.

« Et… restons-en là, voulez-vous ?
Vous avez mal agi ; enfin. Vous avez agi de manière… impolie, dirons-nous. Mais vous avez agi dans la précipitation – dans l’urgence. Car la situation est terrible, dangereuse. »


Il s’avance, et ouvre légèrement les bras.

« Gérons tout cela ; agissons ensemble.
Et… restons-en là. Pour le reste. »


Superman est prêt à faire fi de tout ça ; sincèrement.
Il comprend, au fond.
Si la jeune femme est sincère – et ses super-sens le confirment jusque-là – elle doit être terrorisée. Rongée par l’inquiétude pour Henry, hantée par son échec… et sa douleur.

La cicatrice est encore récente ; la souffrance doit être vive.
L’Homme d’Acier compatit, sincèrement.
Il est prêt à l’aider ; il va l’aider. Ses manières sont impolies, mais… ce n’est pas une raison pour ne rien faire.

Il n’y a aucune raison de refuser de l’aide à quelqu’un.
Encore moins dans cette situation.


« Mmh. »

Un léger souffle s’échappe ensuite des lèvres de Calvin Ellis ; il comprend.
Il comprend le plan de la jeune femme.
Il suit son idée… et identifie la stratégie ; retrouver Roy Jones. Passer outre sa suspicion. Récupérer l’équipement pour accéder au dôme, et donc au Ranch.

Afin de le rejoindre ; afin d’y arriver.
Pour récupérer Henry.
Pour stopper Per Degaton ; enfin.

C’est un bon plan – une bonne idée.
Ce n’est pas encore pour tout de suite, cependant ; car un rebondissement intervient. Un événement imprévu se réalise.

Quelqu’un arrive.

Kalel ne dit rien, alors ; autant à l’arrivée que durant le discours de Johnny Thunder.
Il reste silencieux.
Il laisse ses super-sens se lancer – l’analyser. Chercher le pouls et la respiration du cow-boy ; vérifier s’il ment ou non. Etudier sa communication physique, voir s’il livre quelque chose… s’il laisse quelques indices filtrer.

Rien ; ou presque.
Johnny Thunder paraît… correct ; cohérent, en tout cas. Il ne dit rien, alors.
Superman ne dit rien.
Stoïque, figé ; calme. Serein.
… et dans son rôle, aussi. Il a conscience que les hommes de sa couleur n’avaient guère vocation à parler, en 1852, et il doit faire attention.

Parce que même si Rip Hunter, qu’il connaît sur son monde, leur envoie ce type… prudence est mère de sûreté.
Surtout à cette période.
Surtout pour quelqu’un… comme lui.


« Hem. »

Il prend cependant une grande inspiration, et hoche la tête ; il a déplié et lu le mot en quelques secondes, grâce à ses super-pouvoirs.
Le papier est désormais dans sa poche. Il esquisse un léger sourire à la jeune femme, et plisse les paupières, alors qu’elle l’interroge.


« Je dispose d’éléments qui… me laissent penser qu’il ne nous ment pas. »

Sa voix est douce, rassurante.
Kalel s’est décalé pour être dos à Johnny ; mais sa super-ouïe est activée.
Il a suffisamment d’expérience pour faire le tri. Il garde le cow-boy à l’œil… plutôt à l’oreille.


« Cependant, il est… évident qu’il faut rester prudent. Cet homme est envoyé par quelqu’un qui… entend nous aider ; du fait de connaissances communes. »

Il préfère rester discret, lui aussi.

« Cependant… mieux vaudrait que Johnny Thunder ne soit intercepté par personne ; il pourrait parler. Contre sa volonté, mais l’effet serait le même. »

Et il est hors de question que le plan soit découvert par Per Degaton.

« Laissez-moi faire. »

Calvin Ellis adresse un léger clin d’œil à la jeune femme ; et disparaît.
En un instant. En un éclair.
Il active sa super-vitesse, il se projette – il file en avant.

Il s’empare de Johnny Thunder, trop vite pour qu’il puisse s’en rendre compte ; le mur du son est franchi, plusieurs fois.
Superman va vite. Superman va loin.
… jusqu’au Colorado. Jusqu’à la frontière avec cet Etat, où il laisse Johnny – avant de revenir.

Cela lui a pris moins d’une minute ; il n’a même pas transpiré.
Ça va.


« Voilà. »

Il sourit, encore ; même si le cœur y est moins.
Car il a vu.
En arrivant. En volant. En se projetant.
Il a vu ; le pays. Ce pays. Son pays – dans cet état. A cette époque.
… avec ses frères et sœurs de couleur.

Superman retient une grimace ; il sourit encore.
La crise est passée.
Place… à la prochaine.


« Il me semble d’y aller.
N’est-ce pas, miss… ? »


Il commence à s’avancer, puis se tourne vers elle ; avec un regard actant qu’il exige une réponse, maintenant.
Il exige de connaître son identité.
Il va trop risquer pour elle… elle lui doit bien cela !


(HJ/ merci c'est parfait ! Et pas de problème pour l'erreur, j'aurais dû m'en rendre compte ! /HJ)
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MessagePosté le: Mer 6 Nov 2019 - 9:19
- Oui, restons-en là, opina-t-elle tandis que tout la tension accumulée semblait l'abandonner et que son esprit reprenait le contrôle de ses émotions et que son attitude physique révèle un début de relâchement. Même si je ne doute pas une seule seconde d'avoir à vous remercier plus tard.,

C'était étrange, comme si elle organisait avec l'être le plus puissant de la planète et de l'Histoire une opération commando. Mais avec un allié sûr et rassurant, pas une horde de fanatiques parés à tous les excés. C'était comme de se réveiller d'un long cauchemar qui avait eu des allures de rêves.

Après l'intervention de l'étranger, Superman se montra rassurant quoi que prudent et avenant.

Un clin d'oeil, elle sourit, bat des paupières et lorsqu'elles se relèvent, Johnny Thunder n'était plus là, juste Superman, son sourire et une posture qui disait uniquement que tout était parfaitement sous contrôle.

- What the... murmura le Cow-Boy transporté au Colorado sans qu'il puisse calculer quoi que ce fut.

Ce fut le moment du départ, jusqu'à ce que Kalel se retourne, attendant d'elle une identité et certainement pas prêt à accepter une manoeuvre dilatoire - si elle jugeait convenablement son regard. Elle eut un pas en arrière, de surprise, qu'elle ne put dissimulée.

- C'est....

***

- C'est toi qui m'a pris ma carte bleue ?! hurlait son père, hors de lui.

Son père avait toujours été colérique, hargneux, du genre qui salue le drapeau et se lève à l'aurore pour se remémorer ses années dans la Navy, sa fierté, bien plus que sa famille. Il avait toujours une photo de son propre père sur la cheminée, en uniforme du Viêtnam, à coté des cendres de feu son épouse dont il avait caché toutes les photographies, comme pour enterrer sa propre douleur. Une douleur lancinante et innacceptable pour lui. Élevé dans la dureté d'une époque qui exigeait l'obéissance, cet homme reproduisait inlassablement tout ce qu'il avait lui-même subit avant d'être incorporé dans l'armée et de vivre "une vraie expérience", un vrai "esprit de groupe".

La jeune femme en avait soupé de tout ceci et avait un temps exploré d'autres pistes, d'autres expériences. Il avait explosé le jour où il l'avait vu embrasser une autre fille ; il avait explosé le jour où il avait senti de la cigarette ; il était entré en fission lorsque ce fut de l'herbe ; il n'avait pas encore trouvé les seringues qu'elle cachait dans un tiroir de son bureau, mais ce jour là n'arriverait pas.

Il ne la comprenait pas, elle ne le comprenait pas, il ne pouvait plus la contrôler, il se sentait dépassé et comme toujours, il se réfugiait dans la violence. Comme lui auparavant avait été discipliné par un cadre rigoureux et physiquement éprouvant.

Il lui infligea une gifle du revers de sa main. Son alliance laissa une marque sur la lèvre de sa fille, Katelyn James. Elle pleura par réflexe, par colère aussi face à l'injustice qu'elle ressentait, par tout ce qu'elle ne pouvait dire. Elle ne cherchait pas même à justifier son "emprunt", elle ne discutait pas, elle subissait ; il était impossible de raisonner son paternel.

Depuis quelques temps, elle traînait avec une bande de jeunes en quête de sens dans une Société lointaine qui leur paraissait effrayante, contraignante. Elle rêvait de liberté avec eux dans leurs expérimentations autodestructrice, croyant inconsciemment que mourir s'était déjà vivre un peu...

Fracture familiale, brèche sociale, malheurs individuels...

Les bras croisés dans le ciel au-dessus des Suicide Slums, Degaton observait la masse. Cette masse grouillante et méprisable. Les bras dans le dos, il avait vu les mouvement pendulaires des quartiers résidentiels de Fawcett City et la perte de sens qui s'insinuait dans le Rêve Américain. Même sort pour la vieille Europe, la Russie, il avait vu une jeunesse se faire chargée par la police en Chine, au Japon, en Australie...

Degaton avait arpenté le temps et l'arpenterait pour l'éternité, il avait vu les Empires naître et sombrer. Il avait admiré Rome triomphante sur les "barbares", observé le clergé religieux mettre à bas Akhenaton, regardé les Assyriens rouler sur les royaumes Néo-Hittite, vu les chevauchées victorieuses d'Alexandre le Grand, apprécié les seigneurs de Guerre s'entredéchirer en Chine, été spectateur de la Révolution Française...

Il avait ainsi comprit que les grands mouvements se font dans un sens, vers l'échange du pouvoir d'une caste à une autre au faîte de sa puissance, mais que toujours, en tout temps, tout lieu, les malheurs et les inégalités forment le terreau de toute l'Histoire. Les malheurs individuels étaient un carburant pour lui et ses semblables. Le NSDAP n'avait pas fait mieux pour s'élever que provoquer elle-même des troubles qui touchaient les masses. Générer insécurité et fragiliser les structures qui offraient jadis un cocon rassurant et réconfortant.

Tous ceux qui rejetaient la Société et son carcan rêvait d'être et d'exister, même au prix de l'absurde, même au prix de se confondre dans un tout plus grand. Rejetant de vivre en tant qu'individu lambda dans une masse anonyme, trop fier et arrogants, ils plongeaient volontiers dans une nouvelle pseudo-famille structurée au cordeau, diluant précisément leur individualité au profit d'une pensée collective toute entière tournée vers un objectif simple : Servir le Voyageur.

Il était jouissif de voir ces jeunes désirer un avenir "où se trouver" pour finalement s'aligner avec les autres et saluer les chefs, se lever, suivre les règles, mais des règles qu'ils avaient choisies...

Une famille déchirée était du pain béni pour les recruteurs de Degaton qui un jour avaient rencontré la jeune Katelyn James et ses amis, tous perdus, tous en quête de repères. Et ils en eurent. Eux qui avaient rêvé avaient mis eux-mêmes les chaînes de leur servitude, avec joie, bonheur et le sentiment diffus d'être plus grand qu'avant.

Là était la Gloire de Degaton, son terrible talent : laisser ses victimes glisser leurs propres menottes et les fermer volontiers avant de lui tendre la clef en l'aimant. Propagande, psychologie, poilitique... les ingrédients de la fin des Temps.

***


- ... compliqué, murmura-t-elle. en prenant une grande inspiration L'on m'a rebaptisée "Ludmilla Vögel" en arrivant parmi les "Enfants de Degaton", un baptême pour tirer un trait sur notre ancienne vie. Avant... je m'appelais Katelyn James. Et quitte à choisir, je préfère encore Ludmilla, enfin... je crois.

Un prénom qui lui laissait encore des souvenirs heureux, peu, hélas.

Ils purent alors s'installer sur leurs montures. Ludmilla prit le premier cheval, lui flatta le col et vérifia l'attache de sa scelle. L'idée de faire une petite cavalcade n'était pas sans lui donner du baume au coeur. Le genre de moment où il fallait être vigilant à trois choses uniquement : la destination, le cheval et votre environnement. On oubliait alors un temps les problèmes plus complexes de l'existence.

- Besoin d'aide pour vérifier votre harnachement ? demanda-t-elle à Kalel. Croyez-moi, on ne profite jamais mieux de cette époque que sur le dos d'un bon cheval, à condition que la scelle tienne.

Sa voix avait repris une légère teinte rassurée et prête à en découdre avec l'avenir.

Lorsque Calvin Ellis approche de son cheval et frôle sa sacoche, le sablier de tachyon semble réagir. Lui, voyageur des dimensions, piégé dans une trame temporelle perturbée semble un temps se synchroniser avec l'étrange artefact qui lui fait voir et lui fait entrevoir à quel point la situations est dramatique.

Des souvenirs, oubliés, enfouis, modifiés surgissent. Il se souvient. L'Oklahoma, surnommé le "Territoire Indien". En 1852, ce dernier n'est pas encore colonisé, il n'y a aucune ville, aucune implantation d'américains, seulement des tribus indiennes humiliées parquées sur ce territoire rougeoyant, loin de leurs premières terres de chasse. Normalement, aucun commerce d'esclave, juste des populations nomades de chasseurs et d'éparses campements. Mais de son vol, Kalel a vu. Des villes, des villages, des fermes, des tracés de diligences, des défilés de chariots et d'esclaves enchaînés qui marchent, pieds nus sur cette terre rouge cuite par le Soleil, même un début de chemin de fer au loin. Et pas un Indien, pas une seule tribu...

Ce n'est pas qu'un Ranch, ce n'est pas qu'une ville sous la coupe de Degaton que Kalel s'apprête à sauver, c'est un État tout entier modifié, comme une bulle de paradoxe dans la jeune Amérique et dont l'existence pourrait à terme bouleverser tout le continuum des Etats-Unis. Oui, le tyran temporel est là et sa présence semble avoir des répercussions plus grande que celles que peut imaginer une Ludmilla inconsciente comme le fut Superman plus tôt.

Le léger mouvement fluide des particules du sablier s'interrompt alors.

- On peut y aller ? On mettra pied à terre avant l'arrivée à Silent Sands, expliqua-t-elle en prenant ses rennes en main.Les locaux ne verront pas d'un œil bienveillant votre arrivée sur un cheval.

La monture de Kalel lui fit un petit geste de la tête et un léger mouvement des sabots, comme pour inviter son cavalier.

- Il a l'air de vous avoir à la bonne en tout cas, plaisanta-t-elle.

Le départ. Leurs montures remuèrent la terre ocre qui offrait à ce territoire cette étrange teinte de fin du monde. Défilèrent alors les montagnes au loin, d'éparses végétations et des rivières qui leur permettaient de se rafraîchir, enfin, surtout Ludmilla qui n'avait pas la chance d'avoir les super pouvoirs de son accompagnateur. Mais l'eau était bonne, fraîche, encore pure.

Lorsqu'elle chevauchait, profitant de grands horizons pour s'offrir une petite pointe de vitesse, elle se laissait porter. Ce vent, le sifflement, la respiration du cheval entre ses cuisses, le sentiment, finalement, d'avoir embrassé un peu de liberté. Cela lui rappelait les quelques fois où elle s'installait avec Samuel en haut d'un toit d'immeuble à Metropolis, loin de la banlieue résidentielle où son père et elle vivaient. Le vent venait jouer avec eux, comme il jouait présentement avec elle. Samuel... Rien que son souvenir était douloureux. Lui aussi avait suivi les recruteurs du Voyageur, lui aussi était présentement au service du Ranch et du colonel. Mais lui n'y voyait encore que des avantages et rien de plus. Un opportuniste, du genre dangereux.

Elle ferma les yeux un instant pour essayer de penser à autre chose, laissant sa monture un peu libre de sa trajectoire avant de se reprendre. Ludmilla n'avait pas été très "cheval" à son arrivée, arme à feu et combat au corps-à-corps, par contre, c'était une autre histoire. Elle s'était défoulée, elle avait utilisé toute la rage qu'elle éprouvait contre son père et une indéfinissable Société oppressante pour la retourner contre ses adversaires. Bonne chasseuse, bonne combattante, elle avait excellé jusqu'à ce qu'on lui demande de faire sa part du bouchonnage des montures. Elle s'était faite violence et à la différence de Bob qui avait jadis pris soin de sa moto et qui gérait ses chevaux avec la même passion, elle n'avait pu leur trouver autre chose qu'un aspect pratique. Bob, un autre encore plus atteint, un fanatique complet. Elle se souvenait encore de son visage dur lorsqu'il faisait chauffer le fer et qu'elle gémissait des appels à l'aide... Et dire qu'ils avaient été amis.

