Il était une fois dans Londres - Rip Hunter

John Constantine
John Constantine
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MessagePosté le: Sam 4 Jan 2020 - 19:20


La porte de la boutique grinça à l’ouverture. C’était une large pièce carrée, au parquet grinçant et aux poutres apparentes. La seule source de lumière était la gigantesque vitrine, à travers laquelle entrait la lueur du soleil de début d’après-midi tombait en force sur le sol lustré et les ornements complexes des tapis. Les murs étaient couverts d’étagères, elles-mêmes remplies de rouleaux de tissus divers : au pied de l’une d’elle, une femme était occupée à compter des pièces.
Le nouveau venu traversa la pièce en ligne droite, et se planta devant le comptoir. La jeune femme releva la tête avec un sourire… et posa un regard vaguement surpris sur son client. Omelia Moore avait vu de multiples styles de vêtements, depuis que son mari avait repris le métier paternel de tailleur, mais elle n’avait jamais – au grand jamais – vu de trench-coat, de cravate noire et de chaussure oxford. Il fallait dire que ça n’était pas vraiment courant, dans la Londres du XVIIIe siècle.
John Constantine lui adressa son plus beau sourire, mains dans les poches de son manteau. C’était la première fois qu’elle rencontrait quelqu’un du XXIe siècle – aussi, le magicien s’était-il dit qu’il fallait faire meilleure impression possible. Aussi s’appliqua-t-il du mieux qu’il put à affecter ce qu’il concevait comme un accent aristocratique d’époque.

- Mes salutations, ma belle demoiselle. Je viens chercher mon costume.


***


- Baron, c’est plus qu’important.

- J’ai dit non, Constantine. Maintenant, sort de chez moi.


- Roh, allez ! C’est une question de balance cosmique.

- Comme la fois où tu as carbonisé deux personnes dans mon salon ? Deux estimés magiciens, du reste ?


- Plains toi, cette fois je viens squatter ta baraque tout seul.

- J’ai. Dit. Non. De toutes façons, tu as tes propres moyens de te rendre en Enfer.


- Passer par Wintersgate est le moyen le plus discret que j’ai à disposition.

- Que tu « as » ? Tu n’as rien du tout, jeune homme. Dehors.


- Bordel sors toi les doigts du derch, papy ! J’ai beau aimer nos passionnantes conversations à base de « aide toi et le ciel t’aidera », mais là, j’ai besoin de ton aide pour éviter que tout parte en sucette. Si la Guerre Civile déborde sur Terre, on est cuits. Je fais ça pour la Balance, Winter ! Et si ton chat s’approche encore, il finit dans le feu, clair ?

- Tu ne fais pas ça pour la Balance ou l’Equilibre, Constantine. Je le sais, Merlin le sait, et tu le sais aussi. Cesse de nous faire perdre notre temps, et va-t-en.


***


- Je suis désolée Monsieur, ce n’est visiblement pas votre taille. Vous êtes sûr que c'est votre commande ?

- Visiblement pas ! Essayons plutôt celui-ci – il me semble beaucoup plus semblable à ma commande !


***


Constantine se glissa dans la fenêtre entre-ouverte. Sans un bruit, il traversa le couloir plongé dans l’ombre, à l’affût du moindre bruit. Autour de lui, il pouvait distinctement sentir des sortilèges de protection et de dissimulation virevolter à la surface de son trench-coat, censés écarter tout regard ou attention malvenue. Plus que ça, il pouvait sentir les ondes synchrones tourbillonnaient autour de lui et dans ses pas – il avait mis le paquet en terme de magie chanceuse, histoire de s’assurer que son plan se déroulerait sans accroc.
Il passa une pièce vide plongée dans le noir, puis une autre, puis un autre couloir au bout duquel brillait la lumière d’un feu de cheminée.

