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 Dans quel monde vivons-nous ? ~ Ft Edward Nygma

Scarecrow
Scarecrow
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Situation : Le Maître de la Peur a parlé à Gotham. Non. Il a parlé au monde. Et il a dévoilé la véritable apparence de sa folie.
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MessagePosté le: Ven 27 Déc 2019 - 2:02
HRP : Ce RP se déroule avant le RP In the darkest night. Chronologiquement, il est placé plus d'un mois avant.

La Boîte de Pandore... Un sourire vient se dessiner sur les lèvres fatiguées de Jonathan Crane, alors que ses yeux observent la façade de l'établissement. Un frisson traverse la capuche et son manteau sombre. Les mains dans les poches, il semble vêtu de la façon la plus simple, la plus ordinaire. Un manteau sombre, qui fini au niveau de ses cuisses. Une chemise, sombre. Un pantalon de la même couleur, terminé par de respectables bottines. Il ressemble, finalement, à un simple habitant de l'obscure Gotham. Son visage se lève, observant la lune. Observant les étoiles. Un alcoolique passe derrière lui, se cognant contre. Le poussant. Et tombant en même temps.
La bouteille roule au sol, atteignant les pieds de l'aliéniste, qui observe l'objet, puis l'homme. Une main sort alors de sa poche, venant attraper le contenant, par le goulot, arrêtant l'écoulement. Il approche, tranquillement. « Faites attention... » Son autre main s'ouvre, lui proposant son aide. Rejetée, d'un coup sec. Sans surprise pour l'autre. « Pas la peine de te montrer aimable. Déviant. » Il hausse un sourcil, regarde un instant l'établissement.

Oh. Alors ça venait de là. Ses épaules se soulèvent alors, légèrement, pour retomber tranquillement. Quel était son problème, à lui, s'il appréciait que la douleur vienne marquer sa peau pâle ? La société n'aime pas ce qui est différent. Jonathan l'avait soufflé à Jack. Au Joker. À l'As coloré. Les fous. Ceux qui ont une sexualité différente. Ceux qui pensent différemment. Ceux qui voient différemment. Alors, oui, c'est sans surprise qu'il reçoit cette agression. « Alors... peut-être vais-je donc garder cela pour moi. » Non, bien sûr que non. Quand l'argent coule, les idées n'ont plus raison d'être. Bien vite, l'objet de verre lui est arraché, l'homme s'étant relevé.

« Va te faire foutre. » Quelle originalité. Il ne répond pas, s'étant retourné, observant de nouveau l'endroit. Il entend, par contre, l'homme qui s'éloigne, qui boit une nouvelle gorgée, après avoir insulté, une dernière fois, l'aliéniste. Il soupire, doucement, alors qu'il glisse la petite fiole vide de toxine dans sa poche. Une petite pression suffit à casser une première pointe de l'ampoule. Une deuxième à casser le reste. Et la gravité fait le reste. L'obscurité l'accompagnant. Dommage, le résultat d'une peur alcoolisée est toujours intéressant à observer...

Mais le temps n'est pas à cela. Il ne sait guère s'il arriverait à prendre plaisir d'une telle chose.

Poussant les portes de l'établissement, Jonathan entre alors dans l'obscurité tamisée. Son regard se pose un instant sur la personne en charge de l'accueil. Un air de déjà vu. Sans véritablement dire d'où cela vient. Il sourit. Affable. « Je viens... rejoindre un bon ami. » Et il continue d'avancer, sa voix semblant rester, comme une brise, mais son visage, lui... s'efface, simplement. Ce n'est guère rare. Jonathan Crane n'est finalement pas quelqu'un dont on se souvient dès le premier regard. Le visage macabre de Scarecrow, lui, est suffisant. Et pourtant...
Alors il avance, simplement. Ses mains dans les poches, sa tignasse désordonnée toujours cachée par sa capuche terne. Le jeu des ombres sinueuses vient parfois attirer ses yeux. La beauté d'un homme, ou d'une femme, dont la chaleur, l'excitation, vient éveillé chacun de ses sens. Voilà ce qu'est la Boîte de Pandore : là où les passions sont assouvies... Là où les habitants finissent par oublier l'horreur...

Car Gotham est dangereuse. Gotham est violente. Mais cette Boîte de Pandore... est le lieu où se trouve l'espoir de ces amoureux de l'union entre la douleur et la confiance. Oh, quelle ironie... De se sentir plus proche des autres... plus aimé... plus protégé... en ces lieux. Mais dans cette vérité... se trouve la sordide réalité de la Boîte de Pandore. Ce n'est pas l'espérance qui est enfermée... C'est la connaissance de l'immuable. Ceux qui ne viennent pas en ces lieux peuvent toujours espérer...

Ceux qui viennent ici, sont rattrapés par l'horrible réalité. Un orgasme est finalement bien court à côté de toute une vie en Gotham. Alors, ils se rappellent de l'ombre de la ville, de ses dents qui se referment. Et ils reviennent.

Gotham est toxique. Et la Boîte de Pandore profite de cette toxicité. À l'image du Maître de la Peur.

Avançant dans les couloirs, l'homme finit par rejoindre les escaliers menant au sous-sol. Un billet passe de sa main à celui du gardien. Il passe. Il descend, poussant une première porte. Un frisson parcours alors que son nez capte l'odeur d'humidité. Ses pas claquent contre le sol. Ses mains, toujours dans ses poches, s'ouvrent et se ferment. Il inspire, doucement, avant enfin d'arriver devant la porte. Depuis combien de temps n'a t-il pas eu la chance de le voir ? Scarecrow n'était pas venu à la réunion formée par le Joker... et suite à ses propres affaires, il s'était, un temps, coupé du monde. Préparant le pire. Préparant le meilleur.
Sa main fermée vient cognée la porte. Une première fois. Le bruit résonne, jusque dans ses phalanges rachitiques. Un deuxième coup. Puis un troisième coup.

Edward Nygma est comme lui. Obsessionnel. Peut-être reconnaîtra t-il, à ce simple son, l'obsession d'un de ses pairs. Et quand il ouvrira, il ne verra que le visage de Jonathan Crane. Encerclé par sa capuche. Un visage fatigué, cerné. Plus que d'habitude. Plus maigre que d'habitude.

« Bonsoir Edward... » Un petit éclat traverse son regard. « Ai-je manqué à notre chère communauté... ? » Scarecrow est là. Même sans la paille, même sans le masque... sa voix, toujours aussi profonde, est bien la sienne.

Une pensée traverse son esprit. À quoi ressemble le hurlement de l'ivrogne ?


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Edward Nygma
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MessagePosté le: Dim 29 Déc 2019 - 23:32
ft. Jonathan Crane
Dans quel monde vivons-nous ?



- AH ! cria-t-il en lâchant sa tasse de café qui s'écrasa au sol.

Edward était angoissé. Bien sûr, il l’était plus ou moins tous les jours mais à cet instant, particulièrement. Il avait manqué de peu de se manger un meuble qui venait soudainement d’apparaitre. Ou peut-être avait-il simplement oublié qu’il était là. Edward s’immobilisa un instant, fit un tour sur lui-même et réalisa. Il était perdu chez lui. Il observait les différents meubles, le moindre papier griffonné et étalé sur une table ou un mur, les photographies sur son frigo et l’absence même de quelques objets ou notes. Tout semblait avoir été déplacé, d’une manière ou d’une autre, parfois si peu qu’il ne l’aurait pas remarqué s’il n’avait pas été aussi contrarié et confus. Même son propre reflet, renvoyé par un large miroir du salon, était passé au crible. Il se voyait profondément amaigri et une partie de ses cheveux avaient disparu. Il posa sa main sur son front dégagé, puis glissa ses doigts tout autour de son crane pour venir découvrir une zone nue, juste derrière une oreille. Il expira bruyamment face à cette découverte. Ses yeux glissèrent le long de son corps et constata les dégâts derrière son habituel costume trois pièces, quelque peu débraillé. Était-il comme ça hier ? Il recula un peu jusqu’à chuter contre un siège en forme de point d’interrogation. Depuis quand était-il là ? Il posa ses deux mains sur son visage comme pour tenter de remettre de l’ordre dans le grand puzzle qu’était devenu sa mémoire. Quelque chose le gêna rapidement, dans son dos. Il se retourna et eut la surprise de trouver de longs fils colorés, passant de parts et d’autres du fauteuil pour repartir dans une autre direction. C’était comme si son salon était devenu une immense toile d’araignée et dont le siège, lui, était le centre. Il n’avait pas eu sa confrontation mythologique. Il n’avait pas vaincu la mort, il ne l’avait que rencontré. Parvenir au centre du labyrinthe ne suffisait pas, il faut en ressortir.

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Il attrapa un premier fil, jaune, qu’il suivit des yeux tout d’abord. Le fil passait du siège au pied de la table avant de repartir contre un mur. Il posa ses mains sur un second, rouge écarlate, qui passa d’une poignée de porte au néon accroché au plafond, et ainsi de suite. Des post-it avaient visiblement été accrochés un peu partout sur la toile. Parfois, il s’agissait d’énigme, parfois d’informations essentielles comme des noms de médicaments ou bien sa quête du puits de Lazare ou bien des évidences comme le fait qu'Oswald était fiable ou que . Il trouva des tonnes d’informations qui le concernaient. Il reconnut bien sûr son écriture mais il était incapable de se souvenir quand est-ce qu’il avait fait ça. Bien sûr, fatalement, il tomba sur l’information qu’il n’avait pas oubliée mais qu’un jour peut-être, qui sait, son cerveau effacerait. Tumeur du cervelet. Il détourna les yeux pour suivre un autre fil d’Ariane ou plutôt d’Edwine ? Il voulut saisir la photographie de la jeune fille, cette jolie rousse au large sourire, la chaire de sa chaire. Il avait surement écrit quelque chose derr… On frappa une fois. Il retira sa main comme s’il avait été brûlé et se tourna vers la porte. On frappa deux fois.