Durant une pause, Ludmilla s'autorisa à interroger un peu ce Superman venu d'ailleurs.

- N'y voyez pas matière pour vous juger,commença-t-elle en remplissant sa gourde, mais je dois absolument savoir. Vous êtes plutôt "Metropolis Generals" ou "Metropolis Mammoths" ?

C'était une question idiote en soit, mais savoir s'il préférait le baskett-ball au hockey sur glace était une manière à elle de dédramatiser la situation et de penser à autre chose. Elle se posa alors avec une colation de viande séchée déposée dans la sacoche de son cheval.

- Si je peux me permettre : pourquoi est-ce vous le nouveau Superman ? Le précédent est mort ?

Elle ignorait tout de ce qui avait bien pu se passer depuis son départ. Ludmilla sentit alors une douleur à son estomac et se renversa sur le côté. Les voyages temporels intempestifs sans tenue adaptée commençaient à réclamer leur tribu. Elle cracha un peu de sang et se rinça la bouche sans un mot.

Elle préféra reprendre sur leur plan.

Dans 3 heures nous arriverons aux abords d'une rivière qui conduit vers le Ranch, mais nous allons bifurquer pour rejoindre Silent Sands, indiqua-t-elle en pointant une direction. Nous devrions y arriver pour le milieu d'après-midi. Nous devrions avoir le temps de rencontrer le shérif. Par contre, après, nous serons sans doute dans l'improvisation la plus complète...
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MessagePosté le: Mer 6 Nov 2019 - 11:32
Kalel ne dit rien ; mais il sent.
La jeune femme est troublée – perturbée par sa demande. Elle ferme les yeux un instant… et semble tellement se perdre dans ses pensées, qu’elle donne l’impression d’y vivre des années entière ; d’y revivre une existence complète.
Hélas, en apparence, peu heureuse… et plutôt dramatique.

Il se tait, bien sûr.
Il la laisse faire ; il la laisse faire le point avec elle-même – et hoche lentement la tête, en souriant, quand elle rouvre les yeux.
Quand elle reprend la parole. Et s’explique.


« Je vois. »

Son sourire s’étend, alors que sa voix demeure douce et calme.

« Ce sera Ludmilla, alors. »

Il acquiesce, encore.

« Contraction de lud et milpeuple, et aimé. »

Ses paupières se plissent ; la coïncidence ne passe pas inaperçue.
Il n’en dit rien, cependant.
A nouveau, l’Homme d’Acier émet une surprise face aux éléments développés par la jeune femme… mais il reste silencieux. Il lui laisse le bénéfice du doute, notamment parce que ses super-sens lui confirment sa bonne foi.

Enfin.
Ses super-sens lui confirment qu’elle croit ce qu’elle dit – ce qui n’est pas la même chose que dire la vérité ; la différence est réelle.
Per Degaton est un conquérant temporel… un tyran. Qui dispose de techniques, il le sait, pour contrôler les masses ; et ses troupes.

Superman n’en dit rien, cependant. Bénéfice du doute, encore.
Et ils ont à faire, aussi.

Calme, poli, il esquisse un simple sourire de remerciement à Ludmilla, alors qu’il s’approche de sa monture ; non-merci.
Bien qu’il ait été élevé à Chicago, et non pas à la ferme comme Superman de Terre-Prime, Calvin Ellis maîtrise la majorité des disciplines terrestres – l’équitation incluse.
Il n’est pas à l’aise, cependant, sur un cheval ; il n’aime pas ça. Autant la sensation, que la conscience qu’il domine ainsi un animal qui mérite la liberté. Il sait cependant qu’il doit s’habituer, ici, et faire avec ; à Rome, suivons les Romains.


« Hrm. »

Un grognement, léger et presque silencieux, s’échappe cependant de sa gorge ; quand ça arrive. Quand ça se déclenche.
Le phénomène.
La… pulsion ; la poussée de connaissances.

Sur… ce monde. Cette époque.
Cette époque de ce monde ; de cette Terre-Prime, si proche mais si différente de la Terre-23.
Plusieurs grimaces glissent sur son visage ébène, alors qu’il monte sur le cheval ; c’est désagréable. Il comprend. Il suite. Il identifie les éléments, qu’il met en lien directement avec ce qu’il a entrevu, en amenant Johnny Thunder au Colorado.


« Humf. »

Un lourd soupir s’échappe de ses lèvres, alors qu’il ferme les yeux ; un instant.
C’est… dur.
Ce qu’il se passe ici. Ce qu’il voit. Ce qui arrive.
Ce que vit ce monde, à cette époque ; c’est dur. Particulièrement pour un homme dont la vie entière est tournée vers les autres – vers une volonté propre, sincère et irrésistible de se lever, pour ceux qui en ont besoin. Pour braver les injustices.

C’est dur ; de se contenir, face à une telle horreur.
C’est dur.
Mais hélas indispensable. Cela changera ; lentement.
Et il ne doit rien pour cela. Ici et maintenant.


« Oui. »

La voix de Kalel est lente, et il rouvre les yeux en se tournant vers Ludmilla.

« Nous y allons. Avec cette brave bête. »

Il sourit, tapote légèrement le cheval ; et avance.
Ils se lancent.

Le voyage commence – plutôt silencieux, d’abord.
Ni Ludmilla, ni Kalel ne parlent pendant plusieurs minutes. Chacun est perdu dans ses pensées, dans ses réflexions.
Elle dans ses souvenirs et raisonnements sur Per Degaton.
Lui… dans la difficulté d’assumer ses valeurs, dans cette période ; dans ce monde. Si différent, et de plus en plus difficile à supporter.

Ludmilla sort néanmoins l’Homme d’Acier de ces pensées sombres, et le fait sourire.
Sincèrement.


« Ha. »

Generals ou Mammoths ; une des nombreuses bagarres locales, dans le domaine sportif.

« Spartans. »

Une pointe de provocation glisse dans son sourire.

« J’ai vu que la franchise vient d’ouvrir, ici… chez moi, elle est plus ancienne que les Meteors ou les Sharks. Je suis… passionné de football, j’avoue. Mon père m’amenait régulièrement voir des matchs ; enfin.
Il m’amenait au grillage, et me glissait sur ses épaules pour que j’entrevoie quelques mouvements. Nous n’avions pas l’argent pour des billets. »


Le regard de Kalel se perd quelques instants ; son sourire s’étend.
Que de souvenirs.
Que de bons souvenirs ; les meilleurs de son existence.


« Et… ha. Oui. Je comprends. »

Il se reprend, sort de sa rêverie.
Sourit toujours, et enchaîne directement.


« Je suis un nouveau Superman… ici, en fait.
Je viens d’un autre monde.
Connaissez-vous le principe du Multivers ? L’idée est répandue, généralement, et… elle est assez simple. Pour résumer, ce monde, cette Terre, existe dans un Univers ; il n’est pas seul. Il existe des Univers parallèles. Des réalités alternatives.
Il s’avère qu’il en existe en tout… cinquante-deux. Pourquoi, comment, nous l’ignorons ; mais c’est un fait. Il y a cinquante-deux Univers.
Ce monde, votre monde, est… la Terre-Prime. L’Univers localisé au centre du Multivers ; pourquoi, comment, je l’ignore, mais c’est un fait. A titre personnel, je viens d’une autre Terre – d’un autre Univers. Numéroté vingt-trois, selon un calcul simple ; pourquoi, comment, je l’ignore. »


Son ton est calme, doux ; professoral, mais pas agressif.

« Votre Superman est actuellement… en mission.
Plusieurs Héros de plusieurs Univers se sont réunis, en découvrant que dans la membrane qui relie les Univers se trouve une zone ; une bâtisse. On l’appelle la Maison des Héros.
Plusieurs Héros ont décidé de s’y réunir pour agir – pour protéger le Multivers, au sein d’une Justice League ; la Justice League Incarnate. J’ai… la fierté de mener ce groupe.
Cependant, un événement particulier s’est déclaré – un événement où l’expertise de votre Superman était demandée ; il a répondu favorablement à notre sollicitation. Parce qu’il est en mission dans le Multivers, parce qu’il est absent, j’ai alors décidé de le remplacer ici… de protéger son monde, en son absence. »


Et il ne le regrette pas ; même si c’est dur.
Kalel sourit encore, alors.
Même si tout cela lui fait penser à son monde, et un peu de nostalgie vient. Même si, aussi, il voit le crachat de Ludmilla – et ne dit rien ; pour l’instant.

Il enregistre cependant l’information, et maintient son étude. Son inquiétude, pour elle.
L’Homme d’Acier ne dit rien, et acquiesce aux paroles de Ludmilla ; elle dit vraie, et il ne voit pas quoi rajouter.
La route sera longue. La route sera ardue.
Mais… ils vont la suivre ; ils vont arriver au bout. Stopper Per Degaton. Libérer cette période. Sauver Henry.

Cela paraît un job impossible ? Pas de problème.
Il est Superman ; il est sûr que ça va bien se passer… même ici. Même dans ce monde si étrange. Même dans cette période si insupportable !
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MessagePosté le: Jeu 7 Nov 2019 - 8:52
- Football ? s'étonna-t-elle en riant.Décidément, vous êtes surprenant.

Elle écouta attentivement les raisons de son amour pour ce sport, ses souvenirs, heureux et emprunts de cette délicate touche de nostalgie qu'elle ne pouvait qu'imaginer.

Vous avez de la chance, commenta-t-elle avec une légère mélancolie.

Elle aussi aurait aimé lui répondre que son père l'emmenait dans des sorties, elle aurait voulu ajouter combien sa mère aimait se promener avec elle, ou qu'un membre de sa famille avait une place particulière dans son coeur grâce à quelque secrets partagés entre eux. Mais rien. Une mère décédée jeune, pas de grands parents, un oncle alcoolique et un père autoritaire. Triste tableau. Certes Superman lui parlait de pauvreté, mais il y avait une vie qui valait la peine de se remémorer autour.

Attentive ensuite lorsqu'il parla du multivers et des missions qu'ils se partageaient entre super-héros, elle se prit à imaginer cette étrange vie. Après avoir essuyé son crachat rouge, elle se laissa porté par les images que lui avaient évoqués les récits de son interlocuteur. Elle s'allongea un temps, les bras derrière la tête, à observer ce ciel qu'il pouvait parcourir à son aise.

- Comme tout doit être différent pour vous. Un autre monde... un autre univers... une autre Histoire..., se laissa-t-elle portée dans ses rêveries.Vous n'avez jamais eu envie de tout laisser ? De retourner à une vie civile "normale", un peu égoïste certes, mais... pouvoir profiter du temps, de ce que le monde et ses opportunités pouvaient vous ouvrir ?

Une question comme un triste miroir de ses propres regrets...

***

Silent Sands était une ville du Far West comme il y en avait tant eu dans la colonisation de ces états sauvages, une grande rue principale où la plupart des lieux de vie se tenaient et des rues attenantes qui se greffaient lentement, au gré des migrations de colons. Un panneau fatigué présentait le nom de la ville et révélait la longue perspective à cette heure peu animée tant la chaleur accablait les zones que l'ombre ne couvrait pas.

Une odeur de pin accompagnait les bruits de rabot qui s'échappaient de l'échoppe du croque-mort, triste premier contact pour entrer dans une ville. Puis quelques maisons s'alignaient sagement dans la lourdeur de l'air, un barbier, une épicerie. Une rue traversait ensuite la grande rue et menait à un hôtel discret et une salle des fêtes. Le bureau du Shérif se trouvait plus loin, après le Saloon où sortait une musique sage, juste avant une boucherie fermée. La poussière de la rue semblait elle-même trop lasse de chaleur pour effectuer le moindre mouvement.

Quelques badauds, protégés sur les esplanades de bois d'une entrée de bâtiment observaient, curieux, l'arrivée de deux étrangers. Une femme sur un cheval et un esclave, à pied à côté d'elle, quelle incongruité.

- Eh ma mignonne ! héla l'un d'eux en remontant son chapeau. Tu voudrais pas v'nir nous t'nir un peu compagnie ? On s'ennuie ferme ici.

Ses collègues fatigués ricanèrent et Ludmilla les ignora superbement. L'homme insista, mais voyant l'inutilité de sa démarche finit par lui lancer un juron et repartir au calme près de ses collègues, visiblement sa vaillance ne désirait pas affronter le Soleil.

Soudainement, la cloche de l'église située hors de vue sonna.

Immédiatement, la ville s'anima. Un homme, l'adjoint du shérif aux vues de sa décoration, sortit du saloon, une bouteille à la main et hurla :

- C'l'heure d'la JUSTICE !

Des villageois sortirent de leur maison ; le croque-mort prépara son attelage dans lequel reposait deux cercueils ouverts ; un pasteur, juste derrière l'adjoint, serrait une bible usée contre sa poitrine. Tous eurent un regard pour les étrangers qui arrivaient et surtout pour l'étrange spectacle que représentait un homme noir sans lien. Un enfant le pointa du doigt en riant et un autre remarqua tout haut qu'il lui manquait des "bracelets en fer, comme les autres". Sa mère opina, lui tint la main et se garda bien d'approcher d'eux. Les étrangers étaient source d'inquiétude, mais présentement n'étaient pas une attraction suffisante.

Plus loin, près du bureau du shérif se tenait une estrade improvisée où se tenait une potence. Deux hommes de mains, mal rasés et poussiéreux dans leurs cache-poussière fatigués tirèrent deux hommes, un blanc et un noir hors des locaux. Ils hurlaient à l'aide et imploraient la pitié vers une foule indifférente toujours plus grosse, seulement désireuse de profiter d'un spectacle morbide : celui d'une Justice expéditive et hors de contrôle.

Derrière les deux suppliciés, sortit un homme dont les deux petits yeux reflétaient l'ignominie. Il avait une tenue soignée par rapport au reste de la foule : des bottes à éperon graissée et cirée qui reflétaient les affres de la scène, un pantalon presque neuf, frotté avec une application maladive, un colt brillant et parfaitement visible sur la ceinture qui soutenait ses deux mains. Un gilet noir comme la mort qui transpirait de lui, une chemise blanche comme un linceul, une cravate texane en serre-cou et un chapeau noir brossé qui projetait une ombre sinistre sur ses traits lisses. C'était l'image du détenteur de la loi qui jouait de sa force et de son image comme d'une arme. Lorsqu'il sourit, il révéla une dentition noircie par le tabac à chiquer à l'exception de ses dents en or.

Roy jones inspira une grande goulée d'air tandis que la foule avait tu ses imprécations en le voyant arriver. Même le pasteur se tenait ratatiné devant lui.

- Remercions le Ranch ! commença-t-il. Grâce à nos concitoyens consciencieux, ces deux voleurs de bétails vont avoir la peine qu'ils méritent : la mort !

Et la foule d'applaudir et d'acclamer le shérif.

- Qu'ils meurent ! cria un homme dans la foule.

Le shérif tira une montre à gousset de sa poche de veste, frappée d'une croix gammée à son dos. Il l'ouvrit et observa ses deux victimes qui cherchaient encore à sauver leur peau par le dialogue. Les deux étaient blessés au visage et leurs bras tuméfiés révélaient de large plaie bleutées. Le représentant de l'ordre ne fut pas réceptif à leurs jérémiades et se contenta de leur répondre avec un large sourire :

- L'heure, c'est l'heure !

Les assistants du shérif tirèrent de plus belle leur victime en les montants sur l'estrade, l'un d'eux portait un tabouret. La mort serait lente. De la hauteur de ce petit mobilier, impossible de briser une nuque. L'exécution était orchestrée comme un spectacle.

- Allez, le nègre en deuxième, ordonna le shérif. ça lui fera de quoi réfléchir. Révérend Beck, faites-moi vite avec le premier.

Et l'homme d'Eglise se précipita vers l'homme blanc qui pleurait à chaudes larmes, balbutiant son innocence. Beck se contenta aors de lui faire un signe de croix et lui donner la paix du Christ avant qu'on ne lui mette un sac sur la tête. Il hurla de plus belle.

- JE SUIS INNOCENT ! criait-il à qui voulait l'entendre.

Sur sa monture, Ludmilla, son foulard remonté pour cacher sa marque, observait la scène, blême, même si tout ceci était habituel, voire naturel dans cette ville, elle se sentait mal, prête à défaillir. Elle n'était pas ici pour eux, mais les cris glaçaient son sang. Elle observait uniquement Roy Jones. Lequel balayait la scène et s'arrêta sur elle un instant puis tomba sur son esclave. Il haussa un sourcil désagréable et se pencha vers son adjoint qui s'offrait une rasade d'alcool pour lui glisser quelques mots.