Entrer par effraction dans Wintersgate Manor n’était pas son plan premier. Il aurait préféré que le Baron Winter lui donne son accord – en râlant ou pas, peu lui importait. Lorsqu’on lui avait ouvertement refusé l’accès à la maison, il avait estimé ne pas avoir le choix. Il fallait qu’il se rende dans l’Abîme. Avec ou sans la permission du vieux Baron.
Prendre les routes magiques seul était relativement suicidaire, en ce moment. C’était un coup à se faire déchiqueter par des démons sauvages, cherchant des sources de puissance absolument partout. Utiliser la Maison des Mystères aurait été une stratégie, mais ça aurait été comme se déplacer dans une Bentley en flammes équipée d’un gyrophare, main enfoncée sur le klaxon : ça aurait été beaucoup trop visible. Wintersgate était une alternative tout à fait profitable. Le manoir avait été construit à la croisée du temps et de l’espace : il était simultanément partout, à toutes les époques. Chacune de ses portes donnaient dans un endroit et un moment différent. Le domaine était suffisamment discret pour ne pas attirer d’attention désagréable.

Restait juste à trouver la bonne porte. Constantine tira un pendule d’une poche intérieure (un gland de chêne, attaché au bout d’une ficelle). Il lui fit faire deux tours dans le sens des aiguilles d’une montre, et trois dans le sens inverse. L’artefact se tendit et s’orienta dans une direction précise. Satisfait, le thaumaturge se lança à pas de loup dans les couloirs du manoir, absolument convaincu d’être indecté par le propriétaire des lieux.

A l’étage inférieur, assis devant la cheminée de sa bibliothèque, le Baron Winter observait d’un air pensif les flammes qui y dansait. Sa main gauche soutenait sa tête, et sa droite caressait son guépard-familier, Merlin, entre les oreilles. Il semblait perdu dans ses pensées, et vaguement inquiet. Dans l’âtre, une silhouette se découpait au milieu du feu. Un spectateur extérieur aurait pu la deviner, mais Winter la voyait clairement (ainsi que tout ce qui l’entourait). A travers les flammes de sa cheminée, le Baron pouvait sans problèmes voir John Constantine trépasser dans ses couloirs – et ce, malgré les envoûtements protecteurs dont le thaumaturge avait cru nécessaire de s’envelopper.
Winter se pinça l’arrête du nez. Ce n’était pas le style du Britannique : c’était beaucoup trop précipité, maladroit et paniqué. Il devait être diablement désespéré pour se rabattre sur un tel plan. Soit ça, soit ça avait toujours été le clown que Winter le soupçonnait d’être et il en avait désormais la preuve sous le nez. Quoi qu’il en soit, il n’avait aucune raison de lui octroyer un traitement de faveur. Dans la cheminée, Constantine s’était arrêter devant une porte en bois. Son pendule en indiquait résolument le battant. Il tendit la main vers la poignée de porte, l’air satisfait.
Winter claqua des doigts. Constantine, toujours certains de ne pas avoir été repéré, passa la porte d’un air très légèrement fier de lui – après tout, il avait réussi à berner le Baron Winter.


***


- Celui-là m’a l’air parfait, Mademoiselle. Je le garde.

- Parfait. Suivez moi, pour le règlement.

- Oh j’ai déjà payé en avance.

- Oh ? Vôtre nom, monsieur ?

- Winter, fit Constantine avec un sourire mielleux.

- Tout est bon, alors !

Le thaumaturge s’inclina un peu trop, puis fit demi-tour et quitta la boutique. « Baron de mes deux. » En même temps, il ne savait pas trop ce qui lui avait prit de croire qu’il pouvait entrer par effraction dans Wintersgate et ne pas s’en sortir indemne. Il remonta la rue, dépassant un groupe de gosses occupés à jouer aux osselets. Il était convaincu de ne pas s’être fait pincé, et d’avoir choisi strictement la bonne porte. Mais non. Il avait poussé le battant, tout fier de lui… et c’était propulsé dans un endroit qui n’avait rien à voir avec la Gehenne. Enfin, peu à voir. Presque. Vaguement. C’était pas la même chose, mais ça aurait pu. Avisant une auberge, le magicien y fit un petit crochet. Il n’entra pas dans la pièce principale mais s’approcha des écuries. Il évita soigneusement le garçon qui roupillait dans un coin, profitant de quelques instants d’accalmie, visiblement à la recherche de quelque chose.
Là. Parfait. Un âne. D’un geste rapide, il retira sa perruque poudrée et la posa entre les oreilles de l’animal, un grand sourire aux lèvres. Il ne s’attarda pas longtemps, et repris la route après s’être ébouriffé les cheveux.