- Ordinateur, caméra, fit-il d’une voix rauque qu’il tenta de s’éclaircir.
- Oui, Homme-mystère.

Un troisième coup l’alerta et avant même que l'écran le plus proche ne lui montre la silhouette, il devina qu’il s’agissait d’un initié qui avait trouvé le chemin vers le centre de son labyrinthe, sinon personne de la boite de Pandore ne lui aurait permis de venir aussi près. La question était simple. Qui était-il ? Il attrapa sa canne près du fauteuil, enfouit un chapeau sur son crane dégarni, et d’un mot, d’un seul, la lourde porte de métal s’ouvre pour laisser place une figure de crainte, de craie et creusé.

- Crane.
- Bonsoir, Edward...

Le Sphinx est bien incapable de cacher sa stupeur. A peine deux mètres séparent les deux hommes et pourtant, il se sentait aussi proche que lorsqu’il avait été face à son reflet. Il n’y avait pas que lui qui avait changé. D’un geste du menton, il l’invita à pénétrer dans son antre.

- Ai-je manqué à notre chère communauté... ?
- Si tu parles de la communauté de l’anneau, je crois savoir que non.

Il ne lui avait pas laissé faire quelques pas de plus que déjà, le Sphinx montrait les crocs. Parmi la communauté dont Jonathan faisait réellement allusion, il était sans doute celui qu’Edward respectait le plus. Il était.. lucide. Évidemment, il ne lui arrivait pas à la cheville, mais il fallait bien qu’il reconnaisse que généralement, c’était agréable de discuter avec quelqu’un comme lui. Simplement, aujourd’hui, comme beaucoup d’autres jours depuis sa maladie, ce n’était pas le moment. L’absence du croquemitaine à la réunion avait été très remarquée. De même, sa quête solitaire avec un certain anneau doré avait fait du bruit et Edward, malgré sa solitude, avait bien évidemment entendu parler de tout ça. Ca expliquait son état, pas besoin d’être un génie pour le deviner.

- Je suis très occupé comme tu peux le constater. Alors, je ne demanderais de ne pas me faire perdre mon temps.

Il n’allait pas faire comme si son salon n’était pas devenu une immense toile.

- Je suis sûr que tu peux le comprendre en vue de tes dernières.. « activités ». Je t’en prie, assis..

Il remarqua alors qu’il avait désigné un espace vide, sans aucun siège. Il tenta de cacher sa surprise en montrant la bonne direction aussitôt. Le trouble n’avoir duré qu’une seconde.

- ..toi.

Il fit quelques pas pour venir s’asseoir à son tour avant de venir écraser sous sa semelle, les restes d’une tasse et de café que nettoyait un petit robot ménager de sa conception. Depuis quand c’était là ça ? Il se laissa lourdement tomber dans le fauteuil central pour ne plus avoir à constater tous les changements de son environnement.

- Echo et Query ne t'ont pas fait bon accueil que tu sois descendu me voir ? minauda-t-il en jouant avec sa canne.




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Scarecrow
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MessagePosté le: Lun 30 Déc 2019 - 5:32
« Coup bas. Mais bien visé. Sphinx. Comme toujours. » Un léger grognement traverse ses lèvres, accompagné bien vite d'un léger rire, froid, amer. Pendant un court instant, il retire ses mains de sa veste sombre, venant masser le majeur de sa main gauche. Plus là, l'anneau. Il n'est plus là. Disparu, dans les mains d'une Amazonne. Disparu... et avec lui ses chances de pouvoir ressentir le frisson le plus excitant, le plus désiré, du moins, de façon intentionnelle. Ainsi, il semble imaginer, du bout de ses doigts, chaque traits de ce bijou technologique. Un premier frisson vient se poser sur sa peau fragile, lui arrachant un léger sourire.
Que sait Nygma ? Que sait-il ? Sur cette expérience. Cette étrange aventure. Il sait que la Lumière tombée du Ciel est venue jusqu'à lui. Il sait qu'il l'a utilisé. Qu'il l'a manipulé. Pour participer à une violente attaque contre l'entité même de la Justice League. Puis un groupe, que certains ont nommé Justice League, s'est aventuré dans les couloirs d'une simple école de Métropolis, pour le récupérer... Pour récupérer l'une de ses portes vers le terrible cauchemar permanent.

Le sait-il, qu'il a perdu cet anneau ? Qu'il a vécu une longue descente dans les abysses de sa propre mentalité. Qu'il a vu le pire... qu'il a embrassé le pire et qu'il continuera de le faire ?
Oh mais Nygma a autre chose en tête. Quelque chose d'aussi terrible. Pas besoin d'être un génie pour le deviner... c'est ce qu'il aimerait sûrement prononcer. L'amaigrissement, les regards parfois perdus... même en un instant si court que les surprendre révèle du miracle. Ou du professionnalisme. Ce qu'est Crane. Un professionnel de la psyché. Un professionnel des expressions.

Ainsi, lorsque l'Homme-Mystère a pointé de sa main un coin de la pièce sans chaise, il a vu, cette absence. Il a cru l'entendre, cette incompréhension, si rapide que même lui arrive à se demander s'il a rêvé, ou non. Mais... pas besoin d'être un génie pour le deviner... car tout autour de Crane, de Nygma, et l'expression même de l'abysse dans lequel est tombé le plus intelligent des adversaires de Batman. Et d'une certaine façon, tout ceci est... magnifique à regarder. Chaque couleurs se déplacent dans la pièce, venant trouver des éléments cartographiés, des indices, ou des interrogations. Certaines affirmations résonnent, viennent se perdre dans l'histoire des derniers événements de Gotham. Son doigt vient passer, un instant, sur une cordelette, jaune, alors que le bruit de la céramique brisée, qui ploie sous le pied du maître des lieux, vient frapper les murs de l'antre du Sphinx.

« J'aime te voir ainsi occuper... Edward. » Sincère. Même dans l'obscurité de sa voix, il semble sincère. Son doigt appuie un instant sur la cordelette, avant de la lâcher, la faisant vibrer. Il avance alors, rejoignant l'affirmation concernant Cobblepot. Oswald... Maire de Gotham. Celui qui a durcis les réglementations concernant Batman et sa petite famille compliquée... Son doigt vient caresser un instant les lettres... Puis ses yeux se posent, sur une autre information. « Médicaments... Celui-ci est pour éviter les tremblements, non ? Un problème neurologique. » Il pointe du doigt le dit médicament, avant de concentrer son attention sur un autre. « Celui-ci est pour empêcher l’épilepsie, il me semble... Quant à ceci ... » Il abaisse son doigt sur une énigme.

Il penche, un instant, la tête sur le côté... Un court instant. « Le Temps. C'est la réponse. » Il s'impose, comme la propre course de cette invariable temporalité. Il s'impose, comme la peur... Mais cela a toujours été ainsi. Doucement, l'ancien aliéniste laisse entendre un soupir. Sa main s'ouvre, se ferme. « Ton esprit est magnifique, Nygma. » Il retire alors doucement sa capuche, observant chaque cordelettes, chaque couleurs, chaque photographies, annotations, interrogations. Ses bras s'ouvrent, un instant. « L'intelligence doit s'exprimer. Dans sa plus pure représentation... Tu devrais regarder tout ceci... Edward... Tu devrais regarder chaque couleurs... chaque idées matérialisées... Tout ça... c'est ce qui te défini. En pire. En bien... » Il passe, à nouveau, un doigt sur un fil. Rouge. Son sourire s'étire sur ses lèvres fatiguées. Ses cheveux ont été coupés, grossièrement.
« Je ne suis pas venu voir les heureuses âmes qui jouissent dans les étages de ton investissement... » Il change de sujet. Il n'hésite pas. L'esprit de Nygma est suffisamment doué pour suivre, aller plus loin même.

Même s'il ne devrait pas s'aventurer trop loin. Jamais.
Mais il le fera, sûrement. Car c'est Edward. Le plus intelligent adversaire de Batman.

« Je suis venu te voir. » Il marche. Il se baisse pour éviter les fils. Il semble un peu traîner des pieds. Et se pose devant lui, devant le Sphinx. Il attrape une chaise, la posant devant lui. Mais il ne s'installe pas, bougeant jusqu'à la vieille chaîne hi-fi du Riddler. « J'ai vu... ce que tu as fait. Ce que tu as représenté pour Cobblepot. Edward Nashton... le premier des patients d'Arkham a vouloir se réintégrer à la vie citadine... Peut-être devrais-je te féliciter, Edward... » Appuyant sur un bouton, il ouvre le lecteur de cassette audio. Quelle antiquité. Sa main plonge dans sa poche intérieure, avant d'y glisser une cassette. Il ferme, appuie sur un autre bouton. Un grésillement résonne... puis quelques notes connues. La voix du Gangster d'Hoboken finit par résonner dans la pièce, par l'emplir de son timbre profond. La mélodie, prise d'une mélodie aussi connue que la chanson, s'harmonisent alors avec les paroles, si naturelles pour eux... Pour tous.


S'éloignant alors de l'appareil, il s'installe face à Edward. Son regard fatigué sur celui, épuisé, de l'Homme-Mystère...

« Alors... Edward... » Ses doigts passent à nouveau contre son majeur gauche. Un frisson... Il ferme un instant les yeux, puis ouvrent ses paupières... et pose la question. Surprenante, peut-être. Mais réelle. Concrète. « Comment vas-tu ? »

Étrange question. De sa part ? Non. Pas si étrange. Crane est sûrement le seul qui est prêt à tout entendre... Qui est prêt à tout voir. Et au moins a t-il une chance de surprendre son interlocuteur.

Car qui ose demander à un mourant comment il va ?
Pas besoin d'être un génie pour le deviner.


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Edward Nygma
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MessagePosté le: Jeu 2 Jan 2020 - 11:52
ft. Jonathan Crane
Dans quel monde vivons-nous ?




