[4ML] Viva Italia ! [PV Razorsharp]

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MessagePosté le: Jeu 19 Oct 2017 - 15:40
La douleur fut ce qui la réveilla. Pas une simple douleur physique, ni une simple douleur mentale : un ensemble des deux, une fusion de tout ce qui n'allait pas, dans son corps et dans son esprit. Sans même ouvrir les yeux, sans même faire un mouvement, la douleur, qui avait disparue pendant la nuit, revint à une vitesse alarmante. D'abord sourde, diffuse, elle redevint vive avant même que Harley ne tente de faire quoique ce soit. La douleur dans son dos, forte des marques encore rouges qui s'y trouvaient, combinée à une violente migraine inexpliquée. Mais bordel, que s'était-il passé ? Et qu'est-ce que c'était que ce truc qui la grattait au niveau des mains ?

Ouvrant – avec peine – les yeux, la jeune femme aperçut un chat, desséché et affamé, en train de mordiller ses mitaines. Secouant le bras comme une mongole, elle chassa la sale bête, qui miaula d'un air indigné avant de s'éloigner. Un autre mouvement suivit, puis un autre ; dans l'espoir de se réveiller, Harley tentait de se redresser, faisant un effort incommensurable pour résister à la migraine et à la douleur dans son dos. Un tintement de verre, un choc et un bruit de bouteille qui se brise : elle avait bu la veille. Et probablement plus que de raison.

Pas grave. C'était pas grave. Elle allait se rendormir, maintenant, et tout irait bien.

Non, il fallait pas dormir. Dormir signifier rêver. Rêver signifiait revoir Son visage. Un cauchemar au-delà du supportable.

Nouvel effort, qui, malgré sa souplesse presque surnaturelle, fut difficile. Se redressant, Harley Quinn regarda autour d'elle, se frotta le visage. Sous ses doigts, le maquillage partait petit à petit. Ses yeux parcoururent le square où elle se trouvait ; un square ? Oh merde... où on était-là ? Paniquée, la jeune femme retrouva sa vigueur, se secoua les puces pour dégager du banc où elle avait visiblement comaté, et tomba. Se ramassant comme une vieille merde, elle jura, se releva et essaya de trouver un truc, n'importe quoi, qui pourrait l'aider à se rappeler comment elle avait atterri là. Mais le brouillard dans son cerveau, aussi épais que la migraine et la douleur, ne se dissipa pas, et elle resta un moment perdue.

Pas Arkham, ni les quartiers bourges. Pas Joker Park... elle frissonna à cette pensée. L'idée de se retrouver de nouveau en Sa présence la terrifiait, au point qu'elle n'aurait même plus su bouger.

Ça ressemblait à East End. Ça faisait très quartier pauvre en pleine déchéance.

Génial. Super. Bravo, bonne fifille. C'était pas compliqué de comprendre ce qu'il s'était passé : soirée déprime, boisson à foison pour oublier, et elle avait échoué comme une vieille épave sur ce banc. Elle se sentit terriblement lasse, signe clair, net et précis qu'elle n'avait pas assez dormi. Pour cause, les lueurs de l'aube touchaient à peine le ciel noirci à l'est, par-delà la mer. Bon, bah maintenant, quoi faire ? Bouger, déjà.

Bouger c'était bien. Ça voulait dire se réveiller. Se réveiller voulait dire rester en vie, et pas se faire prendre pour une prostituée.

Harley Quinn, pauvre fille perdue dans East End, erra pendant une bonne demi-heure, un flingue à la ceinture, les vêtements sales, le visage endormi, d'humeur hostile voir meurtrière, essayant tant bien que mal de retracer les événements de la veille. La migraine refusait de s'en aller, et les plaies dans son dos avaient recommencé à saigner, tâchant son haut déjà gorgé de sang séché. Elle avait quoi hier... une batte ? Un marteau ? Elle ne savait même plus, mais elle l'avait sûrement perdu. Puis pareil si elle avait de la thune, c'était parti, pouf, envolé.

Qu'est-ce que ça serait bien de s'envoler aussi ! Libérée tel un oiseau !

Elle arriva devant un restaurant minable. Un petit diner très américain, mais avec un enseigne ritale, une devanture ritale, et un vigile rital en train de prendre un café avec le patron, rital lui aussi. Au début, ils ne la regardèrent même pas !

Ne pas la regarder signifiait ne pas s'intéresser à elle. Ça voulait dire pas la prendre pour une vraie personne. Pour moins que rien. Comme Lui.

Jamais plus !

Mais s'énerver signifiait ennuis. Ennuis voulaient dire baston. Harley était incapable de se battre à l'heure actuelle. Genre complètement. Trop fatiguée, trop pas bien. Le temps qu'elle se décide, le patron de l'établissement, devenu soudainement aussi pâle qu'elle, se hâta de rentrer dans son resto minable, alors que le vigile posait son café avec prudence. Une de ses mains se porta à sa ceinture, où se trouvait un flingue.

Beretta 92, 9mm, arme discrète et très utilisée des mafieux. Plus rapide pour tirer que son propre revolver.

 « Qu'est-ce que tu veux, Harley ? T'as pas assez foutu le bordel, hier soir ? »

Accent italien, anglais correct. Italien né en Italie, a vécu toute sa vie en Amérique. Tic à l’œil droit, nervosité.

 « Laisse-moi passer, suis pas d'humeur. J'veux un truc contre la gueule de bois. »

Bon, apparemment, elle était passée ici hier soir. Apparemment pas en bien. Apparemment en laissant un mauvais souvenir. Au point qu'il avait pas peur de lui envoyer dans la face son rejet.

Pas violence pour le moment. Attendre le bon moment. La bonne occasion. Négocier le remontant. Espérer que personne n'en profite pour venir emmerder la pauvre petite Harley Quinn. Genre Batman. Surtout pas Batman. Pas maintenant.
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MessagePosté le: Jeu 19 Oct 2017 - 23:44
Rae était d'humeur duraille, ce soir. Remontée comme une montre à gousset. Partagée entre la furieuse envie de rire et celle de pleurer. Un triste anniversaire qu'elle fêtait ce soir là, mal à l'aise dans ses bottes coquées, frissonnant dans les poches de sa pelisse trop peu épaisse pour l'atmosphère mordante des rues de Gotham, les yeux dans le brouillard, embué par son vague-à-l'âme...

Quelques mois auparavant elle avait été dans une taule secrète.

Et un peu plus longtemps en arrière son mec avait été tué et elle se disait que cela aurait pu être elle.

Alors bon anniversaire, Rae, bon anniversaire dans les rues de cette fichue cité dans laquelle elle avait grandi. Où elle avait été petite fille puis addict à l'adrénaline. Délinquante puis taularde. Justicière gouvernementale et terroriste partisane.

Elle avait beaucoup changé de casquettes avec les ans mais assez peu de pompes. Et les rues la narguaient. Des rues desquelles auraient pu débouler les morts, les absents, les amis disparus. Le rire communicatif de Channelman. Le sourire gêné d'Hackrat quand elle l'avait embrassé pour la première fois. Leurs cœurs qui battaient très forts, comme ceux des adolescents. Tout cela elle l'avait vécu ici et pas ailleurs. Et ces rues étaient le dernier témoignage que tout cela avait existé...

Et du rire aux larmes, l'humeur de Rae était changeante en cette nuit qui paraissait comme habitée...

Aussi quand elle passa devant le minable restaurant italien, elle vit une drôle d'apparition. Une drôle de fille qui aurait pu être clocharde ou jouer dans un dessin-animé japonais. Une fille qui semblait faire suer le type patibulaire qui contrôlait l'accès à l'établissement...

... et à la ceinture du mec, un flingue.

Le sang de Rae ne fit qu'un tour. Adieu souvenirs ! Et bonjour la bonne vieille réalité : une fille en danger, un flingue, une situation qui peut vite déraper.

Les dingues et les paumés, c'était eux qu'il fallait aider. Elle allongea le pas et revint vers la fille. Lui prenant le bras, elle lança au type armé, avec son sourire le plus forcé :

"Elle est avec moi ! Et euh... il y a pas de problème, M'sieur... on va tracer, mon amie est un peu fatiguée et je vais aller la... euh... coucher..."

Rae disait ça sans lâcher du regard le flingue. Elle ne voulait pas que le type le dégaine. Elle ne voulait pas avoir à utiliser ses pouvoirs sur lui. Lui taillader profondément la main pour éviter qu'il ne fasse feu. Elle ne voulait pas de ça.

"Hein... On va rentrer, tu veux bien ?" lança-t-elle à l'inconnue qui lui disait, quand même, vaguement quelque chose...
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MessagePosté le: Ven 20 Oct 2017 - 11:58
Qui c'était ça ? Une inconnue, une personne comme une autre, qui ne faisait que passer ? Une personne là dans un but précis, genre embêter la pauvre Harley ? Nan, pas possible que ce soit ça, elle avait rien fait cette fois ! Non, pas possible. Et pourtant si possible. Harley était Harley, elle avait parfois des accès d'humeur qui la poussaient à des réactions désespérés. Des réactions qu'elle n'aurait normalement pas à avoir. Elle se souvint vaguement que c'était mieux de parler avec les gens que de les taper. Mais elle aimait taper les gens, quand ils avaient fait un truc qui lui plaisait pas.

Mais taper signifiait baston, et elle ne se sentait toujours que trop lasse pour ça.

Parler signifiait accepter l'aide de la nouvelle arrivante. Ou signifiait essayer de négocier son remontant. Le rital avait l'air vachement inquiet, d'un coup, car il voyait une autre personne avec elle. Une femme qu'elle ne connaissait pas, d'ailleurs, alors ça servait à rien de faire semblant. Il était pas complètement débile, ce type, il verrait rapidement qu'elle jouait la comédie. Et la jeune femme n'avait pas assez de talent en stock, ce matin, pour jouer à ce point.

Puis il connaissait son nom, ça lui paraîtrait louche.

Harley dégagea donc son bras, repoussant légèrement l'autre femme, à qui elle adressa un regard méprisant. Genre « me touche pas ».

 « J't'ai dit j'veux mon remontant. J'ai la gueule de bois. Me rappelle pas ce qu'il s'est passé hier soir... désolée ? »

Elle se força à faire un grand sourire de petite fille innocente, y mettant toutes ses maigres capacités. Elle ne pensait pas que ça pouvait réellement fonctionner, mais elle comptait en fait jouer sur la présence de l'autre femme. Le Rital avait l'air de pas vouloir d'ennuis – ou en tout cas, pas avec Harley. Il avait peur de l'excentrique jeune femme, et même s'il n'hésiterait pas à se servir de son flingue, il savait que ça pouvait mal se passer s'il la loupait. Et elle voulait son remontant contre la gueule de bois.

Son bidou gargouilla.

A manger. Elle voulait à manger. Manger voulait dire reprendre des forces, et reprendre des forces voulait dire pouvoir se sentir mieux. Physiquement, pas mentalement.

 « Promis, je serais sage comme une image ! » ajouta-t-elle d'un ton enjoué.

 « Désolé ma belle, mais j'ai du mal à te croire. T'arrêtais pas de chanter et de boire, hier soir. Et le patron avait trop peur pour te foutre dehors, et... »

Mais oui ! Ça lui revenait ! Enfin, une partie de la chanson revenait. A peu près. C'était du rap métal, un truc comme ça. C'était américain en tout cas.