Autant dire que quand il avait percuté qu’il avait mis les pieds à Londres, au XVIIIe siècle, le magicien avait tiré une tronche pas possible. Sûr que Winter l’observait, il avait passé 5 bonnes minutes à hurler des insultes au ciel et à faire des gestes obscènes dans plus ou moins toutes les directions, incertain de l’orientation exacte du sortilège de divination du Baron. Il ne s’était arrêté que pour s’enfuir lorsqu’un voisin avait appelé la garde « parce qu’un mendiant hurlait à la mort dans le fond de la ruelle ».
Ensuite, il avait cherché de quoi se fondre dans la foule – et clairement, trench-coat/chemise/cravate n’était pas le combo gagnant pour cet objectif. Connaissant les vieilles habitudes du Baron, qui avait tendance à se déguiser selon les époques lorsqu’il sortait fréquenter des gens, il avait arpenté les rues à la recherche d’un tailleur, guidé par de la pure chance magique. Il avait dû hypnotiser un peu la teneuse de boutique pour qu’elle ne pose pas trop de question, mais il avait trouvé. Et pour l’instant, il comptait bien ruiner le beau costume du Baron.
C’était mesquin, mais il n’était pas d’humeur subtile, pour le moment.

Il donna la veste à un mendiant, mais garda le gilet – et remonta les manches de sa chemise avant de s’allumer une cigarette et de partir en quête d’une auberge. Il avait besoin d’un remontant, à l’instant. Voir de quatre ou cinq remontants, et d’un.e.s partenaire.s si il y avait. Après, il pourrait sérieusement mettre au point un moyen de rentrer chez lui.
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Rip Hunter
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MessagePosté le: Sam 4 Jan 2020 - 22:27
Il était une fois dans Londres
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Time-Lab, Arizona. Fevrier 2020.

Il y a, dans notre monde, des lieux étranges. Des lieux secrets et rares, qui sont écartés des lois naturelles du temps et de l'espace. Des lieux qui furent toujours. Qui sont. Et qui resteront. Eternels…

C'est en tout cas une chose dont était persuadé le célèbre voyageur du temps. On lui avait compté des histoires sur des maisons hantés qui se déplaçaient entre les époques et les pays, sur des manoirs aux milliers de portes qui conduisaient par delà les mondes connus. Tout un imaginaire pationnant pour le scientifique qu'est Rip Hunter. Le maître du temps lui-même, en découvrant les secrets du voyage temporel, avait appris à renoncer à ses croyances primaires sur un potentiel état linéaire du temps. C'était l'avenir de la science que d'admettre qu'elle se trompait sur bien des choses. Pourquoi cela ne pourrait pas être le cas concernant ces "sites à phénomène de permanence spatio-temporelle", comme il les avait dénommés dans son traité du voyageur temporel.

Si l'on suit ce cheminement intellectuel, l'on se doit d'accepter que ces sites agissent comme des balises qu'on peut localiser, voir déplacer, en bien des points de la ligne du temps ou dans le champs de l'espace.

A bien y réfléchir, le Time-Lab lui aussi est une forme de permanence temporelle. Tout comme le reste du monde quand on a la possibilité de voyager dans le temps. Il suffit de voyager dans le passé de manière cyclique pour s'assurer de la pérennité éternelle du lieu. A moins que ce ne soit le voyageur lui-même qui soit une permanence temporelle ? Une altérité du continuum espace/temps. Une anomalie en somme. Oui, Rip Hunter y avait pensé… bien des fois.

Mais comment expliquer alors que le bazar qui s'entasse dans les différentes salles du laboratoire secret ne cessent de s'accumuler. Là aussi il y a phénomène de permanence spatio-temporelle. L'esprit du scientifique s'embrouille…


"Grrmpf…" grommèle Rip en déchirant une page de son cahier où il prenait des notes, avant de la chiffonner.

Il vient de prendre conscience que sa théorie initiale vient d'arriver dans une impasse où il compare sa procrastination évidente au ménage et un phénomène magico-scientifique de permanence temporelle. Il est grand temps de faire un coup de propre dans le Time-Lab et dans sa tête.

Cela fait des heures qu'il est affairé dans la pièce en dôme du Time-Lab. Seul. A griffonner le papier. Il lui faudrait prendre l'air.


"Quel temps fait-il dehors ?" lâche t'il dans le silence du laboratoire.