Edward garde les mâchoires résolument serrées tandis que l’épouvantail se déplace parmi ses pensées, ses idées, ses souvenirs, ses vérités et même ses mensonges. Il avait cartographié sa mémoire et ce qui était le plus ironique, c’était qu’il était incapable de dater le début cette étude complexe de lui-même. Il voyait les longs doigts de Jonathan caresser et pincer quelques cordes, ses yeux glisser d’un mot à un autre et le Sphinx comprit pourquoi il l’avait laissé entrer. Le voir fouiner à l’intérieur de son cerveau le mettait pourtant mal à l’aise, plus que ça, cela l’angoissait. Un peu comme lorsqu’il avait respiré pour la première fois, son fameux gaz. Il s’en souvenait parfaitement. C’était en Italie. Il avait trompé Catwoman pour voler la fameuse bague romaine, la bague qui le présentait comme le capo di tutti capi. Une bague qu’il portait actuellement à son annulaire. A l’instar de son invité, ses doigts vinrent retrouver la place de l’anneau, bien présent pour Edward. Il le fit tourner. Ce simple toucher lui permit de ne pas laisser ce souvenir s’échapper comme tous les autres. Bien qu’horrifique, il avait besoin de s’accrocher à ça et l’immense toile ne faisait qu’appuyer cette réalité. Bien sur, ce n’était pas uniquement pour la bague mais aussi pour lui faire avouer l’identité de Batman. Selina s’était vengé. Elle avait piégé la bague avec le gaz que l’épouvantail lui avait fourni pour la faire plier. C’est dans l’avion que le gaz s’était libéré. Il n’y en avait pas assez pour atteindre les autres passagers mais assez pour l’atteindre lui. Crane fut à ses côtés, dans tous les sens du terme. Il voulait les réponses qu’aurait dû posséder le Sphinx, mais il n’avait vu qu’un Edward en crise. Le voyage fut long, très long pour le prince des énigmes.

Jonathan ignorait ce qui arrivait à Edward, ou du moins, pour le moment. Tout du moins, il ne savait pas qu’est-ce qui provoquait le trouble qu’il voyait surement. C’était évidant pour l’homme-mystère. Il parlait de problème neurologique, mais pas de quel genre. Il alignait les indices et Edward avait la certitude qu’il dirait les mots. Il dirait qu’il était mourant. Il dirait qu’il n’était plus rien. Cela ne lui faisait même pas peur. Il était habitué maintenant. Au moins avait-il la certitude qu’il ne verrait pas de pitié dans ses yeux à lui.

- Ton esprit est magnifique, Nygma.
- Tu as le don pour prononcer les évidences, Crane, fit-il de son ton habituel, chantant. Continue.

Dans une telle situation, il n’était pas si différent d’une jouvencelle qui encourageait un admirateur pour nourrir son égo. En réalité, Edward faisait comme toujours. Il se mettait en valeur, sous le feu des projecteurs. Il voulait désespérément l’attention, l’approbation et l’admiration de ses pairs. Aujourd’hui, il se sentait limité, confus et pire, il se sentait stupide bien qu’il ne l’avouerait jamais. Jonathan lui disait de regarder mais Edward, imperceptiblement, préférait poser ses yeux ailleurs. Il ne voyait pas le superbe qu’affirmait le roi des cauchemars. Il voyait simplement une preuve supplémentaire que son cerveau de détériorait. Il ne comprenait même pas ce qu’il avait voulu dire par « Et si ? », ou bien « r-sphère = 0 ».

- Je ne suis pas venu voir les heureuses âmes qui jouissent dans les étages de ton
Investissement... Je suis venu te voir.

- Oh, vraiment ? Fit-il sur un ton taquin en le regardant se faufiler entre les fils colorés, entre les post-it jusqu’à un siège. C’est donc pour cette raison que te voilà dans mon salon à me faire des compliments ? Je n’aurais jamais résolu cette énigme sans toi. Merci, ô Epouvantail.

Il ne s’installe pas. Il continue de se mouvoir. Il se déplaçait sans mal dans la pièce, là où
Edward avait préféré l’immobilité. Était-ce qu’il l’avait déjà invité ? Il se redresse, l’esprit nerveux tandis que Jonathan parle, parle, et joue des mots qu’il maitrisait si bien et Edward eut un sursaut douloureux car le mot qu’il prononça fut aussi douloureux qu’une aiguille dans un nerf. Sur tous les morceaux de papiers, disséminé dans la pièce ci et là, une seule information ne figurait pas : Edward, Nashton. Il ne l’avait pas oublié pourtant.

- Ne m’appelle pas comme ça, siffla-t-il d’une voix plus agressive qu’il ne l’aurait voulu. Ne m’appelle plus jamais comme ça.

C’était un nom qu’il avait banni depuis longtemps et il n’y avait que quelques médecins à Arkham qui pouvait encore espérer qu’il répondre à ce nom-là. Il avait banni le nom de son père stupide et violent, ce nom qu’il portait encore quand il fut viré de Wayne entreprise. Il avait adopté celui plus mystérieux, plus intelligent, celui de Nygma. E.Nygma. L’énigme. Nashton le renvoyait à une condition humaine, misérable, porter par des flots agités, voir violent. Edward Nashton était un minable et un raté quand le Sphinx lui avait accordé l’ascension. Edward Nashton était un adolescent quand le Sphinx lui avait tendu la main. Un adolescent qui était parvenu à passer le test de QI avec brio. Une seule question hantait encore Edward. Avait-il triché ou non ? Une question sans réponse.

- Ce je fais, ce n’est que pour accomplir un dessein plus grand. Je t’interdis d’imaginer que..

Une musique l’arrête.

And now, the end is near;
Et maintenant que la fin est proche;
And so I face the final curtain,
Et que je fais face à l'ultime rideau,

Elle l’apaise presque.

- Tu t’en es souvenu.

Ou plutôt, lui, il s’en souvenait.

Mon ami, je le dirai tout haut,

I'll state my case, of which I'm certain.
Je défendrai mon cas, dont je suis certain.

C’était presque devenu une routine entre eux. Il ne se souvenait pas très bien quand est-ce que cela avait débuté mais quand ils se retrouvaient, souvent, toujours, Sinatra berçait leur conversation et celle-ci particulièrement. Elle n’avait jamais été aussi approprié que maintenant et cela fit sourire Edward, mi amusé mi mélancolique. Il ne dit rien de plus, se laissant simplement bercé par quelques vérités chantonnés par le beau gangster du XXième siècle, les yeux à demi-clos.

L’Epouvantail se posa sur la chaise, face à lui, et alors enfin, posa la question. Edward eut un gémissement, entre le rire et la plainte. Il est quelque peu surpris mais est-ce si étonnant que l’ancien psychiatre pose une question pareille ?

- Tu as tous les indices sous les yeux et tu oses encore poser la question ? Sais-tu combien me l’on posé seulement ?

Et c’était bien ça le drame. Les gens qui lui posaient la question se comptaient sur les doigts de la main, et souvent, c’était sous la pression indirecte d’un Sphinx qui en avait besoin, ou alors pas totale ignorance. L’Epouvantail le savait surement et c’est pour cela qu’il le lui avait posé. Edward et Jonathan avaient toujours eu une relation particulière, animé par un respect intellectuel et une certaine compréhension de l’autre. Bien sûr, à Gotham, la rivalité et les intérêts prenaient toujours le dessus à un moment où un autre et bien qu’on ne pouvait pas vraiment parler d’amitié, leur relation était assez forte pour qu’Edward par faiblesse, accepte de se dévoiler.

- Soit, alors disons que le malin en pince pour moi.

Son regard avait dévié un instant avant revenir sur les deux orbes clairs d’un Jonathan épuisé et mal. Il voyait ses mains cherchés un anneau disparu. Il se demandait ce que cette ivresse lui avait couté. Que ressentait-il maintenant qu’il n’avait plus rien ? Edward retourna dans le silence, la tête redressé et et l’observant la toile d’araignée. Sinatra prit le relais un petit temps avant qu’il ne décide à continuer.

- Regarde le plafond. […] C’est inopérable et de ce fait, inéluctable. Une énigme sans réponse.

Dans quel monde vivons-nous ? ~ Ft Edward Nygma Cancer10

Son cerveau apparait, à nu. Une grosseur se distingue sans peine, caché dans son cervelet, le cœur même de ce qui faisait le Sphinx. Il y en avait plusieurs, à différentes dates et la progression était lente, mais réelle. Parmi la multitude de papier coloré, se distingue un morceau de carte, puis une autre. Finalement, on distingue les mots qui obsédaient tant Edward depuis un peu plus d’un an, presque deux. « Puits de Lazare » se distingue en vert sur un découpage souterrain de Gotham et sur certaines zones en Iran.

- Et je déteste ça.

And more, much more than this,
Et plus encore, bien plus encore que ça,
I did it my way.
Je l'ai fait à ma façon.




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MessagePosté le: Ven 3 Jan 2020 - 17:07
« La folie et la maladie ne peuvent effacer tous les souvenirs... Edward. » Ô Humanité, te voilà. Corrompue, tiraillée, torturée. Souillée... Te voici, Humanité, cachée dans les notes d'une mélodie, rampant entre les paroles chantées par le timbre profond de Sinatra. Une vérité inéluctable. Face à laquelle tous ne peuvent faire face. Lui ? Il s'installe devant elle, devant son interprétation la plus physique. Après tout, le Prince de l'Énigme n'est-il pas la troisième composante de cet étrange trio que lui, Jonathan Crane et le Gangster Chanteur forment ? Oui, il y fait face. Car l'Humanité est autant une force qu'une angoisse rampante.
Croisant tranquillement les jambes, il regarde alors cette humanité, malade, affaiblie. Et il entend. La réponse de cet associé. Un petit sourire vient étirer ses lèvres. Il ne regarde pas, encore, le plafond. Non, il préfère l'observer, lui, cet homme qui élude... et qui ne sait pas aussi bien mentir qu'il ne le pense.