I'm fresh to death, I'm in the zone
I check my head, but no one's home
The mood is right, the party's on
Looks like tonight, I'll be drinking alone !
Fuck everyone else I'm gonna party by myself !
Do this shit all night, don't need anybody else


Fredonnant l'air en même temps qu'on lui rappelait ses sinistres exploits de la veille, Harley souriait comme une débile. Elle eut – vite fait – le flashback d'une soirée dans ce même resto minable, où elle buvait jusqu'à plus soif tout en chantant et en tournoyant avec une arme à la main. Finalement, elle fut tirée de ses pensées par le Rital, qui achevait son explication.

Destinée à qui ? Harley ou l'autre femme au nom inconnu qui s'était pointée comme si de rien n'était ?

 « …et je parie que tu vas me sortir que c'est le Joker qui t'a... »

 « La ferme ! Parle pas de Lui ! » s'écria alors Harley, tremblant de tous ses membres sous l'effet de la colère – et de la peur.

Peur de Lui. Peur de Son nom. Peur de ce qu'Il pourrait lui faire. Encore.

Avoir peur voulait dire être soumise. Être soumise voulait dire redevenir esclave. Harley pas esclave. Son nom était Harley. Mais Harley n'était pas soumise à Lui.

Subitement calme, comme si on venait d'actionner un interrupteur, elle glissa un regard vers l'autre femme.

 « T'es qui toi ? Et tu veux pas me donner un remontant ? J'ai la gueule de bois. »
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MessagePosté le: Ven 20 Oct 2017 - 16:40
Razorsharp recula légèrement après que l'autre ait viré son bras... elle avait pénétré sa sphère d'influence et elle savait que l'inconnue pouvait être telle que le hérisson : qui s'y frotte, s'y pique ! Alors Rae recula d'un pas. Pour éviter de se prendre un mauvais coup. Pour ne pas brusquer. Pour laisser l'autre se mettre en sécurité. Ne pas perturber. La laisser souffler.

Elle demeura le témoin silencieux du court échange entre l'homme et l'inconnue. Elle avait fait du barouf, la veille. Il ne voulait plus la voir dans son établissement. Et elle...

... la scène se figea, on changeait de registre : ce qui avait paru jusqu'à présent une querelle entre un cafetier et une nana qui avait une réputation de soiffarde et d'intempérante se transforma. De la comédie sociale à l'horreur la plus noire.

Le Joker. C'était un nom avec lequel on ne plaisantait pas à Gotham. Ou alors on risquait de recevoir une bonne blague entre les deux yeux. Et de mourir littéralement de rire.

Le Joker, il fallait être drôlement secouée pour lancer ce nom à la cantonade. Il se chuchotait. Il se respectait. C'était presque devenu le murmure de la ville. Son petit noir secret qui s'opposait à la lumière d'un Batman.

Il y avait un Batsignal dans le ciel, là, pour annoncer que les méchants allaient dérouiller.

Il n'y avait pas de signal pour le Joker et ses victimes partaient dans un rire grinçant et glaçant.

Et même Rae se raidit en entendant le nom du Joker. Cette fille était-elle complètement loufdingue ou bien ? ...

Mais elle tremblait. Ce nom avait un pouvoir particulier sur elle. Un pouvoir qui dépassait celui qu'il avait habituellement sur les habitants de Gotham. Un pouvoir tout.... personnel, aurait pu dire Rae.

"Tu... tu..." bafouilla Rae quand l'attention de l'inconnue glissa sur elle.

Elle n'en oubliait pas moins le flingue du type. Alors elle ajouta, toujours un brin déstabilisée par les sautes d'humeur de son interlocutrice :

"Tu veux pas faire un tour ? Euh... on ira chez moi, prendre du... remontant"

En matière de remontant elle avait ce qu'il fallait. Les cachets pour dormir ou ceux pour danser toute la nuit. Les pilules pour arrêter de pleurer et celles pour aller dans une autre dimension. Et du mauvais bourbon pour faire glisser tout ça dans une tentative désespérée d'arriver au point de non-retour...

Elle tenta un sourire maladroit. Il fallait écarter l'inconnue du videur. Il fallait en savoir plus sur elle. Car c'était une gamine en détresse, une vraie de vraie... comme elle, au fond.
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MessagePosté le: Ven 20 Oct 2017 - 19:50
Harley fit un sourire enfantin, ravie que quelqu'un lui propose enfin ce qu'elle cherchait. Elle ne connaissait pas cette femme, mais ça semblait être quelqu'un d'intelligent, qui avait le sens des priorités ; à savoir, satisfaire sa demande ! Et éviter la baston, car le gros méchant Rital, il était pas beau, et en plus, il avait envie de se servir de son arme contre la jolie bicolore. Il était sûrement jaloux de son rouge et noir, ou des cheveux bleus et rouges. Ça devait être ça. Obligé !

Ou peut-être pas. Attitude défensive, résignation dans les yeux. Intention hostile, peur manifeste. Peur et hostilité signifiait réaction imprévisible, et donc danger.

Danger voulait dire bobo pour Harley. Harley, son nom c'était Harley. Danger était présent partout à Gotham. Même à East End.

La jeune femme fit mine de vouloir s'en aller, en compagnie de sa toute nouvelle pote, mais elles ne purent faire grand chose. Du resto sortirent quatre hommes, aux costards bons marchés et aux montres brillantes. Des armes à la ceinture, qu'ils ne cachaient même pas, faisaient clairement passer le message que tout allait se régler dans la violence et dans le sang. Comme à chaque fois avec les Ritals. Mais ce n'était pas le pire, car ils n'étaient pas cinq en fait ! Nan, il y eut trois autres gorilles ritals qui vinrent s'ajouter au lot, presque aussitôt. En fait, ils venaient de l'autre trottoir, depuis un autre resto minable rital. Mais bon, qu'est-ce qu'ils foutaient tous réunis là les Ritals ? A huit en plus !

Sûrement là pour la pauvre Harley. Harley qui avait juste fait la fête hier soir car elle en avait marre de tout.

Harley était en danger maintenant. Danger signifiait qu'elle allait sûrement devoir se battre. Elle était pas en état.

Mais peut-être que sa nouvelle pote saurait l'aider ?

 « J'crois qui veulent pas de nous ici. Va falloir passer en force ! »

Les mafieux formèrent une espèce de cercle autour des deux femmes. Nan mais c'était quoi cette technique d'approche ? Ils avaient l'intention de faire quoi, là ? Détruire tout le quartier avec leurs flingues ?

Utiliser leur flingue serait plus intelligent contre Harley. Mais elle était capable d'en neutraliser plein avant qu'ils réagissent.

 « Tu vas venir gentiment avec nous, Harley. Tu vas devoir t'expliquer pour le grabuge d'hier soir, sinon on va te le faire payer. Et pas d'une manière gentille. L'aube va arriver, et même Batman viendra pas sauver ton beau petit cul. » déclara le vigile d'avant, promu chef du groupe.

 « Hein ? Quoi ? Tu dis quoi ? J'entends rien avec tout ce boucan ! Les mecs, vous pouvez arrêter de vous masturber, c'est gênant ! »

 « Bien essayé, Quinn. Mais tu nous auras pas. T'as pas le même humour que ton copain, je te l'accorde. Ce qui veut dire qu'on te butera pas tout de suite. On va d'abord savoir pourquoi tu as tué le fils de monsieur Siloni. »

Une tête qui ne ressemblait plus à une tête, un visage explosé par une balle en plein dans le crâne et des coups contondants répétés ; violent flashback qui rappela à Harley ce qu'elle avait fait la veille, après sa cuite.

 « C'était pas moi. » chuchota-t-elle pour l'autre femme sur un ton malicieux. « C'était pas moi ! Nan, tu te trompes ! » cria-t-elle aux Italiens.

Ils ne la crurent évidemment pas. Pire, sa réaction sembla les mettre en colère, et ça, c'était pas bon signe. Colère signifiait qu'ils allaient attaquer. Attaquer signifiait baston, et baston était pas cool. Harley ne sentait pas capable de tous les repousser, là. Grinçant des dents, elle chercha une solution désespérément, avant de n'en trouver qu'une. C'était d'une telle évidence qu'elle ne put s'empêcher d'éclater d'un rire joyeux, puéril, sincère.

 « Ça y est, ça me revient ! C'est sa faute à elle. Elle m'a poussée à boire pour vous emmerder, sachant que j'allais être complètement défoncée après. Promis juré ! »

Qu'est-ce qui était le plus drôle ? La mine perplexe des Ritals, ou la franche impression que l'autre femme allait lui en mettre une ?

Les deux, évidemment !
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MessagePosté le: Dim 5 Nov 2017 - 8:58
Bon cette fille son second prénom ça devait être "Embrouille" (et le premier "Prise de tête"), c'était évident.

Et puis comme un malheur n'arrivait jamais seul, les échappés du "Parrain" avaient envie de leur faire des "propositions qu'elles ne pourraient pas refuser" (qui se terminent, en principe, après avec de nouvelles chaussures en béton aux pieds que malheureusement personne ne pourra voir, trop occupées qu'elles seront à barboter avec dans le fleuve...). A base de pistolets, de menaces et de "veuillez nous suivre, Mesdemoiselles".

Rae en avait déjà soupé de cette histoire. Elle était d'humeur duraille mais pas à ce point. Ses mains la démangeaient. Elle avait besoin d'une bonne dose d'ultra-violence des familles pour expulser un bon paquet de colère retenue.

Bref, elle allait devoir jouer au chevalier blanc qui va sauver la demoiselle en détresse. Sauf qu'elle avait pas de cheval et que la demoiselle en question allait s'en prendre une pour ces dernières paroles.

Puis elle allait s'expliquer pour ce meurtre.

Rae prit sa voix de méchante (peu crédible la méchante) et lança à celui qui avait fait la causette jusque là :

"C'est moi ? Ou ta vie est en train de défiler sous mes yeux ?"

Puis elle activa son pouvoir et son bras gauche devint une lame d'acier organique assez impressionnante. Ce n'était pas des piques à brochette qu'elle générait, non.

La lame vint sectionner la ceinture dans laquelle était glissée l'arme du bonhomme. La ceinture et le pantalon par la même occasion. Le flingue tomba au sol et le type se retrouva en sous-vêtements. On verra comment ce Tony Montana des familles allait réagir au changement de genre cinématographique : ce n'était plus "Scarface" qui se jouait mais plutôt un épisode de "Benny Hill"...

D'ailleurs, à ce titre, profitant de l'effet de surprise escompté, et de sa main libre, Rae saisit la main d'Harley et l'entraîna à sa suite...

"Tu viens avec moi et tu fais pas d'histoire !" lança-t-elle, un brin autoritaire à la jeune fille dérangée.

Car elle n'avait aucune envie d'être prise pour cibles par des bandits calabrais !
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MessagePosté le: Lun 6 Nov 2017 - 23:21
Harley eut tout d'abord l'intention de se moquer, devant le ridicule de la situation. Le pauvre mec, il venait de perdre son pantalon ! Bien fait pour lui ! Ça lui apprendrait à jouer les machos et à penser qu'il pouvait être meilleur, parce qu'entourés par ses potes, et qu'il était ainsi en position de force. Nan mais de toute façon, ça, c'était pas cool ! Donc ouais, c'était bien fait pour lui. Bon, ok, c'était pas cool pour lui non plus, mais on s'en foutait. C'était mieux pour elle, et donc prioritaire sur tout le reste ! Et puis, bon, okay, fallait remercier l'autre femme, qui se laissait pas démonter par ce q'il se passait et qui essayait d'aider Harley à s'en sortir indemne.

Au fond, elle s'en foutait de s'en sortir indemne. Indemne voulait dire pas blessée. Harley était blessée, physiquement et moralement. Harley, son nom c'était Harley.