Spoiler:
 

L'adjoint s'éclipsa alors, déçu de ne pas pouvoir profiter du reste du spectacle. Roy Jones se tourna alors vers la potence où la scène s'était figée.

- Mais qu'est-ce que vous foutez ?! s'énerva-t-il en les rejoignant.On va pas y passer la journée !

Et il arma un coup de pied qui allait envoyer le tabouret voler et provoquer la lente agonie du premier criminel.

- Bienvenue à Silent Sands, souffla Ludmilla à l'adresse de Kalel en serrant ses rênes.
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MessagePosté le: Jeu 7 Nov 2019 - 10:49
Leur avancée est lente, mais progressive ; ils parlent, aussi.
Ludmilla et Kalel. Ils parlent.
Dans une ambiance agréable. Sur la base d’échanges sympathiques, et sincères ; courtois et curieux.

L’Homme d’Acier a conscience de l’étrangeté de son discours et de ses explications… mais il évoque cela avec une voyageuse temporelle, après tout. Une alliée de Per Degaton, qui a accepté de changer d’époque et de participer, d’abord, à un projet de conquête global.
La bizarrerie est partagée, clairement.

Un sourire sincère s’installe sur le visage de Calvin Ellis, alors qu’il répond à Ludmilla sur ses sensations ; et ses envies.
Les réponses sont douces et sympathiques ; un peu creuses.
Il n’a, en effet, pas le cœur de développer cela. Son monde lui manque – ses proches lui manquent. Il a pleinement conscience de l’intérêt de sa présence ici, et il assumera sa mission jusqu’à ce que Superman-Prime revienne.

Mais… il n’aime pas cette planète ; il n’aime pas la Terre-Prime.
Et s’il explique à Ludmilla que, pour lui, profiter est aider – profiter est participer au bien-être des autres, afin que tous puissent connaître le bonheur… il doit avouer qu’il a hâte de rentrer.

La patrie le fait rêver ; il essaye de ne rien en montrer.
Et tous deux s’avancent… jusqu’à leur prochaine étape. Jusqu’à leur prochaine destination.


**
*
**

… Silent Sands.
Une ville de l’Ouest Sauvage classique ; dont les bâtiments semblent sur le point de s’effondrer, où les gens ressemblent plus à des bêtes qu’à des hommes civilisés.
Kalel n’aime pas, clairement. Mais il fait avec.

Il marche. Il a lâché son cheval, il marche aux côtés de Ludmilla.
Un peu en retrait. Un peu en décalage. Les yeux baissés.
Soumis.
Comme un esclave. Comme une chose.

Il ne supporte pas cela – il sent son cœur s’emporter, à chaque instant ; mais il se maîtrise.
Il se maîtrise également quand quelqu’un interpelle Ludmilla ; il aurait envie de lui rappeler les bonnes manières, mais… l’ignorance méprisante qu’elle adopte est le bon choix.

Les moments ici sont difficiles ; cela ne fait qu’empirer.
Parce que les événements se déclenchent.
La ville s’anime. La foule se rassemble. Les cœurs battent plus vite, les gens rient et sourient ; ce qui le choque, le trouble.

C’est une exécution.

Les gens se réjouissent… devant une exécution ; inacceptable. L’Homme d’Acier sait qu’il s’agit d’un autre Temps, et il sait que même la Terre-23 dispose encore de la peine de mort.
Il y est cependant complètement opposé.
La Vie est trop précieuse ; la Vie doit être préservée, protégée. Sauvée, toujours.

Calvin Ellis ne dit rien, cependant. Il se place aux côtés de Ludmilla – et prend sur lui.
C’est difficile. Mais indispensable.
Il soupire, ainsi, et étudie longuement tous ceux qui l’entourent. Tous ceux qu’ils croisent.
… et notamment lui, bien sûr.

Roy Jones.
Sheriff. Meneur de la ville.
Leur cible.

Qui murmure quelques mots à son adjoint, que seul ce dernier peut entendre ; ou presque.
Superman active ses super-sens, et l’écoute – il entend. Il entend tout, et il commence à comprendre certaines choses. Même si l’intensité des sentiments de la foule le perturbe, notamment parce que son ouïe est gênée.
Son odorat, aussi, est troublé par les odeurs bien plus présentes en cette époque que dans la sienne ; c’est gênant, et ça le trouble.

Heureusement, il parvient à prendre suffisamment sur lui – et hoche légèrement la tête, en murmurant pour répondre directement à Ludmilla.


« Charmant. »

Il prend une grande inspiration, et enchaîne.

« Roy Jones m’a détecté – non pas comme moi-même, mais comme nègre. »

Le terme est difficile à prononcer ; il heurte, encore.
Il le fait quand même.
Calvin Ellis a appris qu’il faut confronter ses peurs – pour les anéantir.


« Il va vouloir s’emparer de moi. J’entends suivre ce plan, pour voir ce que cela peut donner. Il semble me destiner au Ranch. »

Ce qui les arrange, malgré le danger.

« Je me décale… veillez sur vous. Appelez-moi, en cas de difficulté ; je vous entendrais. »

Kalel se détourne, et esquisse un léger sourire vers Ludmilla.

« Oh, et… tenez bien le cheval. Ça va souffler. »

Il retient un sourire plus grand – et se décale. S’enfonce dans la foule, puis dans les rues plus sombres et isolées de Silent Sands.
Enfin… il n’y va pas trop loin. Il se place un peu à part ; de côté.
Où on peut difficilement le voir. Où on peut à peine le voir – et pour cause.

Superman se lance ; il souffle.
Il utilise son super-souffle – et provoque un puissant vent. Si intense et fort que toute la ville commence à trembler… que les potences commencent à tanguer. A se crisper.
A casser, même.
A cause du vent. A cause d’une tempête, qui semble se déclencher !

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MessagePosté le: Dim 10 Nov 2019 - 23:14
Tout se passa au ralenti. Tandis que la jambe du shérif se déployait pour frapper le tabouret, que le premier condamné gémissait, que la foule était dans l'attente sadique du grand moment, que Ludmilla resserrait son emprise sur ses rênes, un vent commença à souffler.

Les robes et les manteaux claquèrent avec force, quelques cruels badauds furent même bousculés, ceux-là même qui, trop attentifs à la potence ne virent même pas un homme de couleur se glisser parmi eux, ceux-là même qui cherchaient à repaître leurs coeurs aussi secs que le désert en été furent comme giflés par ce souffle puissant. Le shérif fut déstabilisé, parvint malgré tout à taper dans le tabouret, lequel s'envola en même temps que le poteau de pendaison qui se brisa dans un craquement sinistre. Un homme de main fut assommé par le condamné qui fut balancé comme un sac de paille et d'autres durent s'écarter pour éviter de finir sous les madriers.

La populations paniqua comme le cheval de Ludmilla, laquelle dissimulait un sourire de satisfaction amusée sous son foulard. Elle avait été perturbée par l'annonce de Kalel. Vouloir l'enlever, lui ? Puis son sourire d'enfant des rues qui va faire ce qu'il estime être juste l'avait rassurée.

Les habitants coururent jusqu'à chez eux pour protéger leurs maigres bien de cette tempête, un vieil homme se plaignait en disant que de son temps les tempête étaient bien plus impressionnantes. Roy James, tombé par la force de ces soudaines bourrasques se relevait en jurant comme un charretier, conspuant ses hommes et l'incapacité du charpentier qui allait prendre cher !

La troupe de "justiciers" de l'Ouest l'aida, histoire d'atténuer sa colère et tous rentrèrent dans le bureau pour éviter d'être balayés comme des fétus de paille. Leurs deux prisonniers furent laissés sur place. Ludmilla profita de l'instant pour aller vers eux, sortir un couteau et les libérer de leurs liens.

Les deux victimes la regardèrent et elle les reconnut. Un géologue du Ranch et un ingénieur. Les deux semblaient ignorer qui elle était, ils la remercièrent et partirent en courant pour tenter leur chance ailleurs. Superman venait de sauver deux innocents qu'elle aurait autrement laissé pendre, les première vies sauvées en cette époque. Elle espérait qu'Henry les rejoigne dans cette liste.

***

- Mais quel salo***** ! jurait Roy en secouant son chapeau recouvert de poussière rouge.

Autour de lui, ses aides avaient le visage rougies par cette même terre qui collait à leur sueur.

- Bordel, continua-t-il en enlevant sa veste, pays de merde ! Non mais sérieusement ! Même au Népal j'étais mieux loti ! Dur de croire que ce pays dirigera le monde ! J'aurais dû rester avec l'Ahnenerbe*.

Son adjoint rentra, encore plus rouge que les autres et puant le whisky à plein nez.

- Chef c'est bon, j'ai fini ! Le panier est prêt et je sais où se trouve la marchandise ! lança-t-il avec une joie non feinte de l'enfant qui a fait ses devoirs.

- Tu veux une médaille ? beugla James, t'aurais pas pu ramener ce corniaud ?!

L'adjoint fit deux pas en arrière devant la colère de son chef. C'était toujours comme ça lorsqu'on le contrariait, mais bon, le vent s'était levé, c'était de sa faute ? Une rasade de whisky fit passer cette scène.

- Bon, vous deux vous allez me... mais y sont où les deux prisonniers ?!

Et sa rage de revenir au galop.

Ce ne fut qu'au terme de quinze longue minutes d'insultes et de vociférations en allemands que les "hommes de loi" purent quitter les lieux. Deux pour retrouver les fugitifs tandis que le shérif, son adjoint ainsi qu'un dernier larbin, eux, partaient avec les "3F" chers à leur chef : "Fers, Fouets, Flingues" pour retrouver la chair fraîche à livrer au Ranch.

Le vent semblait s'être légèrement calmé et la vue d'une potence brisée renferma le dirigeant de Silent Sands dans une colère froide et affreusement muette, le genre qui peut exploser à n'importe quel moment. Ses hommes seraient prudents. Leur future victime aurait intérêt à se montrer conciliante.

Les hommes se répartirent dans les rues tandis que les villageois faisaient le tour des voisins pour leur proposer de l'aide au cas où la mini-tempête aurait causé des dégâts chez eux. Le tenancier du saloon nettoyait déjà ses fenêtres recouvertes de la terre rouge de l'Oklahoma. Le Shérif cherchait du regard à la fois leur proie et la femme qui l'avait accompagné plus tôt, mais d'elle, pas de trace, pourtant elle avait deux montures.

L'adjoint, de son côté, prit une ruelle sale où l'hôtelier en chef vidait les pots-de-chambre, autant dire qu'il allait avoir du boulot pour rattraper ses bottes.

Le dernier, lui, avait pris le chemin que lui avait indiqué le shérif et, fusil à la main, observait d'un œil intéressé les jeunes prostituées penchées aux fenêtres de leur bordel qui observaient l'état de la ville. Il avait l'esprit aussi affûté qu'un couteau à beurre, mais il obéissait bien et c'était tout ce qu'on lui demandait. Le bruit de ses éperons fut bientôt la seule chose qu'il entendait lorsqu'il distingua enfin un homme à la peau noire et en haillon.

- Hey ! Le nègre !, lança-t-il sans discernement. T'es perdu ?

Il le pointa alors de son arme.

- Ici on aime pas le vaga... le vega... le v... merde... voir traîner les étrangers ! Tu vas m'suivre gentiment !

Arriva alors l'adjoint et son cocktail d'odeurs. Des fers peu engageants pendaient à son flancs et émettaient un bruit métallique désagréable.

- Ahhhh ! fit-il avec satisfaction. On visite not' belle ville ?

Il crut sa plaisanterie assez bonne pour en rire lui-même dans ses vapeurs éthyliques. Sans doute sans savoir qu'il mettait le pied dans le début de la fin de l'époque qu'il croyait avoir toujours connu.

* Ahnenerbe : Institut de recherche nazi créé par Heinrich Himmler dans le but de trouver l'hypothétique race aryenne et de démonter les théories de la race supérieure avant de participer pendant la seconde guerre mondiale à des expérimentations dans les camps de concentration.
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MessagePosté le: Mar 12 Nov 2019 - 9:43
Kalel est satisfait, et se permet même quelques sourires positifs.
Ça fonctionne ; et ça lui plaît.

Il a utilisé son super-souffle pour troubler l’attraction du jour – cet abominable spectacle qu’est une mise à mort ; et ça fonctionne.
La potence tremble. Les cordes craquent. La population hurle.
La peur se déploie, au cœur de Silvers Sands… et ça plaît à l’Homme d’Acier, il ne peut le cacher.

Il réprouve définitivement toute forme de violence ; et surtout la violence légale.
La peine de mort lui est insupportable.
Il l’accepte, car elle est inscrite dans la Constitution des Etats-Unis d’Amérique de Terre-Prime… et de Terre-23. Et il demeure un homme loyal aux règles, même s’il est en désaccord avec.

Calvin Ellis essaye de les changer.
Il a même le plaisir de croire qu’il y arrive – chez lui ; sur Terre-23.
Dans son temps, aussi.
Mais il n’y est pas là, hélas ; ni sur son monde, ni dans son temps.

Le Far-West demeure une période terrible… de non-droit, ou pas loin ; il le comprend. Et il comprend aussi les éléments intimes qui poussent les civils de cette époque à agir… à accepter de telles mises à mort.
Ce n’est pas sa pensée ; mais il peut imaginer qu’on y vienne, à cette période.


« Mmh. »

Un souffle s’échappe des lèvres de Superman, alors qu’il erre dans une ville quasiment fantôme ; ce souffle est léger, cette fois-ci.
La tempête demeure, même si elle s’apaise.
Le vent continue de filer entre les rues, de heurter les bâtiments souvent fragiles dans ces constructions faibles. La cité demeure en danger… mais Kalel y évolue sans difficulté.

A nouveau, il laisse ses super-sens agir.

A nouveau, il force sa super-ouïe pour entendre – pour tout entendre ; et notamment les discussions entre le fameux Sheriff et ses proches. Qui apparaissent définitivement être des agents du fameux Voyageur, ce Per Degaton qu’il apprend à connaître ; à détester aussi, tout simplement, même s’il tente de minimiser ces sentiments.

A nouveau, aussi, il utilise sa super-vue pour analyser la ville.
L’Homme d’Acier se perd ainsi, pendant plusieurs instants, sur l’observation d’une ville de cette époque ; de ce temps, si étonnant et si troublant.
Mais qui hante grandement l’âme de l’Amérique… sur ce monde, et le sien.


« Hem… ? »

Il tourne sur lui-même, et inspire ; quand il les entend.
Eux.
Ceux qui viennent le rejoindre. Ceux qui le veulent. Ceux qui s’adressent à lui… comme à un autre de sa couleur, en cette période.

Un nègre.
Le mot est lâché ; le mot est dit, même s’ils se troublent et se perdent dans leurs mots, en le menaçant.
Avec une arme. Avec des fers.


« Ho. »

Kalel ouvre les paupières, en grand ; il entrouvre la bouche, aussi.
Il surjoue, un peu.
La surprise, d’abord. Puis la peur.
Parce qu’il se replie sur lui-même. Parce qu’il se crispe. Parce qu’il affiche un air contrit, et terrorisé.


« Je… mais… j… »

Il n’aime pas ça ; jouer. Mentir.
Il sait que ses proches savent bien le faire – Batman est formidable, pour cela ; sur ce monde et le sien. Mais pas lui.
Superman est trop honnête. Trop sincère.
Jouer ne lui est pas agréable, et encore moins naturel ; mais il essaye. Il fait avec.


« Ne… missier… ne… ne m’faites pas… d’mal… »

Il grimace, intérieurement ; il grogne, aussi.
Mais il continue.
Kalel se replie ; s’agenouille. Se soumet.
Se livre à eux.

Comme d’autres le feraient en ce temps. Comme d’autres l’ont fait, devant eux ; comme ces hommes s’y attendent.
Même s’il boue, intérieurement. Même s’il enrage, en son for intérieur.
Même si, il le jure, cela se paiera ; rapidement. Et littéralement.

Superman sait qu’il ne doit pas changer cette période, et que le Temps doit suivre son cours ; c’est difficile, mais il s’y fera.
Ces hommes ne sont pas d’ici, cependant.
Et alors qu’ils s’emparent de lui, il le jure – ils le payeront. Dans ce temps, et dans tous les autres !