«Personne. » Le couperet tombe. Aussi tranchant que la guillotine française. « Ou peut-être Oswald ? Peut-être cette petite demoiselle, qui patiente, sur chaque photographie, à ma gauche ? Mais finalement... Trois personnes. Par rapport à tout ce que tu es... par rapport à tous ceux que tu as rencontré... » Il ouvre, légèrement, sa main. Il imite, la théâtralité de son interlocuteur. Qui soufflerait sur sa main pour faire voler la poussière qui se serait accumulé. « Nous ne sommes que des grains de sable... » Peut-être des grains de sable souhaités.

Sentir cette machinerie qu'est le désespoir se bloquer, un temps, juste par une question. Mais sentir aussi que le regard de certains est capable de voir les mécanismes de cette entité...
Il y a de quoi frissonner, n'est-ce pas ?

Puis, Jonathan relève les yeux. Il fixe alors, la preuve de l'inéluctable. Bien vite, il se redresse. Sans peur d'une quelconque mauvaise surprise, il grimpe sur sa chaise. Sa main glisse, lentement. Le bout de ses doigts frôle la masse. L'interprétation du pire pour cet homme. Lentement, il éloigne sa main. Il regarde alors celle-ci. Ses doigts, ouverts. Un esprit ouvert, imaginatif... pourrait le voir, tenir la tumeur. Tenir... et observer.
Et peut-être. Peut-être oui, tient-il cette masse. Peut-être que son regard clair voit chaque métastase se mouvoir, danser au rythme de la mélodie de My Way. Peut-être, oui, peut-être imagine t-il cette masse vivre. Se redresser sur ses pattes. Chercher de ses pinces un organe, une chair, un sang, à s'accrocher, à souiller... Peut-être l'entend-il réclamer sa nourriture. La vie. Oui ! Peut-être la voix, modifiée, dérangeante, sordide, de Nygma, est finalement sa voix et qu'elle résonne dans son esprit. Insultant. Pleurant. Gémissant.

Les jambes tremblent. Tout comme les mains. Un pied glisse. Il manque de tomber, mais réussi à se rattraper. Au dernier moment. Lorsqu'il a senti la gravité agir, déformer sa propre perception. Lorsqu'il a senti l'effet de cette probable chute venir gêner sa propre rêverie. Qui serait un cauchemar pour Edward Nygma. Un terrible cauchemar.

« L'inéluctable... J'arrive à en ressentir ta peur de lui. » Il s'est rattrapé... Pire encore, il semble même ne rien prendre en compte. Sa main droite passe contre la gauche. Comme pour retirer quelque chose. Son pied passe, marche, alors qu'il avance. Un esprit ouvert, précis, observerait que le pied est passé à l'endroit exact où une chose aurait pu tombée... si elle provenait de la main de Scarecrow. L'Épouvantail approche alors d'une photographie. Ses doigts viennent doucement récupérer le support, observant alors ce visage. « L'inéluctable. J'arrive à en ressentir ta haine... de lui » Il montre, alors, la photographie. « Mais, alors... pourquoi as-tu conçu un enfant ? » Il retourne l'objet. Ses sourcils se froncent, tranquillement. Et ses yeux enregistrent. Son esprit mémorise...

« J'ai peur qu'ils viennent à nous manquer. »
I.A

Puis, simplement, il remet la photographie à sa place. Exacte. Il passe d'ailleurs son doigt contre la tranche, vérifiant cette précision. Il connaît l'esprit perfectionniste du Sphinx. Non... il connaît la maladie dans laquelle il se trouve. Ou plutôt certains de ses effets. Il recule, avant de se retourner à nouveau, vers Edward.
« Tu connais mon avis sur la question. » Jonathan Crane ne peut avoir d'enfants. Cela a déjà été dit, une fois. Dans une pièce d'Arkham, alors qu'ils interprétaient la rivalité de leur esprit. Et Crane avait eu cette énigme, en cherchant à jouer le rôle de son interlocuteur. Déméter me déteste, et pourtant elle m'a donné naissance. Mais elle n'est pas seule. La Peur a finit par m'offrir à son Roi, sauvant par ailleurs une pauvre âme d'un tel châtiment. Qui suis-je ? Et il avait comprit. Rapidement. Comme toujours. Mais il avait souhaité imposé à ce moment une réalité : les êtres ignobles qui pourrissent cette cité toxique...

Combien sont capables de posséder un quelconque héritage ?
Combien sont capable de se vanter d'être certain de laisser une emprunte sur ce monde ?

« L'inéluctable nous hante tous. Nécrophobie. La peur des morts. Thanatophobie. La peur de la mort. Athazagoraphobie. La peur de l'oubli. Il y en a tellement. Tant ! » Un petit rire, froid. Satisfait. Gémissant. Son instabilité semble de plus en plus claire... Et pourtant, il n'a jamais été aussi calme... Il avance, alors. Jusqu'au réfrigérateur. Il observe, tranquillement. « Pauvre enfant... Ni anniversaire... ni naissance... Est-ce cela... »

Il attrape une photographie. Il avance alors vers lui. Vers Nygma. Son regard clair se plonge dans ses yeux, alors qu'il montre cette photographie de ce duo. D'un père et de sa fille. « Que tu as peur d'oublier en proie aux pinces de ce Crabe Insidieux... ? L'absence de naissance de ta Victoire ? » Et il le regarde. Il le fixe. Il ne semble pas le juger. Non. Il veut juste le mettre à nouveau, encore, comme toujours... face aux choses.

Face à elle. Edwine Nygma.

« Elle a tes yeux. »


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Edward Nygma
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MessagePosté le: Mer 8 Jan 2020 - 2:11
ft. Jonathan Crane
Dans quel monde vivons-nous ?





Edward se fit la réflexion qu’il avait oublié Selina, mais celle-là était comme son animal totem, d’humeur changeante. Quatre personnes donc. Jonathan avait marqué juste. Après dix années à sévir à Gotham, à briller par son intelligente et à enchainer ruse, piège et complot, alliance et trahison. Seulement quatre personnes osaient poser la question. Qui était là pour entendre réellement cette réponse ? L’ancien psychiatre aurait surement une réponse à donner à cette petite devinette. L’intellectuel se redressa un peu dans son siège. Il chercha un angle qui le rendrait moins… coincé. Il agite vaguement la main devant lui, comme pour faire taire ses répliques.

- Je n’ai besoin de personne, Crane.

Il veut poursuivre mais déjà, l’Epouvantail est ailleurs. Il grimpe sur la chaise et Edward murmura vaguement quelque chose (« prend donc tes aises, je t’en prie ») avant de réaliser ce qu’il faisait. Il voyait les yeux de Jonathan s’agiter contre son cerveau à nu. Il voit son regard appuyé sur la masse qui avait fait son nid dans toute sa machinerie mentale. Il voit ses mains frôler son emplacement et pendant une seconde Edward passa une main sur sa tête. Il baissa aussitôt la main, se maudissant pour la stupide pensée qui venait de le traverser. Non, non, il ne devait pas y penser. Soudain, un léger bruit l’alerta. Il redressa la tête et il eut comme l’impression que son invité avait récupéré quelque chose. Edward était incapable de se souvenir de ce qu’il avait accroché ici et là. Avait-il laissé un indice tout là-haut ? Il le vit tomber.

- Mais à quoi tu t’imagin… !

Il ne termine pas sa phrase. Jonathan avait arrêté sa chute. Une chute qu’il aurait jurée… inéluctable. Edward s’agite. Il bouge ses pieds, ses mains. Il plante ses ongles dans les accoudoirs feutré. Ses pieds tressautent et le trahisse. Edward n’avait jamais été très doué pour se dissimuler. Il avait toujours eu des difficultés à mentir, même à lui-même. Il avait bien essayé de stopper cette manie de laisser des indices. Il avait même cru avoir réussi une fois ! Toute une journée à voler, arnaqué, piégé. C’était si bon de voir le GCPD et même Batman, incapable de résoudre ses énigmes ! Jusqu’à ce que la chauve-souris ne l’arrête. Jusqu’à ce que la chauve-souris ne démontre encore une fois, que n’importe quel imbécile, costumer ou non, pouvait mettre le Sphinx à jour.

- Je n’ai pas peur. Pour qui tu me prends ? Je suis le Sphinx !

Il laisserait toujours des énigmes, même malgré lui. Il ne pouvait que les complexifier davantage mais où était la limite entre compliquer et tricher ? La triche le mettait hors de lui et quand il arrivait à ses extrémités, et bien, c’était la panique. C’était aussi ça, le Sphinx.

- Ne touche pas à ça.

Edward aimait les bonnes questions. S’il se vantait de pouvoir trouver une réponse à toute celle qu’on lui poserait, il aurait aimé aujourd’hui que l’Epouvantail ne les lui pose pas. Pourquoi avoir conçu un enfant ? Bien sûr qu’il l’avait deviné Bien sûr qu’il avait compris. Edward avait caché ce secret à tout Gotham, ou presque. Sa fille était loin, bien loin de cette ville. Jonathan était face à toute sa vie. Que cherchait-il à la fin ? Edward ouvre la bouche. Son esprit est confus. Il prend sa voix la plus forte, la plus assuré, il plante son regard dans ses yeux épuisé et semble lui dire de pas franchir la ligne.

- Qu’importe ton « avis ». Elle est là et c’est tout ce qui importe. Oublie ma fille, elle n’est pas ton problème, Jonathan. Descend de là maintenant, tu es ridicule.

Edward savait pour la stérilité de du maître de la peur. Il le lui avait confié. Chacun était d’accord que cela ne pouvait être mieux. Pour le Sphinx, c’était différent. Un enfant, c’était une double promesse. Quelqu’un qui l’aimerait et l’admirerait sans condition, lié à jamais par un lien indéfectible, quelqu’un qui prendrait sa suite et qui pouvait devenir meilleur que lui, le surpasser quand il finirait tôt ou tard par disparaître. Bien sûr, secrètement, Edward voulait être ce père qu’il n’avait jamais eu.