Se laissant entraîner par l'autre femme, à la poigne solide, elle dut courir à moitié pour ne pas tomber comme un sac. Mais la politesse, c'est important, donc elle essaya d'adresser un signe de la main aux Ritals qui n'avaient rien trouvé de mieux que se moquer de leur camarade.

 « Au revoir ! »

Bon, ils s'en foutaient sûrement aussi. Tant pis. Pas grave. On s'en foutait aussi, de ça. Harley essaya de suivre à peu près le rythme de l'autre, qui allait plus vite, et qui semblait pas vouloir lui lâcher la main. Ça aurait été gênant si ça avait été quelqu'un d'autre, mais là, vu la situation, bon, ok, peut-être que ça passait. Mais bon, personne ne l'emmenait comme ça, sans qu'elle soit d'accord, donc fallait pas abuser quand même. Consciente, au moins un petit peu, qu'il fallait attendre d'être à l'écart avant de faire ça, elle patienta.

Quand vint le bon moment, alors qu'elles étaient seules, la détraquée retira vivement sa main, se frottant le poignet endolori.

Endolori signifiait blessure, blessure voulait dire agression. Comme ce que Lui faisait.

Pas question de revivre ça. Harley, son nom c'était Harley.

 « Eh ! T'es qui toi d'abord ? D'où tu m'emmènes comme ça ? On peut aller taper les Ritals ? S'il te plaîiiiit ! »

Puis, comme si elle se rappelait soudainement que c'était une mauvaise idée, elle eut une expression de surprise, les mains sur les joues.

 « Ah mais nooon ! Attends, tu as raison ! Faut pas que j'y retourne, sinon ils vont me tuer. Ils vont abîmer mon maquillage et me faire des bobos. »

Maquillage qui était déjà foutu, et vu l'état de son dos, pour les bobos, c'était déjà servi comme il fallait.

 « Bon, non. On va être sérieuses, ok ? Pas de mauvaise idée, ni de truc stupide ! Je peux aller leur dire qu'on s'est mises d'accord ? »
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MessagePosté le: Dim 26 Nov 2017 - 8:02
L'inconnue ne semblait toujours pas jouer avec le jeu complet mais était parcourue, de temps à autre, par des fulgurances : aller voir les italiens était une mauvaise idée, surtout si elle avait buté (du moins le pensaient-ils) le fils de leur boss ou un-truc-du-genre.

Un peu à l'écart dans une ruelle sombre, Rae reprenait son souffle. Elle avait sursauté quand l'autre avait retiré - un peu trop brusquement - sa main.

Elle était gonflée tout de même. Elle pensait quoi ? Qu'elle allait abuser d'elle ? Non, mais !

Déjà que quand elle en avait eu l'occasion, elle n'avait pas hésité à tout foutre sur le dos de Rae... gonflée et un peu louf' la gamine !

La jeune femme sentait sourdre en elle une colère pour le moment muette. Une colère qui cherchait une bouche (en l'occurrence la sienne) pour exploser et hurler.

"Pourquoi tu veux y retourner ? Hein ? Y a pas d'autres bars en ville ?" lança très sérieusement Rae, à la manière d'une mère un peu dubitative qui grondait son adolescente perturbée.

Mais retourner dans n'importe quel bar était une mauvaise idée. Fondamentalement. D'ailleurs, faire quoi que ce soit avec cette fille semblait être une ânerie. Comme si l'inconnue était un trou noir à emmerdes.

Rae se passa la main dans les cheveux et se maudit par avance pour ce qu'elle allait lui dire.

"Le mieux, on se pose dans ma piaule. C'est pas loin d'ici et tu pourras me raconter ce qu'ils te voulaient et tes malheurs et tout et tout tout en picolant... et au moins ça coûte pas un rond et y a pas de porte-flingues à la gâchette chatouilleuse..."

Elle déglutit bizarrement puis tendit sa main en direction d'Harley. Elle lui dit :

"Raelene c'est mon prénom mais tu peux m'appeler Rae. Et... euh... j'aime pas voir les gens dans les embrouilles. Tu... Tu avais l'air en difficulté et... euh... ça me paraissait le truc juste à faire que de t'aider, tu vois ?"

Rae se mordit les lèvres. Son interlocutrice lui faisait diablement peine. Elle avait l'air d'une clocharde qui avait pris des cours de maquillage dans le noir avec Sid Vicious. Une clocharde à qui les bourgeois bien-pensants gothamites mettrait très certainement une camisole de force. Mais une clocharde qui - derrière son sourire empreint de folie - paraissait avant tout être une gamine paumée et seule.

Rae se mordit les lèvres et frissonna. Elle se tenait - en gros - devant un miroir. C'était l'effet que lui faisait Harley.

Elle reprit :

"Et toi, comment tu t'appelles ? T'as un endroit pour dormir ? Allez, par pitié, reste pas là et viens avec moi..."

... en espérant juste qu'elle n'aurait pas à regretter ces dernières paroles...
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MessagePosté le: Lun 27 Nov 2017 - 20:39
La dernière chose dont elle avait besoin, c'était un bon remontant. Nan, en fait, c'était la première chose ! L'idée de pouvoir aller picoler ailleurs, loin des Ritals, et potentiellement à l'abri des bobos : c'était cool ! Mais bon, où était le danger et le frisson du risque ? Euh, non... c'était l'inverse. Le risque et le frisson du danger.

Bref.

Harley vit la main tendue et réagit avec spontanéité, un grand sourire aux lèvres rouges dégoulinantes d'un maquillage foutu.

 « Coucou Rennes ! Moi c'est Harley ! Comme la moto. Mais j'ai pas de moto, par contre. Dommage, ça aurait été drôle de leur rouler dessus, à ces connards. »

Elle ponctua sa remarque d'un petit ricanement, avant de se frapper le front, comme si elle avait complètement oublié quelque chose. Et effectivement, elle avait oublié un truc !

 « Mon flingue ! Bon sang, j'ai oublié mon flingue. Mais comment je vais faire dans ma vie maintenant, sans mon flingue ? Et sans arme tout court ? Dis, t'as une arme chez toi j'espère. Pas question que j'aille boire si j'ai pas une arme pour me défendre. Une fois bourrée, chui complètement défoncée, et je défonce tout aussi. »

L'alcool c'était bon, et un bon remède. Bon remède signifiait oublier la douleur dans son dos, la douleur dans sa tête. Oublier la douleur signifiait dormir et profiter d'une absence de Lui dans sa tête.

Il était trop présent. Fallait qu'Il dégage. Harley, son nom c'était Harley. Harley en avait marre du Joker.

NON !

Pas penser à son nom !

Poussant un soupir théâtral raté, la jeune femme suivit sa nouvelle amie dans les rues de l'East End, alors que le soleil continuait, timidement, de se lever à l'est. Avec lui s'éveillait les gens plus normaux de Gothalm City, alors que la nuit était le terrain de jeu des criminels, des vauriens, des violeurs et des héros. Mais aussi des vilains. Comme elle. Elle préférait agir la nuit, car le jour, trop de monde pouvait la reconnaître et lui nuire. Et la police était dangereusement tentée de lui mettre la main dessus.

Puis le soleil ça n'allait pas trop avec son teint. Or, quitte à être reconnue comme la grande célébrité qu'elle était, autant paraître impeccable. Donc, maquillée (c'était foutu), pas abîmée (on en parle du dos?) et pas exposée au soleil (ça n'allait pas tarder à foirer).

Harley, son nom c'était Harley. Harley connaissait plein d'endroits cools où passer une nuit ou une journée tranquille, mais aucun ne lui venait à l'esprit pour l'instant. Elle commençait à se demander qui c'était, la femme qui l'aidait.

Et quand elle commençait à se poser des questions, elle devenait bavarde.

 « Tu chausses du combien ? T'habites loin ? T'as du Captain Morgan ? C'quoi ta couleur préférée ? J'aime pas l'East End, chais pas pourquoi je me suis retrouvée dans ce square. J'aime pas les strings, j'préfère les tangas, et toi ? T'es sûre que Batman va pas venir m'emmerder ? Il m'aime bien, mais il en est capable. Il y a de la bonne musique chez toi ? C'est quand qu'on arrive ? On est encore loin ? J'espère que t'as du Captain Morgan. C'bon le Captain Morgan. C'est pas du rhum ; c'est du Captain Morgan. »

A parler, encore et encore, la jeune détraquée ne vit même pas le chien. Quoi, comment ça quel chien ? Mais le chien ! Celui qu'elle a failli écraser, alors que l'animal passait avec sa jeune maîtresse. Alors, évidemment, quand la gamine partit en criant, apeurée, avec le clébard qui courait derrière elle, Harley poussa un soupir, exaspérée.

Un rare instant de lucidité, où elle savait qu'elle faisait sans doute peur avec son apparence. Un rare instant d'intelligence naturelle, où elle était simplement triste de ne pas pouvoir juste croiser quelqu'un dans la rue.

Harley, son nom c'était Harley. Tant pis, la gamine était nulle.

 « Tant pis, je jouerais pas avec le toutou. Bon, on est encore loin, Renette ? Je commence à avoir faim. T'as des hamburgers ? Des tacos ? »
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MessagePosté le: Lun 4 Déc 2017 - 22:57
A écouter le verbiage de la gamine perturbée, Rae se prit - déjà - à regretter sa décision. Jouer les héroïnes, oui. Lui filer un billet pour qu'elle s'achète une soupe et rentre en bus chez elle, pourquoi pas. La ramener chez elle...

... Rae se fila mentalement une claque. Une grosse.

Alors que les deux femmes marchaient, elle tentait d'en place une. De trouver un truc à répondre. Un instant de flottement où elle aurait pu tenter de dire quelque chose.

Mais en fait alors que Rae ne parlait pas assez, Harley en disait toujours trop. Les deux faces d'une même pièce, peut-être ? Rae n'avait pas toujours été comme ça, à vrai dire. Elle avait été plus volontaire, plus joyeuse, plus communicative...

... mais tout cela, ça s'était terminé quand Deadshot avait logé une balle entre les deux yeux de son mec. Rae avait été soufflée comme une bougie. Depuis, elle était devenue avare de paroles, comme si on ne pouvait plus verbaliser après la mort de Hackrat.

Et l'autre papillonnait autour d'elle, babillait comme une enfant hyper-active-chiante. Comme un électron en gravitation du noyau sec que son cœur était devenu.

Elle esquissa un sourire. Harley était une créature de l'instant. Et semblait faire de la rencontre avec un chien une épopée en 18 parties.

Alors que le soleil se levait, Rae profita d'un léger silence de Harley (qui cherchait à reprendre son souffle ? A avaler sa salive ? Qui était à court d'idées ?) pour lancer :

"Toi, t'es une bavarde. J'ai pas de flingue désolée, mais un lance-harpon que je te montrerai que si t'es sage [mais elle subodorait qu'Harley n'allait pas l'être]. Je... euh... Je fais du 41, ce qui explique que je porte surtout des bottes à cause de mes grands pieds, euh..."

Mais pourquoi lui racontait-elle tout cela ?

"... ma couleur... euh... le noir ?"

Elle se sentait happée par un trou noir. Celui du verbiage de Harley dont elle ne pourrait que difficilement se dépêtrer.

Elle décida, arbitrairement d'ignorer la plupart des questions. De ne leur fournir aucune réponse. Pour calmer son anxiété, Harley était une mitraillette à paroles. Ça devait la rassurer. La rassurer d'exaspérer le reste de l'humanité. Mais les réponses... les réponses n'allaient sortir qu'au compte-goutte. Histoire d'attirer suffisamment l'attention de sa copine aliénée, à la manière des cailloux semés par le Petit Poucet, pour qu'elle vienne chez elle et aille se pieuter (et la fermer).