"14° Celsius capitaine. Le désert de l'Arizona est très frais à cette période de l'année."

C'était là la voix reconnaissable de Gideon, l'intelligence artificielle du laboratoire et fidèle amie du capitaine Hunter.
Rip se gratte un peu l'arcade sourcilière, puis passe la main dans sa fine barbe taillée.


"Evidemment, le désert…" souffla t'il agacé par sa propre question. "Il me faudrait changer d'air. Une destination sympa, où je pourrais voir du monde et profiter de vacances. Oh… vacances… ce mot sonne si doux à mon oreille !"

Alors que Rip songe à prendre des congés, il tourne lentement sur son fauteuil et se remet face à la console centrale du lab. Il tapote sur un des claviers et murmurant des choses.

"Alors qu'est-ce que cela sera ?"

Alors qu'il réfléchit à une destination pour un voyage de loisir, des images défilent sur l'écran. Amérique précolombienne. Cambodge à l'an 300. Japon féodal. Que faire, que faire…

Soudain, une petite alarme se déclenche dans le Time-Lab. Une alarme que connait bien Rip. C'est le signal pour annoncer qu'une nouvelle aberration temporelle a été détecté par un algorithme de Gideon.


"J'imagine que je dois repousser mes vacances ?" râle le voyageur temporel. "De quoi s'agit-il Gideon ?"

"Je n'ai ai encore aucune idée capitaine Hunter. C'est un séisme temporel de classe 3."

"Pas de quoi chambouler mes plans alors ? Ça attendra mon retour des îles !" soutiens Hunter, taquin.

Gideon ne soulève même pas le trait d'humour de son capitaine.


"Je n'ai que peu d'informations ; un simple dessin au fusain dans le Londres du XVIIIème siècle." répond elle, concentrée.

"Adieu les baléares…"

"Voyez-vous même." lance Gideon en laissant apparaitre l'archive nouvellement révélée sur un écran géant. "Oh ! Mais c'est…"

Le ton qu'avait employé l'IA laissait imaginer une forme de surprise dans la réaction. Rip regardant avec attention le croquis.

"Constantine… qu'est-ce-que cet andouille de britich fait au XVIIIe ?"

"Je l'ignore Rip. Mais il ne peut rester là. Chaque action qu'il réalise risque de causer une faille plus grande dans le continuum espace/temps. Il doit rentrer à son époque !"

Rip Hunter lâche quelques jurons à l'adresse du magicien.

"Oh, il ne va pas y rester. Je vais le chercher !"

Sur le fameux dessin, Constantine tient un autre homme par l'épaule. Ils ont l'air ivre tout les deux. Une amitié naissante dans une auberge classique de Londres à cette époque. Ils ont tous deux une cigarette à la bouche. Des Silk Cut. Une des marques préférées de John. Qui n'apparaitra qu'en 1964.

Constantine. Quel emmerdeur…


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John Constantine
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MessagePosté le: Dim 19 Jan 2020 - 14:06


- Je ne me souviens pas t’avoir déjà croisé dans le coin, blondinet.

La taverne n’était pas particulièrement grande, sans être classable dans la catégorie taudis pour autant. C’était une large salle à peu près carrée, aux poutres apparentes, encombrée de tables et de chaises. L’ambiance y était quasiment électrique. Les discussions allaient bon train, on distribuait les plats comme on pouvait, et on essayait de crier fort pour se faire resservir un pichet de bière. Derrière son comptoir, l’aubergiste s’affairait devant deux larges fûts, allant et venant selon une chorégraphie huilée par l'habitude. Dans un coin, trois habitués lançaient des osselets, entourés de fumée de pipe. Dans un autre, on parlait de choses plus ou moins philosophiques, à la lumière d'une ivresse grandissante (« La mort c’est pas mon truc, t’façon. Je pense que je passerai mon tour, quand ça arrivera »). Là-bas, on discutait affaire au son de pièces d’or tintant légèrement lorsque passées d’un manteau à l’autre.
Et près de la cheminée, au milieu des volutes de fumée de cigarette, sous le regard écarquillé de la fille de l’aubergiste, on jouait au poker. Enfin, jusqu’à être rudement interrompu, on perdait face à un Britannique aux cheveux blonds, à la cigarette savamment perchée au coin des lèvres et au regard très légèrement amusé. Constantine leva le nez de ses cartes. Quelqu’un s’était planté à côté de lui, les bras croisés, le visage fermé. Ses cheveux bruns étaient mi-longs, et ses yeux d’un gris acier. Le Britannique ne se leva pas – l’importun était clairement plus grand et plus large que lui. Ses vêtements et sa chemise trahissait une carrure d’armoire à glace et des muscles noueux. A la place, il se redressa un peu dans son siège, jugeant le nouvel arrivant de haut en bas. Il semblait détendu, affable.