- Je connais ces termes, ne fais pas l’affront de mes les expliquer ! Ou veux-tu en venir ? Qu’est-ce que tu veux ?!

Il avait crié ses derniers mots et surtout, Edward avait frappé l’accoudoir comme le point de son interrogation. Il détestait beaucoup de chose mais bien particulièrement qu’on l’infantilise. Lui expliquer ce qu’était tel ou tel phobie le mettait en rage et la situation, stressante sans aucun doute, que croitre une colère déjà bien brûlante dans son crâne. Il n’avait pas Jonathan Crane devant lui, mais l’Epouvantail dans toute son horreur. Non, il n’y avait jamais eu que Lui. Il l’entend rire et Edward, par instinct, imagine déjà toutes les possibilités pour échapper à la situation. Il le craignait. Il le voit devant son frigo. Devant les souvenirs photographiés, l’adolescente tout sourire et lui à ses côtés, il voyait ses moments arrachés, il voyait les mots qu’elle lui avait laissés sur le frigo. Il voyait les phrases anodines, presque cliché, d’une fille pour un père. La seule différente était les dates, un peu partout sur les mots d’amour qu’elle lui avait laissé. Edward se redresse cette fois, à chacun des pas de l’Epouvantail.

- Qu’est-ce que tu … fabules ?

Ses mots sont hésitants. Il pose une main sur sa tête pour chasser la migraine qui commençait doucement à brûler sa concentration. De cette même main, qu’il agite devant lui comme pour le chasser, il grogne.

- La ferme, tu.. je réfléchie.

Mais il lui fait pourtant face. Edward lève ses deux iris couleur rouilles vers lui, le visage tendu et les sourcils froncés par une colère à peine contenu. Il le regarde, il lui demande d’oser formuler sa question. Il se redresse alors comme une balle. Il se tient du bout des doigts, l’adrénaline lui donnant cette énergie nécessaire pour faire face à l’intimidante Epouvantail.

- Je devrais juste activer un de mes robots mystères et LE REGARDER APLANIR TES RESTES. TU ES CHEZ MOI CRANE. CHEZ L’HOMME MYSTÈRE. JE T’INTERDIS DE L’APPROCHER OU NE SERAIS CE QUE D’Y PENSER CAR AUCUN ANNEAU NE POURRA TE PROTÉGER DE MOI.

N'avait-il pas déjà dit cela ? Ses yeux vont de la photo à Crane. Les pensées fusent, se rencontrent et se projettent dans chaque coin de son cerveau. Des pensées différentes et pourtant toutes connectés entre elle par un réseau complexe mais non moins ordonné. Des pensées aussi liés qu’une toile colorée. Il ferme les yeux et baissa la tête vers les énigmes qui lui sautaient aux yeux.

« Je n’ai pas de naissance pourtant j’ai un début. J’ai un père et pourtant il n’est pas père. Qui suis-je ? Si une poule et demie pond un œuf et demi en un jour et demi, combien neuf poules pondront-elles d’œufs en neuf jours ? Combien ? »

A chacun de ses mots, qu’il prononce ou non à voix haute, son poing vient taper son front comme on le ferait pour une machine défectueuse. Il voit le visage jovial. Il voit l’adolescente aux fiançailles de Bruce Wayne. Il la voit dans le dirigeable. Il voit la colère dans ses yeux.

- Edwine. Ed wins. Edwine sait. Elle l’a su huit fois. Quand est-ce que j’ai fait ça ?

Le lien se fait. La pièce s’enfonce et rejoint le puzzle. Il se souvient dans la douleur. Il pousse Jonathan d’un coude et tente de marcher. Il veut fuir mais se rétracte presque aussitôt.

- Ordinateur, dossier S.P.H.E.R.E !
- Oui, homme-mystère.

Les écrans sur le mur illuminent la pièce brusquement. Edward tourne le dos à Crane et fait face à la vérité qu’il avait oublié. Encore. Il voit le profil. Il voit les chiffres, les données, les photos de sa conception, de sa naissance. Il voit son anniversaire. Elle n’avait pas une quinzaine d’année. Elle avait été créée cet été. Là où Crane vivait en hiver, Edward s’était égaré dans un été artificielle. Combien de fois l’avait-il oublié ? Il ouvre la bouche mais ne trouve rien à dire. Pour s’empêcher de mourir seul, il l’avait créé. Il avait tenté de s’échapper de l’inéluctable. La solitude. Il retire son chapeau et le laisse tomber sur le siège qu’il avait déserté. Il tente un pas boiteux mais il n’y ne parvient pas sans aide. De ce demi-pas, il comprend son besoin de victoire.

- Une… victoire reste une victoire.

D’un geste, les écrans redeviennent noirs et à l’instar de Jonathan un moment plus tôt, il manque de tomber. Sa jambe ne tient plus. Il se tient au fauteuil. Il continue toujours de fixer droit devant lui. L’Epouvantail dans son dos.

- Savoure la tienne, Crane, fit-il d'un ton mauvais. Tu as résolu l’énigme. Enfin, tu avais tous les indices.

Il se tend. Crane pouvait le voir.

- Je me meurs. Il me reste moins de deux ans maintenant et une de mes plus belles créations, c’est elle. Je me suis créer l’enfant que je n’aurais jamais et rien ne m’enlèvera ça. J’ai rejoint le GCPD à la demande d’Oswald. Je suis le meilleur détective du monde, n’en déplaise à Batman. J’utilise ainsi leur ressource pour trouver ce que je cherche depuis le jour où j’ai su que j’étais inopérable. Et bien sûr, je ne peux le faire moi-même. [ …] Je cherche le puit de Lazare. La seule chose au monde capable de défier l’inéluctable, de défier l’immuable.

Il ne le regarde pas. Il ne peut pas se tourner pour lui faire face. L’Epouvantail est instable, dérangé depuis toujours mais davantage depuis sa perte. Edward parle mais il ne s’adresse pas à Jonathan Crane. Il s’adresse peut-être à lui-même.

- Mon cerveau se dégrade et pourtant, je reste le Sphinx. Je réponds à toutes les énigmes, à toutes les questions, mais une seule me résiste réellement. Celle qui reflète les réalités, les mondes qui n’ont jamais existé. La question qui me nargue partout où je regarde. Et si je n’avais pas été viré de Wayne Entreprise ? Et si je n’étais pas mourant ? Et si j’avais eu un enfant ? Et si j’avais vaincu Batman ? Et si le puits me changeait ? Et si je n’étais plus le Sphinx ? Et si... ? Et si j’étais en réalité coincé sur une route qui tourne en rond ? Comme.. un anneau.


N’avait-il pas déjà dit tout ça ?




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MessagePosté le: Mer 8 Jan 2020 - 11:05
« Alors fait le. » La menace a été lancée, l'avertissement violent, animé par toute la rage que peut exprimer le Sphinx, résonne encore entre les murs couverts de photographies, d'indices, d'annotations. Et l'Épouvantail le regarde. Il attend. Lorsque sa voix s'est fait entendre, aussi froide qu'un hiver sibérien, ses mains, elles, se sont glissées dans son dos. Ses yeux clairs fixent le regard épuisé, perdu, mourant, du Prince des Énigmes. La voix du Gangster d'Hoboken ne parvient pas à couvrir sa respiration, tant calme que sifflante. Il a donné l'ordre. De le tuer. D'en finir avec l'ombre viscérale qu'il est. Cette ombre qui rampe, s'accroche à chaque petit éclat pour le dévorer, pour le pourrir.

« Fait le... » Son regard semble un instant avaler celui de son interlocuteur. Il se fixe. Totalement. Sur tout ce qu'il est. Sur cet homme. Son passé. Son futur. Il a frissonné, une nouvelle fois, lorsque le mot a résonné dans son esprit. Anneau. Mais il n'a pas lâché ce regard. Son œil vide. Et pourtant empli de tant de couleurs. De tant de folie.
Qu'est-ce qui empêcherait le Sphinx, l'Homme-Mystère, Edward Nygma, de mettre sa menace à exécution ? Après tout, ne sont-ils pas dans son palais, non, mieux... dans son esprit ? Ses robots ne sont que l'extension de sa pensée, de son génie. Un génie froid, mécanique, à la logique implacable... Qui pourtant, lentement, rouille. Il peut l'imaginer. La rouille qui grimpe sur les doigts de cet homme si intelligent, si puissant... L'oxydation de chacune de ses cellules qui, inéluctablement, finira par figer toute particule de vie dans ce corps.

Mais alors que l'Homme-Mystère a la possibilité d'en finir, du moins avec cette discussion, il ne fait rien. Sa colère s'envole, lentement, bien que persistante. Elle se perd dans les mots poétiques d'une énigme... à laquelle Jonathan ne prend finalement pas la peine de répondre, voire d'y réfléchir. Le Sphinx à ses habitudes. Sa manière d'être, de lancer des énigmes. Lorsqu'il attend la réponse d'une personne, son regard cherchera chaque rouages de l'esprit de sa victime. Il voudra le voir buter sur chaque éléments, sur chaque mots qui composent son énoncé. Il veut voir chacune de ces roues se bloquer, se tordre tant elles forceront sur cette entrave.

Edward Nygma est un homme faisant preuve d'un profond sadisme. Bien plus calme, révérencieux, que la folie sadique du Joker. Un sadisme froid, calculateur.