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MessagePosté le: Mer 13 Nov 2019 - 8:33
Les fers furent posés dans un bruit métallique qui se répercuta sur les murs alentours. L'adjoint était heureux, cette prise allait ravir leur chef à l'humeur massacrante. Il sifflotait tandis que le benêt de service effectuait des gestes avec l'assurance de celui qui agit par habitude. Lui ne siffle pas, il n'émet aucun commentaire. Le jeu de Kalel lors de son "arrestation" les a tous deux convaincus. Dans leurs esprits étriqués, ils restaient supérieur à lui et par ce biais bien connu de l'autosatisfaction, ils sous-estimaient grandement leur prise.

Le shérif vint à leur rencontre et eut un léger sourire qui plissa ses yeux fouisseurs en voyant Superman parfaitement ferré.

- Parfait mes agneaux, lança-t-il. Balancez-moi ça dans le panier. M'a l'air en bon état, le Voyageur en donnera un bon prix. Vous m'l'abîmez pas !

- Allez, on se lève, ordonna le juvénile homme de loi.

Kalel fut emmené sans grande précaution malgré les ordres, ce qui laissait présager pour les détenus moins chanceux des traitements plus violents. Une large cage tirée par deux mules fut sa nouvelle demeure. Le crépuscule entamait sa lente course.

L'adjoint et le shérif s'installèrent sur leurs montures tandis que le jeunot prenait les rênes de la carriole.

- Le temps est idéal, lança Roy James en riant. On devrait arriver au Ranch pas trop tard.

- Génial, reprit l'adjoint. Y z'ont toujours de la bonne bouffe là-bas.

Et leur cortège de prendre le chemin du lieu tant de fois évoqué.

Spoiler:
 

***

En cette époque, il n'y avait pas de route, les diligences et les cow-boys traçaient les leurs dans ces plaines. On cherchait quelque fois des ponts ou des guets sur les rivières proches, mais rien de plus, on traçait, allant de point connu en point connu. Pas de carte précise en ce temps, pas de GPS, juste des boussoles et des étoiles, des éléments de reliefs et la connaissance des lieux.

Le Soleil décroissait, décollant l'ombre des montagnes pour les projeter de plus en plus loin. Les herbes éparses dans cette terre se confondaient bientôt. Le ciel encore libéré de l'aviation révélait de rares nuages plongés dans l'encre orangée du crépuscule. Difficile de croire qu'en des terres qui offraient un panorama si beau l'horreur pouvait se nicher.

Le coeur des hommes de ce temps était martelé par la nécessité, forgé par l'orgueil des conquérants. Ce qu'ils faisaient, plus personne ne le faisait depuis bien longtemps, ils domptaient la nature sauvage, prenaient le dessus, ils la pliaient à leur besoin et tiraient satisfaction de la connaître, lui survivre et la dominer. Un temps de tyrannie toute humaine. Un temps pour Degaton.

Ici se forgeait l'âme d'une Nation.

Le Shérif, sur son cheval, regardait souvent sa montre, buvait peu, parlait peu. L'adjoint, lui, chantait, fredonnait, s'enivrait pour quatre et riait de son observation de cet horizon qu'il pensait sien. Le conducteur du chariot était silencieux, passant de temps à autre une gourde à son passager, lorsque le chef l'exigeait. Pas question semblait-il de laisser cette marchandise se dégrader.

Soudainement, le gant du chef se souleva et l'équipée s'immobilisa. Ils étaient encore à distance des Sandstone Hills et observaient l'horizon.

De la sacoche qui pendait à l'arrière de son cheval, Roy James sortit une étrange chevalière frappée d'un symbole teutonique. Il la passa à son doigt et porta sa montre dans cette même main. Il appuya sur l'oignon et immédiatement son bijoux s'illumina.

Le monde sembla un instant se troubler et comme si l'horizon n'était plus qu'un reflet aquatique du monde, tout se mit à onduler.

L'adjoint jura, râlant qu'il ne s'y habituerait jamais. Le jeune cracha par terre et prononça le début d'une prière. Tous s'enfoncèrent alors dans l'illusion. Il y eut de légers crépitements électriques sur la cage et les cheveux de l'alcoolique notoire montèrent légèrement malgré leur crasse.

Et le Ranch fut en vue. Ce qui n'était qu'une plaine auparavant était une installation complète dont s'échappait quelques panaches de fumée, comme un monde industriel hors du temps et de l'espace.

Large bâtisse de bois et de pierre dans le plus pur style Far-West et élevage équestre, la maisonnée principale détonait par les deux larges tentures noire frappées d'un "D" rouge qui flanquaient son entrée. Une statue de Degaton trônait également devant dans une posture de maitre du monde. Debout, un sablier dans une main et un globe terrestre dans l'autre. il se déroulait une cérémonie du soir avant que les "Enfants" présents puissent aller manger et prendre leurs quartiers.

Tous devant la statue, au garde-à-vous, ils écoutaient les litanies d'un supérieur hiérarchique qui leur rappelait leur serment et dressait la liste des tâches du lendemain où il égrainait les numéros d'individus. Lorsqu'il eut terminé, il prononça un puissant "Gloire au Voyageur" et ils saluèrent cet homme qui les soumettait tous avant de se séparer.

Deux hommes en chevaux mais armés comme à l'époque de Kalel interrompirent le convoi. Ils avaient acquis les codes vestimentaires de l'époque, la saleté en moins. Ici on brossait ses affaires, on était inspectés à tout moment et on ne badinait pas avec le règlement. Comme si des pionniers avaient été disciplinés par un militaire.

- Qui va là ? Shérif James ?

- Lui-même, rétorqua âprement l'"homme de loi". Je viens voir Spetz.

- Le colonel attend un entretien. Il vous recevra après, mais le docteur Wirchaft est disponible.

- Alors va pour Manfred, se résolut le shérif. J'ai un colis pour vous.

Les deux hommes s'ajoutèrent à l'escorte pour mener leur groupe vers le Ranch.

- Et avec qui il a un entretien, Spetz ?

- Avec le Voyageur lui-même, répondit la recrue avec une immense fierté. Tout le monde est très excité, il va remettre les médailles de la dernière promotion.

Ce jeune homme, d'une vingtaine d'année à peine, les yeux déjà cernés et révélant le labeur d'un meurtrier entraîné parlait avec déférence d'un homme qui avait brisé sa vie comme tant d'autres avant elle. On pouvait lire dans sa posture, ses intonations et son regard qu'il était prêt à se sacrifier pour lui, le révérer. Ici le Voyageur dominait tout.

Le jeunot ouvrit alors la cage de leur prisonnier et fut bousculé par les "Enfants" dûment formés qui "prenaient le relais".

Seul le shérif fut autorisé à entrer dans le bâtiment principal, on invita les deux autres à aller se restaurer avant de repartir.

Kalel fut donc descendu et pénétra dans le saint des saints. Dès l'entrée, la couleur était donné. Tout y était fasciste. L'ameublement, l'architecture, tout à l'intérieur était droit, net, des lignes "pures", des meubles parfaitement symétriques et l'image du Voyageur partout. Son regard sévère ne quittait jamais le visiteur, c'étaient des portraits, des tableaux, des photographies, des bustes, lorsque les murs n'étaient pas recouverts d'armes et de drapeaux frappés d'un sablier stylisé. Des hauts-parleurs anachroniques étaient installés régulièrement.

On ne croisait ici que de l'administratif, des secrétaires, des bureaucrates, tous en noir frappés d'un "D" sanglant, le regard affairé. Roy James se guidait avec aisance dans ce dédale de couloir aux portes toutes identiques et frappa sur la seule à double battant. On entendit un "Oui" teinté d'un fort accent allemand.

Lorsque les portes s'ouvrirent, ce fut une bouffée d'angoisse. Des tableaux médicaux et des vitrines remplies de crânes et d'os s'alignaient dans ce qui semblait être un bureau. Les bibliothèques vomissaient de lourds livres et des feuilles de papiers. Un tableau noir recouvert de craie traînait à côté d'une table où tremblait un homme exsangue, fatigué, usé, les articulations saillante et la peau sur les os. Chacune de ses respirations semblaient nécessiter un effort surhumain. Sa peau noire était semblable à celle d'un parchemin trop utilisé.

Le docteur Wirchaft se révéla alors. C'était un homme d'une cinquantaine d'année, les yeux fuyant, les mains spasmant de tics nerveux, agités pour tout dire, qui semblait ne jamais pouvoir rester en place et qui parlait vite. Très vite. Il avait un compas à la main qui effectuait des huit tant il paraissait excité. Il jetait ses mots plus qu'il ne les prononçait, usant du minimum de syllabes nécessaire. Les deux Enfants de Degaton qui les avaient escortés se mirent en faction à l'extérieur devant la porte fermée.

- Friedrich ! Quelle bonne surprise, entrez, entrez, entrez. Prenez un siège et...

Ses sourcils se haussèrent à la vue de Kalel.

- Mer-veil-leux ! Quel crâne ! jugea-t-il en tournant autour de son nouvel arrivant. Un mulâtre magnifique ! Et puis, cette musculature ! Il travaillera bien. A-coup-sûr !

Roy James ne prêtait pas attention aux digressions du Herr Professor et s'intéressait plutôt aux crânes qui s'alignaient sur un bord de son bureau. Le shérif tourna la tête vers la table d'auscultation où était sanglé le gémissant torturé.

- En pleine opération ? demanda Friedrich.

Le docteur fut comme électrisé par cette question et se détourna de l'analyse du profil du nouveau spécimen.

- Oui ! exhula-t-il. Punition du colonel. Cet homme a osé souiller l'une des nôtres et la pervertir par ses pulsions bestiales. Spetz désire un exemple et me l'a donné pour tester un traitement.

- Ah ? fit sans passion le shérif, qui regrettait visiblement que la conversation s'éternise sur ce sujet.

- Oui ! Elle me vient du docteur Antonini, vous savez, de Poveglia !

Friedrich semblait aussi calé en géographie qu'en morale, aussi haussa-t-il les épaules dans un geste assez vague pour le laisser à la libre interprétation de chacun.

- En Italie, vous savez... Non ? Bon, tant pis. Bref, il m'a dit de faire une ablation des lobes pré-frontaux dans le but de calmer toutes les émotions qui l'ont rendu si "défaillant". J'avais terminé les mesures nécessaires à mes dossiers et j'allais justement commencer... Il se rapprocha de la table et observait de haut sa future victime. Cela nous permettra peut-être de pouvoir briser les nouveaux arrivants de façon clinique et parfaitement maitrisée. Je suis sûr que la Voyageur sera heureux de l'apprendre, même si je crois qu'il se moque bien des moyens que la colonel met en place, il aime les résultats, point barre.

Le docteur se tourna alors vers son interlocuteur, le bracelet qu'il avait au bras s'illumina.

- Mein Gott, jura-t-il en se tenant le poignet. Le Voyageur vient d'arriver, il faut que je me dépêche, j'espère avoir terminé ma besogne avant qu'il ne remonte avec Spetz.

- Ils en ont pour longtemps ? s'enquit, intéressé, Friedrich/Roy James.

- Au moins une bonne heure, mais vous devriez descendre pour les voir tous les deux, je suis sûr que Spetz n'y verrait pas d'inconvénient, entre anciens des tranchées hein ? Nous avons fait une nouvelle ouverture vers les mines, au bout du couloir, il y a deux gardes, vous devriez trouver facilement.

Le shérif grogna une phrase indistincte mais qui signifiait clairement qu'il n'aimait pas parler de la "défaite" de 14-18. Une blessure dans ce coeur noir.

Le docteur enfilait des gants tandis que la chaise de son interlocuteur était poussée dans un grincement.

Le shérif se tourna vers Kalel qu'il observait avait dédain.

- Allez, on va laisser le bon docteur faire son travail, j'te laisserais bien avec lui, mais ce serait dommage de...

Sur la table, l'homme, dans son délire, soupira un léger "Ludmilla"...

***

Au bout du couloir se trouvait une porte gardée, derrière elle, un monte-charge qui s'enfonçait dans les entrailles de cette Terre sauvage. De là, des galeries creusées et aménagées où de larges poutres métalliques soutenaient de lourdes plaques de béton. C'était alors une ramification labyrinthique de rails sur lesquels des esclaves poussaient de lourds chariots. Des contre-maîtres et des garde-chiourmes supervisaient ce travail de labeur et de mort. De temps à autre, une patrouille vérifiait que la besogne était accomplie avec le plus de volonté possible. Des hauts-parleurs lançaient une propagande constante visant à épuiser mentalement ceux qui auraient l'audace de se soulever.

Le vrombissement de générateurs issus du XXIVème siècle permettait à toute cette fourmilière à taille humaine d'être éclairée d'une lumière blanche agressive et qui déréglait le sommeil des esclaves, les usant comme des ressources périssables, des "consommables" comme le disaient les administrateurs de l'étage. On entendait le bruit de marteau-piqueurs, de pioches et de pelle selon les galeries.

Reposant comme un titan endormi, une gigantesque foreuse éteinte était posée au bout d'une percée principale. Une vaste plate-forme à l'opposée de cette dernière formait une aire de chargement et de déchargement. De larges bobines conductrices et des kilomètres de câbles enroulés connectaient entre eux de formidable accumulateurs et des baies de serveur qui calculaient en permanence une équation qui ferait perdre la tête au plus féru des mathématiciens de cette époque.

Venait d'arriver sur cette dernière un homme en manteau brun, un brassard caractéristique au bras, le regard cruel et assassin. Un homme en tenue militaire le saluait et l'accueillait avec une déférence totale.

- Voyageur, fit le colonel. C'est un honneur de vous accueillir. Le "Ranch" est prêt pour l'inspection.

Sans un mot le tyran temporel descendit et offrit une accolade fraternelle à son subordonné, marquant là une indéfectible confiance et donnant à ce dernier une aura nouvelle aux jeunes ouailles qui les observaient en silence.

- Colonel, nous commencerons par les bilans d'extraction.

L'heure des comptes était venue.
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MessagePosté le: Jeu 14 Nov 2019 - 16:40
Kalel tremble.
Il en rajoute ; il surjoue.


« M… mais… j… je… »

Il baisse les yeux. Il se replie sur lui-même. Il grimace.
Il pleurniche, même.
Il essaye de ne pas trop en faire – de ne pas aller trop loin. C’est difficile.
Déjà, parce qu’il n’est pas habitué à agir ainsi.
Ensuite, parce que la situation l’insupporte… et le crispe ; beaucoup.

Il prend sur lui, cependant. Il fait un effort.
L’Homme d’Acier fait fi des piques et attaques de tous ceux qui l’entourent – des hommes qui s’amusent, rient ; ricanent.
Il prend sur lui. Il s’apaise.

Il monte directement dans la cellule, et se laisse faire ; les yeux baissés.
Il jugule sa respiration.
… mais hoche la tête, quand il entend, au loin, les quelques mots prononcés par Ludmilla. Il retient un sourire, en apprenant que son action a définitivement sauvé deux vies – car les condamnés à mort peuvent avoir leur utilité.

Superman espère que cela servira, plus tard.
S’il y a un plus tard, bien sûr.

Car le voyage qui commence n’a rien d’agréable – et le crispe, le ronge.
Déjà.

Kalel prend sur lui, encore.
Il laisse ses super-sens filer, et analyse tout ce qui l’entoure ; le fameux Far West. Cet Ouest Sauvage des légendes, des mythes… des films.
Les films de cow-boys, qui ont également hanté l’enfance du jeune Calvin Ellis.
Même les gamins de Chicago ont rêvé du mythe de la frontière, et une partie de lui se réjouit de la découvrir ; même si l’essentiel supporte mal ce qu’il doit subir… et rage, intérieurement.

Ils arrivent, cependant.
Ils rejoignent le Ranch, et l’Homme d’Acier baisse encore les yeux ; il supporte les moqueries, les quolibets.
Il subit. Pour l’instant.

Il laisse cependant sa super-ouïe agir, et découvre qu’un mystérieux Spetz échange actuellement avec le Voyageur ; Per Degaton.
Qui est donc ici. Qui est sur place.
Qui est accessible… et pourra donc être trouvé rapidement. Quand Superman aura décidé d’agir.

… ce qui n’est pas encore le cas ; car il se laisse faire.


« Humf. »

Il soupire, et baisse les yeux alors que les hommes ennemis le sortent de là où ils l’avaient enfermé.
Il est amené dans un endroit étrange – spécial.
A nouveau, Kalel lance ses super-sens… et identifie les services administratifs, les bureaucrates ; les gens. Les employés.