La nuit portait conseil, non ? Même à Harley ?

Heureusement, elle n'habitait pas loin. Heureusement, l'argent gagné avec le Outlaws ne lui avait pas permis d'habiter dans les quartiers chics. Car cela aurait signifié - autrement - qu'elle aurait du faire la causette pendant encore plusieurs kilomètres.

Abordant un immeuble qui avait l'air moins minable que les autres, Rae lança :

"C'est ma crèche ici. Je... Je dois avoir une ou deux bouteilles qui traînent..."

A condition que tu les aies pas déjà sifflées, ma grande, se dit-elle intérieurement.

"... et, euh... tu pourras mettre ce que tu veux comme zik... J'ai un canapé et un lit. Euh... comme ça, tu pourras te reposer..."

Et elle se disait qu'elle avait drôlement besoin de se reposer. Harley. Comme elle, à vrai dire. Car elle sentait poindre le mal de crâne.

Ouvrant la porte sur un deux-pièces-cuisine sommairement meublé, elle montra les commodités de son appartement à sa pote, l'encouragea à se mettre à l'aise.

Elle lança :

"Bon, euh, t'as qu'à prendre le lit... Les draps sont, euh... propres. Moi je dormirai sur le canap' et..."

Rae jaugea du regard Harley et lui demanda :

"C'est quoi cette histoire de Batman ? C'est quoi cette histoire de meurtre ?"
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MessagePosté le: Mar 5 Déc 2017 - 23:31
Harley bailla ostensiblement, sans retenue et sans main devant la bouche, alors que les deux femmes entraient dans l'appartement. Un rapide coup d’œil lui apprit que c'était le confort sommaire d'une personne vivant seule. Renette, sûrement. Des bribes d'un passé lointain lui firent analyser ce qu'elle vit ; mais elle refoula bien vite tout ça.

Harley, son nom c'était Harley. Et inutile donc d'être quelqu'un qui n'existait plus. Qui n'existait pas.

La jeune femme poussa un grand cri d'excitation en voyant le frigo.

 « A mangeeeeeeeer ! »

Ignorant superbement sa compagne et potentielle nouvelle amie pas amie bizarre, elle se rua vers l'objet de son désir, l'ouvrit avec un grand rire, tournant un dos maculé de sang séché, marqué des vilaines plaies et aux vêtements déchirés, à Raelene. Bon, ok, elle entendit quand même vaguement qu'on lui disait de prendre le lit, mais là, elle n'avait plus sommeil. C'était comme si quelqu'un avait appuyé sur un interrupteur ; elle se sentait en forme, maintenant. Elle fouilla rapidement, penchée sur l'intérieur frais du réfrigérateur.

Du poulet ! Ouais bon, nan. Il y avait des bières, là. Ça c'était cool, donc elle en prit une. La décapsulant en vitesse, elle en avala une longue rasade d'un coup, puis se à trépigner d'excitation en voyant des hamburgers pré-faits, à faire réchauffer au micro-onde. Un truc classique pour quelqu'un qui n'avait jamais le temps – ou l'envie – de cuisiner. Mais c'était parfait. Elle n'était pas dans un restaurant cinq étoiles (elle aurait tout cassé partout sinon) et avait été invitée à se servir. Prenant trois burgers, elle les emporta jusqu'au micro-onde, fit les réglages et se retourna, en faisant un joli pas de danse.

Résidu d'un passé lointain. Ou Harley n'existait pas. Ou elle était quelqu'un qui n'existe pas. Harley, son nom c'était Harley.

Raelene, le nom de l'autre c'était Raelene. Elle était gentille. Harley avait du mal avec les gens gentils. Certains l'ennuyaient. D'autres la faisaient pleurer d'émotion.

Quoi, Batman ? Quoi, meurtre ? Pfff ! Un geste de la main, dédaigneux, comme si c'était rien.

 « Batou c'est un gentil ! Moi j'suis une mé-chan-teuh, c'pour ça qu'il m'embête des fois. Mais je fais jamais rien de trop... méchant ? Non, pas le bon mot. J'fais des trucs de Vilains, tu vois ? Puis bon, ce meurtre... »

Sonnerie du micro-onde, qui annonce le repas prêt. Harley poussa un cri de ravissement, sortit la nourriture de la machine, et enfourna la moitié du premier burger dans sa bouche. Sirotant un peu de bière avec, elle préféra néanmoins rester debout. Elle n'avait pas envie d'aller s'allonger maintenant. Par contre, comme elle faisait comme chez elle – Raelene l'avait invitée, c'était son amie, elle pouvait donc – elle balança ses bottines vers la porte d'entrée, se retrouvant pieds nus.

Une brève pensée, si fugace qu'elle n'en eut sans doute même pas conscience, lui rappela que c'était peut-être la seule partie de son corps qui n'avait jamais souffert de Lui.

 « Pou' l'meu'te, chais pas t'op. 'ital pas cool, donc moi.. BOUM, dans sa 'ête ! » baragouina-t-elle la bouche pleine d'un ton surexcité.

Elle avala son gros morceau, sans retenue, lorgna la seconde moitié du premier burger, avant de se rappeler qu'elle n'avait sans doute pas parlé de manière intelligible.

 « Oups ! Pardooooon, faut pas parler la bouche pleine. Qu'on ait à manger ou autre chose. J'disais juste que le meurtre, c'était rien du tout de grave. Juste que j'crois, j'étais bourrée. Et du coup les Ritals m'ont fait chier. Et du coup j'ai sûrement tué un d'entre eux, c'tout. Tu vois, rien de grave ! »

Harley mangea la fin de son burger, puis entama le suivant. La bière était pas terrible, mais les burgers avaient bon goût. Elle eut un grand sourire, en mastiquant bruyamment, mais elle se rappela qu'il fallait pas parler en même temps. Alors elle fit un geste avec son doigt, désignant son ventre, puis sa bouche, et faisant un oui du pouce après. Traduction : c'était bon sa mère.

Pas de merci.

Elle ne se souvenait pas avoir aussi bien mangé depuis longtemps. Genre depuis qu'elle était partie. De Lui. Loin de Lui.

C'était bien d'être partie. Harley, son nom c'était Harley.

Harley était libre. Elle avait une amie ici.

Ou une ennemie ?
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MessagePosté le: Mer 6 Déc 2017 - 22:59
Rae demeura interdite quand elle vit son amie de dos. Le contraste était saisissant : d'un côté, une fille un peu louf' et survoltée, qui se comportait comme une gamine enjouée qui allait fêter son anniversaire à McDonald's ; de l'autre, un dos portant les stigmates de mauvais traitements à répétition.

Côté pile, le rire libérateur. Côté face, l'horreur, l'horreur...

Rae ne sut que dire. Elle en vacillait presque. Et elle se laissa tomber sur une chaise.

Ce qu'Harley avait du vivre expliquait peut-être qu'elle soit... un brin différente ?

D'autant plus que tout en se bâfrant elle expliquait qu'elle était méchante. Rae n'allait pas faire de psychologie de bas étage mais il était évident qu'elle semblait se culpabiliser d'une manière ou d'une autre pour légitimer les violences qu'elle avait subi. Comme si elle les méritait.

Et du coup comme elle se devait d'être méchante, elle faisait une fixette sur Batman, le grand croque-mitaine de la pègre gothamite. Tout comme ce meurtre qu'elle revendiquait avec bien trop de légèreté : un truc de plus pour avoir l'air encore plus méchante que les gens qui la tapaient ? Un truc pour jouer les dures et qu'on lui fiche la paix ?

Il était évident qu'Harley avait 1 / souffert , 2 / perdu la raison en tout ou partie et 3 / besoin d'aide.

Rae se permit un léger sourire attristée. Comme on sourirait à un enfant malade. Elle tendit une main amicale puis se ravisa.

Harley était une dure à cuire. Avait-elle besoin de tant de niaiseries et de bons sentiments ? D'être maternée ou cajolée à la manière d'un petit animal craintif ?

Rae redevint l'espace d'un instant boudeuse. Elle n'était pas équipée pour faire face à lla maltraitance dans toute son horreur.

"Je vois que t'avais faim" lança-t-elle en guise de commentaire idiot. "Tu..."

Elle s'arrêta en cours de phrase. Pour le moment, elles n'avaient qu'échangé des banalités. Là, elle était à deux doigt de violer l'intimité de sa nouvelle amie. Ou de déclencher la fureur d'une psychopathe.

"Tu as un endroit où dormir ? J'veux dire, t'avais l'air d'avoir drôlement faim et... ton dos et tes fringues... qui t'as fais ça ? Les italiens ? Tes parents ? Ton... mec ?"

Rae soupira et se leva pour aller se prendre une bière dans le frigo. Elle leva sa bouteille comme pour porter un toast à Harley :

"Je veux pas te prendre la tête" avoua-t-elle. "Mais t'as drôlement morflé... J'veux dire, quoique t'aies pu faire ou pas... personne mérite de se faire massacrer comme ça. Et..."

Elle parlait trop. Comme contaminée par sa copine bavarde.

"J'veux t'aider, c'est tout. Je comprendrais que tu veuilles rien me dire, hein. Mais je veux sincèrement t'aider..."

Et comme soulagée d'avoir fait une terrible confidence, Rae se gratifia d'une bonne rasade de bière.
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MessagePosté le: Ven 8 Déc 2017 - 13:32
Harley s'arrêta en pleine mastication de son second burger. Raelene avait évoqué – elle avait osé – L'évoquer. Lui. La jeune femme plissa les yeux, méfiante, à la limite de la paranoïa. C'en était trop pour elle, d'un coup. Les Ritals, puis cette inconnue qui l'invitait chez elle, la laissait faire ce qu'elle voulait pour qu'elle soit en confiance, tout ça. Cétait chelou. Genre beaucoup chelou.

Chelou voulait dire qu'il y avait un coup fourré. Un coup fourré voulait dire qu'Il pouvait l'avoir organisé. Qu'Il pouvait débarquer à tout moment.

Harley, son nom c'était Harley.

Elle avait peur, d'un coup. Une émotion qu'elle avait rarement ressentie, ces derniers temps. Ou peut-être qu'elle ne s'en souvenait juste pas. C'était là le truc le plus bizarre dans tout ça. Comme dans un rêve, elle n'entendit même pas ce que l'autre femme lui disait. Dans son esprit, tout se jouait, s'assemblait comme les pièces d'un puzzle pervers ; le Joker qui avait tout manigancé pour qu'une nouvelle, elle retourne auprès de Lui. Pour qu'elle souffre encore. Machinalement, Harley se passa une main dans le dos.

Les larmes lui montèrent aux yeux, mais elle les refoula. Les larmes c'était pour les faibles.

Être faible voulait dire être à sa merci. A sa merci voulait dire que son plan allait fonctionner. Mais elle était plus intelligente que ça. Elle tomberait pas dans le piège, hein ?

Elle n'avait plus faim, cela dit, aussi posa-t-elle le dernier burger avant de prendre une rasade de bière.

 « T'inquiète pas, Renette ! De toute façon ça me fait déjà plus mal ! »

Elle réprima la grimace qui faillit lui venir aux lèvres, lorsqu'elle s'étira, comme la grande gymnaste qu'elle était. Ou fut. Ou aurait pu être. Bref. Mentir à l'autre femme était une solution, car comme ça, elle risquait moins de tomber dans le piège du Joker. Harley était libre, libre comme le vent. Plus jamais Il ne pourrait lui faire ce qu'Il lui avait fait.