Et pourtant, en cet instant, l'énigme n'avait aucun but plaisant. Au contraire elle semblait avoir pour objectif de réactiver un engrenage particulier de l'esprit sinueux du Sphinx. Une énigme pour lui, pour lui seul. Et si Jonathan lui connaît de nombreux éléments psychiques... il n'a pas souvenir d'un quelconque désir masochiste. Même cet établissement... il ne l'a sûrement choisi que pour le nom. Il est indéniable que Nygma, enfermé dans les murs de la Boîte de Pandore, fait face à l'inéluctable. Jours après jours. Il fait face... il oublie... pour faire de nouveau face.
Un cycle violent. Horrible. Qui doit briser la stabilité déjà fort atteinte du Prince de l'Énigme. Qui veut se souvenir. Sa voix résonne lorsque l'Homme-Mystère contact l'Intelligence Artificielle qui soutien chacune de ses actions. Les écrans s'activent. Des données viennent s'afficher. Des souvenirs. Immatériels. Mais des essentiels. Et il se redécouvre. Il se retrouve, face à la vérité qui compose chaque fragment de sa réalité. Et lui, Jonathan Crane, la découvre.

Une découverte qui accentue sa fascination pour l'esprit fertile de Nygma. Car il repousse, chaque fois, les limites de ce qu'il peut faire, imaginer... Sa plus belle création, bien au-delà de toutes ses énigmes, de toutes les Intelligences Artificielles qu'il a pu développer. La seule qui mérite sûrement toute son attention, au point que la maladie en profite pour parasiter chaque souvenir. Sa faiblesse... Telle une mèche allumée, cette révélation permet de dissiper le reste de cette mascarade. Il confesse. Un péché ? Non. Juste ce qu'il est devenu. Ce qu'il recherche. Et ce qui accompagne la maladie pour le détruire... La plus sombre des interrogations. La plus violente des énigmes. Sans réponse, tant son concept est abstrait...

Et si...?

Et il termine... Une nouvelle étincelle. « Courageux... mais pas téméraire, Nygma... » Il le brise, enfin, son silence froid, sordide. Depuis l'ordre de le tuer, sa voix s'est murée dans un silence religieux, le silence du psychiatre et psychologue qui écoute, détail, sans défaut, les mots qui se détachent de l'esprit de son patient. Un bruit. Un pas. Il le contourne, passant sur la gauche. « Tu menaces... mais ne fait rien. Tu cible... mais sans regarder... Mais qu'observes-tu ? Ton espoir de survie ? » Il l'attrape, par le bras. Il s'approche. Si proche. L'odeur de son haleine sèche vient un instant se perdre contre le visage de ce Sphinx. Son regard se penche sur le sien. Il plonge. Alors que ses lèvres s'étirent en un sourire sans joie, sans haine... mais comblé.
Ils oublient tous. Scarecrow. Ils pensent au Joker. À ses nombreuses personnalités. Lui qui a su jongler avec tout. Lui qui a su jongler avec son esprit, avec ses maladies. Chaque médecin croisant le regard de Jack Napier, ou qu'importe son nom, trouvera dans sa psyché atteinte une affliction différente.

Ils oublient tous. Scarecrow. Et Edward Nygma a oublié. Lui aussi.

Il le lâche. Le repousse. Avant de reculer. Ses doigts glissent contre l'écran d'une vieille télévision. Une antiquité. Edward a toujours aimé ce genre de choses. Il comprend. Lui. L'Épouvantail comprend. « Es-tu prêt... à tout... pour ça ? » La question est posé. Et au même moment, son poing s'enfonce dans le verre de l'écran. De ce vieil écran. Des morceaux tailladent sa main. Mais il ignore. Voire... il soupire. Comme celui qui se frappe la main pour oublier une douleur, plus vicieuse. Les récepteurs sont affolés. Ils oublient le moins important... Mais ce n'est pas ce qu'il recherche. Ses doigts blessés viennent attraper un morceau.

« Sais-tu ce que c'est... de vomir ses tripes ? De ramper ? » Il approche, alors... tranquillement. Mais il est effrayant. Réellement. Crane ? Il n'y en a jamais eu. Ce n'est qu'un nom. Un souffle. Un murmure. « Être prêt à tout... pour survivre... c'est accepter de faire face. Mais tu ignores ce que c'est... Tu ne regardes rien. Alors je vais te montrer... ce que certains peuvent faire... »
Doucement... il abaisse sa tête. Lentement. Dans un geste contrôlé, bien que tremblant, le morceau coupant vient griffer le crâne. Et retirer des cheveux. La peau pâle est marquée. Pas seulement par le verre, qui est maintenu suffisamment éloigné pour ne faire que des petites scarifications. Non. Ce qui marque sont des cicatrices, plus profondes. Plus anciennes. Les cheveux, déjà courts, de l'Épouvantail finissent par rejoindre le sol. Un à un. Par mèches... Le travail est grossier. Il n'a ni logique. Ni sentiment artistique. Mais il montre.

Être prêt à tout. Ce n'est pas seulement espérer. C'est agir.
Être prêt à tout signifie se mettre en danger. De sentir la mort de prêt, pour mieux y échapper, dans le cas de Nygma.

Dans le cas de Jonathan Crane ? C'était de nourrir son cerveau par sa propre toxine. D'enfoncer des aiguilles. Une foreuse. Pour que la toxine aille. Où elle veut. Être prêt à tout, c'était d'anesthésier et de paralyser son œil, pour qu'un charlatan enfonce une aiguille dans le globe oculaire et y injecte la toxine. Être prêt à tout, c'était frapper, encore et encore, son crâne contre un mur d'Arkham, en espérant graver l'image du Batman dans chacune de ces synapses. C'était en partie ça, être prêt à tout.

Il fait un premier pas. Son rire résonne dans le salon, alors qu'il passe sa main contre chacune des vieilles cicatrices. Des marques d'opérations. Les vieilles chirurgies. Souillées de son propre sang. « Tu vises toujours juste, Nygma... Mais tu tentes le diable. Sans savoir jusqu'où il peut aller... » Il approche, un nouveau pas. Son regard se lève vers lui. La véritable question à se poser c'est … à partir de quelle opération, il a commencé à ne plus ressentir les effets de la toxine ? À partir de quand, exactement, son cerveau s'est habitué à toutes les formules possibles ?

Être prêt à tout... au point de faire de ce manque, de cette absence, la seule chose qui compte. Être prêt à tout... au point de revivre cette période, lorsque l'anneau lui a été arraché...
Il aurait dû se tuer. Depuis longtemps. Batman aurait dû l'étouffer. Briser chacun de ses os. Exterminer son nom. Son œuvre. Mais il ne l'a pas fait. Voilà pourquoi. Pour rappeler à ceux qui lui ressemblent... ce qu'est être prêt à tout.

« Être prêt à tout, Edward... ce n'est pas attendre de ta fille de te rappeler qu'elle n'est pas humaine. Être prêt à tout, Edward... ce n'est pas considérer cette création comme une victoire. Être prêt à tout, Nygma... c'est ramper dans la fange de ta propre défaite. C'est de hurler à qui veut l'entendre que tu feras tout pour survivre. Même tuer les autres. Être prêt à tout, Nygma... c'est de menacer. Et de réussir. Être prêt à tout, Homme-Mystère, ce n'est pas d'être courageux. Téméraire. C'est d'être incapable de vivre autre chose... De faire tout, pour ça. Pour cette seule essence. » Il lâche le morceau. Son mouvement est vif lorsqu'il approche. Lorsqu'il sort l'arme à feu. Lorsqu'il l'enfonce entre les doigts de Nygma.

« Tu vises toujours juste, Sphinx... Mais tu ne regardes jamais... Alors dis moi... » Son sourire s'étire. Sa voix s'envole alors, dans une dernière énigme, alors que le canon est posé contre son front. Par ses propres mouvements. « Et si... tu regardais un peu ? »

La victoire n'a qu'un amant. Lequel des deux est-ce ?


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MessagePosté le: Mer 8 Jan 2020 - 21:13
ft. Jonathan Crane
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Edward n’en avait pas conscience mais il avait menacé la mauvaise personne. Il avait envoyé toute sa colère dans ses quelques mots mais les avait oublié, aussitôt après que son attention s’était porté ailleurs, sur sa fille de métal. Pourtant, il connaissait Crane depuis suffisamment longtemps pour savoir ce qui l’attendait. Il n’y pensait pas et si jamais il y avait pensé, il aurait été encore loin du compte. Il passe près de lui et il lui fait face. Encore. Cet échange était sous le signe de l’affrontement mental. Le prince des énigmes contre le roi des cauchemars.

- J’observe le temps que tu m’as fait perdre, fit-il sans vraiment le regarder, fixant toujours un des écrans noirs.

Edward savait encore plus fatigué là où Jonathan était plus énergique. Il lui saisit le bras que le Sphinx veut immédiatement retiré. Cela faisait presque sept, non huit, qu’ils se connaissaient. Ils avaient passé quelques années ensemble à l’Asile d’Arkham et avaient même bossé ensemble quelques rares fois. Jonathan devait surement savoir beaucoup de chose sur l’homme mystère plus que lui et même et il savait, oui il savait qu’Edward avait beaucoup de difficultés avec le contact physique, d’autant plus agressif. Le Sphinx montre les crocs. Il serre les poings.

- Je te préviens… Ne joue pas avec moi.