- Tu te serais souvenu de ma gueule d’ange, si ça avait été le cas.

- Nouveau venu en ville ?

- Nope. Je suis presque né à Londres.

Ses papiers disaient « né à Liverpool ». Mais l’homme qu’il était aujourd’hui n’avait pas vu le jour dans le domicile familiale. John Constantine avait été craché sur la face du monde à Liverpool, mais il ne s’était développé qu’à Londres. Il y avait grandi, s’était façonné dans la ville. C’était son berceau, son chez lui.
… Enfin ça le serait deux siècles plus tard, mais Londres était son chez-lui quand même. L’autre fronça les sourcils.

- Et tu t’appelles... ?

- Rarement, j’ai pas de téléphone portable.

Il y eut un moment de silence. Constantine lança un regard en biais à la tablée, qui restait jusque là muette devant l’échange. Évidement. Il était très rare que le magicien ait l’occasion de prendre un verre avec des gens encore moins au fait des nouvelles technologies que lui. A fortiori, des gens nés avant l’invention du téléphone.

-… Ce sera marrant dans 200 ans, promis.

- Moi c’est Tobias. Comment tu t’appelles ?

Le ton s’était soudainement fait plus insistant. Presque grondant depuis le fond de la gorge du dénommé Tobias, dont les yeux plissés étaient résolument fixés sur le crâne de Constantine. Lequel le dévisagea quelques secondes puis prit une bouffée de tabac.

- John Constantine. J’ai peur que toutes les chaises soient prises, si tu voulais faire la causette.

Le regard du dénommé Tobias sembla lancer des éclairs. La table sembla retenir son souffle. Le thaumaturge, baignant dans une tension qu’il ne comprenait pas, leur lança un regard vaguement perplexe. Progressivement, autour d’eux, les autres clients de l’auberge prêtaient discrètement l’oreille à Tobias – qui visiblement, était connu de l’endroit. Il avait la mâchoire serrée, et semblait vouloir transpercer le crâne du fumeur à force de le regarder intensément.

- Constantine, hein ?

Le thaumaturge ne dit rien, et ne le quitta pas des yeux. Son sourire s’était très légèrement fané, mais n’avait pas encore disparu. Est-ce qu’il était honnêtement possible qu’il ait un passif avec qui que ce soit de la Londres du XVIIIe siècle ? Distraitement, il dirigea sa main vers sa choppe, posée sur la table, et tendit le bras pour attraper le pichet posé en plein milieu du plateau de bois. Il entreprit, consciencieusement, de se resservir à boire. Il y eut un bruit de raclement de chaise, et quelqu’un se leva sur la gauche de Constantine.

- Va voir ailleurs si j’y suis, Tobias. Fout lui la paix.

Les deux hommes se regardaient en chien de faïence, le Britannique sirotant sa bière toujours assis entre eux.

- Je fais comme je veux, Michael. Rassied-toi, avant de faire quelque chose de regrettable.

- Te faire sauter les dents de devant, par exemple ?

Dans un coin de la pièce, deux types aux traits anguleux s’étaient immobilisés à l’instant où Tobias s’était mis à parler. Lorsque Michael se leva, ils lâchèrent leurs boissons et se levèrent dans le même mouvement. En réponse, deux autres hommes se levèrent derrière Michael. Le Britannique, qui avait porté sa choppe à ses lèvres, marqua un temps d’arrêt relativement calme. Il n’avait toujours pas lâché la cruche avec laquelle il s’était resservi. La taverne, d’un seul coup, c’était faite très silencieuse.

Il aurait probablement dû s'éclipser. C'était la chose sage à faire. La bonne décision à prendre. Il aurait dû essayer, en bon héro, de calmer les tensions évidentes de l'endroit.