L'espace d'un instant, le temps d'un battement de cœur, elle eut l'impression d'entendre son rire maléfique et le claquement du fouet.

Elle serra les dents et se creusa la tête pour tenter de lancer une conversation. Ou un semblant de conversation.

 « 'Ai plus faiiiim ! Trop mangé. Brrr, ça cale ces trucs. Désolée de pas finir le troisième, mais pfiou, c'est lourd. Tu le veux ? Il est encore tout chauuuud ! »

Avec un petit rire de fillette, elle fit une nouvelle pirouette de danse, explorant l'appartement. En apparence, en tout cas, car dans les faits, elle essayait surtout de visualiser – en faisant semblant d'être folle – les échappatoires. Malheureusement, il y en avait pas beaucoup. Harley était coincée ici.

Mais Harley était Harley, et c'était pas pour rien. Harley était maligne.

Maligne signifiait pouvoir s'échapper quand même. Signifiait pouvoir tromper la vigilance de cette soi-disant nouvelle amie. Nouvelle ennemie, en fait. Elle avait pas eu l'air d'apprécier qu'elle fasse du mal aux Ritals, ni qu'elle parle de Batou. C'était pas bon signe.
Harley, son nom c'était... woups !

Une pirouette de trop, et la jeune femme glissa sur le sol, heurtant les dalles froides avec son dos. Malheureusement pour elle, il ne fut plus possible de cacher plus longtemps qu'elle avait mal. Genre méga mal sa mère. Avec un hurlement de douleur, alors même qu'elle eut l'impression qu'on passait son dos au fer rouge, elle sentit les croûtes se retiraient pour que son dos saigne de plus belle.

Comme si ça ne suffisait pas, sa bière lui avait échappé, et elle s'était fracassée à côté, projetant de la bière partout sur son visage déjà entamé par la perte de maquillage.

Harley exprima alors toute sa douleur et toute sa frustration :

 « Ouiiiiiiin ! Maman bobooooo ! »

Nan mais elle avait mal. Genre vraiment.

Genre BEAUCOUP.

SERIEUSEMENT !

Harley, son nom c'était Harley. Harley patapouf.
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MessagePosté le: Jeu 21 Déc 2017 - 8:55
Rae avait suivi les évolutions de Harley dans son petit appartement, les bras croisés avec un sourcil on-ne-pouvait-plus-dubitatif. Sa copine dérangée semblait être une as de la fuite en avant. Sa bizarrerie était une carapace, au moins en partie, et il paraissait évident que pour éviter de souffrir la jeune femme avait décidé de perdre la raison et de jouer à s'en foutre d'à peu près tout et n'importe quoi.

Comme ce qu'il lui arrivait arrivait à une autre. Comme si - ne vivant que dans l'instant - le passé comme l'avenir ne pouvait la toucher ni lui faire du mal.

Rae maugréa. Un peu comme elle quand elle prenait de la drogue. Ou qu'elle se saoulait un peu plus que de raison pour ne pas penser aux choses. A celles qui font mal.

Elle eut un léger sourire en considérant le burger non consommé et se dit qu'elle pourrait le finir, elle-même. Façon mère-poule qui accompagne les premiers pas de sa progéniture. Façon grande sœur qui observe avec attention les pas de la petite qui est en train de mettre le fonds de ses godasses dans les chemins tumultueux de sa propre jeunesse.

Et à propos de pas... Harley se vautra en beauté.

A force de faire l'idiote, cela lui pendait au nez !

Mais Rae vit que quelque chose avait changé : la carapace s'était fissurée. Danser dans l'appartement et faire l'idiote, ça permettait de donner le change jusqu'à un certain point. Au-delà, il y avait le mur de la douleur et des sévices.

Pleurait-elle parce qu'elle souffrait le martyr ou en raison des terribles souvenirs associés à ses mutilations ?

Rae se vit elle-même au sol. Le nez dans de la bière bon marché. Pleurant sur sa misérable existence. Portant le poids de la souffrance du monde. La sienne. Et elle se précipita vers Harley. Elle voulut...

Agenouillée près de la fol-dingue, le nez à cinquante centimètres de ce dos zébré et constellé des stigmates d'un fouet, de ses blessures à peine refermées, Rae aurait voulu prendre son amie dans ses bras et lui dire en pleurant que tout irait bien, qu'elle n'aurait plus jamais à souffrir, que...

Mais Rae avala sa salive. Il ne fallait pas transposer son cas sur celui de Harley. Harley n'était pas un lapin que l'on pouvait cajoler, dominer, infantiliser. C'était un être humain qui souffrait et qui devait être traité en tant que tel. Dignement. Avec tact.

Elle lança :

"Tu peux te relever ou tu veux que je te porte ? Je suis plus costaude que j'en ai l'air, tu sais..."

Rae offrit un sourire franc. Elle ajouta :

"Je te propose... Tu vas te mettre dans mon lit - que de toutes façons j'allais te filer - on va mettre la télé sur mon ordi - et tu choisis le programme qui te fait plaisir - et je vais m'occuper de désinfecter tes blessures d'accord ?"

Elle tendit la main vers Harley et ajouta :

"Et pas de protestations, jeune fille. J'en attendrai autant de toi si c'était moi qui était par terre et qui avait besoin d'un coup de main..."
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MessagePosté le: Lun 25 Déc 2017 - 16:19
La vision, même brouillée, de cette main tendue fit fuir Harley. Tel un animal craintif, tel une personne torturée à répétition, elle était persuadée que le moindre geste pouvait être une nouvelle agression, une nouvelle source de douleur. Une douleur qui s'était déjà tellement répandu dans tout son dos qu'elle ne sentait même plus le reste de son corps. Elle se sentait tremblante, d'affolement et de douleur, le souffle court. Mais elle trouva quand même la force de bouger. Une souris apeurée devant un gros chat ; la jeune femme se recula vivement, jusqu'à heurter un meuble. Ou un mur, peut-être. Un truc dur.

Un cri apeuré sortit d'entre ses lèvres gercées :

 « Nan ! Je veux pas ! Veux pas ! Veux pas, veux pas, veux pas ! Tu vas me conduire à Lui, va-t-en ! Je veux pas ! »

Une peur illégitime, car Raelene n'avait que tenté de l'aider, en réalité. Mais Harley était incapable d'agir de manière rationnelle.

Rationnelle voulait dire qu'elle n'avait pas mal et ne pensait pas à sa peur de Lui. Signifiait qu'elle était en pleine possession de ses moyens. Harley, son nom c'était Harley.

 « Je veux pas y retourner... »

Une peur folle pouvait se lire dans son regard, et sa voix n'était qu'un murmure effrayé. Celui d'une enfant qui avait peur d'un grand méchant monsieur. Pour le coup, le Joker – soit-il mille fois maudit – avait bien fait son travail. Il avait maltraité et torturé Harley jusqu'à la changer en ce qu'elle était désormais. Loin de lui, elle n'était qu'une coquille fragile, et qui se pensait indépendante. Personne n'était capable de lui rendre ce qu'elle avait perdu, car personne ne savait ce qu'elle avait perdu. Seule une personne le savait : le Joker. Mais ça ne restait qu'une hypothèse. L'horrible vérité, c'est qu'il avait sans doute oublié, car ce n'était là que détails inutiles.

Tout comme Harley ne se souvenait plus. Ne voulait pas se souvenir. L'espace d'un instant, sa mémoire raviva un souvenir. Celui d'une adolescente blonde et studieuse. Si rapide fut cet éclair qu'elle ne vit même pas ! Il s'envola, emportant avec lui une nouvelle chance pour la jeune détraquée de faire un effort pour sortir de sa fragilité psychologique.

Le goût salé de ses larmes lui parvint alors qu'elle sentait de douces mains la prendre par les épaules. Elle ne résista pas. Le regard dans le vague, l'ancienne compagne du Joker se mit alors à parler. D'une voix plate, calme, comme si quelqu'un la faisait parler de l'enterrement de sa mère. Sauf qu'en l'occurrence, c'était plutôt son histoire à elle. D'aussi loin qu'elle se souvenait, jusqu'au souvenir récent des coups de fouet : de la fuite de l'asile d'Arkham, avec le Joker, de ses péripéties à ses côtés, de ses affrontements avec certains méchants criminels, et avec parfois Batman.

Peut-être qu'on lui parlait en même temps, peut-être pas. Elle n'en avait pas conscience. Elle racontait son histoire. Puis quand ce fut fini, elle resta immobile, le regard dans le vague.

Harley, son nom c'était un truc. Harley ou quelque chose d'autre.

C'est con d'oublier son nom.

C'est tellement nul que ça l'aurait fait rire si elle ne s'était pas endormie sans s'en rendre compte.
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MessagePosté le: Sam 30 Déc 2017 - 9:40
C'était l'heure des souffrances inhumaines et des chagrins en apparence sans fin. Harley vida son sac et Rae se le prit en pleine poire. Elle se sentit idiote, ses compresses à la main et sa bouteille de désinfectant. Elle aurait du mieux potasser ses fiches. Maggie Sawyer n'aurait pas été fière d'elle.

Harley. Harley Quinn. La meuf timbrée du Joker. Rae en aurait presque sifflé d'admiration tant la prise - dans une autre vie - aurait pu paraître belle.

Mais c'était avant. De connaître cette gamine azimuthée pour ce qu'elle était. C'est à dire une paumée attachante, une dingue touchante. Une pauvre gosse. Un peu comme elle mais avec deux trois cases en moins.

Mais comment serait-elle si au lieu du gentil Hackrat elle avait eu pour mec ce sociopathe suprême qu'était le Joker ? C'était un tueur en série. Et derrière le sourire figé, il n'y avait pour ainsi dire rien. Pas d'affect. Et le long récit des tortures qu'Harley avait pu subir était autant de circonstances atténuantes permettant d'excuser et sa folie et ses crimes.

A l'issue du récit, Rae aurait voulu asseoir le Joker sur la chaise électrique et lui faire payer ses innombrables crimes. A l'issue du récit, elle aurait voulu revêtir une armure blanche, monter sur son cheval blanc et partir au galop réparer les torts qui avaient été faits à sa nouvelle amie.

Mais, elle écrasa à la place un sanglot et sentit sa gorge se nouer. Elle avait déjà une excuse de prête. Un truc du genre "J'ai une poussière dans l’œil" ou "J'ai avalé de travers". Mais nul besoin de recourir à ce genre d'expédients... la loufdingue s'était endormie toute seule et comme une souche...

*
* *

Rae passa une drôle de nuit. A procrastiner les mêmes pensées. A ruminer les mêmes idées. Elle s'était allongée à côté d'Harley, toute habillée, n'ayant viré que ses bottes coquées et - les bras croisés - avait laissé son esprit divaguer...

Elle aussi elle avait eu sa période criminelle. Elle avait fait des maisons. Elle avait cambriolé des entreprises. Un peu d'espionnage industriel. Surtout du piratage informatique. Elle aussi elle avait fait de la zonz'. Elle n'était pas allée à Arkham mais qui sait ? Peut-être était-ce seulement du au fait que son profil paraissait inoffensif par rapport à celui des monstres célèbres peuplant la gallérie de Batman ?

Et pourtant, elle avait pu s'en sortir. Elle était clean. Son casier avait été effacé ou verrouillé ou un truc du genre (même si elle imaginait bien que quelque part à Metropolis, le Commissaire Sawyer en avait une copie non expurgée sous clé). Pour services rendus à la Nation. D'ailleurs, cette même Nation à la chute de Waller avait également passé l'éponge pour les actes de résistance (qui l'avait surtout conduite en taule) qu'elle avait accompli pendant cette parenthèse nulle et non avenue.