Tous à la solde de Per Degaton.
Tous marqués par son sigle ; son symbole.
Qui rappellent des heures sombres de l’Histoire – plus anciennes que cette époque ; mais tout autant révoltantes.


« M… mais… »

Il bégaye, et surjoue encore la peur ; car il arrive à destination.
Une salle.
Une salle désagréable. Une salle terrible. Une salle d’étude.
Une salle de torture.


« C’est… j… je… »

Kalel tremble encore, et baisse les yeux ; mais il ne manqué rien des échanges.
Il grimace, et pleurniche quand on le touche.
Il veut se défendre. Il veut se débattre. Il veut s’échapper. Il veut se libérer.
… il se retient encore.

Même si c’est dur.
Même si la vision d’un frère de couleur révulse son cœur, et le pousse à serrer les poings ; jusqu’à faire blanchir ses jointures.
Jusqu’à utiliser une force capable de tordre l’acier. Contre lui-même.
Jusque-là.


« Hrm. »

Kalel grogne ; puis son cœur s’accélère.
Parce que le scientifique fou parle. Parce qu’il explique ce qu’il compte faire.
Parce qu’il évoque l’abomination qu’il prépare.
… mais il part.

Le scientifique dément part, et entend retrouver directement le Voyageur.
Le Sheriff reste seul, alors ; avec Calvin Ellis, qu’il veut amener ailleurs… et la victime.
Qui parle. Qui murmure.
Qui dit un mot.


« Oh. »

Un nom, en fait ; un nom qui change tout.
Ludmilla.
Le lien se fait. Tout s’éclaire.
Kalel comprend – et sa super-ouïe l’informe que Per Degaton arrive, et commence son inspection ; il arrive.

Tout se lance. Tout s’enclenche.
Et le Sheriff veut le sortir – et Henry est en danger.
Et Kalel…


« Hem. »

Kalel prend une grande inspiration ; il en a assez.
Et il agit, alors.

Le Sheriff ne comprend pas ce qu’il se passe, bien sûr. C’est trop rapide, trop soudain.
Trop fou.
Il ne saura décrire ce qu’il s’est passé à ce moment précis – mais tout juste pourra-t-il décrire cela comme une tornade ; une tornade bleutée, qui s’est abattue dans le laboratoire du scientifique dément.
Une tornade qui est apparue d’elle-même… et s’est tournée directement contre lui.

Pour l’emmener ailleurs.
Pour le projeter sur plusieurs mètres – et le placer dans l’une des caves du Ranch.
Où il est enfermé.
Où il est figé dans la terre… bloqué par le sol, par des éléments en métal et du sol ; incapable de bouger. Seulement la tête dehors.
Avec un bâillon dans la bouche ; incapable de hurler.


« Ha. »

Un léger sourire glisse sur le visage de Kalel, désormais libéré de ses entraves.
Tant physiques que psychologiques.
Il se redresse – et paraît plus grand ; plus fort. Plus impressionnant.
Plus… lui.


« Henry. »

Calvin Ellis s’approche, et libère également Henry.
Il l’accompagne doucement, et l’aide à se relever ; en veillant à ce qu’il n’ait rien, ou qu’il ne risque rien.


« Ludmilla m’a fait venir ; je suis un ami. Tout ira bien. »

Il sourit, et hoche doucement la tête.

« Je suis là. Tout ira bien. »

L’Homme d’Acier plisse les paupières, et relance sa super-vision.

« Le Voyageur approche. Que peux-tu me dire dessus ? Que dois-je savoir… pour agir ? »

Pour stopper Per Degaton ; pour sauver le monde et cette période.
Pour être Superman, tout simplement !

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MessagePosté le: Lun 18 Nov 2019 - 9:09
Roy James gémissait présentement dans un soubassement du Ranch, tentant de s'échapper d'une situation dont il n'avait pas le moindre souvenir du déroulé précis. Du flou, un sentiment de bourrasque puissante et il s'était retrouvé là, à ne plus avoir que ses chapelets de jurons entravés par un bâillon. Il se souvenait de sa belle prise et de son aspect misérable, qu'il avait tant de fois observé chez ses congénères et puis il était là. Son corps était incapable du moindre mouvement tant la pression de la Terre et du métal était impérieuse. Ignorant encore tout de son agresseur, croyant sa dernière heure arrivée, ses jurons se transformèrent lentement en cris porcins étouffés et des premières larmes de terreur commencèrent à noyer ses yeux. Le bourreau avait pour la première fois un point commun avec ses victimes.

Sur sa table, Henry est perdu, en lui-même comme dans les sensations que lui retournent son corps si désynchronisé avec son esprit. Il sent une main se poser sur lui et trésaille. Le Docteur était-il de retour, était-ce lui ? Cette voix. Trop douce, quelque chose n'allait pas. Son corps, instinctivement se préparait à la douleur, jamais son tortionnaire n'avait été délicat avec lui. Sauf avant... avant qu'il ne le traite comme un animal d'expérimentation. C'était ignorer qu'en cette époque, en ce temps, entre ces mains, les animaux étaient traités avec plus d'égards quoique pas plus d'Humanité.

Ses lèvres tremblèrent d'essayer de trouver des mots pour mettre un sens à ce qui lui arrivait. Mais tout se bousculait. On le redressa. Oh non, ça y était, il allait retourner mourir dans la mine ou être fusillé dans la cour, à moins qu'ils ne le mettent à la potence ou l'utilisent comme mannequin pour les exercices des recrues. Il voulut pleurer, mais son corps en était incapable. Jusqu'à ce qu'il entende ce prénom, comme une explosion. Les larmes viennent, mais elles n'ont rien de tragique. Elles emportent avec elles les souffrances endurées et les vexations, la peur de cette douleur ignoble et l'appréhension de son retour. "Ludmilla"...

- Ludmilla... va... est-elle bien ? souffla l'homme encore épuisé, n'ayant plus en tête son cas mais celui de celle qu'il aime.

On lui dit que tout ira bien. Maintenant il peut essayer de le croire, mais en lui le doute est encore le plus grand. Comment ? Comment espérer un demain ? Comment espérer oublier tout ceci, oublier que des hommes différencient à ce point la peau pour en faire le socle d'une machine commerciale aussi ignominieuse ? Comment espérer que tous puissent se relever d'une telle chose ? Comment enfin, comment croire que des hommes et des femmes capable de s'aligner à l'entente d'un nom, d'une trompette ou d'une sonnerie puissent construire un lendemain qui vaille la peine de se dire que "Tout ira bien". Tout ne va pas bien, lui le premier et rien ne laisse présager de ses yeux fatigués que l'avenir mérite qu'on s'y attarde.

L'homme pourtant semble sûr de son fait. Henry ne répond pour le moment rien, les débats philosophiques étaient hors de sa portée et franchement, s'il pouvait revoir Ludmilla, il voulait bien admettre qu'il était sauvé par le Père Noël lui-même, pas sûr cependant que l'Amérique apprécie de le découvrir noir. Son sauveur lui parle ensuite du "Voyageur".

- Le voyageur... cracha-t-il emplit d'une haine sans pareille, chargée de tant de rancoeur et de violence que ce fut comme si son regard s'embrasait littéralement. L'homme brûlait de rage. ce sale **** ** ****... ses hommes m'ont pris... je... je quittais mon pays, la guerre y faisait des ravages... c'était en 2019... ils m'ont promis l'Amérique... les salauds... Quitter une guerre pour ça... Je... enfin... le voyageur oui... pardonnez je... je suis un peu... je... Oui... Ils l'appellent tous comme ça... c'est une espèce de fou... c'est pas un homme ça, il... il vous regarde comme... comme si vous étiez déjà mort. Il dirige tout ici, via le colonel. Une belle ordure, un Nazi si j'ai... j'ai bien compris. Il... enfin voyez... il récupère d'ancien criminels de guerre et... il les recrute, leur fournit... ça.

Il montra l'ensemble du bureau de sa main tremblante, se remémorant malgré lui ce qu'il avait entendu et surtout, vécu.

- Je... je l'ai déjà vu accomplir des... ce qu'ils appellent des "miracles"... Il peut à sa guise aller dans le temps... Il a des appareils avec lui... je l'ai vu punir un homme une fois. Il lui a collé une sorte de... c'était comme grenade collante... c'était... horrible. L'homme a vieilli, vieilli, jusqu'à devenir poussière et lui l'a observé avec... c'était du plaisir je crois... il a savouré, tout. Il voyage dans le temps. S'il peut s'échapper, il va sans doute essayer de revenir plus tôt... ou plus tard... je... je sais pas trop et...

Henry tenta de porter une main à sa tête tant les choses se bousculaient, il voulait tout dire mais ne parvenait pas à organiser ses idées de façon cohérente. Il enchainait les phrases sans chercher à les lier nécessairement, mieux valait tout dans le désordre que rien parce qu'il avait été trop long ou que le Voyageur approchait trop vite.

- Il doit faire son inspection... généralement il est avec le colonel tout le long... Le colonel sait se battre et bien. Je... en bas... ils ont une machine et ils cherchent quelque chose ! Ils creusent... du cuivre mais aussi autre chose. Je sais pas quoi.

Henry s'agrippa à son interlocuteur. De ses mains fatiguées mais animées par le désespoir.

- Faites attention... qui que vous soyez... il protège sa plate-forme. Vous la verrez... J'ai essayé de l'utiliser pour quitter cette époque mais... elle a un truc bizarre je me suis retrouvé dans le futur... ailleurs. Loin d'ici, mais j'ai été immédiatement rappelé ici. Ils... ils nous mettent des puces dans le bras... Je sais pas d'où elles viennent mais... elles peuvent... nous envoyer ailleurs. Faut abattre ce type... le Voyageur... il a tué un homme récemment... Sandman qu'il l'appelait et... et il y a eu une fête... j'ai... j'ai voulu fuir avec Ludmilla à ce moment là... Ils l'ont punie... est-ce qu'elle va bien ? Pitié, dites-moi qu'elle ne va pas revenir ici... Ils l'attendent...

***

Le monte-charge amenait directement le colonel et Per Degaton à l'étage où l'attendait le docteur Wirchaft, extatique, nerveux, tremblant.

La porte s'ouvrit, les deux gardes saluèrent et même le Herr Professor s'inclina respectueusement. Degaton marchait paisiblement, observait sa destination sans prêter attention à ce qui l'entourait. Les bottes du colonel marchaient en cadence avec celles de son supérieur, remontant le plancher de bois qui renvoyait de temps à autre des craquements.

- Les galeries sont proches de la zone indiquée, Voyageur, continuait l'officier sur le ton d'un rapport militaire. Nous avons relevé les épanchement violet qui ont teinté quelques strates, sans doute une fuite. Heureusement, les quelques éléments de coques découverts indiquent une bonne préservation, comme l'indique les journaux que vous nous avez transmis. Nous avons pu ouvrir le premier SAS.

- Parfait Colonel, commenta Degaton. Veillez à ce que mes hommes agissent conformément aux instructions transmises.

- Naturellement Voyageur.

- Voyageur, fit le "docteur" en profitant d'un blanc dans leur conversation. Le shérif aurait une surprise pour vous dans mon bureau !

Les trois hommes se dirigèrent alors vers la "salle d'étude" du terrible praticien. Ce dernier ouvrit la porte avec une célérité nerveuse et chercha sur regard le shérif avant de découvrir Henry et son "splendide nouveau spécimen".

- Mais... qu'est-ce que vous faites ? s'énerva le scientifique.

Le colonel entra à la suite avec Degaton et fronça les sourcils, observant les deux marchandises qui semblaient se soutenir l'une l'autre.

Le tyran temporel regardait les deux individus comme l'on regarde quelque sous-créature, comme si ces derniers n'étaient rien d'autre que des cadavres encore animés d'un peu de vie. Le genre de regard insupportable dont avait plus tôt parlé Henry. Degaton ne reconnaissait pas Kalel qu'il n'avait pas encore le déplaisir de connaître, nul doute qu'il aurait une autre réaction dans le futur.

- Étrange surprise en vérité, articula Per avec une voix distante, serrant dans son dos ses deux mains. Emmenez-moi ces deux là en bas. Et retrouvez-moi cet idiot de James, il a des explications à me donner.

Le docteur ne déclara rien et se prépara à s'en aller sans chercher à discuter. Le colonel, lui, montrait un visage plus dubitatif, méfiant vis-à-vis de Kalel qui avait un visage trop déterminé à son goût, il porta sa main à son arme de ceinture.

- Où est Roy James ? demanda-t-il finalement aux deux esclaves.

***

Au dehors, une cavalière pénétrait dans l'enceinte du Ranch. De l'autre côté du bouclier, deux Enfants de Degaton gisaient, deux balles dans le dos cachés dans le renfoncement rocheux d'un sentier qui traversait les pentes escarpées des Sandstone.

Ludmilla revenait au "bercail", le coeur plein de rage elle aussi, les armes encore chaudes et chargées...

[HRP]Désolé du retard ![/HRP]
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MessagePosté le: Lun 18 Nov 2019 - 15:43
Henry va mal ; il est perturbé.
Et pour cause.

Kalel se rend compte que Henry n’est pas de ce temps – il est lui aussi un voyageur temporel ; il est lui aussi un déplacé du Temps.
Un migrant, clairement.
Un homme troublé par les événements de l’année 2019, à qui on a vendu l’espoir d’un avenir meilleur en Amérique… et qui s’est retrouvé ici ; en Amérique, oui. Mais dans un passé abominable, où sa couleur de peau est un handicap – où il est traité en esclave, littéralement.

L’Homme d’Acier murmure quelques mots, pour l’encourager ; mais il reste essentiellement silencieux.
Il confirme que Ludmilla va bien, évidemment. Mais il laisse surtout Henry parler.
Car il en a besoin.
Car Superman sent que son compère a besoin de s’exprimer – de s’ouvrir. De dialoguer, et surtout d’être entendu ; écouté.

Comme un être humain.
Ce qu’il n’est plus, depuis son arrivée en ce temps et ce lieu.


« Tout va bien. »

Il sourit, encore.
Il a enregistré les éléments ; il a compris.
Le Voyageur, Per Degaton. La structure. Les éléments en sous-sol, qu’il découvre avec sa super-vision. Il a compris.
Ce qu’il se passe. Ce qui va arriver, aussi, car sa super-ouïe note les différents dialogues entre le Colonel, le chercheur dément et le Voyageur ; qui arrivent.


« Ludmilla va bien. Elle… »

… est en sécurité, aimerait-il dire ; Calvin Ellis se retient, hélas.
Car elle arrive.
Il l’entend ; il entend son cheval qui se précipite vers le Ranch. Comme il a entendu les coups de feu, discrets mais efficaces. Une ombre passe dans ses yeux.


« Elle… fait ce qu’elle considère être le mieux. »

Même s’il ne partage pas son avis ; même s’il réprouve toute forme de violence.
Même contre eux.
Même contre ces monstres. Même contre ces fous.
… même contre ceux qui ouvrent la porte, et viennent directement se confronter à Henry et lui.

Ils arrivent, donc ; ils sont là.
Eux. Eux trois.
Le scientifique dément, qui vit un ascenseur émotionnel – espérant pouvoir montrer sa fierté au Voyageur, découvrant avec horreur que ses avancées sont brisées par la révolte de deux sous-êtres.
Le Colonel, véritable homme d’action, qui se prépare déjà à agir alors qu’il interroge les deux esclaves ; à la recherche de son homme, de ce Roy James qu’il veut châtier.
Et… le Voyageur, bien sûr. Per Degaton. Le cerveau de l’opération. Le cœur de la haine. L’ennemi.


« Mmh. »

Un léger souffle s’échappe des lèvres de l’Homme d’Acier, qui supporte Henry ; qui doit trembler, devant ces monstres.
Il hésite. Kalel hésite.

Il pourrait se laisser faire ; il pourrait se forcer. Il pourrait suivre leur plan.
Il pourrait en apprendre plus sur eux – en se laissant faire. En se soumettant, encore. En redevenant l’esclave qu’ils voient en lui.
Il pourrait alors en découvrir plus, et anéantir plus aisément le plan de Per Degaton ; le pouvoir vient avec la connaissance, et il manque de données.

Il pourrait continuer, oui. Il pourrait continuer ce rôle.
Mais il pourrait aussi… céder.

Accompagnement musical:
 

Céder à ses pulsions. Céder à ses envies. Céder à ce qui ronge son âme.
Céder à ce qui le touche, intrinsèquement. Céder à ce qui l’anime.
Céder à ses valeurs.
Celles inculquées par son père ; pour se lever, quand il le faut. Pour ceux qui en ont besoin ; se lever pour les faibles. Encore. Et toujours.