Il y eut un mouvement. Tobias, qui jusque là, fixait Michael, baissa les yeux un battement de cœur trop tard. Constantine s’était détendu comme un ressort, pichet de terre cuite en main. D’un large mouvement de bras, il éclata le récipient sur la tempe droite de gorille qui lui faisait face. L’intérêt n’était pas tant les dégâts causés, mais l’effet de surprise. Si le magicien avait sifflé le début de la mêlée, il aura probablement obtenu un résultat moins rapide. La taverne se souleva d’un coup : il y avait ceux qui voulaient se battre, ceux qui courraient pour ne pas se trouver sur le chemin de ceux qui voulaient se battre, et ceux qui se battaient pour arrêter de se battre et s’écarter du chemin de ceux qui voulaient se battre.
Chacun trouva rapidement un adversaire à tabasser. Constantine se retrouvait, pour l'instant, face à Tobias. Il esquiva un crochet du gauche, mais se prit une droite dans les côtes. Il y eut deux nouveaux coups, qui le firent tituber en arrière. Il se rattrapa in extremis à sa chaise, pour ne pas s’étaler au sol.

- P’tain, tu déconnes pas, toi, marmonna-t-il en crachant un peu de sang sur le sol.

- Amène toi, Constantine ! Beugla Tobias.

Constantine lui tournait le dos, appuyé sur sa chaise. Bon.s dieu.x, ça lui avait manqué.

- Avec grand plaisir.

Le Britannique pirouetta, chaise en main, et éclata le meuble sur la tête de Tobias, avant de lui sauter à la gorge. L’auberge était sens dessus dessous : on hurlait, on se mettait des droites, on s’envoyait des choppes en plein visage. Constantine avait jusque là tenté de se défouler en hurlant des injures contre Winter sans savoir si il était écouté, en buvant et en faisant des choses calmes – mais très clairement, ça n’était pas ce qui lui fallait. Une bataille de bar n’était pas forcément la décision la plus logique à prendre : vu le boxon que c’était, la garde ne mettrait pas longtemps à se pointer sur le pas de la porte. Meh. Constantine esquiva un crochet en se baissant et asséna un coup de coude dans les parties intimes de son agresseur. C’était stupide. Inconsidéré. Mais c’était beaucoup trop fun pour passer outre.

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MessagePosté le: Dim 2 Fév 2020 - 15:41
Il était une fois dans Londres
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Time-Lab, Arizona. Février 2020.

Sur le grand écran du laboratoire souterrain sont figés en un dessin les visages béats des deux hommes.
Un homme brun, à la coupe mi-longue et aux yeux gris d'acier, doté d'une musculature développée et d'une structure corporelle carrée. Il tient l'autre homme par l'épaule. Un homme blond, coupe courte ébouriffée et l'oeil rieur. Cigarette à la bouche l'un comme l'autre. Un inconnu donc, et John Constantine.

Rip reste concentré, le regard bloqué sur l'écran géant pour tenter de décrypter des informations utiles.


« Sait-on d'où vient ce dessin ? Je veux dire, plus précisément.»

A cette question en suspend dans l'air, une voix digitale et féminine vient apporter un début de réponse.

« Le dessin est issus des archives d'une collection d'estampes et de fusains du musée de Londres. Le document a été daté grâce à la technique et aux matériaux ; c'est un fusain classique du XVIII londonien. Si la technique est bonne, les matériaux sont de qualité moyenne, ce qui indique un dessin de rue. Un portrait à 3 sous, littéralement. Plutôt de qualité, dans le cas présent. Le dessin est signé, mais la griffe s'est effacé avec le temps, comme certains traits du dessin. Les spécialistes ne sont par parvenu à attribuer ce dessin.»

Rip se gratte la tête et s'éloigne de quelques pas de la console centrale.

« Et ce type à côté de John ? On sait quelque chose de lui ? »

L'intelligence artificielle répond alors qu'elle n'a aucune information sur son sujet. Il n'est personne. Un badaud du XVIIIe siècle sans doute.

Hunter commence alors à marcher en rond dans le dôme, d'un pas lent de concentration. Il fait les cent pas, entre son ordinateur quantique, le tableau noir couvert d'inscriptions à la craie et le globe-terrestre aimanté.
Puis il revient à la case départ.
Les yeux rivés sur l'écran.