Mais, pensa Rae, ce qui comptait surtout c'était qu'elle avait pu - elle la gamine camée, égoïste et malhonnête - être remise sur les bons rails. Même après avoir été croquée par un parasite ultra-terrestre.

Alors pourquoi pas Harley ?

Elle opina mentalement du chef. Puis, satisfaite d'elle-même, sombra à son tour dans le sommeil...

*
* *

Le lendemain, Rae prépara le café et pressa même - avec ses blanches mains - du jus d'orange. En lui déballant sa vie, Harley ne lui avait pas raconté ce qu'elle prenait au p'tit déj'. Il allait falloir improviser. Elle fit griller du pain et y étala un reste de confiture. Fit des œufs au bacon. Et parut contente.

Elle avait bien fait d'aller faire des courses à l'épicerie du coin. Avoir quelqu'un sur qui veiller vous obligeait à vous secouer les puces. Et elle se dit qu'en s'occupant d'Harley, elle s'occupait également d'elle-même.

Rae mit tout cela sur un plateau et alla l'apporter au lit à sa nouvelle amie.

"P'tit déj' au lit, t'en dis quoi ?" lança-t-elle avec un grand sourire.

Puis, elle ajouta, immédiatement :

"Ma fille, à partir de maintenant, c'est le début d'une nouvelle vie qui commence !"
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MessagePosté le: Mar 2 Jan 2018 - 15:38
Harley observa Raelene avec les yeux plissés. Nouvelle vie ? P'tit dej' au lit ? Nan mais attendez là, c'était quoi ce truc ? Est-ce qu'elle avait l'impression d'avoir une copine ? 'fin, dans le genre copine... copine copine quoi. Genre avec des bisous, des câlins et tous ces trucs-là. Non, non, c'était pas possible. On allait pas lui faire ce coup-là quand même, si?Nan parce que bon, ça va de flirter, de faire genre etc, c'est drôle. Mais bon, passer vraiment à l'acte c’est autre chose quoi. Genre pas du tout faire semblant.

Genre devenir lesbienne. Ou bisexuelle, en fait, puisque le Joker, jusqu'à preuve du contraire, un homme, et que Harley avait fait des choses avec Lui. A vrai dire, la jeune femme ne s'était jamais posée la question de savoir si elle serait capable d'avoir des trucs avec une femme.

Harley, son nom c'était Harley. Elle se jeta sur le petit-déjeuner sans tenir compte de ses réflexions.

Bon, c'était pas de la gastronomie française, mais putain ça faisait du bien de manger ! Surtout qu'elle était affamée, la détraquée. Sa nuit avait été difficile, ponctuée de mauvais rêves – des cauchemars, il paraît – et surtout elle s'était réveillée plusieurs fois, la douleur lui arrachant grimaces et cris étouffés. Elle avait néanmoins veillé à ne pas réveiller l'autre.

 « Miam ! »

Tout en mangeant, elle se remit à penser à ce qu'elle avait failli faire quand elle s'était réveillée. Elle avait fortement songé à disparaître, s'éclipsant sans prévenir pour échapper au piège dans lequel elle était enfermée. Mais même une foldingue comme Harley était capable de se rendre compte que quand on voulait tendre un piège à quelqu'un on ne s'endormait pas à ses côtés et on lui proposait pas à manger après. C'était stupide. Jamais elle n'aurait fait ça. Mais ce qui l'intriguait, c'était ce sentiment de sécurité qu'elle avait.

Il était éphémère, bien sur. Le Joker était sûrement en train d'envoyer des gens à sa recherche, histoire de récupérer son bien. Son jouet favori. Sa copine malade qu'il faisait souffrir atrocement. Harley n'avait pas l'intention de retourner auprès de lui, sauf pour lui coller une balle entre les deux yeux, puis pour frapper son cadavre jusqu'à ce qu'il soit tellement mort qu'on ne voit même plus les morceaux. Une idée de vengeance comme celle-là lui plaisait. Et elle souriait comme une enfant à y penser.

Mais elle fut brutalement ramenée à la réalité par une pensée parasite. Le souvenir qu'on lui avait parlé de nouvelle vie.

 « J'aime bien ces mots-là. Ils sont rigolos. Nou. Velle. Vie. Comme si on pouvait reprendre à zéro. Effacer ce qu'on avait avant. C'est con, comme concept. Mais pas grave. Moi je veux bien recommencer une nouvelle vie. Mais faut que j'puisse faire ce que j'veux, quand j'veux. Genre, si je veux pioncer, je pieute. Si je veux taper quelqu'un, j'le frappe. Si j'veux piller un magasin, j'y vais. Si j'vais me taper quelqu'un... ouais bon, t'as compris. Des trucs de méchants quoi. C'est cool les trucs de méchants. »

Ouais, c'était cool. Mais pas aussi cool que de sauter du haut d'un toit pour plonger dans un fleuve. Ou que faire du saut à l'élastique. Ou de plonger dans un bain chaud. OH OUAIS ! Un bain chaud ! Mais non, ça attendra. D'abord, le miam-miam à finir.

Harley, son nom c'était Harley goinfre. Alors elle mangeait tout. Parce que tout manger signifiait qu'on aimait ce qu'on mangeait. Et du coup ça faisait plaisir à l'hôte. Elle avisa un verre de jus d'orange. Elle vida le verre d'un trait. Il y avait aussi une tasse de café. Le liquide était brûlant, ce qui lui arracha une grimace, mais tant pis ; elle but tout aussi.
Maintenant que ça allait mieux, la jeune femme s'étira comme un chat.

 « Bon et maintenant, quoi ? »
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MessagePosté le: Jeu 11 Jan 2018 - 13:37
Rae observa avec attention Harley en train de bâfrer. Et de jouer avec l'idée d'une nouvelle vie. Une nouvelle vie consacrée à l'instant et à l'impulsion, au désir et à l'envie, une nouvelle vie...

... de méchante.

Rae parut déçue l'espace d'un instant. Pourquoi ? Elle s'y était réellement crue. Pouvoir faire basculer du bon côté de la la loi Harley Quinn. Faire en sorte que cette méchante foldingue devienne une gentille foldingue. Qu'elle soit comme un fauve apprivoisé dont on pourrait considérer les agissements avec amusement et non pas avec effroi. Elle avait voulu et espéré et imaginé ça et...

... c'était raté.

Elle s'y était trop crue. Et c'était ce qui arrivait souvent quand on oubliait qu'autrui, ce n'était jamais soi-même !

"Je..." commença-t-elle, un peu désarçonnée. Puis elle esquissa un sourire un brin forcé et admit :

"C'est un chouette programme ! J'veux dire... Qui a besoin d'argent ou de travailler ? Hein ?"

Que faisait-elle ? Lui prenait-il l'envie de re-remplir un casier que Maggie Sawyer avait eu tant de mal à effacer ?

"Un p'tit tour sur l'ordinateur et des sous on peut en avoir. C'est mon talent dans la vie..."

Quelque part au fond d'elle, elle se dit que ce qu'elle faisait c'était à la fois juste et mal. Mal car c'était de nature à la renvoyer en taule. Mais au fond, si elle escroquait quelques établissements bancaires, histoire d'offrir un peu de bon temps à Harley, qui pourrait y trouver à redire ?

Et c'est là où elle se sentit investie d'une mission : Harley ne voulait pas passer de son côté à elle de la loi ? Fort bien, elle franchira la ligne elle-même pour aller chercher et ramener son amie, nah !

Rae se leva et s'étira. Elle lança, l'air de rien à Harley :

"Je suis un peu rouillée pour me laisser aller, à vrai dire. Ça fait un p'tit moment que j'fais plus grand chose à part me lamenter sur mon sort. Mais un peu de détente me ferait du bien... toi, tu fais quoi quand tu veux vraiment t'amuser ?"

Et elle pria mentalement pour que la réponse n'implique pas un crime fédéral contre les personnes. Elle pria mentalement et tenta - par la seule force de son esprit pénétrant - de convaincre, mentalement, Harley de renoncer à toute forme de violence !

Car Rae avait arrêté mentalement sa décision : Harley, qu'elle le veuille ou non, elle allait la sauver d'elle-même et des autres, nah !
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MessagePosté le: Ven 12 Jan 2018 - 13:31
Harley se tapota les lèvres d'un doigt. Ou plutôt, tapa frénétiquement sur sa bouche avec un index. C'était elle qui avait posé la question la première, mais fallait toujours que quelqu'un joue pas le jeu et décide que c'était à elle de choisir. Tant pis. Elle pouvait faire ce qu'elle veut du coup, donc c'était cool. Et puis, Raelene allait forcément la suivre dans son idée, après tout. C'était pas comme si sa nouvelle meilleure amie allait être méchante avec elle.

Non. Méchant avec les autres, il fallait être. Ne pas tenir compte des autres, elle devait. Pourquoi elle se mettait à penser comme Yoda ?

Pendant de longs instants, Harley repassa dans sa tête tout ce qu'elle aimait faire. Ça faisait beaucoup. Beaucoup voulait dire qu'elle pourrait pas forcément tout faire. Ça signifiait qu'il allait falloir faire un choix. On a toujours le choix, qu'Il disait le Joker. Bah elle, elle choisissait de faire ce qu'elle voulait ! Sans se soucier des autres. Enfin, pas trop sans se soucier des autres. Genre Raelene, elle, ok, ça passait, on devait pas la toucher. Batou... bon, c'était Batou. S'il intervenait, fallait faire gaffe. Sinon panpan cucul.

Son visage s'éclaira quand une idée lumineuse surgit des tréfonds des profondeurs de l'abysse terriblement profond de son esprit profondément détraqué :

 « JE SAIS ! On a qu'à retourner voir les Ritals, et les taper pour les punir d'avoir été méchants avec nous. Genre, ils ont tenté de nous tuer. Donc nous, on va les voir, et BOUM, on leur explose la tête ! »

Elle eut un petit rire, avant de se frapper le front.

 « Mais non, j'suis bête ! J'peux pas le faire sans arme. Il me faut un flingue. Ou une batte, un marteau, un truc comme ça. Ou les deux ! »

Ce qui l'amena à avoir une autre idée à la luminosité douteuse, d'un point de vue autant tactique que technique.

 « Et si on allait voler une arme chez quelqu'un ? Ou on l'emprunte juste ! Genre chez tes voisins, ou des gens comme ça dans la rue. On va les voir, on demande si on peut prendre leurs armes, on les prends et on va casser la tronche des Ritals. Ouais, c'est trop un grave bon plan ! J'suis sûre on va trop kiffer et trop s'amuser ! Allez, en route, nigga ! »

Elle se leva d'un bond, les vêtements et la tronche toujours dans un sale état : pas grave ! Elle ferait davantage peur aux Ritals comme ça. Harley fonça vers la porte, avant soudainement de se rappeler que sortir pieds nus c'était pas cool. Alors elle reprit ses bottines, les enfila, puis s'étira comme seule une gymnaste olympique savait le faire.

Harley, son nom c'était Harley.

Crac.

Ah merde, le tanga. Bon, tant pis, il y avait le bas pour qu'on voit pas que ça avait craqué.