« Hrm. »

Un grognement s’échappe de sa gorge.
Henry baisse les yeux ; le Colonel s’approche. La tension monte.
… lui se souvient.

Cela fait plus de trente ans, depuis la navette et la découverte par ses parents adoptifs. Qui ne cèdent pas. Qui ne reculent pas. Qui n’abandonnent pas.
Ni leurs idéaux. Ni les autres.
Cela fait plus de trente ans, oui, depuis la navette et le début de ce chemin ; de valeurs et d’âme. Et maintenant, ici, en ce Temps oublié, dans ce moment d’hésitation, où il n’est vu que comme une chose alors qu’il est plus, bien plus… ce n’est pas la peur qui l’anime.
Mais l’agitation.
Un haut degré de l’ordre du monde. De ce qu’il faut faire ; de ce qu’il faut dire. De ce qu’il faut défendre.
De ceux qu’il faut stopper.


« Non. »

La réplique est sèche, brutale ; autoritaire.
Elle a l’effet d’une gifle sur le scientifique, le Colonel et le Voyageur.


« Nous ne partirons pas ; vous ne nous emmènerez pas. Et vous ne retrouverez pas Roy James ; pas à temps.
Vous êtes terminés. Tout ceci est terminé. »


Kalel se redresse ; gonfle sa poitrine.
Il glisse Henry contre un mur, l’aide à rester debout en le faisant s’accrocher. Il relève les épaules. Il bande les muscles.
Il se remet debout ; il redevient lui-même.


« Je termine tout ceci.
Je… »


Il tourne, alors ; Kalel tourne sur lui-même. Devient une véritable tornade brune et bleue – avant de changer
Avant de devenir une tornade rouge et bleue.

Time West [Pv Kalel] The_superman_of_earth_23_by_danieldahl_d6a6388-fullview.jpg?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7ImhlaWdodCI6Ijw9NzkwIiwicGF0aCI6IlwvZlwvMmIyYzZmNGMtZjA2NC00ZmFiLTk0MDMtODBkZmM4N2JiZWIzXC9kNmE2Mzg4LTQ0OTMyN2JiLWI5YTUtNGU5Yi04NzcxLTJhYzRjNmE0ZTAyNi5qcGciLCJ3aWR0aCI6Ijw9NjAwIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmltYWdlLm9wZXJhdGlvbnMiXX0
Pour s’arrêter – et devenir autre chose.
Quelqu’un d’autre.
Quelque chose d’autre, même.


« … vous termine ! »

Il active ses pouvoirs ; il s’élève au-dessus du sol.
Il se lève, en fait.
Superman se lève – pour ses droits. Pour les droits de ceux qui sont spoliés, maltraités et avilis. Il se lève pour tous ceux qui ont besoin d’aide… quel que soit le Temps, quelle que soit l’époque !


(HJ/ Pas de problème, prends ton temps Very Happy /HJ)
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MessagePosté le: Mar 26 Nov 2019 - 9:02
C'était un moment de tension baigné dans un flottement électrique. Seul l'un des deux esclaves paraissait réagir "convenablement", s'affaissant, baissant les yeux, la tête pleine de cette servitude propre aux victimes de longues dates qui intériorisent et s'imprègnent malgré elle de l'effrayante logique de leurs tortionnaires. L'autre cependant... Le colonel avait perçu le problème et s'approchait pour avoir des réponses.

A une minute d'ici, deux cavaliers cherchaient à arrêter Ludmilla qui fonçait au grand galop, laissant derrière elle une triste poussière que l'air humide du soir naissant semblait plaquer au sol, au sabot et aux jambes de son cheval.

Le plancher grinça sous le poids d'une botte du colonel. Il observait Kalel prit dans la tourmente de ses émotions.

Un poursuivant sort un fusil deux siècles trop tôt tandis que les naseaux de leurs montures lâchent de puissants panaches blancs dans le soir qui embrasait encore le ciel.

Nouveau pas. Spetz entrouvre la bouche pour reposer sa question, plus fermement cette fois-ci. Sa main ouvre son holster.

Ludmilla effectue un virage qui prend de court les deux "Enfants" qui sont sur elle. Réponses en juron.

Puis le sous-homme réplique, l'homme inconnu, le "cadeau", la "surprise" tient ses promesses, mais pas comme prévu.

"Non."

Le docteur écarquille les yeux et spasme de nervosité, le Colonel fronce les sourcils et sort son arme, prêt à le rabrouer, Degaton serre la mâchoire. Quelque chose ne se passe définitivement pas comme prévu.

Un coup de feu retentit au dehors au moment précis où Superman tourbillonne. La mini-tempête déstabilise le docteur qui se rattrape sur son bureau. Les feuille vole et se plaquent sur son visage qui hoquète, les livres s'ouvrent et tournent leurs pages plus ignobles les unes les autres, les armoires tremblent en rythme avec le plancher, les lumières électriques sautent par intermittences. La chaise du bureau se renverse, ainsi que la table d'"opération". Le colonel, plus près, est jeté contre une bibliothèque et une étagère se brise. L'homme d'action a le réflexe de pointer son arme. Dégaton, recule et se protège les yeux tandis que ses cheveux suivent le mouvement de cet air si violent.

Puis la vision du surhomme. En légère lévitation, dans sa tenue si connue de tous ici, le visage sévère, mais la peau noire, s'élevant devant cette cohorte ignoble. Le docteur a un étranglement d'horreur tant cela dépasse son entendement et toutes ses théories, le colonel tire instinctivement, stupidement aussi sur ce "S" imposant...

Dehors une balle siffle derrière la fugitive. Un coup de sifflet retentit.

Le sifflet parvient à percer les murs du bureau, mais personne ne réagit, ce qui s'y passe est un défi ouvert à leurs machinations. Le voyageur déglutit, comment cet... ce... Superman pouvait être ici ? Rip Hunter était normalement tenu à distance, quel autre arpenteur du temps avait bien pu l'amener et surtout pourquoi ? La "couleur" était au moins annoncée. L'individu était là pour les "terminer". La force brute n'était pas à l'avantage du criminel, seule la ruse pourrait lui permette de s'en sortir.

- Degaton n'a pas de fin, rétorqua-t-il à l'adresse de son adversaire. Je suis inéluctable ! Tes pouvoirs peuvent me contraindre, mais nulle prison ne pourra jamais me retenir, nulle mort ne saurait m'atteindre. Abandonne plutôt et laisse cette époque telle qu'elle est.

La cantine se vide de ses hommes dans la plus pure discipline militaire. Tous se ruent vers les râteliers d'armes à l'exception des deux hommes du "shérif" qui restent comme deux crétins, leurs cuillers à mi-chemin de leur plat et de la bouche à regarder cet étrange spectacle. Ludmilla passe à proximité du ranch, une balle vient se ficher dans le bois. Elle sort son colt.

Dans les sous-sols, les esclaves piochent toujours, les ingénieurs supervisent de nouveaux percements et quatre hommes en tenue particulièrement modernes entrent dans un étrange SAS. Ils ont des ordres et entendent les suivre jusqu'au bout.

- Tu crois sans doute pouvoir changer le cœur des hommes et l'Histoire de ce monde ? Mais tu n'es que le "justicier" d'un autre temps. Ton rôle est de faire en sorte que le monde à venir tourne et que les Sociétés décadentes qui t'ont acceptées daignent encore souffrir ton existence. Tu te crois sans doute plus libre que tes congénères de ce temps, mais ta soumission est encore plus pernicieuse.

Les bras toujours dans le dos, le tyran active un bouton de son bracelet et son disque temporel se matérialise à côté de lui.

Ludmilla réplique sur ses poursuivants, en vain, des ordres de sous-officiers fusent pour essayer d'intercepter la jeune femme.

Le SAS étrange se ferme alors que les muscles saillant des prisonniers tremblent à chaque coup. Le bruit d'un marteau-piqueur agresse leurs tympans déjà mis à rude épreuve.

- Tes idéaux sont des chaînes qui te donnent l'illusion de valoir quelque chose. Que cherches-tu ici ? La gloire ? La renommée ? A rendre "Justice" ? Cette chose abstraite et illusoire qui conduit tes semblables à toujours espérer dans une Société qui les craint et les rejette encore des siècles plus tard ?

Ludmilla fait sauter son cheval par dessus une barrière, ses deux poursuivants font une manœuvre pour éviter le contact mais l'un d'eux percute le bois fermement fixé et vole par dessus en criant. Ludmilla fait volte-face et tire sur le second "Enfant" qui s'effondre dans un râle. La jeune femme descend alors de sa monture. Pas question d'être une cible de foire pour les troupes qui s'organisent.

Dans le bureau, Per tend une main à son adversaire qui pourrait la broyer, très douloureusement même.

- L'avenir Superman... c'est moi, déclara-t-il sans tressaillir devant l'ignominie vaniteuse de cette déclaration. Ne fais pas l'erreur de combattre le temps lui-même car il te broiera comme tous les autres. Ici tu n'as que des hommes qui font ce qu'ils savent faire et ce que leur époque leur a enseigné. Ici tu ne trouveras pas le "mal" à l'état brut que tu cherches sans doute et qui doit te permettre de te sentir infiniment supérieur. Ici il n'y a que des hommes et des femmes qui font comme toi : ce qu'elles estiment être juste. Tu ne peux lutter contre la Nature Humaine et la noirceur de son coeur. Je peux te ramener à ton époque, là où est ta place et là où l'illusion de ton utilité tient encore.

Dans les sous-sol, un contremaître fouette un esclave qui faiblit, suivit d'une menace d'aller voir le docteur.

Ludmilla, elle, avance vers le Ranch et se cache derrière des ballots de paille. Les patrouilles de l'alerte générale circulent et quadrillent la zone... Son approche devenait plus tendue.

- Ici, il n'y a pas de victoire possible pour toi, acheva le tyran en fixant son adversaire.

***

Les quatre hommes sont alors dans un caste couloir où l'alignent des robots par centaines. Une écriture ancienne marquait les murs fatigués de ce vaisseau spatial. Les quatre hommes avaient chacun une cassette spécifique qui pouvaient s'insérer dans l'ordinateur central de cette navette de colonisation. Une cassette programmée en 3429 par l'un des géniaux descendants de Lex Luthor au profit de Degaton et qui permettait de prendre le contrôle de cette étrange armée laissée par une machine prise dans la tourmente d'une Crise du Multivers.

Cette navette n'avait été trouvée qu'en 3350 et exploitée plus tard encore tant sa technologie avait défié les esprit son de l'époque. Tant de thèses, de recherches, d'essais infructueux s'étaient succédés en vain. Jusqu'à ce qu'enfin son secret soit percé et qu'une Nation en fasse un usage extrêmement féroce. Mais tout ce temps investi n'était rien pour Per qui avait pactisé avec ce génie du futur pour promettre que cette armée ne servirait jamais à "entraver" la liberté des peuples. Et ce naïf du futur de le croire...

Le groupe approchait de la borne centrale.

434 machines fonctionnelles en 3530. Autant sans doute en cette époque de déraison. Et une puissance de destruction dont entendait se saisir l'un des plus effroyables dictateurs de l'Humanité.

La première cassette fut insérée. Le vaisseau s'illumina.

Le symbole de Brainiac s'illumina dans l'obscurité...
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MessagePosté le: Mar 26 Nov 2019 - 13:56
Kalel ne dit rien ; longtemps.
Il reste silencieux.

Immobile, figé ; là.
En face de ses adversaires. En face de ces hommes, qui représentent tout ce qu’il déteste. Tout ce qu’il rejette, de la façon la plus pure et absolue qui soient.
La haine.
Ces hommes incarnent la haine ; la folie. La démence qui atteint parfois l’Humanité, quand ses membres s’oublient dans l’égocentrisme, la violence, l’égoïsme et le rejet de l’autre.

Ces hommes souffrent, il le sait ; il compatit à leur douleur, à ce qui les a poussés à s’enfermer dans des délires inacceptables et outranciers.
Mais.
Mais ils ne sont pas les seuls à souffrir ; mais l’Homme d’Acier en entend d’autres souffrir. A cause d’eux. A cause de ces hommes.

Et il ne l’accepte pas.

Il écoute Per Degaton, bien sûr ; mais il n’écoute pas que lui.
Ses super-pouvoirs sont extraordinaires, et bien peu comprennent clairement l’ampleur de ses capacités. Il avoue lui-même les utiliser rarement, pleinement.
Il le fait, ici.

Superman écoute Per Degaton. Comme il écoute le reste.
La fuite folle de Ludmilla, qui manque régulièrement d’être touchée et prise par les tirs ennemis. Il s’inquiète pour elle, et souffle à plusieurs reprises ; il utilise même discrètement son super-souffle, pour provoquer des légers courants d’air qui détournent les balles.
Mais la suite l’occupe, surtout.

Les coups de pioche dans le sol. Les râles des travailleurs. Les bégayements de ceux qui souffrent, et veulent arrêter, mais savent qu’ils ne peuvent ralentir.
Ils ont peur. Ils souffrent.
Kalel entend leur peur ; il sent leurs sueurs. Il sent leurs troubles.

Il sent. Il sait.
Qui est responsable. Qui fait cela. Qui ose agir ainsi.
… qui ose lui parler ainsi, également.


« Per Degaton. »

Kalel reprend la parole ; enfin.
Quand l’autre a terminé. Quand l’autre lui tend cette main terrible, qui illustre l’abominable discours qu’il vient de prononcer.


« Je ne sais que trop peu de choses de toi ; tu n’as pas d’équivalent, chez moi.
Cela est heureux. »


Un léger sourire glisse sur ses lèvres d’ébène.

« J’en connais cependant assez, pour savoir qui tu es ; ce que tu es.
J’ai pris note de tes arguments. J’ai entendu ton discours.
J’ai conscience de ta proposition. Me ramener à mon époque ; me ramener là où est ma place. »


Un éclair passe dans ses yeux sombres.

« Ton esprit dispose de capacités fantastiques, mais tes valeurs et ta grille d’analyses les limitent ; quelle tristesse.
Je dis non à ta proposition, Per Degaton. »


Il maintient sa posture, mains sur les hanches ; si iconique.

« Des gens souffrent, ici ; tu les fais souffrir.
Car tu les considères inférieurs. Car tu les juges indignes. Car tu abuses d’eux.
Sur des critères xénophobes et racistes.
Sur la foi d’une grille d’analyse limitée et rétrograde.
Des gens souffrent, ici. Des gens se couchent en priant pour qu’une aide vienne. Des gens subissent le pire, en espérant que cela s’achèvera bientôt ; qu’une solution viendra pour eux. »


Il prend une grande inspiration.

« Des gens souffrent, ici.
J’y suis à ma place.
Et toi… tu te dis inéluctable ? »


Un sourire provocant passe sur son visage.

« Fort bien.
Mais moi… »


Kalel se projette, soudain.
Sans attendre. Sans hésiter. Sans prendre de gant.
Il se projette – et chope Per Degaton.

Ils filent tous deux, alors. Per Degaton est violemment poussé contre le mur, qui cède ; un autre aussi, ensuite.
Et d’autres encore.


« JE. »

Les murs cèdent ; les murs sont anéantis, autant par les chocs que par les autres pouvoirs de Kalel.
La structure même du ranch est atteinte par les terribles attaques de super-souffle et de vision-chaude.


« SUIS. »

Même le sous-sol est atteint.
Même les profondeurs, où les esclaves sont logés et travaillent, sont littéralement éventrées ; par les chocs. Par la tornade rouge et bleue.
Le SAS n’est pas concerné, cependant ; Kalel ne le voit pas, hélas.
Mais tous les esclaves, toutes les personnes présentes dans le ranch découvrent soudain l’air libre – et le bâtiment entièrement soufflé. Par un homme.

Par plus qu’un homme, alors qu’il lâche Per Degaton et vient se projeter au cœur de la masse, remontant comme un symbole depuis les profondeurs où ses frères de couleur étaient abandonnés ; jusque-là.


Time West [Pv Kalel] Calvin_ellis_kryptonian_heat_vision_by_blackliongraphix_dd414zh-fullview.jpg?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7ImhlaWdodCI6Ijw9MTI4MCIsInBhdGgiOiJcL2ZcL2I0ZTE5NGRiLWY5MjItNDU2OS04YWUyLTRiNTNhNDBmY2JlZFwvZGQ0MTR6aC1kZDI3NjhjYS1jNGVhLTQzOTYtYTY4Zi0wNDQwYjQyODIyMmEuanBnIiwid2lkdGgiOiI8PTEyODAifV1dLCJhdWQiOlsidXJuOnNlcnZpY2U6aW1hZ2Uub3BlcmF0aW9ucyJdfQ
« SUPERMAN. »

Le choc est terrible ; le symbolisme est total.
Le ranch est tombé.