Il scrute le dessin comme s'il cherchait à percevoir les fibres composant la pâte à papier. Et puis, à un moment, son regard s'arrête. Un détail retient son attention.


« Il y a quelque chose... » murmure le voyageur temporel à lui même.

« Gideon ? Il y a quelque chose sur la cheminée dessinée au fond. Une sorte de blason. Tu peux isoler cette partie du dessin et lancer une reconstruction 3D ? »

En quelques instants, une version agrandie et en trois dimension du petit blason sur la cheminée se trouve sur un autre écran, en miroir du dessin complet. La forme ressemble bien à un blason, un écu anglais XVIIIe siècle orné d'un cerf brun aux bois sinoples marchant sur les blés d'or couchés. Cela pouvait être une armoirie ou la pancarte de l'auberge. C'était peut être un détail important.

Sans même que Rip ait besoin de le demander, la femme numérique lance une recherche héraldique pour trouver des échos passés de ce blason.


« J'ai quelque chose Capitaine !» dit Gideon. « Une auberge de Londres Est, Le comptoir du Cerf. C'est une auberge populaire, fréquentée par des marchands et des entrepreneurs du chantier naval. »

« Il ne reste plus qu'à savoir quand cela s'est passé exactement...»

« Je pense avoir déjà trouvé, Rip.» coupe Gideon. « L'aubergiste écrivait un carnet de compte qui a été retrouvé lui aussi. Il y a une page intéressante »

Sur l'écran principal vient s'agencer un troisième document. Une page griffonnée de journal de compte. Un tableau avec des inscriptions chiffrées. Quelques notes aussi. Il est sujet d'une bagarre générale qui a retourné tout son estanco. Et il indique en sus que sont mis en cause un fameux Tobias et un blond, avec d'étranges tubes blancs qui fument, que personne n'avait jamais vu.

Ainsi, il commençait à être plus facile de deviner ce qui avait pu se passer là bas. Une bagarre qui éclate entre deux hommes et se transforme en bataille générale an l'auberge. Et deux hommes qui se réconcilient après autour d'une cigarette. C'était bien une chose possible pour John Constantine. Le thaumaturge était bien connu pour ces coups de sang et son caractère belliqueux par moment. Avec une vision très personnelle de la justice.

Bref, Rip avait désormais un lieu et un moment vers lequel se rendre pour empêcher Constantine de causer des dégâts temporels et de potentiellement ruiner l'espace-temps.

Il s'engouffre dans son vaisseau sphérique et disparait dans un nuage vert.



...

Auberge "Le Comptoir du Cerf", Londres. XVIIIe siècle, une heure avant la bagarre.

Ne sachant pas précisément quand la bataille pourrait éclater, Rip était arrivé tôt à l'auberge. Dès le matin. Il s'était installé à un table du fond, vêtu d'une tenue d'époque pour se fondre dans la masse. Il ressemblait à tous les autres négociants qui allaient et venaient dans la taverne.

Puis, peu après midi sonné, un homme blond pénètre dans l'auberge. Reconnaissable entre tous, John Constantine. Le magicien commande son pichet de bière et choisi alors sa table près de la cheminée où il était destiné à être. Avant que d'autres trainards joueurs viennent le rejoindre, Rip se lève et va s'asseoir face à lui.


« Constantine. Que diable fais-tu ici ? » lance Rip pour s'annoncer à son interlocuteur. « Le XXIè siècle ne te suffit-il plus ? »

John Constantine et Rip Hunter se connaissent bien.
Ils ont été partenaires dans bien des affaires. Ils sont même amis, si on peut dire. L'amour vache quoi. John n'en faisant qu'à sa tête et Rip essayant de réparer ses erreurs. Parfois, les rôles s'inversant.
C'est pour cela que Rip prenait ce ton agacé et pourtant très familier. Car les petits agissements individualistes du magicien pouvaient avoir des conséquences imprévisibles, terribles même. Et il ne s'en souciait guère. Ou pour le moins ne le montrait pas.

Et alors que le blond sort une cigarette de son paquet et la met à a bouche, Rip lui arrache d'un mouvement sec.


« J'arrive à temps. C'est pas bon pour ce que tu as, John.. »

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