Pour reprendre ce qu'on disait : ouais, Harley c'était une championne olympique. Quadruple championne incontestée des concours de gym de Gotham. A l'époque où elle était la seule participante et où le Joker lui tirait dessus pour vérifier qu'elle savait esquiver les balles. Mais pas grave, c'était quand même une sacrée performance. Elle était capable de se mouvoir avec plus de souplesse et d'agilité que n'importe qui d'autre ici. Elle n'avait jamais rencontré personne de meilleur qu'elle. Elle ouvrit la porte en grand, puis lança à l'intention de Raelene :

 « Allez, bouge-toi copine ! On a des Ritals à taper ! »

Et elle sortit sans attendre sa nouvelle meilleure amie.
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MessagePosté le: Mer 24 Jan 2018 - 23:05
Dehors, il faisait plein jour et la rue semblait nettement moins glauque que la veille, se disait Rae en sautillant sur un pied tentant d'enfiler ses chaussures, sans perdre de vue Harley.

"Attends moi" lança-t-elle, un peu dans le vent. Puis, elle courut comme une dératée, une godasse à la main pour revenir au niveau de Harley que, à la manière du vent ou d'une invasion de criquet, personne ne pouvait arrêter...

... et le cœur de Raelene s'emplit de tristesse : car cela voulait dire que sa nouvelle pote était seule comme cela n'était pas possible et qu'elle ne pourrait jamais rien faire pour elle ou presque. Harley était comme une métaphore filée de la vie : absurde, amusante ou grotesque... et pis un jour on mourrait, seule.

Elle frissonna et tenta de se reprendre. Elle avait une mission. Qu'elle s'était donnée elle même, faute de mieux. Pour éviter de ne rien faire. De n'être rien. Et cette mission, c'était...

"Je veille sur toi, tu sais. J'veux dire, c'est ce que des amies doivent faire, non ?"

... et c'était maladroit mais c'était ça. L'Ange Gardien de Harley avait du se flinguer, sinon l'autre détraqué n'aurait jamais pu lui lacérer le dos comme il l'avait fait. Comme le sien avait du être aux abonnés absents quand Hack s'était pris une balle dans la tête. Elles étaient pareilles. Des paumées, seules à Gotham...

"Les italiens, t'es sure que c'est une bonne idée ? J'veux dire... d'utiliser des armes, non ? Parce que... euh... si tu les tues, tu pourras plus t'amuser avec eux après, non ?"

Tenter d'utiliser une sorte de psychologie inversée à la noix avec une psychopathe, bien vu ! Le Nobel de l'idiotie va bientôt être décerné et je sens que toi, ma poulette, tu vas devoir aller faire un discours en Suède...

Rae avala sa salive et se positionna devant Harley. Elle lui prit les mains et lui fit une confidence de son air le plus sérieux et le plus solennel.

"Je... Je dois te faire une confidence. Il ne faut pas tuer les italiens, ni personne. Tu dois me le promettre. Je... Ça fait trop mal à l'âme de faire ça, il n'y a pas de retour en arrière et... j'aimerai pas devoir te rendre visite dans l'attente de ton exécution ou un truc comme ça. On peut casser des têtes..."

La morale de Rae était élastique, mais ça elle le savait depuis fort longtemps.

"... du mobilier voir ravager leur bistrot mais... tout le monde s'en sort, vivant... toi, moi et eux, OK ?"

Elle avala sa salive à nouveau, péniblement, et tenta de gratifier Harley de son regard le plus suppliant qu'elle avait en stocke.

Elle jeta même son arme fatale dans la balance...

"Si tu fais ça, je ferai ce que tu veux pour toi. Mais pas de meurtre, par pitié"
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MessagePosté le: Jeu 25 Jan 2018 - 12:54
Harley resta un moment immobile devant Rae, un index tapotant son menton. Tout ce qu'elle voulait ? Genre vraiment ? Genre ça voulait dire qu'elle pouvait lui demander de se déguiser en poulet, ou d'aller lui acheter des flingues, ou de lui donner à manger sur un plateau d'argent, ou d'aller faire des bisous à un chien, ou d'aller taper une grand-mère au lieu de l'aider à traverser, ou d'aller tuer Batou, ou d'aller le tuer Lui, ou même d'aller lui acheter le dernier Marvel sorti. Ouais ! C'était grave trop cool comme idée.

Suivie d'une autre idée tellement lumineuse que la lampe s'alluma dans la tête de la détraquée. Ce qui n'arrivait pas tous les jours.

 « Je sais ! Nnon, non, en fait. Attends, je vais trouver. Tu peux euh... ah ! Non, non, ça va pas être faisable. Ou sinon... à moins que ? Nan, en fait non. Bon, et puis merde ! Okay, d'accord, pas de meurtre. Je tuerais aucun Rital, promis, juré, craché. Sauf si j'y suis forcée. Mais à la condition que tu m'aides au moins à casser la tronche de leur restaurant minable ! »

Ce devait être faisable, même pour Raelene. Harley partit d'un petit rire, puis balança théâtralement son bras en avant pour indiquer la direction à suivre.

 « En avant, mauvaise troupe ! On doit aller se procurer des armes ! De quoi tout casser : leurs têtes, leur restaurant, et surtout, leurs pantalons ! »

Impatiente de tout détruire sur son passage, la folle se hâta d'un pas sautillant, fredonnant un petit air de musique tout en avançant. Pour pouvoir réaliser son petit souhait du moment, il allait falloir de vraies armes. Mais comme elle avait promis de pas tuer, elle ne tuerait pas. Si elle avait été un personnage de comics, elle aurait su comment frapper les gens et ne jamais les tuer ; donc c'était forcément faisable aussi en vrai. Restait juste à savoir combien de Ritals allaient tenter de l'arrêter. Car s'il y avait bien une chose que la jeune femme savait à son propre sujet, c'était qu'aucun homme normal ne pouvait l'arrêter.

Harley, son nom c'était Harley. Harley va-taper-des-méchants.

Ce qui voulait dire se défouler. Se défouler signifiait passer du bon temps, et donc se sentir mieux ! Ne plus penser à Lui.

Les deux femmes arrivèrent devant la devanture d'une boutique d'armes et d'accessoires chelous. Alors, ouais, ça c'était bien l'Amérique italienne : un petit stand qui vendait des armes, juste à côté d'une banque et d'une pizzeria. Le vendeur était un petit homme grassouillet, qui faillit faire un infarctus en voyant arriver Harley.

Laquelle eut un sourire tout sauf gentil. Un sourire de méchant, quoi.

 « Des armes ou la vie ! »

Passons la scène de violence qui suit. Elle ne sert à rien. Harley ressortit donc avec une batte de base-ball, une de ses armes préférées, sans vraiment tenir compte de ce que sa nouvelle meilleure amie avait pris. Sûrement une autre arme, ou alors elle en cachait une sur elle. Pas grave, elle irait pas fouiller. Toutes les deux se dirigèrent alors vers le lieu où tout avait commencé. Où les Ritals avaient fait chié Harley Quinn pendant sa cuite, la nuit précédente.

La détraquée s'arrêta sur le trottoir d'en face, s'exprimant alors d'une voix plus sérieuse que jamais. Comme quelqu'un de mature en fait.

 « Pas de mort, j'ai pigé. Mais ils m'ont emmerdée, alors ils vont payer. Tu me suis ou tu me suis pas, m'en fous. »

Ce qui contrastait beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup avec la suite, quand elle entra dans le restaurant déjà bondé à cette heure :

 « Salut les fils de p... poulets ! C'est Harleeeeeeey ! »

 « Merde, c'est Harley Quinn ! »

Sérieusement ?

 « Oui, c'est moi ! J'viens de le dire ! Me cassez pas mon entrée, en plus ! »

Et pourtant...

Bon, ok. Musique... en route!

Quoi, quoi, quoi ? Comment ça, c'est cliché ? On s'en fout, c'pour l'ambiance !

Harley se mit alors à virevolter parmi les clients et les mafieux, ce qui était plus ou moins la même chose, en fait. La jeune femme était énervée, on lui pourrissait sa nuit, puis son entrée, donc forcément, c'était pas cool ! Puis ils lui tiraient dessus ou essayaient de la frapper ! Nan mais allô, quoi. Toutefois, aucun d'entre eux n'était assez malin pour réussir à la toucher, et donc encore moins pour réussir à lui faire du mal.

Son rire ponctuait presque chacun de ses quolibets :

 « Bonne nuit ! Oh, fais gaffe, ma batte va te DEFONCER le crâne ! Pardon, mais c'est trop bon ! Raté, tu m'as ratée, encore raté ! Crétin des Alpes ! Tu t'envoles, tu t'envoles, tu t'envoles ! Jingle batte, jingle batte, vive la batte d'Harley ! Ouh, en plein dans les noix ; ça doit faire mal ! Pas touche ma nouvelle meilleure amie ! T'as le bonjour de MOI ! Je sens que notre rencontre va être PERCUTANTE ! »

Et tout un tas d'idioties comme ça. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne à taper et que le restaurant soit complètement foutu.
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MessagePosté le: Sam 27 Jan 2018 - 0:15
Dans le magasin d'armes, Rae n'avait rien pris. Elle avait assisté en silence à la scène de violence gratuite puis, après qu'Harley soit partie, avait posé de l'argent sur la table en disant d'une voix désolée :

"Pour la batte et... euh... le dérangement"

Mais le pire avait été évité, là encore. Ou il était à venir, au choix. Rae savait qu'elle ne devait pas lambiner. Alors, elle fila comme le vent pour rattraper son amie dérangée.

Cette dernière lui fit un peu de peine : elle s'en foutait qu'elle la suive ? Ça mit en rogne, Rae. Mais c'était comme ça, il fallait prendre les gens comme ils étaient.

Harley entra et Rae compta 3 secondes. 3 secondes pour réfléchir à l'ânerie qu'elle était en train de commettre. 3 secondes avant que les premières détonations ne résonnent.

Harley n'avait pas de flingue. Donc, nécessairement c'était qu'on lui tirait dessus. Par conséquent, il fallait qu'elle aille l'aider. C'était - genre - de la légitime défense. Bref, un truc qui se faisait.

Rae flanqua un coup de pied dans la porte qui s'ouvrit en grand et activa ses pouvoirs. Ses deux avant-bras se transformèrent en lames effilées. Elle ne savait toujours pas comment ça marchait mais elle savait que cet acier organique pouvait transpercer, trancher et mutiler. Pas besoin d'arme quand soit même on les avait sur soi. Pratique aussi pour les transporter dans l'avion.

Le premier mafieux qui était à côté d'elle fit mine de sortir quelque chose de sa veste. Elle lui lacéra le bras droit qui s'affaissa, lamentablement. Aucune force au monde ne pourra lui permettre de sortir le revolver qu'il portait sous l'aisselle. Du moins, pas avant qu'un médecin ne se soit penché sur son cas.

Elle sourit. Un peu d'action, un peu d'ultra-violence, ça réveillait en elle un truc qui s'était éteint depuis longtemps. Depuis ses années de formation, de jeunesse et de criminalité. L'attraction de l'adrénaline était puissante.

Puis, elle observa sa copine exercer ses talents de gymnaste et de combattante. C'était...

"Magnifique..." marmonna-t-elle, les "bras" ballants. Harley n'avait pas besoin d'elle. Harley était capable de tous les dérouiller. Et c'est ce qui se produisait sous ses yeux ébahis.

Se détachant de l'attraction qu'avait sur elle ce drôle de spectacle, Rae joua des coudes et des lames pour rejoindre son amie. Les gangsters n'étaient plus guère vaillants et nombre d'entre eux étaient déjà au sol. Elle contribua modestement à l'ouvrage jusqu'à se retrouver dos à dos avec sa pote.

"Et maintenant, partenaire, tu as un plan ? J'veux dire, on va bientôt tomber à court de trucs à cogner... et ils risquent de nous envoyer des renforts, non ?"