Pourtant, d’habitude, c’était bien l’inverse. Edward adorait le jeu, la compétition, mais il était toujours plus à l’aise quand il connaissait les règles. L’Epouvantail jouait avec ses propres codes et s’approche comme pour entamer la partie. Il s’approche encore et bientôt, seuls leurs souffles mêlés font la distance. Edward ouvre la bouche pour lui aboyer des insultes mais la curiosité et peut-être même l’appréhension lui font à son tour garder le silence. Il le force à le regarder et Edward ne peut échapper à son regard, à sa prise, sans user de violence. Il pouvait voir chaque ligne de sa mâchoire, de son nez, de son menton. Il pouvait voir ses traits creusés, épuisés. Il vit que les premiers signes de la quarantaine s’était déposé sur son visage et le Sphinx pouvait même distinguer quelques vieilles traces d’un Batman furieux et violent. Edward ne pouvait s’empêcher de penser que c’était comme se regarder dans un miroir. Sauf que le miroir souriait et c’était un sourire qui faisait peur. Il serre les dents et lui tient tête. Voulait-il vraiment qu’ils mettent ses menaces à exécution ? Edward aurait pu en rire. Il était chez lui. S’il mourrait là, personne ne le saurait. La boite de pandore se refermerait simplement sur lui. Il ne sait pas à quoi joue l’ancien psychiatre. C’était une ping-pong de provocation et Edward avait été particulièrement piquant, quand serait-il de Jonathan ? Il ne parvient pas à soutenir son regard plus longtemps. Il perd. Il détourne les yeux une seconde et cette seconde suffit pour être libéré. Pour être repousser. L’équilibre s’efface et il manque de chuter. Edward balance ses deux mains sur le dos du fauteuil et à demi courbé, la colère remonte. Il n’a pas l’occasion de l’exprimer. Le poing de Jonathan vient s’écraser contre le vieil écran et Edward lâche un cri bref, de surprise et de peur. Le sang semble plus sombre dans cette pièce, à peine éclairée par quelques néons. Le sang glisse sur ses doigts, son poignet et Edward, dans toute son expressivité, le regarde se saisir d’un morceau épais de verre.

- A quel jeu tu essayes de jouer, Jonathan ? Les supers héros t’ont volé ton joujou et tu t’en sors indemne et c’est à moi que tu veux faire des leçons de survie ! Je te regarde, je ne fais que ça ! Fit-il la voix plus aigüe.

Non, il regarde mais il ne voit pas. Il n’a pas vu le coup venir. L’épouvantail joue une nouvelle carte. Lentement, mesurément, le verre passe dans ses cheveux. Edward comme par mimétisme, passe ses mains dans les siens, troués. Le verre coupe, le verre fait apparaitre une horreur dont Edward, malgré toute son intelligence, n’aurait jamais soupçonné. Des cicatrices, des traces d’aiguilles, des plaies refermées, son crane en est recouvert. Il avait fait volontairement (et pourquoi ? Le calcul était rapide) ce qu’Edward ne s’était jamais résolu à faire. La faute aux statistiques. Il fait un pas devant lui et Edward un pas sur le côté. Ses yeux se posent sur le morceau de verre. Il n’allait pas l’égorgé. Ce n’était pas son style, il n’était pas Zsasz ! Il voulait juste l’effrayer. Voilà, c’est tout. Cette réflexion le rassura et il reprit d’une voix plus forte.

- Ça en valait vraiment la peine, hein ? Regarde-toi, fit-il en le désignant du plat de la main.

Deuxième pas. Un rire. Edward ne bouge pas cette fois car la curiosité tuait le Sphinx, plus que n’importe quelle tumeur. La fascination était partagée. Jusqu’où Jonathan était prêt à aller ? Que voulait-il ? Pourquoi être venu jusqu’ici après tous ces mois de silence ? Pourquoi Jonathan allait aussi loin ? Les imbéciles répondraient la folie mais Edward et Jonathan savaient. Tout le monde savait à Gotham City que l’Epouvantail n’était pas sensible à sa toxine. Longtemps, Edward avait pensé que c’était ce qu’il avait voulu. Se libérer de la peur pour mieux l’utiliser, mais Crane avait une autre logique, d’autres besoins et le l’homme-mystère l’avait compris. Qu’est-ce qu’il avait dû ressentir avec cet anneau ? Et surtout, qu’avait-il ressenti quand on le lui avait retiré ? Edward l’écoute, encore et sans le savoir, il en oubliait la prudence. Il s’était même redressé, buste en avant. Il se disait qu’il lui suffirait d’un mot pour que les robots ne foncent sur lui. Qu’il ne risquait rien. Que l’Epouvantail n’était pas capable de mener sa menace à exécution. Lui. Lui il le pouvait. N’est-ce pas ?

- Je suis prêt à tout. Je suis le Sphinx, je suis..

Il n’a pas le temps de comprendre. En un battement de paupière, l’Epouvantail était de nouveau là, tout près. Il aurait pu si facilement lui enfoncer le morceau de verre dans les côtes. A la place, tout aussi facilement, il met d’autorité une arme chargée entre ses mains.

- Qu’est-ce que tu fais ?

Le contact glacé du revolver le surprend plus que de raison. L’arme se lève et se pose contre la peau de Jonathan, sur son front, contre sa cervelle, pas d’échappatoire. Il voulait qu’il lui tire dessus. Il voulait qu’il le tue. Il devait prouver qu’il était réellement près à tout. Edward lâche un rire, nerveux.

- Ca.. ca n’a pas de poésie, ce n’est...

Ca ne lui ressemblait pas. Cependant, refuser serait un signe d’échec. Viser ailleurs serait un signe d’échec et Edward refusait de perdre. Il était coincé. L’Epouvantail lui avait donné les règles du jeu, maintenant il fallait jouer. L’Homme-mystère n’utilisait que rarement une arme à feu. Il préférait la poésie d’un casse-tête, d’une énigme piégée, d’un puzzle mortel. Si les participants mourraient, ce n’était pas tant de sa faute. S’ils étaient plus intelligents, ses jeux ne seraient qu’un simple divertissement. L’Epouvantail attendait de lui qu’il aille au-delà. Qu’il fasse ce que les autres villains de Gotham avaient déjà fait. Tous avaient les mains pleines de sang et Edward avait toujours pris soin de ne pas avoir à le faire. Les temps ont changé. Il devait faire ses preuves. Il ne pouvait pas menacer et parler fort sans conséquence. Il avait les mots et puis l’action. Il chuchote :

- C’est ce que tu veux ? Tu veux mourir ? Tu crois que c’est nouveau pour moi ?

Oh que oui, ça l’était. Edward se mura alors dans le silence, la bouche entre-ouverte, les lèvres tremblantes. Il raffermit sa prise et appuya davantage le canon sur son arme. Sa respiration est saccadée. C’était simple pourtant. Echo et Query le faisaient tout le temps quand elles bossaient pour lui. Tirer sur des gens. C’était elles qui faisaient le sale boulot, mais même là, cela vallait plus de l’exécution qu'autre chose. Edward était un intellectuel. Pas un psychopathe. Il pesait toujours le pour et le contre. L’Epouvantail, aussi intelligent soit-il, était dangereux, instable et instoppable. Batman avait échoué plus d’une fois. Edward pouvait le faire. Qui lui en voudrait ? Pas le GCPD. Pas Gotham City. Jonathan n’avait personne, si ce n'est des ennemies. Personne ne le pleurerait. Lui, il avait trois personnes. C’était plus que ce que Jonathan n’aurait jamais et aujourd’hui, il lui offrait une opportunité. Le Sphinx qui tue l’Epouvantail. En était-il vraiment capable ? Il se souvenait du goût de son gaz. Il se souvenait de ce qu’il avait vu. Il se souvenait de l’angoisse, la terreur, il se souvenait de ce qu’il avait vu et de ce qu’il avait révélé. Ce souvenir devrait suffire. Ce souvenir faisait écho à aujourd’hui, maintenant. Tire Eddie. De petits tremblements incontrôlés allaient de son bras à son arme. Jonathan avait toujours ses mains sur les siennes, des mains froides qui pouvaient sentir chaque pulsation, chaque petit tressautement qu’il stabilisait de sa poigne. Edward ne supportait pas ça. Il était au pied du mur. Jonathan le tenait et attendait. S’il ne supportait pas ça, alors il n’avait qu’à tirer. Rideau. Fin de l’histoire. Ils se pincent les lèvres, incapable de se concentrer, incapable d’émettre le moins son. Il était trop confus, perdu. Il pouvait le faire, non ? Encore une fois, il peine à soutenir son regard. Ses yeux vont de l’arme à son visage, de l’extrémité du canon à la profondeur de son regard. Son visage se crispe. Tire Eddie. Les minutes passent, le temps semble s'allonger, s'éterniser sans que jamais Edward ne bouge davantage ou ne parle. Aussi proche, Jonathan pouvait voir toutes ses pensées d’entrechoquées dans sa cervelle, bien visible dans les fenêtres de son âme. Tire Eddie. Tire.





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Situation : Le Maître de la Peur a parlé à Gotham. Non. Il a parlé au monde. Et il a dévoilé la véritable apparence de sa folie.
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MessagePosté le: Jeu 9 Jan 2020 - 0:50
Avertissement : Ce texte contient certaines descriptions dont le contenu peut ne pas convenir à un public sensible.

L'Épouvantail attend, le coup de feu. Malgré cette étrange lueur qui habite son regard, cette folie, cette obsession... sa respiration est, pour la première fois depuis longtemps, aussi calme que celle d'un être sain. La respiration d'un enfant perdu qui s'enfonce, lentement, dans les bras de Morphée. La respiration d'un adolescent dont les yeux parcours tranquillement les pages d'un bon livre, une musique qui accompagne chacune des lignes. La respiration d'un adulte, d'un Edward Nygma, qui observe son enfant grandir. Doucement, tranquillement. Ses paupières se ferment alors, transformant son visage en un reflet paisible.
Elle arrive. Elle résonne. Cette détonation. Elle vient traverser la pièce, frapper chaque murs. Durant cet instant, son esprit arrive à les imaginer : ces micro-vibrations qui viennent parcourir la surface des photographies, des indices, des notes. L'odeur de poudre se mélange à la chaleur qui vient caresser sa peau. Tout est lent. Si lent. Mais le premier craquement finit par rejoindre le coup de fou, s'harmonisant avec la longue explosion. Les morceaux osseux volent. Petits. Brisés. La résistance du crâne et la vélocité déforment un instant la balle, alors que la friction se fait plus importante.