Kalel plane au-dessus des ruines.
Au-dessus d’un Per Degaton touché, de ses proches sûrement choqués ; des esclaves stupéfaits… et qui le découvrent. Lui.
Celui qui a fait tomber le ranch. Celui qui les a libérés. Celui qui les a sauvés.
Un homme ; un surhomme.
… noir !

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MessagePosté le: Ven 29 Nov 2019 - 8:30
Degaton entend le refus, écoute les arguments surannés de son adversaire. Lui, limité ? Rétrograde ? Encore un progressiste qui croit qu'en laissant la plèbe aux commandes on peut espérer des lendemains heureux. Mais le monde n'était pas aussi reluisant et beau qu'ils l'espéraient tous. Des gens souffraient et mourraient ? La vie était ainsi faite. L'Humanité était ainsi bâtie. La souffrance renforce l'unité et les plus forts sortent alors pour s'élever.

Dans un monde aux ressources limitées, il revenait à l'élite de gouverner, aux maîtres d'imposer. Le reste n'était qu'une affliction vétérinaire visant à satisfaire les envies de liberté d'une poignée d'inconscients. Le Monde était fait pour être dominé.

Mais le tyran n'eut pas l'occasion de répliquer. Son offre fut définitivement balayée et lui avec. Il ne sentit le contact de son adversaire qu'après le premier mur de bois qu'il traversa comme si ce n'était que du carton. Mais du carton qui lui broya le dos et le sonna.

***

- Et pourquoi je viendrai ? Hein ? La guerre on la gagne...

- A ta guise Friedrich, à ta guise, mais je reviendrai. En 1944. Et ce jour là, c'est toi qui me suppliera de t'emmener.

- C'est ça...

***

Autour de Degaton, le bois volait, les débris de l'un de ses portraits formaient une flèche suivis de près par un morceau du bureau du Docteur entouré de pages de livres. Les craquements paraissaient à la fois lointains et proche.

Deuxième mur. Nouveau choc. La gorge de Per ne parvient pas à articuler un cri. Ses yeux parvenaient à peine à rester ouverts.

La seconde cassette était introduite dans l'étrange vaisseau souterrain.

***

- Degaton ! Je t'en supplie ! Voilà ! Tu es content ? Je suis à genoux ! Voilà, allez, maintenant emmènes-moi ! Les alliés sont en train de remonter sur la capitale ! S'ils m'attrapent je suis perdu !

Il s'était alors planté devant la silhouette courbée de Friedrich et lui tendit une botte devant le visage.

- Je suis l'avenir, ne te l'avais-je pas dit ? Qui peut seulement me résister ?

Et le Nazi en larmes de baiser les bottes de son nouveau maître.

- Ne l'oublie jamais...

***

Les craquements du bois étaient déjà loin. Les couloirs n'étaient plus que des vagues de couleurs qui passaient devant les yeux brûlants de Degaton. L'air sifflait à ses oreilles et, traversant de temps à autre cette insupportable cacophonie, il pouvait entendre la puissante et implacable voix de Superman.

Un autre mur et encore un.

Dans les bureaux administratif, des traits rougeoyants de Superman traversaient les fenêtres, des souffles incompréhensibles venaient renverser les armoires, les machines à écrire et les tables volaient sans raison apparente. Ce fut la panique.

Le toit se lézardait, les bustes et les représentations sur voyageurs se renversaient, s'écrasaient au sol et finissaient balayés par une force que nul ne paraissait pouvoir arrêter.

La troisième cassette s'enclencha.

Au dehors, de lourds éclats de bois volaient. Ludmilla, cachée derrière une série de tonneaux cherchait à comprendre l'origine de tout le vacarme alors que ses ennemis hurlaient des paroles incompréhensibles. D'un rapide coup d'oeil, elle vit alors le Ranch, cette abomination temporelle et humaine qui commença à s'affaisser jusqu'à ce qu'un éclair bleu et rouge en sorte, suivi par le cadavre de l'endroit.

Comme une chandelle par grand vent, toute la structure se retrouva soufflée, dispersée en suivant l'exacte trajectoire du justicier qui déchaînait là tous ses talents. Les hommes et les femmes qui s'y trouvaient étaient étalés comme les ruines de leur lieu de "travail", sonnés, hagards. Ils eurent à peine le temps de voir la haute statue de leur Dieu vivant chanceler et s'effondrer dans un grondement terrifiant.

Tous les autres "Enfants" digéraient alors l'étrange vision de ce surhomme noir qui tint un temps leur maître absolu et le lâcha comme un vulgaire fardeau.

Degaton sentit la gravité prendre ses droits sur son corps brisé et il entama une lourde chute. L'image de son bourreau s'éloignant lentement de lui.

***

- Pit'é Voy'geur ! Pit'é ! se lamentait un esclave ligoté.

Derrière l'homme, une haute falaise. Devant lui, cet homme au regard lointain entouré d'une cohorte de cow-boys aux airs carnassiers.

- Tu voulais ta liberté je crois, déclara l'ignoble Voyageur avec cette pointe narcissique qui transformait le moindre de ses propos en insulte. Alors je te la rends.

Et d'une petite, toute petite pression sur son épaule, l'homme bascula en hurlant. Degaton n'en rata pas une miette et savoura tout jusqu'au contact.

***

Son esprit vagabond ne prit pas conscience immédiatement qu'il était déjà à terre. Os brisés, esprit commotionné...

Ses fidèles observaient interdits la scène. Elle défiait leur imagination atrophiée par les traitements de leur "sauveur". Certains hurlaient de rage, d'autres tombèrent à genoux. Degaton était-il mort ? Impossible ! Cela ne pouvait être.

Le shérif, toujours bâillonné avait vu les sous-sols s'éventrer et observait à son tour l'implacable Kalel dans le Ciel.

Les garde-chiourmes, autour de la foreuse s'interrogeaient sur ce... cette... mais comment était-ce possible ?

Les esclaves lâchèrent tous leurs outils devant cette apparition miraculeuse. Certains se laissèrent tomber au sol en remerciant le Seigneur. Ceux-ci venaient de tout temps, de toute époques, certains comprenait le "S", d'autres suivaient leurs amis dans l'espoir d'une libération et de la fin de leurs tourments.

La stupéfaction était générale.

C'était un moment orageux. On sentait lentement monter la colère dans les rangs des "Enfants". On s'était attaqué à eux, on avait agressé leur seigneur, mais d'un autre coté, Degaton n'était-il pas l'"inéluctable" ? N'était-il pas "invincible" ? Les sentiments formaient des fronts qui s'entrechoquaient dans les esprits, la réaction bouillonnait et montait en pression.

La quatrième cassette fut insérée.

Degaton roula sur le sol de terre battue pour essayer de se relever, mais son dos tirait et ses bras paraissaient lui répondre avec deux à trois secondes de retard.

***

Un hurlement déchira l'air matinal. Degaton sortit de la pièce, une blouse blanche fournie par le Docteur Wirchaft recouverte de sang sur le dos.

- Il m'en faut d'autre Herr Voyageur !

- Récupérer les derniers prisonniers indiens.

- Les tribus se tarissent, il me faut plus de diversité !

- Alors vous aurez des crédits pour acheter le nécessaire à Bâton Rouge...

***

Per ferma les yeux. Quelques instants. Quelques précieux instants... et il disparut dans le flux temporel.

Ce fut alors la panique. Leur Maître était parti ! Il les abandonnait !

Dans les sous-sols, le vaisseau s'illumina et vrombit. L'escouade de quatre homme observa alors toutes les consoles s'allumer et les différentes capsules qui contenaient les abominables robots de Brainiac s'ouvrirent. Leurs pas lourds commencèrent à résonner dans les coursives glaciale.

- GLOIRE A DEGATON ! hurlèrent-ils de joie de voir les machines prendre le chemin de la sortie.

Les cassettes transmettaient les ordres codées des années plus tard directement au vaisseau qui, privé de connexion avec son maître intersidéral obéissait aux ordres locaux. Dix machines. Un début. Le vaisseau en contenait trente fois plus, mais la console n'était pas encore assez alimentée pour permettre à cette armée de se mettre en marche.

C'est alors que devant Superman, sortant d'une faille temporelle qui avait éventré le ciel, fièrement posté sur son disque lévitant, apparut un Degaton aussi fringuant qu'au début de leur rencontre. En contre-bas, les troupes du tyran reprirent espoir. Degaton revenait enfin et...

Dans les sous-sols les machines sortaient du SAS, découvraient les galeries creusées et remontaient de leurs pas lourds atteignirent vers la fosse qui avait une vue directe sur Superman et leur nouveau commandant.

- Nous n'en avons pas fini ! siffla Degaton. L'heure est venue pour toi de découvrir qui règne en maître sur le TEMPS ! TUEZ-LE !

Les visages des machines de Brainiac devinrent alors rouge et pointèrent leurs cibles avant de lourdement décoller du sol pour massacrer Kalel. Les hommes de Degaton mirent également en joue l'homme rouge et bleu.

Ce fut à ce moment que les quelques esclaves qui s'étaient contentés d'être contemplateurs se ruèrent sur leurs bourreaux. Hors de question pour eux de laisser leur libérateur seul. Ils avaient entrevu l'espoir et cette simple étincelle leur interdisait de revenir à la servitude.

Per pianota sur des boutons de son bracelet électronique. L'étrange plate-forme s'activa alors. Un tunnel de voyage temporel était en cours de création. Et pas un petit visiblement...

[HRP]

Ça fait bizarre de répondre après une action aussi symboliquement forte !

Aller, l'heure de casser de la machine arrive je crois ^^ On se dirige vers la conclusion.
[/HRP]
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Superman
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MessagePosté le: Ven 29 Nov 2019 - 11:49
Kalel flotte au-dessus du sol.
Poings serrés. Port droit et fier. Torse bombé. La cape au vent.
Le regard acier. Le visage déterminé.
Immense. Puissant. Charismatique. Intense.

Superman.

Même si les esclaves ne connaissent pas encore ce mot, ils en viennent à le former ; à l’imaginer. Car c’est ce qu’il est, pour eux.
Un homme. Un homme comme eux.
Mais plus fort. Mais plus grand. Mais plus puissant. Mais plus libre.
Mais plus, tout simple.

Un homme-plus.
Un homme supérieur ; un homme super.
Un Superman.

Et il est là ; et il est là pour eux.
Pour les protéger. Pour les sauver. Pour les libérer.
Alors que personne n’est jamais venu.
Alors que personne ne l’a jamais fait ; n’a jamais rien fait, pour eux.

Lui est venu. Lui est là. Lui a anéanti le Ranch ; littéralement. Lui a brisé les murs de leur prison. Lui a éventré le foyer de leurs douleurs, l’antre de leurs drames.
Lui s’est emparé du Voyageur – et l’a soumis.

Ils le voient. Ils le notent.
Ils le savent, maintenant ; ils le savent.

Même si Per Degaton s’est enfui ; même s’il est revenu. Même s’il a utilisé ses machines démoniaques. Même si ses troupes sont libérées et filent vers eux.
Ils savent.
Ils ont vu. Ils ont compris.

Le Voyageur peut être soumis ; a été soumis.
… par l’un d’entre eux.
Même s’il est supérieur. Même s’il est meilleur. Même s’il est plus qu’eux.
Kalel a leur peau.
Il a leur peau. Leurs yeux. Leur sang. Il est l’un des leurs ; et il a soumis le Voyageur.

Ils ne peuvent l’abandonner, alors ; car il est venu pour eux.
Ils se battent, alors.

La poussée des troupes de Per Degaton rencontre, soudain, la horde de leurs esclaves ; mais tout change. Mais tout a changé.
Les pioches sont des armes. Les pelles sont des armes. Les roches sont des armes.
La juste colère est une arme ; la rébellion est une arme.
La liberté est une arme.

Et s’ils se battent – s’ils s’acharnent, s’ils donnent tout contre l’ennemi… ils ne sont pas les seuls.
Il est avec eux.

Kalel. L’Homme d’Acier.
L’un des leurs.
Avec eux, toujours ; à leurs côtés.

Il plonge ; il attaque. Il brise. Il casse. Il repousse. Il souffle. Il libère sa vision-chaude.
Il rejette l’ennemi.
Il stoppe l’attaque ; il est partout. Il va vite. Il va plus vite que l’œil.
Il est partout.
… avec eux. Avec les esclaves, qui n’en sont plus ; avec ces hommes libres, acharnés à se battre pour le reste.

Superman utilise des gravats pour bloquer des adversaires, et se tourne vers Per Degaton ; il le voit. Il voit.
Le tunnel temporel.
Le portail ; qui va faire venir quelque chose. Qui va libérer le plan de l’ennemi.
Qui va, sûrement, permettre à l’adversaire de reprendre l’avantage…


« Ha. »

… mais non.
Un sourire naît sur le visage de Calvin Ellis ; il grandit rapidement.
Car il sent quelque chose.


« J’entends tes mots, Per Degaton ; je suis ta pensée.
L’heure est bien venue de découvrir qui règne sur le Temps.
Mais… »


Un choc sonique intervient ; un autre portail apparaît.
Derrière lui.


« … ce n’est pas toi. »

Le vortex libère sa cargaison ; ses passagers.
Au nombre de trois.
Que Per Degaton peut rapidement reconnaître.

Time West [Pv Kalel] 1682891-linear_men_001
Matthew Ryder. Liri Lee. Travis O’Connell.
Les Linear Men.
La police temporelle de l’Univers !


« Tu manipules le Temps ; tu abuses de tes capacités.
Mais tu es malin, je le reconnais.
Tu agis en sous-main. Tu caches tes intentions. Tu profites de la période.
Tu fais en sorte que personne ne sache ce que tu fais ici.
Et j’avais conscience que je ne peux vaincre un voyageur temporel seul ; il me fallait de l’aide. Il me fallait les Linear Men. Mais comment les joindre ? Les appeler ? »


Un léger rire accompagne ses mots, alors qu’il tend les bras autour de lui.

« En changeant les choses ; en changeant le Temps.
En montrant aux esclaves de cette époque qu’un des leurs peut faire tomber leurs maîtres – en montrant que j’existe ; en leur donnant l’exemple, pour qu’ils se rebellent.
Bien avant leur temps. »


Ses mots décrivent la réalité ; la rébellion qui les entoure, et qui est en avance sur le cours habituel du Temps.

« Ceci n’est pas discret. Ceci n’est pas caché. Ceci marque l’Histoire. Ceci change l’Histoire. »

Le visage de Kalel se ferme, alors qu’il fige un regard terrible sur son ennemi.

« Ceci… appelle les Linear Men. »

« Et nous avons répondu. »

« Et nous te reconnaissons. »

« Et nous allons t’arrêter ! »

Les Linear Men répondent – et se lancent dans l’action ; déclenchent leurs capacités temporelles, pour bloquer les mouvements voulus.
Ils attaquent, aussi.
Ils attaquent, gênent Per Degaton et essayent de couper entièrement son accès au flux temporel. Ils se lancent dans l’action… et Kalel les rejoint, en filant une nouvelle fois vers l’ennemi !

A voir si ce dernier se relèvera aussi rapidement, sans pouvoir fuir facilement dans le Temps…


(HJ/ J’espère que ça n’a pas été trop dur de répondre, j’avoue que je me fais (très) plaisir dans ce sujet ! Very Happy J’espère aussi que ça n’est pas « trop », n’hésite pas s’il y a un souci ! /HJ)
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MessagePosté le: Mar 3 Déc 2019 - 8:26
En contre-bas, sur cette terre rougie par la Nature, la masse méprisable des esclaves s'attaquaient sans plus de peur aux hommes entraînés de Degaton tandis que les robots volaient vers le Justiciers pour tenter de le ralentir. Les poings de Kalel vont et viennent, ses super pouvoirs se déchainent, sa vitesse laisse une traînée floue entre les machines qui tentent en vain de le stopper.

Les pioches, les pelles, tout parait bon pour repousser les colts et les armes anachroniques des tortionnaires. L'organisation patiente du criminel semblent sur le point de s'effondrer. Les coups de feu sont indisciplinés, la désorganisation complète. Début d'un combat que personne n'a réellement pu anticiper.