Elle se sentait vivre pour le coup. Et ça, c'était sacrément bon !
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MessagePosté le: Sam 27 Jan 2018 - 12:16
Harley fit une pause, le souffle court.

Ouais nan, mais vous croyez quoi ? Qu'elle est capable de faire tout ça, sans une goutte de sueur ? Genre qu'elle sait défoncer – pas tuer ! - tout un resto de mafieux ritals sans se sentir un tout petit peu fatiguée ? Nan mais faut pas déconner non plus, les gens. C'est une personne super méga importante, okay, qui aurait le premier rôle dans un comics, d'accord, qui est également une gymnaste de niveau olympique, certes, mais c'est pas pour ça qu'elle ne peut succomber aux faiblesses physiques standards des humains lambdas on ne peut plus normaux. Réfléchissez un peu, voyons ! Et suivez, aussi. L'histoire reprends.

Donc, elle fit une pause. La batte à la main, essayant de pas trop frotter son dos douloureux contre Raelene. Qui semblait avoir des chouettes gadgets d'ailleurs. Mais pas aussi chouettes que sa batte !

 « Maintenant, on casse tout ! Ils sont pas morts, donc on casse. »

Quoi que. Un rapide coup d’œil lui indiqua que le restaurant était déjà dans un sale état : les Ritals geignaient sur le sol, la plupart ayant un bras ou une jambe de cassé, certains étaient dans les vapes, d'autres avaient besoin d'une assistance médicale, et les clients avaient tous fui. Des traces de café et de pâtisseries matinales jonchaient les tables et le sol. Plusieurs chaises étaient renversées, ainsi que des tables. Au plafond, un néon avait pris une balle et pendait, crépitant d'étincelles.

Harley, son nom c'était Harley. Harley a tout cassé.

 « Bon, bah tout est déjà cassé en fait. Donc on va... »

Hurlement rageur, suivi d'une détonation assourdissante. La jeune femme fit un bond, surprise par le tir qui la rata complètement et fit exploser une vitre derrière elle. Elle écarquilla les yeux, puis cligna plusieurs fois, avant de voir le responsable : un gros monsieur, en tenue de chef cuisinier, qui tenait un fusil à canon scié. L'arme fumait encore.

C'était lui le tireur. Il avait essayé de défoncer Harley et sa nouvelle meilleure amie. Il avait osé essayer.

Elle s'approcha de lui la batte à la main, d'un air très, très, très, très, très, très, très, très méchant.

 « T'as essayé de me tuer alors que le combat était fini, Fino ? C'est pas gentil ça, genre pas gentil du tout. Tu voulais faire du mal à une dame ! Non, à deux dames, même ! »

Elle lui prit l'arme des mains. Il était trop choqué pour parler ou pour réagir.

Alors la folle se mit à charger délicatement l'arme, pour vérifier qu'il restait bien une munition dans le deuxième canon. Oui, parfait. Elle allait lui défoncer la tronche. Ou le gras du bide.

 « Monsieur J disait toujours que fallait jamais se laisser faire. Et que vous, les Italiens, vous aviez le sang chaud et l'esprit lent. Bah tu sais quoi, Fino ? Il avait raison ! Pour une fois. Car c'est un connard. Mais au moins il savait qui vous étiez vraiment. Donc je vais compter jusqu'à... nan en fait j'vais pas compter. Tu vas juste mourir quand ton gras va EXPLOSER. Bye bye ! »

Elle pointa l'arme vers le cuistot. Raelene eut un mouvement derrière elle, mais ce n'était pas ça qui la freina.

Harley était Harley. Elle faisait pas de cadeaux aux autres. Elle était une méchante. Et elle tapait les gens pas gentils avec elle. Elle avait le droit de tuer ce gros débile. Mais pourtant, elle resta immobile, sans être capable de tirer.

Elle avait promis. Elle avait promis à sa nouvelle meilleure amie qu'elle tuerait personne.

Fait chier. Mais c'était peut-être mieux de pas tuer. Ça évitait des problèmes. Tuer déchirait l'âme. Pour le peu qu'il en restait à une fille comme elle.

Harley avait déjà tué. Plein de fois. A cause de Lui. Elle l'aurait pas fait sinon, c'est sûr. Non ?

Elle tira.

La table à côté de Fino explosa, l'arme tomba avec fracas sur le sol.

Et la jeune femme tourna les talons en silence et sortit du restaurant dévasté.
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MessagePosté le: Dim 28 Jan 2018 - 22:10
Instant de vérité.

Les jeux étaient faits.

Et rien n'allait plus.

Le deal, la condition sine qua non pour que l'amitié entre les deux femmes puissent fonctionner c'était qu'elles puissent se voir ailleurs qu'au parloir d'un quelconque couloir de la mort. La morale de Rae était élastique et elle n'avait rien contre commettre de temps à autre (d'où l'élasticité éthique) quelques infractions mineures...

... ce qui excluait nécessairement le meurtre de sang-froid.

La détonation sonnait-elle le glas de cette amitié ?

Harley avait souffert, son dos en témoignerait. Pourtant, le chef cuisinier avait eu peur. Il avait tiré car il avait peur. C'était pour cela que l'on actionnait le plus souvent les armes à feu. Par peur. Si les gens cessaient d'avoir peur, ils se contenteraient d'aligner des boites de conserve avec leurs armes de guerre.

Rae n'avait même pas pu esquisser un geste. Tout était allé trop vite. Elle était tombée à genoux. Suppliant en son for intérieur Dieu d'appuyer sur la touche "rembobiner" du lecteur de DVD cosmique. Elle avait prié et elle avait eu peur. Comme le chef cuistot. Comme Harley certainement.

Par peur on faisait des trucs irrévocables. Comme répandre de la cervelle sur les murs. Comme...

C'était la table. La table qui avait explosé. Rae soupira...

Elle tremblait de tous ses membres. Elle avait pris 20 ans en 20 secondes. Elle se frictionna ses bras qui étaient redevenus humains. Elle...

... elle était fière et bouleversée.

Se relevant péniblement, elle s'approcha de Fino, Fino qui était toujours vivant.

"Je... Euh... T'as énervé ma copine !"

Et elle flanqua son poing dans la mâchoire du malheureux cuisinier, l'envoya dans une douce inconscience plutôt qu'ad patres.

Puis, encore toute tremblotante, elle sortit et alla rejoindre Harley. Elle la prit dans ses bras et la serra très fort.

"Je... Je..."

Elle renifla bruyamment. Elle avait eu peur. Et elle était fière de sa pote. Elle se moucha presque sur son épaule.

"Je... t'as un endroit où dormir ? J'veux dire..."

Rae tremblait.

"Je sais ce que c'est quand on est larguée et qu'on est plus bas que terre. On a besoin de rebondir et..."

Elle s'écarta d'Harley et lui tendit la main.

"Si t'as besoin de temps pour être dorlotée ou de place pour te ressourcer, je suis là. J'veux dire, je sais qui tu es et... j'm'en fous, t'es ma copine et c'est tout ce qui compte..."
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MessagePosté le: Lun 29 Jan 2018 - 12:58
Par réflexe, Harley aurait pu en coller une à Raelene. Elle était vraiment pas de bonne humeur, là. En sortant du resto dévasté, elle avait fouillé un des corps, s'était pris une cigarette et l'avait allumée. Elle fumait pas. Elle avait juste besoin de se détendre, là. Car il était en train de lui arriver des trucs chelous, auxquels elle n'était pas habituée, et ça la foutait dans un état déplorable. Fébrile, irascible, susceptible ; pire, elle devenait une grenade à elle toute seule, sur le point d'exploser pour un rien et à tout moment.

La jeune femme poussa un soupir devant la main tendue de sa nouvelle meilleure amie. Elle souffla de la fumée, puis croisa le regard de Rae. Elles étaient vraiment très différentes l'une de l'autre, mais ça n'avait pas empêché la mutante de l'aider. En sachant parfaitement qui était réellement Harley. D'habitude, tout le monde faisait dans son pantalon en entendant son nom, ou cherchait à la taper.

Pas elle.

 « Maintenant, j'vais finir cette clope car j'en ai besoin. Mais je fume pas, pigé ? »

Harley, son nom c'était Harley.

Elle avait pas l'habitude qu'on l'aide. Elle avait pas envie qu'on l'aide. Normalement, elle savait se débrouiller toute seule. Normalement, personne n'avait à l'aider car elle était la meilleure, la préférée de Lui, et elle savait parfaitement comment faire pour atteindre son but. Mais là, elle n'était plus la Harley Quinn à son poussin. Mais là, elle n'était qu'une pauvre jeune femme perdue, sans savoir ce qu'elle voulait faire.

L'odeur du café et des pancakes lui vint au nez, et elle sentit son estomac gargouiller. Elle jeta la cigarette, puis barra un sourire enthousiaste sur son visage :

 « Allez, viens, j'ai faim ! Allons fêter dignement notre victoire sur les Ritals ! »

Elle retourna donc dans le restaurant, marchant au passage sur le corps inanimé de Fino le gros. Elle se dirigea droit vers le comptoir, puis, se retourna. Elle fit un clin d'oeil à sa nouvelle meilleure amie.

 « Eh, je sais ce qu'on va faire ! Tu vas t'installer, et moi j'vais faire la serveuse qui prépare du café et des pancakes pour sa pote ! Allez, ça va être drôle ! »

Elle sauta avec aisance par-dessus le comptoir, puis se mit immédiatement aux fourneaux. Enfin, presque. En fait, Harley prit juste deux tasses de café, une assiette de pancakes, puis elle les posa devant elle pour pouvoir profiter d'un petit-déjeuner avec Raelene. Par précaution, elle posa sa batte à côté.

Ce qui lui fit penser que Rae avait des trucs bizarres aux mains – ou aux bras ? Elle avait pu le remarquer vite fait, même si sur le moment, ça l'avait pas trop choquée. Après tout, quand on côtoie la pègre de Gotham, on voit de toutes sortes de gens bizarres.

 « Alors, copine, c'quoi tes trucs au bras ? Genre t'es une mutante ou un truc comme ça ? Tu te prends pour Wolverine ? »

L'espace d'un instant, Harley retrouvait son insouciance habituelle, qui la caractérisait et qui l'empêcher de penser à ce qui n'allait pas. Elle avait toujours fonctionné comme ça. Personne ne pouvait l'emmerder si elle restait le visage fermé et gardait ses pensées bien au fond de sa tête. Elle avait toujours fait ça quand quelque chose n'allait pas, d'ailleurs. Pour qu'Il ne s'inquiète pas, pour que personne ne cherche à Lui dire que la petite Quinn était pas dans son assiette. Elle réglait ses soucis toute seule.

Pourtant, pas plus tard que la veille, la jeune femme s'était confiée à une inconnue. Elle lui avait fait confiance.

La confiance, ça se méritait.

Harley, son nom c'était Harley. Elle avait peur d'être toute seule. Toute seule signifiait ne pas pouvoir compter sur quelqu'un pour la sauver, ou pour l'empêcher de se flinguer. Rae l'avait aidée à pas être toute seule.

Pour ça qu'elle avait eu confiance ? Assez pour parler de Lui ?

Tout ça, c'était la faute du Joker de toute façon. Il avait corrompu la petite Harley Quinn. Parce qu'elle l'avait voulue. Parce qu'Il était un enfoiré de première et un manipulateur né. Et parce qu'elle avait besoin d'attention. Constamment. Être toute seule n'était pas ce qui convenait à Harley Quinn. Elle avait besoin d'amis.

Ça tombait bien, Raelene était sa nouvelle meilleure amie maintenant.
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