La chaleur devient plus violente. La douleur l'accompagne. Car c'est lent. Bien plus lent que l'esprit humain peut l'imaginer. Cette sensation d'entendre, de comprendre, l'explosion de chaque couches osseuses, de chaque tissus. Elle, la chaleur, s'infiltre presque plus rapidement que cette balle, venant brûler son cerveau. Le prévenir, une micro-seconde plus tôt, de l'arrivée imminente de la Mort à l'odeur de poudre. Mais il est déjà prévenu. Car le son a glissé à travers ses tympans. Car avant de fermer les yeux, il voyait cette arme. Car sa peau a frissonner, le dernier frisson, tel l'ultime respiration de sa chair. Mais voilà. Il sait, maintenant. Le cerveau de Jonathan Crane sait qu'il rencontre l'inévitable.

Le craquement s'étouffe, alors que l'objet s'enfonce dans les premières couches de cet esprit malade. La résistance est moindre, alors c'est sans mal qu'elle plonge dans les profondeurs, broyant de nombreux neurones, écrasants de nombreuses synapses. Détruisant l'Amygdale, sans une once de remord. Cette Amygdale déjà fortement attristé par l'absence de catalyseur réels de peur. Cette Amygdale en proie au manque : cette peur naturelle ne suffisant plus, là où la peur chimique était devenue impossible. Le chemin continue, sinueux, malgré la direction rectiligne de l'objet. Lorsque les craquements recommencent, le véritable son qui résonne est le poids du corps de Jonathan Crane s'effondrant sur ses genoux. Incapable de se tenir debout. Incapable de faire autre chose que mourir... et sourire.
Un ultime frisson parcours sa nuque... alors que la balle s'extirpe d'elle-même, venant se figer dans une photographie de la Victoire d'Edward. Le sang. Le sang vient couler contre sa nuque. Contre son front. Il se perd dans ses yeux, ouverts, s'écoulant lentement sur les joues. Des yeux ouverts qui fixent le tueur. Le bourreau. Le détective qui s'est fait juge.

Et il le voit, alors que sa vue flanche. Alors que son sourire continue de s'étirer. Il le voit. Perdre. D'avoir tenter, d'être prêt à tout. Car quand la détonation s'est fait entendre, une pression puissante s'est manifestée. Le percuteur a cédé, l'arme s'est brisée. Quand la balle a frappé de sa chaleur meurtrière le crâne, un élément métallique a volé. Droit sur le visage de l'homme. Quand l'objet a commencé à traverser le cerveau, c'est un œil que l'élément venait rejoindre, transformant le passage en un fourreau sordide pour cette lame de fortune. Peut-être, peut-être qu'elle a pu rejoindre l'une des tumeurs. Venant la broyer. La déformer. La détruire. Leurs regards se croisent alors. Une dernière fois. Et une dernière fois, il voit sa fille. Une balle fichée dans ce crâne immortalisé par la photographie.

Voilà ce qu'est être prêt à tout. Prêt à tout faire. Mourir et être tué. Pour protéger quelqu'un.
Mais est-il victorieux pour autant ? Après tout, il n'aurait fait que rencontrer... ce qu'il ne voulait pas... Et pire, encore... Qu'a t-il vu finalement, à la toute fin ? Le visage de sa fille. Le visage de cette photographie, déchirée.

Et si Edward Nygma tirait ? Cette question, l'un comme l'autre se la sont posées. Et de cette étincelle... une chose est née. Cette vision. Cette idée. Cette rêverie. Cette hallucination.

Mais aucune détonation n'est venue. Aucune détonation ne vient... Jonathan Crane ouvre les yeux. Il regarde le Sphinx. Les tremblements continuent d'animer les mains du Prince des Mystères. Il reste silencieux. Une nouvelle minute... Puis deux... Ils pourraient, l'un comme l'autre, les compter. Chaque secondes qui défilent, qui viennent écraser leurs corps fatigués. Crane en profite. Pour plonger son regard dans le sien. Pour voir les rouages. Encore eux. Toujours eux. Ils sont là, ils tournent. Sans contrôle. Il peut l'entendre. Tire ! Le mot est violent. Autant que l'appel désespéré d'un rêveur, hurlant à son esprit de se réveiller durant son cauchemar. Réveille-toi, Nygma ! Tire ! Une simple balle. C'est suffisant. Il attend. Encore un peu. Puis, un soupir traverse ses lèvres. Déception ? Ou simple commentaire silencieux sur ce qu'il savait déjà.

Son mouvement semble tendre, alors qu'il abaisse les mains du Sphinx. Ses doigts froids, longs, maigres, glissent contre la peau de Nygma, rejoignant le froid artificiel de l'arme, qu'il étreint. Bientôt, l'objet de mort est récupéré par son propriétaire. Alors que sa voix vient briser le silence physique qui s'est instauré entre eux. « Le chemin vers lequel tu vas... La lutte contre l'inéluctable... Est un chemin dangereux. » Il pointe l'arme vers l'homme. Il vise la tête.
Durant un instant, il imagine la même scène, les mêmes sons. Les mêmes odeurs. Mais avec des rôles différents. Le résultat ? Toujours le même. Rien ne changera.

Puis il abaisse le canon de l'arme. Puis la range à l'intérieur de son blouson. Il ouvre, légèrement, les bras. Le sang coule, de sa main. De son crâne, qu'il a souillé avec sa main. « Tu ne triches pas. Tu n'as jamais été un tricheur, Edward Nygma. Alors... je sais que tu essayes de cacher une chose. La plus importante... » Il recule, d'un pas. Il ferme les yeux. « Tu aurais pu le faire à l'époque. Mais, même là où tu n'as plus rien à perdre... Tu ne le fais pas. Pourquoi ? Pourquoi ne le fait-il pas... » Il part un peu, sur le côté. Absent. « Pourquoi Edward Nygma, l'un des plus grands criminel de Gotham... n'est pas prêt à tuer … ? » La question lui arrache une réflexion.

Il marche, à nouveau, dans l'esprit du Sphinx. Ses doigts trouvent quelques cordelettes. Ne faisait-il pas cela au départ ? Les choses se répètent, encore et toujours. Le monde n'est finalement qu'une boucle. Sauf pour lui. Edward Nygma. Car il veut en sortir. Maintenant Jonathan Crane en est certain. Alors, simplement, il s'arrête. Il regarde l'homme. Il le détail. Puis baisse doucement les yeux.

« Tu n'es pas prêt. » Le constat est sans appel. Ses épaules se soulèvent. Légèrement. Puis elles tombent lourdement, comme si cette simple réalité venait briser les dernières forces de l'Épouvantail.
Il avance, d'un pas, dans le silence. « Tu n'es pas prêt à tout. Pour ton objectif. Veux-tu savoir, quand tu seras prêt … ? » Il arrive devant lui. Sans armes. Sans hostilité. Il plonge à nouveau ses yeux dans les siens. Comme pour se nourrir de cette vision du centre névralgique de cet esprit supérieur, qui réfléchi, tourne, étudie... Une froide mécanique. Celle d'un cerveau malade. Depuis bien longtemps avant cette tumeur. Ses mains glissent dans son dos. Il se penche, légèrement, en arrière. Il regarde le plafond. Les clichés médicaux. « Tu seras prêt quand tu regarderas tout ce que tu as fait. » Il ferme ses paupières. Il inspire. Expire. « Quand tu auras accepté le monstre que tu es. Quand tu auras accepté toutes les ombres que tu laisseras derrière toi. Ces ombres qui ramperont. »

Il ouvre, légèrement, les bras. « Ordinateur... » Sa voix se fait autoritaire, bien que calme. « Montre lui. Le Joker. Ra's Ghul. Double-Face. Oswald Cobblepot. Poison Ivy. Bane. Harley Quinn. Hugo Strange. Le Chapelier Fou. Clayface. » Les noms résonnent, alors que les images apparaissent sur les écrans. Tous entourant l'Épouvantail. « Tu seras prêt à tout, lorsque tu accepteras que chacun d'entre eux aura une raison supplémentaire de te détruire... Et non pas parce que tu auras survécu... » Il avance, d'un nouveau pas.

« Le plus important dans la survie, pour certains... n'est finalement pas d'atteindre celle-ci... Mais de choisir comment utiliser cette seconde chance... Edward Nygma, père d'Edwine Nygma. L'homme impossible de tricher... » Il le regarde, avant de s'incliner légèrement. « J'ai une énigme pour toi, cher Prince. J'espère qu'elle sera à la hauteur de tes espoirs pour le pitoyable imitateur que je suis. » Il se redresse. Il passe à côté de lui. Les images restent, fixant toujours les deux personnages. Alors, lentement, il va s'asseoir sur le siège de l'Homme-Mystère. Il croise ses jambes. Son coude vient s'appuyer contre un accoudoir, sa joie venant rejoindre son poing.
Il le fixe. Comme les images des autres. Il le fixe.. Puis, simplement...

« Edward Nygma. Toi qui est prêt à avancer dans le vide... Toi qui ne peut tricher. Toi qui veut protéger ta fille. Réponds à cette énigme... » Il se penche, alors. Et en un murmure, il offre cette énigme à son ancien partenaire. « Dans quel monde vivons nous ? Celui où tu arriveras à trouver la Rédemption ? Ou alors... » Il sourit, doucement. Froidement. « Celui où tu tomberas... dans les bras de celui qui t'attendra, au fond du gouffre ? » Son visage se lève. Ce sera la véritable question, la seule et unique interrogation qui mérite une réelle réponse, maintenant que tout ceci a été dit et imaginé. Edward Nygma ne triche pas. Il ne peut tricher avec la police et Oswald. Edward Nygma aime sa fille. Alors, si Edward Nygma a la chance d'avoir une nouvelle vie...

Cela sera celle du long combat contre ses démons...
Alors. Edward Nygma... Dans quel monde vivons-nous ?


Dans quel monde vivons-nous ? ~ Ft Edward Nygma Scarec15
Signature réalisée par Conner et Avatar par Sinestro. Merci à eux.

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