Ludmilla couvrait cette mêlée infernale d'une position précaire, mais l'occasion ne lui offrait rien de mieux. Ses balles faisaient mouches, et on lui répondit bientôt. Superman passa, ses attaquants furent balayés. Des éboulements stratégiques bloquèrent ensuite les renforts. On hurlait des ordres, on s'organisait, mais trop tard. Certains enfants, les plus jeunes, tentèrent de fuir, ils furent abattus sans sommation par des supérieurs qui finirent bientôt assommés ou jugés par les armes de la jeune femme.

Les hommes disparaissaient les uns après les autres, sous les yeux impérieux du tyran qui n'avait pas joué sa dernière carte... jusqu'à ce que Superman prenne une pause dans cette mêlée et s'adresse à lui.

Une déchirure, du genre que le criminel ne goûtait pas, s'ouvrit. Mais... sa machine aurait dû... Kalel révèla alors la triste réalité. Toutes les manipulations de Degaton avaient pu être absorbées par sa machine à paradoxe mais cette irruption soudaine, non compensée avait fait basculer cette époque dans le giron des problèmes des Linear Men. Cette fichue équipe de branquignols qui ne comprenait rien au Temps et à sa puissance était en train de débarquer.

- Tu te crois malin sans doute, répliqua avec hargne Degaton qui voyait se rapprocher ses ennemis. Mais ils ne sauveront ni cette époque ni aucune autre !

Les policiers temporels bloquèrent temporairement le passage que la plate-forme avec leur équipement. La bataille n'était cependant pas encore terminée pour autant, il restait encore des troupes au fasciste ainsi qu'une bonne poignée de machines fonctionnelles. Ce n'était pas la première fois qu'il devait agir contre ses ennemis de toujours. Il était au moins satisfait de ne pas voir débarquer le chef de cette clique qui était le plus retors de tous.

Matthew Rider arriva le premier à portée et lui lança un premier jet d'énergie quantique. Per l'esquiva d'un mouvement maitrisé de son disque.

- Tu tombes bien... cria-t-il en retour en lui collant une étrange grenade sur le torse. Tes capacités me seront précieuses pour rouvrir une brèche.

L'énergie de l'équipement foudroya alors le justicier et accéléra son métabolisme. Le flash fut un moment époustouflant de puissance. Liri Lee, impérieuse attaqua leur ennemi. Directement à main nue. Per encaissa le coup, pris de cours avant de lui saisir l'avant-bras. O'Connell n'a pas le temps de réagir de suite, une machine l'agresse tandis que les dernières s'élancent sur Kalel pour le ralentir.

- VOUS ! N'ÊTES ! RIEN ! hurle-t-il au visage de sa victime à qui il inflige un violent coup de tête.

Ivre de dépit, Degaton lui offrit ensuite un violent crochet de sa main libre. Le sang commence à couler du nez brisé de la policière.

Plus bas, plié sur le sol, Ryder hurla de douleur et l'arme de Degaton commença lentement à lui arracher des tachyons. Tout voyageur temporel en est doté malgré lui à force de prendre le couloir du temps et l'étrange équipement semble les arracher en les rejetant dans l'atmosphère. Aurait-on voulu déstabiliser le Flux du Temps que l'on ne s'y serait pas pris autrement.

Le tyran gratifia ensuite Lira d'un nouveau crochet et déclencha un équipement de son disque. Aussitôt, toutes les puces de ses "Enfants" et des victimes du docteur Wirchaft s'activèrent. Leurs avant-bras s'illuminèrent tous et aussitôt des vagues entières des particules temporelles s'échappent d'eux, par la force, la souffrance et l'horreur. Des centaines d'individus qui se tordaient de douleur tant l'opération était insoutenable.

- VOUS N'ÊTES QUE DES ENFANTS ! DES ENFANTS APPEURES PAR LA FORCE DU TEMPS ! SI CETTE EPOQUE N'EST PAS MIENNE ELLE NE SERA PAS !

La plate-forme de Degaton, figée par les moyens des Linear Men semblent alors vibrer et onduler comme si elle se surchargeait. Toutes les particules furent absorbées par cette dernière jusqu'à ce que l'impensable se produisit : la machine à Paradoxe implosa.

Degaton avait perdu cette bataille et il n'entendait pas finir prisonnier de ses ennemis. Il ne pouvait plus fuir par les moyens classiques du fait de ses adversaires. Fort bien, il lui restait une ultime carte : fracturer le temps jusqu'à le rendre instable et lui permettre de fuir tant que les failles persisteraient. Une fuite qui allait avoir de nombreuses mais heureusement maîtrisables répercussions pour l'équipe de Hunter (et qui allait faire gagner du temps à Degaton).

Ce fut une explosion colorée, comme si le flux du temps s'échappait littéralement. Les enfants et les esclaves s'évanouirent alors tous au sol, pas morts, mais presque. Le monde qui les entourait était devenu une mosaïque de l'Histoire de l'Humanité. On voyait passer dans le ciel multicolore des oiseaux préhistoriques ; plus loin des chars d'assaut faisaient trembler le sol ; on voyait les immeubles de la future ville qui s'érigerait entre deux montagnes là-bas ; des hommes préhistoriques paniqués pointaient le passage d'un train.

- NOUS NOUS RETROUVERONS ! NOIR OU BLANC ! JE TE TUERAIS TOI ET TOUS LES TIENS ! hurla-t-il à Superman.

Dans ce chaos incompréhensible, Degaton jeta Liri de sa hauteur et glissa dans une faille avec son disque. Passer d'une époque à l'autre provoquait derrière lui d'importants éclairs bleutés. Tout paraissait se distordre, tantôt l'on allait vite, tantôt l'on filait comme le vent. O'Connell suivit ses pas, plongeant dans une faille en hurlant son nom.

Degaton esquivait oiseaux, coups de feu d'indiens paniqués, survola une communauté de colons qui priaient le ciel de ce cauchemar. Le flux du temps colorait tout. Les nuages étaient psychédéliques et la fente béante de la machine à paradoxe éventrée continuait de vomir ses affres. C'était d'un seul coup des robots serviteurs dans une ville futuriste, tantôt une guerre de magicien.

Apparurent alors les modifications de Degaton. L'on pouvait voir ses hommes débarquer face à des indiens avec leurs mitrailleuses et s'entraîner au tir dessus, admirer les formations militaires des Enfants qui traquaient les derniers survivants de leur peuple décimé, constater de la construction du Ranch avec le sang et la sueur d'un peuple dont le premier malheur fut de ne pas être blanc face à des suprémacistes enragés. Le symbole de Degaton survolait les horreurs de ce temps, les exactions dont les semblables de Kalel pouvaient être coupables dans leur folie aveugle de lendemains meilleurs au prix de la vie des autres. L'égoïsme érigé en valeur cardinale avec la haine comme moteur.

Tel était Degaton. Tel était la malédiction qui frappait les siècles.

Le disque du voyageur tâchait de filer dans les différentes strates, usant de sa connaissance des flux et reflux colorés pour tenter de distancer ses ennemis et pouvoir, enfin se dissiper dans le temps. Il avait les dents serrés, le regard noir de celui qui fuit alors qu'il pensait être tout, de celui qui se croyait intouchable et qui par deux fois avait été terrassé.

Autour du Ranch, l'Histoire reprenait ses droits. Les enfants se dissolvaient comme un mauvais souvenir, les crevasses forées se comblaient de nouveau. Mais plusieurs réalité tentaient de se superposer et les dégâts pourraient être dangereux si un voyageur s'attardait ici.

En contre-bas, Ludmilla était prise dans la tourmente d'un vent surnaturel. Elle ne se dissipait pas. Elle était à l'origine du nouveau paradoxe, prise dans le cyclone. une horde de dinosaures paniqués se ruaient sur elle...


[HRP]Aucunement, juste intimidant Razz.

Je prends également beaucoup de plaisir à ce sujet ! Fais-toi plaisir, l'organisation de Degaton est là pour se défouler surtout aussi tout de même Wink L'heure du final approche ![/HRP]
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MessagePosté le: Mar 3 Déc 2019 - 11:28
Une grimace glisse sur le visage parfait de Kalel.
Il se crispe.

Parce que ça se passe mal.
Parce que sa grande idée a fonctionné – mais ne fonctionne pas jusqu’au bout ; pas autant qu’il le souhaite, en fait.

Les Linear Men sont arrivés, en effet ; ils se battent.
Ils s’en prennent directement à Per Degaton. Ils s’acharnent directement contre le tyran temporel, faisant fi des insultes et provocations pour foncer sur lui ; en vain.
Ça ne fonctionne pas.
Les policiers temporels tentent le maximum – mais les dégâts sont terribles ; Per Degaton est fort. Trop fort.

Matthew Rider meurt ; il explose.
Liri Lee est brisée.
Travis O’Connell est empêché d’agir.

Les Linear Men tombent ; Per Degaton les fait tomber… et libère ensuite toute sa puissance.
Toute sa rage, même.
Sur le Ranch – mais surtout sur le flux temporel.


« Non. »

Calvin Ellis repousse les machines de Per Degaton, les détruit en intensifiant ses attaques ; mais il est trop tard. Il le sent, il le voit.
Il est trop tard.
Les agents et anciens esclaves du tyran temporel sont soudain atteints de douleurs terribles – et tout change, autour d’eux ; autour de lui.

Per Degaton s’enfuit, s’échappe dans le vortex temporel.
Et la Réalité se bouleverse.

Le Temps est perduré ; le Temps est maltraité.
Le Temps… se perd lui-même.

Time West [Pv Kalel] 515b2LPkdYL._SX322_BO1,204,203,200_
Les dinosaures poursuivent les indiens.
Les pilotes de la première guerre mondiale affrontent des trappeurs ; des machines d’un futur inconnu détruisent tout sur leur passage.

Le Temps est déchiré.
Per Degaton en est responsable ; et Kalel… Kalel ne le supporte pas.


« NON ! »

Il comprend.
Il comprend ce qu’il se passe ; son plan a échoué.
Les Linear Men sont morts – même si, les connaissant, d’autres versions antérieures prendront leurs places ; le Temps a besoin d’eux.
Mais le Temps est brisé, là. A cause de Per Degaton ; à cause de ce monstre, qui est parvenu à dépasser les blocages provoqués par le plan de Superman… et qui réplique, avec une violence et une puissance démesurées.

L’Homme d’Acier en prend conscience ; ça le crispe.
Et ça le force à agir.

Sans attendre, il se lance.
Il se précipite.
Il file au cœur de l’action – repousse les dinosaures, bloque les armes, gère les menaces ; protège Ludmilla et Henry, qu’il place dans une zone sûre.


« RestezLàEtNeBougezPas ! »

Kalel est en super-vitesse, et ne peut parle rmoins vite ; il continue, encore.
Il voit le vortex. Il voit l’endroit où est parti Per Degaton.
Il sait quoi faire.

Il se projette dans les airs, prend une grande inspiration ; et souffle.
Littéralement.

Time West [Pv Kalel] Superman-breath
Un souffle fort. Un souffle puissant.
… un souffle froid.

Des parois immenses de gel s’imposent soudain au cœur du Ranch, et délimitent les parties ; bloquent les combattants.
C’est peu, mais déjà ça.

Kalel enchaîne, ensuite.
Il file, encore.
Il se projette vers le vortex – il accélère encore, pour aller toujours plus vite.

Time West [Pv Kalel] Source
Pour voler.
Directement dans le vortex ; là où est parti Per Degaton.

Vers l’inconnu. Vers le danger. Vers l’ennemi.
Mais il n’a pas le choix.
Kalel doit rattraper son erreur et mettre fin à cette folie… maintenant ! Qu’importe ce qu’il doive faire – qu’importe où il doit aller !

Il n’y sera cependant pas seul.
Car, sans que Per Degaton ou Kalel le sache, un autre agit ; un autre apparaît.
Un autre glisse dans le vortex.
Un autre se précipite vers le tyran temporel.

Time West [Pv Kalel] Waverider
Waverider ; le Maître du Temps.
Qui entend également mettre un terme à cette folie… et agir, ici et maintenant !

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MessagePosté le: Mer 11 Déc 2019 - 17:27
Le Flux Temporel vivait une tempête. Les failles provoquées par Degaton se fermaient déjà, il n'avait pas déployé assez d'énergie et de moyen pour les rendre permanentes, mais le couloir coloré était secoué d'éclairs et de vastes bourrasques incompréhensibles pour celui qui ne sait pas gérer le temps.

Sur son disque, la rage au coeur, le regard étréci de colère, la vision brouillée par les injures et les jurons qu'il n'extériorisait pas à l'égard de son adversaire qui l'avait balayé, le fuyard préparait sa engeance, Degaton n'avait pas dit son dernier mot !

Le tyran Temporel jette un regard derrière lui et comprend que Superman n'entend pas abandonner sa traque. Mais le justicier comprend-il seulement qu'il n'aurait de répit qu'en tuant Per, et encore... pour combien de temps ?

Degaton voit du coin de l'oeil un morceau du Flux Temporel faire une spirale. Indice d'une perturbation dont il pourrait se servir et piéger son adversaire. Il fait volte-face, serre les poings et s'apprête à l'accueillir, mais une autre forme illumine le tunnel et lui envoie une salve d'énergie qui le percute de plein fouet.

WAVERIDER !!!! comprend, horrifié Degaton.

A peine a-t-il le temps d'encaisser le coup que son disque glisse et il tombe, aspiré par l'anomalie qui devait lui servir de dernière chance. Mais à un contre deux, celle-ci s'amoindrit. Waverider subit naturellement les flux et les reflux temporels, Degaton n'aura pas le droit à l'erreur.

Passant au travers du ciel comme s'il n'était qu'une toile, Per découvre le décors d'une ville en pleine tourmente temporelle. Suivi d'éclairs bleutés, le tyran percute le haut d'un zeppelin aux couleurs de l'Amérique qui survole une ville de cow-boys où des véhicules à vapeur côtoient des cavaliers. En pleine lévitation, des saloons et des maisons closes accueillent les voyageur du ciel harassés par leurs longues traversées.

Les Sandstone Hills en contre-bas étaient recouvertes d'habitations en apparence troglodytiques mais dotées de tant de technologie que l'on ne pouvait douter de leur futurisme. On y voyait des familles aux tenues surréalistes mélangeant robes et des gilets du XVIIIème siècle américain avec des accessoires modernes. C'était le temps mélangé, le temps bouleversé, le temps instable dans lequel Degaton et ses poursuivants furent happés.

Per se releva sur la passerelle supérieure du dirigeable et se tourna vers ses adversaires. Son disque lévitait à côté de lui.

S'ils s'éternisaient ici, tous seraient pris dans la tourmente du Flux Temporel qui rebattrait les cartes afin de retrouver sa stabilité. Ils seraient saisis, peut-être broyés, peut-être saufs avant de se retrouver dans une autre époque, sans doute plus proche de la réalité, sans doute pire encore que ce mélange steampunk de l'Oklahoma.

- Voyez ce qu'il en coûte de vous en prendre à plus fort que vous... leur hurla-t-il. Vous avez la force, la vitesse, des pouvoirs qui défient la physique, mais moi je domine aujourd'hui et à jamais le TEMPS ! Combien de costumes ridicules vous seront nécessaires pour vous accompagner dans les réparations qu'impliquent cette simple altération ? Combien de temps ? Combien enfin d'effort, loin de vos réalités et des victimes qui servent de faire-valoir à vos glorioles insignifiantes ?

Une bourrasque de vent obligea le tyran à se maintenir à une rambarde.

- Abandonnez ! Vous avez récupéré un morceau de cette Histoire, vous avez remis en place la mécanique infernale de ce que vous prenez pour une réalité immuable ! Mais MOI ! DEGATON ! JE SUIS L'ÉTERNITÉ ! JE SUIS L'ORDRE QUI TRAVERSE LE TEMPS ! NUL NE SE DÉBARRASSERA JAMAIS DE MOI ! MÊME TOI WAVERIDER TU NE POURRAS ME TERRASSER COMPLÈTEMENT ! ALORS ABANDONNEZ !

En contre-bas, une faille temporelle s'ouvrait. La stabilité commençait à grignoter cette réalité dans l'indifférence des gens qui la vivaient inconsciemment. Puis bientôt une autre apparut. Le temps était compté.

Degaton reprit ses appuis, prêt à combattre, même si face à la puissance de ses deux ennemis, il ne pouvait prétendre à une victoire. Encore pouvait-il s'assurer que ceux-ci agissent de la pire des façons et sombrent dans une victoire à la Pyrrhus...
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